QCM : Civilisation, sport et marginalité (54 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition correspond à la notion de fait social chez Émile Durkheim ?

Une règle juridique écrite qui organise les relations entre les membres d’une institution
Une manière de penser, d’être ou d’agir en société qui peut exercer une contrainte extérieure sur les individus
Une décision individuelle qui traduit les préférences personnelles sans influence du milieu social
Une caractéristique biologique qui détermine les comportements indépendamment de la vie collective

Une manière de penser, d’être ou d’agir en société qui peut exercer une contrainte extérieure sur les individus

Explication

Pour Durkheim, un fait social est une manière collective de penser, d’être, de se mouvoir ou d’agir, susceptible de s’imposer aux individus. Une préférence personnelle isolée ne suffit pas à définir un fait social, car elle ne désigne pas une manière socialement partagée et contraignante.

2. Comment un individu acquiert-il les normes et les valeurs d’une culture au cours de la socialisation ?

En les déduisant de ses seules dispositions biologiques, indépendamment de ses relations sociales
En les choisissant librement à l’âge adulte, sans être influencé par ses expériences antérieures
En les intériorisant dans différents contextes, notamment sous l’influence de groupes auxquels il appartient durablement
En les apprenant exclusivement à l’école, sans influence des groupes fréquentés au quotidien

En les intériorisant dans différents contextes, notamment sous l’influence de groupes auxquels il appartient durablement

Explication

La socialisation correspond aux conditions et aux contextes par lesquels l’individu intériorise des normes et des valeurs, avec notamment l’influence de ses groupes d’appartenance durables. L’école peut jouer un rôle, mais elle ne représente pas le seul contexte de socialisation.

3. Quelle démarche Durkheim recommande-t-il pour expliquer un phénomène social ?

Le traiter comme une chose et l’expliquer par d’autres réalités sociales plutôt que par les seules caractéristiques individuelles
Le ramener aux intentions personnelles des individus et à leurs différences de caractère
L’interpréter à partir des jugements ordinaires avant de rechercher des régularités collectives
Le déduire de principes universels sans examiner les conditions propres à la société étudiée

Le traiter comme une chose et l’expliquer par d’autres réalités sociales plutôt que par les seules caractéristiques individuelles

Explication

Dans les Règles de la méthode sociologique, Durkheim recommande de considérer les faits sociaux comme des choses et d’expliquer le social par lui-même. Réduire l’explication aux caractères individuels écarterait précisément les causes sociales qu’il invite à étudier.

4. Une enquête étudie si la fréquence des suicides varie selon l’appartenance religieuse et la situation familiale. Quelle démarche sociologique met-elle en œuvre ?

Une démarche fonctionnelle, qui examine le rôle du phénomène dans le maintien d’une institution
Une démarche causale, qui relie un phénomène à des facteurs susceptibles de l’expliquer
Une démarche actancielle, qui explique le phénomène par les intentions et stratégies des acteurs
Une démarche descriptive, qui relève des occurrences sans les rapporter à d’autres facteurs

Une démarche causale, qui relie un phénomène à des facteurs susceptibles de l’expliquer

Explication

La démarche causale met un phénomène en relation avec des facteurs, comme l’appartenance religieuse ou la situation familiale dans l’étude des suicides. La démarche fonctionnelle porte plutôt sur le rôle du fait dans une société ou une institution.

5. Un sociologue cherche à comprendre le rôle d’une pratique dans le fonctionnement d’une institution, sans examiner les intentions des personnes qui l’accomplissent. Quelle démarche adopte-t-il ?

Une démarche biographique, centrée sur les trajectoires individuelles des participants
Une démarche fonctionnelle, centrée sur le rôle du fait dans la société ou l’institution
Une démarche causale, centrée sur les facteurs associés à l’apparition du fait
Une démarche actancielle, centrée sur les stratégies poursuivies par les acteurs

Une démarche fonctionnelle, centrée sur le rôle du fait dans la société ou l’institution

Explication

La démarche fonctionnelle étudie le rôle d’un fait social dans une société ou une institution. Une analyse actancielle serait davantage centrée sur les intentions et les stratégies des acteurs.

6. Quel est l’objectif de la sociologie lorsqu’elle analyse un phénomène social ?

Déterminer les lois et les interventions politiques que les autorités doivent mettre en place
Expliquer ou comprendre ses causes, son fonctionnement et son sens à l’aide d’une analyse scientifique
Établir des règles de conduite destinées à corriger les comportements jugés indésirables
Remplacer l’analyse des phénomènes par des recommandations fondées sur des préférences personnelles

Expliquer ou comprendre ses causes, son fonctionnement et son sens à l’aide d’une analyse scientifique

Explication

La sociologie cherche à analyser scientifiquement les faits sociaux et à éclairer les causes, le fonctionnement et le sens des phénomènes. Prescrire des lois ou des interventions politiques relève d’une visée normative distincte de cet objectif d’analyse.

7. Pourquoi faut-il situer une tendance sociologique dans un espace et une temporalité donnés ?

Parce que les tendances sociologiques ne peuvent être étudiées qu’à l’échelle d’un individu
Parce qu’une tendance observée dans un lieu et une époque établit une loi valable pour toutes les sociétés
Parce que les tendances dépendent de contextes précis et que la sociologie ne cherche pas nécessairement des lois universelles
Parce que la contextualisation permet d’écarter les facteurs historiques et géographiques de l’analyse

Parce que les tendances dépendent de contextes précis et que la sociologie ne cherche pas nécessairement des lois universelles

Explication

Les tendances sociologiques doivent être replacées dans leur contexte spatial et temporel, car elles ne sont pas nécessairement universelles. Une régularité observée dans un contexte particulier ne suffit donc pas à établir une loi valable partout et toujours.

8. Quelle distinction oppose la sociologie spontanée à la sociologie savante ?

La première étudie les institutions, tandis que la seconde se limite aux expériences individuelles
La première s’appuie sur des enquêtes systématiques, tandis que la seconde reprend les opinions du quotidien
La première repose sur des jugements et explications ordinaires, tandis que la seconde construit une analyse scientifique
La première produit des explications vérifiables, tandis que la seconde formule des impressions personnelles

La première repose sur des jugements et explications ordinaires, tandis que la seconde construit une analyse scientifique

Explication

La sociologie spontanée rassemble les jugements et les explications ordinaires du fonctionnement social, tandis que la sociologie savante repose sur une analyse construite scientifiquement. Une opinion courante ne devient donc pas une analyse savante simplement parce qu’elle porte sur la société.

9. Que désigne une prénotion dans l’analyse sociologique ?

Une norme collective intériorisée au cours de la socialisation et transmise par les groupes d’appartenance
Une évidence ou un préjugé non fondé scientifiquement, issu de l’expérience pratique et mobilisé pour expliquer la réalité
Une catégorie statistique construite pour comparer des phénomènes sociaux dans plusieurs contextes
Une hypothèse élaborée à partir d’observations méthodiques et soumise à une vérification scientifique

Une évidence ou un préjugé non fondé scientifiquement, issu de l’expérience pratique et mobilisé pour expliquer la réalité

Explication

Les prénotions sont des préjugés ou de fausses évidences issus de l’expérience pratique, mais dépourvus de fondement scientifique. Une hypothèse issue d’observations méthodiques et soumise à vérification ne correspond pas à cette définition.

10. Quels sont les trois moments du fait scientifique distingués par Gaston Bachelard dans *La formation de l’esprit scientifique* ?

Il est conquis contre les préjugés, construit par la raison et constaté dans les faits.
Il est défini par la théorie, vérifié par expérience et diffusé par l’enseignement.
Il est observé dans les faits, formulé par intuition et confirmé par consensus.
Il est choisi selon les données, construit par comparaison et validé par répétition.

Il est conquis contre les préjugés, construit par la raison et constaté dans les faits.

Explication

Bachelard décrit le fait scientifique comme conquis contre les préjugés, construit par la raison et constaté dans les faits. L’observation et la confirmation par consensus ne correspondent pas aux trois moments qu’il distingue.

11. Une enquête cherche à recueillir des réponses chiffrées auprès d’un grand nombre de personnes, puis des récits détaillés sur leurs expériences : quelles méthodes correspondent le mieux à ces deux objectifs ?

Le questionnaire pour les données qualitatives, puis l’observation pour les données quantitatives.
L’entretien pour les données quantitatives, puis l’observation pour les données qualitatives.
Le questionnaire pour les données quantitatives, puis l’entretien pour les données qualitatives.
L’observation pour les données quantitatives, puis le questionnaire pour les données qualitatives.

Le questionnaire pour les données quantitatives, puis l’entretien pour les données qualitatives.

Explication

Le questionnaire recueille principalement des données quantitatives, alors que l’entretien permet d’obtenir des données qualitatives. L’observation relève également du qualitatif, et non principalement du quantitatif.

12. Une chercheuse veut comprendre le sens que des personnes donnent à leurs pratiques et reconstruire après coup le déroulement d’une expérience : quel rôle l’entretien peut-il jouer ?

Il sert à classer les personnes selon des catégories fixées avant le recueil de leurs expériences.
Il sert à mesurer la fréquence des pratiques et à produire des estimations représentatives de la population.
Il permet d’analyser le problème et de reconstruire le processus à partir du point de vue des acteurs.
Il permet de remplacer les observations par une vérification expérimentale des comportements déclarés.

Il permet d’analyser le problème et de reconstruire le processus à partir du point de vue des acteurs.

Explication

L’entretien aide à saisir le sens que les acteurs attribuent à leurs pratiques, à analyser un problème et à reconstruire le processus d’une action ou d’un événement. La mesure représentative de fréquences correspond plutôt à une visée quantitative, non à ce rôle de compréhension.

13. Quels sont les trois statuts de l’entretien dans une enquête ?

Préparatoire, comparatif et de validation.
Exploratoire, principal et de contrôle.
Descriptif, explicatif et expérimental.
Individuel, collectif et observationnel.

Exploratoire, principal et de contrôle.

Explication

Les trois statuts de l’entretien sont exploratoire, principal et de contrôle. Les autres séries regroupent des démarches ou des formats qui ne constituent pas ces trois statuts.

14. Au début d’une enquête, l’équipe doit repérer le terrain, préciser sa problématique et établir des contacts : quel usage de l’entretien répond à ces besoins ?

Un entretien exploratoire, qui aide aussi à dégager des thèmes et des questions pertinentes.
Un entretien de représentativité, conçu pour garantir que les cas reproduisent la population.
Un entretien principal, destiné à constituer le matériau central et à éprouver les hypothèses.
Un entretien de contrôle, mené à la fin pour confronter les résultats aux premières analyses.

Un entretien exploratoire, qui aide aussi à dégager des thèmes et des questions pertinentes.

Explication

L’entretien exploratoire sert notamment à repérer le terrain, dégager des thèmes et des questions, préciser la problématique et établir des contacts. L’entretien principal approfondit plutôt les informations et éprouve les hypothèses.

15. Une enquête qualitative met en relation plusieurs cas singuliers jusqu’à ce que les entretiens n’apportent plus d’informations nouvelles : quelle est sa visée ?

Vérifier la fréquence des comportements en appliquant les mêmes questions à chaque personne.
Estimer la distribution des opinions dans la population en constituant un échantillon représentatif.
Comparer des groupes sociaux en imposant à tous les participants les mêmes catégories de réponse.
Comprendre un univers social en atteignant la saturation des informations, plutôt que rechercher la représentativité.

Comprendre un univers social en atteignant la saturation des informations, plutôt que rechercher la représentativité.

Explication

L’entretien cherche à comprendre un univers social à partir de cas singuliers mis en relation, jusqu’à saturation des informations, et ne vise pas la représentativité. Un échantillon représentatif répond à une logique différente, centrée sur l’estimation de la population.

16. Lors d’un entretien, l’enquêteur suit un guide rigide et pose les questions dans un ordre préétabli, ce qui conduit souvent à des réponses brèves : de quelle forme s’agit-il ?

D’un entretien directif, dont le cadre fixe sécurise l’enquêteur mais limite la parole.
D’un entretien semi-directif, où les thèmes sont ouverts et leur ordre peut varier.
D’un entretien de contrôle, qui confronte les résultats aux premières analyses.
D’un entretien libre, où la personne choisit les sujets importants de son vécu.

D’un entretien directif, dont le cadre fixe sécurise l’enquêteur mais limite la parole.

Explication

L’entretien directif repose sur un guide rigide et un ordre préétabli, ce qui peut sécuriser l’enquêteur tout en limitant la longueur des réponses. L’entretien semi-directif permet au contraire de faire varier l’ordre des thèmes.

17. Une enquêtrice utilise des thèmes ouverts, adapte l’ordre de la discussion et ramène l’échange vers son sujet si nécessaire : quelle forme conduit-elle ?

Un entretien directif, qui impose un ordre de questions préétabli et un guide rigide.
Un entretien semi-directif, qui combine souplesse dans l’ordre et possibilité de recentrage.
Un entretien de contrôle, mené en fin d’enquête pour vérifier les hypothèses.
Un entretien libre, où la personne choisit les sujets sans que l’enquêteur recentre l’échange.

Un entretien semi-directif, qui combine souplesse dans l’ordre et possibilité de recentrage.

Explication

L’entretien semi-directif autorise un ordre de discussion variable et permet à l’enquêteur de recentrer l’échange. L’entretien directif suit plutôt un ordre préétabli, tandis que l’entretien libre laisse la personne choisir les sujets importants de son vécu.

18. Pour recueillir le récit de vie d’une personne qui choisit les épisodes importants de son expérience, quelle forme d’entretien convient le mieux ?

L’entretien directif, structuré par un ordre fixe et des réponses généralement brèves.
L’entretien semi-directif, organisé autour de thèmes ouverts et d’un possible recentrage.
L’entretien de contrôle, destiné à confronter les résultats aux premières analyses.
L’entretien libre, conduit comme une conversation ouverte et exigeant une grande expérience.

L’entretien libre, conduit comme une conversation ouverte et exigeant une grande expérience.

Explication

L’entretien libre prend la forme d’une conversation ouverte où la personne choisit les sujets importants de son vécu; il est souvent utilisé pour les récits de vie et demande de l’expérience. Le semi-directif conserve davantage un cadre thématique et la possibilité de recentrer l’échange.

19. Une chercheuse est présente dans un lieu mais observe sans intervenir dans les activités. Comment caractériser son observation selon les deux critères de présence et d’implication ?

Directe et participante
Indirecte et participante
Directe et non participante
Indirecte et non participante

Directe et non participante

Explication

La présence de la chercheuse sur le lieu rend l’observation directe, tandis que son absence d’implication la rend non participante. L’observation participante désigne son degré d’implication, et non sa présence physique sur le terrain.

20. Quelles activités sont combinées dans l’observation de terrain ?

Perception, mémorisation et notation
Questionnement, comparaison et interprétation
Enregistrement, transcription et diffusion
Échantillonnage, classement et synthèse

Perception, mémorisation et notation

Explication

Observer repose sur l’articulation de la perception, de la mémorisation et de la notation. L’enregistrement et la transcription peuvent accompagner une enquête, mais ne constituent pas les trois activités définissant ici l’observation.

21. Une chercheuse étudie un milieu qu’elle connaît bien. Quel travail d’observation doit-elle notamment accomplir ?

Confirmer les habitudes qu’elle avait déjà repérées
Rendre étranges les aspects qui lui semblent évidents
Écarter les pratiques qui lui paraissent ordinaires
Rendre familiers les aspects qui lui sont inconnus

Rendre étranges les aspects qui lui semblent évidents

Explication

Dans un terrain familier, observer consiste à dénaturaliser ce qui paraît évident en le rendant étranger à l’analyse. Familiariser avec l’inconnu correspond plutôt au travail requis sur un terrain étranger.

22. Une enquêtrice ne peut pas prendre de notes pendant une observation. Que doit-elle faire pour en conserver une trace ?

Attendre une nouvelle observation pour rédiger des notes sans effort de mémorisation
Consigner ensuite ses observations dans un carnet de terrain en mobilisant une forte concentration
Remplacer ses souvenirs par les comptes rendus administratifs disponibles sur le terrain
Se limiter à noter les hypothèses avant l’observation et renoncer à consigner les faits

Consigner ensuite ses observations dans un carnet de terrain en mobilisant une forte concentration

Explication

Les observations doivent être consignées dans un carnet de terrain, et une prise de notes a posteriori exige une forte concentration. Les hypothèses peuvent orienter le regard, mais elles ne remplacent pas la trace des observations recueillies.

23. À partir de 1915, quelle démarche Robert E. Park encourage-t-il chez ses étudiants pour étudier la ville ?

Enquêter dans la ville au plus près des populations
Analyser la ville principalement à distance à partir d’archives
Comparer les villes à partir de statistiques sans enquête de terrain
Étudier les institutions urbaines sans rencontrer leurs usagers

Enquêter dans la ville au plus près des populations

Explication

Park encourage ses étudiants à enquêter dans la ville et au plus près des populations plutôt qu’à l’étudier à distance. Une analyse fondée principalement sur les archives ne correspond pas à cette orientation vers le terrain urbain.

24. Quel type de matériau la méthode des documents associée à William Isaac Thomas mobilise-t-elle pour comprendre les expériences du monde social ?

Des statistiques agrégées qui mesurent les caractéristiques des populations
Des observations standardisées qui comparent des comportements en laboratoire
Des formulaires administratifs qui décrivent les procédures institutionnelles
Des archives personnelles qui donnent accès aux expériences vécues

Des archives personnelles qui donnent accès aux expériences vécues

Explication

La méthode de Thomas mobilise des documents personnels pour comprendre comment les individus conçoivent leurs expériences sociales. Les documents administratifs de routine sont plutôt impersonnels et ne donnent pas le même accès aux expériences vécues.

25. Une personne croit qu’une situation est réelle et agit en fonction de cette croyance, avec des effets concrets. Quel principe du théorème de Thomas cette situation illustre-t-elle ?

Une situation produit des effets seulement si elle est institutionnellement validée
Une situation réelle est définie par l’accord de tous les observateurs
Une situation perçue comme réelle reflète nécessairement les faits objectifs
Une situation tenue pour réelle produit des conséquences réelles

Une situation tenue pour réelle produit des conséquences réelles

Explication

Le théorème de Thomas souligne que les situations considérées comme réelles par les personnes deviennent réelles dans leurs conséquences. Il ne suppose pas que tous les observateurs s’accordent sur la situation.

26. Quelle démarche caractérise l’ethnographie lorsqu’elle étudie une population ?

Décrire les institutions sans étudier les échanges entre leurs membres
Mesurer les opinions à distance au moyen de questionnaires standardisés
Créer des situations formelles pour isoler les comportements individuels
S’immerger dans son univers et examiner les interactions quotidiennes

S’immerger dans son univers et examiner les interactions quotidiennes

Explication

L’ethnographie étudie les actions, habitudes, croyances et visions du monde à partir des échanges quotidiens et d’une immersion dans l’univers de la population. Des dispositifs formels peuvent produire des situations artificielles au lieu de saisir ces interactions ordinaires.

27. Dans la démarche proposée par Park en 1915, que signifie mener une enquête « dans la ville » ?

Décrire les quartiers comme des espaces stables, indépendants des interactions
Étudier la ville à distance en privilégiant les statistiques et les plans urbains
Observer sur le terrain les interactions urbaines et l’alternance d’ordre et de chaos
Analyser les institutions urbaines sans s’intéresser aux populations présentes

Observer sur le terrain les interactions urbaines et l’alternance d’ordre et de chaos

Explication

Park conçoit l’enquête dans la ville comme une observation de terrain portant sur la ville, envisagée à travers une alternance d’ordre et de chaos. Une enquête à distance ne désigne pas cette immersion dans les interactions urbaines.

28. Quelle transformation Park opère-t-il en transposant l’ethnographie à la métropole occidentale ?

Il remplace l’étude des interactions urbaines par celle des archives institutionnelles
Il applique à la métropole une méthode initialement conçue pour étudier des sociétés dites exotiques
Il transpose les méthodes urbaines aux sociétés exotiques sans étudier la métropole
Il réserve l’ethnographie aux sociétés traditionnelles et confie la métropole aux statistiques

Il applique à la métropole une méthode initialement conçue pour étudier des sociétés dites exotiques

Explication

Park transpose à la métropole occidentale l’ethnographie, qui avait d’abord été forgée pour étudier des sociétés dites exotiques. Réserver l’ethnographie aux sociétés traditionnelles exclurait précisément cette extension à la ville occidentale.

29. Quel apport caractérise la méthode des documents personnels associée à Thomas dans l’étude de la vie sociale ?

Elle vise à décrire les institutions sans examiner les relations entre acteurs
Elle privilégie les catégories administratives et réduit l’attention aux expériences individuelles
Elle remplace les récits personnels par des mesures comparatives des quartiers
Elle place le point de vue des acteurs au centre et favorise l’étude des interactions

Elle place le point de vue des acteurs au centre et favorise l’étude des interactions

Explication

La méthode de Thomas accorde une place centrale au point de vue des acteurs et contribue au développement des études des interactions. Les catégories administratives impersonnelles ne placent pas de la même manière les expériences des acteurs au cœur de l’analyse.

30. Quelle place le processus de civilisation occupe-t-il dans l’œuvre de Norbert Elias ?

Il en constitue le principe organisateur, exposé en 1939 dans Über den Prozess der Zivilisation.
Il en constitue une étude secondaire, publiée en 1939 dans La Civilisation des mœurs.
Il y désigne une théorie élaborée par Roger Chartier sur les jeux traditionnels.
Il y désigne un concept consacré à l’apparition du hooliganisme dans les années 1960.

Il en constitue le principe organisateur, exposé en 1939 dans Über den Prozess der Zivilisation.

Explication

Elias fait du processus de civilisation le principe organisateur de son œuvre et l’expose en 1939 dans Über den Prozess der Zivilisation. La Civilisation des mœurs est le titre français d’un tome paru plus tard, et non l’ouvrage allemand de 1939.

31. Comment le renforcement de l’État favorise-t-il l’autocontrôle des comportements dans l’analyse d’Elias ?

La multiplication des affrontements privés entretient une contrainte extérieure qui remplace l’autocontrôle des comportements et des pulsions.
Le monopole étatique de la violence légitime favorise l’intériorisation des contraintes, puis l’autocontrôle des comportements et des pulsions.
La diffusion des règles sportives transforme directement les contraintes intériorisées en affrontements guerriers et rituels.
La compétition politique pacifique conduit les individus à rejeter les contraintes et à libérer leurs pulsions.

Le monopole étatique de la violence légitime favorise l’intériorisation des contraintes, puis l’autocontrôle des comportements et des pulsions.

Explication

Pour Elias, le renforcement de l’État et son monopole de la violence légitime contribuent à l’intériorisation des contraintes, qui soutient l’autocontrôle. La contrainte étatique imposée de l’extérieur n’est pas elle-même l’autocontrainte intériorisée par les individus.

32. Que déduit Elias de la disparition de pratiques corporelles crues dans les traités de civilité ?

Qu’elles ont été davantage acceptées dans les mœurs, même si les traités ont cessé de les décrire.
Qu’elles ont été transférées des pratiques corporelles aux affrontements sportifs organisés.
Qu’elles ont progressivement disparu des mœurs, plutôt qu’elles aient été acceptées comme comportements convenables.
Qu’elles ont persisté dans les mœurs parce que les traités ont cessé de les condamner.

Qu’elles ont progressivement disparu des mœurs, plutôt qu’elles aient été acceptées comme comportements convenables.

Explication

Elias interprète l’absence progressive de ces pratiques dans les traités comme un indice de leur recul dans les mœurs. Leur disparition des textes ne signifie donc pas qu’elles ont été acceptées.

33. Quelle différence caractérise les sports modernes par rapport aux jeux traditionnels selon Roger Chartier ?

Ils associent une violence accrue à des règles locales variables et à un jeu directement intégré aux affrontements guerriers ou rituels.
Ils associent une violence réduite et encadrée à des règles écrites uniformes et à un jeu autonomisé des affrontements guerriers ou rituels.
Ils distinguent le jeu des affrontements guerriers ou rituels, mais laissent la violence permise sans encadrement commun.
Ils reposent sur des règles écrites uniformes, mais conservent le jeu comme prolongement des affrontements guerriers ou rituels.

Ils associent une violence réduite et encadrée à des règles écrites uniformes et à un jeu autonomisé des affrontements guerriers ou rituels.

Explication

Chartier distingue les sports modernes par la réduction et l’encadrement de la violence, l’uniformité des règles écrites et l’autonomie du jeu. Des règles uniformes ne suffisent pas à caractériser les jeux traditionnels, auxquels ces critères ne s’appliquent pas nécessairement.

34. Que désigne la sportisation dans l’analyse d’Elias ?

La séparation des sports modernes des loisirs, par le retour aux affrontements guerriers et aux rites collectifs.
La transformation de certains loisirs en sports modernes, avec une distanciation des émotions et un contrôle de la violence.
La transformation de certains sports modernes en loisirs, avec une intensification des émotions et une libération de la violence.
La création de compétitions politiques pacifiques, par la substitution des règles sportives aux règles étatiques.

La transformation de certains loisirs en sports modernes, avec une distanciation des émotions et un contrôle de la violence.

Explication

La sportisation désigne la transformation de certains loisirs en sports modernes, notamment marqués par la distanciation émotionnelle et le contrôle de la violence. Elle ne correspond pas à une intensification de la violence ni à un abandon du cadre sportif.

35. Dans quel contexte le hooliganisme moderne apparaît-il en Angleterre ?

Dans les espaces populaires des campagnes anglaises des années 1960, sur fond de compétition politique, d’abord parmi les groupes établis.
Dans les quartiers aisés londoniens des années 1980, sur fond de baisse du chômage, d’abord parmi les fractions les plus riches de la classe ouvrière.
Dans les stades londoniens des années 1970, sur fond de déclin industriel, d’abord parmi les groupes de supporters issus de l’élite.
Dans les espaces populaires londoniens des années 1960, sur fond de chômage croissant, d’abord parmi les fractions les plus pauvres de la classe ouvrière.

Dans les espaces populaires londoniens des années 1960, sur fond de chômage croissant, d’abord parmi les fractions les plus pauvres de la classe ouvrière.

Explication

Le hooliganisme moderne apparaît dans les espaces populaires londoniens au cours des années 1960, dans un contexte de chômage accru, et touche d’abord les fractions les plus pauvres de la classe ouvrière. Les groupes organisés dans les rues deviennent centraux au début des années 1980, mais cela ne décrit pas son apparition initiale.

36. Quelle évolution caractérise les affrontements hooligans anglais au début des années 1980 ?

Ils quittent les espaces populaires londoniens pour les terrains ruraux, où des groupes de supporters isolés deviennent centraux.
Ils passent des affrontements entre supporters aux compétitions politiques, où les football firms deviennent des partis organisés.
Ils se déplacent des rues vers les gradins, où les groupes organisés appelés football firms perdent leur place centrale.
Ils se déplacent des gradins vers les rues, où les groupes organisés appelés football firms prennent une place centrale.

Ils se déplacent des gradins vers les rues, où les groupes organisés appelés football firms prennent une place centrale.

Explication

Au début des années 1980, les affrontements se déplacent des gradins vers les rues, et les football firms deviennent centrales dans le phénomène anglais. L’évolution ne correspond pas à un retour des affrontements vers les gradins.

37. Comment le sport et l’identification des supporters interviennent-ils différemment dans la violence, selon Éric Dunning ?

Le sport encadre la tension entre contrôle et libération des pulsions agressives, tandis que l’identification aux équipes peut réactiver des différences sociales ou nationales.
Le sport transforme les différences sociales en règles de jeu, tandis que l’identification aux équipes supprime la tension entre contrôle et agressivité.
Le sport réactive des différences sociales ou nationales, tandis que l’identification aux équipes encadre la tension entre contrôle et pulsions agressives.
Le sport libère les pulsions agressives sans les encadrer, tandis que l’identification aux équipes efface les différences sociales ou nationales.

Le sport encadre la tension entre contrôle et libération des pulsions agressives, tandis que l’identification aux équipes peut réactiver des différences sociales ou nationales.

Explication

Dunning distingue le rôle régulateur du sport, qui encadre la tension entre contrôle et libération des pulsions agressives, de celui de l’identification des spectateurs, qui peut réinjecter des différences sociales ou nationales. Attribuer au jeu lui-même la réactivation de ces différences inverse cette distinction.

38. Que décrit la configuration établis-marginaux chez Elias ?

Un groupe ancien et bien implanté intègre un groupe nouvellement installé en valorisant leurs différences respectives.
Un groupe ancien et bien implanté stigmatise un groupe nouvellement installé et le rejette dans une altérité négative.
Un groupe nouvellement installé stigmatise un groupe ancien et bien implanté et le rejette dans une altérité négative.
Deux groupes récemment installés échangent des stigmates sans qu’aucun dispose d’un ancrage local plus ancien.

Un groupe ancien et bien implanté stigmatise un groupe nouvellement installé et le rejette dans une altérité négative.

Explication

Dans cette configuration, l’ancienneté et l’implantation donnent au groupe établi le pouvoir de stigmatiser les nouveaux venus et de les marginaliser. L’inversion des rôles entre anciens et nouveaux installés ne correspond pas à la relation décrite.

39. Quelle différence caractérise l’approche du groupe de Birmingham par rapport à celle d’Elias ?

Birmingham mesure les comportements individuels, tandis qu’Elias privilégie les significations produites entre pairs.
Birmingham identifie des structures sociales, tandis qu’Elias interprète les interactions quotidiennes.
Birmingham étudie les normes juridiques, tandis qu’Elias analyse les cultures populaires marginalisées.
Birmingham interprète les situations et les interactions, tandis qu’Elias cherche à identifier des structures.

Birmingham interprète les situations et les interactions, tandis qu’Elias cherche à identifier des structures.

Explication

Le groupe de Birmingham privilégie l’interprétation des situations et des interactions qui composent l’expérience culturelle, contrairement à Elias, présenté comme attaché à l’identification de structures. L’idée que Birmingham identifie les structures et qu’Elias interprète les interactions inverse précisément cette distinction.

40. En quelle année le Center for Contemporary Cultural Studies a-t-il été fondé à Birmingham ?

En 1964.
En 1938.
En 1970.
En 1957.

En 1964.

Explication

Le Center for Contemporary Cultural Studies (CCCS) a été fondé à Birmingham en 1964. 1957 correspond à la publication de l’ouvrage de Richard Hoggart, et non à la fondation du centre.

41. Que désigne une subculture dans l’analyse des cultures populaires ?

Une production culturelle jugée inférieure, définie par son manque de qualité face à la culture bourgeoise dominante.
Un ensemble de règles juridiques qui encadre les conduites des groupes sociaux en marge de la société.
Un ensemble de pratiques, de techniques et de normes spécifiques, en opposition dialectique à la culture bourgeoise dominante.
Une collection de pratiques individuelles sans normes communes ni rapport avec la culture dominante.

Un ensemble de pratiques, de techniques et de normes spécifiques, en opposition dialectique à la culture bourgeoise dominante.

Explication

La subculture est un sous-ensemble culturel de pratiques, de techniques et de normes spécifiques, défini par son opposition dialectique à la culture bourgeoise dominante. La notion de production culturelle jugée inférieure relève de la confusion avec la sous-production culturelle.

42. Comment Albert Cohen explique-t-il la formation d’une subculture de la délinquance ?

Des individus confrontés à des difficultés d’ajustement social similaires interagissent et répondent culturellement à un statut dévalorisé.
Des groupes transmettent des techniques criminelles principalement par l’enseignement de professionnels déjà reconnus.
Des individus isolés adoptent des conduites délinquantes après avoir rompu leurs liens avec des groupes sociaux proches.
Des individus réagissent à un statut valorisé en rejetant les normes des groupes auxquels ils souhaitent appartenir.

Des individus confrontés à des difficultés d’ajustement social similaires interagissent et répondent culturellement à un statut dévalorisé.

Explication

Pour Cohen, la subculture de la délinquance répond culturellement à un statut social dévalorisé et se forme par l’interaction soutenue d’individus confrontés aux mêmes difficultés d’ajustement social. L’apprentissage auprès de professionnels criminels correspond plutôt à une explication centrée sur la transmission de techniques et de normes dans des réseaux.

43. Selon la théorie des associations différentielles de Sutherland, comment une personne apprend-elle des conduites criminelles ?

Par l’étude des sanctions juridiques qui définissent les comportements interdits.
Par l’intériorisation de structures sociales qui déterminent directement ses conduites.
Par l’interprétation individuelle de significations sans transmission entre personnes.
Au contact de pairs et de réseaux qui transmettent des techniques et des normes.

Au contact de pairs et de réseaux qui transmettent des techniques et des normes.

Explication

Sutherland explique que la criminalité s’apprend au contact de pairs et de réseaux qui transmettent des techniques et des normes. L’intériorisation de structures déterminant directement les conduites ne décrit pas ce mécanisme d’apprentissage social.

44. Un individu change sa façon d’agir après avoir interprété avec ses pairs la signification d’une situation : quelle idée de Blumer cela illustre-t-il ?

Les significations sont produites par les sanctions légales et restent stables au fil des échanges.
Les significations sont fixées avant les interactions et déterminent les conduites de façon indépendante.
Les conduites découlent de techniques criminelles transmises par des réseaux spécialisés.
Les significations émergent des interactions sociales et se modifient par l’interprétation entre pairs.

Les significations émergent des interactions sociales et se modifient par l’interprétation entre pairs.

Explication

Pour l’interactionnisme symbolique de Blumer, les individus agissent selon les significations des choses, qui émergent des interactions et se modifient par l’interprétation entre pairs. L’idée que les significations sont fixées indépendamment des interactions contredit ce rôle central de l’échange social.

45. Comment définir une panique morale ?

Une controverse médiatique autour d’une conduite dont les conséquences restent décrites sans amplification sociale.
Une réaction sociétale amplifiée présentant une conduite ou un groupe comme une menace pour l’ordre social, la sécurité ou les bonnes mœurs.
Une enquête institutionnelle visant à mesurer les effets sociaux d’une conduite sans la présenter comme une menace.
Une mobilisation collective organisée par un groupe marginalisé pour contester les normes sociales dominantes.

Une réaction sociétale amplifiée présentant une conduite ou un groupe comme une menace pour l’ordre social, la sécurité ou les bonnes mœurs.

Explication

Une panique morale amplifie la réaction de la société en présentant une conduite ou un groupe comme menaçant les bonnes mœurs, la sécurité ou l’ordre social. Une simple controverse médiatique ne suffit pas si cette amplification et cette désignation de menace sont absentes.

46. Quelle succession de phénomènes décrit le développement d’une panique morale ?

Une conduite est remarquée, des groupes s’organisent en mouvement politique, puis les institutions abandonnent leur rôle de contrôle.
Des groupes sont désignés comme ennemis publics, les entrepreneurs de morale minimisent la crise, puis la conduite disparaît.
Des entrepreneurs de morale identifient une conduite, les groupes concernés deviennent des porte-parole, puis la crise est dépolitisée.
Une conduite est remarquée, des entrepreneurs de morale amplifient la crise, puis des groupes deviennent des ennemis publics.

Une conduite est remarquée, des entrepreneurs de morale amplifient la crise, puis des groupes deviennent des ennemis publics.

Explication

Le processus associe la remarque d’une conduite, l’amplification de la crise par des entrepreneurs de morale et la désignation de groupes comme boucs émissaires devenus ennemis publics. La proposition qui fait des groupes désignés des porte-parole inverse leur rôle de boucs émissaires.

47. Quelle approche caractérisait le CCCS de Birmingham dans l’étude des situations marginales ?

Une approche historique centrée sur les institutions politiques plutôt que sur les situations vécues.
Une approche statistique comparant les comportements individuels plutôt que les significations collectives.
Une approche structurale visant à identifier les structures plutôt qu’à interpréter les expériences des groupes.
Une approche herméneutique attentive aux expériences des groupes plutôt qu’à l’identification de structures.

Une approche herméneutique attentive aux expériences des groupes plutôt qu’à l’identification de structures.

Explication

Le CCCS privilégiait une approche herméneutique qui interprétait les expériences des groupes dans les situations marginales. L’identification des structures correspond précisément à l’approche opposée évoquée dans cette distinction.

48. Que cherchent à établir les ethnographies réunies dans Resistance Through Rituals au sujet des subcultures juvéniles ?

Des inventaires de comportements qui écartent l’interprétation des significations culturelles.
Des classements de structures sociales qui réduisent les pratiques juvéniles à leur position économique.
Des chronologies politiques qui retracent principalement les partis auxquels les jeunes adhèrent.
Des cartes de significations qui rendent compte de la manière dont les subcultures donnent sens à leurs pratiques.

Des cartes de significations qui rendent compte de la manière dont les subcultures donnent sens à leurs pratiques.

Explication

Les ethnographies de l’ouvrage élaborent des « cartes de significations » des subcultures juvéniles. Un classement des structures sociales ne rend pas compte de cette attention portée aux significations produites par les groupes.

49. Quelle conception de la culture les premières cultural studies défendent-elles ?

La culture possède une relative autonomie face aux rapports de production et peut critiquer la structure sociale.
La culture est entièrement déterminée par les rapports de production et ne peut critiquer la structure sociale.
La culture reproduit la structure sociale sans disposer d’une autonomie relative face aux rapports de production.
La culture se limite aux productions artistiques et reste extérieure aux rapports de production et aux structures sociales.

La culture possède une relative autonomie face aux rapports de production et peut critiquer la structure sociale.

Explication

Les premières cultural studies accordent à la culture une relative indépendance par rapport aux rapports de production et la considèrent capable de critiquer la structure sociale. La réduire à un effet entièrement déterminé par les rapports de production contredit cette autonomie relative.

50. Une subculture exprime sa résistance dans des styles, des pratiques quotidiennes et des rituels, sans lancer de campagne politique explicite. Comment qualifier ce conflit ?

Un conflit subculturel, puisque la résistance peut s’exprimer dans les pratiques et les ritualisations quotidiennes.
Une opposition institutionnelle, puisque des rituels quotidiens supposent une contestation portée par des organisations.
Une absence de conflit, puisque seule une revendication politique formulée publiquement peut exprimer une résistance.
Un mouvement social explicite, puisque toute résistance quotidienne constitue une campagne politique organisée.

Un conflit subculturel, puisque la résistance peut s’exprimer dans les pratiques et les ritualisations quotidiennes.

Explication

Le conflit subculturel désigne une résistance vécue dans les pratiques quotidiennes et les ritualisations, sans devoir prendre la forme d’un mouvement social explicite. Une campagne politique organisée est donc une interprétation trop restrictive de la résistance décrite.

51. Comment expliquer l’émergence des sports modernes ?

Ils résultent principalement de traditions rurales anciennes, auxquelles la modernité occidentale a ajouté des règles écrites.
Ils apparaissent avec les loisirs bourgeois du XIXe siècle, sans lien notable avec l’industrialisation occidentale.
Ils constituent un phénomène récent lié à la modernité occidentale et à l’industrialisation, plutôt qu’un héritage sportif millénaire de la Grèce antique.
Ils constituent un héritage sportif millénaire transmis par la Grèce antique, puis adapté aux sociétés industrielles occidentales.

Ils constituent un phénomène récent lié à la modernité occidentale et à l’industrialisation, plutôt qu’un héritage sportif millénaire de la Grèce antique.

Explication

Les sports modernes sont présentés comme un phénomène social récent lié à la modernité occidentale et à l’industrialisation. L’idée qu’ils seraient simplement l’héritage millénaire des pratiques de la Grèce antique constitue la confusion à éviter.

52. Quel repère chronologique distingue le développement des sports modernes en Angleterre et leur apparition en France ?

Ils apparaissent en Angleterre au XIXe siècle et en France au début du XVIIIe siècle.
Ils se développent dans les deux pays dès le XVIIe siècle, puis se diffusent ailleurs autour de 1870.
Ils se développent en Angleterre à partir du XVIIIe siècle et apparaissent en France autour de 1870.
Ils apparaissent en Angleterre autour de 1870 et se développent en France à partir du XVIIIe siècle.

Ils se développent en Angleterre à partir du XVIIIe siècle et apparaissent en France autour de 1870.

Explication

Le développement des sports modernes commence en Angleterre à partir du XVIIIe siècle, tandis que leur apparition en France se situe autour de 1870. Inverser ces repères chronologiques attribue à chaque pays la période de l’autre.

53. Dans les loisirs sportifs bourgeois du XIXe siècle, quelle valeur primait sur la performance ?

L’entraînement intensif et le classement comptaient davantage que les règles de courtoisie.
Le résultat et la performance comptaient davantage que le style et le fair-play.
La spécialisation technique et le rendement comptaient davantage que l’élégance du jeu.
Le style et le fair-play comptaient davantage que la recherche de la performance.

Le style et le fair-play comptaient davantage que la recherche de la performance.

Explication

Les loisirs sportifs bourgeois du XIXe siècle accordaient davantage d’importance au style et au fair-play qu’à la performance. Une logique centrée sur le résultat inverse cette hiérarchie des valeurs.

54. Que désigne la notion de « techniques du corps » chez Marcel Mauss ?

Les gestes sportifs spécialisés transmis par des entraîneurs pour améliorer les performances en compétition.
Les règles médicales qui déterminent les mouvements corporels adaptés à chaque tâche quotidienne.
Les manières apprises socialement d’utiliser son corps pour accomplir des tâches quotidiennes.
Les capacités physiques naturelles qui permettent au corps d’accomplir des tâches sans apprentissage social.

Les manières apprises socialement d’utiliser son corps pour accomplir des tâches quotidiennes.

Explication

Les techniques du corps sont des manières socialement apprises d’utiliser le corps pour les tâches de la vie quotidienne. Les réduire à des capacités naturelles écarte précisément la dimension sociale de leur apprentissage.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 91 flashcards sur Civilisation, sport et marginalité.

Selon Émile Durkheim, qu’est-ce qu’un fait social ?

Une manière de penser, d’être, de se mouvoir ou d’agir en société, susceptible d’exercer une contrainte extérieure sur les individus.

Qu’est-ce que la socialisation permet à un individu d’intérioriser ?

Les normes et les valeurs d’une culture.

Quelle influence contribue notamment à la socialisation d’un individu ?

Celle des groupes auxquels il appartient durablement.

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