Fiche de révision : Nouveaux aliments et viande cellulaire

Plan du Cours

  1. Enjeux et diversité des alternatives
  2. Protéines végétales et algues
  3. Culture et économie des insectes
  4. Fermentation et aliments cellulaires
  5. Cadre européen des nouveaux aliments
  6. Réglementations mondiales et normalisation
  7. Fabrication de la viande cellulaire
  8. Fermentation de précision et risques sanitaires
  9. Qualité et impacts environnementaux
  10. Bilan environnemental conditionnel
  11. Marché et financements mondiaux
  12. Passage à l’échelle industrielle
  13. Soutiens publics et stratégies
  14. Acceptabilité et freins sociaux
  15. Bilan sanitaire et environnemental
  16. Défis économiques et acceptabilité
  17. Recommandations pour la France
  18. Autorisations dans les pays étrangers

Repères chronologiques

  1. 2013Mark Post de l’Université de Maastricht a présenté à Memphis le premier hamburger in vitro, rendant public le premier aliment issu de la culture cellulaire
  2. 2021La question des nouvelles sources alimentaires et des nouveaux systèmes de production a été soulevée pour la première fois au Codex Alimentarius.
  3. avril 2024La France a adopté la loi n° 2024-317, qui prévoit notamment l’exclusion des denrées issues de cultures cellulaires animales de la restauration collective.

1. Enjeux et diversité des alternatives

★ À maîtriser

  • Le rapport analyse les enjeux sanitaires, nutritionnels, environnementaux, économiques, sociétaux et réglementaires des protéines alternatives aux protéines d’origine animale.

  • Les cinq sources de protéines alternatives sont :

    • les produits végétaux et les champignons
    • les algues
    • les insectes
    • les produits issus de la fermentation de précision
    • les aliments issus de la culture cellulaire

Compléments

  • Les perspectives de développement des protéines alternatives dépendent notamment de la sécurité sanitaire, d’un prix abordable et de la levée des barrières psychologiques ou pratiques des consommateurs.

Astuce mémo

V-A-I-F-C : végétaux, algues, insectes, fermentation, cellules

2. Protéines végétales et algues

Points essentiels

  • La viande contient 20 à 25 % de protéines, le lait et les œufs entre 8 et 12 %, tandis que le fromage en contient environ 22 % selon son mode de production.

  • Les principales légumineuses citées sont :

    • les lentilles
    • les pois chiches
    • les haricots secs
    • les pois cassés
    • les fèves
    • le soja
    • les petits pois
    • les haricots verts
    • les cacahuètes

📌 Les protéines végétales sont souvent incomplètes en raison d’une teneur insuffisante en certains acides aminés essentiels, tandis que les protéines animales présentent généralement des profils équilibrés et une meilleure biodisponibilité.

  • Les analogues végétaux contiennent entre 5 et 23 g de protéines pour 100 g, contre 21 à 32 g pour 100 g dans la volaille et 18 à 39 g pour 100 g dans le bœuf.

📌 Les macroalgues se développent principalement en mer ou sur les rivages, tandis que les microalgues sont produites dans des bassins ou des photobioréacteurs contrôlés.

  • Les algues brunes contiennent 5 à 15 % de protéines, les algues vertes peuvent en contenir 20 % et les algues rouges jusqu’à 40 %, tandis que la spiruline en contient environ 60 à 70 %.

Astuce mémo

Macroalgues en mer, microalgues en bassins contrôlés

3. Culture et économie des insectes

★ À maîtriser

  • Le rapport de la FAO publié en 2013 reconnaît les insectes comme une source additionnelle de protéines pour l’alimentation humaine et animale. - Insectes comestibles, perspectives pour la sécurité alimentaire et l’alimentation animale, 2014

  • Quatre espèces d’insectes sont autorisées dans l’Union européenne pour l’alimentation humaine : le grillon domestique, le petit ténébrion meunier, le criquet migrateur et le ténébrion meunier jaune.

📌 Le remplacement des farines de poissons par des farines d’insectes dépend d’une baisse du coût de production, car la farine d’insectes coûte 1 500 à 1 800 euros par tonne contre 1 000 à 1 200 euros pour la farine de poissons.

Compléments

  • En Europe, la production d’insectes atteignait 500 tonnes pour l’alimentation humaine en 2019 et 10 000 tonnes pour l’alimentation animale en 2022.

Astuce mémo

Coût élevé → substitution limitée aux farines de poissons

4. Fermentation et aliments cellulaires

Notions clés & Définitions

  • Fermentation de précision : Utilise des micro-organismes génétiquement modifiés dans un environnement contrôlé pour produire des protéines ou d’autres constituants cellulaires identiques à ceux issus d’animaux.

★ À maîtriser

  • 🔄 La fermentation de précision comprend les étapes suivantes : la fermentation de micro-organismes sélectionnés, la séparation de la biomasse, la purification, la concentration et le séchage, le contrôle qualité et la finalisation du produit

  • 🔄 La fabrication d’un aliment cellulaire comprend : la sélection et le prélèvement de cellules sources animales, la prolifération et la différenciation dans un bioréacteur, la récolte à la sortie du bioréacteur, la transformation et la formulation du produit

Compléments

  • Un bioréacteur de 200 litres permet d’obtenir 30 kg de viande de culture en trois semaines.

Astuce mémo

Fermentation : biomasse → purification → concentration → séchage → contrôle

5. Cadre européen des nouveaux aliments

Notions clés & Définitions

  • Nouvel aliment : Denrée alimentaire dont la consommation humaine était négligeable dans l’Union européenne avant le 15 mai 1997, indépendamment de la date d’adhésion des États membres.

★ À maîtriser

  • Le règlement européen 2015/2283 encadre la mise sur le marché des nouveaux aliments afin d’assurer le fonctionnement du marché intérieur et un niveau élevé de protection de la santé humaine et des intérêts des consommateurs.

📌 Les aliments issus de la fermentation de précision utilisant des bactéries ou des levures génétiquement modifiées relèvent du règlement sur les nouveaux aliments lorsqu’ils ne contiennent plus de traces d’OGM, et non de la réglementation relative aux OGM.

  • L’autorisation exige : l’absence de risque pour la santé humaine, l’absence d’induction en erreur du consommateur, l’absence de différence nutritionnelle défavorable en cas de remplacement

📌 Le règlement (UE) 2015/2283 exige qu’un nouvel aliment ne présente pas de risque pour la santé humaine, n’induise pas le consommateur en erreur et ne soit pas nutritionnellement désavantageux lorsqu’il remplace un autre aliment.

  • 🔄 La procédure européenne comprend les étapes suivantes :

    1. Dépôt d’un dossier
    2. Évaluation scientifique éventuelle par l’EFSA
    3. Présentation d’un projet d’acte par la Commission dans les sept mois suivant l’avis de l’EFSA
    4. Vote à la majorité qualifiée des États membres
  • Aucun produit à base de viande cellulaire n’a encore été autorisé dans l’Union européenne, tandis que vingt produits issus de la fermentation de précision ont déjà été autorisés, dont dix-huit oligosaccharides de lait maternel de substitution.

📌 Un nouvel aliment ne peut être mis sur le marché intérieur que s’il est autorisé et inscrit sur la liste de l’Union européenne, mise à jour par le règlement d’exécution (UE) 2017/2470.

Compléments

  • L’EFSA rend son avis dans un délai de neuf mois à compter de la réception d’une demande valide, délai qui peut être prolongé si elle demande des informations complémentaires.

  • Un demandeur peut obtenir une protection de ses données scientifiques pour cinq ans à compter de la date d’autorisation, sans possibilité de renouvellement.

Astuce mémo

Avant le 15 mai 1997 : aliment traditionnel ; après : nouvel aliment

6. Réglementations mondiales et normalisation

★ À maîtriser

  • Les pays cités ayant adopté des réglementations spécifiques ou autorisé ces produits sont :

    • Singapour
    • Australie et Nouvelle-Zélande
    • États-Unis d’Amérique
    • Israël
    • Canada
    • Japon
  • La FAO et l’OMS considèrent les nouveaux aliments issus des biotechnologies comme une source de protéines alternatives pouvant contribuer à la sécurité alimentaire mondiale.

Compléments

  • L’Alabama, la Floride, la Louisiane et le Montana ont adopté aux États-Unis des lois interdisant la commercialisation ou la fabrication de produits issus de la culture cellulaire.

  • Le comité technique ISO TC 34 n’a pas souhaité travailler à ce jour sur la viande cellulaire et la fermentation de précision, tandis qu’un groupe piloté par Israël prépare un projet de norme sur les principes de production des aliments issus de cultures cellulaires.

Astuce mémo

Cadres nationaux spécifiques contre absence de consensus international

7. Fabrication de la viande cellulaire

Notions clés & Définitions

  • Viande cellulaire : Produit obtenu par la culture in vitro de cellules animales afin de former des aliments destinés à s’apparenter à de la viande de bœuf, de volaille ou à des produits aquatiques.

★ À maîtriser

  • 🔄 La fabrication de la viande cellulaire comprend généralement :

    1. Le prélèvement et le stockage des cellules
    2. La prolifération et la différenciation en bioréacteur
    3. La récolte
    4. La transformation et la formulation
  • Les cellules sont cultivées dans des bioréacteurs stériles sous température, pH, concentration de CO2 et concentration d’oxygène contrôlés, avec un milieu riche en nutriments, acides aminés, protéines et facteurs de croissance ou hormones.

Compléments

  • Les échafaudages, souvent constitués de matériaux comestibles comme la cellulose ou l’alginate, servent de supports tridimensionnels mais peuvent introduire des contaminations si leur composition et leur production ne sont pas maîtrisées.

  • Après récolte, les cellules peuvent être structurées par extrusion ou impression 3D et mélangées à des protéines végétales, des graisses, des additifs et des vitamines comme la vitamine B12.

Astuce mémo

Cellules → bioréacteur → récolte → formulation

8. Fermentation de précision et risques sanitaires

Notions clés & Définitions

  • Fermentation de précision : Utilise des micro-organismes génétiquement modifiés, notamment des levures ou des bactéries, comme usines cellulaires pour produire de manière ciblée des protéines, des enzymes ou des facteurs de croissance dans des bioréacteurs contrôlés.

★ À maîtriser

  • 🔄 Le processus typique de fermentation de précision comprend :
    1. La fermentation en amont
    2. La séparation de la biomasse
    3. La purification
    4. La concentration et le séchage
    5. Le contrôle qualité et l’emballage

📌 Les produits issus de la fermentation de précision ne sont pas considérés réglementairement comme des OGM lorsque les bactéries productrices génétiquement modifiées sont éliminées lors de la récolte, mais l’absence de leurs résidus et les risques de dissémination doivent être démontrés.

  • Les principaux risques chimiques comprennent :
    • Les stéroïdes
    • Les tensioactifs
    • Les agents antimoussants
    • Les facteurs de croissance et hormones
    • Les antimicrobiens
    • Les métaux lourds
    • Les microplastiques

Compléments

📌 La prolifération massive des lignées cellulaires peut provoquer une dérive génétique ou une instabilité génomique, susceptibles d’augmenter l’expression de toxines ou d’allergènes ou de faire apparaître de nouvelles substances dangereuses.

  • Les produits cellulaires ou issus de fermentation de précision peuvent contenir des allergènes de l’espèce animale ou microbienne d’origine, ainsi que de nouveaux allergènes provenant d’intrants ou de protéines nouvellement exprimées.

Astuce mémo

Intrants et procédés contrôlés → produits ciblés, mais risques de résidus et de contamination

9. Qualité et impacts environnementaux

★ À maîtriser

  • Sans fortification spécifique, la viande cellulaire pourrait manquer de fer, de zinc et de vitamine B12, et l’EFSA doit vérifier qu’elle n’est pas nutritionnellement désavantageuse par rapport à la viande remplacée.

  • La viande cellulaire reproduit encore difficilement la texture et la flaveur de la viande conventionnelle, car elle ne reconstitue pas harmonieusement les vaisseaux sanguins, les nerfs, les tissus conjonctifs et la maturation post-mortem.

  • L’élevage occupe environ 70 à 78 % des terres agricoles mondiales, tandis que la viande cellulaire pourrait utiliser entre 90 % et 99 % de terres en moins que l’élevage bovin. - Quesne, A., Agriculture cellulaire : les enjeux juridiques et éthiques de l’alimentation de demain – Livre Blanc, 2022

  • L’élevage représente 14,5 % à 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tandis que les émissions de la viande cellulaire dépendent fortement de l’énergie et de la pureté du milieu de culture. - Verkuijl, C.Raina, R. Watson,R., What’s cooking? An assessment of the potential impacts of selected novel alternatives to conventional animal products, 2023

  • Selon Risner et al. (2023), si l’industrie utilise des ingrédients hautement raffinés de qualité pharmaceutique, l’impact carbone de la viande cellulaire pourrait être quatre à vingt-cinq fois supérieur à celui du bœuf. - Environmental impacts of cultured meat : a cradle-to-gate life cycle assessment

Compléments

  • L’élevage consomme entre 550 et 700 L/kg d’eau réelle, tandis que les estimations pour la viande cellulaire varient de 367 à 521 L/kg. - Hoquette, JF. Chriki, S. Elies-Oury, MP., La « viande de culture » : ce que nous savons et ce qu’il faudrait savoir. Volet B : Qualités extrinsèques de la viande de culture, 2024

  • L’élevage extensif fournit notamment les services écosystémiques suivants :

    • Le stockage du carbone dans les sols des prairies
    • Le maintien de la biodiversité
    • La fertilisation naturelle des sols par le fumier
    • L’entretien des paysages ruraux

Astuce mémo

Économies de terres contre incertitudes sur l’eau et les émissions

10. Bilan environnemental conditionnel

Points essentiels

  • Les estimations optimistes de la viande cellulaire avec une énergie décarbonée se situent entre 1,9 et 4,88 kg CO2-éq par kilogramme de produit.

  • Les scénarios de viande cellulaire utilisant des ingrédients de qualité pharmaceutique hautement purifiés atteignent de 246 à 1 508 kg CO2-éq par kilogramme de produit.

  • La fermentation de précision présente généralement des émissions plus basses, mais celles-ci dépendent de la source d’énergie et du substrat utilisés.

📌 La supériorité environnementale des viandes de culture et de la fermentation de précision reste conditionnelle à la production de milieux de culture à faible impact et à l’utilisation d’énergies renouvelables.

Astuce mémo

Milieux énergivores et énergie carbonée → bilan environnemental incertain

11. Marché et financements mondiaux

★ À maîtriser

  • Les investissements dans 170 startups de biotechnologies alimentaires sur les cinq continents dépassent 3 milliards d’euros.

  • Les ventes de viande cellulaire restent limitées à quelques restaurants sélectionnés en raison des prix élevés, et les produits commercialisés sont souvent hybrides, combinant cellules animales et matrice végétale.

  • Le pic d’investissement dans la culture cellulaire a été atteint en 2021 avec environ 1,4 milliard de dollars, avant une forte baisse à partir de 2023 liée à la conjoncture économique et au défi du passage à l’échelle industrielle.

Compléments

  • Entre 2015 et 2023, la viande et les produits de la mer cultivés ont reçu 3,1 milliards de dollars d’investissements, contre 2,1 milliards de dollars pour la fermentation de précision.

Astuce mémo

Prototype → startup → investissements → commercialisation limitée

12. Passage à l’échelle industrielle

★ À maîtriser

  • 🔄 Le Hype Cycle distingue cinq phases :

    1. l’émergence
    2. l’engouement
    3. la désillusion
    4. la relance
    5. le plateau de productivité
  • L’agriculture cellulaire et la fermentation de précision se trouvent actuellement dans une phase décroissante de désillusion, durant laquelle les startups les plus robustes survivent aux difficultés financières.

  • Les bioréacteurs actuellement utilisés par Good Meat ont une capacité de 1 200 à 5 000 litres et produisent quelques centaines de kilogrammes par lot, alors que le passage à l’échelle industrielle nécessiterait des bioréacteurs de 100 000 litres qui n’existent pas encore.

  • Le milieu de culture peut représenter jusqu’à 95 % des coûts de production de la viande cellulaire en raison des composants de qualité pharmaceutique et des facteurs de croissance coûteux.

Compléments

  • Aleph Farms a réduit ses coûts de 97 % en deux ans grâce à l’optimisation du milieu de culture, à l’augmentation du rendement cellulaire et à la rationalisation des équipements de production.

Astuce mémo

Bioréacteur de 1 200–5 000 L aujourd’hui, 100 000 L nécessaires demain

13. Soutiens publics et stratégies

★ À maîtriser

  • Les investissements dans l’agriculture cellulaire et la fermentation de précision proviennent de fonds publics, de capitaux privés et d’investissements de grands groupes agroalimentaires.

  • Le programme France 2030 dispose d’une enveloppe de 54 milliards d’euros sur cinq ans, dont 2 milliards sont dédiés à l’agriculture et à l’alimentation.

📌 Les startups doivent diversifier leurs financements et anticiper le règlement européen relatif aux nouveaux aliments, tandis que les gouvernements doivent équilibrer le soutien à l’innovation et la protection des filières existantes.

Compléments

  • Le programme Horizon Europe dispose d’un budget de 95,5 milliards d’euros sur la période 2021-2024, dont le cluster 6 est consacré à l’alimentation et à la bioéconomie.

  • Le fonds I2A, annoncé en 2025, est doté de 200 millions d’euros et doit permettre de lever jusqu’à 500 millions d’euros pour accompagner les PME et ETI agroalimentaires françaises.

14. Acceptabilité et freins sociaux

★ À maîtriser

  • Dans l’enquête française de 2021 portant sur 4 533 répondants, entre 41,5 % et 66,7 % des sondés jugent la viande artificielle absurde ou dégoûtante, tandis que 18,7 % la trouvent prometteuse ou réalisable. - Hocquette, E. Liu, J. Ellies-Oury, MP. Chriki, S. Hocquette JF., Que pensent les Français de la culture de cellules musculaires pour produire de la viande, 17 mars 2021

  • En France, 91,7 % des répondants refusent de payer plus cher que pour la viande conventionnelle, 58 % sont prêts à la goûter et seuls 18,7 % la voient comme une solution d’avenir.

  • L’acceptation de la viande cellulaire varie selon les profils : les jeunes de 18 à 30 ans sont moins réticents que les personnes de plus de 51 ans, et les professionnels de la viande sont particulièrement hostiles.

  • Les principales barrières à l’adoption sont : la perception d’artificialité, le prix, les doutes sur la sécurité sanitaire et la nutrition, les qualités organoleptiques, l’impact socio-économique sur l’élevage, la contestation du terme « viande »

Compléments

  • En Chine et en Inde, plus de 55 % des sondés déclarent être prêts à acheter de la viande cellulaire, tandis qu’aux États-Unis l’intention d’achat est d’environ 30 %.

Astuce mémo

Intérêt pour essayer, mais refus d’une consommation régulière

15. Bilan sanitaire et environnemental

★ À maîtriser

  • Les technologies de production en bioréacteurs utilisées pour la fermentation de précision et la culture cellulaire sont maîtrisées depuis plusieurs années dans les secteurs alimentaire et pharmaceutique.

  • Les risques sanitaires de production sont principalement identifiés et maîtrisés par des démarches HACCP déjà connues dans l’industrie alimentaire.

  • Pour obtenir une autorisation de mise sur le marché, la qualité nutritionnelle de l’aliment final doit être équivalente à celle des produits qu’il remplace.

  • L’analyse du cycle de vie des produits doit être réalisée au cas par cas selon le procédé industriel, car les arguments de moindre occupation des sols, d’économie d’eau et de réduction des émissions de gaz à effet de serre doivent être mis en balance avec les externalités positives de l’élevage.

Compléments

  • Les produits issus de la fermentation de précision ou de la culture cellulaire sont généralement des ingrédients auxquels sont ajoutés des acides aminés, vitamines, oligo-éléments, colorants ou exhausteurs de goût avant commercialisation.

  • Une production de masse des aliments issus de la fermentation de précision ou de la culture cellulaire paraît aujourd’hui irréaliste et les startups envisagent plutôt une production complémentaire que substitutive à l’élevage.

Astuce mémo

Moins de sols ne signifie pas nécessairement moins d’impacts, car l’élevage entretient la biodiversité et les prairies.

16. Défis économiques et acceptabilité

Points essentiels

  • Les startups françaises occupent une place importante dans le paysage mondial des biotechnologies alimentaires, mais le passage de la phase pilote à l’industrialisation entraîne une sélection importante des projets.

  • Les programmes publics comme « France 2030 », « Ferments du futur » et les programmes européens soutiennent l’innovation française, mais les levées de fonds nécessaires à la première industrialisation dépendent souvent de fonds privés et de partenaires industriels étrangers.

📌 La culture cellulaire représente surtout un marché complémentaire de niche à haute valeur ajoutée, tandis que la fermentation de précision paraît économiquement plus prometteuse lorsque les prix des protéines augmentent.

  • L’acceptabilité des nouveaux aliments varie selon l’âge, la sensibilité à l’environnement et au bien-être animal, ainsi que la qualité sanitaire perçue de l’alimentation.

📌 L’information du consommateur et un étiquetage transparent sont essentiels, et la dénomination doit être explicite et éviter la confusion, notamment en évitant le terme « viande ».

Astuce mémo

Difficulté de financement industriel → risque de délocalisation des innovations françaises.

17. Recommandations pour la France

★ À maîtriser

📌 Pour commercialiser un nouvel aliment en France ou dans l’Union européenne, une autorisation de la Commission européenne fondée sur un avis scientifique de l’EFSA est nécessaire.

  • 🔄 La procédure européenne suit plusieurs étapes : le dépôt du dossier, l’évaluation scientifique par l’EFSA, la préparation d’un projet de règlement d’exécution, le vote des États membres, la décision d’autorisation

  • La première recommandation propose de renforcer la communication sur les mécanismes d’appui et de pré-soumission de l’EFSA, en s’inspirant des dispositifs de l’EMA pour les nouvelles thérapies.

  • La deuxième recommandation demande de soutenir les innovations prometteuses afin d’éviter leur délocalisation et leur développement à l’étranger.

  • La troisième recommandation demande d’organiser rapidement une réflexion interministérielle sur le soutien éventuel à une demande d’autorisation de viande issue de la culture cellulaire.

Compléments

  • Un premier dossier de biomasse cellulaire de canard destiné à produire un « foie gras » est en cours d’instruction à l’EFSA.

Astuce mémo

Accompagner les dossiers → soutenir l’industrialisation → préparer la position française.

18. Autorisations dans les pays étrangers

Points essentiels

📌 Aux États-Unis, les produits de la fermentation de précision peuvent suivre une procédure d’additif alimentaire auprès de la FDA ou rechercher le statut « Generally Recognized As Safe » (GRAS).

📌 Aux États-Unis, la FDA est le premier guichet pour les produits issus de la culture cellulaire, tandis que le FSIS contrôle les filières de viande et d’œufs et partage les informations avec la FDA.

  • 87,5 % des associations répondantes avaient déjà entendu parler de la viande cellulaire.

  • Sept associations sur huit estimaient que la viande cellulaire pouvait susciter la méfiance des consommateurs et six sur huit qu’elle pouvait nuire aux filières animales.

  • 75 % des associations interrogées n’étaient pas favorables à l’augmentation de la consommation de substituts à la viande conventionnelle, tandis que 25 % se déclaraient prêts à goûter la viande cellulaire.

  • Sept associations sur huit estiment que la viande cellulaire pourrait susciter la méfiance des consommateurs, tandis que six sur huit anticipent un effet néfaste sur les filières animales.

  • La moitié des associations considère que le bien-être animal est le principal avantage de la viande cellulaire par rapport à la viande traditionnelle, et 37,5 % mettent en avant le respect de l’environnement.

  • Malgré ces avantages perçus, 75 % des associations ne seraient pas favorables à l’augmentation de la consommation de viande cellulaire, tandis que 25 % estiment que les consommateurs seraient prêts à y goûter par curiosité ou comme option plus saine.

  • Les principaux motifs de non-consommation seraient : la méfiance et le refus des aliments non naturels, cités par 75 % des associations, les convictions culturelles ou éthiques, citées par 62,5 % des associations, le dégoût, cité par 50 % des associations

📌 Deux associations de protection animale défendent la consommation de viande cellulaire sous conditions : l’une insiste sur l’éthique, l’environnement et la santé, tandis que l’autre exige une étude approfondie du procédé et une communication strictement contrôlée.

  • Les bénéfices potentiels avancés concernent : l’absence de mise à mort animale grâce à un prélèvement de cellules par biopsie indolore, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, de la consommation d’eau et de l’utilisation des terres si, la limitation des contaminations bactériennes et des zoonoses grâce à un environnement stérile

  • La commercialisation de la viande cellulaire devrait être précédée d’une évaluation des risques par les autorités sanitaires.

  • Soixante-quinze pour cent des associations estiment que le terme « viande cellulaire » devrait figurer sur l’étiquetage de tout aliment hybride qui en contient, quel que soit le pourcentage de viande cellulaire incorporé.

  • Cinq associations sur huit jugent la dénomination « viande » inappropriée, tandis que deux sur huit se prononcent en faveur de son usage.

  • Cinq associations sur huit estiment que l’autorisation de la viande cellulaire aurait un impact négatif sur l’élevage, tandis que les autres ne se prononcent pas.

  • Les associations craignent que la viande cellulaire concurrence la filière viande, réduise les revenus des éleveurs, discrédite les filières traditionnelles et menace les exploitations d’élevage entretenant les paysages.

Astuce mémo

Fermentation de précision et culture cellulaire suivent des procédures d’autorisation distinctes aux États-Unis.

Tableaux de synthèse

Viande cellulaire et élevage

DimensionÉlevageViande cellulaire
Occupation des terres70 à 78 % des terres agricoles mondiales90 à 99 % de terres en moins que l’élevage bovin
Eau réelle550 à 700 L/kg367 à 521 L/kg
Gaz à effet de serre14,5 à 20 % des émissions mondialesImpact très dépendant de l’énergie et du milieu de culture

Comparaison des financements

SourceCaractéristiqueExemples
Fonds publicsSubventions et programmes de recherchePays-Bas, Singapour, Horizon Europe
Capital privéFinancement de startups à fort potentielNewCrop Capital, Joyful Ventures
Groupes agroalimentairesAnticipation du changement alimentaireTyson Foods, Cargill, JBS, Bel

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1. Quels enjeux sont examinés pour les protéines alternatives aux protéines d’origine animale ?

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Quels enjeux le rapport analyse-t-il pour les protéines alternatives ?

Les enjeux sanitaires, nutritionnels, environnementaux, économiques, sociétaux et réglementaires.

Quelles sont les cinq sources de protéines alternatives ?

Produits végétaux et champignons, algues, insectes, fermentation de précision, culture cellulaire.

Quel pourcentage de protéines contient la viande ?

20 à 25 % de protéines.

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