Fiche de révision : Troubles du rythme et examens cardiaques

Plan du Cours

  1. Biomarqueurs cardiaques
  2. Principes et lecture de l’ECG
  3. Anomalies électriques et troubles de conduction
  4. Troubles du rythme cardiaque
  5. ECG ambulatoire et épreuve d’effort
  6. Exploration électrophysiologique et soins
  7. Échographie cardiaque
  8. Coronarographie et surveillance
  9. Coronarographie et angioplastie
  10. Examens complémentaires en cardiologie
  11. Électrocardiogramme et activité électrique
  12. Manifestations cliniques des troubles cardiaques
  13. Explorations électrocardiographiques
  14. Exploration électrophysiologique invasive
  15. Échographie cardiaque transthoracique
  16. Modes et fenêtres échographiques
  17. Échographie transœsophagienne
  18. IRM et autres examens cardiaques

1. Biomarqueurs cardiaques

Notions clés & Définitions

  • NT-proBNP : Une protéine sécrétée par les cardiomyocytes et un marqueur diagnostique et pronostique de l’insuffisance cardiaque.
  • Troponines : Des protéines constitutives de l’unité contractile du cardiomyocyte, libérées dans le sang lorsque les cellules souffrent.

★ À maîtriser

  • Les examens complémentaires en cardiologie se classent selon la pathologie explorée, l’objectif, le caractère invasif ou non et le champ technique (biologie, électrographie, imagerie, etc.).

  • Les principales catégories d’examens cardiologiques comprennent : la biologie, l’ECG et ses variantes, l’imagerie : échocardiographie, coronarographie, artériographie, TDM et IRM, la génétique, l’épreuve d’effort, les tests pharmacologiques, la scintigraphie et le TEP-scan

  • 🔄 Avant un examen, il faut : mettre en balance ses bénéfices et ses risques, informer le patient de manière claire, loyale et appropriée, recueillir son consentement libre et éclairé, respecter la pharmacovigilance

  • Les troponines sont des marqueurs diagnostiques et pronostiques de l’infarctus du myocarde, mais leur élévation n’est pas spécifique de l’infarctus.

Compléments

  • Le NT-proBNP possède une valeur prédictive négative dans l’insuffisance cardiaque chronique et aiguë.

  • La cinétique des troponines s’évalue par des dosages répétés, notamment en comparant une première mesure à une seconde réalisée une à trois heures plus tard.

Astuce mémo

NT-proBNP pour l’insuffisance cardiaque, troponines pour l’infarctus

2. Principes et lecture de l’ECG

Notions clés & Définitions

  • ECG : Un enregistrement de l’activité électrique du cœur qui prolonge l’examen clinique cardiologique et joue un rôle diagnostique, pronostique et thérapeutique.
  • Intervalle PR : Débute au début de l’onde P et se termine au début du complexe QRS ; il renseigne sur la conduction au niveau du nœud atrioventriculaire.
  • Intervalle QTc : Renseigne sur le risque de troubles du rythme et peut être influencé par la kaliémie et certains médicaments.

★ À maîtriser

  • Les cardiomyocytes spécialisés du système électrique cardiaque génèrent spontanément l’impulsion électrique sans se contracter, tandis que les autres cardiomyocytes la transmettent.

  • Un ECG standard enregistre les différences de potentiel au cours du temps pendant 10 secondes et présente plusieurs dérivations correspondant à différents points de vue sur le cœur.

  • L’onde P correspond à la dépolarisation des oreillettes, le complexe QRS à la dépolarisation des ventricules, et le segment ST ainsi que l’onde T à la repolarisation ventriculaire.

  • Les réglages ECG de référence sont un étalonnage de 10 mm/mV et une vitesse de défilement de 25 mm/s.

  • La fréquence cardiaque normale indiquée pour l’ECG est de 60 à 100 battements par minute.

  • Le segment ST et l’onde T expriment la repolarisation ventriculaire, et leurs anomalies peuvent faire suspecter une ischémie ou un infarctus.

  • Les signes d’alerte ECG cités sont : une tachycardie d’environ 150 bpm hors effort, un rythme irrégulier, des complexes QRS larges, un sus-décalage du segment ST supérieur à 1 mm, un QTc de 500 ms

Compléments

  • L’ECG peut guider la prise en charge urgente d’un arrêt cardiaque et d’une suspicion de syndrome coronarien aigu.

  • Le système électrique cardiaque est organisé en nœuds et faisceaux qui coordonnent la propagation de l’activité électrique dans le cœur.

  • Un ECG standard comporte 12 dérivations obtenues à l’aide d’électrodes frontales et précordiales.

  • Les électrodes frontales se placent aux extrémités des membres ou, au plus, à leur racine, mais pas sur le tronc.

  • L’électrode noire ne contribue pas directement au signal ECG et sert à réduire le bruit.

  • Les électrodes précordiales sont :

    • V1
    • V2
    • V3
    • V4
    • V5
    • V6

3. Anomalies électriques et troubles de conduction

★ À maîtriser

  • Une accélération du cœur à l’effort peut être physiologique, tandis qu’un rythme irrégulier est généralement anormal et nécessite d’en rechercher la cause.

📌 Un sus-décalage du segment ST est suspect d’infarctus et justifie une prise en charge urgente en salle de cathétérisme.

📌 Un trouble de conduction correspond à une activité électrique qui se propage insuffisamment, tandis qu’un trouble du rythme correspond à une activité trop rapide ou désorganisée.

  • Dans les troubles de conduction, plus le bloc est situé près des ventricules, plus il est grave, car moins de tissus situés en aval peuvent prendre le relais.

  • Le nœud auriculoventriculaire est la seule connexion électrique entre les oreillettes et les ventricules, car les anneaux valvulaires fibreux ne conduisent pas l’électricité.

📌 Une lipothymie est un malaise sans perte de connaissance, tandis qu’une syncope est une perte de connaissance brutale et transitoire avec récupération complète.

Compléments

  • Un trouble de conduction sévère peut provoquer une défaillance mécanique du cœur, car l’activité électrique ne déclenche plus correctement la contraction.

  • Les troubles de conduction peuvent se manifester par une fatigue, une syncope ou une insuffisance cardiaque et, rarement, par un arrêt cardiaque.

Astuce mémo

Conduction : signal trop lent ou bloqué ; rythme : signal trop rapide ou désorganisé.

4. Troubles du rythme cardiaque

Notions clés & Définitions

  • Tachycardie supraventriculaire : La tachycardie supraventriculaire est un trouble du rythme provenant des structures situées au-dessus des ventricules.

★ À maîtriser

  • La fibrillation atriale est associée à un risque d’AVC cinq fois supérieur à celui observé chez les autres patients.

📌 Les troubles du rythme ventriculaire sont plus dangereux que les troubles supraventriculaires, car le nœud auriculoventriculaire peut limiter la fréquence transmise aux ventricules dans les troubles supraventriculaires.

  • Une tachycardie ventriculaire peut empêcher une activité mécanique efficace et conduire à un arrêt cardiaque.

Compléments

  • Les tachycardies supraventriculaires peuvent être asymptomatiques ou se manifester par des palpitations.

📌 La mort subite cardiaque survient de façon instantanée et sans signe annonciateur évident, contrairement à certaines défaillances cardiaques progressives.

Astuce mémo

Supraventriculaire : au-dessus des ventricules ; ventriculaire : dans les ventricules, plus dangereux.

5. ECG ambulatoire et épreuve d’effort

★ À maîtriser

  • Un ECG ambulatoire de type Holter enregistre l’activité cardiaque pendant 24 à 72 heures afin de détecter des troubles intermittents absents lors d’un ECG de dix secondes.

📌 Le patient portant un Holter tient un journal d’activité et note l’horaire de ses symptômes afin de permettre leur comparaison avec le tracé.

  • L’épreuve d’effort enregistre généralement le cœur sur 12 dérivations pendant environ 10 à 15 minutes, avec une lecture en direct et une surveillance de la pression artérielle.

  • L’épreuve d’effort recherche notamment une maladie des artères coronaires, qui peut provoquer une souffrance cardiaque lorsque les besoins du cœur augmentent à l’effort.

📌 L’épreuve d’effort nécessite la présence d’un médecin, un chariot d’urgence et un défibrillateur, ainsi qu’une surveillance poursuivie pendant trois à six minutes après l’effort.

Compléments

  • La lecture d’un Holter est différée et réalisée par un médecin après l’enregistrement, contrairement à une surveillance en temps réel.

  • Un ECG réalisé avec une montre connectée peut enregistrer une dérivation lorsque le patient pose les doigts de l’autre main sur l’appareil.

  • Un moniteur cardiaque implantable placé sous la peau peut surveiller le rythme cardiaque pendant plusieurs années.

  • Une complication nécessitant une intervention médicale survient dans environ un cas sur 500 lors d’une épreuve d’effort, et une complication grave est rapportée dans moins d’un cas sur 10 000.

  • Une obstruction à l’éjection du ventricule gauche, notamment un rétrécissement aortique, constitue un point de vigilance avant une épreuve d’effort, car l’effort peut majorer les symptômes.

6. Exploration électrophysiologique et soins

Notions clés & Définitions

  • Exploration électrophysiologique : L’exploration électrophysiologique est un examen invasif qui mesure localement l’activité électrique du cœur à l’aide de cathéters introduits par les vaisseaux.

★ À maîtriser

  • L’exploration électrophysiologique sert à caractériser le mécanisme d’un trouble du rythme ou de conduction afin d’orienter le traitement.

  • Avant une intervention invasive, la préparation comprend la vérification de l’identité et des allergies, le recueil des directives anticipées et des coordonnées de la personne de confiance, la pose d’une voie veineuse périphérique et un bilan biologique.

  • Le jeûne préopératoire est de six heures pour les aliments et de deux heures pour les liquides clairs afin de limiter le risque d’inhalation en cas d’anesthésie générale.

  • Après l’intervention, le point de ponction est comprimé par un fil de compression, un pansement compressif ou un sac de sable, éventuellement associés, afin de favoriser l’hémostase.

Compléments

  • L’exploration électrophysiologique passe souvent par la veine fémorale droite pour accéder au cœur.

  • Lors d’une ablation, un cathéter délivre un courant destiné à brûler la région responsable du trouble du rythme et à empêcher sa réapparition.

  • Les complications de l’exploration électrophysiologique sont notamment vasculaires au point de ponction, et peuvent inclure un AVC ou une tamponnade cardiaque ; les complications graves sont rapportées dans moins de 3 % des cas.

  • Une antibioprophylaxie peut être administrée 30 à 60 minutes avant l’intervention afin de prévenir une infection liée au geste.

📌 Après l’intervention, le patient reste allongé pendant plusieurs heures pour éviter de mobiliser le point de ponction et de compromettre l’hémostase et la cicatrisation.

7. Échographie cardiaque

Notions clés & Définitions

  • Échographie transthoracique : Examen non invasif et indolore qui produit des images du cœur à travers le thorax grâce aux ultrasons.

★ À maîtriser

  • Après l’intervention, le patient est surveillé par télémétrie ECG continue et par des mesures régulières de la pression artérielle.

  • Les trois principaux modes d’imagerie échocardiographique sont :

    • le mode anatomique
    • le mode temps-mouvement (TM)
    • le mode Doppler
  • Les trois principales fenêtres échocardiographiques sont :

    • la fenêtre parasternale gauche
    • la fenêtre apicale
    • la fenêtre sous-costale, aussi appelée sous-xiphoïdienne

📌 L’échographie cardiaque renseigne sur la morphologie du cœur et sur sa fonction, notamment les mouvements de contraction et les flux sanguins.

  • Les contre-indications œsophagiennes à rechercher comprennent :
    • un cancer de l’œsophage
    • une chirurgie récente de l’œsophage
    • des varices œsophagiennes

Compléments

📌 Après une compression du point de ponction, le dispositif de compression doit être retiré à l’heure prévue.

  • Pour réaliser l’échographie transthoracique, le patient est généralement installé torse nu en décubitus latéral gauche, un bras derrière la tête ; l’opérateur place la sonde entre les côtes avec du gel pour transmettre les ultrasons.

  • L’échographie transœsophagienne fournit des images de meilleure qualité que l’échographie transthoracique, car la sonde placée dans l’œsophage est proche du cœur.

8. Coronarographie et surveillance

Notions clés & Définitions

  • Coronarographie : Examen qui visualise les artères coronaires après l’introduction d’un cathéter par une artère et l’injection d’un produit de contraste, observé par radioscopie.

★ À maîtriser

  • L’IRM cardiaque permet d’évaluer la cinétique du cœur et de rechercher notamment une fibrose ou une nécrose ; elle dure environ 40 à 50 minutes et nécessite un rythme cardiaque régulier pour synchroniser les images.

  • La scintigraphie cardiaque repose sur l’injection d’un marqueur radioactif qui se fixe sur les cellules cardiaques, puis sur la détection de ce marqueur par une caméra afin de repérer des zones pathologiques.

  • La technique de Seldinger consiste à introduire une aiguille dans le vaisseau, à faire passer un guide dans l’aiguille, à retirer l’aiguille en laissant le guide en place, puis à faire progresser le matériel autour du guide.

📌 Avant une coronarographie, il faut notamment rechercher une allergie au produit de contraste et une insuffisance rénale, car le produit peut être toxique pour les reins.

  • Après une coronarographie, la surveillance porte notamment sur le point de ponction, le membre concerné et l’état neurologique du patient.

Compléments

  • L’IRM cardiaque offre une meilleure résolution temporelle et un meilleur contraste que le scanner, sans rayonnement ionisant.

  • Le coroscanner fournit des images des artères coronaires et peut aider à écarter une maladie coronaire chez certains patients pour lesquels on souhaite éviter une coronarographie invasive.

  • La coronarographie est généralement réalisée par l’artère radiale au poignet ; l’accès fémoral est utilisé lorsque l’accès radial n’est pas possible.

  • Après une coronarographie par voie radiale, un bracelet de compression est progressivement desserré dans les heures suivant l’examen pour favoriser la cicatrisation du point de ponction.

Astuce mémo

Aiguille → guide → matériel : le guide trace le chemin vers le vaisseau.

9. Coronarographie et angioplastie

Notions clés & Définitions

  • Sténose : Rétrécissement du calibre d’une artère, susceptible de réduire la vascularisation des tissus situés en aval.
  • Coronarographie : Examen invasif qui consiste à introduire un cathéter par une artère jusqu’aux artères coronaires, puis à injecter un produit de contraste pour les visualiser sous radiographie.

★ À maîtriser

  • 🔄 La coronarographie suit ces étapes :

    1. Le cathéter est guidé jusqu’à l’entrée d’une artère coronaire.
    2. Le produit de contraste est injecté.
    3. Un film radiologique visualise le réseau artériel.
  • L’angioplastie d’une sténose consiste à amener un ballon dégonflé sur un guide jusqu’à la sténose, puis à le gonfler fortement pour dilater l’artère.

  • Lors d’une angioplastie coronaire, un ballon est gonflé au niveau de la sténose pour dilater l’artère, puis un stent peut être posé pour limiter le risque de resténose.

  • La surveillance après une coronarographie porte notamment sur :

    • l’ECG
    • la saturation
    • la pression artérielle
    • le point de ponction
    • le membre correspondant

Compléments

  • Un stent peut être posé après une angioplastie pour limiter le risque de resténose, mais sa pose n’est pas systématique.

📌 Un stent couvert peut servir à obturer une brèche artérielle, notamment lors d’une dissection, tandis qu’un stent non couvert ne présente pas ce revêtement.

  • Après une intervention par voie radiale, la mobilisation des jambes peut être plus rapide qu’après une voie fémorale, mais le patient doit éviter d’utiliser sa main pendant quelques heures.

  • Après l’intervention, la surveillance comprend l’ECG, la saturation et la pression artérielle à chaque tour infirmier.

  • Les complications possibles comprennent des atteintes artérielles telles qu’un hématome ou un faux anévrisme, ainsi que des complications cardiaques comme l’infarctus ou un trouble du rythme.

  • La coronarographie diagnostique dure environ 10 minutes.

  • La voie radiale est utilisée dans environ 90 % des cas et la voie fémorale dans environ 10 % des cas.

  • Les complications de la coronarographie peuvent être hémorragiques, vasculaires ou emboliques, et peuvent inclure rarement un infarctus ou un trouble du rythme cardiaque.

Astuce mémo

Guide, ballon, puis stent si nécessaire

10. Examens complémentaires en cardiologie

★ À maîtriser

📌 Les examens cardiologiques peuvent être classés selon l’organe ou la fonction explorés, leur objectif morphologique ou fonctionnel, et la technique utilisée.

  • Le NT-proBNP est un marqueur diagnostique et pronostique de l’insuffisance cardiaque, dont une valeur sous certains seuils a une forte valeur prédictive négative.

  • La troponine est une protéine du muscle cardiaque qui passe dans le sang lorsque les cellules cardiaques sont lésées.

  • La troponine est un marqueur diagnostique et pronostique de l’infarctus du myocarde, mais son élévation n’est pas spécifique de l’infarctus.

Compléments

  • La cinétique de la troponine s’évalue par deux dosages successifs, le second étant réalisé une à trois heures après le premier, afin de rechercher une variation.

11. Électrocardiogramme et activité électrique

Notions clés & Définitions

  • Électrocardiogramme : Enregistrement de l’activité électrique du cœur, contribuant au diagnostic, au pronostic et parfois aux décisions thérapeutiques.

★ À maîtriser

  • Le tissu de conduction comprend :

    • Le nœud sinusal.
    • Le nœud atrioventriculaire.
    • Les branches de conduction vers les ventricules.
  • 🔄 La propagation physiologique de l’influx suit cet ordre :

    1. L’influx naît dans le nœud sinusal.
    2. Il se propage dans les oreillettes.
    3. Il traverse le nœud atrioventriculaire.
    4. Il gagne rapidement les ventricules par les branches de conduction.
  • Sur l’ECG, l’onde P correspond à la dépolarisation des oreillettes, le complexe QRS à celle des ventricules et l’onde T à leur repolarisation.

  • La fréquence cardiaque normale est comprise entre 60 et 100 battements par minute.

  • Le segment ST est normalement isoélectrique, et son sus-décalage ou son sous-décalage peut orienter vers une pathologie coronarienne aiguë.

📌 Les troubles de la conduction ralentissent ou interrompent la transmission de l’influx, tandis que les troubles du rythme correspondent à une activité électrique trop rapide ou désorganisée.

Compléments

  • Un ECG peut orienter la prise en charge urgente d’un arrêt cardiaque en distinguant un rythme choquable d’un rythme non choquable.

  • En cas de suspicion de syndrome coronarien aigu, l’ECG aide à repérer un sus-décalage du segment ST pouvant conduire à une prise en charge urgente en salle de cathétérisme.

  • Un ECG standard comporte 12 dérivations, obtenues à partir d’électrodes frontales et précordiales.

  • L’intervalle PR reflète la conduction atrioventriculaire et sa durée physiologique est comprise entre 120 et 200 millisecondes.

  • Un intervalle PR supérieur à 200 millisecondes est prolongé et correspond à un bloc atrioventriculaire du premier degré.

  • La durée normale du complexe QRS est inférieure à 120 millisecondes.

  • Une tachycardie correspond à une fréquence cardiaque supérieure à 100 battements par minute, et une fréquence supérieure à 150 battements par minute appelle une attention particulière.

  • Les troubles de la conduction peuvent notamment être liés au vieillissement et se manifester par une fatigue ou une syncope.

  • Un trouble de conduction situé plus bas dans le système de conduction, vers les ventricules, est plus grave car moins de tissu peut prendre le relais.

Astuce mémo

P : oreillettes ; QRS : ventricules ; T : repolarisation ventriculaire

12. Manifestations cliniques des troubles cardiaques

Notions clés & Définitions

  • Trouble du rythme : Anomalie du rythme cardiaque, notamment trop rapide ou irrégulière, qui provient le plus souvent du tissu électrique du cœur.

★ À maîtriser

  • L’insuffisance cardiaque peut se manifester par une difficulté à respirer, notamment au repos, et par des œdèmes des membres inférieurs.

📌 La syncope est une perte de connaissance brutale et transitoire suivie d’une restitution totale de la conscience.

📌 Les tachycardies supraventriculaires prennent naissance dans les structures situées au-dessus des ventricules et peuvent se manifester par des palpitations ou rester asymptomatiques.

  • La fibrillation atriale est l’arythmie la plus fréquente et elle est associée à un risque d’AVC cinq fois supérieur à celui des autres patients.

📌 Les tachycardies ventriculaires sont plus dangereuses que les tachycardies supraventriculaires, car leur fréquence élevée peut empêcher une activité mécanique efficace des ventricules.

Compléments

📌 Après une crise d’épilepsie, la récupération peut s’accompagner d’un état vaporeux pendant plusieurs dizaines de minutes, contrairement aux troubles de la conduction évoqués.

  • Les tachycardies ventriculaires peuvent notamment prendre la forme d’une tachycardie ventriculaire ou d’une fibrillation ventriculaire et provoquer une mort subite.

Astuce mémo

La syncope entraîne une perte de connaissance brutale et transitoire, contrairement au malaise sans perte de connaissance.

13. Explorations électrocardiographiques

Notions clés & Définitions

  • Holter ECG : Enregistrement ambulatoire de l’activité électrique cardiaque durant généralement 24 à 72 heures, destiné à repérer des troubles intermittents manqués par un ECG de courte durée.
  • Épreuve d’effort : Enregistrement de l’activité cardiaque pendant un effort idéalement maximal, généralement sur vélo ou tapis roulant, pendant environ 10 à 15 minutes.

★ À maîtriser

  • Pendant un Holter ECG, le patient consigne ses activités et l’horaire de ses symptômes afin que le médecin puisse les comparer au tracé correspondant.

📌 Un ECG ambulatoire est proposé lorsque des symptômes suspects de troubles du rythme ou de conduction restent inexpliqués après un premier ECG.

📌 L’épreuve d’effort recherche notamment une maladie des artères coronaires en révélant à l’effort les conséquences d’une sténose sur l’irrigation du muscle cardiaque.

Compléments

  • Un ECG peut être réalisé avec des électrodes placées à la racine des membres afin de réduire les artéfacts et d’obtenir un signal de meilleure qualité et de plus faible amplitude.

  • Un ECG à 18 dérivations complète l’enregistrement standard par des dérivations droites et des dérivations postérieures pour multiplier les points de vue électriques sur le cœur, notamment lors de douleurs thoraciques.

  • Les dérivations précordiales hautes sont placées dans le deuxième ou le troisième espace intercostal pour rechercher certaines maladies cardiaques héréditaires.

  • Un ECG ambulatoire déclenché par le patient peut être réalisé avec une montre connectée qui enregistre une dérivation lorsque le patient pose un doigt sur l’appareil.

  • Un moniteur cardiaque implantable placé sous la peau peut enregistrer l’activité cardiaque pendant plusieurs années, jusqu’à environ 3 à 5 ans.

  • L’épreuve d’effort utilise 12 dérivations et surveille en direct le rythme cardiaque ainsi que la pression artérielle.

📌 L’épreuve d’effort est indiquée pour explorer des symptômes déclenchés par l’effort et suspects de troubles du rythme ou de conduction lorsque le Holter ECG n’a pas permis d’en trouver la cause.

  • Une intervention médicale est nécessaire dans environ un cas sur 500 lors d’une épreuve d’effort, et un infarctus est rapporté dans moins d’un cas sur 10 000.

  • Les points de vigilance comprennent : une obstruction à l’éjection du ventricule gauche, notamment un rétrécissement aortique, une thrombose aiguë, un thrombus intracardiaque, l’impossibilité d’effectuer un exercice physique

14. Exploration électrophysiologique invasive

★ À maîtriser

📌 L’exploration électrophysiologique sert à mettre en évidence des troubles de la conduction ou du rythme et à en préciser le mécanisme afin de choisir le traitement adapté.

Compléments

  • La voie d’abord de l’exploration électrophysiologique est souvent la veine fémorale droite.

  • La fluoroscopie permet de visualiser en temps réel la position des cathéters dans le cœur pendant l’exploration électrophysiologique.

  • Les complications de l’exploration électrophysiologique sont notamment vasculaires au point de ponction, avec des fistules rapportées dans moins de 3 % des cas, ainsi que des AVC et des tamponnades cardiaques.

  • Après l’intervention, le point de ponction est comprimé, le patient reste allongé plusieurs heures et une surveillance clinique, tensionnelle et parfois télémétrique est réalisée.

  • La compression peut être assurée par :

    • un fil de compression
    • un pansement compressif
    • un sac de compression
  • La préparation comprend : la vérification du bon examen pour le bon patient, le recueil des allergies, la vérification des directives anticipées et des personnes à contacter, la pose d’une voie veineuse périphérique, un bilan biologique, le rasage du site d’abord

📌 Une antibioprophylaxie peut être administrée 30 à 60 minutes avant l’intervention pour prévenir les infections liées au geste.

  • Pendant l’intervention, le patient est surveillé notamment par ECG, mesure régulière de la pression artérielle et électrodes de défibrillation lorsque l’intervention présente un risque.

15. Échographie cardiaque transthoracique

Notions clés & Définitions

  • Échographie transthoracique : Examen non invasif, indolore et non traumatique qui visualise le cœur à travers le thorax à l’aide d’ultrasons.

Points essentiels

  • L’échographie cardiaque dure généralement de 5 à 20 minutes selon les anomalies rencontrées.

  • La sonde sectorielle utilisée en cardiologie est plus petite que certaines autres sondes d’échographie et possède une extrémité plutôt carrée ou rectangulaire.

  • Le patient est généralement installé torse nu en décubitus latéral gauche, avec souvent un bras derrière la tête, afin de faciliter l’accès aux espaces intercostaux.

  • L’échographie cardiaque transthoracique ne nécessite pas de jeûne.

  • Un ECG à trois électrodes peut être enregistré pendant l’échographie pour synchroniser les images avec le cycle cardiaque.

  • Un gel est appliqué entre la sonde et le corps afin de transmettre les ultrasons, car l’air les transmet mal.

Astuce mémo

La sonde sectorielle se glisse entre les côtes pour contourner les os qui réfléchissent fortement les ultrasons.

16. Modes et fenêtres échographiques

★ À maîtriser

📌 L’échographie cardiaque utilise le mode anatomique pour visualiser les structures, le mode TM pour suivre une structure au cours du temps et le mode Doppler pour étudier la vitesse et la direction des flux sanguins.

  • Les trois fenêtres échographiques principales sont :

    • la fenêtre parasternal gauche
    • la fenêtre apicale
    • la fenêtre sous-costale, aussi appelée sous-xiphoïdienne
  • L’échographie cardiaque évalue la morphologie du cœur, notamment sa taille, l’épaisseur du muscle et les connexions vasculaires, ainsi que sa fonction, notamment la contraction, le remplissage et les flux.

Compléments

  • La fenêtre parasternal gauche se situe près du sternum, entre deux côtes.

  • La fenêtre apicale se situe sous le mamelon, au niveau de la pointe du cœur.

  • La fenêtre sous-costale permet d’observer le cœur depuis une position inférieure, sous les côtes.

  • L’échographie cardiaque peut montrer une zone du cœur qui se contracte moins bien après un infarctus du myocarde.

  • L’échographie cardiaque permet de rechercher un épanchement péricardique.

17. Échographie transœsophagienne

Notions clés & Définitions

  • Échographie transœsophagienne : Examen échographique où la sonde est introduite dans l’œsophage, situé juste derrière le cœur, afin d’obtenir des images de meilleure qualité que par voie transthoracique.

★ À maîtriser

  • L’ETO peut : rechercher un caillot intracardiaque, préciser la localisation et l’étendue d’une endocardite, évaluer une prothèse valvulaire, examiner l’aorte descendante, caractériser une tumeur cardiaque

  • La préparation à l’ETO comprend l’anesthésie locale du fond de la gorge, la mise en position latérale gauche avec la tête fléchie en avant, puis l’introduction de la sonde par la bouche dans l’œsophage avec la coopération du patient.

📌 L’ETO nécessite un consentement oral systématiquement recueilli et une recherche préalable des contre-indications œsophagiennes, notamment un cancer, une chirurgie récente ou des varices œsophagiennes.

Compléments

  • L’auricule gauche est un petit appendice musculaire de l’oreillette gauche et constitue un lieu privilégié de formation de caillots cardiaques.

  • L’échec d’introduction de la sonde d’ETO est rare et concerne moins de 1 % des cas ; il ne faut jamais forcer l’introduction.

  • La perforation œsophagienne est une complication très rare mais gravissime de l’ETO.

Astuce mémo

L’ETT observe depuis le thorax ; l’ETO rapproche la sonde du cœur par l’œsophage.

18. IRM et autres examens cardiaques

★ À maîtriser

  • 🔄 La scintigraphie cardiaque suit ces étapes : injecter un marqueur radioactif qui se fixe sur les cellules cardiaques, détecter sa distribution avec une caméra, repérer les zones pathologiques selon les endroits où le marqueur est détecté

Compléments

  • La claustrophobie constitue une contre-indication à l’IRM cardiaque.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Troubles du rythme et examens cardiaques avec 64 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel biomarqueur sécrété par les cardiomyocytes sert de marqueur diagnostique et pronostique de l’insuffisance cardiaque ?

2. Chez un patient dont les cellules myocardiques souffrent, quel phénomène explique la présence de troponines dans le sang ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Troubles du rythme et examens cardiaques avec 90 flashcards interactives.

Selon quels critères classe-t-on les examens complémentaires en cardiologie ?

Selon la pathologie explorée, l’objectif, le caractère invasif et le champ technique.

Quelles grandes catégories regroupent les examens cardiologiques ?

La biologie, l’ECG et ses variantes, l’imagerie et les autres examens.

Que faut-il faire avant un examen cardiologique ?

Évaluer bénéfices et risques, informer clairement, recueillir le consentement éclairé et respecter la pharmacovigilance.

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