Fiche de révision : Risques et interactions médicamenteuses

Plan du Cours

  1. Fondements de la pharmacologie
  2. Voies d’administration
  3. Pharmacocinétique qualitative
  4. Pharmacocinétique quantitative
  5. Cibles moléculaires des médicaments
  6. Médiateurs de l’organisme
  7. Cytokines et neurotransmetteurs
  8. Système nerveux autonome
  9. Voies dopaminergique et sérotoninergique
  10. Voies histaminergique et acidaminergique
  11. Facteurs physiologiques et pathologiques
  12. Facteurs génétiques et environnementaux
  13. Effets indésirables médicamenteux
  14. Effets indésirables et pharmacovigilance
  15. Iatrogénie médicamenteuse
  16. Pharmacodépendance et addictovigilance
  17. Intoxications médicamenteuses
  18. Classification des interactions

1. Fondements de la pharmacologie

Notions clés & Définitions

  • Pharmacologie : Science qui étudie les interactions entre les substances chimiques naturelles ou synthétiques et les systèmes biologiques dans un but thérapeutique, ainsi que les médicaments, leur classification, leur action et leur usage.
  • Pharmacocinétique : Étude du devenir du médicament dans l’organisme, de son administration jusqu’à son élimination, et ensemble des réactions que l’organisme lui fait subir.
  • Pharmacodynamie : Étude du mode d’action du médicament sur une cible telle qu’un organe, une cellule ou un récepteur pharmacologique, et action que le médicament fait subir à l’organisme.

★ À maîtriser

📌 Les médicaments peuvent être classés selon leur classe thérapeutique, qui regroupe les pathologies traitées, ou selon leur classe pharmacologique, qui regroupe leur mécanisme d’action dans l’organisme.

Compléments

  • L’objectif de la pharmacologie appliquée à la dispensation est d’étudier le mécanisme d’action, les indications thérapeutiques, les effets indésirables, les contre-indications et les interactions médicamenteuses afin d’analyser l’ordonnance, délivrer le médicament et donner les conseils appropriés.

Astuce mémo

Pharmacocinétique : organisme → médicament ; pharmacodynamie : médicament → organisme

2. Voies d’administration

Notions clés & Définitions

  • Voies parentérales : Introduisent le médicament directement dans un liquide extracellulaire par effraction.

Points essentiels

  • Les principales voies parentérales sont:

    • intraveineuse
    • intramusculaire
    • sous-cutanée
    • intra-artérielle
    • intradermique
    • intra-articulaire
    • intrathécale ou intrarachidienne spinale
  • Les voies parentérales permettent une activité thérapeutique rapide, entre 20 et 45 secondes, sans phase de libération ni d’absorption.

📌 La voie orale est simple, pratique, répétable et peu coûteuse, mais elle expose à un effet de premier passage hépatique et ne convient pas aux patients inconscients, non coopérants ou présentant des troubles de la déglutition.

  • Les particules pulmonaires de diamètre supérieur à 3 μm ont principalement un effet local bronchique, tandis que celles de diamètre inférieur à 3 μm peuvent atteindre les alvéoles et produire un effet systémique.

Astuce mémo

Parentérales, entérales, locales : PEL

3. Pharmacocinétique qualitative

Notions clés & Définitions

  • Libération : Mise en solution du principe actif d’une forme galénique solide afin d’obtenir une forme résorbable.
  • Biodisponibilité : Part du médicament administrée qui atteint la circulation générale et vitesse à laquelle elle l’atteint, exprimée en pourcentage.
  • Métabolisme : Ensemble des modifications chimiques subies par la plupart des molécules médicamenteuses, principalement dans le foie, afin de former des métabolites plus polaires et plus hydrosolubles.

★ À maîtriser

  • 🔄 Les étapes du devenir du médicament sont:

    1. Libération
    2. Absorption
    3. Distribution
    4. Métabolisme
    5. Excrétion
  • L’absorption est le transfert du médicament de son lieu d’administration vers la circulation générale et concerne toutes les voies sauf la voie intraveineuse.

  • La diffusion passive suit le gradient de concentration, ne consomme pas d’énergie, n’est pas saturable et ne met pas les molécules en compétition, tandis que le transport actif utilise des transporteurs spécifiques, consomme de l’ATP, est saturable et peut entraîner une compétition.

  • La fraction libre d’un médicament est active et diffusible vers sa cible, tandis que la fraction liée aux protéines plasmatiques est inactive et constitue une forme de stockage.

  • 🔄 Les mécanismes de l’élimination rénale sont:

    1. filtration glomérulaire
    2. sécrétion tubulaire proximale
    3. réabsorption tubulaire distale

Compléments

  • La phase I du métabolisme comprend les réactions d’hydrolyse, de réduction et d’oxydation, principalement réalisées par les cytochromes P450 des hépatocytes et des entérocytes.

  • La phase II du métabolisme correspond aux réactions de conjugaison avec une molécule fortement hydrosoluble, notamment la glucuroconjugaison, la sulfoconjugaison, l’acétylation et la conjugaison avec la glycine, la glutamine ou l’arginine.

Astuce mémo

L-ADME : Libération → Absorption → Distribution → Métabolisme → Excrétion

4. Pharmacocinétique quantitative

Notions clés & Définitions

  • Volume de distribution : Volume fictif dans lequel la totalité du médicament se distribue à la même concentration que dans le plasma et qui s’exprime en litres.
  • Clairance : Volume de liquide épuré du principe actif par unité de temps, exprimé en volume par unité de temps, par exemple en mL/min ou en L/h.
  • Demi-vie d’élimination : Temps nécessaire pour que la concentration plasmatique du médicament diminue de moitié.

★ À maîtriser

📐 Formule — La clairance totale vérifie ClT=Clr+Clh+Clautres tissusCl_T = Cl_r + Cl_h + Cl_{autres\ tissus}.

Compléments

📌 Un médicament est considéré comme entièrement éliminé au bout de 5 à 7 demi-vies.

5. Cibles moléculaires des médicaments

Notions clés & Définitions

  • Récepteur : Protéine située dans ou sur une cellule cible, capable de reconnaître et de fixer spécifiquement un ligand.
  • Enzyme : Protéine qui catalyse les réactions chimiques de l’organisme en augmentant la vitesse du processus.

★ À maîtriser

📌 Un ligand endogène est une molécule physiologique produite par l’organisme, tandis qu’un ligand exogène est une substance apportée de l’extérieur qui peut imiter le ligand endogène.

📌 Un ligand agoniste se lie à un récepteur et l’active, tandis qu’un ligand antagoniste s’y lie et bloque l’effet en empêchant l’activation du récepteur.

  • Les principaux récepteurs membranaires sont:
    • récepteurs couplés aux protéines G
    • récepteurs à activité enzymatique
    • récepteurs à canal ionique

Compléments

  • Les éléments de transfert des ions comprennent les canaux, qui assurent un transport passif, ainsi que les pompes et les transporteurs, qui assurent un transport actif.

6. Médiateurs de l’organisme

Notions clés & Définitions

  • Neurotransmetteur : Molécule synthétisée par les neurones et utilisée au niveau des synapses pour transmettre rapidement et brièvement des messages entre neurones ou entre neurones et muscles.

★ À maîtriser

📌 Les hormones sont des protéines produites par les glandes endocrines, transportées par le sang et agissant à distance avec une action lente et prolongée.

📌 Les cytokines sont des protéines ou glycoprotéines produites par des cellules éparses et agissent près de leur site de synthèse par effet paracrine ou autocrine, avec un délai d’action court.

Compléments

  • Les principaux neurotransmetteurs cités sont:
    • acétylcholine
    • dopamine
    • noradrénaline
    • adrénaline
    • sérotonine
    • histamine
    • glutamate
    • acide gamma-aminobutyrique

📌 Un médicament peut remplacer une hormone déficitaire par une hormone naturelle, une hormone recombinante ou un analogue hormonal, tandis qu’en cas d’hypersécrétion il peut réduire la production ou bloquer les effets de l’hormone.

Astuce mémo

Hormones : action endocrine lente et prolongée ; neurotransmetteurs : action synaptique rapide et brève

7. Cytokines et neurotransmetteurs

Notions clés & Définitions

  • Cytokines : Protéines ou glycoprotéines produites par des cellules éparses, agissant près de leur site de synthèse par effets paracrine ou autocrine, avec un délai d’action court.
  • Neurotransmetteurs : Molécules synthétisées par les neurones et libérées au niveau des synapses pour transmettre rapidement et brièvement des messages entre neurones ou entre neurones et muscles.

Points essentiels

📌 Les cytokines recombinantes reproduisent l’action de la cytokine native, tandis que les anti-cytokines s’opposent à la synthèse, à la sécrétion ou aux effets d’une ou plusieurs cytokines.

  • 🔄 Le cycle d’un neurotransmetteur comprend: sa synthèse neuronale, sa migration et son stockage vésiculaire, sa libération déclenchée par l’augmentation du calcium, sa fixation sur un récepteur post- ou présynaptique, son inactivation par dégradation enzymatique ou recapture présynaptique

📌 Un agoniste direct active le récepteur du neurotransmetteur, un antagoniste direct le bloque, un agoniste indirect augmente la quantité de neurotransmetteur disponible et un antagoniste indirect la diminue.

Astuce mémo

Synthèse → stockage → libération → fixation → inactivation

8. Système nerveux autonome

Notions clés & Définitions

  • Système nerveux autonome : Régule sans effort conscient les processus automatiques des organes internes et comprend les systèmes parasympathique et sympathique.

Points essentiels

📌 Le système parasympathique est activé pendant le repos et la relaxation, tandis que le système sympathique est activé pendant l’activité, le stress ou la fuite.

  • Le système parasympathique utilise l’acétylcholine et constitue le système cholinergique, tandis que le système sympathique utilise principalement la noradrénaline et l’adrénaline et constitue le système adrénergique.

  • L’acétylcholine agit sur des récepteurs muscariniques couplés aux protéines G et sur des récepteurs nicotiniques qui sont des canaux perméables aux ions sodium.

📌 Les médicaments cholinergiques peuvent agoniser les récepteurs de l’acétylcholine ou inhiber l’acétylcholinestérase, tandis que les anticholinergiques bloquent ces récepteurs.

  • Les récepteurs adrénergiques sont couplés aux protéines G et comprennent les récepteurs α1, α2, β1 et β2, dont la stimulation prépare l’organisme à l’effort physique.

Astuce mémo

Parasympathique : repos et digestion ; sympathique : stress, fuite, combat

9. Voies dopaminergique et sérotoninergique

★ À maîtriser

  • Les cinq récepteurs dopaminergiques sont:
    • D1
    • D2
    • D3
    • D4
    • D5

📌 Les agonistes dopaminergiques directs stimulent les récepteurs, tandis que les agonistes indirects bloquent la recapture de dopamine ou l’enzyme MAO.

  • Les récepteurs sérotoninergiques sont regroupés en sept familles, dont 5HT1, 5HT2, 5HT4, 5HT5, 5HT6 et 5HT7, couplées à une protéine G, tandis que 5HT3 est un récepteur canal.

Compléments

  • La dopamine traverse difficilement la barrière hémato-encéphalique et est dégradée dans la fente synaptique par la monoamine oxydase (MAO) et la catéchol-O-méthyltransférase (COMT).

📌 Les agonistes sérotoninergiques indirects bloquent la protéine SERT ou la MAO, tandis que les antagonistes 5HT3 sont utilisés comme antiémétiques.

Astuce mémo

Dopamine : motivation et motricité ; sérotonine : tonus et régulation

10. Voies histaminergique et acidaminergique

Points essentiels

  • L’histamine agit sur quatre types de récepteurs, H1, H2, H3 et H4, qui sont tous couplés aux protéines G ; H1 se trouve notamment sur les muscles lisses des bronches et des intestins, tandis que H2 se trouve sur l’estomac.

  • L’histamine maintient l’état d’éveil au niveau central, augmente l’acidité gastrique, dilate les vaisseaux et contracte les bronches au niveau périphérique.

📌 Les antagonistes H1 sont utilisés comme antiallergiques, tandis que les antagonistes H2 sont utilisés contre des problèmes gastriques tels que les ulcères et les œsophagites.

📌 Le GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central, tandis que le glutamate est le principal neurotransmetteur excitateur et intervient dans l’apprentissage et la mémoire.

Astuce mémo

GABA inhibe, glutamate excite ; histamine veille, allergie et acidité

11. Facteurs physiologiques et pathologiques

★ À maîtriser

  • Chez l’enfant, l’immaturité du rein, du foie, de l’intestin et des systèmes enzymatiques hépatiques, ainsi que la croissance rapide, expliquent une variabilité pharmacocinétique et pharmacodynamique importante.

  • Une personne est considérée comme âgée si elle a plus de 65 ans, et 40 % des personnes de plus de 75 ans prennent au moins cinq médicaments.

  • Chez la personne âgée, l’absorption peut diminuer, le métabolisme hépatique diminue et l’élimination rénale devient plus lente, notamment en raison de modifications physiologiques de l’albuminémie, des enzymes hépatiques et de la clairance rénale.

📌 Les effets tératogènes surviennent surtout au premier trimestre et provoquent des malformations congénitales, tandis que les effets fœto-toxiques concernent surtout les deuxième et troisième trimestres sans effets malformatifs.

Compléments

  • À partir de 12 ans, les paramètres pharmacologiques sont considérés comme alignés sur ceux des adultes.

Astuce mémo

Vieillissement ou insuffisance d’organe → modification de l’exposition au médicament

12. Facteurs génétiques et environnementaux

Notions clés & Définitions

  • Pharmacogénétique : Étudie les caractéristiques génétiques qui participent à la variabilité interindividuelle de la réponse pharmacologique ou toxique aux médicaments.

★ À maîtriser

📌 Un polymorphisme génétique correspond à la coexistence de plusieurs versions d’un même gène, appelées allèles, tandis qu’une mutation peut conduire à une pathologie.

📌 Les métaboliseurs lents présentent un risque accru d’effets indésirables pour certains médicaments, tandis que les métaboliseurs rapides présentent un risque d’inefficacité.

  • Les repas lourds retardent l’absorption des médicaments, les aliments riches en graisses augmentent l’absorption des principes actifs lipophiles et le calcium du lait peut chélater certains médicaments comme les tétracyclines.

📌 Une consommation aiguë d’alcool inhibe les enzymes, tandis qu’une consommation chronique les induit ; l’alcool peut aussi augmenter la sédation, le risque d’hypoglycémie, la toxicité hépatique et modifier l’effet anticoagulant.

Compléments

  • Le tabac est un inducteur enzymatique, et la nicotine peut s’opposer aux effets anxiolytiques des benzodiazépines, aux effets antihypertenseurs des bêtabloquants et augmenter le risque de thrombose veineuse et d’infarctus du myocarde avec les pilules œstroprogestatives.

Astuce mémo

Polymorphisme, aliment ou substance → variation pharmacocinétique ou pharmacodynamique

13. Effets indésirables médicamenteux

Notions clés & Définitions

  • Effet indésirable médicamenteux : Réaction nocive et non voulue survenant à une posologie ne dépassant pas les posologies maximales recommandées, contrairement à l’effet thérapeutique recherché.

★ À maîtriser

📌 Un effet indésirable dose-dépendant est généralement prévisible et lié à l’effet pharmacologique, tandis qu’un effet non dose-dépendant est rare, imprévisible et lié à la sensibilité individuelle.

📌 Un effet indésirable temps-dépendant apparaît à distance ou après une administration prolongée, tandis qu’un effet par arrêt survient après un arrêt brutal et peut correspondre à un effet rebond.

  • La fréquence des effets indésirables est très fréquente à partir de 1/10, fréquente de 1/100 à moins de 1/10, peu fréquente de 1/1000 à moins de 1/100, rare de 1/10 000 à moins de 1/1000 et très rare en dessous de 1/10 000.

  • Un effet indésirable grave entraîne: le décès, la mise en jeu du pronostic vital, une hospitalisation ou sa prolongation, une invalidité ou une incapacité significative, des séquelles, des malformations ou anomalies congénitales

Compléments

📌 La photosensibilisation médicamenteuse est une réaction cutanée exagérée au soleil liée à un médicament, tandis que l’urticaire est une éruption de plaques ou papules rouges ou rosées et que l’angio-œdème est une urticaire profonde pouvant menacer les voies respiratoires.

  • Le syndrome sérotoninergique correspond à un excès de sérotonine dans le système nerveux central et se manifeste notamment par une hyperthermie, des troubles musculaires, une hypersudation et une dérégulation de la pression artérielle.

Astuce mémo

Effet dose-dépendant prévisible versus effet non dose-dépendant imprévisible

14. Effets indésirables et pharmacovigilance

Notions clés & Définitions

  • Effet antabuse : Effet survenant lors de la prise simultanée d’une substance active et d’alcool, avec rougissement, vasodilatation, céphalées, nausées, vomissements, sueurs abondantes et diarrhées, en quelques minutes à quelques heures.
  • Syndrome de Reye : Atteinte cérébrale pouvant entraîner de graves conséquences sur le foie et le cerveau.

★ À maîtriser

  • Le syndrome parkinsonien mime la maladie de Parkinson par une akinésie, une rigidité et des tremblements, notamment avec les neuroleptiques, le métoclopramide, la métopimazine ou après l’arrêt brutal d’un antidépresseur.

  • Les variations génétiques, l’état physiologique et l’état pathologique influencent les effets indésirables, notamment en modifiant la sensibilité ou l’élimination des médicaments.

📌 Les insuffisances rénale ou hépatique diminuent l’élimination des médicaments et augmentent le risque de surdosage et de toxicité, ce qui impose parfois d’adapter les posologies ou d’arrêter certains médicaments.

📌 L’association de médicaments ayant un effet commun peut majorer les effets, tandis que l’association de médicaments ayant des effets antagonistes peut les atténuer.

  • Les pharmaciens et préparateurs sont les premiers professionnels de santé pouvant signaler les effets indésirables rencontrés par les patients, dans le cadre de la pharmacovigilance.

Compléments

  • Les principaux médicaments cités sont:

    • les ISRS
    • les IMAO
    • le tramadol
    • les triptans
  • Le métronidazole est particulièrement associé à l’effet antabuse, ainsi que le kétoconazole, le glibenclamide, le glipizide et le gliclazide.

  • Les pictogrammes concernent:

    • la femme enceinte
    • la conduite
    • le soleil
  • Chez les nourrissons et les personnes âgées, les capacités enzymatiques diminuées peuvent favoriser le surdosage.

  • Chez les femmes enceintes ou allaitantes, les propriétés pharmacocinétiques sont modifiées, avec augmentation du volume de distribution, diminution de l’albuminémie et élimination de certains principes actifs par le lait.

  • Les AINS sont conseillés au cours d’un repas car ils peuvent favoriser l’ulcère digestif, tandis qu’un médicament photosensibilisant est déconseillé lors d’un fort ensoleillement.

Astuce mémo

Facteurs individuels, médicament ou erreur → effets indésirables

15. Iatrogénie médicamenteuse

Notions clés & Définitions

  • Iatrogénie : Tout événement indésirable résultant de la prise d’un ou plusieurs médicaments ou d’un acte médical.

Points essentiels

📌 La plupart des risques iatrogéniques sont évitables, notamment en cas d’erreur de prise, d’interaction médicamenteuse ou d’interaction entre médicaments et alimentation, tandis que certains sont inévitables lorsqu’ils sont liés au médicament lui-même ou à une allergie.

  • Les facteurs de risque comprennent:
    • les intervenants non coordonnés
    • les prescriptions incohérentes
    • le nomadisme médical
    • les erreurs
    • les interactions
    • les contrefaçons
    • l’automédication
    • la physiologie et les pathologies
    • les troubles cognitifs

16. Pharmacodépendance et addictovigilance

Notions clés & Définitions

  • Pharmacodépendance : Ensemble de phénomènes psychiques et physiques qui rendent certains médicaments indispensables à l’équilibre physiologique du patient après un temps d’utilisation variable.

★ À maîtriser

  • Le mésusage est une utilisation excessive et volontaire, continue ou périodique, tandis que l’usage détourné vise des fins récréatives, lucratives ou criminelles.

  • La dépendance psychique correspond au désir irrépressible de répéter les prises pour retrouver les sensations liées au produit, tandis que la dépendance physique entraîne des troubles lorsque la substance est suspendue.

  • Le rebond est une exacerbation des symptômes préexistants à l’arrêt du médicament, tandis que le syndrome de sevrage correspond à l’apparition de nouveaux symptômes, comme une crise d’épilepsie à l’arrêt brutal des benzodiazépines.

  • Les médicaments impliqués comprennent:

    • les benzodiazépines : bromazépam, diazépam, alprazolam
    • les antalgiques de palier 2 : codéine, tramadol
    • le paracétamol
    • la prégabaline
    • les hypnotiques : zolpidem, zopiclone
  • Les durées maximales sont:

    • 6 mois pour la prégabaline
    • 12 semaines pour les anxiolytiques, le tramadol, la codéine, la dihydrocodéine et l’hydroxyzine
    • 4 semaines pour les hypnotiques
    • 14 ou 28 jours pour les stupéfiants, avec délivrance à l’unité

Compléments

  • Le signalement des abus, mésusages ou pharmacodépendances par les pharmaciens et préparateurs relève de l’addictovigilance.

Astuce mémo

Rebond = symptômes amplifiés ; sevrage = symptômes nouveaux

17. Intoxications médicamenteuses

Notions clés & Définitions

  • Intoxication médicamenteuse : Ensemble des troubles de l’organisme consécutifs à l’utilisation d’un médicament à des doses dépassant la dose maximale recommandée.
  • Antidote : Médicament utilisé pour combattre les effets toxiques d’un médicament administré à forte dose.

★ À maîtriser

📌 Les intoxications médicamenteuses peuvent être accidentelles, notamment domestiques, par erreur ou interaction, ou volontaires, notamment dans un contexte de suicide, toxicomanie ou empoisonnement.

  • Les signes neurologiques d’une intoxication comprennent les mouvements anormaux avec les neuroleptiques, les convulsions avec les antidépresseurs tricycliques et le coma avec les hypnotiques.

  • Les signes cardiovasculaires comprennent l’état de choc ou le collapsus avec les digitaliques et les dérivés de la quinidine, les troubles du rythme avec les antiarythmiques et le lithium, ainsi que l’hémorragie lors d’un surdosage anticoagulant.

  • La prise en charge d’une intoxication médicamenteuse comprend l’appel au 15 ou au centre antipoison, le maintien des fonctions vitales et le traitement symptomatique, puis la recherche du médicament en cause.

  • Le traitement évacuateur diminue l’absorption du toxique par charbon activé, lavage à l’eau et au savon ou éloignement du toxique volatil, tandis que le traitement épurateur accélère son élimination.

  • Les principaux antidotes cités sont:

    • la N-acétylcystéine pour le paracétamol
    • le flumazénil pour les benzodiazépines
    • la naloxone pour les opiacés
    • la vitamine K pour les AVK
    • l’idarucizumab pour le dabigatran

Compléments

  • Les signes respiratoires peuvent comprendre une pneumopathie d’inhalation favorisée par le coma, une obstruction des voies aériennes supérieures et une détresse respiratoire.

Astuce mémo

Identifier → maintenir les fonctions vitales → traiter et prévenir

18. Classification des interactions

Notions clés & Définitions

  • Interaction médicamenteuse : Survenue lorsqu’une substance médicamenteuse ou non médicamenteuse modifie l’effet d’un ou plusieurs principes actifs présents au même moment dans l’organisme.
  • Cytochromes P450 : Coenzymes hépatiques, abrégés CYP, répartis en familles, sous-familles et isoenzymes, qui métabolisent différents médicaments.
  • Marge thérapeutique : Intervalle entre la concentration plasmatique thérapeutique et la concentration plasmatique toxique, c’est-à-dire entre la concentration efficace et la concentration toxique.

Points essentiels

📌 Les interactions bénéfiques associent deux médicaments pour traiter la même pathologie, tandis que les interactions délétères diminuent l’efficacité ou augmentent la toxicité de l’un des médicaments.

  • Les quatre niveaux cliniques sont (ANSM, 2021):
    • association contre-indiquée (CI)
    • association déconseillée (AD)
    • précaution d’emploi (PE)
    • association à prendre en compte (APEC)

📌 La synergie additive correspond à un effet égal à la somme des effets de A et B, tandis que la synergie renforçatrice produit un effet supérieur à cette somme.

📌 La potentialisation augmente l’action d’un seul des deux médicaments, tandis que l’antagonisme diminue ou annule l’effet des médicaments associés.

  • Les interactions galéniques surviennent notamment lors du mélange de médicaments injectables dans une même perfusion, avec incompatibilité physicochimique et formation d’un précipité, ou avec un dispositif transdermique associé à un produit formant une barrière cutanée.

  • 🔄 Les étapes concernées sont:

    1. l’absorption
    2. la distribution
    3. le métabolisme
    4. l’élimination
  • Une diminution de la concentration plasmatique peut entraîner une inefficacité, tandis qu’une augmentation peut entraîner un surdosage.

  • L’inhibition enzymatique diminue rapidement et spécifiquement l’action d’un cytochrome, tandis que l’induction enzymatique augmente lentement et durablement le nombre d’enzymes et concerne un grand nombre d’enzymes.

  • L’inhibition enzymatique augmente la concentration plasmatique d’un médicament formant des métabolites inactifs et expose au surdosage, tandis qu’elle diminue la concentration des métabolites actifs d’une prodrogue et expose à l’inefficacité.

  • L’induction enzymatique diminue la concentration plasmatique d’un médicament formant des métabolites inactifs et expose à l’inefficacité, tandis qu’elle augmente la concentration des métabolites actifs d’une prodrogue et expose à la toxicité.

  • Les interactions pharmacodynamiques augmentent les effets en cas de synergie et les diminuent en cas d’antagonisme, en agissant sur un même récepteur, un même système par des voies différentes ou des systèmes différents.

  • Les médicaments à marge thérapeutique étroite sont très sensibles aux interactions, car une faible augmentation de leur concentration peut atteindre la dose toxique et une faible diminution peut atteindre la dose inefficace.

  • Les principales catégories comprennent:

    • les anticonvulsivants
    • les antivitamines K
    • le lithium
    • les hormones thyroïdiennes
    • les immunosuppresseurs
    • les digitaliques

Astuce mémo

CI → AD → PE → APEC : de l’interdit à l’évaluation

Tableaux de synthèse

Pharmacocinétique et pharmacodynamie

NotionObjetSens de l’action
PharmacocinétiqueDevenir du médicament dans l’organismeOrganisme → médicament
PharmacodynamieMode d’action du médicament sur une cibleMédicament → organisme

Systèmes autonomes

SystèmeNeuromédiateurSituationEffets principaux
ParasympathiqueAcétylcholineRepos et digestionMictions, digestion, baisse du rythme cardiaque
SympathiqueNoradrénaline et adrénalineStress, fuite, combatAccélération cardiaque, bronchodilatation, mydriase

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Qu'est-ce que la pharmacologie étudie principalement ?

Les interactions entre substances chimiques et systèmes biologiques à but thérapeutique.

Que décrit la pharmacocinétique dans l'organisme ?

Le devenir du médicament de son administration à son élimination.

Que correspond la pharmacodynamie ?

L'action que le médicament exerce sur l'organisme.

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