Fiche de révision : Troubles cognitifs et accompagnement infirmier

Plan du Cours

  1. Définitions et classifications cognitives
  2. Principales pathologies neurocognitives
  3. Risques et évolution de la maladie
  4. Signes et démarche diagnostique
  5. Repérage et évaluation infirmiers
  6. Communication et gestion comportementale
  7. Sécurité et prévention des complications
  8. Coordination, éthique et transmissions
  9. Accompagnement et maintien de l’autonomie
  10. Soutien des aidants et ressources
  11. Prévention des troubles cognitifs
  12. Prise en charge non médicamenteuse

1. Définitions et classifications cognitives

★ À maîtriser

📌 Le trouble cognitif léger associe une plainte et un déficit mesurable, avec une autonomie préservée dans les activités quotidiennes, tandis que le trouble neurocognitif majeur entraîne un déclin qui interfère avec cette autonomie.

  • Les étiologies dégénératives comprennent Alzheimer, les corps de Lewy, les formes fronto-temporales et Parkinson, tandis que les étiologies non dégénératives comprennent les causes vasculaires, mixtes, toxiques, métaboliques, dépressives et iatrogènes.

Compléments

  • Le trouble cognitif léger constitue un facteur de risque d’évolution vers une forme majeure, mais n’évolue pas systématiquement ainsi.

  • En France, les troubles neurocognitifs majeurs concernent plus d’une personne de plus de 65 ans sur 20 et près d’une personne sur 5 après 85 ans.

Astuce mémo

Léger : autonomie préservée ; majeur : autonomie altérée

2. Principales pathologies neurocognitives

★ À maîtriser

  • La maladie d’Alzheimer est la cause la plus fréquente de trouble neurocognitif majeur chez la personne âgée et représente environ deux démences sur trois avec les formes apparentées.

  • La maladie d’Alzheimer débute le plus souvent par l’atteinte de la mémoire épisodique des faits récents, puis peut toucher le langage, les praxies, le jugement et le comportement.

📌 La démence vasculaire, deuxième cause de trouble neurocognitif majeur, est liée à des lésions cérébrales vasculaires et peut évoluer par paliers, contrairement à l’évolution généralement progressive d’Alzheimer.

  • La démence à corps de Lewy associe fluctuations cognitives, hallucinations visuelles et syndrome parkinsonien, avec une sensibilité importante aux neuroleptiques.

Compléments

  • La maladie d’Alzheimer se caractérise neuropathologiquement par des plaques amyloïdes et une dégénérescence neurofibrillaire liée à la protéine tau.

  • La démence fronto-temporale touche préférentiellement les lobes frontaux et temporaux, souvent avant 65 ans, et sa mémoire épisodique reste généralement préservée plus longtemps qu’à un stade équivalent d’Alzheimer.

  • Une dépression du sujet âgé, une cause iatrogène ou toxique, une cause métabolique ou carentielle et une déshydratation peuvent entraîner ou imiter des troubles cognitifs.

3. Risques et évolution de la maladie

★ À maîtriser

  • Les facteurs de risque non modifiables comprennent l’âge avancé, le sexe féminin, les prédispositions génétiques et les antécédents familiaux, ainsi qu’un niveau d’éducation initial plus faible.

  • Les facteurs de risque modifiables comprennent : l’hypertension artérielle, le diabète, la dyslipidémie, le tabac, la sédentarité, l’isolement social, les troubles auditifs ou visuels non corrigés, la dépression, les troubles du sommeil et les traumatismes crâniens

  • Dans la maladie d’Alzheimer, l’accumulation de bêta-amyloïde et l’agrégation anormale de protéine tau entraînent une perte progressive des neurones et des synapses ; l’atrophie débute souvent dans l’hippocampe et ces mécanismes précèdent les symptômes de plusieurs années.

Compléments

  • La maladie d’Alzheimer ou une forme apparentée concerne environ 1,2 million de personnes en France et 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en France ; le nombre de personnes concernées dans le monde est estimé à doubler d’ici 2050.

Astuce mémo

Lésions amyloïdes et tau → perte neuronale → symptômes

4. Signes et démarche diagnostique

★ À maîtriser

  • Les stades de la maladie d’Alzheimer vont d’un stade léger avec autonomie globalement conservée, à un stade modéré nécessitant de l’aide pour les activités complexes, puis à un stade sévère marqué par une dépendance pour les soins de base.

  • Les principaux signes cognitifs évocateurs comprennent : les oublis récents et les difficultés d’apprentissage, les troubles du langage, les difficultés de praxies ou de gnosies, les difficultés des fonctions exécutives

  • La démarche diagnostique comprend le repérage par plainte, observation ou questionnaire, l’évaluation cognitive, fonctionnelle, médicale et biologique, l’imagerie cérébrale, puis une consultation dédiée à l’annonce diagnostique.

📌 Une confusion aiguë se caractérise par un début brutal et des fluctuations et constitue toujours une urgence à explorer.

Compléments

  • Les symptômes psycho-comportementaux comprennent : des troubles de l’humeur, des troubles du comportement, des troubles psychotiques, des troubles des conduites, notamment du sommeil et de l’appétit

  • Le MMSE est un test global de repérage cognitif coté sur 30 points, tandis que le MoCA est plus sensible pour les troubles cognitifs légers.

  • La GDS dépiste une dépression pouvant mimer un trouble cognitif, tandis que les échelles ADL et IADL évaluent l’autonomie dans les activités quotidiennes de base et instrumentales.

Astuce mémo

Repérage → évaluation → imagerie → annonce

5. Repérage et évaluation infirmiers

★ À maîtriser

  • Le rôle infirmier comprend le repérage précoce, l’évaluation clinique continue, la surveillance somatique, l’adaptation relationnelle, la coordination et l’éducation du patient et de son entourage.

  • Les signes d’alerte comprennent : les oublis ou récits répétés, les difficultés de gestion des traitements ou des finances, la désorientation dans un lieu familier, les changements de comportement ou le repli sur soi

Compléments

  • L’évaluation infirmière porte sur le comportement, la présentation, l’orientation, l’autonomie, les troubles sensoriels et la douleur, qui peut être sous-exprimée chez une personne ayant des troubles cognitifs.

  • Le recueil de données infirmier inclut les antécédents et traitements, les habitudes de vie, l’histoire personnelle, les ressources familiales et la situation sociale et environnementale ; il associe autant que possible la personne et son entourage.

  • La surveillance quotidienne porte sur l’état général, le comportement, l’autonomie et le sommeil, notamment le poids, l’hydratation, la douleur, les capacités quotidiennes et le rythme veille-sommeil.

6. Communication et gestion comportementale

★ À maîtriser

📌 Une communication adaptée consiste à se placer face à la personne et à sa hauteur, utiliser des phrases courtes portant une idée à la fois, laisser du temps pour répondre et éviter de la corriger frontalement ou de la mettre en échec.

📌 La technique de validation accueille l’émotion exprimée plutôt que de corriger le propos, tandis que la distraction bienveillante détourne l’attention en cas de tension plutôt que d’entrer en confrontation.

  • Face à un trouble du comportement, rechercher d’abord une cause comme la douleur, un besoin non exprimé, un environnement inadapté, la fatigue ou une cause somatique aiguë, puis apaiser l’environnement et rediriger l’attention ; les médicaments ne sont envisagés qu’en dernier recours.

Compléments

  • L’approche Humanitude mobilise le toucher-tendresse, le regard horizontal et la verticalité pour replacer la personne au cœur de la relation de soin.

Astuce mémo

Accueillir l’émotion plutôt que corriger le propos

7. Sécurité et prévention des complications

★ À maîtriser

  • Le risque de chute doit être évalué dès l’admission et à chaque changement d’état, en adaptant l’éclairage, le chaussage et l’environnement et en réévaluant les traitements pouvant favoriser les chutes.

  • La prévention de la dénutrition et des troubles de la déglutition repose sur la surveillance du poids, l’adaptation des textures, une installation assise, un environnement calme et le respect des goûts de la personne.

  • En cas de risque de fugue ou d’errance, sécuriser l’environnement et permettre une déambulation encadrée plutôt que chercher à supprimer systématiquement la déambulation par l’enfermement ou la contention.

Compléments

📌 Pour prévenir les chutes, il faut encourager une activité physique adaptée et privilégier les aides techniques et la surveillance rapprochée plutôt que la seule contention.

8. Coordination, éthique et transmissions

★ À maîtriser

  • La coordination pluridisciplinaire mobilise : le médecin pour le diagnostic et le suivi, le psychologue pour le soutien et l’évaluation, l’ergothérapeute pour l’environnement et l’autonomie, l’assistant social pour les aides et l’orientation

📌 Le consentement aux soins suppose de rechercher l’adhésion de la personne et de respecter son autonomie tant qu’elle peut s’exprimer.

Compléments

  • Les mesures de protection juridique mentionnées sont :

    • la sauvegarde de justice
    • la curatelle
    • la tutelle
    • l’habilitation familiale
  • Les directives anticipées recueillent les souhaits de la personne concernant sa fin de vie et la personne de confiance peut être consultée si elle ne peut plus s’exprimer.

📌 Les transmissions infirmières doivent être factuelles, datées et précises, signaler les changements et documenter les mesures mises en place ainsi que leur efficacité.

9. Accompagnement et maintien de l’autonomie

★ À maîtriser

📌 L’accompagnement centré sur la personne tient compte de son histoire, de ses habitudes, de ses préférences, de ses capacités du moment et de son évolution, en l’associant aux décisions tant que possible.

  • 🔄 Pour maintenir l’autonomie : laisser la personne réaliser ce qu’elle peut encore faire, fractionner les tâches complexes en étapes simples, utiliser des repères visuels et des routines stables, faire avec elle plutôt qu’à sa place, valoriser ses réussites

Compléments

  • L’aménagement de l’environnement peut associer :
    • des repères visuels
    • une sécurisation sans surprotection
    • une ambiance apaisante
    • des objets familiers

📌 En fin de vie, l’accompagnement privilégie la dignité, le confort et le soulagement de la douleur et de l’inconfort, en tenant compte des souhaits antérieurs et en soutenant également la famille.

Astuce mémo

Faire avec plutôt que faire à la place

10. Soutien des aidants et ressources

★ À maîtriser

  • Les signes d’épuisement de l’aidant comprennent :

    • les troubles du sommeil
    • l’irritabilité
    • l’isolement
    • les plaintes somatiques
  • Les dispositifs de répit comprennent :

    • l’accueil de jour
    • l’hébergement temporaire
    • l’aide à domicile
    • les séjours de répit ou vacances

Compléments

  • Les ressources d’orientation et de soutien comprennent :
    • les CLIC
    • les dispositifs MAIA
    • les consultations mémoire et centres experts
    • les services sociaux et CCAS
    • les associations de familles et de patients
    • les plateformes d’accompagnement et de répit
    • les réseaux gérontologiques de coordination
    • les équipes spécialisées Alzheimer

11. Prévention des troubles cognitifs

★ À maîtriser

  • La prévention primaire agit avant l’apparition des troubles sur les facteurs modifiables, notamment les risques cardiovasculaires, l’activité physique, l’alimentation, le lien social, la stimulation cognitive et les troubles sensoriels.

  • La prévention secondaire vise à repérer les premiers signes afin de permettre un diagnostic précoce et d’anticiper le parcours de soins et de vie.

  • La prévention tertiaire vise à prévenir les chutes, la dénutrition et les escarres, limiter les hospitalisations évitables et la confusion, prévenir l’épuisement des aidants et adapter l’environnement aux besoins évolutifs.

Compléments

  • Les facteurs protecteurs à promouvoir sont : l’activité physique, la stimulation cognitive, le lien social, la qualité du sommeil et une alimentation équilibrée, notamment de type méditerranéen

12. Prise en charge non médicamenteuse

★ À maîtriser

📌 La prise en charge non médicamenteuse est une approche de première intention, particulièrement pour les troubles du comportement, individualisée, pluridisciplinaire et adaptée à la fatigabilité.

  • La stimulation cognitive cible la mémoire, le langage, l’attention ou les fonctions exécutives et vise à maintenir les capacités existantes, non à les restaurer entièrement.

📌 Le PASA accueille en journée des personnes au sein de l’établissement pour des activités thérapeutiques et sociales, tandis que l’UHR héberge des personnes présentant des troubles du comportement sévères.

Compléments

  • Les thérapies à médiation sensorielle comprennent :

    • la musicothérapie
    • l’approche Snoezelen
    • l’art-thérapie
    • l’aromathérapie
    • le toucher-massage
  • L’activité physique adaptée peut comprendre la marche, la gymnastique douce et des exercices d’équilibre adaptés aux capacités, et contribue à l’humeur, au sommeil, à l’autonomie motrice et à la réduction du risque de chute.

  • La thérapie par réminiscence s’appuie sur des souvenirs anciens évoqués par des photos, des objets ou des musiques afin de favoriser l’expression émotionnelle, le lien social, l’identité et l’estime de soi.

Tableaux de synthèse

Prévention des troubles cognitifs

TypeMomentObjectif
PrimaireAvant les troublesAgir sur les facteurs de risque modifiables
SecondairePremiers signesPermettre un diagnostic et une prise en charge précoces
TertiaireTroubles installésLimiter les complications et préserver le parcours de vie

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Troubles cognitifs et accompagnement infirmier avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une personne présente une plainte cognitive et un déficit mesurable, mais reste autonome dans ses activités quotidiennes. Quelle classification correspond à son tableau ?

2. Laquelle de ces associations classe correctement les étiologies des troubles neurocognitifs ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Troubles cognitifs et accompagnement infirmier avec 10 flashcards interactives.

Qu’est-ce qui distingue le trouble cognitif léger du trouble neurocognitif majeur ?

Le trouble léger préserve l’autonomie quotidienne, contrairement au trouble majeur.

Quelle maladie est la cause la plus fréquente de trouble neurocognitif majeur chez la personne âgée ?

La maladie d’Alzheimer.

Quelle atteinte inaugure le plus souvent la maladie d’Alzheimer ?

L’atteinte de la mémoire épisodique des faits récents.

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