Fiche de révision : Torticolis et plagiocéphalie

Plan du Cours

  1. Déformations crâniennes et torticolis
  2. Épidémiologie et pathologies associées
  3. Étiologies et formes du torticolis
  4. Facteurs de risque des déformations
  5. Prévention et prise en charge précoce
  6. Motricité et développement sensoriel
  7. Bilan clinique et évaluation
  8. Suivi et appareillage crânien

1. Déformations crâniennes et torticolis

Notions clés & Définitions

  • Torticolis : Ensemble de positions vicieuses de la tête et de torsions du cou, avec inclinaison latérale de la tête, d’origine musculaire.
  • Plagiocéphalie : Asymétrie du crâne due à un aplatissement unilatéral.
  • Brachycéphalie : Configuration où le diamètre bipariétal, important par rapport au diamètre antéropostérieur maximal, dépasse 80 % de celui-ci et concerne les structures coronales.
  • Scaphocéphalie : Déformation du crâne allongé d’avant en arrière et rétréci transversalement, provoquée par la soudure prématurée de la suture sagittale.
  • Trigonocéphalie : Déformation du crâne allongé d’avant en arrière et rétréci transversalement, provoquée par la soudure prématurée de la suture métopique.

2. Épidémiologie et pathologies associées

★ À maîtriser

  • Le torticolis est musculaire dans 82 % des cas et non musculaire dans 18 % des cas.

Compléments

  • La fréquence du torticolis est très variable, de 3 % des naissances jusqu’à 16 % selon les données rapportées.

  • La fréquence rapportée selon l’âge est :

    • 16 % à 6 semaines
    • 19 % à 4 mois
    • 9 % à 8 mois
    • 7 % à 1 an
    • 3 % à 2 ans
  • Le torticolis est plus fréquent sur le SCOM gauche, avec rotation droite, inclinaison gauche et hyperextension du cou, en lien avec une dominance otolithique.

  • Les pathologies associées comprennent : la luxation congénitale de hanche, les subluxations cervicales, les anomalies cervicales osseuses, le plexus brachial obstétrical, les malformations des membres comme le PBVE, les pathologies neurologiques avec retard moteur, la plagiocéphalie et les asymétries faciales secondaires

3. Étiologies et formes du torticolis

★ À maîtriser

  • Les étiologies du torticolis comprennent : les causes musculaires, les causes positionnelles, les malformations vertébrales, les syndromes polymalformatifs, les causes infectieuses, les troubles oculaires comme la paralysie oculomotrice, les positions antalgiques liées au reflux gastro-œsophagien, les troubles du lien

📌 Dans le torticolis musculaire congénital, l’hypertonie du SCM entraîne un torticolis simple, tandis qu’une masse palpable dans le corps du SCM correspond à une forme dite pseudo-tumorale.

Compléments

  • Dans la forme pseudo-tumorale, un hématome ou une olive peut être présent dans le SCM entre la 2e et la 3e semaine de vie, ou dès la naissance.

  • Il peut s’accompagner :

    • d’une plagiocéphalie controlatérale
    • d’une tonsure
    • d’une asymétrie faciale
  • Le torticolis positionnel lié à une contrainte utérine peut se manifester par un bébé moulé, un bassin asymétrique et une attitude en virgule, avec peu ou pas de déformation crânienne à la naissance.

📌 Un torticolis positionnel lié à une contrainte utérine implique une surveillance des hanches.

  • Les conséquences possibles sont :
    • une modification de la motricité globale
    • un déficit des praxies de déplacement
    • des troubles psychosociaux
    • des troubles de la motricité fine
    • des troubles de la communication

4. Facteurs de risque des déformations

★ À maîtriser

  • Les facteurs prénataux comprennent : les facteurs génétiques individuels ou familiaux, la position utérine, les grossesses gémellaires, un alitement de plus de 6 semaines pendant la grossesse

  • Les facteurs périnataux rapportés comprennent : le rang dans la fratrie, la macrosomie avec un poids de naissance supérieur à 4 kg, la prématurité avant 37 SA, la grande prématurité avant 32 SA

  • Les facteurs postnataux comprennent :

    • le mode de garde
    • le mode d’alimentation
    • le reflux gastro-œsophagien
    • l’immobilité induite par l’environnement
    • l’asymétrie motrice posturale
  • L’immobilité induite par l’environnement est un facteur de risque majeur de plagiocéphalie.

Compléments

  • La plagiocéphalie est deux fois plus fréquente chez les garçons que chez les filles, différence attribuée dans le cours au poids et aux vêtements moins amples chez les garçons.

  • La fréquence rapportée est de 18 % en cas de prématurité avant 37 SA et de 38 % en cas de grande prématurité avant 32 SA.

  • La naissance instrumentale n’est pas un facteur de risque de plagiocéphalie ou de brachycéphalie.

  • 90 % des enfants porteurs d’une plagiocéphalie positionnelle passent plus de 4 heures dans un dispositif d’installation contraignant, ce qui affecte leur motricité spontanée.

5. Prévention et prise en charge précoce

★ À maîtriser

  • Une prise en charge avant un mois de vie est associée à 98 % d’efficacité à 2,5 mois en l’absence d’anomalie de mobilité.

📌 L’éducation des parents fait partie de la prise en charge précoce du torticolis et des déformations crâniennes.

📌 Dix minutes de décubitus ventral par jour divisent par deux le taux de plagiocéphalie ; la durée recommandée commence à 10 minutes à 1 mois et augmente de 10 minutes par mois jusqu’à 40 minutes par jour à 4 mois.

Compléments

  • Après 6 mois, la rééducation peut nécessiter 9 à 10 mois de séances et présente un risque important d’anomalies de mobilité cervicale.

  • Le contact pesant sur le crâne d’un nourrisson inhibe sa croissance, et la plagiocéphalie constitue un marqueur d’immobilité sensorimotrice pouvant avoir des conséquences esthétiques et sur le développement sensorimoteur asymétrique.

📌 Le nourrisson peut être installé sur les deux côtés, en privilégiant le côté de la plagiocéphalie ou le côté vers lequel il ne tourne pas spontanément.

  • La prévention privilégie un tapis de sol ferme, la motricité libre, des jouets autour du tapis et l’absence d’objets suspendus au-dessus de l’enfant.

📌 Il est recommandé de supprimer l’arche, la nacelle, le landau et le transat, et de réserver le cosy aux trajets en voiture, car son utilisation diminue les coordinations oculo-vestibulaires et oculo-auditives.

📌 Le portage en écharpe ou dans les bras et la multiplication des interactions dans un espace libre et sécurisé favorisent l’exploration spontanée ; l’immobilité ne se traite pas par une immobilité.

6. Motricité et développement sensoriel

Notions clés & Définitions

  • Macrorythmes : Rythmes des soins maternants, organisateurs par la répétition qui les caractérise.
  • Microrythmes : Rythmes au sein des interactions qui font émerger ou soutiennent le ludique, par exemple le jeu de « la petite bête qui monte » au moment du change.

★ À maîtriser

📌 La voie ventrale occipito-temporale identifie les formes, les objets et les visages, tandis que la voie dorsale occipito-pariétale traite le mouvement visuel, la localisation spatiale et la coordination visuo-motrice et assure le contrôle visuel précis des mouvements volontaires.

  • Le développement moteur suit trois lois :
    • la différenciation du global vers le fin et du réflexe vers le volontaire
    • la variabilité, avec des progrès non uniformes pouvant inclure stagnation ou régression
    • la progression céphalo-caudale et proximo-distale

Compléments

  • Le système périphérique assure : l’alerte, le positionnement du corps dans l’espace, le guidage des bras lors de captures visuellement déclenchées, la régulation des déplacements, l’exploration focale d’un spectacle visuel

  • La vision focale du nourrisson est en noir et blanc jusqu’à 6 semaines et nette à environ 15 cm ; au-delà, la vision est floue.

  • La vision périphérique se développe entre 4 et 6 mois ; les saccades sont présentes de 0 à 3 mois et la poursuite lente est acquise entre 3 et 4 mois.

  • L’audition mûrit pendant la période anténatale, avec une perception de 85 dB à 35 SA, et permet à la naissance l’orientation de la tête et du regard.

  • Le système gustatif est fonctionnel à 14 SA, présente une préférence pour le sucré sans accoutumance et mobilise le réflexe de succion lors du repas.

  • Le tact mûrit vers 24 SA ; chez le nourrisson, le toucher relève de l’émotion et non d’une simple modalité physique, et la motricité sur base tactile emprunte la voie spinothalamique.

  • Le handling désigne la manipulation du nourrisson et sa mise en forme ; les stratégies pied-main-bouche participent à l’exploration, la bouche servant de relais oral entre les espaces de préhension droite et gauche.

📌 Les étirements passifs et les massages sont à éviter.

Astuce mémo

La voie ventrale répond au « quoi » ; la voie dorsale au « où ».

7. Bilan clinique et évaluation

★ À maîtriser

  • L’interrogatoire explore :
    • la grossesse
    • la PMA
    • les accidents
    • l’accouchement
    • le rang de l’enfant
    • les éléments socio-familiaux
  • L’échelle d’Argenta distingue cinq types :
    • type 1 : asymétrie postérieure
    • type 2 : asymétrie postérieure et malposition des oreilles
    • type 3 : caractéristiques du type 2 et asymétrie frontale
    • type 4 : caractéristiques du type 3 et asymétrie de la face
    • type 5 : caractéristiques du type 4 et proéminences temporales ou croissance verticale du crâne

📐 Formule - Le CVAI, ou Cranial Vault Asymmetry Index, mesure la déformation du crâne selon CVAI=D2−D1D2×100\mathrm{CVAI}=\frac{D2-D1}{D2}\times100.

Compléments

  • Les éléments socio-familiaux du bilan incluent les taux rapportés de dépression postnatale : 15 %, 45 % en cas de jumeaux et 90 % en cas de triplés.

  • L’examen comprend : l’APGAR, le niveau d’éveil et d’attention, la recherche d’hyperexcitabilité, l’observation de la motricité spontanée, notamment le geste main-bouche à 2 mois

  • Le bilan crânien comprend la palpation des sutures, la mesure du périmètre crânien et l’évaluation des déformations, notamment à l’aide de bandes thermoformables.

  • L’évaluation de la mobilité passive comprend :

    • le foulard
    • l’angle poplité
    • l’angle des adducteurs
    • l’angle de dorsiflexion du pied
    • la manœuvre de Barlow
    • l’enroulement ou l’extension du rachis
  • Le bilan moteur inclut également les suspensions, le tiré-assis après 1 mois et l’observation en décubitus ventral.

8. Suivi et appareillage crânien

★ À maîtriser

  • Le traitement peut être arrêté en cas de récupération totale, définie par l’égalité entre les amplitudes passives et actives (PROM = AROM), avec un suivi des acquisitions motrices pendant 3 à 12 mois.

  • En cas de récupération incomplète, définie par PROM ≠ AROM, la fréquence des séances est augmentée ; si la récupération reste incomplète, un avis chirurgical et/ou un appareillage est envisagé.

  • Une orthèse crânienne est envisagée en cas d’échec ou d’absence de prise en charge précoce, après 5,5 mois et avant 10 mois, et se porte 23 heures sur 24 pendant 3,5 mois en moyenne.

Compléments

  • L’orthèse crânienne est efficace sur les déformations sévères et sa préconisation est indiquée pour un CVAI supérieur à 9 % à 6 mois.

  • La rééducation comprend une dimension d’éducation, de prévention, d’information et d’attention.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Torticolis et plagiocéphalie avec 17 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant le torticolis, la plagiocéphalie et la brachycéphalie :

2. Une synostose prématurée sagittale ou métopique est observée chez deux nourrissons. Quelles propositions caractérisent ces déformations ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Torticolis et plagiocéphalie avec 63 flashcards interactives.

Qu’est-ce que le torticolis ?

Un ensemble de positions vicieuses de la tête et de torsions du cou, avec inclinaison latérale d’origine musculaire.

Qu’est-ce que la plagiocéphalie ?

Une asymétrie du crâne due à un aplatissement unilatéral.

Quelle proportion des torticolis est d’origine musculaire ?

82 %.

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