QCM : Introduction à la sociologie (34 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Concernant la recherche et le social :

La sociologie étudie les interactions entre les individus et la société.
Le social renvoie aux choix privés des individus, indépendamment des normes collectives.
Le social désigne principalement les institutions politiques organisant les hommes en société.
La recherche considère les conceptions préexistantes comme des certitudes de départ.
La recherche vise une connaissance objective portant sur des questions factuelles.

La sociologie étudie les interactions entre les individus et la société. · La recherche vise une connaissance objective portant sur des questions factuelles.

Explication

La recherche vise une connaissance objective des faits, tout en gardant conscience de ses limites. Le social concerne notamment les normes et pratiques collectives, et la sociologie étudie les phénomènes sociaux ainsi que les interactions entre individus et société.

2. Une chercheuse étudie les pratiques alimentaires d’un groupe :

Elle construit son objet d’étude avant d’élaborer une théorie à son sujet.
Elle examine sa position de chercheuse et prend ses distances avec son objet d’étude.
Son objet porte sur des hommes vivant en société, domaine propre à la sociologie.
Elle mobilise des outils théoriques et une méthode spécifique pour produire des résultats.
Elle nourrit sa réflexion des travaux antérieurs et s’appuie sur une méthodologie.

Elle construit son objet d’étude avant d’élaborer une théorie à son sujet. · Elle examine sa position de chercheuse et prend ses distances avec son objet d’étude. · Son objet porte sur des hommes vivant en société, domaine propre à la sociologie. · Elle mobilise des outils théoriques et une méthode spécifique pour produire des résultats. · Elle nourrit sa réflexion des travaux antérieurs et s’appuie sur une méthodologie.

Explication

La démarche scientifique implique de réfléchir à sa position, de se distancier de l’objet, puis de le construire et d’élaborer une théorie en s’appuyant sur les travaux antérieurs et une méthodologie. La sociologie est une science à part entière parce qu’elle étudie l’homme vivant en société au moyen d’outils théoriques et d’une méthode spécifique conduisant à des résultats.

3. Une enquête relie l’échec scolaire à la reproduction sociale plutôt qu’à un manque d’intelligence. Concernant les apports de la sociologie :

Elle explique l’échec scolaire par les aptitudes intellectuelles individuelles plutôt que par les mécanismes sociaux.
Elle contribue à l’action sociale en remplaçant la recherche par une intervention directe.
Elle peut déconstruire l’évidence apparente en reliant l’échec scolaire à la reproduction sociale.
Elle éclaire la société en écartant l’étude des mécanismes de domination.
Elle révèle les faits sociaux en adoptant le point de vue immédiat des acteurs sans distanciation.

Elle peut déconstruire l’évidence apparente en reliant l’échec scolaire à la reproduction sociale.

Explication

La sociologie peut dévoiler le réel avec distanciation et déconstruire l’idée que l’échec scolaire s’explique par un manque d’intelligence, en le reliant à la reproduction sociale. Elle peut aussi éclairer les mécanismes de domination et contribuer à l’action sociale par la recherche-action, sans se substituer à la recherche.

4. Parmi les propositions suivantes concernant la sociologie comme science empirique, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

Sa reconnaissance institutionnelle s’affirme avec les chaires universitaires et les revues spécialisées.
La reconnaissance scientifique de la sociologie précède la définition de son objet propre.
Un paradigme se définit comme une technique d’enquête fondée sur les observations de terrain.
Un paradigme fournit à l’analyse un cadre de référence fondé sur des postulats admis.
La constitution de la sociologie comme discipline scientifique date de la fin du XIXe siècle.

Sa reconnaissance institutionnelle s’affirme avec les chaires universitaires et les revues spécialisées. · Un paradigme fournit à l’analyse un cadre de référence fondé sur des postulats admis. · La constitution de la sociologie comme discipline scientifique date de la fin du XIXe siècle.

Explication

À la fin du XIXe siècle, la sociologie se constitue en discipline avec un objet propre, des méthodes originales et une reconnaissance institutionnelle, notamment par les chaires et les revues. Un paradigme est un modèle-cadre reposant sur des postulats et des axiomes admis par une communauté scientifique.

5. Une révolution scientifique transforme le cadre de référence d’une discipline. Quelles propositions caractérisent ce changement ?

Les méthodes de la discipline peuvent être réorganisées par le nouveau cadre de référence.
La révolution modifie les principes disciplinaires sans toucher aux méthodes employées.
Le concept de paradigme est popularisé par Thomas Kuhn dans un ouvrage paru en 1972.
Thomas Kuhn popularise le concept de paradigme dans un ouvrage paru en 1962.
Le changement de cadre concerne les valeurs, mais laisse le langage de la discipline inchangé.

Les méthodes de la discipline peuvent être réorganisées par le nouveau cadre de référence. · Thomas Kuhn popularise le concept de paradigme dans un ouvrage paru en 1962.

Explication

Une révolution scientifique change le cadre de référence d’une discipline, notamment ses méthodes, son langage, ses principes et ses valeurs. Thomas Kuhn a popularisé le concept de paradigme dans *La structure des révolutions scientifiques*, paru en 1962.

6. Une chercheuse étudie un groupe auquel elle appartient et veut limiter l’effet de ses propres référents. Quelle(s) proposition(s) est(sont) exacte(s) ?

Elle peut créer une distance méthodique avec son objet pour tendre vers l’objectivité.
Les recherches françaises sur l’ethnicité se développent dès les années 1940.
Une objectivité absolue est accessible au chercheur grâce à la distanciation méthodique.
Les recherches américaines sur les relations interethniques débutent dans les années 1970-1980.
Sa trajectoire sociale cesse de façonner son regard dès qu’elle adopte une méthode.

Elle peut créer une distance méthodique avec son objet pour tendre vers l’objectivité.

Explication

La distanciation méthodique aide la chercheuse à tendre vers l’objectivité, sans effacer le fait qu’elle est façonnée par sa trajectoire. Les recherches sur l’ethnicité se développent aux États-Unis à partir des années 1940, puis en France à partir des années 1970-1980, et l’objectivité absolue n’existe pas.

7. Quelles propositions décrivent les conceptions du social de l’Antiquité à l’âge classique ?

À partir de la Renaissance, la société peut être pensée comme produit de l’action humaine.
Aristote présente l’homme comme fait pour vivre en société et établir des règles communes.
Saint-Augustin recommande de suivre les règles, même lorsqu’elles sont injustes.
Au Moyen Âge, l’idée dominante place le social sous l’autorité de Dieu.
Platon imagine une cité idéale, caractéristique d’une pensée sociale normative de l’Antiquité.

À partir de la Renaissance, la société peut être pensée comme produit de l’action humaine. · Aristote présente l’homme comme fait pour vivre en société et établir des règles communes. · Saint-Augustin recommande de suivre les règles, même lorsqu’elles sont injustes. · Au Moyen Âge, l’idée dominante place le social sous l’autorité de Dieu. · Platon imagine une cité idéale, caractéristique d’une pensée sociale normative de l’Antiquité.

Explication

Dans l’Antiquité, Platon imagine une cité idéale, Aristote associe la vie sociale à des règles communes et Saint-Augustin recommande de suivre les règles même injustes. Au Moyen Âge, le social est pensé comme soumis à Dieu, tandis que la Renaissance et l’âge classique développent l’idée d’une société issue de l’action humaine et d’un contrat social.

8. Une analyse compare les théories du contrat social et l’état de nature chez Hobbes :

Chez Hobbes, l’état de nature est une association pacifique réglée par un pacte.
Ces théories fondent la société sur le consentement initial d’individus libres et égaux.
Les théories du contrat font de la société une réalité naturelle antérieure aux individus.
Elles conçoivent l’individu comme naturel et la société politique comme création volontaire.
Pour Hobbes, le contrat permet aux individus de sortir de la guerre de tous contre tous.

Ces théories fondent la société sur le consentement initial d’individus libres et égaux. · Elles conçoivent l’individu comme naturel et la société politique comme création volontaire. · Pour Hobbes, le contrat permet aux individus de sortir de la guerre de tous contre tous.

Explication

Les théories du contrat social présentent la société comme une création volontaire fondée sur le consentement d’individus libres et égaux ; l’individu est naturel, contrairement à la société civile et politique, qui est artificielle. Chez Hobbes, l’état de nature est une guerre de tous contre tous et le contrat permet d’en sortir.

9. À propos des conceptions de Grotius, Pufendorf et Rousseau sur l’association politique, cochez la (les) proposition(s) exacte(s) :

Chez Rousseau, le peuple conserve la souveraineté et peut destituer le souverain.
Rousseau cherche une association qui protège la personne et les biens de chacun.
Rousseau veut que l’association protège les biens sans préserver la liberté individuelle.
Grotius explique l’association humaine par un mobile inné de bienveillance envers autrui.
Pufendorf place la bienveillance innée au premier plan de l’association humaine.

Chez Rousseau, le peuple conserve la souveraineté et peut destituer le souverain. · Rousseau cherche une association qui protège la personne et les biens de chacun. · Grotius explique l’association humaine par un mobile inné de bienveillance envers autrui.

Explication

Grotius rattache l’association à un mobile inné de bienveillance, tandis que Pufendorf met au premier plan le désir d’assistance. Rousseau cherche une association protectrice qui permette à chacun de rester libre ; la souveraineté demeure dans le corps social et le peuple peut destituer le souverain.

10. Une personne apprend à l’école des normes collectives qui s’intègrent à sa personnalité ; à propos des institutions et de la morale chez Durkheim :

Les mœurs désignent une éthique indépendante des conditions locales, notamment liée aux droits à la vie et de propriété.
Une institution est une croyance ou une conduite instituée par la collectivité, extérieure à l’individu et coercitive.
La socialisation permet l’intériorisation des normes et des modèles culturels transmis notamment par l’éducation.
La cohésion sociale est assurée lorsque les individus peuvent ignorer les contraintes morales sans risque de sanction.
Une institution est un modèle de conduite créé par l’individu et dépourvu de force impérative.

Une institution est une croyance ou une conduite instituée par la collectivité, extérieure à l’individu et coercitive. · La socialisation permet l’intériorisation des normes et des modèles culturels transmis notamment par l’éducation.

Explication

Les institutions sont instituées par la collectivité, extérieures à l’individu et dotées d’une puissance impérative et coercitive ; la socialisation en transmet et en intériorise notamment les normes. La cohésion suppose le respect des contraintes collectives, et c’est le droit — non les mœurs — qui renvoie à une éthique indépendante des conditions locales.

11. Un chercheur étudie les comportements qui intéressent un agrégat d’individus, tandis qu’un autre analyse une conduite individuelle non issue du social ; concernant le domaine de la sociologie chez Durkheim :

Les faits individuels non produits par le social relèvent notamment de la sociologie plutôt que de la psychologie.
Les faits sociaux concernant l’agrégat des individus relèvent de l’étude sociologique.
La sociologie est la science des institutions, de leur genèse et de leur fonctionnement.
La société constitue une réalité psychique et morale dépendante de la somme des individus.
Les règles morales encouragent chacun à suivre son égoïsme plutôt qu’à compter avec autrui.

Les faits sociaux concernant l’agrégat des individus relèvent de l’étude sociologique. · La sociologie est la science des institutions, de leur genèse et de leur fonctionnement.

Explication

La sociologie porte sur les faits sociaux concernant l’agrégat des individus et se définit comme la science des institutions, de leur genèse et de leur fonctionnement. Pour Durkheim, la société est une réalité psychique et morale autonome, supérieure à la somme des individus. Les règles morales obligent à compter avec autrui plutôt qu’à suivre son égoïsme ; les faits individuels qui ne résultent pas du social relèvent notamment de la psychologie.

12. Concernant les rapports entre société, morale et sociologie chez Durkheim :

La reproduction collective passe par des valeurs et des règles déterminées historiquement.
Les conflits internes liés à l’infinité des pulsions peuvent perturber la reproduction sociale.
Les conflits externes proviennent de l’infinité des pulsions individuelles.
La méthode sociologique vise à comprendre le monde social et à éclairer une action politique morale.
La sociologie étudie les règles collectives sans s’intéresser à leur évolution historique.

La reproduction collective passe par des valeurs et des règles déterminées historiquement. · Les conflits internes liés à l’infinité des pulsions peuvent perturber la reproduction sociale. · La méthode sociologique vise à comprendre le monde social et à éclairer une action politique morale.

Explication

La sociologie doit comprendre le monde social et éclairer une action politique principalement morale. Elle étudie les valeurs et règles historiquement déterminées, ainsi que leur évolution; les conflits internes dus aux pulsions peuvent perturber la reproduction sociale. L’évolution de ces règles fait donc partie de son étude, tandis que les conflits externes sont liés aux différences entre individus.

13. Parmi les propositions suivantes concernant le fait social et son étude, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

Un fait social est une manière de faire qui exerce une contrainte extérieure sur l’individu.
Les façons socialement déterminées de penser constituent des exemples de faits sociaux.
L’observation scientifique exige que le sociologue juge les faits sociaux observés.
Les faits sociaux concernent les manières d’agir, mais pas les façons de se représenter.
Le sociologue traite les faits sociaux comme des objets observables sans jugement.

Un fait social est une manière de faire qui exerce une contrainte extérieure sur l’individu. · Les façons socialement déterminées de penser constituent des exemples de faits sociaux. · Le sociologue traite les faits sociaux comme des objets observables sans jugement.

Explication

Un fait social est une manière de faire, fixée ou non, qui impose une contrainte extérieure. Les faits sociaux incluent des façons de penser, d’agir et de se représenter, et leur étude les traite comme des objets de connaissance sans jugement. Les représentations font donc bien partie des faits sociaux, tandis que le jugement est écarté.

14. Un sociologue compare plusieurs sociétés du même type au même stade d’évolution et étudie le crime ainsi que son enquête de terrain. Quelles propositions sont exactes ?

Un fait observé dans la moyenne de ces sociétés est pathologique pour ce type social.
Un phénomène observé dans la moyenne de ces sociétés relève du normal pour ce type social.
Le crime exprime les limites de la conscience morale par la répression de l’acte réprouvé.
Une enquête menée par interactions intenses avec les sujets dans leur milieu relève de l’observation participante.
La présence du crime indique qu’une société ne peut pas maintenir une vie collective.

Un phénomène observé dans la moyenne de ces sociétés relève du normal pour ce type social. · Le crime exprime les limites de la conscience morale par la répression de l’acte réprouvé. · Une enquête menée par interactions intenses avec les sujets dans leur milieu relève de l’observation participante.

Explication

Le caractère normal se détermine par la moyenne des sociétés du même type à une phase correspondante de leur évolution. L’observation participante implique des interactions sociales intenses dans le milieu étudié, et le crime exprime les limites de la conscience morale par la répression. Un écart à la moyenne est pathologique; le crime est présenté comme nécessaire à la vie en société, non comme un obstacle qui l’empêche.

15. Une équipe cherche à expliquer une variation sociale en comparant l’évolution de plusieurs variables. Concernant la méthode de Durkheim, cochez la (les) proposition(s) exacte(s) :

La comparaison des évolutions respectives des variables correspond aux variations concomitantes.
Les variations concomitantes désignent une comparaison des valeurs d’une seule variable isolée.
Durkheim explique les faits sociaux par des phénomènes psychologiques antérieurs.
Une explication biologique peut remplacer les faits sociaux antérieurs comme cause du phénomène.
L’explication d’un fait social doit le rapporter à des faits sociaux antérieurs.

La comparaison des évolutions respectives des variables correspond aux variations concomitantes. · L’explication d’un fait social doit le rapporter à des faits sociaux antérieurs.

Explication

Durkheim soutient que les faits sociaux s’expliquent par des faits sociaux antérieurs, et non par des phénomènes biologiques ou psychologiques. Les variations concomitantes consistent à comparer les évolutions respectives des variables étudiées; elles ne se limitent pas à une variable isolée.

16. Un chercheur étudie les régularités collectives d’un phénomène social à l’aide de données agrégées. Quelles sont les réponses exactes au sujet de l’approche de Durkheim ?

Le holisme méthodologique prend les individus comme point de départ pour expliquer le social.
Le holisme méthodologique prend la société comme point de départ plutôt que les individus.
La statistique permet de saisir les régularités sociales dans leur globalité.
La régularité des taux de suicide illustre des variations imprévisibles d’origine individuelle.
La statistique sert surtout à isoler les trajectoires individuelles sans saisir les régularités globales.

Le holisme méthodologique prend la société comme point de départ plutôt que les individus. · La statistique permet de saisir les régularités sociales dans leur globalité.

Explication

Le holisme méthodologique part de la société plutôt que des individus et distingue les causes des fonctions d’un phénomène. Durkheim privilégie la statistique pour repérer les régularités sociales globales, illustrées par la régularité des taux de suicide. L’approche ne prend donc pas l’individu comme point de départ, et l’exemple du suicide souligne une régularité plutôt que des variations imprévisibles.

17. À propos de la division du travail et des formes de solidarité chez Durkheim :

Dans les sociétés mécaniques, les consciences individuelle et collective sont distinctes.
La division du travail a d’abord pour fonction de produire de la solidarité sociale.
La solidarité organique repose sur la ressemblance entre les individus dans la société.
La solidarité mécanique caractérise les sociétés où la division du travail est faible.
La solidarité mécanique repose sur la différenciation des individus dans la société.

La division du travail a d’abord pour fonction de produire de la solidarité sociale. · La solidarité mécanique caractérise les sociétés où la division du travail est faible.

Explication

Pour Durkheim, la division du travail a d’abord une fonction de production de solidarité sociale, et la solidarité mécanique caractérise les sociétés à faible division du travail. Elle repose sur la ressemblance, avec des consciences individuelle et collective confondues; la solidarité organique repose au contraire sur la différenciation des individus.

18. Concernant la solidarité organique :

Dans ces sociétés, le droit répressif l’emporte sur le droit coopératif.
La différenciation des rôles contribue à l’interdépendance entre les membres de la société.
La complémentarité des rôles réduit les relations d’interdépendance sociale.
La cohésion sociale repose sur la ressemblance entre les rôles individuels.
Le droit coopératif caractérise les sociétés où la division du travail reste faible.

La différenciation des rôles contribue à l’interdépendance entre les membres de la société.

Explication

La différenciation et la complémentarité des rôles rendent les individus interdépendants. Le droit coopératif l’emporte sur le droit répressif, et non l’inverse; la solidarité organique repose sur la différenciation plutôt que sur la ressemblance, et s’inscrit dans une division du travail importante.

19. Une société connaît une hausse de population sur un territoire donné ainsi que des communications sociales plus nombreuses. À propos des effets décrits pour cette situation :

Une division du travail qui ne produit pas de solidarité peut s’accompagner d’anomie.
La multiplication des communications sociales tend à réduire la division du travail.
L’anomie désigne la complémentarité des rôles qui fonde la solidarité organique.
La coexistence d’un plus grand nombre d’individus sur une même surface intensifie la lutte pour la survie.
L’anomie correspond à une régulation insuffisante des relations et des aspirations sociales.

Une division du travail qui ne produit pas de solidarité peut s’accompagner d’anomie. · La coexistence d’un plus grand nombre d’individus sur une même surface intensifie la lutte pour la survie. · L’anomie correspond à une régulation insuffisante des relations et des aspirations sociales.

Explication

La densification de la population et la multiplication des communications intensifient la lutte pour la survie, favorisant la division du travail. L’anomie désigne un défaut de régulation et peut apparaître lorsque la division du travail ne crée pas de solidarité; elle ne se confond pas avec la complémentarité des rôles.

20. Une crise économique provoque des faillites, tandis que des conflits opposent employeurs et ouvriers et que la recherche se morcelle en spécialités isolées. Ces situations illustrent :

La dissolution des corporations peut accompagner l’opposition entre employeurs et ouvriers.
Ces phénomènes décrivent une solidarité produite par toute forme de division du travail.
L’inadéquation entre certaines fonctions peut se manifester par des faillites en période de crise.
Le morcellement de la communauté de chercheurs peut résulter d’une division accrue du travail scientifique.
Les conflits entre ouvriers et employeurs apparaissent lorsque les corporations se renforcent.

La dissolution des corporations peut accompagner l’opposition entre employeurs et ouvriers. · L’inadéquation entre certaines fonctions peut se manifester par des faillites en période de crise. · Le morcellement de la communauté de chercheurs peut résulter d’une division accrue du travail scientifique.

Explication

Les faillites en période de crise illustrent l’inadéquation entre fonctions, et l’opposition entre ouvriers et employeurs est associée à la dissolution des corporations. Le morcellement scientifique est également une manifestation possible de l’anomie; ces situations ne traduisent pas une solidarité automatiquement produite par la division du travail.

21. Parmi les propositions suivantes concernant l’étude durkheimienne du suicide, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

Sa définition inclut une mort résultant d’un acte de la victime qu’elle savait devoir produire ce résultat.
L’intégration désigne les moyens par lesquels le groupe rend les comportements prévisibles.
Durkheim examine les régularités des taux de suicide observées en France et en Europe.
Durkheim fonde son explication sociale principalement sur l’hérédité et le climat.
Dans ses observations, le taux de suicide augmente avec l’âge et est plus élevé chez les hommes.

Sa définition inclut une mort résultant d’un acte de la victime qu’elle savait devoir produire ce résultat. · Durkheim examine les régularités des taux de suicide observées en France et en Europe. · Dans ses observations, le taux de suicide augmente avec l’âge et est plus élevé chez les hommes.

Explication

Durkheim met en évidence le caractère social du suicide en étudiant les régularités statistiques en France et en Europe, tout en réfutant notamment les explications héréditaires et climatiques. Sa définition exige que la victime accomplisse un acte dont elle connaît le résultat; l’intégration concerne les liens et obligations, tandis que la régulation rend les comportements conformes et prévisibles.

22. Au sujet des formes de suicide et des variations observées par Durkheim :

Le suicide égoïste est associé à une individuation excessive et à une intégration affaiblie.
Le taux observé est plus élevé à Paris qu’en province et en début de semaine.
Le taux observé est plus élevé chez les catholiques que chez les protestants.
Le suicide anomique est lié à une régulation insuffisante des aspirations individuelles.
Le suicide altruiste obligatoire découle d’une individuation excessive et de liens sociaux affaiblis.

Le suicide égoïste est associé à une individuation excessive et à une intégration affaiblie. · Le taux observé est plus élevé à Paris qu’en province et en début de semaine. · Le suicide anomique est lié à une régulation insuffisante des aspirations individuelles.

Explication

Les observations rapportées indiquent des taux plus élevés à Paris et en début de semaine, ainsi que chez les protestants par rapport aux catholiques. Le suicide égoïste relève d’une intégration affaiblie, l’altruiste obligatoire d’une forte contrainte du groupe, et l’anomique d’un manque de régulation des aspirations.

23. Dans un système d’échanges étudié par Mauss, quelles contraintes structurent les relations entre les acteurs ?

La réciprocité des échanges exclut les services et les personnes de ce qui circule.
Les acteurs doivent donner et recevoir dans le cadre d’échanges régis par une règle.
L’analyse consiste à séparer durablement les éléments sociaux pour éviter leur recomposition.
Les acteurs sont tenus de donner et de rendre, sans obligation de recevoir.
Les échanges concernent des biens matériels, tandis que les prières restent hors circulation.

Les acteurs doivent donner et recevoir dans le cadre d’échanges régis par une règle.

Explication

Les systèmes d’échanges étudiés associent les obligations de donner, recevoir et rendre à l’exigence de respecter la règle. Mauss propose de recomposer le social après l’avoir décomposé, et les échanges peuvent inclure prières, services et personnes ; l’obligation de recevoir ne peut être omise.

24. Concernant les formes de réciprocité analysées par Mauss, quelles propositions sont exactes ?

Dans le potlatch, rendre un don moins riche que celui reçu protège l’honneur du débiteur.
Dans la kula, colliers et bracelets circulent en sens opposés entre les îles trobriandaises.
Dans le potlatch, les distributions de chefs ou de tribus contribuent à renforcer leur rang.
Dans la kula, chaque parure demeure durablement chez son détenteur après réception cérémonielle.
La réciprocité engage davantage des groupes sociaux que des individus dans les échanges.

Dans la kula, colliers et bracelets circulent en sens opposés entre les îles trobriandaises. · Dans le potlatch, les distributions de chefs ou de tribus contribuent à renforcer leur rang. · La réciprocité engage davantage des groupes sociaux que des individus dans les échanges.

Explication

La réciprocité maussienne engage principalement des groupes et ne relève pas d’un libre choix marchand ; le potlatch renforce le rang par des distributions. Dans la kula, colliers et bracelets suivent des directions opposées et les parures sont détenues temporairement ; un retour moins riche expose à une perte d’honneur.

25. Une enquête relie rites religieux, règles juridiques, échanges économiques et conduites collectives. Quelle démarche correspond au fait social total ?

Elle compare les sociétés en les classant selon leur stade d’évolution traditionnel ou moderne.
Elle isole les faits religieux et juridiques pour expliquer séparément le fonctionnement social.
Elle permet de comparer les systèmes culturels en recherchant leurs interrelations.
Elle prend en compte les comportements des groupes avec les dimensions institutionnelles.
Elle étudie ces dimensions comme les composantes reliées d’un système social entier.

Elle permet de comparer les systèmes culturels en recherchant leurs interrelations. · Elle prend en compte les comportements des groupes avec les dimensions institutionnelles. · Elle étudie ces dimensions comme les composantes reliées d’un système social entier.

Explication

Le fait social total invite à étudier ensemble les dimensions religieuses, juridiques, économiques et les comportements des groupes. Son critère de généralité soutient la comparaison et la recherche d’interrelations ; isoler les dimensions ou classer les sociétés en stades évolutionnistes va à l’encontre de cette démarche.

26. Dans une comparaison de pratiques corporelles entre générations et sociétés, quelles propositions caractérisent l’approche de Mauss ?

L’habitus désigne des habitudes qui varient selon les seules dispositions biologiques individuelles.
Les manières corporelles observées sont indépendantes des différences d’âge et de sexe.
Les manières d’utiliser le corps varient notamment selon l’âge, le sexe et les cultures.
Le corps biologique est étudié comme séparé des influences sociales dans ces pratiques.
Mauss appelle habitus les habitudes corporelles façonnées par sociétés, éducation et convenances.

Les manières d’utiliser le corps varient notamment selon l’âge, le sexe et les cultures. · Mauss appelle habitus les habitudes corporelles façonnées par sociétés, éducation et convenances.

Explication

Mauss souligne que les usages corporels varient selon l’âge, le sexe et les cultures, et nomme habitus les habitudes corporelles liées notamment aux sociétés, à l’éducation et aux convenances. Les pratiques ne sont donc ni indépendantes de ces différences ni réductibles aux seules dispositions biologiques, car le corps est aussi imprégné de social.

27. Quelles caractéristiques permettent de reconnaître une technique au sens de Mauss ?

La répétition d’un geste suffit à le définir comme technique, sans transmission traditionnelle.
Une technique est un acte traditionnel dont l’efficacité n’entre pas dans la définition.
La transmission technique suppose l’existence d’une tradition.
Une technique est un acte traditionnel qui produit un effet.
Un acte devient une technique par sa seule efficacité, même sans tradition.

La transmission technique suppose l’existence d’une tradition. · Une technique est un acte traditionnel qui produit un effet.

Explication

Pour Mauss, une technique est un acte à la fois traditionnel et efficace, et sa transmission suppose une tradition. L’efficacité ou la répétition seules ne suffisent donc pas à la définir, tandis que l’efficacité fait bien partie de sa définition.

28. Concernant l’analyse des sentiments par Mauss :

Les sentiments peuvent exprimer à la fois une appartenance sociale et une expérience individuelle.
Les sentiments reflètent principalement des états d’âme personnels, sans dimension sociale.
Les attitudes sentimentales varient selon les cultures et les époques considérées.
Les prescriptions sentimentales sont semblables d’une époque et d’une culture à l’autre.
Les sentiments sont généralement indépendants des prescriptions sociales et des cadres culturels.

Les sentiments peuvent exprimer à la fois une appartenance sociale et une expérience individuelle. · Les attitudes sentimentales varient selon les cultures et les époques considérées.

Explication

Les sentiments peuvent conjuguer appartenance sociale et expression individuelle, et leurs formes varient selon les cultures et les époques. Mauss souligne au contraire leur caractère souvent socialement prescrit, plutôt qu’une indépendance des cadres sociaux ou une uniformité historique.

29. Dans une organisation, des interactions produisent des règles qui finissent par contraindre leurs créateurs. Parmi les propositions suivantes concernant les formes sociales chez Simmel, lesquelles sont exactes ?

Les formes sociales issues des interactions peuvent finir par s’imposer à leurs créateurs.
Les schèmes préétablis contribuent à la constitution des organisations.
Les rites quotidiens éphémères constituent les cadres généraux de socialisation.
Les formes sociales demeurent attachées à leurs créateurs sans pouvoir s’en détacher.
Les institutions permanentes constituent l’un des types de formes sociales distingués par Simmel.

Les formes sociales issues des interactions peuvent finir par s’imposer à leurs créateurs. · Les schèmes préétablis contribuent à la constitution des organisations. · Les institutions permanentes constituent l’un des types de formes sociales distingués par Simmel.

Explication

Les formes produites par les interactions peuvent se détacher de leurs créateurs et s’imposer à eux. Les institutions permanentes et les schèmes préétablis de constitution des organisations figurent parmi les types distingués; les rites quotidiens sont éphémères, tandis que les cadres généraux de socialisation forment une autre catégorie.

30. Dans une société où l’argent organise les échanges, les acteurs constatent que certaines formes sociales leur échappent. Concernant l’autonomie des formes et l’échange marchand, quelles propositions sont exactes ?

Les échanges monétaires peuvent réduire le lien social à des relations calculées.
Une forme sociale peut acquérir une logique autonome et devenir étrangère à ses créateurs.
L’argent transforme les relations marchandes en liens sociaux affranchis du calcul.
Les individus maîtrisent encore les effets des formes sociales devenues autonomes.
L’argent facilite le développement économique dans l’échange marchand.

Les échanges monétaires peuvent réduire le lien social à des relations calculées. · Une forme sociale peut acquérir une logique autonome et devenir étrangère à ses créateurs. · L’argent facilite le développement économique dans l’échange marchand.

Explication

Les formes sociales peuvent développer leurs propres lois et échapper à la maîtrise de leurs créateurs. L’argent facilite le développement économique, mais les échanges marchands peuvent aussi réduire le lien social à des relations sujet-argent-sujet calculées; ils ne l’en affranchissent donc pas.

31. À propos du rôle ambivalent des formes sociales dans la culture et les relations sociales :

Les formes sociales favorisent la spontanéité en supprimant tout cadre relationnel.
Les formes sociales donnent un cadre aux relations entre individus.
Les formes sociales peuvent limiter la spontanéité individuelle.
Les formes sociales sont nécessaires à la production d’une culture donnée.
Les formes sociales peuvent être supprimées sans affecter la vie culturelle.

Les formes sociales donnent un cadre aux relations entre individus. · Les formes sociales peuvent limiter la spontanéité individuelle. · Les formes sociales sont nécessaires à la production d’une culture donnée.

Explication

Les formes sociales sont nécessaires à la production culturelle et encadrent les liens sociaux, tout en pouvant brider la spontanéité individuelle. Les supprimer affecterait donc la vie culturelle, et leur rôle n’est pas de supprimer tout cadre relationnel.

32. Concernant la métropole chez Simmel :

Le conflit peut réunir des adversaires autour d’enjeux communs tout en les séparant.
La division métropolitaine du travail accompagne une centralisation des pouvoirs politique et économique.
La métropole associe une massification croissante à une individualisation plus forte des citadins.
Le conflit constitue pour Simmel une pathologie qui menace la régulation sociale.
La ville libère les individus d’autorités préétablies, sans leur garantir une identité stable.

Le conflit peut réunir des adversaires autour d’enjeux communs tout en les séparant. · La division métropolitaine du travail accompagne une centralisation des pouvoirs politique et économique. · La métropole associe une massification croissante à une individualisation plus forte des citadins. · La ville libère les individus d’autorités préétablies, sans leur garantir une identité stable.

Explication

La métropole conjugue massification et individualisation, et libère des autorités préétablies tout en laissant l’identité à construire. Le conflit sépare et réunit les adversaires autour d’enjeux communs; la division du travail renforce les conflits et accompagne la centralisation des pouvoirs. Simmel considère le conflit comme un moyen de régulation, non comme une pathologie.

33. Une chercheuse s’immerge temporairement dans un groupe urbain, recueille des récits de vie et mène des entretiens. Concernant les méthodes de l’École de Chicago, cochez la (les) proposition(s) exacte(s) :

L’observation participante consiste à étudier un groupe sans y entrer temporairement ni s’y immerger.
Cette immersion temporaire correspond à l’observation participante pratiquée par l’École de Chicago.
Les matériaux écrits et les récits biographiques font partie des ressources exploitées par ces chercheurs.
La démarche qualitative se distingue de la démarche quantitative devenue centrale à partir des années 1940.
La démarche quantitative devient centrale à Chicago, New York et Boston dès les années 1920.

Cette immersion temporaire correspond à l’observation participante pratiquée par l’École de Chicago. · Les matériaux écrits et les récits biographiques font partie des ressources exploitées par ces chercheurs. · La démarche qualitative se distingue de la démarche quantitative devenue centrale à partir des années 1940.

Explication

L’observation participante implique une immersion temporaire dans le groupe étudié; les matériaux écrits, les récits biographiques et les entretiens font aussi partie des méthodes mobilisées. La démarche qualitative s’oppose à la démarche quantitative, qui devient centrale à Chicago, New York et Boston à partir des années 1940. L’absence d’immersion et la datation aux années 1920 contredisent ces éléments.

34. Un dirigeant s’inspire de la réflexion de Machiavel pour consolider son pouvoir. Parmi les propositions suivantes, lesquelles sont exactes ?

Machiavel écarte le recours à la violence dans la fondation d’un pouvoir.
La réflexion de Machiavel admet qu’un gouvernement fort contribue au maintien de la collectivité.
Dans Le Prince, Machiavel examine les moyens de conquérir, de conserver et d’accroître le pouvoir.
Machiavel soutient que le pouvoir politique doit rester subordonné à l’autorité religieuse.
Le Prince, rédigé en 1513, paraît pour la première fois en 1516.

La réflexion de Machiavel admet qu’un gouvernement fort contribue au maintien de la collectivité. · Dans Le Prince, Machiavel examine les moyens de conquérir, de conserver et d’accroître le pouvoir.

Explication

Machiavel analyse la conquête, la conservation et l’accroissement du pouvoir, et préconise un gouvernement fort. Il envisage une séparation possible du politique et du religieux et juge la violence utilisable ; Le Prince a été rédigé en 1513 puis publié en 1532.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 96 flashcards sur Introduction à la sociologie.

Sur quoi repose la recherche comme quête de connaissances ?

Sur l’acceptation des faits, le doute envers les conceptions préexistantes et la conscience de ses limites.

Qu’étudie la sociologie et que fait-elle apparaître ?

Les phénomènes sociaux, les sociétés et les interactions entre individus et société, en faisant apparaître les relations derrière les situations.

Quelles étapes composent la démarche scientifique en sociologie ?

Réfléchir à la position du chercheur, se distancier de l’objet, le construire, puis élaborer une théorie avec une méthodologie nourrie des travaux antérieurs.

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