Fiche de révision : Chap 2 Bases de pharmacologie oculaire

Plan du Cours

  1. Notions fondamentales du médicament
  2. Origine et formulation des médicaments
  3. Catégories et réglementation
  4. Princeps, génériques et bioéquivalence
  5. Pharmacocinétique et pharmacodynamie
  6. Voies générales d’administration
  7. Particularités de l’administration oculaire
  8. Biodisponibilité et barrières oculaires
  9. Devenir oculaire du principe actif

1. Notions fondamentales du médicament

Notions clés & Définitions

  • Pharmacologie : Étude des mécanismes d’interaction entre une substance active et l’organisme dans lequel elle évolue.
  • Médicament : Substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives, pouvant servir au diagnostic médical ou restaurer, corriger ou modifier des fonctions physiologiques.

Points essentiels

📌 Un médicament associe un principe actif, qui produit l’effet thérapeutique, et des excipients, qui permettent son administration, sa conservation et son utilisation correcte.

Astuce mémo

Principe actif → cible thérapeutique → effet thérapeutique

2. Origine et formulation des médicaments

Notions clés & Définitions

  • Principe actif : Substance possédant des propriétés thérapeutiques, généralement présente en faible proportion dans le médicament final, qui peut contenir un ou plusieurs principes actifs.

★ À maîtriser

  • Dans les médicaments ophtalmiques, les excipients assurent notamment la stabilité, le confort oculaire, la stérilité et une bonne biodisponibilité.

Compléments

  • Les principes actifs peuvent être d’origine:

    • végétale
    • animale
    • minérale
    • microbiologique
    • biotechnologique
    • issue de la synthèse chimique
  • Les principaux excipients ophtalmiques comprennent:

    • les conservateurs
    • les agents isotoniques
    • les tampons
    • les agents viscosants
    • les solubilisants ou tensioactifs
    • les antioxydants
    • l’eau purifiée stérile

Astuce mémo

Principe actif = agit ; excipient = facilite l’usage

3. Catégories et réglementation

★ À maîtriser

📌 Les spécialités pharmaceutiques sont produites industriellement et nécessitent une autorisation de mise sur le marché, les médicaments officinaux sont préparés en pharmacie selon la pharmacopée, et les médicaments magistraux sont préparés pour un patient déterminé sur prescription.

📌 Les médicaments non listés sont disponibles sans ordonnance, tandis que les médicaments des listes I et II contiennent des substances vénéneuses et que les stupéfiants présentent un risque important de dépendance, d’abus ou de détournement.

Compléments

  • Les médicaments de liste I nécessitent une ordonnance simple non renouvelable sauf mention contraire et sont délivrés par fractions de 30 jours au maximum pendant une durée pouvant atteindre 12 mois.

  • Les médicaments de liste II nécessitent une ordonnance simple renouvelable sauf mention contraire et sont délivrés par fractions de 30 jours au maximum pendant une durée limitée à 12 mois, sauf les contraceptifs délivrés pour 3 mois.

  • Les stupéfiants nécessitent une ordonnance sécurisée et sont prescrits et délivrés pour une durée de 7 à 28 jours selon la substance et la forme pharmaceutique.

  • Les médicaments peuvent être réservés à l’usage hospitalier, soumis à prescription hospitalière, soumis à prescription initiale hospitalière, soumis à une surveillance particulière ou réservés à certains médecins spécialistes.

4. Princeps, génériques et bioéquivalence

Notions clés & Définitions

  • Bioéquivalence : Comparaison de deux médicaments contenant le même principe actif afin de vérifier une exposition similaire et de démontrer l’équivalence thérapeutique du générique avec le médicament de référence.

Points essentiels

📌 Le princeps est le premier médicament commercialisé après développement clinique, tandis que le générique contient le même principe actif et le même dosage avec une efficacité attendue équivalente, mais peut différer par ses excipients, sa couleur, sa forme et son coût.

  • L’intervalle d’acceptation de la bioéquivalence repose sur un intervalle de confiance à 90 % compris entre 80 et 125 % pour le ratio des paramètres pharmacocinétiques.

Astuce mémo

Même principe actif, excipients et coût différents

5. Pharmacocinétique et pharmacodynamie

Notions clés & Définitions

  • Demi-vie : La demi-vie, notée t½, est le temps nécessaire pour observer une diminution de 50 % du taux plasmatique.
  • Marge thérapeutique : Intervalle compris entre la dose minimale produisant un effet pharmacologique et la dose à laquelle apparaissent des effets indésirables toxiques.
  • Volume apparent de distribution : Volume théorique représentant le volume dans lequel le principe actif devrait se distribuer pour atteindre la même concentration que dans le plasma et reflétant sa capacité à diffuser dans l’organisme.

★ À maîtriser

  • 🔄 La pharmacocinétique suit quatre étapes:

    1. administration
    2. distribution
    3. métabolisme
    4. excrétion
  • La pharmacodynamie décrit l’action du médicament sur l’organisme : le principe actif interagit avec une cible, modifie l’activité cellulaire et produit un effet thérapeutique ou indésirable.

📌 Un agoniste active un récepteur, tandis qu’un antagoniste bloque ce récepteur ; une inhibition enzymatique diminue l’activité d’une enzyme et une action sur un canal ionique modifie le passage des ions.

Compléments

  • La mesure de la concentration du principe actif dans des échantillons biologiques au cours du temps permet de définir un schéma d’administration évitant le surdosage toxique et le sous-dosage responsable d’un risque d’échec thérapeutique.

  • La Cmax est la concentration maximale observée et le Tmax est le temps nécessaire pour atteindre cette concentration maximale.

  • Un principe actif peut agir sur un récepteur, une enzyme, un canal ionique ou un transporteur, et peut posséder plusieurs cibles.

Astuce mémo

ADME : administration → distribution → métabolisme → excrétion

6. Voies générales d’administration

★ À maîtriser

📌 Les voies extravasculaires comportent des barrières avant la circulation sanguine et peuvent produire une action locale ou systémique, tandis que les voies vasculaires n’ont pas de barrière d’absorption et produisent une action systémique.

  • La voie intraveineuse offre une biodisponibilité maximale de 100 %, une dose précise et une action rapide, mais elle est invasive et peut provoquer douleur et risque infectieux.

Compléments

  • Les voies extravasculaires citées sont:
    • orale
    • oculaire
    • nasale
    • buccale
    • par inhalation
    • percutanée
    • sous-cutanée
    • intramusculaire
    • rectale
    • vaginale

📌 La voie orale est facile, non invasive et adaptée aux traitements courts ou longs, mais son absorption dépend des aliments, des boissons et des médicaments, peut subir un premier passage hépatique et est généralement plus lente que la voie injectable.

Astuce mémo

Extravasculaire = absorption ; vasculaire = biodisponibilité immédiate

7. Particularités de l’administration oculaire

★ À maîtriser

📌 Le segment antérieur de l’œil, comprenant la cornée, la conjonctive, la sclère et la chambre antérieure, est principalement traité par voie topique, tandis que le segment postérieur, comprenant la rétine et le corps vitré, nécessite des doses importantes ou des voies intraveineuse ou intravitréenne.

  • 🔄 Après une instillation oculaire:
    1. dilution dans le sac lacrymal
    2. passage à travers la cornée ou la conjonctive
    3. diffusion vers les structures proches
    4. métabolisme
    5. élimination

Compléments

  • La voie ophtalmique procure un effet local rapide, une faible exposition systémique et une administration facile, mais elle nécessite une technique d’instillation correcte, expose à la contamination du flacon et offre parfois un temps de contact limité.

Astuce mémo

Segment antérieur = collyres ; segment postérieur = voies invasives ou fortes doses

8. Biodisponibilité et barrières oculaires

★ À maîtriser

  • Le film lacrymal comprend:

    • une couche lipidique
    • une couche aqueuse
    • une couche mucinique
  • Une goutte de collyre mesure 25 à 60 μl, ce qui dépasse le volume du cul-de-sac conjonctival et augmente le turnover ainsi que la dilution du principe actif.

  • Dans les 15 à 30 minutes suivant l’instillation, 80 % du collyre sont évacués vers le sac lacrymal et le canal lacrymonasal puis peuvent rejoindre la circulation générale.

📌 La voie transcornéenne est la principale voie d’absorption des collyres vers les structures intraoculaires antérieures, la voie transconjonctivale atteint notamment la sclère et l’uvée, la voie nasolacrymale entraîne surtout une absorption systémique et la voie cutanée palpébrale est généralement peu significative.

  • Environ 3 à 5 % du principe actif administré par voie transcornéenne atteignent la chambre antérieure.

📌 Les petites molécules lipophiles traversent plus facilement l’épithélium cornéen, les molécules hydrophiles ou volumineuses le traversent difficilement, tandis que les molécules très lipophiles sont limitées par le stroma hydrophile.

  • Après administration topique, l’absorption oculaire représente environ 5 % de la dose, tandis que le passage systémique par le drainage peut représenter environ 50 à 100 %.

Compléments

  • Le film lacrymal s’étale sur la cornée toutes les 20 à 30 secondes, son turnover est de 15 % par minute et le volume du cul-de-sac conjonctival est inférieur à 30 μl.

  • La cornée comprend:

    • un épithélium à jonctions serrées
    • la membrane de Bowman
    • un stroma conjonctif
    • une monocouche de cellules endothéliales
  • Les molécules peuvent traverser l’épithélium cornéen par diffusion passive, diffusion facilitée ou transport actif ; la diffusion facilitée utilise des transporteurs membranaires sans dépense d’énergie.

  • Le transport cornéen est saturable et dépend de la concentration du principe actif, de son affinité pour le transporteur et du nombre de transporteurs exprimés.

  • La conjonctive possède une surface de 16 à 18 cm², supérieure à celle de la cornée qui est d’environ 1 cm², et elle est plus perméable aux molécules hydrophiles et volumineuses.

  • Les moyens d’augmenter la biodisponibilité topique comprennent: une solution ou suspension concentrée, une occlusion digitale nasolacrymale, le maintien des paupières fermées, un volume adéquat, une formulation bien tolérée, un espacement de 15 minutes entre deux instillations

Astuce mémo

Drainage lacrymal → faible biodisponibilité oculaire → exposition systémique

9. Devenir oculaire du principe actif

★ À maîtriser

📌 Les structures optiques de l’œil, notamment la cornée, le cristallin et le vitré, sont dépourvues de vaisseaux sanguins et sont nourries par les liquides environnants, tandis que la rétine est protégée par une barrière hémato-rétinienne qui laisse passer peu de molécules à l’état physiologique.

  • L’élimination oculaire du principe actif passe par l’uvée, le trabéculum et le canal de Schlemm, les veines aqueuses et orbitaires, puis éventuellement la conjonctive vers la circulation systémique.

  • Après son passage dans la circulation générale, le médicament atteint le foie où il est métabolisé, puis il est principalement excrété dans les urines et accessoirement dans les fèces.

Compléments

  • La barrière hémato-rétinienne peut être rompue en cas de maladie, ce qui facilite alors le passage de molécules vers le vitré.

  • L’œil contient notamment de l’acétylcholinestérase, des monoamineoxydases, des oxydoréductases et des acétyl-, butyryl- et carboxyestérases.

  • Les estérases oculaires peuvent être utilisées pour transformer des prodrogues et améliorer significativement la perméabilité cornéenne.

  • La clairance par l’uvée est supérieure pour les molécules lipophiles et la demi-vie dans la chambre antérieure est courte, d’environ 1 heure.

  • Le débit d’élimination par le trabéculum et le canal de Schlemm est d’environ 3 μl/min et il est indépendant de la molécule.

Astuce mémo

Absorption → distribution → métabolisme → élimination

Tableaux de synthèse

Comparaison des voies d’administration

VoieAvantagesLimites
OphtalmiqueEffet local rapide, faible exposition systémique, administration facileTechnique d’instillation, contamination possible, temps de contact limité
CutanéeFacile, peu invasive, effets systémiques limitésAbsorption variable, irritation ou allergie
OraleFacile, non invasive, peu coûteuse, adaptée aux traitements courts et longsAliments, premier passage hépatique, action plus lente, troubles digestifs ou de déglutition
InjectableAction rapide, dose précise, biodisponibilité IV de 100 %Geste invasif, douleur et risque infectieux

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Qu'est-ce que la pharmacologie étudie précisément ?

Les mécanismes d'interaction entre une substance active et l'organisme.

Quels sont les deux composants principaux d'un médicament ?

Un principe actif et des excipients.

Qu'est-ce qu'un principe actif dans un médicament ?

Une substance possédant des propriétés thérapeutiques.

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