QCM : Interactionnisme, Goffman et sport (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans une perspective interactionniste symbolique, comment expliquer la formation de la société ?

Par les dispositions personnelles indépendantes des échanges
Par les règles écrites qui organisent les conduites collectives
Par les institutions politiques et leurs décisions formelles
Par les interactions sociales et les symboles qui leur sont associés

Par les interactions sociales et les symboles qui leur sont associés

Explication

Cette approche considère que la société résulte des interactions sociales et des symboles qui leur sont associés. L’explication par les institutions, les dispositions individuelles ou les seules règles écrites substitue d’autres facteurs à ce fondement interactif.

2. Une personne interprète mentalement une réunion comme une occasion de négocier, l’évalue dans son ensemble, puis décide de prendre la parole plutôt que de rester en retrait. Quel processus décrit cette démarche ?

La définition de la situation
L’interactionnisme symbolique
L’Autrui généralisé
Le théorème de Thomas

La définition de la situation

Explication

La définition de la situation consiste à organiser mentalement une situation, à l’évaluer dans son ensemble, puis à choisir une action. L’Autrui généralisé désigne l’intériorisation des normes sociales, le théorème de Thomas concerne les conséquences des situations définies comme réelles, et l’interactionnisme symbolique est une approche générale.

3. Une étude distingue l’activité cognitive et perceptive, l’unité subjective de la personnalité individuelle-sociale et l’organisation sociale reconstruite par les interactions. À quels concepts de Mead ces trois éléments correspondent-ils, dans cet ordre ?

Esprit, société, soi
Société, soi, esprit
Esprit, soi, société
Soi, esprit, société

Esprit, soi, société

Explication

Mead distingue l’esprit comme activité cognitive et perceptive, le soi comme unité subjective de la personnalité individuelle-sociale et la société comme organisation sociale donnée et reconstruite par les interactions. Inverser le soi et la société, intervertir l’esprit et le soi ou permuter les trois rôles brouille ces distinctions.

4. Une personne intériorise d’abord les attitudes de son groupe, puis formule sa propre interprétation de cette société intériorisée. Comment nommer ces deux composantes du soi, dans cet ordre ?

L’esprit, puis le soi
Le Je, puis le Moi
La société, puis l’esprit
Le Moi, puis le Je

Le Moi, puis le Je

Explication

Dans le soi, le Moi intériorise les attitudes d’autrui et de l’Autrui généralisé, tandis que le Je répond à cette société intériorisée par une interprétation individuelle. Inverser le Moi et le Je constitue précisément la confusion entre intériorisation et réponse interprétative; l’esprit et la société désignent d’autres notions chez Mead.

5. Chez Blumer, que désigne le fait que les significations puissent être retouchées ou négociées ?

Leur transmission intacte par les normes culturelles du groupe
Leur transformation par l’interprétation au cours des interactions sociales
Leur détermination par les contraintes matérielles de l’organisation sociale
Leur intériorisation des attitudes collectives avant toute interaction

Leur transformation par l’interprétation au cours des interactions sociales

Explication

Pour Blumer, les significations sont produites dans l’interaction et peuvent évoluer lorsque les individus les interprètent. Contrairement à l’idée d’une transmission intacte, elles ne restent pas figées au fil des échanges.

6. Quel philosophe est à l’origine de la sociologie phénoménologique dont s’inspire l’approche de Schutz ?

Max Weber
George Herbert Mead
Edmund Husserl
Harold Garfinkel

Edmund Husserl

Explication

La sociologie phénoménologique de Schutz s’inspire notamment de la philosophie phénoménologique d’Edmund Husserl. Max Weber constitue aussi une influence, mais il n’est pas le philosophe phénoménologue mentionné ici.

7. Quelle fonction le monde de la vie quotidienne remplit-il pour les individus ?

Il conserve les souvenirs personnels qui déterminent les choix futurs de chaque individu.
Il fournit des connaissances de bon sens qui aident à interpréter la réalité et à guider l’action.
Il transforme les intentions individuelles en décisions collectives par la négociation explicite.
Il impose des règles formelles qui organisent les institutions et répartissent les rôles sociaux.

Il fournit des connaissances de bon sens qui aident à interpréter la réalité et à guider l’action.

Explication

Le monde de la vie quotidienne offre des connaissances préétablies et partagées qui rendent la réalité intelligible et orientent les conduites. Les règles formelles peuvent organiser des institutions, mais elles ne résument pas cette fonction du monde de la vie quotidienne.

8. En quelle année Harold Garfinkel a-t-il inventé le terme « ethnométhodologie » en étudiant les stratégies de création de sens de jurys ?

En 2014
En 1909
En 1945
En 1946

En 1945

Explication

Garfinkel a inventé le terme en 1945 dans le cadre de son étude des stratégies de création de sens de jurys. L’année 1946 correspond à l’installation de Goffman à Chicago, et non à cet événement.

9. Quelle comparaison distingue le mieux la représentation chez Goffman de la conception durkheimienne du rituel qu’il réélabore ?

La représentation explique les cadres qui délimitent le sens des événements, tandis que le rituel porte sur les coulisses où les acteurs préparent leur façade.
La représentation décrit les méthodes de bon sens qui rendent les activités quotidiennes compréhensibles, tandis que le rituel analyse les rôles devant un public.
La représentation met l’accent sur les rôles joués devant un public, tandis que le rituel éclaire la cohérence et l’intelligibilité des interactions quotidiennes.
La représentation étudie les normes institutionnelles qui produisent la déviance, tandis que le rituel examine les significations partagées par un groupe.

La représentation met l’accent sur les rôles joués devant un public, tandis que le rituel éclaire la cohérence et l’intelligibilité des interactions quotidiennes.

Explication

Chez Goffman, la représentation dramaturgique repose sur des individus qui jouent des rôles devant un public, alors que son recours à l’idée de rituel montre comment les interactions quotidiennes rendent la vie sociale cohérente et intelligible. L’analyse des méthodes de bon sens concerne plutôt l’ethnométhodologie que la conception goffmanienne du rituel.

10. Selon Goffman, quelle conséquence peut découler d’une déviance liée aux exigences fonctionnelles d’une institution plutôt qu’à une volonté consciente de transgresser les normes ?

Elle conduit les acteurs à abandonner leurs rôles et à quitter l’institution.
Elle peut susciter des réactions de violence et de stigmatisation envers les personnes qui s’écartent des normes.
Elle entraîne une révision concertée des normes par les membres de l’institution.
Elle rend les règles institutionnelles plus cohérentes et moins fragiles.

Elle peut susciter des réactions de violence et de stigmatisation envers les personnes qui s’écartent des normes.

Explication

Goffman souligne que les comportements déviants peuvent révéler les règles et la fragilité des institutions, entraînant des réactions de violence et de stigmatisation. L’idée d’une révision concertée des normes ne correspond pas à cette conséquence décrite.

11. Lors d’un match de boxe, comment appliquer la notion de cadre cognitif pour expliquer pourquoi les coups portés sont interprétés comme faisant partie d’un sport plutôt que comme une agression ?

Les participants s’accordent implicitement sur la situation et sur la signification des événements qui s’y déroulent.
Les participants attribuent aux coups une signification identique, indépendamment des règles et du contexte.
Les spectateurs évaluent les coups selon les intentions personnelles des boxeurs, sans tenir compte du déroulement du match.
Les arbitres transforment les coups en gestes sportifs en sanctionnant chaque contact physique entre les boxeurs.

Les participants s’accordent implicitement sur la situation et sur la signification des événements qui s’y déroulent.

Explication

Le cadre cognitif établit un accord implicite qui définit la situation et donne aux événements leur signification, ce qui permet de comprendre les coups comme des gestes sportifs. L’interprétation ne repose pas uniquement sur les intentions individuelles : le contexte partagé du match contribue à la cadrer.

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Selon l’interactionnisme symbolique, de quoi résulte la société ?

Des interactions sociales et des symboles qui leur sont associés.

Qui est associé à l’Autrui généralisé, et comment le théorème de Thomas formule-t-il ses conséquences ?

Charles H. Cooley ; si des personnes définissent des situations comme réelles, celles-ci sont réelles dans leurs conséquences.

Selon George Herbert Mead, que désignent l’esprit, le soi et la société ?

L’esprit est l’activité cognitive et perceptive, le soi l’unité subjective de la personnalité individuelle-sociale, et la société une organisation donnée et reconstruite par les interactions.

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