Fiche de révision : Dérivation, développements et séries

Plan du Cours

  1. Ensembles et relations d’ordre
  2. Calculs et structure des réels
  3. Topologie et droite achevée
  4. Suites numériques et convergence
  5. Suites adjacentes et valeurs d’adhérence
  6. Suites de Cauchy et récurrences
  7. Fonctions réelles et limites
  8. Continuité des fonctions
  9. Dérivabilité et propriétés
  10. Théorèmes fondamentaux de dérivation
  11. Convexité et inégalités
  12. Fonctions circulaires et hyperboliques réciproques
  13. Comparaisons et développements limités
  14. Convergence des séries numériques
  15. Intégrabilité au sens de Riemann
  16. Propriétés et sommes de Riemann
  17. Méthodes de calcul des primitives
  18. Intégrales généralisées et convergence

1. Ensembles et relations d’ordre

Notions clés & Définitions

  • Inclusion : A est inclus dans B, noté A ⊂ B, si tout élément de A appartient à B.
  • Relation d’ordre : Une relation binaire R sur E est une relation d’ordre si elle est réflexive, antisymétrique et transitive.
  • Proposition : Énoncé auquel on peut attribuer une valeur de vérité, vraie ou fausse.
  • Ensemble : Un ensemble est une collection d’objets appelés ses éléments, et l’ensemble qui ne contient aucun élément est l’ensemble vide, noté ∅.
  • Réunion : Ensemble des éléments qui appartiennent à A ou à B.
  • Intersection : Ensemble des éléments qui appartiennent à A et à B.
  • Ordre total : Une relation d’ordre R sur E est totale si, pour tous x et y de E, xRy ou yRx.

★ À maîtriser

  • Pour démontrer une implication par contraposée, on démontre que la négation de la conclusion implique la négation de l’hypothèse.

  • Pour démontrer une équivalence P ⇔ Q, on établit l’implication P ⇒ Q et sa réciproque Q ⇒ P.

  • Une démonstration par récurrence comporte l’initialisation de P(n₀), l’hérédité de P(n) à P(n+1), puis la conclusion que P(n) est vraie pour tout n ≥ n₀.

Compléments

  • Pour démontrer P par l’absurde, on suppose P fausse et on en déduit une contradiction.

2. Calculs et structure des réels

Notions clés & Définitions

  • Maximum : Élément de A tel que tout x ∈ A vérifie x ≤ x₀.
  • Majorant : Un élément M est un majorant de A si tout x ∈ A vérifie x ≤ M ; A est majoré si elle admet au moins un majorant.
  • Borne supérieure : La borne supérieure de A est le plus petit de ses majorants et se note sup(A) ; elle n’appartient pas nécessairement à A.
  • Borne inférieure : La borne inférieure de A est le plus grand de ses minorants et se note inf(A) ; elle n’appartient pas nécessairement à A.

★ À maîtriser

  • Toute partie non vide et majorée de R admet une borne supérieure, et toute partie non vide et minorée de R admet une borne inférieure.

📐 Formule - Pour tous réels x et y, l’inégalité triangulaire donne ∣x+y∣≤∣x∣+∣y∣|x+y| \le |x|+|y| et l’inégalité triangulaire inverse donne ∣∣x∣−∣y∣∣≤∣x−y∣\bigl||x|-|y|\bigr| \le |x-y|.

📐 Formule - Pour a ≥ 0, ∣x∣≤a  ⟺  −a≤x≤a|x| \le a \iff -a \le x \le a.

📐 Formule - Pour tous réels x₁,…,xₙ et y₁,…,yₙ, l’inégalité de Cauchy-Schwarz s’écrit (∑i=1nxiyi)2≤(∑i=1nxi2)(∑i=1nyi2)\left(\sum_{i=1}^{n}x_i y_i\right)^2 \le \left(\sum_{i=1}^{n}x_i^2\right)\left(\sum_{i=1}^{n}y_i^2\right).

📐 Formule - Pour tout réel a, il existe un unique entier p tel que p≤a<p+1p \le a < p+1 ; cet entier est la partie entière E(a).

  • Pour tout réel a > 0 et tout réel b, il existe un entier n ≥ 1 tel que na > b ; c’est la propriété archimédienne de R.

  • Q est dense dans R : tout intervalle ouvert non vide de R contient un nombre rationnel.

Compléments

  • Toute partie non vide de N admet un plus petit élément, et toute partie non vide et majorée de N admet un plus grand élément.

📐 Formule - Pour tous réels x et y, ∣xy∣=∣x∣∣y∣|xy|=|x||y| et, si y ≠ 0, ∣xy∣=∣x∣∣y∣\left|\frac{x}{y}\right|=\frac{|x|}{|y|}.

3. Topologie et droite achevée

Notions clés & Définitions

  • Point adhérent : Un réel a est adhérent à E si tout intervalle ouvert contenant a rencontre E ; l’ensemble de ces points est l’adhérence de E, notée Ē.
  • Point d’accumulation : Un réel a est un point d’accumulation de E si tout intervalle ouvert contenant a contient un élément de E différent de a.
  • Ensemble fermé : Ensemble égal à son adhérence.
  • Droite numérique achevée : La droite numérique achevée est R̄ = R ∪ {−∞,+∞}, ordonnée de façon que −∞ < x < +∞ pour tout x ∈ R.

★ À maîtriser

  • Toute partie bornée de R qui contient une infinité d’éléments possède au moins un point d’accumulation, selon le théorème de Bolzano-Weierstrass.

Compléments

  • L’adhérence de Q est R.

  • Toute famille décroissante de segments fermés non vides de R, c’est-à-dire telle que Sₙ ⊃ Sₙ₊₁, possède un réel commun à tous ses segments.

📌 Dans R̄, les opérations sur les réels ne sont que partiellement étendues : les expressions (+∞)+(−∞), 0×(+∞) et 0×(−∞) ne sont pas définies.

  • Toute partie non vide de la droite numérique achevée R̄ admet une borne supérieure et une borne inférieure.

Astuce mémo

Des intervalles emboîtés donnent un point commun.

4. Suites numériques et convergence

Notions clés & Définitions

  • Suite numérique : Une suite numérique est une application de N dans K, où K vaut R ou C, et son terme de rang n se note uₙ.
  • Suite convergente : Une suite (uₙ) converge vers ℓ si, pour tout ε > 0, il existe N tel que n ≥ N implique |uₙ − ℓ| ≤ ε.
  • Suite bornée : Une suite réelle est bornée si elle est à la fois majorée et minorée ; une suite complexe est bornée si la suite de ses modules est bornée.
  • Suite monotone : Une suite réelle est croissante si uₙ ≤ uₙ₊₁ pour tout n, décroissante si uₙ₊₁ ≤ uₙ pour tout n, et monotone si elle est croissante ou décroissante.
  • Suite extraite : Une suite (vₙ) est extraite de (uₙ) s’il existe une application strictement croissante φ de N dans N telle que vₙ = uφ(n).
  • Suite tendant vers +∞ : Une suite réelle tend vers +∞ si, pour tout A ≥ 0, il existe N tel que n ≥ N implique uₙ ≥ A.

Points essentiels

  • La limite d’une suite convergente est unique.

  • Toute suite numérique convergente est bornée, mais la réciproque est fausse, comme le montre la suite ((−1)ⁿ).

📌 Toute suite réelle croissante et majorée converge, et toute suite réelle décroissante et minorée converge.

Astuce mémo

Convergence ⇒ bornitude, mais bornitude ⇏ convergence.

5. Suites adjacentes et valeurs d’adhérence

Notions clés & Définitions

  • Suites adjacentes : Deux suites réelles (un)(u_n) et (vn)(v_n) sont adjacentes si (un)(u_n) est croissante, (vn)(v_n) est décroissante, un≤vnu_n\leq v_n pour tout n≥0n\geq0 et vn−unv_n-u_n tend vers 0.
  • Valeur d’adhérence : Une valeur d’adhérence d’une suite numérique est la limite d’une sous-suite de cette suite.

Points essentiels

  • Deux suites adjacentes convergent vers une même limite.

  • Toute sous-suite d’une suite convergeant vers ℓ\ell converge également vers ℓ\ell.

📌 Si les sous-suites (u2n)(u_{2n}) et (u2n+1)(u_{2n+1}) convergent vers une même limite ℓ\ell, alors (un)(u_n) converge vers ℓ\ell.

📌 Si, à partir d’un certain rang, un≤vn≤wnu_n\leq v_n\leq w_n et si (un)(u_n) et (wn)(w_n) convergent vers ℓ\ell, alors (vn)(v_n) converge vers ℓ\ell.

  • Toute suite réelle bornée possède une sous-suite convergente, selon le théorème de Bolzano-Weierstrass.

6. Suites de Cauchy et récurrences

Notions clés & Définitions

  • Suite de Cauchy : Une suite (un)(u_n) est de Cauchy si, pour tout ε>0\varepsilon>0, il existe NN tel que ∣un−um∣≤ε|u_n-u_m|\leq\varepsilon dès que n,m≥Nn,m\geq N.
  • Récurrence linéaire : Une suite est récurrente linéaire d’ordre pp si, pour n≥pn\geq p, elle vérifie un=a1un−1+a2un−2+⋯+apun−pu_n=a_1u_{n-1}+a_2u_{n-2}+\cdots+a_pu_{n-p}, où les coefficients sont fixés.
  • Équation caractéristique : Pour une récurrence linéaire d’ordre pp, l’équation caractéristique est rp−a1rp−1−⋯−ap−1r−ap=0r^p-a_1r^{p-1}-\cdots-a_{p-1}r-a_p=0.
  • Suite homographique : Une suite homographique est définie par un terme initial et la relation un=aun−1+bcun−1+d=f(un−1)u_n=\frac{au_{n-1}+b}{cu_{n-1}+d}=f(u_{n-1}), où f(x)=ax+bcx+df(x)=\frac{ax+b}{cx+d}.

★ À maîtriser

📌 Une suite réelle converge si et seulement si elle est de Cauchy.

Compléments

  • La suite définie par un=1n2u_n=\frac{1}{n^2} pour n≥1n\geq1 est une suite de Cauchy.

  • Toute suite de Cauchy est bornée.

  • Une suite vérifiant un=aun−1u_n=au_{n-1} est géométrique de raison aa et satisfait un=u0anu_n=u_0a^n.

  • Une suite vérifiant un=un−1+ru_n=u_{n-1}+r est arithmétique de raison rr et satisfait un=u0+nru_n=u_0+nr.

📌 Si les racines distinctes de l’équation caractéristique ont des multiplicités mim_i, la solution générale est une somme de termes Pi(n)rinP_i(n)r_i^n, où chaque polynôme PiP_i est de degré au plus mi−1m_i-1.

📌 Les points fixes de f(x)=ax+bcx+df(x)=\frac{ax+b}{cx+d} vérifient l’équation caractéristique cr2+(d−a)r−b=0cr^2+(d-a)r-b=0.

  • Pour une suite homographique de points fixes α\alpha et β\beta, si α=β\alpha=\beta, la suite vn=1un−αv_n=\frac{1}{u_n-\alpha} est arithmétique.

  • Pour une suite homographique de points fixes distincts α\alpha et β\beta, la suite wn=un−αun−βw_n=\frac{u_n-\alpha}{u_n-\beta} est géométrique.

7. Fonctions réelles et limites

Notions clés & Définitions

  • Fonction réelle : Une fonction réelle d’une variable réelle est une application d’un domaine D⊆RD\subseteq\mathbb R dans R\mathbb R qui associe à chaque x∈Dx\in D une unique valeur f(x)f(x).
  • Fonction bornée : Une fonction est bornée en aa si elle est définie sur un voisinage épointé de aa et si sa valeur absolue y est majorée; elle est bornée sur DD si elle est à la fois majorée et minorée sur DD.
  • Graphe : Le graphe d’une fonction ff de domaine DD est l’ensemble {(x,f(x))∣x∈D}\{(x,f(x))\mid x\in D\}.
  • Maximum global : Une fonction ff admet un maximum global en α\alpha si f(x)≤f(α)f(x)\leq f(\alpha) pour tout xx de son domaine.
  • Maximum local : Une fonction ff admet un maximum local en α\alpha s’il existe un intervalle ouvert contenant α\alpha dans lequel f(x)≤f(α)f(x)\leq f(\alpha).
  • Fonction lipschitzienne : Une fonction est kk-lipschitzienne, avec k>0k>0, si ∣f(x)−f(y)∣≤k∣x−y∣|f(x)-f(y)|\leq k|x-y| pour tous x,yx,y de son domaine.
  • Voisinage : Un ensemble VV est un voisinage de xx s’il contient un intervalle ouvert centré en xx; il est un voisinage de +∞+\infty ou de −∞-\infty s’il contient respectivement une demi-droite ]A,+∞[]A,+\infty[ ou ]−∞,A[]-\infty,A[.
  • Limite à gauche : La limite de f(x)f(x) à gauche en x0x_0 vaut ℓ\ell si, pour tout ε>0\varepsilon>0, il existe α>0\alpha>0 tel que ∣f(x)−ℓ∣<ε|f(x)-\ell|<\varepsilon lorsque −α<x−x0<0-\alpha<x-x_0<0.
  • Limite à droite : La limite de f(x)f(x) à droite en x0x_0 vaut ℓ\ell si, pour tout ε>0\varepsilon>0, il existe α>0\alpha>0 tel que ∣f(x)−ℓ∣<ε|f(x)-\ell|<\varepsilon lorsque 0<x−x0<α0<x-x_0<\alpha.

★ À maîtriser

  • Une fonction admet une limite finie ℓ\ell en x0x_0 si et seulement si elle admet la même limite à gauche et à droite en x0x_0.

  • Si f(x)≤g(x)≤h(x)f(x)\leq g(x)\leq h(x) au voisinage épointé de aa et si ff et hh tendent vers la même limite ℓ\ell, alors gg tend vers ℓ\ell.

  • La limite de f(x)f(x) en aa vaut ℓ\ell si et seulement si, pour toute suite (xn)(x_n) du domaine privée de aa qui tend vers aa, la suite (f(xn))(f(x_n)) tend vers ℓ\ell.

Compléments

  • La fonction f(x)=1/xf(x)=1/x est bornée sur [a,+∞[[a,+\infty[ si a>0a>0, mais elle n’est pas bornée sur ]0,+∞[]0,+\infty[.

  • La fonction f(x)=cos⁡(1/x)f(x)=\cos(1/x) n’a pas de limite en $0$, car xn=1/(2nπ)x_n=1/(2n\pi) et yn=1/((2n+1)π)y_n=1/((2n+1)\pi) tendent vers $0$ tandis que f(xn)=1f(x_n)=1 et f(yn)=−1f(y_n)=-1.

📌 Une fonction définie au voisinage épointé de aa admet une limite finie en aa si et seulement si, pour tout ε>0\varepsilon>0, il existe r>0r>0 tel que ∣f(x1)−f(x2)∣<ε|f(x_1)-f(x_2)|<\varepsilon pour tous x1,x2∈]a−r,a+r[∖{a}x_1,x_2\in]a-r,a+r[\setminus\{a\}.

📌 Si f(x)→ℓf(x)\to\ell lorsque x→ax\to a, si g(y)→ℓ′g(y)\to\ell' lorsque y→ℓy\to\ell, et si f(x)≠ℓf(x)\neq\ell pour x≠ax\neq a, alors g(f(x))→ℓ′g(f(x))\to\ell' lorsque x→ax\to a.

8. Continuité des fonctions

Notions clés & Définitions

  • Continuité en un point : Une fonction ff est continue en aa si, pour tout ε>0\varepsilon>0, il existe δ>0\delta>0 tel que ∣f(x)−f(a)∣<ε|f(x)-f(a)|<\varepsilon lorsque xx appartient à son domaine et ∣x−a∣<δ|x-a|<\delta.
  • Continuité uniforme : Une fonction est uniformément continue sur AA si, pour tout ε>0\varepsilon>0, il existe r>0r>0 tel que ∣f(x1)−f(x2)∣<ε|f(x_1)-f(x_2)|<\varepsilon pour tous x1,x2∈Ax_1,x_2\in A tels que ∣x1−x2∣<r|x_1-x_2|<r.
  • Prolongement par continuité : Une fonction continue sur I∖{x0}I\setminus\{x_0\} est prolongeable par continuité sur II si elle admet une limite finie ℓ\ell en x0x_0; le prolongement est défini en posant g(x0)=ℓg(x_0)=\ell et g(x)=f(x)g(x)=f(x) ailleurs.
  • Continuité sur un intervalle : Une fonction est continue sur un intervalle si elle est continue à l’intérieur, continue à droite à sa borne gauche lorsqu’elle y est définie, et continue à gauche à sa borne droite lorsqu’elle y est définie.

★ À maîtriser

📌 La somme, le produit et le multiple scalaire de fonctions continues en aa sont continus en aa; le quotient f/gf/g l’est aussi si g(a)≠0g(a)\neq0.

  • Toute fonction continue sur un segment [a,b][a,b] est bornée et y atteint son maximum et son minimum.

📌 Si ff est continue sur [a,b][a,b], toute valeur γ\gamma comprise entre f(a)f(a) et f(b)f(b) est prise en un point de [a,b][a,b].

📌 Toute fonction continue sur un segment [a,b][a,b] est uniformément continue sur ce segment.

Compléments

  • La composée g∘fg\circ f est continue en aa si ff est continue en aa, si gg est continue en f(a)f(a) et si l’image de ff est incluse dans le domaine de gg.

  • Une fonction est continue en x0x_0 si et seulement si, pour toute suite (xn)(x_n) qui tend vers x0x_0, la suite (f(xn))(f(x_n)) tend vers f(x0)f(x_0).

  • Si ff est continue sur [a,b][a,b] et si f(a)f(b)<0f(a)f(b)<0, alors il existe c∈]a,b[c\in]a,b[ tel que f(c)=0f(c)=0.

  • L’image d’un intervalle par une fonction continue est un intervalle.

📌 Une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle est une bijection de cet intervalle sur son image.

9. Dérivabilité et propriétés

Notions clés & Définitions

  • Différentiabilité : Une fonction ff est différentiable en x0x_0 s’il existe un réel AA et une fonction Θ\Theta tendant vers $0$ en x0x_0 tels que f(x)=f(x0)+(x−x0)(A+Θ(x))f(x)=f(x_0)+(x-x_0)(A+\Theta(x)).
  • Dérivée en un point : La dérivée de ff en x0x_0 est la limite finie f′(x0)=lim⁡x→x0f(x)−f(x0)x−x0f'(x_0)=\lim_{x\to x_0}\frac{f(x)-f(x_0)}{x-x_0}, si cette limite existe.

★ À maîtriser

  • Toute fonction dérivable en x0x_0 est continue en x0x_0.

📌 Si une fonction dérivable admet un maximum ou un minimum local en x0x_0, alors f′(x0)=0f'(x_0)=0.

📌 Si une fonction dérivable est croissante sur un intervalle ouvert, alors sa dérivée y est positive ou nulle; si elle est décroissante, sa dérivée y est négative ou nulle.

📐 Formule - Si ff est dérivable en x0x_0 et gg en y0=f(x0)y_0=f(x_0), alors (g∘f)′(x0)=g′(y0)f′(x0).(g\circ f)'(x_0)=g'(y_0)f'(x_0).

📐 Formule - Si ff est bijective, dérivable en x0x_0 et si f′(x0)≠0f'(x_0)\neq0, alors (f−1)′(y0)=1f′(x0),y0=f(x0).(f^{-1})'(y_0)=\frac{1}{f'(x_0)},\qquad y_0=f(x_0).

Compléments

  • Une fonction est dérivable en x0x_0 si et seulement si elle y est différentiable, et le coefficient AA de la différentiabilité vaut alors f′(x0)f'(x_0).

10. Théorèmes fondamentaux de dérivation

★ À maîtriser

  • Si f est bijective, dérivable en x₀ et si f′(x₀) ≠ 0, alors sa réciproque est dérivable en y₀ = f(x₀) et (f−1)′(y0)=1f′(x0)(f^{-1})'(y_0)=\frac{1}{f'(x_0)}.

📌 Si f est continue sur [a,b], dérivable sur ]a,b[ et vérifie f(a) = f(b), alors il existe c ∈ ]a,b[ tel que f′(c) = 0.

📐 Formule - Si f est continue sur [a,b] et dérivable sur ]a,b[, alors il existe c ∈ ]a,b[ tel que f(b)−f(a)b−a=f′(c)\frac{f(b)-f(a)}{b-a}=f'(c).

📌 Si f est continue sur [a,b], dérivable sur ]a,b[ et f′ > 0 sur ]a,b[, alors f est strictement croissante sur [a,b].

📐 Formule - Si f et g sont dérivables dans un voisinage de x₀ et si lim⁡x→x0f′(x)g′(x)=ℓ\lim_{x\to x_0}\frac{f'(x)}{g'(x)}=\ell, alors lim⁡x→x0f(x)−f(x0)g(x)−g(x0)=ℓ\lim_{x\to x_0}\frac{f(x)-f(x_0)}{g(x)-g(x_0)}=\ell.

Compléments

📐 Formule - Si f et g sont continues sur [a,b], dérivables sur ]a,b[ et si g′ ne s’annule pas sur ]a,b[, alors il existe c ∈ ]a,b[ tel que f(b)−f(a)g(b)−g(a)=f′(c)g′(c)\frac{f(b)-f(a)}{g(b)-g(a)}=\frac{f'(c)}{g'(c)}.

  • Si f est continue sur [a,b], dérivable sur ]a,b[ et vérifie |f′(x)| ≤ M pour tout x ∈ ]a,b[, avec M > 0, alors |f(y) − f(x)| ≤ M|y − x| pour tous x ≠ y dans ]a,b[.

  • Si f et g sont continues sur [a,b], dérivables sur ]a,b[, s’annulent en x₀, et si f′ et g′ sont continues en x₀ avec g′(x₀) ≠ 0, alors lim⁡x→x0f(x)g(x)=f′(x0)g′(x0)\lim_{x\to x_0}\frac{f(x)}{g(x)}=\frac{f'(x_0)}{g'(x_0)}.

  • Si f et g sont continues sur [a,b], dérivables sur ]a,b[, s’annulent en x₀ et si lim⁡x→x0f′(x)g′(x)\lim_{x\to x_0}\frac{f'(x)}{g'(x)} existe, alors lim⁡x→x0f(x)g(x)=lim⁡x→x0f′(x)g′(x)\lim_{x\to x_0}\frac{f(x)}{g(x)}=\lim_{x\to x_0}\frac{f'(x)}{g'(x)}.

11. Convexité et inégalités

Notions clés & Définitions

  • Dérivée d’ordre n : La dérivée d’ordre n de f est la fonction f(n)=(f(n−1))′f^{(n)}=(f^{(n-1)})', avec f(0)=ff^{(0)}=f.
  • Classe Cⁿ : Une fonction est de classe Cⁿ si elle est n fois dérivable et si sa dérivée d’ordre n est continue.
  • Fonction convexe : Une fonction f définie sur un intervalle I est convexe si, pour tous x₁,x₂ ∈ I et t ∈ [0,1], f(tx1+(1−t)x2)≤tf(x1)+(1−t)f(x2)f(tx_1+(1-t)x_2)\leq tf(x_1)+(1-t)f(x_2).
  • Fonction concave : Une fonction f est concave sur I si −f est convexe sur I, c’est-à-dire si f(tx+(1−t)y)≥tf(x)+(1−t)f(y)f(tx+(1-t)y)\geq tf(x)+(1-t)f(y) pour x,y ∈ I et t ∈ [0,1].
  • Fonction n fois dérivable : Une fonction est n fois dérivable si sa dérivée d’ordre n existe.
  • Classe C∞ : Une fonction est de classe C∞ si elle est de classe Cⁿ pour tout entier naturel n.

★ À maîtriser

📐 Formule - Pour deux fonctions n fois dérivables, la formule de Leibniz donne (fg)(n)=∑k=0n(nk)f(k)g(n−k)(fg)^{(n)}=\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}f^{(k)}g^{(n-k)}.

📐 Formule - Pour une fonction convexe f et des réels x₁,…,xₙ ∈ I et λ₁,…,λₙ positifs de somme 1, l’inégalité de Jensen est f(∑i=1nλixi)≤∑i=1nλif(xi)f\left(\sum_{i=1}^{n}\lambda_i x_i\right)\leq\sum_{i=1}^{n}\lambda_i f(x_i).

📌 Une fonction dérivable est convexe sur I si et seulement si sa dérivée est croissante sur I.

📌 Une fonction deux fois dérivable est convexe sur I si et seulement si f′′ ≥ 0 sur I.

Compléments

  • La fonction définie par f(x) = x² est convexe sur ℝ.

Astuce mémo

Une dérivée croissante entraîne la convexité

12. Fonctions circulaires et hyperboliques réciproques

Notions clés & Définitions

  • Arcsinus : La fonction arcsin est la réciproque de la restriction de sinus à [−π/2, π/2] et va de [−1,1] vers [−π/2, π/2].
  • Arccosinus : La fonction arccos est la réciproque de la restriction de cosinus à [0,π] et va de [−1,1] vers [0,π].
  • Arctangente : La fonction arctan est la réciproque de la restriction de tangente à ]−π/2, π/2[ et va de ℝ vers ]−π/2, π/2[.
  • Sinus hyperbolique : Le sinus hyperbolique est défini sur ℝ par sinh⁡(x)=ex−e−x2\sinh(x)=\frac{e^x-e^{-x}}{2} et sa dérivée est cosh(x) > 0.
  • Cosinus hyperbolique : Le cosinus hyperbolique est défini sur ℝ par cosh⁡(x)=ex+e−x2\cosh(x)=\frac{e^x+e^{-x}}{2} et sa dérivée est sinh(x).
  • Tangente hyperbolique : La tangente hyperbolique est définie sur ℝ par tanh⁡(x)=sinh⁡(x)cosh⁡(x)\tanh(x)=\frac{\sinh(x)}{\cosh(x)} et sa dérivée est strictement positive.

★ À maîtriser

📐 Formule - Pour x ∈ ]−1,1[, (arcsin⁡)′(x)=11−x2(\arcsin)'(x)=\frac{1}{\sqrt{1-x^2}}.

📐 Formule - Pour x ∈ ]−1,1[, (arccos⁡)′(x)=−11−x2(\arccos)'(x)=-\frac{1}{\sqrt{1-x^2}}.

📐 Formule - Pour tout x ∈ ℝ, (arctan⁡)′(x)=11+x2(\arctan)'(x)=\frac{1}{1+x^2}.

📐 Formule - Pour x ∈ ]−1,1[, (\argth)′(x)=11−x2(\argth)'(x)=\frac{1}{1-x^2} et \argth(x)=12ln⁡(1+x1−x)\argth(x)=\frac12\ln\left(\frac{1+x}{1-x}\right).

Compléments

  • Pour x ∈ [−1,1], sin(arcsin x) = x et cos(arccos x) = x ; pour x ∈ ℝ, tan(arctan x) = x.

📐 Formule - Pour x ∈ [−1,1], arcsin⁡(x)+arccos⁡(x)=π2\arcsin(x)+\arccos(x)=\frac{\pi}{2}.

📐 Formule - Pour tout x ∈ ℝ, (\argsh)′(x)=11+x2(\argsh)'(x)=\frac{1}{\sqrt{1+x^2}}.

📐 Formule - Pour x ∈ ]1,+∞[, (\argch)′(x)=1x2−1(\argch)'(x)=\frac{1}{\sqrt{x^2-1}}.

  • La fonction tanh est une bijection de ℝ vers ]−1,1[, et sa réciproque argth est dérivable sur ]−1,1[.

📐 Formule - Pour x ∈ ℝ, \argsh(x)=ln⁡(x+x2+1)\argsh(x)=\ln\left(x+\sqrt{x^2+1}\right), et pour x ≥ 1, \argch(x)=ln⁡(x+x2−1)\argch(x)=\ln\left(x+\sqrt{x^2-1}\right).

13. Comparaisons et développements limités

Notions clés & Définitions

  • Domination : f est dominée par g au voisinage de a s’il existe M > 0 tel que |f(x)| ≤ M|g(x)| dans un voisinage de a.
  • Négligeabilité : f est négligeable devant g au voisinage de a s’il existe ε telle que f(x)=ε(x)g(x) et ε(x) tende vers 0 en a ; on note f =ₐ o(g).
  • Équivalence : f est équivalente à g au voisinage de a si f−g =ₐ o(g), ce qui, lorsque g ne s’annule pas près de a, équivaut à lim⁡x→af(x)g(x)=1\lim_{x\to a}\frac{f(x)}{g(x)}=1.
  • Développement limité : f admet un développement limité d’ordre n en 0 si, au voisinage de 0, f(x)=a0+a1x+⋯+anxn+o(xn)f(x)=a_0+a_1x+\cdots+a_nx^n+o(x^n), où les aᵢ sont réels.
  • DL en un point : Un développement limité de f au voisinage de x₀ s’obtient en développant F(t)=f(x₀+t) au voisinage de 0, puis en remplaçant t par x−x₀.
  • DL à l’infini : Un développement limité de f à l’infini s’obtient en développant F(t)=f(1/t) au voisinage de 0.

★ À maîtriser

📌 Une fonction admet un développement limité d’ordre 0 en 0 si et seulement si elle est continue en 0, et elle admet un développement limité d’ordre 1 en 0 si et seulement si elle est dérivable en 0.

📐 Formule - Si f est de classe Cⁿ, la formule de Taylor-Young donne au voisinage de x₀ f(x)=∑k=0nf(k)(x0)k!(x−x0)k+o((x−x0)n)f(x)=\sum_{k=0}^{n}\frac{f^{(k)}(x_0)}{k!}(x-x_0)^k+o((x-x_0)^n).

Compléments

  • Au voisinage de 0, ex−1 ∼ x, sin x ∼ x, tan x ∼ x, sinh x ∼ x et ln(1+x) ∼ x.

  • Le développement limité d’une fonction en un point est unique.

  • Si f′ admet un développement limité d’ordre n−1 en 0, on obtient celui de f en intégrant la partie régulière et en ajoutant la constante f(0).

📐 Formule - Au voisinage de 0, ex=1+x+x22!+⋯+xnn!+o(xn)e^x=1+x+\frac{x^2}{2!}+\cdots+\frac{x^n}{n!}+o(x^n) et ln⁡(1+x)=x−x22+x33+⋯+(−1)n−1xnn+o(xn)\ln(1+x)=x-\frac{x^2}{2}+\frac{x^3}{3}+\cdots+(-1)^{n-1}\frac{x^n}{n}+o(x^n).

  • Pour la somme et le multiple scalaire de deux développements limités d’ordre n, les parties régulières s’ajoutent et se multiplient respectivement par le scalaire.

  • Pour obtenir le produit de deux développements limités d’ordre n, on tronque le produit de leurs parties régulières aux degrés inférieurs ou égaux à n.

  • Si le dénominateur d’un quotient de développements limités ne s’annule pas en 0, sa partie régulière s’obtient par division suivant les puissances croissantes.

  • Pour développer f∘u à l’ordre n en 0, on compose les parties régulières puis on tronque le résultat à l’ordre n, lorsque u tend vers 0 et que f et u admettent des développements limités à cet ordre.

14. Convergence des séries numériques

Notions clés & Définitions

  • Série numérique : Une série numérique de terme général uₙ est définie par ses sommes partielles sn=u0+u1+⋯+uns_n=u_0+u_1+\cdots+u_n.
  • Série convergente : Une série est convergente si la suite de ses sommes partielles converge ; la limite est la somme de la série.
  • Convergence absolue : Une série réelle ∑Uₙ est absolument convergente si la série ∑|Uₙ| converge.

Points essentiels

  • Si une série converge, son terme général tend vers 0 ; la réciproque est fausse, comme le montrent les séries de termes ln(1+1/n) et 1/n.

  • Une série à termes positifs à partir d’un rang converge si et seulement si la suite de ses sommes partielles est majorée.

  • Si 0 ≤ uₙ ≤ vₙ à partir d’un rang et si ∑vₙ converge, alors ∑uₙ converge.

  • Pour deux séries à termes positifs, si uₙ/vₙ tend vers une limite strictement positive et finie, alors les deux séries sont de même nature.

  • Deux séries à termes positifs dont les termes généraux sont équivalents à l’infini sont de même nature.

  • La série de Riemann ∑n≥11nα\sum_{n\geq1}\frac{1}{n^\alpha} converge si et seulement si α > 1.

  • Toute série absolument convergente est convergente, mais la réciproque est fausse.

  • Si lim⁡n→+∞∣Un+1Un∣=ℓ\lim_{n\to+\infty}\left|\frac{U_{n+1}}{U_n}\right|=\ell avec ℓ < 1, alors la série ∑Uₙ converge.

  • Si lim⁡n→+∞∣Un+1Un∣=ℓ\lim_{n\to+\infty}\left|\frac{U_{n+1}}{U_n}\right|=\ell avec ℓ > 1, alors la série ∑Uₙ diverge.

  • Pour une série dont le rapport vérifie lim⁡n→∞∣Un+1Un∣=ℓ\lim_{n\to\infty}\left|\frac{U_{n+1}}{U_n}\right|=\ell, le critère de D’Alembert garantit la convergence si ℓ<1\ell<1 et la divergence si ℓ>1\ell>1 ; il ne conclut pas si ℓ=1\ell=1.

  • Pour une série telle que lim⁡n→∞∣Un∣1/n=ℓ\lim_{n\to\infty}|U_n|^{1/n}=\ell, le critère de Cauchy garantit la convergence si ℓ<1\ell<1 et la divergence si ℓ>1\ell>1.

  • Si les sommes partielles de αn\alpha_n sont uniformément bornées, si Un→0U_n\to0 et si ∑n≥0∣Un+1−Un∣\sum_{n\ge0}|U_{n+1}-U_n| converge, alors la série ∑n≥0αnUn\sum_{n\ge0}\alpha_nU_n converge selon le critère d’Abel.

  • Si les sommes partielles de αn\alpha_n sont uniformément bornées et si UnU_n décroît vers 0, alors la série ∑n≥0αnUn\sum_{n\ge0}\alpha_nU_n converge selon le théorème de Dirichlet.

Astuce mémo

La convergence absolue implique la convergence, mais la réciproque échoue

15. Intégrabilité au sens de Riemann

Notions clés & Définitions

  • Fonction en escalier : Une fonction sur [a,b][a,b] est en escalier s’il existe une subdivision sur laquelle elle est constante sur chaque intervalle ouvert entre deux points consécutifs.
  • Sommes de Darboux : Les sommes de Darboux inférieure et supérieure d’une fonction bornée sur une subdivision pondèrent chaque largeur d’intervalle par l’infimum et le supremum de la fonction sur cet intervalle.
  • Intégrabilité de Riemann : Une fonction bornée est intégrable au sens de Riemann si la borne supérieure de ses sommes de Darboux inférieures égale la borne inférieure de ses sommes de Darboux supérieures.
  • Subdivision : Une subdivision de [a,b][a,b] est une suite finie strictement croissante a0=a<a1<⋯<an=ba_0=a<a_1<\cdots<a_n=b.

★ À maîtriser

📐 Formule - Si une fonction en escalier vaut λi\lambda_i sur chaque intervalle ]ai−1,ai[]a_{i-1},a_i[, son intégrale est I(f)=∑i=1nλi(ai−ai−1)I(f)=\sum_{i=1}^{n}\lambda_i(a_i-a_{i-1}).

📌 Une fonction bornée est intégrable au sens de Riemann si et seulement si, pour tout ε>0\varepsilon>0, il existe une subdivision dont l’écart entre les sommes de Darboux supérieure et inférieure est inférieur ou égal à ε\varepsilon.

Compléments

  • L’intégrale d’une fonction en escalier ne dépend pas de la subdivision adaptée choisie.

  • Toute fonction monotone sur un segment est intégrable au sens de Riemann.

  • Toute fonction continue sur un segment est intégrable au sens de Riemann.

16. Propriétés et sommes de Riemann

★ À maîtriser

📐 Formule - Pour une fonction continue et une subdivision régulière de [a,b][a,b], les sommes b−an∑i=1nf(xi)\frac{b-a}{n}\sum_{i=1}^{n}f(x_i) tendent vers ∫abf(x) dx\int_a^b f(x)\,dx lorsque ai−1≤xi≤aia_{i-1}\le x_i\le a_i.

📌 Si f≤gf\le g et si les deux fonctions en escalier sont intégrables, alors I(f)≤I(g)I(f)\le I(g) ; en particulier, une fonction intégrable positive a une intégrale positive ou nulle.

📐 Formule - Pour une fonction intégrable sur [a,b][a,b] et a≤c≤ba\le c\le b, la relation de Chasles donne ∫abf(x) dx=∫acf(x) dx+∫cbf(x) dx\int_a^b f(x)\,dx=\int_a^c f(x)\,dx+\int_c^b f(x)\,dx.

📐 Formule - Pour deux fonctions intégrables sur [a,b][a,b], ∫ab(f+g)(x) dx=∫abf(x) dx+∫abg(x) dx\int_a^b(f+g)(x)\,dx=\int_a^b f(x)\,dx+\int_a^b g(x)\,dx.

📐 Formule - Pour une fonction bornée et intégrable sur [a,b][a,b], ∣∫abf(x) dx∣≤∫ab∣f(x)∣ dx\left|\int_a^b f(x)\,dx\right|\le\int_a^b|f(x)|\,dx.

Compléments

  • La limite de ∑k=1n1n+k\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{n+k} vaut ln⁡2\ln 2, car cette somme est une somme de Riemann de la fonction f(x)=11+xf(x)=\frac{1}{1+x} sur [0,1][0{,}1].

📌 Pour une fonction intégrable, l’intégrale sur un intervalle est la limite commune des encadrements par des fonctions en escalier inférieure et supérieure dont l’écart d’intégrales tend vers 0.

📐 Formule - Pour une fonction intégrable sur [a,b][a,b], on a ∫aaf(x) dx=0\int_a^a f(x)\,dx=0 et ∫abf(x) dx=−∫baf(x) dx\int_a^b f(x)\,dx=-\int_b^a f(x)\,dx.

📐 Formule - Pour deux fonctions bornées et intégrables sur [a,b][a,b], (∫abf(x)g(x) dx)2≤(∫abf2(x) dx)(∫abg2(x) dx)\left(\int_a^b f(x)g(x)\,dx\right)^2\le\left(\int_a^b f^2(x)\,dx\right)\left(\int_a^b g^2(x)\,dx\right).

17. Méthodes de calcul des primitives

Notions clés & Définitions

  • Primitive : Une fonction FF est une primitive de ff si sa dérivée est égale à ff sur l’intervalle considéré, avec les dérivées unilatérales correspondantes aux bornes incluses.
  • Fraction rationnelle : Une fraction rationnelle est un quotient F(x)=A(x)B(x)F(x)=\frac{A(x)}{B(x)} de polynômes, et son degré est deg⁡F=deg⁡A−deg⁡B\deg F=\deg A-\deg B.

★ À maîtriser

  • Sur un intervalle, deux primitives d’une même fonction diffèrent d’une constante : si FF est une primitive, toute autre primitive s’écrit F+cF+c.

📌 Si ff est continue et cc appartient à son intervalle de définition, la fonction F(x)=∫cxf(t) dtF(x)=\int_c^x f(t)\,dt est une primitive de ff.

📐 Formule - Si FF est une primitive de ff sur un intervalle contenant uu et vv, alors ∫uvf(t) dt=F(v)−F(u)\int_u^v f(t)\,dt=F(v)-F(u).

📐 Formule - Pour φ\varphi de classe C1C^1 sur [a,b][a,b] et ff continue sur son image, le changement de variable donne ∫abf(φ(t))φ′(t) dt=∫φ(a)φ(b)f(x) dx\int_a^b f(\varphi(t))\varphi'(t)\,dt=\int_{\varphi(a)}^{\varphi(b)}f(x)\,dx.

📐 Formule - Pour deux fonctions uu et vv de classe C1C^1 sur [a,b][a,b], l’intégration par parties donne ∫abu′(x)v(x) dx=[u(x)v(x)]ab−∫abu(x)v′(x) dx\int_a^b u'(x)v(x)\,dx=[u(x)v(x)]_a^b-\int_a^b u(x)v'(x)\,dx.

📌 Les éléments simples de première espèce sont de la forme λ(x−a)p\frac{\lambda}{(x-a)^p}, tandis que ceux de deuxième espèce sont de la forme dx+e(x2+bx+c)q\frac{dx+e}{(x^2+bx+c)^q} avec b2−4c<0b^2-4c<0.

Compléments

📌 Une fraction rationnelle se décompose de manière unique en sa partie entière et en éléments simples associés aux facteurs linéaires et quadratiques irréductibles de son dénominateur.

  • Si une fraction rationnelle est de degré strictement négatif, sa partie entière dans la décomposition en éléments simples est le polynôme nul.

  • Pour intégrer une fraction contenant sin⁡x\sin x et cos⁡x\cos x, le changement t=tan⁡(x/2)t=\tan(x/2) permet de les exprimer comme des fractions rationnelles en tt.

  • Pour une expression en exe^x, sinh⁡x\sinh x, cosh⁡x\cosh x ou tanh⁡x\tanh x, le changement t=ext=e^x permet d’obtenir une fraction rationnelle en tt.

  • Pour une intégrale abélienne faisant intervenir t2+1\sqrt{t^2+1}, on pose t=sinh⁡ut=\sinh u ; pour t2−1\sqrt{t^2-1}, on pose t=±cosh⁡ut=\pm\cosh u avec u>0u>0 ; pour 1−t2\sqrt{1-t^2}, on pose t=sin⁡ut=\sin u ou t=cos⁡ut=\cos u.

18. Intégrales généralisées et convergence

Notions clés & Définitions

  • Intégrale généralisée : Une intégrale généralisée est une intégrale sur un intervalle dont une borne est exclue ou infinie, définie par la limite d’intégrales sur des intervalles tronqués.
  • Convergence absolue : Une intégrale généralisée de ff est absolument convergente si l’intégrale généralisée de ∣f∣|f| converge.

★ À maîtriser

  • Une intégrale généralisée sur un intervalle ouvert converge si les deux intégrales généralisées obtenues en la scindant en un point intérieur convergent.

  • Pour une fonction positive et localement intégrable sur [a,b[[a,b[, l’intégrale converge si et seulement si les intégrales partielles ∫axf(t) dt\int_a^x f(t)\,dt sont majorées indépendamment de xx.

  • Si f≥0f\ge0 décroît vers 0 sur [a,+∞[[a,+\infty[, si gg est localement intégrable et si les intégrales partielles de gg sont uniformément bornées, alors ∫a+∞f(t)g(t) dt\int_a^{+\infty}f(t)g(t)\,dt converge selon la règle d’Abel.

  • L’intégrale de Bertrand ∫a+∞dxxα(ln⁡x)β\int_a^{+\infty}\frac{dx}{x^\alpha(\ln x)^\beta}, pour a>1a>1, converge si et seulement si α>1\alpha>1 ou si α=1\alpha=1 et β>1\beta>1.

  • L’intégrale de Riemann ∫a+∞dxxα\int_a^{+\infty}\frac{dx}{x^\alpha} converge si et seulement si α>1\alpha>1, tandis que ∫0adxxα\int_0^a\frac{dx}{x^\alpha} converge si et seulement si α<1\alpha<1.

  • Toute intégrale généralisée absolument convergente est convergente.

Compléments

  • Une intégrale généralisée sur [a,b[[a,b[ converge si et seulement si, pour tout ε>0\varepsilon>0, il existe c<bc<b tel que ∣∫x1x2f(t) dt∣≤ε\left|\int_{x_1}^{x_2}f(t)\,dt\right|\le\varepsilon pour tous x1,x2∈[c,b[x_1,x_2\in[c,b[.

  • Une fonction continue et bornée sur un intervalle ouvert borné a une intégrale généralisée convergente sur cet intervalle.

  • Si deux intégrales généralisées convergent, l’intégrale de leur somme converge et l’intégrale d’un multiple réel se calcule par linéarité.

  • Si ff et gg sont continues et non bornées près d’une borne impropre, si f/gf/g tend vers une limite réelle et si l’intégrale de gg converge, alors l’intégrale de ff converge.

  • Si ff est continue sur [a,+∞[[a,+\infty[ et si xαf(x)x^\alpha f(x) tend vers une limite réelle pour un α>1\alpha>1, alors ∫a+∞f(t) dt\int_a^{+\infty}f(t)\,dt converge.

  • Si ff est continue sur [a,+∞[[a,+\infty[ et si xαf(x)x^\alpha f(x) tend vers une limite non nulle pour un α≤1\alpha\le1, alors ∫a+∞f(t) dt\int_a^{+\infty}f(t)\,dt diverge.

Astuce mémo

À l’infini, contrôler les queues ; près d’une borne finie, contrôler le voisinage singulier.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Dérivation, développements et séries avec 69 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Pour prouver par contraposée que P implique Q, quelle implication doit-on établir ?

2. Pour démontrer que deux propositions P et Q sont équivalentes, quelle démarche faut-il suivre ?

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Révisez avec les flashcards

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Comment démontre-t-on une implication par contraposée ?

On démontre que la négation de la conclusion implique la négation de l’hypothèse.

Quelles implications établit-on pour démontrer P⇔QP \Leftrightarrow Q ?

On établit P⇒QP \Rightarrow Q et Q⇒PQ \Rightarrow P.

Quelles sont les étapes d’une démonstration par récurrence ?

L’initialisation, l’hérédité, puis la conclusion que P(n)P(n) est vraie pour tout n≥n0n \geq n_0.

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