Fiche de révision : Vieillissement et risques gériatriques

Plan du Cours

  1. Vieillissement physiologique et pathologique
  2. Mécanismes biologiques du vieillissement
  3. Modifications des fonctions organiques
  4. Conséquences globales et risques gériatriques
  5. Immobilisation et état grabataire
  6. Complications du décubitus
  7. Syndrome de glissement
  8. Troubles de la déglutition
  9. Prévention des fausses routes
  10. Risque de chute chez la personne âgée

1. Vieillissement physiologique et pathologique

Notions clés & Définitions

  • Vieillissement : Phénomène naturel, progressif et universel qui débute dès la naissance, devient plus perceptible à partir de 60-65 ans et correspond à une diminution progressive des capacités d’adaptation de l’organisme.

★ À maîtriser

📌 Le vieillissement physiologique correspond aux modifications normales des organes et des fonctions sans maladie, tandis que le vieillissement pathologique est lié à des maladies qui accélèrent ou aggravent le déclin fonctionnel.

Compléments

  • Le vieillissement physiologique est: progressif, irréversible, variable selon les individus, influencé par la génétique, le mode de vie et l’environnement

  • Le vieillissement pathologique peut être associé à la maladie d’Alzheimer, à l’insuffisance cardiaque, au diabète ou à la maladie de Parkinson.

Astuce mémo

Physiologique = adaptation diminuée sans maladie ; pathologique = déclin accéléré par une maladie

2. Mécanismes biologiques du vieillissement

Points essentiels

  • Les mécanismes biologiques comprennent: la diminution du renouvellement cellulaire, le raccourcissement des télomères, l’accumulation de lésions de l’ADN, le stress oxydatif, l’inflammation chronique de faible intensité (« inflammaging »), la diminution de la capacité de réparation des tissus

  • Ces mécanismes entraînent progressivement une baisse des réserves fonctionnelles de l’organisme.

Astuce mémo

Renouvellement diminué et lésions accumulées → réserves fonctionnelles réduites

3. Modifications des fonctions organiques

★ À maîtriser

  • Les modifications cardiovasculaires comprennent: la rigidification des artères, la diminution de l’élasticité vasculaire, l’épaississement du muscle cardiaque, la diminution de la fréquence cardiaque maximale, la diminution du débit cardiaque à l’effort

  • Le vieillissement respiratoire diminue l’élasticité pulmonaire, la capacité respiratoire, la force des muscles respiratoires et le réflexe de toux, ce qui augmente le risque d’essoufflement et d’infections pulmonaires.

  • Le vieillissement neuromusculaire entraîne une perte de neurones, un ralentissement de la conduction nerveuse, une diminution des réflexes, une sarcopénie, une perte de densité osseuse et une diminution de la mobilité.

Compléments

  • Le vieillissement digestif, urinaire et endocrinien favorise respectivement la constipation, la dénutrition et la déshydratation, les infections urinaires et l’élimination plus lente des médicaments, ainsi que le diabète de type 2, l’ostéoporose et la fatigue.

4. Conséquences globales et risques gériatriques

Notions clés & Définitions

  • Fragilité : Diminution des réserves fonctionnelles liée au vieillissement, qui entraîne une récupération plus lente, une moins bonne tolérance au stress, davantage de complications et une perte d’autonomie plus facile.

Points essentiels

  • Les professionnels surveillent particulièrement:
    • les chutes
    • la dénutrition
    • la déshydratation
    • la confusion aiguë (delirium)
    • les escarres
    • la polymédication
    • la perte d’autonomie
    • la régression psychomotrice

Astuce mémo

Chutes, dénutrition, déshydratation, confusion, escarres, polymédication, autonomie : les risques à surveiller

5. Immobilisation et état grabataire

Notions clés & Définitions

  • Syndrome d’immobilisation : État d’incapacité physique, psychique et métabolique à quitter le lit ou le fauteuil, pouvant mener à l’état grabataire, défini par un confinement permanent au lit ou sur une chaise.

★ À maîtriser

  • 🔄 La prise en charge repose sur: la mobilisation précoce, les changements réguliers de position, une hydratation et une alimentation adaptées, la stimulation de la communication avec l’entourage

Compléments

  • Les déclencheurs comprennent:
    • les chutes et fractures
    • les AVC ou infections
    • la peur de tomber
    • la dépression ou le syndrome de glissement
    • l’alitement prolongé non justifié
    • l’isolement
    • les médicaments sédatifs

Astuce mémo

Immobilité prolongée → perte musculaire, escarres et complications en chaîne

6. Complications du décubitus

★ À maîtriser

  • Le décubitus prolongé peut provoquer des complications cutanées, cardiovasculaires, respiratoires, locomotrices, neurologiques ou psychologiques, digestives, urinaires et infectieuses.

📌 La prévention cardiovasculaire du décubitus comprend la surveillance des signes de phlébite, la surélévation des membres inférieurs, la contention veineuse et les contractions musculaires régulières des membres inférieurs.

  • Les accidents thromboemboliques sont les complications cardiovasculaires les plus redoutées du décubitus, favorisées notamment par la déshydratation, l’âge supérieur à 75 ans, une infection aiguë, un cancer ou la période postopératoire.

Compléments

📌 La prévention respiratoire repose sur la surveillance de la fréquence respiratoire et de la coloration cutanée, les changements de posture, la toux contrôlée, la kinésithérapie respiratoire, l’aérosolthérapie et, si nécessaire, les aspirations ou l’assistance respiratoire.

📌 Pour prévenir les complications locomotrices, il faut favoriser la verticalisation précoce, le travail musculaire actif, les mobilisations articulaires pluriquotidiennes, les changements de posture et une installation correcte.

Astuce mémo

Peau, circulation, respiration, locomotion, psychisme, digestion, urines, infections

7. Syndrome de glissement

Notions clés & Définitions

  • Syndrome de glissement : Dégradation rapide de la santé physique et mentale d’une personne très âgée, marquée par l’anorexie, le repli sur soi et le refus de soins, souvent après un choc ou une maladie.

★ À maîtriser

  • Les signes du syndrome de glissement comprennent le refus de manger, la perte de la sensation de soif, le mutisme, le refus de se lever ou d’interagir, une fatigue extrême et un grand désintérêt.

Compléments

  • Les déclencheurs du syndrome de glissement comprennent une rupture de repères, une entrée en EHPAD, un changement de chambre ou déménagement, une chute, une opération, une infection, un deuil ou une douleur non détectée.

Astuce mémo

Choc ou rupture de repères → anorexie, retrait, perte d’élan vital

8. Troubles de la déglutition

Notions clés & Définitions

  • Déglutition : Action de faire passer un aliment de la bouche à l’estomac tout en protégeant les voies respiratoires.

Points essentiels

  • 🔄 La déglutition se déroule en trois phases:
    1. phase orale volontaire
    2. phase pharyngée réflexe
    3. phase œsophagienne réflexe

📌 La dysphagie est un trouble du transfert du bol alimentaire vers le sphincter supérieur de l’œsophage, tandis que la fausse route est le passage anormal d’un solide ou d’un liquide dans les voies aériennes.

  • Les signes évocateurs d’un trouble de déglutition comprennent la toux pendant le repas, la modification de la voix, les blocages alimentaires, les résidus en bouche ou dans la gorge, les déglutitions multiples, la perte de poids et les pneumopathies récidivantes.

Astuce mémo

Orale → pharyngée → œsophagienne

9. Prévention des fausses routes

Notions clés & Définitions

  • Gastrostomie : Crée une voie d’accès sécurisée à l’estomac lorsque l’alimentation orale est insuffisante ou impossible, afin d’administrer de l’eau, des médicaments et des aliments liquides.

Points essentiels

📌 En cas d’obstruction partielle, si le patient tousse et respire encore, il faut l’inciter à tousser, le placer en position demi-assise, surveiller sa respiration et sa saturation, et ne pas pratiquer de tapes dans le dos.

  • En cas d’obstruction complète, il faut donner jusqu’à cinq claques entre les omoplates, puis réaliser cinq compressions abdominales de Heimlich si nécessaire, en alternant ces gestes jusqu’à l’expulsion ou jusqu’à la dégradation imposant une réanimation cardio-pulmonaire.

📌 Pour prévenir les fausses routes, la personne doit être assise ou semi-assise, le tronc calé et la tête stabilisée en légère flexion, sans extension cervicale.

Astuce mémo

Obstruction partielle : faire tousser ; obstruction complète : gestes d’urgence

10. Risque de chute chez la personne âgée

Notions clés & Définitions

  • Risque de chute : Probabilité qu’une personne perde involontairement l’équilibre et se retrouve au sol ou à un niveau inférieur.

★ À maîtriser

  • Les facteurs intrinsèques de chute comprennent la sarcopénie, les troubles de l’équilibre ou de la marche, les troubles sensoriels et cognitifs, la dénutrition, l’hypotension orthostatique et certaines maladies chroniques.

📌 Le syndrome post-chute associe peur de retomber, perte de confiance, diminution des déplacements et isolement, ce qui entraîne une perte musculaire supplémentaire et augmente encore le risque de chute.

  • L’évaluation infirmière du risque de chute comprend l’interrogatoire, l’observation de la marche et de l’équilibre, la mesure des paramètres cliniques et l’utilisation éventuelle des échelles de Morse, Timed Up and Go, Tinetti et Borg.

📌 La prévention des chutes repose sur l’activité physique adaptée, les exercices d’équilibre, le renforcement musculaire, la correction des troubles sensoriels et médicaux, la réévaluation des traitements, la sécurisation de l’environnement, des chaussures fermées antidérapantes et une alimentation riche en protéines avec une hydratation suffisante.

Compléments

  • Les médicaments à risque comprennent:

    • les benzodiazépines
    • les hypnotiques
    • les neuroleptiques
    • les antidépresseurs
    • les antihypertenseurs
    • les diurétiques
    • les opioïdes
  • Les facteurs environnementaux comprennent:

    • les tapis non fixés
    • les fils électriques
    • un éclairage insuffisant
    • les escaliers sans rampe
    • les sols glissants
    • les chaussures inadaptées
    • le mobilier encombrant
    • l’absence d’aides techniques

Astuce mémo

Facteurs intrinsèques et extrinsèques → chute → perte d’autonomie et syndrome post-chute

Tableaux de synthèse

Vieillissement physiologique et pathologique

TypeCaractéristiquesExemples ou conséquences
PhysiologiqueModifications normales, progressives, irréversibles, sans maladieDiminution des réserves fonctionnelles
PathologiqueMaladies accélérant ou aggravant le déclin fonctionnelAlzheimer, insuffisance cardiaque, diabète, Parkinson

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1. Quelle caractéristique distingue le vieillissement physiologique du vieillissement pathologique ?

2. Qu'est-ce que le vieillissement physiologique ?

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Qu'est-ce que le vieillissement physiologique ?

Ce sont les modifications normales des organes et fonctions sans maladie.

Vieillissement physiologique

Modifications normales, sans maladie, progressives

Quelles maladies sont associées au vieillissement pathologique ?

La maladie d’Alzheimer, l’insuffisance cardiaque, le diabète et la maladie de Parkinson.

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