Fiche de révision : Ensembles, applications et structures

Plan du Cours

  1. Connecteurs logiques et équivalences
  2. Quantificateurs et axiomes
  3. Méthodes de démonstration
  4. Divisibilité et nombres premiers
  5. Congruences et calcul modulo n
  6. Définir et représenter les ensembles
  7. Applications et bijections
  8. Cardinal et dénombrabilité
  9. Nombres complexes et représentations
  10. Racines et calculs complexes
  11. Transformations du plan complexe
  12. Groupes et sous-groupes
  13. Morphismes de groupes et noyaux
  14. Groupes modulo n
  15. Permutations et transpositions
  16. Anneaux, corps et espaces vectoriels
  17. Matrices et inversion
  18. Applications des matrices

1. Connecteurs logiques et équivalences

Notions clés & Définitions

  • Proposition logique : Énoncé mathématique auquel on peut attribuer une valeur de vérité, vraie ou fausse.
  • Implication : L’implication P⇒QP\Rightarrow Q est la proposition ¬P∨Q\neg P\lor Q ; elle est fausse uniquement lorsque P est vraie et Q est fausse.
  • Conjonction : La conjonction P∧QP\land Q est vraie si et seulement si P et Q sont toutes deux vraies.
  • Disjonction : La disjonction P∨QP\lor Q est vraie si au moins l’une des propositions P et Q est vraie.
  • Équivalence logique : L’équivalence P⇔QP\Leftrightarrow Q est la conjonction des implications P⇒QP\Rightarrow Q et Q⇒PQ\Rightarrow P.

★ À maîtriser

📌 La réciproque de P⇒QP\Rightarrow Q est Q⇒PQ\Rightarrow P, et sa valeur de vérité est en général indépendante de celle de l’implication initiale.

📌 La contraposée de P⇒QP\Rightarrow Q est ¬Q⇒¬P\neg Q\Rightarrow\neg P et possède la même valeur de vérité que l’implication initiale.

Compléments

  • Le modus ponens affirme que [P∧(P⇒Q)]⇒Q[P\land(P\Rightarrow Q)]\Rightarrow Q est une tautologie.

  • La transitivité de l’implication affirme que [(P⇒Q)∧(Q⇒R)]⇒(P⇒R)[(P\Rightarrow Q)\land(Q\Rightarrow R)]\Rightarrow(P\Rightarrow R) est une tautologie.

📌 Les lois de De Morgan donnent ¬(P∨Q)≡(¬P∧¬Q)\neg(P\lor Q)\equiv(\neg P\land\neg Q) et ¬(P∧Q)≡(¬P∨¬Q)\neg(P\land Q)\equiv(\neg P\lor\neg Q).

📌 La négation d’une implication vérifie ¬(P⇒Q)≡(P∧¬Q)\neg(P\Rightarrow Q)\equiv(P\land\neg Q).

Astuce mémo

La contraposée inverse les deux termes et les nie ; la réciproque les échange seulement.

2. Quantificateurs et axiomes

Notions clés & Définitions

  • Axiome : Proposition logique à laquelle on attribue la valeur de vérité vraie.
  • Théorème : Proposition logique dont la valeur de vérité vraie a été déduite des axiomes.
  • Prédicat : Proposition logique dépendant d’une ou plusieurs variables.

★ À maîtriser

  • Le quantificateur ∀\forall signifie « pour tout », ∃\exists signifie « il existe » et ∃!\exists! signifie « il existe un unique ».

📌 L’ordre de quantificateurs successifs ∀\forall et ∃\exists est important, tandis que deux quantificateurs successifs de même type peuvent être intervertis.

Compléments

📌 Les négations des quantificateurs vérifient ¬(∀x,P(x))≡∃x,¬P(x)\neg(\forall x,P(x))\equiv\exists x,\neg P(x) et ¬(∃x,P(x))≡∀x,¬P(x)\neg(\exists x,P(x))\equiv\forall x,\neg P(x).

  • La définition axiomatique de N\mathbb N pose que N\mathbb N est non vide, que tout entier n a un successeur s(n), que deux entiers de même successeur sont égaux, qu’un entier 0 n’est le successeur d’aucun entier et que toute partie contenant 0 et stable par successeur est égale à N\mathbb N.

  • Toute partie non vide de N\mathbb N possède un plus petit élément.

3. Méthodes de démonstration

Notions clés & Définitions

  • Raisonnement direct : Raisonnement qui part des hypothèses et enchaîne des implications jusqu’au résultat recherché.

★ À maîtriser

  • Pour démontrer une proposition universelle ∀x,P(x)\forall x,P(x), on choisit un x quelconque, on démontre P(x), puis on conclut que la propriété vaut pour tout x.

  • Pour démontrer une existence ∃x,P(x)\exists x,P(x), on peut déterminer un candidat puis vérifier qu’il satisfait P(x) ; pour démontrer une existence unique, on établit aussi que deux solutions quelconques sont égales.

  • Un raisonnement par l’absurde suppose fausse la proposition à démontrer, en déduit une contradiction, puis conclut que la proposition est vraie.

  • Une récurrence démontre l’initialisation P(0)P(0) et l’hérédité ∀n∈N,P(n)⇒P(n+1)\forall n\in\mathbb N, P(n)\Rightarrow P(n+1) avant de conclure que P(n) est vraie pour tout n.

Compléments

  • Pour démontrer une équivalence P⇔QP\Leftrightarrow Q, on démontre séparément P⇒QP\Rightarrow Q et Q⇒PQ\Rightarrow P.

  • Un raisonnement par contraposée démontre ¬Q⇒¬P\neg Q\Rightarrow\neg P pour établir P⇒QP\Rightarrow Q.

  • Une disjonction de cas démontre une propriété séparément dans chaque cas couvrant l’ensemble des possibilités.

  • Une démonstration mathématique doit être rédigée en français et relier les assertions par des connecteurs logiques tels que « donc », « or », « si » et « alors ».

4. Divisibilité et nombres premiers

Notions clés & Définitions

  • Divisibilité : Pour des entiers d et n, d divise n s’il existe un entier k tel que n = dk.
  • Nombre premier : Un nombre premier est un entier naturel ayant exactement deux diviseurs positifs : 1 et lui-même ; 1 n’est pas premier.
  • Division euclidienne : Pour des entiers a et b avec b≠0b\ne0, il existe un unique couple (q,r)∈Z×N (q,r)\in\mathbb Z\times\mathbb N tel que a=qb+ra=qb+r et 0≤r<∣b∣0\le r<|b|.
  • Entiers premiers entre eux : Deux entiers qui n’ont aucun diviseur commun autre que 1 et −1.
  • PGCD : Plus grand entier naturel qui divise à la fois deux entiers.

★ À maîtriser

📌 Le théorème de Bézout affirme que si a et b sont premiers entre eux, il existe des entiers u et v tels que au+bv=1au+bv=1.

📌 Le lemme d’Euclide affirme que si un nombre premier p divise le produit ab, alors p divise a ou p divise b.

  • Tout entier naturel non nul se décompose de manière unique, à l’ordre des facteurs près, en produit de nombres premiers.

Compléments

  • Tout entier divise 0, et 0 ne divise aucun entier non nul.

📌 La divisibilité est transitive : si d∣ad\mid a et a∣ba\mid b, alors d∣bd\mid b.

  • Deux entiers sont premiers entre eux si et seulement si leur PGCD vaut 1.

📌 Le lemme de Gauss affirme que si α et β sont premiers entre eux et si α divise βγ, alors α divise γ.

  • L’ensemble des nombres premiers est infini.

5. Congruences et calcul modulo n

Notions clés & Définitions

  • Congruence modulo n : Pour un entier non nul n, deux entiers a et b sont congrus modulo n, noté a≡b(modn)a\equiv b\pmod n, si n divise a − b.
  • Classe de congruence : La classe de congruence de a modulo n est l’ensemble aˉ={a+kn∣k∈Z}\bar a=\{a+kn\mid k\in\mathbb Z\} des entiers congrus à a modulo n.
  • Ensemble quotient : L’ensemble Z/nZ\mathbb Z/n\mathbb Z des classes modulo n est constitué des classes 0ˉ,1ˉ,…,n−1‾\bar0,\bar1,\ldots,\overline{n-1}.

Points essentiels

  • La congruence modulo n est réflexive, symétrique et transitive, donc c’est une relation d’équivalence.

  • Deux entiers congrus modulo n définissent la même classe de congruence.

  • L’addition et la multiplication des classes modulo n sont définies à partir des représentants par aˉ+bˉ=a+b‾\bar a+\bar b=\overline{a+b} et aˉ×bˉ=ab‾\bar a\times\bar b=\overline{ab} ; ces opérations ne dépendent pas du choix des représentants.

📌 Dans Z/nZ\mathbb Z/n\mathbb Z, une classe non nulle n’est pas nécessairement inversible et un produit nul n’implique pas qu’un facteur soit nul.

  • Dans Z/14Z\mathbb Z/14\mathbb Z, la classe de 6 n’a pas d’inverse, car aucune des 14 classes ne vérifie 6ˉxˉ=1ˉ\bar6\bar x=\bar1.

  • Le calcul des puissances modulo 14 montre que 36≡1(mod14)3^6\equiv1\pmod{14} et que 31234≡11(mod14)3^{1234}\equiv11\pmod{14}.

Astuce mémo

Les entiers se rangent en classes périodiques, séparées d’un multiple de n.

6. Définir et représenter les ensembles

Notions clés & Définitions

  • Ensemble : Collection d’objets appelés éléments, sans ordre et dans laquelle chaque élément ne peut apparaître qu’une fois.
  • Ensemble des parties : L’ensemble de tous les sous-ensembles de E.
  • Union : L’ensemble des éléments qui appartiennent à A ou à B.
  • Intersection : L’ensemble des éléments qui appartiennent à la fois à A et à B.
  • Produit cartésien : L’ensemble des couples (x, y) tels que x ∈ E et y ∈ F.
  • Ensemble vide : L’ensemble vide, noté ∅\varnothing, ne contient aucun élément.
  • Ensembles disjoints : Deux ensembles qui n’ont aucun élément en commun, ce qui équivaut à A ∩ B = ∅.

★ À maîtriser

  • Les ensembles usuels sont N\mathbb N pour les entiers naturels, Z\mathbb Z pour les entiers relatifs, Q\mathbb Q pour les rationnels, R\mathbb R pour les réels et C\mathbb C pour les complexes.

📌 Deux ensembles A et B sont égaux si et seulement si tout élément appartient à A exactement lorsque cet élément appartient à B.

📌 Pour démontrer A ⊂ B, on prend un élément arbitraire x de A et on établit que x appartient à B.

  • Pour démontrer A = B par double inclusion, on établit séparément A ⊂ B et B ⊂ A.

Compléments

  • La notation a∈Ea\in E signifie que a est un élément de E.

📌 Un ensemble peut être défini explicitement par la liste de ses éléments ou implicitement par une propriété que ses éléments vérifient.

  • Une définition paramétrique décrit un ensemble comme l’ensemble des éléments obtenus en faisant varier un ou plusieurs paramètres.

  • Pour tout ensemble A, l’ensemble vide est inclus dans A, et les inclusions usuelles sont ℕ ⊂ ℤ ⊂ ℚ ⊂ ℝ ⊂ ℂ.

  • Si E = {a, b, c}, alors 𝒫(E) = {∅, {a}, {b}, {c}, {a, b}, {a, c}, {b, c}, {a, b, c}} et contient huit éléments.

Astuce mémo

Disjoints : aucun élément commun ; différents : pas les mêmes éléments.

7. Applications et bijections

Notions clés & Définitions

  • Application : Une application f de E vers F est une partie Γ de E × F telle que chaque x ∈ E soit associé à un unique y ∈ F.
  • Image d’un ensemble : Pour A ⊂ E, son image par f est f(A) = {f(x) | x ∈ A}, et l’image de f est f(E).
  • Image réciproque : Pour B ⊂ F, l’image réciproque de B par f est f⁻¹(B) = {x ∈ E | f(x) ∈ B}.
  • Composition : Pour f : E → F et g : F → G, la composée g ◦ f : E → G est définie par (g ◦ f)(x) = g(f(x)).
  • Injection : Une application f est injective si f(x) = f(x′) implique x = x′ pour tous x, x′ ∈ E.
  • Surjection : Une application f : E → F est surjective si tout y ∈ F possède au moins un antécédent dans E.
  • Bijection : Une application f : E → F est bijective si tout élément de F possède exactement un antécédent dans E.
  • Application identité : L’application identité de E, notée idE, associe à chaque x ∈ E l’élément x.
  • Fonction indicatrice : Pour une partie A de E, la fonction indicatrice 1A : E → ℝ vaut 1 si x ∈ A et 0 si x ∉ A.
  • Antécédent : Un antécédent de y ∈ F par f est un élément x ∈ E tel que f(x) = y.
  • Restriction : La restriction de f à A ⊂ E est l’application f|A : A → F qui associe f(x) à chaque x ∈ A.
  • Prolongement : Une application f prolonge g : A → F si la restriction de f à A est égale à g.
  • Bijection réciproque : La bijection réciproque f⁻¹ d’une bijection f : E → F associe à chaque élément de F son unique antécédent et vérifie f⁻¹ ◦ f = idE et f ◦ f⁻¹ = idF.

Points essentiels

  • Dans une application f : E → F, E est l’ensemble de départ, F l’ensemble d’arrivée, Γ le graphe, et y = f(x) est l’image de x.

📌 Deux applications sont égales si elles ont le même ensemble de départ, le même ensemble d’arrivée et les mêmes valeurs en tout élément de leur domaine.

  • La composition des applications est associative : (h ◦ g) ◦ f = h ◦ (g ◦ f).

8. Cardinal et dénombrabilité

Notions clés & Définitions

  • Cardinal fini : Un ensemble non vide E est de cardinal fini n ∈ ℕ* s’il existe une bijection de {1, …, n} vers E ; l’ensemble vide a pour cardinal 0.
  • Ensemble dénombrable : Un ensemble E est dénombrable s’il existe une bijection de ℕ vers E.
  • Ensemble infini : Un ensemble est infini s’il n’est pas de cardinal fini.

★ À maîtriser

📌 Deux ensembles finis ont le même cardinal si et seulement s’il existe une bijection entre eux.

📐 Formule - Pour des ensembles finis E et F de cardinaux n et m, Card⁡(P(E))=2n\operatorname{Card}(\mathcal{P}(E))=2^n, Card⁡(E×F)=nm\operatorname{Card}(E\times F)=nm, Card⁡(FE)=mn\operatorname{Card}(F^E)=m^n et Card⁡(Bij⁡(E))=n!\operatorname{Card}(\operatorname{Bij}(E))=n!.

Compléments

  • Les exemples cités sont : ℕ, ℤ et ℚ, qui sont dénombrables, l’ensemble des nombres pairs, qui est dénombrable, l’ensemble des nombres premiers, qui est dénombrable, ℝ, qui n’est pas dénombrable

  • Il existe une bijection entre ℘(ℕ) et ℝ, ainsi qu’entre ℝ² et ℝ.

Astuce mémo

Dénombrable comme ℕ : ℚ ; non dénombrable comme ℝ : ℂ.

9. Nombres complexes et représentations

Notions clés & Définitions

  • Conjugué complexe : Le conjugué de z = x + iy est z̄ = x − iy.
  • Écriture polaire : Tout complexe non nul s’écrit z = r e^{iθ}, où r > 0 est son module et θ est un argument défini modulo 2π.
  • Corps des nombres complexes : Le corps des nombres complexes ℂ est l’ensemble ℝ² muni des opérations d’addition et de multiplication définies par (x, y) + (x′, y′) = (x + x′, y + y′) et (x, y)(x′, y′) = (xx′ − yy′, xy′ + x′y).
  • Cercle unité complexe : L’ensemble U = {z ∈ ℂ | |z| = 1} est le cercle unité et s’écrit aussi {e^{iθ} | θ ∈ ℝ}.

★ À maîtriser

  • En posant i = (0, 1) et en identifiant x ∈ ℝ à (x, 0), on obtient i² = −1 et tout complexe s’écrit x + iy.

📐 Formule - Si z = x + iy = r e^{iθ}, alors x=rcos⁡(θ)x=r\cos(\theta), y=rsin⁡(θ)y=r\sin(\theta) et ∣z∣=x2+y2|z|=\sqrt{x^2+y^2}.

Compléments

  • Dans l’écriture algébrique z = x + iy, x est la partie réelle et y la partie imaginaire de z.

  • Pour z = x + iy, on a z z̄ = x² + y² ∈ ℝ₊, z + z̄ = 2 Re(z) et z − z̄ = 2i Im(z).

📐 Formule - Pour x + iy ≠ 0, 1x+iy=x−iyx2+y2\frac{1}{x+iy}=\frac{x-iy}{x^2+y^2}.

  • Le module de 0 vaut 0, mais 0 n’a pas d’argument.

  • Pour z₁, z₂ ∈ ℂ, |z₁z₂| = |z₁||z₂|, |z₁ + z₂| ≤ |z₁| + |z₂| et arg(z₁z₂) = arg(z₁) + arg(z₂) modulo 2π.

Astuce mémo

Dans le plan, le conjugué reflète le point par rapport à l’axe réel.

10. Racines et calculs complexes

Notions clés & Définitions

  • Racine carrée complexe : Un complexe z tel que z² = ω.
  • Racine n-ième : Une racine n-ième de ω est un complexe z tel que zⁿ = ω, avec n ≥ 1.

★ À maîtriser

  • Tout polynôme non constant à coefficients complexes admet au moins une racine complexe.

  • Tout polynôme complexe de degré n est un produit de n polynômes de degré 1 et possède au plus n racines complexes.

📐 Formule - Pour P = aX² + bX + c avec a ≠ 0, si Δ = b² − 4ac et δ² = Δ, ses racines sont −b+δ2a\frac{-b+\delta}{2a} et −b−δ2a\frac{-b-\delta}{2a}.

📐 Formule - Les formules d’Euler donnent cos⁡(x)=eix+e−ix2\cos(x)=\frac{e^{ix}+e^{-ix}}{2} et sin⁡(x)=eix−e−ix2i\sin(x)=\frac{e^{ix}-e^{-ix}}{2i}.

Compléments

  • À partir du degré 5, il n’existe pas de méthode générale pour exprimer les racines des polynômes par des formules, résultat démontré par Évariste Galois.

  • Si ω = r e^{iθ}, ses deux racines carrées sont √r e^{iθ/2} et −√r e^{iθ/2}.

  • Pour chercher les racines carrées de ω = a + ib, on pose z = x + iy, on identifie x² − y² = a et 2xy = b, puis on utilise x² + y² = |ω| pour déterminer x et y.

  • Si le discriminant d’un polynôme du second degré est nul, ses deux racines coïncident et la racine est dite double.

📐 Formule - Si ω = r e^{iθ} et n ≥ 1, ses n racines n-ièmes sont zk=rn ei(θ/n+2kπ/n)z_k=\sqrt[n]{r}\,e^{i(\theta/n+2k\pi/n)} pour k = 0, …, n − 1.

📐 Formule - La formule de Moivre donne (cos⁡(x)+isin⁡(x))n=cos⁡(nx)+isin⁡(nx)(\cos(x)+i\sin(x))^n=\cos(nx)+i\sin(nx) pour n ∈ ℕ.

📐 Formule - Le binôme de Newton s’écrit (x+y)n=∑k=0n(nk)xkyn−k(x+y)^n=\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}x^k y^{n-k} pour x, y ∈ ℂ et n ∈ ℕ.

  • Pour linéariser une expression trigonométrique, on remplace sinus et cosinus par des exponentielles complexes, on développe, puis on regroupe les exponentielles pour retrouver sinus et cosinus.

11. Transformations du plan complexe

Notions clés & Définitions

  • Isométrie du plan : Une isométrie du plan est une application f : ℂ → ℂ qui préserve les distances, c’est-à-dire |f(z₂) − f(z₁)| = |z₂ − z₁| pour tous z₁, z₂ ∈ ℂ.

★ À maîtriser

  • La translation de vecteur d’affixe z₀ s’écrit en complexe T(z) = z + z₀ et son inverse est la translation de vecteur opposé.

  • La rotation de centre O et d’angle θ s’écrit Rθ(z) = e^{iθ}z, et son inverse est R−θ.

  • Les isométries du plan sont :

    • les translations
    • les rotations
    • les symétries axiales
    • les symétries glissées

Compléments

  • La rotation de centre Ω d’affixe z₀ et d’angle θ s’écrit z ↦ z₀ + e^{iθ}(z − z₀).

  • Une application φ(z) = az + b avec |a| = 1 et a ≠ 1 est une rotation, d’angle arg(a), dont le centre est son unique point fixe.

  • La symétrie axiale d’axe Dθ s’écrit z↦e2iθz‾z\mapsto e^{2i\theta}\overline{z} et l’homothétie de centre O et de rapport 3 s’écrit z↦3zz\mapsto 3z.

12. Groupes et sous-groupes

Notions clés & Définitions

  • Groupe : Un couple (G, ∗) est un groupe si sa loi est associative, si G possède un élément neutre et si chaque élément de G possède un inverse.
  • Sous-groupe : Une partie H d’un groupe (G, ∗) est un sous-groupe si elle est stable par la loi, contient l’élément neutre et contient l’inverse de chacun de ses éléments.
  • Sous-groupe engendré : Le sous-groupe engendré par A ⊂ G, noté ⟨A⟩, est le plus petit sous-groupe de G contenant A.
  • Loi de composition interne : Une application de E × E vers E.
  • Groupe abélien : Un groupe est abélien si sa loi est commutative.

Points essentiels

  • Les groupes de référence sont :

    • (ℤ, +)
    • (ℚ, +)
    • (ℝ, +)
    • (ℂ, +)
    • (ℝ², +)
    • (ℚ*, ×)
    • (ℝ*, ×)
    • (ℂ*, ×)
    • (Bij(E), ◦)
  • La loi n ∗ m = n + m − nm sur ℤ est associative et commutative, possède 0 comme élément neutre, mais ℤ muni de cette loi n’est pas un groupe car 1 n’a pas d’inverse.

  • Dans un groupe, l’élément neutre et l’inverse de chaque élément sont uniques, l’inverse de e est e, l’inverse de xy est y⁻¹x⁻¹, et la simplification à gauche ou à droite est valide.

  • G et {e} sont les sous-groupes triviaux, et l’intersection de deux sous-groupes de G est un sous-groupe, alors que leur union ne l’est généralement pas.

  • Dans (ℤ, +), ⟨{2}⟩ est l’ensemble des nombres pairs et ⟨{2, 3}⟩ = ℤ.

  • Dans (ℝ², +), le sous-groupe engendré par (2, 0) et (1, 1) est {(a, b) ∈ ℤ² | a − b est pair}.

  • Toute translation du plan peut être obtenue comme composée de deux rotations, et les rotations engendrent le groupe des isométries directes, formé des rotations et des translations.

Astuce mémo

Pour tester un sous-groupe : stabilité, neutre, inverses.

13. Morphismes de groupes et noyaux

Notions clés & Définitions

  • Morphisme de groupes : Une application f:G→Ff:G\to F entre groupes est un morphisme si, pour tous x,y∈Gx,y\in G, f(x∗y)=f(x) ⊛ f(y)f(x\ast y)=f(x)\,\circledast\,f(y).
  • Noyau : Le noyau d’un morphisme f:G→Ff:G\to F est l’ensemble Ker⁡(f)={x∈G∣f(x)=eF}\operatorname{Ker}(f)=\{x\in G\mid f(x)=e_F\}.
  • Ordre d’un élément : L’ordre d’un élément xx d’un groupe est le plus petit entier positif non nul dd tel que xd=ex^d=e.
  • Endomorphisme : Un morphisme d’un groupe dans lui-même.
  • Isomorphisme de groupes : Un morphisme de groupes bijectif.
  • Groupe cyclique : Un groupe fini est cyclique s’il existe un élément qui l’engendre ; si le groupe a cardinal nn, cela équivaut à l’existence d’un élément d’ordre nn.

★ À maîtriser

  • Le noyau d’un morphisme est un sous-groupe du groupe de départ, son image est un sous-groupe du groupe d’arrivée, et le morphisme est injectif si et seulement si son noyau est réduit à l’élément neutre.

  • Dans un groupe fini GG, le cardinal de tout sous-groupe HH divise le cardinal de GG.

  • Dans un groupe fini, l’ordre de tout élément divise le cardinal du groupe.

Compléments

  • Pour vérifier qu’une application entre groupes est un morphisme, il suffit de vérifier qu’elle préserve la loi, car cette condition implique la préservation des éléments neutres et des inverses.

  • L’application f:(C∗,×)→(R,+)f:(\mathbb C^*,\times)\to(\mathbb R,+) définie par f(z)=ln⁡(∣z∣)f(z)=\ln(|z|) est un morphisme de groupes.

  • La composée de deux morphismes de groupes est un morphisme de groupes.

  • Si xx est d’ordre dd, le sous-groupe qu’il engendre est ⟨x⟩={x,x2,…,xd=e}\langle x\rangle=\{x,x^2,\ldots,x^d=e\} et possède dd éléments.

  • Dans tout groupe de cardinal nn, pour tout élément xx, on a xn=ex^n=e.

14. Groupes modulo n

★ À maîtriser

  • Pour tout entier non nul nn, (Z/nZ,+)(\mathbb Z/n\mathbb Z,+) est un groupe commutatif cyclique engendré par 1ˉ\bar 1.

  • Pour tout entier p≥2p\ge 2, le groupe multiplicatif (Z/pZ)∗(\mathbb Z/p\mathbb Z)^* est un groupe si et seulement si pp est premier, et son cardinal vaut p−1p-1.

  • Si pp est premier et si aa est un entier premier avec pp, alors ap−1≡1(modp)a^{p-1}\equiv1\pmod p.

Compléments

  • Dans (Z/20Z,+)(\mathbb Z/20\mathbb Z,+), l’élément 15ˉ\bar{15} est d’ordre 44 et son opposé est 5ˉ\bar 5.

  • L’inverse d’une classe non nulle modulo un nombre premier se détermine à partir d’une identité de Bézout obtenue par l’algorithme d’Euclide.

  • Dans Z/17Z\mathbb Z/17\mathbb Z, l’inverse de 5ˉ\bar 5 est 7ˉ\bar 7 car 5⋅7−17⋅2=15\cdot7-17\cdot2=1.

  • Dans (Z/17Z)∗(\mathbb Z/17\mathbb Z)^*, 5ˉ\bar 5 est d’ordre 88 et engendre {5ˉ,8ˉ,6ˉ,13‾,3ˉ,15‾,7ˉ,1ˉ}\{\bar5,\bar8,\bar6,\overline{13},\bar3,\overline{15},\bar7,\bar1\}.

  • Pour tout nombre premier pp, le groupe multiplicatif (Z/pZ)∗(\mathbb Z/p\mathbb Z)^* est cyclique.

15. Permutations et transpositions

Notions clés & Définitions

  • Groupe symétrique : Le groupe symétrique SnS_n est l’ensemble des bijections de {1,…,n}\{1,\ldots,n\} muni de la composition ; il est fini et son cardinal est n!n!.
  • Transposition : Une permutation qui échange deux éléments et laisse tous les autres invariants.

★ À maîtriser

  • Toute transposition est d’ordre 22, et l’ensemble des transpositions de SnS_n engendre SnS_n.

Compléments

  • La permutation σ=(1↦4,2↦2,3↦5,4↦1,5↦3)\sigma=(1\mapsto4{,}2\mapsto2{,}3\mapsto5{,}4\mapsto1{,}5\mapsto3) de S5S_5 est d’ordre 22 et s’écrit σ=τ14τ35\sigma=\tau_{14}\tau_{35}.

  • Une configuration du Rubik’s cube peut être représentée par une permutation des 2020 petits cubes mobiles accompagnée de leurs orientations, et les configurations réalisables forment le sous-groupe engendré par les six rotations élémentaires des faces.

  • Le nombre de configurations du Rubik’s cube est 43 252 003 274 489 856 00043\ 252\ 003\ 274\ 489\ 856\ 000 ; toute configuration peut être résolue en au plus 2020 rotations de faces, et certaines nécessitent au moins 1818 rotations.

16. Anneaux, corps et espaces vectoriels

Notions clés & Définitions

  • Anneau : Un anneau est un ensemble muni de deux lois internes ++ et ∗\ast tel que (A,+)(A,+) est un groupe commutatif, que ∗\ast est associative et qu’elle est distributive par rapport à ++.
  • Anneau intègre : Un anneau est intègre si xy=0xy=0 implique x=0x=0 ou y=0y=0.
  • Corps : Un corps est un anneau unitaire commutatif dans lequel tout élément non nul possède un inverse multiplicatif.
  • Espace vectoriel : Un KK-espace vectoriel est un ensemble dont l’addition forme un groupe commutatif et dont la multiplication externe par les scalaires de KK satisfait les distributivités, l’associativité des multiplications et 1K⋅x=x1_K\cdot x=x.

Points essentiels

📌 Un anneau n’exige pas que la multiplication soit commutative, qu’elle possède un élément neutre ni que ses éléments aient un inverse ; un anneau unitaire possède un élément neutre multiplicatif noté souvent 11.

  • Dans un anneau intègre, un polynôme de degré nn possède au plus nn racines.

📐 Formule - Si xx et yy commutent dans un anneau et si n∈Nn\in\mathbb N, alors (x+y)n=∑k=0n(nk)xkyn−k(x+y)^n=\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}x^ky^{n-k}.

📐 Formule - Si xx et yy commutent, alors xn−yn=(x−y)∑k=0n−1ykxn−1−kx^n-y^n=(x-y)\sum_{k=0}^{n-1}y^kx^{n-1-k} ; dans un anneau unitaire, 1−xn+1=(1−x)∑k=0nxk1-x^{n+1}=(1-x)\sum_{k=0}^{n}x^k.

  • Tout corps est un anneau intègre ; Q\mathbb Q, R\mathbb R et C\mathbb C sont des corps, de même que Z/pZ\mathbb Z/p\mathbb Z lorsque pp est premier.

  • R3\mathbb R^3 et l’ensemble des fonctions réelles F(R,R)F(\mathbb R,\mathbb R) sont des espaces vectoriels sur R\mathbb R pour leurs opérations usuelles.

17. Matrices et inversion

Notions clés & Définitions

  • Matrice : Une matrice à nn lignes et pp colonnes à coefficients dans AA est un élément de AnpA^{np}, noté Mn,p(A)M_{n,p}(A).
  • Produit matriciel : Pour A∈Mn,p(A)A\in M_{n,p}(A) et B∈Mp,q(A)B\in M_{p,q}(A), le produit AB∈Mn,q(A)AB\in M_{n,q}(A) a pour coefficients cij=∑k=1paikbkjc_{ij}=\sum_{k=1}^{p}a_{ik}b_{kj}.
  • Matrice inversible : Une matrice carrée MM est inversible s’il existe une matrice NN telle que MN=NM=InMN=NM=I_n ; cette matrice NN est son inverse.
  • Matrice transposée : La transposée d’une matrice M=(mij)M=(m_{ij}) est la matrice tM {}^tM définie par (tM)ij=mji({}^tM)_{ij}=m_{ji}.
  • Matrice identité : La matrice identité InI_n est la matrice carrée de taille nn dont les coefficients diagonaux valent 11 et les autres 00 ; elle est l’élément unité de l’anneau des matrices carrées.

★ À maîtriser

  • La multiplication matricielle est associative et distributive par rapport à l’addition, mais elle n’est pas commutative et n’est pas intègre en général.

  • Pour inverser une matrice, on effectue sur ses lignes des multiplications par un scalaire non nul, des combinaisons linéaires et des échanges de lignes, en appliquant simultanément les mêmes opérations à la matrice identité jusqu’à obtenir l’identité à gauche ; la matrice obtenue à droite est l’inverse.

Compléments

  • La transposée vérifie t(tA)=A {}^t({}^tA)=A, t(A+B)=tA+tB {}^t(A+B)={}^tA+{}^tB, t(AC)=tC tA {}^t(AC)={}^tC\,{}^tA et t(aA)=a tA {}^t(aA)=a\,{}^tA.

  • Une matrice carrée AA est inversible si et seulement si, pour tout vecteur YY, l’équation AX=YAX=Y possède une unique solution XX.

  • Si la méthode d’inversion fait apparaître une ligne de zéros, la matrice n’est pas inversible.

  • Si A=PDP−1A=PDP^{-1} avec PP inversible, alors pour tout entier nn, An=PDnP−1A^n=PD^nP^{-1}.

18. Applications des matrices

Notions clés & Définitions

  • Application linéaire : Une application linéaire de Rn\mathbb R^n vers Rp\mathbb R^p est un morphisme de groupes pour l’addition et s’écrit φ(X)=AX\varphi(X)=AX pour une matrice A∈Mp,n(R)A\in M_{p,n}(\mathbb R).
  • Matrice d’adjacence : Pour un graphe de sommets s1,…,sns_1,\ldots,s_n, la matrice d’adjacence M=(mij)M=(m_{ij}) vaut 11 si une arête va de sis_i à sjs_j et 00 sinon.

★ À maîtriser

  • Un système linéaire à pp équations et nn inconnues s’écrit sous forme matricielle AX=YAX=Y, avec A∈Mp,n(R)A\in M_{p,n}(\mathbb R).

  • Si un système carré AX=YAX=Y a une matrice AA inversible, il possède l’unique solution X=A−1YX=A^{-1}Y ; si AA n’est pas inversible, il a soit aucune solution, soit une infinité de solutions.

Compléments

  • Si φ\varphi et ψ\psi sont représentées par les matrices MM et NN, la composée ψ∘φ\psi\circ\varphi est représentée par le produit NMNM.

  • La rotation plane de centre OO et d’angle θ\theta est représentée par Rθ=(cos⁡θ−sin⁡θsin⁡θcos⁡θ)R_\theta=\begin{pmatrix}\cos\theta&-\sin\theta\\\sin\theta&\cos\theta\end{pmatrix}, avec RθRθ′=Rθ+θ′R_\theta R_{\theta'}=R_{\theta+\theta'} et Rθ−1=R−θR_\theta^{-1}=R_{-\theta}.

  • Pour une matrice d’adjacence MM, le coefficient mij(k)m_{ij}^{(k)} de MkM^k donne le nombre de chemins reliant sis_i à sjs_j par kk arêtes.

  • Dans un graphe pondéré ou probabiliste, la matrice peut contenir les poids ou probabilités des arêtes, et ses puissances décrivent alors des propriétés du graphe en plusieurs étapes.

  • Dans le jeu de pile ou face décrit, la matrice de transition élevée à la puissance 1515 indique qu’en partant avec 22 euros, le premier joueur a environ 57 %57\ \% de chances d’être ruiné et 38 %38\ \% de chances de gagner après 15 manches.

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