★ À maîtriser
La psychologie sociale étudie la manière dont les individus perçoivent, influencent et sont influencés par autrui (Allport, 1954).
La communication est le vecteur privilégié de l’influence, car attitudes, croyances, normes et valeurs circulent par le langage, les gestes et les symboles.
Les quatre niveaux d’analyse de Doise sont :
Compléments
Pour Moscovici (1984), les représentations émergent dans et par la communication, où les interlocuteurs partagent, transforment ou contestent les significations d’un objet.
La communication peut aussi briser des liens et provoquer des conflits interpersonnels ou intergroupes.
★ À maîtriser
Les phénomènes d’influence sociale reposent sur des formes de communication explicites ou implicites (Asch, 1951 ; Milgram, 1974).
Les règles de la vie sociale, notamment la politesse, la coopération et l’autorité, s’expriment et se régulent à travers les échanges.
Les psychologues interviennent sur les problèmes de communication dans les contextes professionnel, de communication de masse, des réseaux sociaux et de la vie familiale.
Compléments
La diffusion des idéologies, des mouvements sociaux et des innovations dépend des formes de communication (Billing, 1996 ; Habermas, 1981).
Le psychologue analyse les difficultés de communication, évalue l’impact des communications défaillantes et propose des stratégies d’action.
Les outils d’intervention comprennent :
★ À maîtriser
Compléments
📌 La limite du modèle de Lasswell est que le récepteur y reste une cible et que sa réponse n’est pas modélisée.
Le modèle de Lasswell met l’accent sur les intentions de l’émetteur et les effets du message sur le destinataire, et permet d’évaluer l’impact des messages.
Le modèle de Lasswell conçoit la communication comme un instrument de persuasion et de pouvoir, notamment utilisé dans l’analyse de la propagande et de l’influence médiatique.
L’efficacité d’un message de prévention dépend de son contenu, de son émetteur, de son canal et de son public (Severin et Tankard, 2001 ; Cho et Salmon, 2007).
★ À maîtriser
Le modèle comporte six éléments :
Les trois types de bruit distingués sont :
Compléments
📌 Le modèle de Shannon et Weaver traite les émetteurs et récepteurs comme des machines passives d’encodage et de décodage et laisse de côté le contexte social des messages.
Les extensions distinguent aussi des bruits :
Un message parfaitement audible et décodable peut ne pas être compris.
Petty et Cacioppo (1986) montrent que le bruit cognitif, notamment le parasitage attentionnel et la surcharge d’informations, réduit significativement l’impact d’un message. - Petty & Cacioppo
★ À maîtriser
Le modèle sociologique de Riley et Riley (1959) prolonge les modèles de Shannon et Weaver et de Lasswell en intégrant le contexte social de la communication.
Dans le modèle de Riley et Riley, le communicateur et le récepteur sont insérés dans des groupes primaires, tels que la famille, les amis et les collègues, qui influencent la production, la transmission et la réception des messages.
Dans le modèle de Riley et Riley, le message est filtré, interprété et orienté par les appartenances et les positions sociales des acteurs.
Compléments
Le contexte social plus large comprend :
Un discours politique n’est pas reçu de la même manière selon le milieu social, l’appartenance partisane ou les références culturelles du destinataire.
★ À maîtriser
Compléments
Le modèle de Schramm conçoit la communication comme interactive et bidirectionnelle, et insiste sur la co-construction du sens.
Rogers (1962) montre que le succès d’un programme de prévention dépend largement du feed-back des bénéficiaires et de leur proximité culturelle avec les communicateurs.
★ À maîtriser
📌 Le modèle de Jakobson montre que le langage transmet de l’information, construit des relations et exprime des affects, mais il n’explique pas les réactions du récepteur ni son influence sur l’émetteur, verbalement ou non verbalement.
Compléments
Jakobson ajoute trois éléments aux trois éléments de base que sont l’émetteur, le message et le destinataire, et considère que tous les éléments du modèle ont une importance égale.
Charaudeau (2005) montre que les leaders politiques mobilisent simultanément les fonctions référentielle, expressive et conative pour présenter des faits, exprimer des émotions ou des indignations et mobiliser à l’action.
★ À maîtriser
Les modèles linéaires se centrent sur la transmission et restent mécanistes et décontextualisés, tandis que les approches psychosociales envisagent la communication comme un processus relationnel, situé et porteur de sens, attentif aux dynamiques sociales, au pouvoir, à l’identité et aux interactions réelles.
L’approche de Palo Alto considère la communication comme un processus interactionnel où compte non seulement ce qui est dit, mais aussi la relation entre les interlocuteurs.
Selon le postulat central de l’école de Palo Alto, on ne peut pas ne pas communiquer, car tout comportement, y compris le silence, est porteur de message.
Les cinq axiomes de Palo Alto sont :
Compléments
📌 Les limites de Palo Alto sont la priorité donnée au changement comportemental et aux solutions plutôt qu’à la prise de conscience des causes de la relation défectueuse, ainsi que l’occultation des processus psychosociaux de co-construction du sens.
Les cinq approches psychosociales annoncées sont :
L’école de Palo Alto est issue des travaux de chercheurs du Mental Research Institute de Palo Alto, en Californie, et ses principaux auteurs sont Watzlawick, Beavin et Don Jackson (1967).
Bateson fait l’hypothèse que la schizophrénie serait un mécanisme de défense face à un contexte d’impossibilité créé par la double contrainte.
La confusion entre les niveaux de communication, notamment entre le contenu et la relation, peut provoquer des malentendus.
Les formes pathologiques de communication apparaissent lorsque les interactions se figent en échanges uniquement symétriques ou uniquement complémentaires, enfermant les partenaires dans une relation qui nuit à l’échange.
Bateson (1956) et Watzlawick et al. (1967) ont étudié les situations de double contrainte dans des familles de patients schizophrènes, dont l’injonction paradoxale « sois spontané ! ».
Les apports de Palo Alto comprennent l’observation directe et systématique des comportements de communication, l’attention au langage non verbal (Hall, 1966) et aux rites d’interaction (Goffman, 1974), ainsi que la mise en place d’un modèle thérapeutique incluant la famille.
La métacommunication consiste à communiquer sur la communication, par exemple en précisant « je plaisante » pour lever une ambiguïté.
Un enseignant qui demande aux élèves de participer librement mais sanctionne les réponses jugées mauvaises crée une double contrainte.
★ À maîtriser
Le contrat de communication est à la fois implicite, car il est souvent compris sans être énoncé, et contextuel, car il dépend de la situation, des rôles et des statuts des acteurs.
Le contrat de communication est dynamique et peut être négocié, transgressé ou réajusté selon la situation.
Les divergences de contrat de communication peuvent provoquer des malentendus, des conflits ou des ruptures de communication.
Compléments
Le contrat de communication repose sur quatre composantes, dont le rôle des participants et les attentes partagées sont présentés ici.
Le contrat de communication met en évidence que la réussite d’un échange suppose de partager des règles sociales et culturelles, au-delà de la transmission d’un message.
En éducation, le contrat de communication aide à analyser les règles implicites de participation, les relations hiérarchiques et la légitimation de l’autorité en institution.
Dans l’exemple de Mucchielli (2009), un médecin français attend des réponses précises et concises tandis qu’un patient d’une autre culture répond de façon narrative et contextuelle, ce qui peut entraîner une incompréhension.
Dans la relation enseignant-élève, l’élève est censé écouter et répondre dans un registre académique; le registre familier ou la contradiction frontale rompent le contrat selon Charaudeau (1992, 2005).
★ À maîtriser
L’approche de Pêcheux s’inscrit dans une filiation marxiste, qui considère le langage comme traversé par les rapports de pouvoir et les idéologies, et dans une filiation structuraliste et linguistique, qui pose l’existence de structures sous-jacentes organisant les phénomènes.
Pour Pêcheux, le discours n’est jamais neutre, car l’idéologie s’y exprime et s’y reproduit.
Chez Pêcheux, l’individu parlant est un sujet assujetti, traversé par des formations idéologiques qui orientent son discours et limitent le choix libre de ses mots.
🔄 La représentation d’autrui suit cinq étapes (Pêcheux, 1969; 1980) :
Compléments
Le discours peut servir à la domination, à la légitimation ou à la résistance.
La perception d’autrui réduit l’incertitude et facilite la communication.
Étudier un discours dans la perspective de Pêcheux consiste à analyser comment l’idéologie se matérialise dans le langage, dont les mots véhiculent des visions du monde.
Le langage administratif ou scolaire peut imposer une autorité symbolique par ses formules figées et son registre normatif, en plaçant l’usager en situation d’infériorité.
Dans le discours politique, « réforme » peut signifier moderniser dans un discours gouvernemental et détruire des acquis dans un discours syndical.
Les métaphores médiatiques de l’immigration citées sont (Charaudeau, 2015) :
Les formations idéologiques traversent le sujet → le discours reproduit ou conteste des rapports de pouvoir.
★ À maîtriser
📌 Le groupe est à la fois un espace de communication manifeste, constitué de ce qui est dit, et un espace de communication latente, constitué des non-dits, des implicites et des tensions. - Anzieu & Martin, 1990
La communication en groupe est marquée par des processus psychosociaux, tels que l’identité, les rôles et les dynamiques de pouvoir, ainsi que par des processus psychiques, tels que les désirs, les défenses et l’inconscient partagé. - Anzieu & Martin, 1990
Le modèle psychosocial distingue trois familles de facteurs (Anzieu & Martin, 1990) :
Les facteurs liés à la personne comprennent les motivations des locuteurs, leurs caractéristiques personnelles, leur état émotionnel, leurs compétences cognitives et leurs systèmes de valeurs associés à leur histoire personnelle. - Anzieu & Martin, 1990
Compléments
📌 Analyser une position sociale suppose de distinguer le statut, qui répond à la question de la place occupée, du rôle, qui renvoie aux attentes liées à cette place.
L’approche psychosociale du groupe et de la communication relève de la psychologie des groupes et de la psychanalyse appliquée aux phénomènes collectifs. - Anzieu & Martin, 1990
Le contexte physique, notamment le lieu et le moment, porte des dimensions sociales qui pèsent sur la communication. - Anzieu & Martin, 1990
Une analyse psychosociale de la communication doit prendre en compte l’ensemble des conditions sociales qui lui donnent sens. - Anzieu & Martin, 1990
L’analyse des conditions sociales de la communication consiste à définir les positions des interlocuteurs par leur statut et leur rôle, puis à déterminer les enjeux de l’échange par les risques et les bénéfices perçus. - Anzieu & Martin, 1990
★ À maîtriser
📌 Le statut comporte un aspect évaluatif, qui situe l'individu sur une échelle de prestige et de pouvoir, et un aspect institutionnel, qui fixe le cadre légal de ses droits, devoirs et obligations.
📌 Le rôle prescrit correspond aux attentes idéales du milieu social, le rôle subjectif à la manière dont la personne se l'approprie selon ses croyances, valeurs et attentes, et le rôle en acte aux conduites effectivement mises en œuvre en situation.
Compléments
L'écart entre le rôle prescrit, le rôle subjectif et le rôle en acte constitue une source majeure de tension et de souffrance au travail.
Au niveau individuel, l'apprentissage des rôles constitue une forme d'acculturation qui aide à acquérir comportements, modèles et normes de groupe nécessaires pour être accepté.
Dans l'interaction, les statuts et les rôles définissent les rapports sociaux et contribuent à réguler l'échange.
Les rôles s'exercent dans des situations concrètes face à des rôles complémentaires, ce qui exige un ajustement mutuel pour éviter les malentendus et les conflits interpersonnels.
Lorsque les risques perçus sont trop importants, ils deviennent un frein à la communication.
Communiquer suppose que les interlocuteurs construisent une référence commune minimale sur laquelle s'accorder.
L'analyse des enjeux permet d'interpréter les silences, les évitements et les refus de participer autrement que comme un simple manque de motivation.
Le statut place, le rôle met en action
★ À maîtriser
Compléments
★ À maîtriser
📌 La situation fournit un cadre d'interprétation composé du lieu, du moment, des rôles et des enjeux auxquels il faut se référer pour comprendre les messages.
Le modèle situationnel de Mucchielli critique les approches trop abstraites et générales et pose que l'interaction doit être comprise dans la situation concrète où elle se déroule (Mucchielli, 2000).
Les cadres de référence façonnent l'interprétation des messages selon les représentations sociales, l'expérience et la culture de chaque individu; un même mot ou geste peut donc être perçu différemment.
La communication est interactive et adaptative plutôt que linéaire, et elle est inséparable de la situation où elle se déroule.
Compléments
Les malentendus apparaissent lorsque les acteurs ne partagent pas les mêmes cadres d'interprétation.
Dans cette illustration, le statut de la personne qui réprimande modifie le sens de la situation et les normes relationnelles orientant l'échange.
Dans l'ajustement stratégique, les individus adaptent continuellement leurs comportements à leurs objectifs, par exemple convaincre, négocier ou éviter un conflit.
Dans l'illustration de Mucchielli (1995), les participants à qui l'on présente une infraction routière répondent majoritairement en niant l'infraction et en invoquant des circonstances atténuantes face à un policier, tandis qu'ils s'en prennent majoritairement au passant face à un piéton.
📌 Les modèles de communication évoluent de la transmission, avec Lasswell pour les effets et Shannon & Weaver pour le codage et les bruits, à l'interaction, avec Riley & Riley pour les appartenances, Schramm pour le feed-back et Jakobson pour les fonctions, puis au rapport social situé, avec Palo Alto pour la relation, le contrat pour les règles implicites, Pêcheux pour l'idéologie, Anzieu & Martin pour les statuts, rôles et significations, et Mucchielli pour la situation.
Transmission → interaction → rapport social situé
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1. Quelle question centrale caractérise la psychologie sociale selon Allport ?
2. Dans une équipe, les membres adoptent une nouvelle norme après en avoir entendu parler, observé des gestes d’approbation et vu des symboles associés. Quel rôle de la communication cet exemple illustre-t-il ?
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Selon Allport (1954), que cherche à comprendre la psychologie sociale chez les individus ?
La manière dont ils perçoivent, influencent et sont influencés par autrui.
Quel rôle la communication joue-t-elle dans l’influence sociale ?
Elle en est le vecteur privilégié.
Par quels moyens les attitudes, croyances, normes et valeurs circulent-elles ?
Par le langage, les gestes et les symboles.
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