Fiche de révision : Champignons sans lames

Plan du Cours

  1. Pésises et leurs caractères
  2. Morilles et autres Ascomycota
  3. Polypores et clavères
  4. Chanterelles, girolles et hydnes
  5. Champignons gélatineux et gastéroïdes
  6. Bolets : caractères et confusions
  7. Russules et lactaires
  8. Amanites comestibles et toxiques
  9. Coprins, lépiotes et agarics
  10. Champignons à spores roses
  11. Champignons à spores blanches ou ocres
  12. Tricholome équestre et toxicité
  13. Prévention des intoxications mortelles
  14. Amanites : identification et confusions
  15. Lépiotes, volvaire et agarics
  16. Autres espèces à lames
  17. Lactaire à toison et famille des lactaires
  18. Critères de reconnaissance des macromycètes

1. Pésises et leurs caractères

Notions clés & Définitions

  • Pésise : Champignon Ascomycota dont l’apothécie est en forme de coupe ou de disque.
  • Apothécie : Ascomes des pésises, c’est-à-dire leurs structures de reproduction sexuée.

★ À maîtriser

📌 L’écologie doit être notée lors de la récolte d’une pésise, car elle est importante pour déterminer ces champignons difficiles à identifier.

  • Les pésises se classent souvent selon leur diamètre :
    • grandes au-delà de 5 cm
    • moyennes de 1 à 5 cm
    • petites en dessous de 1 cm

Compléments

  • Le terme français « pésise » regroupe plusieurs genres, notamment Otidea, Sarcosfera et Chlorocyboria.

  • Sarcosphaera coronaria, appelée pésise couronnée, pousse sous les conifères, apparaît au printemps et peut se prolonger jusqu’à l’été ; jeune, elle est presque enterrée, puis s’ouvre en étoile avec un centre violet.

  • Otidea onotica, appelée oreille de lièvre, se reconnaît à son apothécie verticale fendue d’un côté et pousse plutôt sous les feuillus sur des sols riches.

  • Chlorocyboria aeruginascens, appelée pézize turquoise, pousse sur du bois décortiqué et son mycélium colore le bois en vert, tandis que ses apothécies turquoise mesurent moins de 1 cm.

2. Morilles et autres Ascomycota

★ À maîtriser

  • Les morilles appartiennent au genre Morchella, qui comprend de nombreuses espèces difficiles à distinguer.

  • Les morilles sont printanières et se trouvent de mars à juin au maximum, avec une période particulièrement favorable en avril et mai.

  • La morille commune possède des alvéoles désordonnées, tandis que Morchella rotonda, la morille ronde, a un chapeau arrondi et blond et se rencontre plutôt en avril-mai, souvent sous les frênes.

  • Les morilles ne doivent jamais être consommées crues : leurs toxines thermolabiles sont détruites par une cuisson complète, et un simple aller-retour à la poêle ne suffit pas.

  • Le chapeau d’une morille est spongiforme et formé de nombreuses apothécies accolées en alvéoles, tandis que celui du gyromitre est cérébriforme et ressemble à un cerveau plissé.

  • Gyromitra esculenta est appelée gyromitre dit comestible, mais c’est un ancien comestible toxique dont la gyromitrine est un précurseur de la monométhylhydrazine, responsable d’intoxications pouvant être mortelles.

Compléments

  • Certaines morilles colonisent les milieux perturbés, notamment après un incendie de forêt, tandis que d’autres apprécient les sols frais et humides, souvent sous les frênes.

  • Morchella vulgaris, la morille commune, est très précoce, peut apparaître dès mars et colonise souvent les vergers et leurs lisières lumineuses.

  • Les élevelles ont des chapeaux lobés et plus ou moins repliés sur eux-mêmes, et la majorité des espèces se rencontre à l’automne.

  • Helvella crispa, appelée helvelle crépue ou oreille de chat, pousse notamment en lisière de forêt, où elle bénéficie d’un peu de lumière.

Astuce mémo

Morille éponge, gyromitre cerveau

3. Polypores et clavères

Notions clés & Définitions

  • Polypore : Champignon à tubes courts, non séparables de la chair, qui s’ouvrent par des pores.

★ À maîtriser

  • Les polypores sont lignicoles et souvent pérennes : beaucoup vivent plusieurs années sur leur support de bois, même si certaines espèces sont annuelles ou moins durables.

  • L’identification des polypores s’appuie notamment sur :

    • des pores fins ou grossiers
    • des pores ronds ou polygonaux
    • une surface de chapeau veloutée
    • une surface de chapeau lustrée
    • une surface de chapeau écailleuse
  • Les clavères présentent généralement deux formes : une forme en massue ou en pilon et une forme corallienne à rameaux plus ou moins ramifiés.

📌 Les clavères peuvent être toxiques et fortement purgatives, et ne doivent pas être consommées.

Compléments

  • Fomes fomentarius, l’amadouvier, forme une console à chapeau unique fixé au support et porte des stries d’accroissement.

  • Trametes versicolor, appelée tramète, est un polypore fin en éventail, souvent constitué de chapeaux superposés aux couleurs changeantes et à l’aspect de coquillage.

  • La majorité des polypores n’a pas de pied, mais Ganoderma lucidum, le ganoderme luisant, en possède un et se reconnaît à ses teintes chaudes orange à jaune et à son aspect lustré.

  • Piptoporus betulinus, le polypore du bouleau, pousse sur les bouleaux et est présenté comme médicinal.

  • Grifola frondosa, appelée poule des bois, est un polypore comestible dont l’aspect évoque des plumes.

  • Fistulina hepatica, appelée langue de bœuf, pousse sur les feuillus, souvent les chênes et les châtaigniers, et se consomme cuite.

  • Sparassis crispa, appelée clavère crépue, pousse sous les conifères et est comestible.

  • Ramaria stricta, la clavère étroite, pousse sous conifères ou feuillus et se reconnaît à ses rameaux rose chair terminés par des extrémités jaune soufre.

4. Chanterelles, girolles et hydnes

Notions clés & Définitions

  • Chanterelle : Champignon du genre Craterellus possédant un pied creux et un chapeau perforé, plus ou moins profondément.
  • Hydne : Champignon dont l’hyménophore porte des aiguillons.

★ À maîtriser

📌 Les chanterelles appartiennent au genre Craterellus, tandis que les girolles appartiennent au genre Cantharellus.

📌 Les girolles du genre Cantharellus ont un chapeau non perforé, un pied plein, des teintes jaunes à orangées parfois rosâtres et un hyménophore nettement plissé, souvent fourchu vers le bord.

Compléments

  • Craterellus lutescens pousse uniquement sous les conifères et possède des plis peu marqués ainsi qu’un pied jaune orangé souvent vif.

  • Craterellus cornucopioides, la trompette des morts, est entièrement creuse, avec une perforation qui traverse le chapeau jusqu’au bout.

  • Hydnum repandum, appelé pied de mouton, est une espèce commune comestible que l’on trouve sous les conifères comme sous les feuillus.

  • Hericium erinaceus, appelé hydne hérisson, est un champignon médicinal peu commun, en raréfaction et à protéger, que l’on trouve généralement sous les feuillus, notamment dans des troncs creux dégradés.

Astuce mémo

Chanterelle creuse et perforée, girolle pleine et fermée

5. Champignons gélatineux et gastéroïdes

Notions clés & Définitions

  • Champignon gastéroïde : Champignon possédant un hyménium interne, englobé dans le champignon et non visible de l’extérieur.
  • Péridium : Enveloppe externe des champignons gastéroïdes.
  • Gléba : Masse fertile située à l’intérieur d’un champignon gastéroïde, où se développent les spores.

Points essentiels

  • Les trémelles sont des basidiomycètes gélatineux à hyménophore lisse, et certaines, comme la trémelle mésentérique, évoquent l’intérieur d’un intestin.

  • Auricularia auricula-judae, l’oreille de Judas, est un champignon comestible en forme d’oreille qui pousse particulièrement sur le sureau, mais peut provoquer des intoxications liées à une sensibilité individuelle et ne doit pas être consommé en grande quantité.

  • Chez certains champignons gastéroïdes, les spores restent enfermées jusqu’à leur maturité, puis l’enveloppe peut s’ouvrir pour les libérer.

  • Lycoperdon perlatum, la vesse-de-loup perlée, est une espèce commune dont le péridium porte de petits picots.

6. Bolets : caractères et confusions

★ À maîtriser

📌 Neoboletus erythropus, le bolet à pied rouge, est comestible bien cuit mais toxique cru.

📌 Rubroboletus satanas, le bolet Satan, est un très gros bolet à chapeau blanc sale et réseau rouge sur fond jaune au pied ; il bleuit moins intensément que Neoboletus erythropus.

  • Boletus edulis, le cèpe de Bordeaux, possède un chapeau châtain parfois bordé d’un liseré blanc et un pied obèse portant un réseau blanc surtout dans sa partie supérieure.

📌 Le bolet amer, ou bolet de fiel, peut ressembler au cèpe de Bordeaux, mais ses pores deviennent roses à maturité et son pied porte un réseau noir, tandis que les pores du cèpe passent du blanc au jaune verdâtre et son réseau est blanc.

Compléments

  • Les bolets à pied rouge comprennent des espèces comestibles bien cuites et des espèces toxiques.

  • Neoboletus erythropus se reconnaît à son chapeau marron, à ses ponctuations rouges sur fond jaune au pied et à un bleuissement très intense lorsqu’il est touché ou coupé.

  • Imleria badia, le bolet bai, a un chapeau brun pouvant devenir visqueux par temps humide, des pores jaunes assez larges qui bleuissent à la pression et un pied strié de brun.

  • La nonnette voilée est un bolet à chapeau visqueux, à anneau et à pores jaunes, avec souvent des traces violettes à la base de l’anneau.

📌 Chez les bolets visqueux, il faut enlever la cuticule, car elle peut avoir un effet laxatif.

Astuce mémo

Pores roses du bolet amer, pores blancs puis jaunes verdâtres du cèpe

7. Russules et lactaires

★ À maîtriser

  • La russule amère, ou russule hémétique du hêtre, est toxique et se reconnaît à son chapeau rouge, ses lames et son pied blancs, ainsi qu’à la couleur rose révélée sous la cuticule grattée.

  • La russule charbonnière, Russula cyanoxantha, présente des teintes mélangées et des lames blanches lardacées, au toucher gras, qui ne se cassent pas sous le doigt.

  • Le lactaire délicieux, Lactarius deliciosus, pousse exclusivement sous les pins et porte un chapeau zoné, un pied scrobiculé, des lames orange et un lait orange carotte.

📌 Le lactaire à toison, Lactarius torminosus, est toxique et se distingue du lactaire délicieux par ses teintes roses-orangées, son chapeau poilu lorsqu’il est jeune, ses lames blanches et son lait blanc immuable.

Compléments

  • La russule verdoyante, aussi appelée palomée ou russule virescente, est comestible et se reconnaît à son chapeau vert très craquelé.

  • La russule vieux rose, Russula vesca, est comestible et son chapeau mêle des tons roses, jaunes et parfois verts.

  • La russule vieux rose « montre les dents » parce que sa cuticule trop courte laisse apparaître les lames au bord du chapeau.

Astuce mémo

Le lactaire délicieux a un lait orange ; le lactaire à toison, un lait blanc immuable.

8. Amanites comestibles et toxiques

★ À maîtriser

📌 L’amanite rougissante, ou golmotte, est comestible seulement bien cuite et toxique crue.

  • L’amanite rougissante ne possède pas de volve et porte des flocons grossiers sur le chapeau ; elle rougit naturellement avec l’âge, sans qu’il soit nécessaire de la gratter.

📌 L’amanite panthère, Amanita pantherina, est très toxique et se reconnaît à sa volve floconneuse surmontée de bracelets, à ses flocons blancs en cercles concentriques, à son anneau lisse et à sa marge striée.

  • Les amanites phalloïde, printanière et vireuse sont mortelles et détruisent les cellules du foie.

Compléments

  • L’amanite des Césars, Amanita caesarea, est un comestible thermophile très rare en Normandie, à chapeau orange, lames jaunes et spores blanches.

📌 L’amanite épaisse, Amanita excelsa variété spissa, n’a pas de volve, porte de gros flocons grisâtres sur un chapeau brun et ne montre aucune trace rouge ; elle n’est pas toxique, mais n’a pas de valeur culinaire.

  • L’amanite phalloïde typique a un chapeau brun olivâtre à fibrilles plus sombres, un anneau en jupe, une volve en sac et, en vieillissant, une odeur de rose fanée.

📌 L’amanite printanière ressemble à la forme blanche de l’amanite phalloïde et possède une volve en sac ; l’amanite vireuse a également une volve en sac, mais son jeune chapeau est campanulé et son pied pelucheux.

Astuce mémo

Amanites rougissante et épaisse : anneau strié, marge lisse ; amanite panthère : anneau lisse, marge striée.

9. Coprins, lépiotes et agarics

★ À maîtriser

  • Le coprin noir d’encre, Coprinopsis atramentaria, est toxique lorsqu’il est consommé avec de l’alcool.

  • Chlorophyllum bruneum, la lépiote des jardins, est toxique et peut provoquer des intoxications gastro-intestinales ; elle a un anneau double coulissant et un bulbe marginé très marqué.

  • L’agaric anisé des bois jaunit, sent l’anis et pousse en forêt, tandis que l’agaric jaunissant toxique jaunit fortement au grattage et dégage une odeur de phénol à la base du pied.

  • Les agariques ont des spores brun chocolat à maturité et n’ont pas de volve, tandis que les amanites ont des spores blanches et une volve.

Compléments

  • Le coprin chevelu, Coprinus comatus, est le coprin le plus recherché pour être consommé et présente d’abord un chapeau en ogive, puis ouvert en parasol, avec de grosses mèches blanches et un anneau souvent fugace.

  • La coulemelle, Macrolepiota procera, est un excellent comestible dont on ne consomme que le chapeau, car le pied est trop fibreux ; son pied est chiné ou zébré.

📌 Chlorophyllum rhacodes, la lépiote des guenillers, est comestible et se reconnaît à son anneau simple épais, son bulbe atténué et son jaunissement orange carotte au grattage, qui finit par brunir.

  • L’agaric champêtre, ou rosé des prés, pousse sur les pelouses, notamment sur les terres amendées, et présente des lames rose vif lorsqu’il est jeune ainsi qu’une zone annulaire peu marquée.

10. Champignons à spores roses

★ À maîtriser

  • Le meunier, Clitopilus prunulus, se reconnaît à son chapeau blanchâtre cabossé, à ses lames décurrentes qui passent du blanc au vieux rose à maturité et à son odeur prononcée de farine fraîche.

📌 Les clitocybes blancs toxiques ont des spores blanches et des lames non libres, souvent décurrentes, qui restent blanches à maturité, contrairement aux lames roses du meunier mûr.

Compléments

  • La volvère gluante, Volvariella gloiocephala, est comestible bien cuite, toxique crue, et présente une grosse volve en sac ainsi que des spores roses à maturité.

Astuce mémo

Le meunier mûr a des lames roses ; les clitocybes blancs gardent des lames blanches.

11. Champignons à spores blanches ou ocres

★ À maîtriser

📌 Le laccaire améthyste, Laccaria amethystina, est comestible, concolore violet au chapeau, aux lames et au pied, et possède un ombilic, des lames espacées qui descendent légèrement sur le pied et un pied résistant à la torsion.

📌 Le tricholome terreux, ou petit gris, est un bon comestible des conifères, à chapeau gris laineux ou fibrilleux et à lames blanches devenant gris perlé ; le tricholome tigré, toxique, est plus gros, à pied épais et chapeau couvert de grosses squamules.

  • Le cortinaire couleur de rocou, Cortinarius orellanus, est mortel et provoque un syndrome aurélanien qui atteint les reins.

  • La foliote changeante, Kuehneromyces mutabilis, est comestible, pousse en touffes sur des souches surtout feuillues, porte un anneau et des peluches sous celui-ci, et son chapeau hygrophane se décolore depuis le centre quand l’air devient sec.

📌 La galère marginée, Galerina marginata, est mortelle, provoque un syndrome phalloïdien et peut pousser sur des feuillus comme sur des conifères ; sous son anneau, elle porte des stries plutôt que des peluches.

Compléments

  • L’armillaire couleur de miel, Armillaria mellea, est toxique et pousse en grosses touffes au pied des arbres ou des souches ; elle porte une armille terminée par un anneau et des squames sur le chapeau.

📌 L’inocybe lilacin est toxique et se distingue du laccaire améthyste par son chapeau mamelonné ocre, ses lames serrées devenant brun tabac et son odeur spermatique.

📌 La mycène pure, Mycena pura, se distingue du laccaire améthyste par ses lames grisâtres adnées à échancrées, sa marge striée et son odeur marquée de pomme de terre crue.

  • Les cortinaires se reconnaissent notamment à leur sporée rouille et à leur cortine, reste de voile partiel évoquant une toile d’araignée et souvent matérialisé par des spores rouille accrochées.

  • Les hébélomes ont des spores brun clair ou ocre clair, dites café au lait, des lames échancrées et souvent une odeur terreuse ou de rave ; ils sont presque tous toxiques.

  • Les inocybes ont souvent un chapeau en cloche mamelonné, des lames brun tabac à maturité et une odeur spermatique, bien que certaines espèces présentent d’autres odeurs.

12. Tricholome équestre et toxicité

★ À maîtriser

  • Le décret ministériel paru au Journal officiel du 20 juin 2004 a interdit la mise sur le marché du tricholome équestre sous toutes ses formes.

  • La consommation excessive et répétée de tricholome équestre a été associée à plusieurs empoisonnements très graves, dont trois décès.

  • Après ingestion de tricholome équestre, des douleurs musculaires, une sueur abondante et une fatigue peuvent apparaître dans les deux à trois jours suivants et nécessitent de prévenir rapidement un médecin.

Compléments

  • Le tricholome équestre pousse en automne dans les pinèdes, sur terrain siliceux.

  • Les lames, le pied et la chair du tricholome équestre sont jaunes, et son odeur est nulle.

Astuce mémo

Consommation excessive et répétée → atteintes musculaires graves

13. Prévention des intoxications mortelles

★ À maîtriser

  • Les huit champignons mortels à reconnaître au premier coup d’œil sont :

    • la galère marginée
    • la lépiote brun rose
    • l’amanite phalloïde
    • l’amanite printanière
    • l’amanite vireuse
    • le cortinaire couleur de rocou
    • le paxille enroulé
    • le gyromitre
  • Les champignons signalés comme dangereux en raison de leur muscarine sont : l’Inocybe de Patouillard et les Inocybes en général, la mycène pure, le clitocybe blanchi

  • L’amanite phalloïde est responsable de 95 % des intoxications mortelles.

  • 🔄 L’intoxication évolue selon les étapes suivantes : les premiers symptômes apparaissent de 6 à 48 heures après l’ingestion, une rémission survient au troisième jour, une rechute avec atteinte hépatique peut conduire à la mort au sixième jour

  • Les trois caractères d’alerte sont :

    • des lames blanches rayonnantes sous le chapeau
    • un anneau ou une collerette sur le pied
    • une volve en forme de petit sac

Compléments

  • Les premiers symptômes décrits de l’intoxication par l’amanite phalloïde sont une gêne respiratoire, des vertiges et des malaises, suivis de vomissements violents et douloureux, d’une diarrhée fétide et d’une déshydratation intense.

  • Certains traitements antipoison ne sont efficaces que s’ils sont mis en œuvre par un médecin dans les premières heures après l’ingestion; les centres antipoison utilisent des traitements à base d’antibiotiques associés surtout à des protecteurs hépatiques.

14. Amanites : identification et confusions

★ À maîtriser

📌 L’amanite rougissante est un bon comestible à condition d’être bien cuite, car ses hémolysines, qui détruisent les globules rouges, ne résistent pas à la chaleur.

📌 Après une forte pluie, l’amanite tue-mouches peut perdre ses verrues blanches et ressembler à l’amanite des Césars, mais l’amanite des Césars a des lames jaunes tandis que celles de l’amanite tue-mouches sont blanches.

  • La volve de l’amanite phalloïde est membraneuse, ample, en forme de sac et peut présenter des reflets olivâtres à l’intérieur.

📌 L’amanite panthère peut être confondue avec l’amanite rougissante, mais sa chair reste blanche sans trace de rose, tandis que la chair de l’amanite rougissante rougit.

Compléments

  • L’amanite panthère, toxique, est présente de l’été à l’automne dans les bois de feuillus.

  • L’amanite des Césars est la seule amanite que le guide indique comme pouvant être mangée crue.

  • L’amanite phalloïde pousse dans les milieux forestiers, notamment les chênaies, du début de l’été jusqu’à novembre.

  • L’amanite phalloïde peut être confondue avec des russules vertes, charbonnières ou verdoyantes, le tricholome disjoint, l’amanite citrine, l’agaric anisé ou la lépiote naucine.

  • L’amanite tue-mouches est toxique mais non mortelle; ses symptômes comprennent notamment excitation générale avec ivresse, vertiges, hallucinations, accélération du pouls et dilatation des pupilles, puis un sommeil profond suivi de la guérison.

  • L’amanite printanière est mortelle et peut pousser jusqu’à l’automne malgré son nom; une solution basique forte, comme la soude, provoque une réaction jaune d’or sur son chapeau ou son pied.

  • L’amanite vireuse se rencontre sur les sols siliceux en été et à l’automne et possède une chair blanche à odeur vireuse.

Astuce mémo

Amanite des Césars jaune ; amanite tue-mouches blanche sous les verrues

15. Lépiotes, volvaire et agarics

★ À maîtriser

  • Les grandes lépiotes ont des lames blanchâtres et libres, un chapeau souvent couvert d’écailles et un anneau facilement détachable qui coulisse le long du pied; les petites lépiotes mesurent moins de 10 cm et sont signalées comme les plus dangereuses.

  • La volvaire gluante a des lames rose brique écartées du pied et une volve très fragile qui reste en terre à la cueillette.

  • L’agaric jaunissant peut provoquer des troubles gastro-intestinaux parfois sévères et sa chair jaunit au frottement, avec une odeur désagréable rappelant l’iode, le phénol ou l’encre, qui s’amplifie à la cuisson.

  • Pour consommer l’armillaire couleur de miel, il faut rejeter le pied, ne manger que les jeunes chapeaux, les ébouillanter quelques minutes et jeter l’eau de cuisson pour éliminer l’amertume éventuelle.

Compléments

📌 La lépiote élevée se consomme jeune, au stade de baguette de tambour, en rejetant son pied trop fibreux et coriace.

  • Sur l’agaric jaunissant, quelques gouttes d’alcool à 90° déposées sur le chapeau font virer instantanément sa couleur au jaune franc.

📌 Le coprin chevelu est à consommer jeune et dans les heures qui suivent sa cueillette.

  • Le coprin chevelu peut accumuler les métaux lourds et le guide déconseille de le récolter le long des routes, des autoroutes ou des décharges ménagères.

  • L’armillaire couleur de miel pousse en automne en touffes denses sur des souches ou des racines enfouies et peut détruire des superficies importantes de forêt en provoquant la pourriture des racines et la pourriture cubique des troncs.

16. Autres espèces à lames

★ À maîtriser

📌 Le coprin noir d’encre ne doit pas être consommé avec de l’alcool; il faut éviter toute boisson alcoolisée pendant au moins 72 heures pour pouvoir le consommer sans cette interaction toxique.

📌 La fausse girolle possède des lames souvent fourchues sous le chapeau, tandis que la girolle présente des plis.

  • Le faux clitocybe de l’olivier est toxique, pousse en touffes à la base de troncs de feuillus, d’oliviers ou de châtaigniers et possède des lames souvent luminescentes.

  • La mycène pure dégage une forte odeur de radis et peut être confondue avec le laccaire améthyste, qui n’a pas cette odeur et possède des lames violet pur; le guide recommande d’éviter de consommer la mycène pure.

Compléments

  • Les troubles liés à l’association du coprin noir d’encre et de l’alcool comprennent :
    • la congestion de la face
    • l’accélération du pouls
    • le larmoiement abondant
    • la vasodilatation périphérique
    • la chute de tension

📌 Le coprin chevelu possède un anneau mobile qui coulisse sur le pied, tandis que le coprin noir d’encre porte une zone annuliforme.

  • Le faux clitocybe lumineux pousse en colonies au pied de différentes essences et se reconnaît notamment à ses chapeaux jaune vif éclatant.

  • La russule aqueuse pousse surtout dans les endroits marécageux, les sphaignes et au bord des mares sous les conifères; sa chair plus ou moins âcre conduit à éviter cette espèce.

  • La russule vieux-rose est un très bon comestible qui pousse dans les bois de feuillus en été et en automne.

Astuce mémo

Fausse girolle à lames ; girolle à plis

17. Lactaire à toison et famille des lactaires

★ À maîtriser

  • Le lactaire à toison (Lactarius torminosus) est à rejeter car il provoque d’importants troubles gastro-intestinaux.

  • La chair des lactaires casse net comme un morceau de craie et laisse s’écouler un lait qui prend, selon l’espèce, une teinte blanche, rouge, orange, violette ou verte au contact de l’air.

  • Les champignons sont des eucaryotes hétérotrophes dont le corps est un thalle et dont les parois cellulaires contiennent de la chitine, un polymère de N-acétylglucosamine.

📌 Les champignons saprotrophes décomposent la cellulose, la lignine et d’autres matières, tandis que les champignons biotrophes vivent comme parasites ou symbiotes.

Compléments

  • Le lactaire à toison pousse en été et en automne dans les bois, particulièrement sous les bouleaux, et peut être très abondant certaines années.

  • Le chapeau du lactaire à toison mesure 5 à 12 cm, présente des zones concentriques plus foncées et porte une marge enroulée à toison laineuse, surtout chez les jeunes sujets.

  • Le lactaire délicieux est une variété comestible recherchée dans le sud de la France et en Espagne, où il est consommé grillé.

  • Les hyphes constituent le mycélium, et les champignons peuvent présenter des sporophores de formes diverses ou une forme levuriforme.

  • Le cèpe de Bordeaux (Boletus edulis) est présenté comme exemple de champignon ectomycorhizien.

18. Critères de reconnaissance des macromycètes

★ À maîtriser

  • La reconnaissance des macromycètes mobilise :

    • les caractères organoleptiques
    • l’écologie
    • la macrochimie
    • la microscopie
  • Les modes d’insertion des lames sont :

    • adnées
    • échancrées
    • libres
    • décurrentes
    • collariées
    • uncinées
  • Une sporée est réalisée à l’aide d’un dispositif afin d’observer la couleur des spores.

Compléments

  • Les ornementations vé­laires sont à l’origine des volves et des anneaux, tandis qu’une cortine constitue un autre type d’ornementation vélaire.

  • Les caractères de silhouette à examiner comprennent le chapeau et le pied.

  • Les couleurs de sporée présentées sont :

    • le blanc
    • l’ocre
    • le noir
    • le rose
  • Les exemples associés aux couleurs de sporée sont :

    • l’amanite
    • l’hébélome
    • le laccaire
    • le coprin
    • le plutée

Tableaux de synthèse

Repères de distinction des champignons sans lames

GroupeHyménophore ou formeCaractère distinctif
MorilleChapeau spongiforme alvéoléAlvéoles désordonnées chez la morille commune
GyromitreChapeau cérébriformeAspect de cerveau plissé
CraterellusChapeau perforé, pied creuxPerforation plus ou moins profonde
GirolleChapeau non perforé, pied pleinHyménophore plissé, souvent fourchu
HydneAiguillonsHyménophore en aiguillons
Champignon gastéroïdeHyménium internePartie fertile enfermée

Bolet à pied rouge et bolet Satan

CaractèreBolet à pied rougeBolet Satan
ChapeauMarronBlanc sale
PiedPonctuations rouges sur fond jauneRéseau rouge sur fond jaune
BleuissementTrès intenseMoins intense

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Champignons sans lames avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel caractère morphologique définit une pésise ?

2. Une pésise mesurant 4 cm de diamètre appartient à quelle catégorie de taille ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Champignons sans lames avec 10 flashcards interactives.

Qu’est-ce qu’une pésise ?

Un champignon Ascomycota à apothécie en coupe ou en disque.

À quel genre appartiennent les morilles ?

Au genre Morchella.

De quels mois à quels mois les morilles peuvent-elles apparaître ?

De mars à juin.

Voir les flashcards →

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