Fiche de révision : Voies d’administration et pharmacocinétique

Plan du Cours

  1. Notions fondamentales de pharmacologie
  2. Composition et classification des médicaments
  3. Prescription et conditionnement
  4. Développement et autorisation du médicament
  5. Accès dérogatoires et pharmacovigilance
  6. Voies et formes d’administration
  7. Administration orale et formes solides
  8. Voies parentérales et accès veineux
  9. Voies locales et respiratoires
  10. Sécurisation de l’administration
  11. Pharmacocinétique et absorption
  12. Paramètres de l’absorption et exposition
  13. Distribution et élimination des médicaments
  14. Métabolisme et interactions enzymatiques
  15. Variabilité pharmacocinétique et génétique
  16. Suivi thérapeutique pharmacologique
  17. Cibles et mécanismes pharmacodynamiques
  18. Relation dose-effet et marge thérapeutique

1. Notions fondamentales de pharmacologie

Notions clés & Définitions

  • Pharmacologie : Étude des médicaments, de leur action et de leur emploi, de leur naissance à leur mort.
  • Médicament : Substance ou composition présentée comme curative ou préventive pour les maladies humaines ou animales, ou produit administré pour établir un diagnostic ou restaurer, corriger ou modifier des fonctions physiologiques.
  • Pharmacie : Science qui se rapporte à la préparation des médicaments et à leur contrôle.
  • Thérapeutique : Partie de la médecine qui étudie et met en application les moyens propres à guérir et à soulager les malades.

Points essentiels

  • Un médicament peut avoir les fonctions suivantes : une fonction thérapeutique préventive ou curative, une fonction diagnostique, la modification d’une fonction physiologique

📌 Une thérapeutique curative est étiologique lorsqu’elle s’attaque à la cause de la maladie, substitutive lorsqu’elle apporte un élément manquant et symptomatique lorsqu’elle traite les manifestations sans s’attaquer à la cause.

Astuce mémo

La pharmacologie part du médicament ; la thérapeutique part du malade.

2. Composition et classification des médicaments

Notions clés & Définitions

  • Principe actif : Substance qui possède l’activité pharmacologique et permet d’obtenir l’effet thérapeutique souhaité.
  • Excipient : Substance sans action pharmacologique ou thérapeutique qui contribue à la fabrication, à l’administration, à la stabilité ou à la conservation du médicament.
  • Forme galénique : Aspect physique final du médicament tel qu’il sera utilisé chez un patient.

★ À maîtriser

📌 La DCI désigne une substance active, tandis que le nom de spécialité est le nom de marque déposé par le fabricant.

Compléments

  • Certains excipients dits « à effet notoire », comme les sulfites ou le lactose, peuvent provoquer respectivement des réactions allergiques ou des troubles digestifs.

📌 Le conditionnement primaire est au contact direct du médicament et le protège des facteurs d’altération, tandis que le conditionnement secondaire contient le conditionnement primaire et comprend généralement une notice.

  • L’OMS attribue une DCI aux substances actives afin de clarifier leur dénomination et de faciliter le regroupement des produits d’une même classe pharmacologique.

  • Les segments clés –olol et –prazole donnent respectivement un indice sur les classes des bêtabloquants et des inhibiteurs de la pompe à protons.

  • La classification ATC signifie Anatomique, Thérapeutique, Chimique et figure notamment dans le résumé des caractéristiques du produit des médicaments.

3. Prescription et conditionnement

Notions clés & Définitions

  • Médicament générique : Copie d’un médicament de référence dont le principe actif, la dose unitaire et la forme pharmaceutique sont identiques, avec les mêmes garanties de qualité, d’efficacité et de sécurité.
  • Médicament biosimilaire : Médicament biologique issu d’une source biologique par un procédé biotechnologique et hautement similaire à un médicament biologique de référence disposant déjà d’une AMM.

★ À maîtriser

📌 Le dosage indique la quantité de principe actif par unité ou par volume, la dose est la quantité administrée lors d’une prise ou sur une période définie, et la posologie précise la quantité, le rythme et parfois la durée des prises.

  • La mention « 10 mg/mL » indique une concentration et ne détermine pas à elle seule le volume à administrer.

Compléments

  • Le conditionnement secondaire d’une spécialité indique notamment le nom et la DCI, la dose par unité, la forme, le nombre d’unités, le lot, la date de péremption, les précautions de conservation et les informations d’administration.
  • Depuis 2005, un pictogramme de conduite automobile à trois niveaux peut figurer sur le conditionnement secondaire de certains médicaments susceptibles d’altérer la conduite ou l’utilisation de machines.
  • Depuis 2017, un pictogramme spécifique apposé sur le conditionnement extérieur signale certains médicaments tératogènes ou fœtotoxiques, avec un modèle « danger » et un modèle « interdit ».

  • Les excipients d’un médicament générique peuvent différer de ceux du médicament de référence et modifier son aspect ou son goût.

📌 Depuis le décret du 11 juin 1999, les pharmaciens d’officine peuvent substituer un médicament par un générique si la composition en principe actif, le dosage et la forme pharmaceutique sont identiques, sauf opposition justifiée du prescripteur.

  • Un médicament biosimilaire ne présente pas de différence cliniquement significative avec le médicament biologique de référence en matière de qualité, d’efficacité et de sécurité.

4. Développement et autorisation du médicament

Notions clés & Définitions

  • AMM : Autorisation nécessaire à la commercialisation d’un médicament fabriqué industriellement.
  • Utilisation hors AMM : Utilisation d’un médicament en dehors de son autorisation de mise sur le marché.

★ À maîtriser

  • 🔄 Le développement comporte les étapes suivantes : études précliniques sur des cellules en culture et chez l’animal, essais cliniques chez l’être humain, évaluation du rapport bénéfice-risque avant l’autorisation de commercialisation

  • La phase III compare l’efficacité et la sécurité du médicament dans la population visée et fournit des données contribuant à l’AMM.

Compléments

  • Le développement d’un médicament requiert en moyenne douze ans et, sur des dizaines de milliers de molécules testées, une seule donne naissance à un médicament.

  • La phase I évalue principalement la tolérance et la pharmacocinétique lors des premières administrations chez des volontaires sains ou des patients.

  • La phase II recherche une dose, les premiers signaux d’efficacité et la tolérance, tandis que le bénéfice clinique reste incertain.

  • Après l’AMM, la phase IV suit le médicament en pratique et permet de repérer avec le temps des risques rares.

  • En France, l’ANSM peut délivrer une AMM au niveau national, tandis que la Commission européenne peut la délivrer dans le cadre d’une procédure centralisée après évaluation scientifique par l’EMA.

  • Le libellé d’AMM précise notamment :

    • les indications thérapeutiques
    • les modalités d’administration
    • les précautions d’emploi
    • les contre-indications
    • les interactions médicamenteuses
    • les effets indésirables
  • Le résumé des caractéristiques du produit (RCP) et la notice rassemblent les données relatives au médicament et servent de supports d’information aux professionnels de santé et aux patients.

  • L’accès précoce (AAP) concerne une maladie grave, rare ou invalidante sans traitement approprié, lorsque le patient ne peut pas attendre et qu’il existe une présomption d’innovation.

Astuce mémo

Préclinique → phases I, II, III → AMM → phase IV.

5. Accès dérogatoires et pharmacovigilance

Notions clés & Définitions

  • Accès compassionnel : L’accès compassionnel (AAC) est une autorisation de l’ANSM pour un besoin thérapeutique non couvert, notamment lorsqu’un patient ne peut pas être inclus dans un essai clinique.
  • Pharmacovigilance : La pharmacovigilance prolonge après l’AMM la surveillance du rapport bénéfice-risque du médicament afin de détecter, évaluer et prévenir les effets indésirables observés lors de son utilisation.
  • Cadre de prescription compassionnelle : Le cadre de prescription compassionnelle (CPC) est un encadrement par l’ANSM de l’usage d’un médicament déjà autorisé dans une autre indication.

★ À maîtriser

📌 L’accès précoce (AAP) concerne une maladie grave, rare ou invalidante sans traitement approprié et sans possibilité d’attendre, avec une présomption d’innovation ; il peut intervenir avant l’AMM dans l’indication ou après l’AMM avant la prise en charge de droit commun.

  • Le RCP présente notamment : les indications, la posologie, les modalités d’administration, les contre-indications, les interactions, les informations sur la grossesse, les effets indésirables, les propriétés pharmacologiques et la conservation

  • 🔄 La conduite à tenir comprend : noter le médicament concerné, les dates de prise, les signes observés et leur évolution, alerter le prescripteur, déclarer immédiatement l’effet suspecté au CRPV, directement par le portail national ou par un circuit d’établissement

Compléments

  • La HAS décide de l’accès précoce et l’ANSM évalue aussi le rapport bénéfices-risques lorsqu’il intervient avant l’AMM.

  • Depuis 2023, les infirmiers sont soumis à l’obligation de déclarer les effets indésirables suspectés.

6. Voies et formes d’administration

★ À maîtriser

📌 La voie indique par où le médicament entre dans l’organisme, tandis que la forme galénique détermine comment le principe actif y est libéré.

  • Une voie d’administration peut produire une action systémique ou locale, mais un passage systémique reste possible même après l’administration locale d’un médicament topique.

Compléments

  • Le choix dépend de : l’action souhaitée, critères cliniques comme l’urgence ou la chronicité, critères pharmacologiques comme le volume et les propriétés du médicament, critères physiopathologiques comme l’âge, l’observance et les pathologies associées

  • La trinitrine transdermique CORDIPATCH® est utilisée en prévention de la crise d’angor, tandis que le spray buccal NATISPRAY® est indiqué pour son traitement curatif.

7. Administration orale et formes solides

Notions clés & Définitions

  • Voie orale : La voie orale, ou administration per os, consiste à administrer un médicament par la bouche en vue de sa déglutition.
  • Comprimé : Un comprimé est une préparation solide obtenue par compression de particules de poudre renfermant une unité de prise du médicament.
  • Gélule : Une gélule est une capsule dure composée de deux éléments à emboîtement contenant une unité de prise du médicament, sous forme de poudre ou de granules.

★ À maîtriser

  • Après administration orale, le médicament peut être absorbé par la muqueuse gastrique ou intestinale puis rejoindre la circulation générale, tandis que certains principes actifs non absorbés agissent localement dans le tube digestif.

  • Les comprimés à libération prolongée libèrent lentement le principe actif afin de couvrir un intervalle plus long avec une seule prise et d’améliorer l’observance.

📌 Un comprimé ne doit être coupé ou écrasé qu’après vérification que cela n’est pas contre-indiqué, notamment pour les formes gastro-résistantes ou à libération prolongée, et que la posologie ne sera pas modifiée par l’opération.

📌 Certaines gélules peuvent être ouvertes et leur contenu mélangé à des aliments, mais les gélules gastro-résistantes et à libération prolongée ne doivent être ni ouvertes, ni dissoutes, ni écrasées.

Compléments

  • La voie orale peut être limitée par un délai d’action plus long que la voie parentérale, la dégradation du principe actif dans le tube digestif et des interférences avec l’alimentation, l’alcool ou le tabac.

  • La voie orale peut être impossible chez un patient inconscient, nauséeux ou qui vomit, ou lorsque sa coopération est difficile à obtenir.

  • Les comprimés simples non enrobés se désagrègent en moins de 15 minutes après avoir été avalés.

  • Les comprimés enrobés se désagrègent en 30 à 60 minutes selon l’épaisseur de l’enrobage, qui peut masquer le goût ou l’odeur, protéger le principe actif de la lumière ou rendre le comprimé gastro-résistant.

  • Les comprimés effervescents contiennent des substances acides et des carbonates ou bicarbonates qui favorisent leur désagrégation et leur dissolution rapides.

  • Les comprimés dispersibles doivent être dissous dans l’eau avant d’être avalés.

  • Les formes liquides ou à reconstituer pour usage oral comprennent :

    • les solutions
    • les suspensions
    • les émulsions
    • les sirops
    • les poudres ou granulés à mélanger dans l’eau

8. Voies parentérales et accès veineux

Notions clés & Définitions

  • Voie parentérale : La voie parentérale administre un médicament après effraction de la peau, directement dans le sang ou les tissus, en évitant le tractus digestif.
  • Chambre à cathéter implantable : Une chambre à cathéter implantable (CCI) comprend un réservoir sous-cutané, généralement thoracique, relié par un cathéter à la circulation veineuse centrale et ponctionné avec une aiguille de Huber.

★ À maîtriser

  • Les préparations injectables parentérales doivent être stériles, apyrogènes et avoir une osmolarité et un pH comparables à ceux du sang humain.

  • La voie intraveineuse périphérique utilise une veine superficielle de petit calibre, tandis que la voie intraveineuse centrale utilise une veine profonde de gros calibre.

  • Les solutions huileuses ne doivent jamais être administrées par voie intraveineuse.

  • La voie intramusculaire est contre-indiquée chez les patients hémophiles ou traités par anticoagulants en raison du risque d’hématome au point d’injection.
  • Lors de l’utilisation d’une CCI, une douleur, un gonflement ou une résistance à l’injection impose d’interrompre l’administration et d’alerter, tandis qu’une rougeur ou une fièvre doit être signalée.

Compléments

  • La voie parentérale permet une action rapide, évite la dégradation digestive, contrôle précisément les quantités administrées et peut être utilisée si le patient est inconscient ou incapable d’avaler.

  • La voie parentérale nécessite du matériel et du personnel spécialisés, peut être douloureuse, comporte un risque infectieux lié à l’effraction cutanée et limite la répétition des administrations par le nombre de points d’injection.

  • L’injection intraveineuse directe peut être administrée en bolus ou lentement sur plusieurs minutes, tandis que la perfusion intraveineuse sert notamment à administrer des volumes importants.

📌 Une perfusion intraveineuse continue maintient une concentration constante du médicament, exige moins de manipulations et limite les risques de contamination liés aux raccordements par rapport à une perfusion intermittente.

  • Les principaux risques de la voie IV sont :

    • le choc anaphylactique
    • l’irritation veineuse
    • l’extravasation du médicament
    • l’infection
  • La voie intramusculaire permet l’administration de suspensions aqueuses ou de solutions huileuses et peut fournir une libération retardée du principe actif pendant une ou plusieurs semaines.

  • La voie sous-cutanée est utilisée notamment pour les héparines et les insulines, et peut être administrée par le patient lui-même à l’aide d’un stylo injecteur.

📌 La voie sous-cutanée est déconseillée en cas de mauvaise irrigation ou de mauvais état cutané, ou lorsque le volume à injecter est important.

9. Voies locales et respiratoires

Notions clés & Définitions

  • Voie percutanée : La voie percutanée fait diffuser certains principes actifs à travers la peau jusqu’à la circulation sanguine au moyen d’un dispositif transdermique, pour une action générale contrôlée pouvant durer plusieurs jours.

★ À maîtriser

  • L’absorption sublinguale rapide évite le premier passage dans le tractus gastro-intestinal ou le foie et peut être utilisée en urgence, notamment avec la trinitrine lors d’une crise d’angor.

  • La voie pulmonaire peut produire une action locale, notamment dans l’asthme, ou systémique, notamment lors d’une anesthésie, et peut être utilisée en urgence lors d’une crise d’asthme.

📌 Les collyres et pommades ophtalmiques doivent être stériles et isotoniques, respecter un pH compris entre 7,4 et 7,7 et être utilisés pendant une durée limitée après ouverture du flacon.

  • La voie cutanée est généralement utilisée pour une action locale, mais une peau altérée peut permettre l’absorption du principe actif et produire une action générale.

Compléments

📌 La voie sublinguale permet l’absorption par la muqueuse sous la langue, tandis que la voie perlinguale utilise la muqueuse de la langue et la face interne des joues.

  • Les comprimés orodispersibles ou sublinguaux restent dans la bouche pour s’y désagréger et peuvent être utilisés en cas de troubles de la déglutition.

  • La voie rectale permet une action locale ou systémique après libération du principe actif dans le rectum et absorption par la muqueuse rectale vascularisée.

  • La voie rectale peut être utile chez l’enfant, le patient inconscient ou nauséeux, ou chez une personne incapable d’avaler.

  • La voie vaginale est utilisée pour une action locale notamment antifongique, antibactérienne, antiseptique, antiparasitaire, obstétricale, hormonale ou contraceptive.

  • La voie pulmonaire permet d’administrer des médicaments gazeux comme le protoxyde d’azote ou l’oxygène, ainsi que des principes actifs solides ou liquides en suspension dans un gaz vecteur.

  • La coordination du geste et de la respiration peut limiter l’utilisation des inhalateurs, et une chambre d’inhalation est privilégiée en pédiatrie pour pallier cette difficulté.

  • La voie auriculaire concerne des préparations instillées, pulvérisées ou appliquées dans le conduit auditif externe pour une action locale antibouchon, anti-infectieuse, antalgique ou anti-inflammatoire.

📌 Un médicament destiné à la voie cutanée ne doit être appliqué que sur une peau non lésée afin d’éviter des effets indésirables liés à l’absorption.

10. Sécurisation de l’administration

Points essentiels

  • 🔄 La sécurisation de l’administration consiste à : rapprocher la prescription de l’identité du patient, du médicament, de la dose, de la voie et de l’heure prévues, vérifier les allergies, contre-indications, paramètres pertinents et particularités de la forme, surveiller la réponse, tracer l’administration ou le motif de non-administration

📌 Le changement de forme ou de voie lorsqu’un patient ne peut plus avaler son traitement n’est pas automatique et doit être guidé par le RCP, la pharmacie et le prescripteur, car la biodisponibilité et la dose utilisable peuvent changer.

11. Pharmacocinétique et absorption

Notions clés & Définitions

  • Pharmacocinétique : La pharmacocinétique décrit le devenir du médicament dans l’organisme, de son administration jusqu’à son élimination.
  • Absorption : L’absorption est le passage du médicament de son site d’administration dans la circulation sanguine.
  • Biodisponibilité : La biodisponibilité (F) est la proportion du principe actif administré qui atteint la circulation générale sous forme inchangée, exprimée en pourcentage.
  • Effet de premier passage hépatique : L’effet de premier passage hépatique est la dégradation enzymatique précoce de certains médicaments, notamment lors de leur passage dans le foie avant leur arrivée dans la circulation générale par les veines sus-hépatiques.

★ À maîtriser

📌 La pharmacocinétique étudie ce que l’organisme fait au médicament, tandis que la pharmacodynamie étudie ce que le médicament fait à l’organisme.

  • Les étapes ADME sont :
    • l’absorption
    • la distribution
    • le métabolisme
    • l’excrétion

Compléments

  • L’importance des étapes varie selon :

    • le médicament
    • la voie d’administration
    • les caractéristiques du patient
    • les traitements associés
  • La biodisponibilité est d’autant plus faible que l’effet de premier passage hépatique du médicament est important.

Astuce mémo

ADME : Absorption, Distribution, Métabolisme, Excrétion.

12. Paramètres de l’absorption et exposition

Notions clés & Définitions

  • Aire sous la courbe : Exposition totale au médicament pendant la période mesurée, qui permet notamment de comparer des voies ou des formulations.

★ À maîtriser

  • La biodisponibilité de la morphine est de 100 % par voie intraveineuse et d’environ 30 % par voie orale.

📌 Le Cmax décrit l’intensité de l’exposition après une dose, tandis que le Tmax indique le temps nécessaire pour atteindre ce pic.

Compléments

  • Après une prise orale, l’absorption peut dépendre de :
    • pH
    • dissolution
    • transporteurs intestinaux
    • repas
    • complexes formés avec d’autres produits

13. Distribution et élimination des médicaments

Notions clés & Définitions

  • Volume apparent de distribution : Volume fictif évalué à partir de la cinétique des concentrations plasmatiques du médicament.
  • Clairance : Volume de plasma totalement épuré du médicament par unité de temps, exprimé notamment en mL/min ou en L/h.
  • Demi-vie d’élimination : Temps nécessaire pour que la concentration plasmatique du médicament diminue de moitié pendant la phase d’élimination.

★ À maîtriser

📌 Un Vd élevé indique que le médicament quitte le compartiment sanguin en grande quantité, tandis qu’un Vd faible décrit une diffusion tissulaire très limitée.

📌 La clairance et la demi-vie évoluent en sens inverse : une clairance élevée correspond à une demi-vie plus courte.

Compléments

  • La digoxine a un Vd élevé de 500 L, tandis que la warfarine a un Vd faible de 10 L.

Astuce mémo

Un Vd élevé éloigne le médicament du sang ; une clairance élevée l’élimine rapidement.

14. Métabolisme et interactions enzymatiques

Notions clés & Définitions

  • Métabolisme médicamenteux : Transformation du médicament en métabolites actifs ou inactifs par des enzymes, principalement dans le foie et, dans une moindre proportion, dans les intestins, les reins et les poumons.

★ À maîtriser

📌 L’inhibition enzymatique peut augmenter l’exposition à un médicament actif éliminé par l’enzyme inhibée, tandis que l’induction enzymatique peut réduire cette exposition et s’installe souvent progressivement.

Compléments

  • Les métabolites sont le plus souvent inactifs, mais ils peuvent être pharmacologiquement actifs ou toxiques.

  • La codéine est métabolisée en morphine, un antalgique plus puissant.

  • Les réactions de phase I comprennent notamment les oxydations par les cytochromes P450, tandis que les réactions de phase II comprennent des conjugaisons, par exemple par les UDP-Glucuronyl-transférases.

  • Une insuffisance rénale peut réduire l’élimination de certains médicaments.

Astuce mémo

L’inhibition ralentit le métabolisme ; l’induction l’accélère.

15. Variabilité pharmacocinétique et génétique

★ À maîtriser

  • Un déficit génétique d’expression d’une enzyme métabolique ou d’un transporteur d’excrétion peut ralentir l’élimination et nécessiter une diminution de la posologie pour éviter une exposition excessive.

Compléments

  • Une activité métabolique ultrarapide peut nécessiter une augmentation de la posologie pour maintenir l’effet recherché.

  • Le phénotype métaboliseur lent associé à CYP2D6*4 peut réduire la formation de morphine à partir de la codéine et rendre l’effet antalgique insuffisant.

  • Une activité ultrarapide de CYP2D6 accroît le risque d’effets opioïdes graves lors de la transformation de la codéine.

  • Le phénotype métaboliseur ultrarapide associé à CYP2C19*17 peut augmenter le métabolisme du voriconazole ou de l’oméprazole et conduire à une inefficacité, ce qui peut justifier une augmentation de la posologie des médicaments substrats.

  • Chez le nouveau-né, l’immaturité des enzymes hépatiques et de la fonction rénale conduit le plus souvent à adapter la posologie au poids et à l’évaluation de la fonction rénale.

  • Chez la personne âgée, une insuffisance hépatique ou rénale peut entraîner une forte variabilité interindividuelle de l’élimination des médicaments.

  • Un syndrome inflammatoire chronique ou infectieux est associé à une inhibition du métabolisme hépatique et tend à augmenter l’exposition aux médicaments éliminés par cette voie.

Astuce mémo

Activité métabolique lente → exposition accrue ; activité ultrarapide → risque d’inefficacité.

16. Suivi thérapeutique pharmacologique

Notions clés & Définitions

  • Suivi thérapeutique pharmacologique : Le suivi thérapeutique pharmacologique adapte individuellement la posologie en s’appuyant sur la mesure des concentrations sanguines du médicament chez le patient traité.
  • Intervalle thérapeutique : Zone de concentrations dans laquelle la probabilité d’obtenir une bonne efficacité avec un minimum d’effets indésirables est élevée.

★ À maîtriser

  • L’interprétation d’une concentration médicamenteuse nécessite de connaître la dose, les horaires de prise ou de perfusion et l’heure du prélèvement.

  • Un protocole de suivi thérapeutique pharmacologique comprend la vérification de l’ordonnance et du moment du prélèvement, le prélèvement sanguin au bon horaire dans un tube adapté, la conservation selon les exigences du médicament et l’acheminement au laboratoire avec les renseignements nécessaires.

Compléments

  • Le suivi thérapeutique pharmacologique est particulièrement utile pour les médicaments à intervalle thérapeutique étroit, comme la digoxine et le lithium.

  • La concentration résiduelle de digoxine se mesure juste avant une nouvelle administration.

  • Pour estimer l’efficacité d’une dose perfusée d’amikacine, la concentration au pic est mesurée une heure après le début de la perfusion.

Astuce mémo

Ordonnance vérifiée → prélèvement au bon moment → échantillon conservé → acheminement documenté.

17. Cibles et mécanismes pharmacodynamiques

Notions clés & Définitions

  • Pharmacodynamie : Étude des mécanismes d’action des médicaments sur l’organisme, de leurs interactions avec les cibles moléculaires et des effets thérapeutiques ou indésirables qui en résultent.

★ À maîtriser

  • Les principales cibles médicamenteuses citées sont :
    • les récepteurs
    • les canaux ioniques
    • les enzymes
    • les transporteurs
    • les protéines intracellulaires

📌 Un agoniste se lie à un récepteur et active sa fonction, tandis qu’un antagoniste se lie à la cible sans l’activer et empêche l’action de l’agoniste endogène.

Compléments

  • Le salbutamol active les récepteurs β₂ bronchiques et provoque une bronchodilatation.

  • Les bêtabloquants antagonisent les récepteurs β₁ cardiaques et peuvent diminuer la fréquence cardiaque, la force de contraction et la pression artérielle.

  • Les AINS inhibent les cyclooxygénases impliquées dans la synthèse des prostaglandines et exercent des effets antalgiques et anti-inflammatoires, avec des risques digestifs et rénaux.

  • La lidocaïne bloque des canaux sodiques des fibres nerveuses, réduisant la propagation de l’influx nerveux et produisant une anesthésie locale.

  • Les ISRS bloquent le transporteur de la sérotonine et augmentent la transmission nerveuse sérotoninergique, ce qui peut améliorer l’humeur.

  • L’infliximab neutralise le TNFα et réduit l’inflammation dans la polyarthrite rhumatoïde et la maladie de Crohn.

  • Le rituximab cible le récepteur CD20 exprimé par les lymphocytes B et est utilisé contre les lymphomes et certaines maladies auto-immunes.

18. Relation dose-effet et marge thérapeutique

Notions clés & Définitions

  • Marge thérapeutique : Zone de concentrations optimales d’un médicament entre une efficacité suffisante et des effets indésirables acceptables.

★ À maîtriser

📌 L’augmentation de la concentration accroît l’effet thérapeutique jusqu’à un plateau d’efficacité maximale, mais peut aussi augmenter les effets indésirables.

📌 Une marge thérapeutique étroite expose davantage au déséquilibre du traitement et nécessite des ajustements réguliers de posologie, contrairement à une marge élevée où le risque de toxicité ou d’inefficacité lié aux variations d’exposition est faible.

Compléments

  • Le lithium et les immunosuppresseurs utilisés pour prévenir le rejet de greffe sont des exemples de médicaments à marge thérapeutique étroite.

  • L’amoxicilline et l’ésoméprazole sont cités comme exemples de médicaments à marge thérapeutique élevée.

Astuce mémo

Concentration accrue → effet thérapeutique accru jusqu’au plateau, mais aussi risque d’effets indésirables.

Tableaux de synthèse

Étapes des essais cliniques

ÉtapeObjectif principalRepère
Phase ITolérance et pharmacocinétiquePremières administrations chez volontaires sains ou patients
Phase IIRecherche de dose, premiers signaux d’efficacité et toléranceBénéfice clinique encore incertain
Phase IIIComparaison de l’efficacité et de la sécuritéDonnées contribuant à l’AMM
Phase IVSuivi en pratique et études complémentairesRepérage de risques rares avec le temps

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Voies d’administration et pharmacocinétique avec 59 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel champ étudie les médicaments, leur action et leur emploi, de leur naissance à leur mort ?

2. Quelle définition correspond à celle d’un médicament au sens du Code de la santé publique ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Voies d’administration et pharmacocinétique avec 89 flashcards interactives.

Qu’étudie la pharmacologie au sujet des médicaments ?

Leur action et leur emploi, de leur naissance à leur mort.

Comment le Code de la Santé Publique définit-il un médicament ?

Une substance ou composition curative ou préventive, ou un produit administré pour diagnostiquer ou modifier des fonctions physiologiques.

Quelles fonctions un médicament peut-il remplir ?

Une fonction préventive, curative, diagnostique ou de modification physiologique.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches