QCM : Modèles de communication (49 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle question centrale caractérise la psychologie sociale selon Allport ?

La manière dont les institutions organisent les normes et les conduites collectives
La manière dont les individus perçoivent, influencent et sont influencés par autrui
La manière dont les individus acquièrent seuls des connaissances sur leur environnement
La manière dont les groupes se distinguent sans considérer les relations entre individus

La manière dont les individus perçoivent, influencent et sont influencés par autrui

Explication

Allport caractérise la psychologie sociale par l’étude de la perception et de l’influence réciproques entre individus et autrui. La réduction aux conduites individuelles, aux institutions ou aux seules relations entre groupes écarte une partie de cette définition.

2. Dans une équipe, les membres adoptent une nouvelle norme après en avoir entendu parler, observé des gestes d’approbation et vu des symboles associés. Quel rôle de la communication cet exemple illustre-t-il ?

Elle empêche l’influence en transformant les échanges en conflits entre membres
Elle fait circuler l’influence au moyen du langage, des gestes et des symboles
Elle transmet l’influence par la parole, indépendamment des gestes et des symboles
Elle établit l’influence en déterminant les statuts et les rôles de chaque membre

Elle fait circuler l’influence au moyen du langage, des gestes et des symboles

Explication

La communication est un vecteur privilégié de l’influence, car attitudes, croyances, normes et valeurs circulent par le langage, les gestes et les symboles. Les statuts relèvent du niveau positionnel, et réduire l’échange à la parole néglige les gestes et les symboles.

3. Dans le modèle ternaire de Moscovici, quels sont les trois pôles qui organisent la compréhension des phénomènes de communication ?

Sujet, contexte et statut
Alter, groupe et idéologie
Ego, alter et objet
Ego, groupe et norme

Ego, alter et objet

Explication

Le modèle ternaire articule l’ego, c’est-à-dire le sujet, l’alter, c’est-à-dire l’autre, et l’objet, c’est-à-dire le contenu de la communication. Le groupe, la norme, le contexte et le statut ne remplacent pas ces trois pôles.

4. Une personne adopte une opinion après une consigne explicite, tandis qu’une autre se conforme sans consigne directe aux attitudes de son entourage. Quel principe commun ces situations illustrent-elles ?

L’influence sociale s’appuie sur les échanges qui régulent les règles de politesse
L’influence sociale s’appuie sur la communication qui diffuse les innovations collectives
L’influence sociale s’appuie sur une communication explicite formulée comme une consigne
L’influence sociale peut s’appuyer sur une communication explicite ou implicite

L’influence sociale peut s’appuyer sur une communication explicite ou implicite

Explication

Les phénomènes d’influence sociale reposent sur des formes de communication explicites ou implicites. Les consignes directes ne couvrent que la forme explicite, tandis que la politesse et la diffusion des innovations sont d’autres rôles des échanges.

5. Dans une réunion, les collègues ajustent leur façon de coopérer et de s’adresser à leur responsable au fil des échanges. Que montrent principalement ces échanges ?

Les règles sociales s’expriment et se régulent à travers les échanges
Les règles sociales se limitent aux relations d’autorité entre collègues
Les règles sociales se diffusent à travers les échanges sans s’y réguler
Les règles sociales se contestent à travers les représentations collectives

Les règles sociales s’expriment et se régulent à travers les échanges

Explication

La politesse, la coopération et l’autorité s’expriment et se régulent au cours des échanges sociaux. La diffusion seule ne rend pas compte de cette régulation, et les règles ne se limitent pas à l’autorité ni à la contestation des représentations.

6. Une psychologue est sollicitée pour des difficultés de communication dans une famille, sur un réseau social et au sein d’une équipe de travail. Ces demandes relèvent-elles de contextes où les psychologues interviennent ?

Non, les réseaux sociaux ne font pas partie de ces domaines
Oui, ces trois contextes font partie des domaines d’intervention
Oui, mais seul le contexte familial fait partie de ces domaines
Oui, mais les contextes doivent être des outils d’évaluation

Oui, ces trois contextes font partie des domaines d’intervention

Explication

Les psychologues interviennent sur les problèmes de communication dans la vie familiale, les réseaux sociaux et les contextes professionnels, entre autres. Les outils d’évaluation sont des moyens d’intervention, pas des contextes, et les réseaux sociaux font bien partie des domaines concernés.

7. Quelle série de questions résume le modèle analytique de Lasswell ?

Qui transmet à qui, avec quel code, dans quel contexte et à quelle fréquence ?
Qui parle, à quel moment, dans quel lieu et avec quelle intention ?
Qui dit quoi, par quel canal, à qui et avec quel effet ?
Quel message circule, avec quel bruit, vers quel récepteur et selon quel résultat ?

Qui dit quoi, par quel canal, à qui et avec quel effet ?

Explication

Lasswell analyse la communication à travers l’émetteur, le contenu, le canal, le public et l’effet. La fréquence et le contexte relèvent d’autres questions, tandis que le bruit et le code appartiennent au modèle technique.

8. Une équipe évalue une campagne en examinant les changements de connaissances, d’attitudes et de comportements chez le public ciblé. À quelle question de Lasswell cette évaluation répond-elle ?

« Par quel canal ? »
« Avec quel effet ? »
« Dit quoi ? »
« À qui ? »

« Avec quel effet ? »

Explication

Dans le modèle de Lasswell, les effets comprennent les résultats cognitifs, attitudinaux et comportementaux produits. Le contenu désigne ce qui est transmis, le public indique à qui le message s’adresse et le canal est son support.

9. Dans une transmission, les symboles arrivent avec exactitude, mais leur sens est mal interprété et le destinataire n’agit pas comme prévu. Quelle catégorie de bruit correspond précisément à cette incidence sur sa conduite ?

Le bruit sémantique
Le bruit physiologique
Le bruit d’efficacité
Le bruit physique

Le bruit d’efficacité

Explication

Le bruit d’efficacité concerne l’incidence du sens reçu sur la conduite du destinataire. Le bruit physique touche l’exactitude des symboles, le bruit sémantique leur sens, et le bruit physiologique appartient aux extensions du modèle.

10. Un message est transmis sans défaut sonore et son code est décodé correctement, mais les destinataires ne saisissent pas ce qu’il signifie. Quel constat du modèle de Shannon et Weaver s’applique ?

Un message décodé garantit que son sens est compris
Un code correctement décodé prouve un effet comportemental
Une transmission incomprise révèle un défaut sonore
Un message audible et décodable peut rester incompris

Un message audible et décodable peut rester incompris

Explication

La qualité sonore et le décodage ne garantissent pas la compréhension : un message parfaitement audible et décodable peut rester incompris. L’absence de défaut sonore écarte ici l’explication par le bruit physique, et comprendre le code ne prouve pas un effet sur la conduite.

11. Quelle contribution caractérise le modèle sociologique proposé par Riley et Riley en 1959 ?

Il ajoute le feed-back comme élément central de la communication.
Il remplace l’interaction par une critique des échanges entre interlocuteurs.
Il prolonge des modèles antérieurs en intégrant le contexte social de la communication.
Il mesure la quantité d’information en traitant les acteurs comme des machines.

Il prolonge des modèles antérieurs en intégrant le contexte social de la communication.

Explication

Riley et Riley prolongent les modèles de Shannon et Weaver et de Lasswell en tenant compte du contexte social. L’interaction par feed-back relève de Schramm, tandis que la mesure de l’information renvoie à une approche technique.

12. Une personne prépare un message avec l’aide de ses collègues, puis son entourage familial en influence la réception : quel aspect du modèle de Riley et Riley cette situation illustre-t-elle ?

L’influence du champ d’expérience partagé entre deux interlocuteurs.
L’influence des préférences personnelles sans rôle des groupes d’appartenance.
L’influence des institutions et des normes du contexte social général.
L’influence des groupes primaires sur la production et la réception du message.

L’influence des groupes primaires sur la production et la réception du message.

Explication

Les groupes primaires, comme la famille et les collègues, influencent la production, la transmission et la réception des messages. Les institutions et normes relèvent du contexte social plus large, et le champ d’expérience partagé est une notion du modèle de Schramm.

13. Deux destinataires interprètent différemment le même message en raison de leurs positions sociales distinctes : quel mécanisme du modèle de Riley et Riley explique cette différence ?

Le message est filtré, interprété et orienté par les appartenances et positions sociales.
Le message varie selon la quantité d’information encodée par l’émetteur.
Le message demeure indépendant des appartenances et positions des acteurs.
Le message est ajusté grâce aux réponses successives des interlocuteurs.

Le message est filtré, interprété et orienté par les appartenances et positions sociales.

Explication

Dans ce modèle, les appartenances et les positions sociales des acteurs filtrent et orientent l’interprétation du message. L’ajustement par les réponses correspond au feed-back de Schramm, tandis que la quantité d’information ne rend pas compte de cette influence sociale.

14. Pendant un échange, une interlocutrice modifie son explication après avoir observé les réactions de son partenaire : quel principe du modèle de Schramm décrit cet échange ?

Une interprétation filtrée par les appartenances sociales des acteurs.
Une compréhension fondée sur des connaissances communes préalables.
Une interaction circulaire où le feed-back permet d’ajuster les messages.
Une transmission linéaire où le message suit un trajet à sens unique.

Une interaction circulaire où le feed-back permet d’ajuster les messages.

Explication

Le modèle circulaire de Schramm repose sur l’interaction constante : le feed-back permet à chacun d’ajuster son message aux réponses de l’autre. Le trajet à sens unique caractérise la vision linéaire, et les appartenances sociales relèvent du modèle de Riley et Riley.

15. Deux spécialistes utilisent les mêmes termes techniques et partagent des connaissances pertinentes, ce qui facilite leur compréhension mutuelle : quelle notion de Schramm cela illustre-t-il ?

La boucle de feed-back entre les interlocuteurs.
La co-construction du sens au cours de l’interaction.
L’appartenance des interlocuteurs à un groupe primaire.
Le champ d’expérience partagé entre les interlocuteurs.

Le champ d’expérience partagé entre les interlocuteurs.

Explication

Le champ d’expérience partagé désigne le degré de connaissances, de représentations ou de codes communs qui favorise la compréhension mutuelle. Le feed-back concerne l’ajustement réciproque, tandis que le groupe primaire relève du modèle sociologique de Riley et Riley.

16. Quel objectif caractérise le modèle linguistique de Jakobson proposé en 1960 ?

Expliquer la communication par les rapports de pouvoir et les identités sociales
Décrire la communication comme un transfert linéaire d’informations entre deux personnes
Placer le langage au centre pour saisir la complexité de la communication humaine
Étudier la manière dont le récepteur influence les réponses de l’émetteur

Placer le langage au centre pour saisir la complexité de la communication humaine

Explication

Le modèle de Jakobson place le langage au cœur de la communication afin d’en saisir la complexité. Le transfert linéaire réduit cette ambition, les rapports de pouvoir relèvent des approches psychosociales et les réactions du récepteur font partie des limites du modèle.

17. Dans un discours, une responsable expose des faits, exprime son indignation et encourage le public à agir. Quelles fonctions de Jakobson mobilise-t-elle ?

Les fonctions poétique, phatique et métalinguistique
Les fonctions référentielle, expressive et conative
Les fonctions expressive, poétique et métalinguistique
Les fonctions référentielle, phatique et métalinguistique

Les fonctions référentielle, expressive et conative

Explication

La fonction référentielle présente les faits, l’expressive manifeste les émotions et la conative cherche à mobiliser le destinataire. La fonction poétique met en valeur la forme, la phatique maintient le contact et la métalinguistique porte sur le code.

18. Un analyste utilise le modèle de Jakobson pour décrire un échange, mais veut aussi expliquer comment la réponse du récepteur modifie ensuite l’émetteur. Quelle limite doit-il prendre en compte ?

Le modèle détaille les réactions du récepteur, mais néglige les fonctions du langage
Le modèle décrit seulement la transmission d’informations, sans les relations ni les affects
Le modèle ne rend pas compte des réactions du récepteur ni de son influence sur l’émetteur
Le modèle traite l’interactivité, mais ne considère pas le langage comme plurifonctionnel

Le modèle ne rend pas compte des réactions du récepteur ni de son influence sur l’émetteur

Explication

Le modèle met en évidence que le langage transmet de l’information, construit des relations et exprime des affects, mais il n’explique pas les réactions du récepteur ni son influence sur l’émetteur. Lui attribuer une analyse détaillée du récepteur confond son apport avec sa limite.

19. Une équipe compare un modèle centré sur la transmission à une approche attentive aux échanges réels, à l’identité et au pouvoir. Quelle caractérisation correspond à l’approche psychosociale ?

Elle place les dynamiques sociales et identitaires au centre du modèle linéaire
Elle conçoit la communication comme un processus relationnel, situé et porteur de sens
Elle la réduit au contenu verbal échangé, indépendamment des relations sociales
Elle conçoit la communication comme une transmission mécaniste et décontextualisée

Elle conçoit la communication comme un processus relationnel, situé et porteur de sens

Explication

Les approches psychosociales considèrent la communication comme relationnelle, située et porteuse de sens, avec une attention aux dynamiques sociales, au pouvoir et à l’identité. Le caractère mécaniste et décontextualisé décrit plutôt les modèles linéaires; réduire l’analyse au message néglige les interactions.

20. Lors d’une réunion, une personne garde le silence après une proposition et les autres l’interprètent comme un signe de désaccord. Quel principe de Palo Alto éclaire cette situation ?

Seules les paroles formulées transmettent un message
Tout comportement, y compris le silence, peut communiquer
Un message existe seulement lorsque son auteur veut consciemment communiquer
Le silence constitue un message uniquement s’il est expliqué verbalement

Tout comportement, y compris le silence, peut communiquer

Explication

Pour Palo Alto, on ne peut pas ne pas communiquer : tout comportement, y compris le silence, est porteur de message. Réduire la communication aux paroles ou à une intention consciente écarte ce principe.

21. Deux collègues prononcent la même phrase, mais l’un la comprend comme une plaisanterie et l’autre comme un reproche. Quel aspect l’approche de Palo Alto invite-t-elle à examiner en plus des mots ?

L’ordre chronologique des prises de parole
La forme sonore de la phrase
La relation entre les interlocuteurs
Le choix du code linguistique

La relation entre les interlocuteurs

Explication

Palo Alto envisage la communication comme un processus interactionnel : la relation entre les interlocuteurs compte autant que ce qui est dit. Le code linguistique concerne le système utilisé, tandis que la ponctuation porte sur l’interprétation des séquences et de leurs causes.

22. Une personne reçoit d’un proche deux consignes incompatibles et ne peut pas discuter de cette contradiction avec lui. Comment caractériser cette situation ?

Une communication analogique
Une ponctuation divergente des séquences
Une double contrainte
Un échange complémentaire

Une double contrainte

Explication

La double contrainte associe des messages contradictoires impossibles à satisfaire simultanément et l’impossibilité de métacommuniquer sur la situation. Une ponctuation divergente concerne l’interprétation des séquences; la communication analogique est non verbale et l’échange complémentaire est hiérarchique.

23. Lors d’une réunion, les participants savent qui peut prendre la parole, sur quel sujet et selon quelles formes, sans que ces règles aient été écrites. Quel cadre organise ainsi leur échange ?

Une distribution des rôles
Un contrat de communication
Un contenu informationnel
Un accord de pertinence

Un contrat de communication

Explication

Le contrat de communication est un cadre de normes implicites qui règle ce qui peut être dit, comment et dans quelles conditions. Le contenu informationnel désigne ce qui est transmis, la distribution des rôles porte sur les positions des acteurs et l’accord de pertinence concerne ce qui convient dans l’échange.

24. Une règle de prise de parole n’a jamais été formulée, mais les participants la comprennent; elle change lorsque les rôles et la situation changent. Quelles deux caractéristiques du contrat de communication cela illustre-t-il ?

Explicite et dynamique
Explicite et contextuel
Implicite et universel
Implicite et contextuel

Implicite et contextuel

Explication

Le contrat est implicite lorsqu’il est compris sans être formulé et contextuel lorsqu’il dépend de la situation, des rôles et des statuts. Une règle explicitement énoncée n’est pas implicite; une règle universelle ne varie pas selon le contexte, et le caractère dynamique concerne sa négociation ou son réajustement.

25. Pendant un cours consacré à l’analyse d’un texte, une étudiante raconte longuement un incident personnel sans lien avec le sujet. Quelle règle permet de comprendre que cette digression peut être jugée déplacée dans l’échange ?

Les attentes de sincérité
Les droits de parole liés aux rôles
Les règles de pertinence
La négociation du contrat

Les règles de pertinence

Explication

Les règles de pertinence reposent sur un accord implicite concernant ce qui convient dans l’échange; une digression personnelle en classe peut donc être jugée hors contrat. Les droits de parole concernent les positions des participants, la sincérité relève des attentes partagées et une digression ne constitue pas en elle-même une renégociation.

26. Dans une équipe, des membres pensent qu’une plaisanterie est acceptable pendant une réunion, tandis que d’autres l’estiment inappropriée. Quel effet cette divergence de contrat de communication peut-elle produire ?

Une coopération accrue autour des attentes communes
Des malentendus, des conflits ou une rupture de communication
Une hiérarchie plus claire entre les participants
Une transmission plus précise du contenu échangé

Des malentendus, des conflits ou une rupture de communication

Explication

Des divergences sur les règles implicites de l’échange peuvent provoquer des malentendus, des conflits ou des ruptures de communication. Une différence de statut ne suffit pas à expliquer cet effet, et la divergence ne garantit ni une coopération accrue ni une transmission plus précise.

27. Une analyse du discours étudie à la fois la manière dont le langage exprime des rapports de pouvoir et des idéologies, et les structures sous-jacentes qui organisent les phénomènes. À quelle double filiation de Pêcheux cela correspond-il ?

Marxiste et structuraliste et linguistique
Psychologique et structuraliste
Marxiste et centrée sur la liberté individuelle
Structuraliste et linguistique et centrée sur la liberté individuelle

Marxiste et structuraliste et linguistique

Explication

Pêcheux articule une filiation marxiste, attentive aux rapports de pouvoir et aux idéologies, et une filiation structuraliste et linguistique, attentive aux structures sous-jacentes. L’approche centrée sur la liberté individuelle ne correspond pas à cette double filiation, et l’approche psychologique ne remplace pas l’une de ses composantes.

28. Une chercheuse relève qu’un discours présente une organisation sociale comme naturelle et contribue ainsi à reconduire une idéologie. Quelle analyse est conforme à la conception de Pêcheux ?

Le discours traduit uniquement les intentions du locuteur
Le discours exprime et reproduit une idéologie
Le discours décrit les faits sans porter d’idéologie
Le discours organise les droits de parole des participants

Le discours exprime et reproduit une idéologie

Explication

Pour Pêcheux, le discours n’est jamais neutre: l’idéologie s’y exprime et s’y reproduit. Le traiter comme une description sans idéologie méconnaît cette thèse; le réduire aux intentions individuelles néglige le rôle de l’idéologie, et les droits de parole relèvent du contrat de communication.

29. Dans un milieu professionnel, un groupe partage des contraintes et des ressources langagières qui organisent sa manière de parler. Quelle notion désigne cet ensemble ?

Une formation discursive
Une catégorisation
Un sujet assujetti
Un interdiscours

Une formation discursive

Explication

Une formation discursive est l’ensemble des règles, contraintes et ressources langagières qui organise la manière de parler d’un groupe social. L’interdiscours désigne le réseau d’autres discours, le sujet assujetti la position de l’individu traversé par des idéologies, et la catégorisation une étape de la représentation d’autrui.

30. Une personne rencontre un inconnu, le classe dans une catégorie, lui attribue les traits associés à cette catégorie, puis adapte sa conduite à ses attentes. À quelle étape du processus de représentation d’autrui arrive-t-elle alors ?

À l’attribution des caractéristiques de la catégorie
À la sanction de l’action
À l’orientation de l’action
À la réduction de l’incertitude

À l’orientation de l’action

Explication

Après la catégorisation et l’attribution des caractéristiques associées à la catégorie, les attentes formées orientent la conduite envers la personne. L’attribution précède cette étape, la sanction vient ensuite pour maintenir ou réajuster la première impression, et la réduction de l’incertitude correspond à la catégorisation.

31. Lors d’une réunion, les échanges sont influencés à la fois par les rôles et les rapports de pouvoir, ainsi que par des désirs et des défenses partagés. Comment caractériser ces influences ?

Comme des facteurs liés à la situation qui déterminent seuls les échanges
Comme des caractéristiques personnelles indépendantes des dynamiques collectives
Comme des significations explicites qui structurent les prises de parole
Comme des processus psychosociaux et psychiques qui marquent la communication en groupe

Comme des processus psychosociaux et psychiques qui marquent la communication en groupe

Explication

La communication en groupe est marquée par des processus psychosociaux, comme les rôles et le pouvoir, et par des processus psychiques, comme les désirs et les défenses. Réduire ces influences aux facteurs individuels, matériels ou explicites écarte une partie de cette dynamique.

32. Dans une équipe, les membres parlent ouvertement d’un désaccord, tandis qu’une tension liée à un sujet tu reste perceptible sans être formulée. Comment distinguer ces deux dimensions de la communication ?

Les propos relèvent du manifeste et la tension non formulée du latent
Les deux relèvent du latent puisqu’ils concernent un désaccord
Les deux relèvent du manifeste puisqu’ils surviennent dans l’échange
Les propos relèvent du latent et la tension non formulée du manifeste

Les propos relèvent du manifeste et la tension non formulée du latent

Explication

La communication manifeste correspond à ce qui est dit, tandis que la communication latente comprend les non-dits, les implicites et les tensions. Confondre les propos prononcés avec les implicites inverse cette distinction; assimiler toute tension au manifeste ou tout désaccord au latent simplifie à tort la situation.

33. Pour analyser une discussion, une chercheuse classe les éléments observés selon la personne, la situation et les significations. À quel cadre de classement recourt-elle ?

Aux trois étapes successives d’un échange entre interlocuteurs
Aux trois familles de facteurs du modèle psychosocial de la communication
Aux trois dimensions institutionnelles du statut social
Aux trois formes de communication manifeste dans un groupe

Aux trois familles de facteurs du modèle psychosocial de la communication

Explication

Le modèle psychosocial distingue les facteurs liés à la personne, à la situation et aux significations. Les étapes chronologiques, les dimensions du statut et les formes manifestes ne constituent pas ces trois familles.

34. Deux personnes discutent d’un même sujet, mais l’une est découragée, possède peu de connaissances sur celui-ci et l’aborde à partir d’expériences passées négatives. À quelle famille appartiennent ces éléments ?

Aux facteurs liés aux rôles sociaux
Aux facteurs liés aux significations
Aux facteurs liés à la situation
Aux facteurs liés à la personne

Aux facteurs liés à la personne

Explication

L’état émotionnel, les compétences cognitives et les systèmes de valeurs associés à l’histoire personnelle sont des facteurs liés à la personne. Le lieu et le moment relèvent de la situation; les significations collectives et les rôles sont d’autres dimensions.

35. Dans une société donnée, que désigne le statut d’un individu ?

Une position ou caractéristique sociale qui précise sa condition ou son rang
La manière personnelle dont il interprète les attentes de son milieu
Le cadre légal qui fixe ses droits et ses obligations
L’ensemble des conduites qu’il met en œuvre dans une situation

Une position ou caractéristique sociale qui précise sa condition ou son rang

Explication

Le statut désigne une position ou une caractéristique sociale qui précise la condition ou le rang d’un individu parmi d’autres. Les conduites relèvent du rôle, l’interprétation personnelle du rôle subjectif et les droits et obligations de l’aspect institutionnel du statut.

36. Une commission distingue, pour une fonction, le prestige et le pouvoir associés à la position, puis les droits et obligations définis par la loi. Comment classer ces deux aspects du statut ?

Le prestige et le pouvoir sont évaluatifs; les droits et obligations sont institutionnels
Le prestige et le pouvoir sont des rôles en acte; les droits sont des rôles subjectifs
Le prestige et le pouvoir sont institutionnels; les droits et obligations sont évaluatifs
Le prestige et le pouvoir sont des attentes subjectives; les droits sont des conduites prescrites

Le prestige et le pouvoir sont évaluatifs; les droits et obligations sont institutionnels

Explication

L’aspect évaluatif situe le statut sur une échelle de prestige et de pouvoir, tandis que l’aspect institutionnel fixe le cadre légal des droits et obligations. Inverser ces aspects confond rang social et cadre légal; les rôles en acte et subjectif concernent les conduites et leur appropriation.

37. Une personne occupant un statut donné adopte les conduites normalement attendues de cette position. Comment nomme-t-on cet ensemble de conduites ?

Le cadre institutionnel, ensemble des obligations légales
Le rôle, aspect dynamique du statut
Le statut, position sociale de la personne
Le prestige, rang de la personne dans une hiérarchie

Le rôle, aspect dynamique du statut

Explication

Le rôle est l’ensemble des conduites normalement requises d’une personne possédant un statut social; il en constitue l’aspect dynamique. La position elle-même relève du statut, tandis que le prestige et les obligations légales en sont des aspects distincts.

38. Dans une organisation, les attentes idéales liées à un poste diffèrent de la façon dont une salariée les comprend, et ses comportements réels en situation s’en écartent également. Comment nommer ces trois dimensions, dans l’ordre ?

Rôle prescrit, rôle en acte, rôle subjectif
Rôle prescrit, rôle subjectif, rôle en acte
Rôle subjectif, rôle prescrit, rôle en acte
Statut institutionnel, rôle subjectif, rôle prescrit

Rôle prescrit, rôle subjectif, rôle en acte

Explication

Le rôle prescrit correspond aux attentes idéales du milieu, le rôle subjectif à la manière dont la personne se les approprie, et le rôle en acte aux conduites réellement mises en œuvre. Intervertir les deux dernières dimensions confond interprétation personnelle et comportement observable; le statut institutionnel concerne les droits et obligations.

39. Deux collègues entendent la même annonce, mais l’un retient les éléments qui servent ses objectifs tandis que l’autre insiste sur ceux qui correspondent à ses valeurs. Quel processus explique cette différence de traitement du message ?

Le filtrage, qui sélectionne et transforme le message selon les intérêts et les représentations de chacun
L’effet de halo, qui fait déteindre une impression globale sur l’évaluation d’autres traits
La rumeur, qui transforme une affirmation en information vérifiée par des données concrètes
La transmission linéaire, qui fait dépendre le sens du message de l’émetteur seul

Le filtrage, qui sélectionne et transforme le message selon les intérêts et les représentations de chacun

Explication

Le filtrage sélectionne et transforme le message selon les intérêts, les motivations, les valeurs et les représentations des interactants. L’effet de halo concerne les impressions globales, la transmission linéaire réduit la communication à un transfert, et une rumeur ne devient pas vérifiée par cette définition.

40. Une affirmation générale circule comme vraie, mais aucune donnée concrète ne permet d’en vérifier l’exactitude. Comment la qualifier ?

Un effet de halo
Une rumeur
Un ajustement stratégique
Une information vérifiée

Une rumeur

Explication

Une rumeur est une affirmation générale présentée comme vraie sans données concrètes permettant d’en vérifier l’exactitude, définition attribuée à Allport et Postman. L’information vérifiée dispose d’éléments de contrôle, l’effet de halo relève d’une impression affective et l’ajustement stratégique concerne l’adaptation des comportements.

41. Après avoir trouvé une candidate sympathique, un recruteur juge aussi son sérieux élevé, sans élément distinct concernant ce trait. Quel mécanisme décrit ce jugement ?

La rumeur, où une affirmation générale circule sans preuve concrète de son exactitude
L’ajustement stratégique, où un comportement change pour atteindre un objectif relationnel
L’effet de halo, où une impression globale colore l’évaluation d’un trait sans rapport direct
Le filtrage, où les intérêts déterminent la sélection et la transformation d’un message

L’effet de halo, où une impression globale colore l’évaluation d’un trait sans rapport direct

Explication

L’effet de halo fait déteindre une impression globale positive ou négative sur l’évaluation de traits qui n’y sont pas liés. Le filtrage porte sur le traitement du message, la rumeur sur une affirmation invérifiable et l’ajustement stratégique sur l’adaptation des comportements.

42. Une équipe veut comprendre un désaccord survenu pendant une réunion précise, avec ses rôles et ses enjeux, plutôt que d’appliquer une théorie générale. Quelle démarche correspond au modèle situationnel de Mucchielli ?

Examiner l’interaction dans la situation concrète où elle se déroule
Expliquer le désaccord par les traits personnels en laissant de côté le contexte
Étudier l’échange comme un transfert linéaire entre un émetteur et un récepteur
Déduire le sens de l’échange à partir d’une loi générale hors contexte

Examiner l’interaction dans la situation concrète où elle se déroule

Explication

Mucchielli critique les approches trop abstraites et générales et propose de comprendre l’interaction dans la situation concrète où elle se déroule. Une explication hors contexte et une conception strictement linéaire ne suivent pas cette démarche; les seuls traits personnels ne rendent pas compte de la situation.

43. Lors d’un échange tendu, une phrase est interprétée différemment selon qu’elle est prononcée dans un entretien d’embauche ou entre amis. Quels éléments du cadre situationnel faut-il notamment examiner pour comprendre ce sens ?

Les représentations sociales, l’expérience et la culture de chaque personne
Le lieu, le moment, les rôles et les enjeux de l’interaction
L’objectif de convaincre, de négocier ou d’éviter un conflit
L’impression affective générale laissée par la personne qui parle

Le lieu, le moment, les rôles et les enjeux de l’interaction

Explication

La situation sert de cadre d’interprétation et comprend notamment le lieu, le moment, les rôles et les enjeux auxquels il faut se référer. Les représentations et la culture relèvent des cadres de référence, les objectifs de l’ajustement stratégique et l’impression affective de l’effet de halo.

44. Deux personnes entendent le même mot lors d’une discussion; l’une le comprend comme une marque de respect et l’autre comme une critique, en raison de leurs expériences et cultures différentes. Quel facteur explique cette divergence ?

La conception linéaire, qui suppose une interprétation identique du message transmis
Leurs cadres de référence, façonnés par les représentations sociales, l’expérience et la culture
Le tact relationnel, qui adoucit une critique pour préserver la relation
Le cadre situationnel, limité ici au lieu et au moment de l’échange

Leurs cadres de référence, façonnés par les représentations sociales, l’expérience et la culture

Explication

Les cadres de référence façonnés par les représentations sociales, l’expérience et la culture expliquent qu’un même mot puisse être perçu différemment. Le lieu et le moment ne suffisent pas à expliquer cette divergence, le tact concerne l’équilibre relationnel et la conception linéaire ne rend pas compte de la diversité des interprétations.

45. Pendant une négociation, les interlocuteurs modifient leurs propos en réponse aux réactions de l’autre et au contexte. Quelle conception de la communication décrit le mieux cet échange ?

Une communication linéaire, conçue comme un transfert du locuteur vers l’auditeur
Une communication réciproque, mais indépendante de la situation où elle se déroule
Une communication déterminée par un cadre fixe, sans adaptation des interlocuteurs
Une communication interactive et adaptative, inséparable de la situation

Une communication interactive et adaptative, inséparable de la situation

Explication

Le modèle situationnel conçoit la communication comme interactive et adaptative, et inséparable de la situation où elle se déroule. La transmission linéaire réduit l’échange à un transfert; un cadre fixe et l’indépendance à l’égard du contexte écartent l’adaptation et la situation.

46. Une équipe étudie comment les règles implicites d’un échange, les statuts des interlocuteurs et la situation sociale influencent le sens produit. À quelle étape de l’évolution des modèles de communication correspond cette approche ?

À la communication comme rapport social situé
À la communication comme interaction
À l’analyse des seules appartenances sociales
À la communication comme transmission

À la communication comme rapport social situé

Explication

L’approche du rapport social situé prend en compte la relation, les règles implicites, les statuts et la situation. La transmission se centre sur le codage et les bruits, l’interaction sur la réciprocité et le feed-back, tandis que les appartenances ne constituent qu’un élément de l’approche interactionnelle.

47. Une chercheuse étudie comment les émotions d’une personne, l’influence entre deux collègues, leurs statuts respectifs et les représentations collectives s’articulent dans une situation de travail. Quel ensemble de niveaux d’analyse correspond au modèle de Doise ?

Intra-individuel, interpersonnel, positionnel, idéologies et représentations collectives
Intra-individuel, interpersonnel, institutionnel, comportements observables
Émotionnel, relationnel, positionnel, représentations individuelles
Intra-individuel, interpersonnel, catégoriel, normes et interactions

Intra-individuel, interpersonnel, positionnel, idéologies et représentations collectives

Explication

Le modèle distingue les perceptions, émotions et cognitions individuelles, les interactions, les statuts et catégories sociales, puis les idéologies et représentations collectives. Le niveau institutionnel substitue un niveau absent, les représentations individuelles confondent deux plans et les normes et interactions ne désignent pas le dernier niveau.

48. Une équipe analyse une liaison télégraphique militaire où une partie du message se perd pendant la transmission. Quel objectif correspond à l’origine du modèle de Shannon et Weaver ?

Décrire les échanges et les rapports de statut entre interlocuteurs
Étudier la transmission de l’information et les pertes dues au bruit
Mesurer les réactions du récepteur après la réception du message
Évaluer les effets persuasifs d’un message sur un public

Étudier la transmission de l’information et les pertes dues au bruit

Explication

Shannon et Weaver ont élaboré leur modèle pour étudier la transmission de l’information dans les systèmes de télécommunication et les limites imposées par le bruit. La persuasion médiatique relève d’une autre approche, les rapports de statut ne sont pas l’objet du modèle technique, et l’analyse des réactions du public n’est pas son objectif d’origine.

49. Dans un schéma de communication où l’on distingue la source, la personne qui reçoit, le système de signes, la voie de transmission, le contenu et la situation évoquée, quels sont les six éléments du modèle de Jakobson ?

Émetteur, récepteur, bruit, canal, message et rétroaction
Source, destinataire, intention, canal, contenu et contexte
Émetteur, récepteur, code, canal, message et référent
Émetteur, public, code, support, effet et référent

Émetteur, récepteur, code, canal, message et référent

Explication

Le modèle de Jakobson comprend l’émetteur, le récepteur, le code, le canal, le message et le référent. Le bruit est une notion liée aux perturbations de transmission, tandis que les intentions et les effets ne remplacent pas les éléments de cette liste.

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Mémorisez les réponses avec 93 flashcards sur Modèles de communication.

Selon Allport (1954), que cherche à comprendre la psychologie sociale chez les individus ?

La manière dont ils perçoivent, influencent et sont influencés par autrui.

Quel rôle la communication joue-t-elle dans l’influence sociale ?

Elle en est le vecteur privilégié.

Par quels moyens les attitudes, croyances, normes et valeurs circulent-elles ?

Par le langage, les gestes et les symboles.

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