Les valvulopathies sont le plus souvent acquises et d’origine rhumatismale ; plus rarement, elles sont congénitales.
Les principales valvulopathies acquises décrites touchent la valve mitrale ou la valve aortique, tandis que le rétrécissement pulmonaire concerne une valve sigmoïde pulmonaire et est le plus souvent congénital.
Rétrécissement : obstacle au flux ; insuffisance : régurgitation.
★ À maîtriser
Dans le rétrécissement mitral, l’obstacle au remplissage du ventricule gauche augmente les pressions dans l’oreillette gauche et les capillaires pulmonaires, expliquant la prédominance des symptômes pulmonaires.
Les signes fonctionnels évocateurs sont :
À l’auscultation du foyer mitral, le claquement d’ouverture est protodiastolique et survient après B2 ; le roulement diastolique présente un renforcement proto-diastolique et un renforcement présystolique, ce dernier disparaissant en cas de fibrillation auriculaire.
Compléments
Le roulement du rétrécissement mitral est mieux entendu après l’effort et en expiration forcée.
La radiographie du rétrécissement mitral montre une saillie convexe de la partie inférieure de l’arc moyen gauche et un double contour de l’arc inférieur droit de face, ainsi qu’un refoulement postérieur de l’œsophage en OAD.
Dans le rétrécissement mitral, l’ECG peut montrer une onde P bifide traduisant une hypertrophie auriculaire gauche, et l’allongement de l’intervalle Q-B1 est proportionnel au degré de la sténose ; sa valeur normale est inférieure à 0,07 seconde.
★ À maîtriser
Compléments
Dans l’insuffisance mitrale, les signes fonctionnels sont discrets et la dyspnée d’effort apparaît généralement tardivement.
Le souffle d’insuffisance mitrale est mieux entendu après l’effort et en expiration forcée.
La radiographie de l’insuffisance mitrale montre une hypertrophie-dilatation de l’oreillette gauche et du ventricule gauche ; en OAD, l’oreillette gauche refoule l’œsophage en arrière.
Le phonocardiogramme de l’insuffisance mitrale montre un aspect rectangulaire du souffle systolique de régurgitation.
★ À maîtriser
Dans le rétrécissement aortique, l’obstacle à l’éjection systolique du ventricule gauche vers l’aorte diminue le débit sanguin aortique et explique les signes d’ischémie à l’effort.
Les signes fonctionnels majeurs du rétrécissement aortique sont l’angine de poitrine d’effort par ischémie coronarienne et la syncope d’effort par ischémie cérébrale.
Le souffle du rétrécissement aortique est mésosystolique, maximal au deuxième espace intercostal droit et au foyer d’Erb, irradiant vers les clavicules, les carotides et la pointe, grave et râpeux, de forte intensité, avec diminution de B2.
Compléments
Les signes périphériques du rétrécissement aortique comprennent un pouls petit et de faible amplitude ainsi qu’une tension artérielle basse.
La radiographie du rétrécissement aortique montre une dilatation de l’aorte ascendante et une hypertrophie du ventricule gauche, avec saillie de l’arc supérieur droit et arc inférieur gauche allongé et fortement convexe de face.
L’ECG du rétrécissement aortique montre une hypertrophie ventriculaire gauche de type systolique, avec disparition de l’onde Q et onde T négative en V5-V6.
Le phonocardiogramme du rétrécissement aortique montre un souffle systolique d’éjection losangique et un clic d’éjection après B1, précédant immédiatement le souffle.
★ À maîtriser
Dans l’insuffisance aortique, la régurgitation diastolique diminue la pression artérielle diastolique et entraîne une surcharge diastolique du ventricule gauche.
Le souffle d’insuffisance aortique est holodiastolique, situé au deuxième espace intercostal droit et au foyer d’Erb, irradiant le long du bord gauche du sternum vers la pointe, doux, humé, aspiratif et de faible intensité.
Compléments
Les signes fonctionnels de l’insuffisance aortique sont longtemps discrets et comprennent des palpitations et parfois une sensation d’hyperpulsation artérielle.
L’insuffisance aortique peut associer au souffle diastolique un souffle systolique d’éjection modéré à la base et un roulement de Flint télédiastolique à la pointe, dû au rétrécissement mitral fonctionnel.
L’insuffisance aortique élargit la pression différentielle par élévation modérée de la pression systolique et surtout effondrement de la pression diastolique.
L’hyperpulsatilité artérielle se traduit par :
La radiographie de l’insuffisance aortique montre une hypertrophie-dilatation du ventricule gauche, et l’ECG met en évidence une surcharge diastolique ventriculaire gauche.
Le phonocardiogramme de l’insuffisance aortique montre un souffle diastolique de régurgitation triangulaire associé à un souffle d’éjection losangique.
Régurgitation diastolique → pression diastolique abaissée et hyperpulsatilité.
★ À maîtriser
Les cardiopathies congénitales les plus fréquentes citées sont :
Le souffle du rétrécissement pulmonaire est systolique d’éjection, maximal au deuxième espace intercostal gauche, irradiant vers la clavicule gauche et le dos, et peut s’accompagner d’un frémissement systolique.
Compléments
La manœuvre de Valsalva aide à différencier le souffle du rétrécissement pulmonaire de celui du rétrécissement aortique.
La radiographie du rétrécissement pulmonaire montre une saillie de l’arc moyen gauche traduisant la dilatation post-sténotique du tronc de l’artère pulmonaire.
L’ECG du rétrécissement pulmonaire montre une hypertrophie ventriculaire droite de type systolique, avec grande onde R et onde T négative en V1.
Profils phonocardiographiques des souffles
| Lésion | Type et temps | Siège | Phonocardiogramme |
|---|---|---|---|
| Rétrécissement aortique | Éjection, mésosystolique | 2e espace intercostal droit | Losange |
| Rétrécissement pulmonaire | Éjection, mésosystolique | 2e espace intercostal gauche | Losange |
| Insuffisance mitrale | Régurgitation, holosystolique | Pointe | Rectangle |
| Insuffisance aortique | Régurgitation, holodiastolique | 2e espace intercostal droit et foyer d’Erb | Triangle |
| Rétrécissement mitral | Roulement de remplissage, holodiastolique | Pointe | Double triangle |
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Qu’est-ce qu’une valvulopathie ?
Une maladie d’une valve cardiaque se manifestant par un rétrécissement ou une insuffisance.
Pourquoi le rétrécissement mitral entraîne-t-il une prédominance des symptômes pulmonaires ?
L’obstacle augmente les pressions dans l’oreillette gauche et les capillaires pulmonaires.
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Le claquement d’ouverture mitrale, le roulement diastolique et l’éclat de B1.
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