QCM : Psychologie clinique de l’enfant — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Comment peut-on définir l’hospitalisme chez l’enfant ?

Un ensemble de troubles lié à une séparation affective brutale et prolongée
Un retard moteur résultant d’un défaut ponctuel de stimulation physique
Une difficulté scolaire apparue après une séparation familiale de courte durée
Une maladie somatique provoquée par une infection contractée à l’hôpital

Un ensemble de troubles lié à une séparation affective brutale et prolongée

Explication

L’hospitalisme désigne les troubles associés à une séparation prolongée de l’enfant d’avec son environnement affectif, avec des effets possibles sur le langage et le développement. Il ne s’agit donc pas d’une simple maladie somatique, mais d’une carence relationnelle liée à la séparation.

2. Quels comportements René Spitz a-t-il observés chez des enfants victimes d’hospitalisme ?

Une passivité, une faible curiosité et une mortalité élevée
Une autonomie précoce, un langage développé et une forte sociabilité
Une grande activité, une curiosité accrue et une bonne résistance physique
Une agressivité constante, une mémoire exceptionnelle et une croissance accélérée

Une passivité, une faible curiosité et une mortalité élevée

Explication

Spitz a décrit chez ces enfants une passivité, un manque de sollicitation de la curiosité et de l’apprentissage, ainsi qu’une mortalité élevée. L’idée d’une curiosité accrue et d’une autonomie précoce contredit précisément ses observations.

3. Quelle différence de mortalité René Spitz a-t-il rapportée entre les enfants placés en nourrice et les bébés allaités ?

71 % des enfants placés en nourrice mouraient, contre 4 % des bébés allaités
54 % des enfants placés en nourrice mouraient, contre 17 % des bébés allaités
42 % des enfants placés en nourrice mouraient, contre 8 % des bébés allaités
83 % des enfants placés en nourrice mouraient, contre 12 % des bébés allaités

71 % des enfants placés en nourrice mouraient, contre 4 % des bébés allaités

Explication

L’observation rapportée par Spitz indique une mortalité de 71 % chez les enfants placés en nourrice, contre 4 % chez les bébés allaités durant leur première année. Les autres couples de pourcentages ne correspondent pas aux données de cette observation.

4. Qu’est-ce qu’un environnement suffisamment bon selon Winnicott ?

Un cadre parfaitement contrôlé qui répond à chaque désir de l’enfant
Un cadre affectif et matériel fiable qui soutient le développement progressif de l’enfant
Un espace protecteur qui évite à l’enfant toute confrontation avec le monde
Un milieu matériel riche qui favorise l’apprentissage avant les relations affectives

Un cadre affectif et matériel fiable qui soutient le développement progressif de l’enfant

Explication

L’environnement suffisamment bon fournit les conditions affectives et matérielles nécessaires au développement et à l’accès progressif au monde. Il n’est pas parfait et ne cherche pas à satisfaire chaque désir ni à supprimer toute difficulté.

5. Quelle association entre les fonctions de l’environnement suffisamment bon et leur rôle est correcte ?

Le holding soutient, le handling concerne le corps et l’object presenting introduit le monde
Le holding soigne le corps, le handling introduit le monde et l’object presenting soutient
Le holding présente le monde, le handling soutient et l’object presenting soigne le corps
Le holding stimule l’apprentissage, le handling impose des règles et l’object presenting protège

Le holding soutient, le handling concerne le corps et l’object presenting introduit le monde

Explication

Le holding porte et soutient l’enfant, le handling concerne les soins et la manipulation de son corps, tandis que l’object presenting lui présente progressivement le monde. Les autres associations attribuent à chaque fonction le rôle d’une autre.

6. Quelle caractéristique définit la mère suffisamment bonne décrite par Winnicott ?

Elle répond à chaque besoin avant son expression afin de préserver une dépendance durable
Elle reste affectivement distante afin que l’enfant construise rapidement ses propres repères
Elle est fiable et attentive sans devoir être parfaite ni combler totalement l’enfant
Elle organise tous les apprentissages de l’enfant pour accélérer son autonomie

Elle est fiable et attentive sans devoir être parfaite ni combler totalement l’enfant

Explication

La mère suffisamment bonne est fiable et attentive, tout en n’étant ni parfaite ni chargée de combler totalement l’enfant. Cette présence adaptée permet progressivement l’autonomie, contrairement à une satisfaction permanente des besoins.

7. Quelle distinction Winnicott établit-il entre le manque d’amour et le trop-plein d’amour ?

Le manque d’amour produit des carences, tandis que le trop-plein d’amour entretient la toute-puissance
Le manque d’amour favorise l’autonomie, tandis que le trop-plein d’amour renforce la curiosité
Le manque d’amour entretient la toute-puissance, tandis que le trop-plein d’amour produit des carences
Le manque d’amour provoque une dépendance physique, tandis que le trop-plein d’amour améliore la pensée

Le manque d’amour produit des carences, tandis que le trop-plein d’amour entretient la toute-puissance

Explication

Selon Winnicott, le manque d’amour entraîne des carences, alors qu’un excès d’amour peut maintenir l’enfant dans un sentiment de toute-puissance. Les autres propositions inversent cette distinction ou introduisent des effets qui ne sont pas ceux décrits.

8. Que réalise la fonction alpha dans la relation entre le soignant et le bébé ?

Elle remplace les émotions du bébé par des apprentissages intellectuels structurés
Elle conserve les sensations brutes afin que le bébé les évacue par ses cris
Elle transforme les impressions brutes du bébé en expériences supportables et pensables
Elle protège le bébé de toute sensation désagréable en supprimant ses angoisses

Elle transforme les impressions brutes du bébé en expériences supportables et pensables

Explication

La fonction alpha reçoit les impressions brutes, les transforme psychiquement grâce à la rêverie, puis les restitue sous une forme supportable et pensable. Les éléments bêta, au contraire, restent non pensés et sont évacués par des manifestations comme les pleurs ou l’agitation.

9. Comment caractériser les éléments bêta chez le bébé ?

Ce sont des souvenirs cohérents que le bébé utilise pour interpréter les soins reçus
Ce sont des expériences déjà transformées, organisées et disponibles pour la réflexion
Ce sont des sensations et émotions brutes, ressenties mais encore impossibles à penser
Ce sont des représentations verbales produites lorsque le bébé comprend les intentions d’autrui

Ce sont des sensations et émotions brutes, ressenties mais encore impossibles à penser

Explication

Les éléments bêta correspondent à des sensations, des angoisses et des émotions brutes que le bébé ne peut pas encore penser et qu’il évacue par son comportement. Les expériences organisées et utilisables pour penser relèvent plutôt des éléments alpha.

10. Une personne s’occupe d’un bébé qui pleure et cherche à comprendre s’il a faim, froid ou ressent de la colère avant de l’apaiser : quel processus met-elle en œuvre ?

La contenance, qui accueille l’émotion et la transforme en expérience supportable
La séparation, qui réduit les stimulations afin de favoriser l’indépendance du bébé
La toute-puissance, qui répond à chaque manifestation par une satisfaction immédiate
La carence relationnelle, qui empêche l’enfant de donner un sens à ses sensations

La contenance, qui accueille l’émotion et la transforme en expérience supportable

Explication

La contenance consiste à accueillir l’émotion du bébé, à lui donner un sens et à la transformer en expérience supportable. La carence relationnelle décrit au contraire une absence de soutien affectif, et non une réponse attentive aux manifestations du bébé.

11. Dans le jeu de « je » cache-cache décrit par Winnicott, quelle fonction remplissent le fait de se cacher et celui d’être trouvé ?

Se cacher provoque l’angoisse, tandis qu’être trouvé protège le vrai self de la relation
Se cacher manifeste le rejet de l’autre, tandis qu’être trouvé confirme l’inexistence psychique
Se cacher exprime le besoin d’autonomie, tandis qu’être trouvé impose une dépendance à l’autre
Se cacher protège le vrai self, tandis qu’être trouvé permet la reconnaissance par l’autre

Se cacher protège le vrai self, tandis qu’être trouvé permet la reconnaissance par l’autre

Explication

Dans ce jeu, le retrait protège le noyau intime du vrai self, puis la découverte par autrui confirme la possibilité d’être reconnu. L’absence de découverte ne favorise pas l’autonomie : elle peut au contraire produire un sentiment d’abandon et d’inexistence psychique.

12. Comment Winnicott définit-il l’espace transitionnel dans lequel le jeu devient possible ?

Un espace intérieur réservé aux expériences secrètes qui échappent au regard d’autrui
Un espace intermédiaire entre le dedans et le dehors, ainsi qu’entre le montré et le caché
Un espace social où l’enfant apprend des règles explicites avant de pouvoir jouer librement
Un espace psychique consacré à la séparation du sujet d’avec les relations extérieures

Un espace intermédiaire entre le dedans et le dehors, ainsi qu’entre le montré et le caché

Explication

L’espace transitionnel se situe entre plusieurs pôles : le dedans et le dehors, mais aussi ce qui est montré et ce qui est caché. Le jeu y permet de maintenir ensemble des besoins contradictoires, plutôt que de supprimer la relation extérieure.

13. Selon Didier Anzieu, quelle condition rend possibles la séparation et l’autonomie de l’enfant ?

Une autonomie acquise avant l’établissement d’un lien affectif durable avec les proches
Une relation distante qui réduit progressivement l’influence des adultes sur les conduites de l’enfant
Un attachement initial solide et sécurisant qui fournit une base affective stable
Une séparation précoce qui oblige l’enfant à organiser rapidement ses propres ressources

Un attachement initial solide et sécurisant qui fournit une base affective stable

Explication

Pour Anzieu, l’autonomie ne se construit pas contre un attachement fiable : elle devient possible grâce à un attachement initial suffisamment solide et sécurisant. Une séparation précoce ne constitue donc pas, à elle seule, le fondement de l’autonomie.

14. Vers quel âge l’enfant comprend-il généralement que la mort est irréversible et qu’elle concerne tout le monde ?

Vers 9 ou 10 ans
Vers 6 ou 7 ans
Vers 3 ou 4 ans
Vers 12 ou 13 ans

Vers 9 ou 10 ans

Explication

Vers 9 ou 10 ans, l’enfant acquiert la compréhension que la mort ne peut pas être annulée et qu’elle est universelle. Les âges plus précoces correspondent à des conceptions encore partielles ou moins stabilisées de la mort.

15. Quelle description correspond le mieux à la notion d’habitus chez Pierre Bourdieu ?

Une identité personnelle stable qui se forme indépendamment des expériences et des relations sociales
Un ensemble de règles explicitement apprises que l’individu applique après une réflexion consciente
Un système de sanctions sociales qui impose directement les comportements attendus dans un groupe
Un ensemble de dispositions incorporées qui orientent inconsciemment les manières de parler, de percevoir et d’agir

Un ensemble de dispositions incorporées qui orientent inconsciemment les manières de parler, de percevoir et d’agir

Explication

L’habitus désigne des dispositions incorporées, généralement inconscientes, qui donnent aux pratiques une apparence naturelle et orientent les conduites. Il ne se réduit donc pas à une règle apprise et appliquée de manière réfléchie.

16. Que transmet principalement le groupe sociétal à l’enfant dès son plus jeune âge ?

Des dispositions biologiques qui déterminent directement ses préférences et ses comportements futurs
Des opinions individuelles que l’enfant sélectionne avant de participer aux relations sociales
Une langue, des valeurs, des normes et des habitudes qui structurent progressivement sa socialisation
Des connaissances scolaires formelles qui remplacent peu à peu les apprentissages familiaux

Une langue, des valeurs, des normes et des habitudes qui structurent progressivement sa socialisation

Explication

L’enfant naît dans un groupe qui lui transmet progressivement une langue, des valeurs, des normes et des habitudes. Ces éléments relèvent de la socialisation, et non d’une détermination biologique directe ou d’un apprentissage exclusivement scolaire.

17. Quelle conception de l’enfant Françoise Dolto défend-elle dans la relation avec le bébé ?

Le bébé reçoit les paroles des adultes comme des sons dépourvus de signification interpersonnelle
Le bébé devient une personne après l’apparition du langage, lorsque ses intentions peuvent être formulées
Le bébé est une personne à laquelle on peut parler, même avant l’acquisition du langage verbal
Le bébé doit d’abord maîtriser les règles sociales avant que la parole adressée ait une portée relationnelle

Le bébé est une personne à laquelle on peut parler, même avant l’acquisition du langage verbal

Explication

Dolto considère l’enfant comme une personne dès le début de la vie relationnelle, ce qui justifie qu’on lui parle même lorsqu’il est encore bébé. Cette position s’oppose à l’idée que la personne ou la compréhension relationnelle commenceraient avec la parole maîtrisée.

18. À quoi servent les rites d’initiation qui marquent le corps de l’enfant, comme la scarification ou l’excision ?

Ils permettent l’entrée de l’enfant dans un groupe
Ils remplacent l’apprentissage des règles familiales
Ils distinguent l’enfant selon ses aptitudes physiques
Ils signalent l’accès de l’enfant à une fonction politique

Ils permettent l’entrée de l’enfant dans un groupe

Explication

Ces rites inscrivent une marque corporelle qui accompagne l’entrée de l’enfant dans un groupe social. Ils ne servent pas principalement à attribuer une fonction politique, même si cette marque peut aussi avoir une valeur symbolique.

19. Que montre Margaret Mead dans *Sex and Temperament in Three Primitive Societies* au sujet des rôles entre les sexes ?

Les rôles familiaux dépendent surtout des aptitudes biologiques individuelles
Les valeurs du groupe influencent l’éducation et la répartition des rôles
Les différences entre les sexes déterminent directement les institutions sociales
Les pratiques éducatives restent semblables malgré les valeurs propres au groupe

Les valeurs du groupe influencent l’éducation et la répartition des rôles

Explication

Mead montre que les valeurs collectives modifient l’éducation ainsi que la répartition des rôles entre les sexes. L’idée que ces rôles découlent directement de la biologie ne correspond pas à cette analyse culturelle.

20. Quelle organisation des rôles entre les sexes Margaret Mead associe-t-elle aux Tchambuli ?

Les hommes y sont dominants et particulièrement autoritaires
Les femmes y sont principalement orientées vers les soins aux enfants
Les rôles y sont répartis selon une stricte égalité des activités
Les femmes y sont dominantes et actives

Les femmes y sont dominantes et actives

Explication

Chez les Tchambuli, Mead décrit des femmes dominantes et actives, ce qui inverse des modèles plus habituels où les hommes occupent la position dominante. Cette description ne signifie pas que les rôles y sont strictement égalitaires.

21. Que signifie l’expression « première gorgée du monde » chez Piera Aulagnier ?

Le bébé distingue les personnes familières grâce à ses premières perceptions visuelles
Le bébé acquiert principalement une alimentation adaptée à sa croissance physique
Le bébé reçoit avec le lait une relation, des affects, des paroles et des valeurs
Le bébé découvre progressivement les règles sociales par ses déplacements autonomes

Le bébé reçoit avec le lait une relation, des affects, des paroles et des valeurs

Explication

Pour Aulagnier, l’alimentation du bébé transmet aussi une relation, des affects, des paroles et des valeurs culturelles. La formule dépasse donc la seule fonction biologique de la nourriture.

22. Quelle distinction oppose le mieux l’identification et l’imitation ?

L’identification concerne les conduites visibles, tandis que l’imitation désigne une appropriation psychique durable
L’identification intériorise consciemment un modèle, tandis que l’imitation reproduit un comportement
L’identification copie un geste observable, tandis que l’imitation transforme ce geste en valeur personnelle
L’identification apparaît sans modèle, tandis que l’imitation suppose une réflexion sur les normes sociales

L’identification intériorise consciemment un modèle, tandis que l’imitation reproduit un comportement

Explication

L’identification correspond à une appropriation consciente et intérieure d’un modèle, alors que l’imitation reproduit un comportement sans appropriation psychique équivalente. Copier une conduite observable ne suffit donc pas à caractériser l’identification.

23. Dans quelle situation l’identification secondaire se construit-elle ?

Elle se forme avant toute relation familiale par une simple reproduction des gestes adultes
Elle repose sur l’imitation immédiate d’un comportement sans appropriation psychique
Elle apparaît lorsque l’enfant rejette les interdits sociaux et refuse les modèles parentaux
Elle se construit avec le complexe d’Œdipe et l’intériorisation des interdits sociaux

Elle se construit avec le complexe d’Œdipe et l’intériorisation des interdits sociaux

Explication

L’identification secondaire se développe avec le complexe d’Œdipe, lorsque l’enfant intériorise notamment l’interdit de l’inceste puis s’identifie à ses parents. Elle ne correspond donc pas à une imitation dépourvue d’appropriation intérieure.

24. Que révèle la comparaison freudienne entre l’armée, la religion et la foule à propos de la dynamique groupale ?

Les groupes renforcent toujours l’autonomie psychique, tandis que la foule stabilise les normes individuelles
La foule favorise l’intériorisation des interdits, tandis que les institutions empêchent l’intégration collective
Les groupes peuvent intégrer les individus, tandis que la foule peut désorganiser leur fonctionnement psychique
L’armée et la religion dissolvent les liens sociaux, tandis que la foule restaure le contrôle du surmoi

Les groupes peuvent intégrer les individus, tandis que la foule peut désorganiser leur fonctionnement psychique

Explication

Selon Freud, l’armée et la religion illustrent l’intégration des individus dans des groupes, alors que la foule peut désorganiser le fonctionnement psychique en déposant le surmoi chez le meneur. La foule n’est donc pas présentée comme un facteur général de stabilisation individuelle.

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Mémorisez les réponses avec 52 flashcards sur Psychologie clinique de l’enfant.

Qu'est-ce que l'hospitalisme selon René Spitz ?

Un ensemble de troubles liés à la séparation brutale et prolongée d'un enfant de son environnement affectif.

Quelle durée de séparation déclenche l'hospitalisme selon René Spitz ?

Une séparation dépassant trois mois.

Quels effets l'hospitalisme peut-il avoir sur un enfant ?

Des conséquences possibles sur le langage et le développement.

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