Fiche de révision : Signalisation cellulaire moléculaire

Plan du Cours

  1. Signaux et réponses cellulaires
  2. Diversité et portée des signaux
  3. Organisation des voies de signalisation
  4. Récepteurs à sept hélices
  5. Récepteurs enzymatiques et cytokiniques
  6. Récepteurs TGF, guanylate cyclase et TNF
  7. Récepteurs Notch et nucléaires
  8. Phosphorylation et kinases
  9. Phosphatases et déphosphorylation
  10. Protéines G et cycle nucléotidique
  11. Domaines adaptateurs moléculaires
  12. Seconds messagers nucléotidiques et lipidiques
  13. Signalisation calcique
  14. Monoxyde d’azote

1. Signaux et réponses cellulaires

★ À maîtriser

  • L’expression régulée du génome détermine quels récepteurs une cellule possède et donc quels signaux elle peut percevoir.

  • La fixation d’un signal extracellulaire déclenche une transduction intracellulaire qui active des voies de signalisation, des effecteurs et une réponse cellulaire.

  • Les effecteurs comprennent :

    • les facteurs de transcription
    • les protéines du cytosquelette
    • les enzymes du métabolisme
    • l’appareil de sécrétion

Compléments

  • L’absence d’un signal de survie peut déclencher la mort cellulaire par apoptose, comme lors de l’élimination de neurones produits en excès dans le système nerveux central.

Astuce mémo

Signal perçu → voie activée → effecteur → réponse

2. Diversité et portée des signaux

Notions clés & Définitions

  • Signal autocrine : Facteur sécrété par une cellule qui agit sur cette même cellule.
  • Signal paracrine : Agit localement sur d’autres cellules que celle qui le sécrète.

Points essentiels

  • Les signaux peuvent être :
    • physiques, comme la lumière et la chaleur
    • chimiques, comme les gaz
    • chimiques, comme les acides aminés
    • chimiques, comme les protéines
    • chimiques, comme les dérivés lipidiques

📌 Selon leur nature, certains signaux traversent la membrane plasmique, comme l’hormone thyroïdienne ou le NO, tandis que d’autres, comme la noradrénaline, se lient à des récepteurs de surface.

Astuce mémo

Autocrine : la cellule agit sur elle-même ; paracrine : elle agit sur ses voisines

3. Organisation des voies de signalisation

★ À maîtriser

  • Un récepteur donné lie un type de ligand, et la fixation du ligand peut modifier sa conformation et produire de nouveaux signaux intracellulaires.

  • Les voies de signalisation peuvent être parallèles, interconnectées ou modulées par des boucles de rétro-régulation positives ou négatives.

Compléments

  • L’effet de certains signaux dépend de leur concentration, comme celui de Hedgehog sur la différenciation neuronale.

  • La durée et la périodicité d’un signal peuvent modifier la réponse cellulaire, notamment lorsque le signal varie de manière oscillatoire.

  • Dans l’exemple du cours, TGFα active EGFR et IGFII active IGF1R ; leurs voies peuvent conduire à la prolifération ou à la survie, et certaines voies en aval sont interconnectées.

4. Récepteurs à sept hélices

Notions clés & Définitions

  • Récepteur à sept hélices transmembranaires : Traverse la membrane plasmique sept fois et présente un N-terminal extracellulaire et un C-terminal intracellulaire.

★ À maîtriser

  • Les récepteurs à sept hélices agissent comme des monomères et peuvent lier de petits ligands, comme la noradrénaline, ou de grands ligands, comme la gonadotrophine.

  • La fixation du ligand modifie la conformation du récepteur, active une protéine G hétérotrimérique, provoque l’échange du GDP contre du GTP puis la dissociation de la sous-unité α du complexe βγ.

Compléments

  • La protéine G activée peut conduire à la production d’AMPc et à l’activation de PKA, tandis que le complexe βγ peut activer des effecteurs associés à la PKC.
  • La phosphorylation du récepteur permet la fixation d’arrestines, qui assurent une rétro-régulation négative après que le récepteur a produit plusieurs signaux.

Astuce mémo

Un serpentin de sept hélices traverse la membrane et transmet le signal à une protéine G

5. Récepteurs enzymatiques et cytokiniques

Notions clés & Définitions

  • Récepteur tyrosine kinase : Possède un domaine extracellulaire de liaison au ligand, une seule hélice transmembranaire et un domaine kinase cytosolique.

★ À maîtriser

  • La fixation du ligand rapproche ou réorganise les domaines kinases des récepteurs, qui se phosphorylent en trans et créent des sites d’ancrage pour les protéines cibles.

  • Les récepteurs de cytokines n’ont pas d’activité enzymatique intrinsèque et recrutent des tyrosine kinases cytosoliques, notamment JAK1, JAK2 et Tyk2.

  • Après activation par le ligand, les kinases JAK phosphorylent le récepteur et permettent le recrutement de STAT, qui dimérisent puis gagnent le noyau pour réguler des gènes.

Compléments

  • Le domaine SH2 de la phospholipase Cγ lui permet de se lier à des tyrosines phosphorylées.

Astuce mémo

Les récepteurs tyrosine kinase portent une activité kinase ; les récepteurs de cytokines recrutent JAK

6. Récepteurs TGF, guanylate cyclase et TNF

Points essentiels

  • Les récepteurs TGFβ, activine, inhibine et BMP fonctionnent comme un complexe tétramérique formé de deux sous-unités de type I et de deux sous-unités de type II.

  • Le ligand se lie d’abord au dimère de récepteurs de type II, qui recrute le dimère de type I ; les kinases de type II phosphorylent alors celles de type I.

  • Les récepteurs TGFβ activent des facteurs Smad phosphorylés qui gagnent le noyau et régulent le cycle cellulaire, notamment en inhibant la prolifération.

  • Les récepteurs guanylate cyclase peuvent former des dimères et convertir le GTP en GMPc grâce à leur domaine guanylate cyclase intracellulaire.

  • Les récepteurs du TNF sont trimériques, dépourvus d’activité enzymatique intrinsèque et possèdent des domaines cytosoliques d’interaction protéine-protéine associés à la mort cellulaire.

7. Récepteurs Notch et nucléaires

Notions clés & Définitions

  • Récepteur nucléaire : Récepteur cytoplasmique ou nucléaire dont le ligand pénètre dans la cellule et qui régule la transcription des gènes.

★ À maîtriser

  • L’interaction de Notch avec un ligand transmembranaire induit des clivages du récepteur ; le fragment intracellulaire NICD rejoint le noyau et favorise l’expression de gènes cibles.

  • Les récepteurs nucléaires comportent un domaine C conservé de liaison à l’ADN, dont les cystéines coordonnent du zinc pour former deux doigts de zinc.

Compléments

  • Le récepteur Notch subit un premier clivage dans l’appareil de Golgi, puis trois autres clivages après l’interaction avec son ligand.

📌 La P box des récepteurs nucléaires reconnaît des séquences de six nucléotides, tandis que la D box intervient dans la dimérisation.

Astuce mémo

Notch est clivé avant l’action nucléaire de NICD ; les récepteurs nucléaires lient directement l’ADN

8. Phosphorylation et kinases

Notions clés & Définitions

  • Phosphorylation : Transfert d’un groupement phosphate de l’ATP ou du GTP vers une molécule.

★ À maîtriser

  • La phosphorylation est une modification post-traductionnelle réversible, et sa présence peut activer ou inhiber la fonction d’une protéine.
  • Les kinases sont classées selon les acides aminés qu’elles phosphorylent, notamment la sérine/thréonine, la tyrosine ou plusieurs types de résidus.

  • Le site catalytique d’une kinase lie l’ATP et la chaîne latérale du résidu à phosphoryler, et la spécificité dépend aussi de l’environnement du substrat et des domaines d’interaction protéique.

Compléments

  • Chez les mammifères, au moins 800 gènes codent des protéines kinases.

  • L’activité des kinases peut être régulée par un changement conformationnel, par la localisation membranaire via un domaine PH ou par le déplacement d’un pseudo-substrat par le complexe calcium-calmoduline.

Astuce mémo

Phosphorylation ne signifie pas toujours activation : elle peut aussi inhiber une enzyme

9. Phosphatases et déphosphorylation

Notions clés & Définitions

  • Phosphatase : Enzyme qui hydrolyse la liaison portant un phosphate et libère du phosphate inorganique.

★ À maîtriser

  • Les classes de phosphatases sont :

    • les phosphatases sérine/thréonine
    • les phosphatases tyrosine
    • les phosphatases à double spécificité
  • La calcineurine, activée par le complexe calcium-calmoduline, déphosphoryle NFAT, qui devient actif et favorise la réponse immunitaire.

  • La phosphatase à double spécificité Cdc25 déphosphoryle le complexe Cdk1-cycline B et contribue au passage de la phase G2 à la phase M.

Compléments

  • La spécificité des phosphatases pour leur substrat dépend notamment de la profondeur de leur fente catalytique et de séquences qui orientent leur localisation ou leurs interactions avec les substrats.

  • La cyclosporine et le FK506 inhibent la calcineurine après liaison à une protéine spécifique et formation d’un complexe inhibiteur.

10. Protéines G et cycle nucléotidique

Notions clés & Définitions

  • Petite GTPase : Protéine qui lie le GTP et l’hydrolyse, et dont l’état dépend de la liaison du GTP ou du GDP.

★ À maîtriser

  • Une petite GTPase liée au GTP active ses effecteurs, puis l’hydrolyse du GTP en GDP et phosphate inorganique modifie sa conformation et interrompt cette interaction.

  • Les protéines GEF favorisent la dissociation du GDP et son remplacement par du GTP sur une petite GTPase.

  • Les protéines G hétérotrimériques comportent les sous-unités α, β et γ ; l’activation du récepteur provoque l’échange du GDP contre du GTP sur α et sa dissociation de βγ.

  • Les familles de sous-unités α comprennent Gαs, Gαi, Golf, Gt, Gq et G12/13, qui régulent notamment l’adénylate cyclase, la signalisation olfactive ou visuelle, la phospholipase C et le cytosquelette.

Compléments

  • Grb2 recrute SOS à la membrane, SOS favorise l’échange GDP-GTP de Ras, puis Ras-GTP active Raf, qui active MEK et MAPK avant la réponse nucléaire.

Astuce mémo

GDP lié → échange contre GTP → activation → hydrolyse du GTP

11. Domaines adaptateurs moléculaires

★ À maîtriser

  • Les domaines adaptateurs sont des séquences compactes qui assurent des interactions protéine-protéine ou protéine-lipide et contribuent à organiser la transmission du signal.
  • Dans Src, les domaines ont les rôles suivants :
    • SH1 est le domaine kinase tyrosine
    • SH2 lie les phosphotyrosines
    • SH3 reconnaît les hélices riches en polyproline

Compléments

  • Le domaine SH2 reconnaît une phosphotyrosine et peut aussi reconnaître un résidu hydrophobe situé en position +3 dans le ligand.

  • Le domaine 14-3-3 fonctionne en dimère et peut lier deux peptides contenant chacun une sérine phosphorylée.

  • Les domaines PH reconnaissent des phosphoinositides membranaires, tandis que les domaines PDZ lient des ligands entre un feuillet β et une hélice α.

Astuce mémo

SH2 reconnaît phosphoY ; SH3 reconnaît polyproline

12. Seconds messagers nucléotidiques et lipidiques

Notions clés & Définitions

  • Second messager : Petite molécule qui relaie l’information d’un récepteur vers un effecteur dans la cellule.

★ À maîtriser

  • Les seconds messagers sont présents à faible concentration dans les cellules au repos et leur concentration peut augmenter d’un facteur 100 lors de l’activation cellulaire.
  • L’AMPc et le GMPc sont synthétisés respectivement par l’adénylate cyclase et la guanylate cyclase, puis dégradés par des phosphodiestérases.

📌 La phospholipase C clive le PIP2 en IP3 soluble dans le cytosol et en DAG qui reste associé à la membrane.

  • Dans la signalisation par PLC, IP3 favorise la libération de calcium à partir du réticulum endoplasmique, tandis que DAG participe à l’activation de PKC à la membrane.

Compléments

  • L’AMPc peut activer PKA en se liant à sa sous-unité régulatrice, ce qui libère la sous-unité catalytique.

Astuce mémo

IP3 diffuse dans le cytosol ; DAG reste dans la membrane

13. Signalisation calcique

★ À maîtriser

  • La concentration de calcium cytosolique est maintenue basse, avec un gradient d’environ 10⁴ entre les compartiments, car un excès de calcium peut former des précipités toxiques de phosphate de calcium.

  • Les mécanismes d’entrée ou de libération du calcium constituent le mode ON, tandis que les pompes et échangeurs qui le retirent du cytosol constituent le mode OFF.

  • L’IP3 ouvre son récepteur sur le réticulum endoplasmique et permet la libération de calcium dans le cytosol ; le calcium peut ensuite favoriser une libération supplémentaire par CICR.

Compléments

  • Les pompes PMCA et SERCA consomment de l’ATP pour transporter le calcium hors du cytosol vers l’extérieur de la cellule ou vers le réticulum endoplasmique.

  • La parvalbumine et la calbindine tamponnent le calcium cytosolique en le liant puis en le libérant progressivement.

  • La liaison de l’IP3 modifie la réponse du récepteur au calcium et permet de produire des vagues calciques dont la fréquence et l’amplitude varient.

Astuce mémo

ON : entrée ou libération du calcium ; OFF : pompes et échangeurs l’éliminent du cytosol

14. Monoxyde d’azote

Notions clés & Définitions

  • Monoxyde d’azote : Signal diffusible capable de traverser la membrane plasmique et d’agir sur une autre cellule.

★ À maîtriser

  • Les monoxyde d’azote synthases possèdent un domaine oxydase N-terminal et un domaine réductase C-terminal et synthétisent le NO et la citrulline.
  • Les formes de NOS sont : iNOS, inductible notamment dans les macrophages, eNOS, constitutive dans les cellules endothéliales et certains neurones, nNOS, constitutive dans les cellules neurales

Compléments

  • La NOS peut être régulée par phosphorylation par PKB, et le complexe calcium-calmoduline peut activer la production de GMPc en aval de la signalisation par NO.

Tableaux de synthèse

Comparaison des récepteurs

FamilleOrganisationTransduction caractéristique
R7HTMMonomèreActivation d’une protéine G et échange GDP-GTP
Récepteur tyrosine kinaseDimèrePhosphorylation en trans et création de sites d’ancrage
Récepteur de cytokinesDimère ou trimèreRecrutement de JAK et dimérisation de STAT
Récepteur TGFβTétramèreType II phosphoryle type I, puis activation de Smad
Récepteur TNFTrimèreRecrutement d’effecteurs associés à la mort cellulaire

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1. Pourquoi deux cellules peuvent-elles percevoir différemment un même signal extracellulaire ?

2. Quelle succession décrit le mieux la réponse d’une cellule après la fixation d’un signal extracellulaire ?

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Que détermine l’expression régulée du génome concernant les récepteurs cellulaires ?

Les récepteurs que possède une cellule.

Quelles étapes suit la fixation d’un signal extracellulaire jusqu’à la réponse ?

Elle déclenche une transduction intracellulaire, active des voies de signalisation et des effecteurs, puis produit une réponse cellulaire.

Quels types d’effecteurs interviennent dans les voies de signalisation ?

Des facteurs de transcription, des protéines du cytosquelette, des enzymes du métabolisme et l’appareil de sécrétion.

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