Fiche de révision : Qualité nutritionnelle et risques alimentaires

Plan du Cours

  1. Sécurité alimentaire et qualité nutritionnelle
  2. Risques alimentaires et perception sociale
  3. Risques microbiologiques et infections
  4. Surveillance et prévention microbiologiques
  5. Évaluation de l’impact sanitaire
  6. Toxicologie et évaluation des dangers
  7. Valeurs toxicologiques de référence
  8. Exposition alimentaire et réglementation
  9. Additifs et auxiliaires technologiques
  10. Mélanges chimiques et exposome

1. Sécurité alimentaire et qualité nutritionnelle

Notions clés & Définitions

  • Sécurité alimentaire : La sécurité alimentaire est l’accès pour tout le monde et à tout moment à une nourriture suffisante pour mener une vie active et saine, selon la FAO (1986).

★ À maîtriser

  • La sécurité alimentaire repose sur six dimensions :

    • la quantité
    • la qualité
    • la disponibilité
    • l’accès
    • la stabilité
    • la sûreté
  • La qualité nutritionnelle dépend de la composition des aliments, de la bioaccessibilité et de la digestibilité des molécules d’intérêt, ainsi que de la présence de facteurs antinutritionnels.

Compléments

  • La disponibilité alimentaire dépend de :

    • la production nationale ou locale
    • le niveau des stocks
    • les capacités d’importation
    • l’aide alimentaire
  • L’accès alimentaire dépend de :

    • le pouvoir d’achat
    • le niveau des prix
    • les infrastructures
    • la stabilité politique
    • l’accès permanent et durable aux ressources
  • La sûreté alimentaire comprend :

    • la qualité sanitaire
    • l’innocuité des aliments
    • l’équilibre nutritionnel

Astuce mémo

Quantité disponible ne suffit pas : qualité et sûreté comptent aussi

2. Risques alimentaires et perception sociale

Notions clés & Définitions

  • Risque alimentaire : Un risque alimentaire est le risque auquel est exposé le consommateur lors de la prise de nourriture ou le salarié travaillant dans le secteur alimentaire, selon la DGCCRF.

★ À maîtriser

  • La FAO définit le risque comme une fonction de la probabilité d’un effet adverse lié à la présence d’un danger.

  • Les risques alimentaires sont de trois natures :

    • physiques
    • microbiens
    • chimiques

Compléments

  • Dans les sociétés d’abondance, le risque perçu est historiquement passé du manque de nourriture au risque de mal manger et aux risques toxicologiques, selon Patrick Denoux.

  • Les médias et les organisations associatives informent, révèlent des enjeux et animent les débats sur les risques alimentaires.

  • Les discours médiatiques et associatifs peuvent mobiliser les peurs autour des OGM, des perturbateurs endocriniens et des nanotechnologies.

Astuce mémo

Le risque de ne pas manger devient celui de mal manger

3. Risques microbiologiques et infections

★ À maîtriser

  • Les risques microbiologiques sont des risques majeurs et leur fréquence en fait la cause la plus importante de pathologies liées à la consommation d’aliments.

  • La vulnérabilité aux risques microbiologiques dépend de l’âge, de l’état physiologique et nutritionnel du consommateur, ainsi que du germe et du niveau de contamination.

  • Les agents infectieux alimentaires comprennent : les bactéries, les parasites, dont les protozoaires, les microsporidies et les helminthes, les virus

📌 Les maladies infectieuses résultent de l’activité d’un microorganisme ingéré vivant, tandis que les intoxinations résultent d’une toxine microbienne préformée dans l’aliment.

📌 Les toxi-infections impliquent l’action d’une toxine avec ou sans invasion des cellules épithéliales, tandis que les infections alimentaires impliquent l’invasion de l’hôte puis une dissémination lymphatique ou sanguine.

Compléments

  • Une contamination microbienne n’est généralement pas détectable par les sens avant d’atteindre 10^7 germes par gramme.

  • La part des aliments impliqués dans les pathologies constatées est :

    • plats cuisinés : 30 %
    • charcuteries et jambons : 20 %
    • conserves : 8 %
    • lait et produits laitiers : 8 %
    • pâtisseries : 5 %
    • poissons et crustacés : 5 %
    • viandes crues : 5 %
    • volailles : 4 %
    • coquillages : 3 %
    • eau : 2 %
  • Le botulisme est associé à Clostridium botulinum et notamment aux conserves de pH supérieur à 4,5 mal stérilisées, aux poissons salaisons mal nitritées et aux aliments sous vide ou dans l’huile.

  • La listériose est associée à Listeria monocytogenes, décrite comme un germe du réfrigérateur, et peut être liée aux produits laitiers, charcuteries, viandes et volailles.

Astuce mémo

Microorganisme vivant ingéré : infection ; toxine préformée : intoxination

4. Surveillance et prévention microbiologiques

★ À maîtriser

  • Depuis 2006, la gestion de la sécurité sanitaire des aliments est régie par le règlement européen (CE) no 178/2002, dit Food law.

📌 Chaque exploitant est responsable de la sécurité des aliments qu’il met dans la chaîne alimentaire.

📌 La traçabilité doit être assurée à chaque étape de la chaîne de production alimentaire, avec des obligations d’information et de retrait.

Compléments

  • La surveillance d’une maladie alimentaire peut passer par le patient, le médecin et un Centre national de référence, qui identifie la souche et soutient l’enquête.

  • Le questionnaire peut porter sur :

    • les aliments consommés
    • les dates et lieux d’achat des produits
    • les menus des derniers jours
  • Les maladies d’origine alimentaire représentent plusieurs centaines de milliers de cas chaque année, avec un taux de mortalité de 0,1 % et environ 250 décès par an en France.

📌 Les États membres et leurs autorités compétentes vérifient l’application correcte de la législation européenne et sa mise en œuvre.

  • Le paquet hygiène prévoit notamment :
    • des guides de bonnes pratiques
    • des exigences d’hygiène des aliments
    • des critères microbiologiques spécifiques
    • des modalités de contrôle

Astuce mémo

Patient → médecin → CNR → identification et enquête

5. Évaluation de l’impact sanitaire

Notions clés & Définitions

  • DALY : Le DALY, ou EVCI, mesure la charge globale de morbidité en cumulant les années perdues en raison d’une mauvaise santé, d’un handicap ou d’une mort précoce.

★ À maîtriser

📐 Formule - L’incidence est calculée par Inc=NP×DInc = \frac{N}{P \times D}, où N est le nombre de cas, P la population étudiée et D la durée de la période d’observation.

📌 L’incidence mesure les nouveaux cas, tandis que la prévalence mesure les cas existants.

  • L’impact sanitaire d’une maladie ou d’un danger combine l’incidence et la sévérité, même si le facteur temps devrait aussi être pris en compte en toute rigueur.

📐 Formule - Le DALY correspond à la somme des années vécues avec incapacité et des années de vie perdues, soit DALY=YLD+YLLDALY = YLD + YLL.

Compléments

  • Dans le tableau de sévérité présenté, la toxoplasmose due à Toxoplasma gondii est associée à 6 360 DALY pour 1 000 cas, contre 1 450 pour la listériose due à Listeria monocytogenes.

Astuce mémo

Incidence : nouveaux cas ; prévalence : cas existants

6. Toxicologie et évaluation des dangers

★ À maîtriser

📐 Formule - Le risque toxicologique est fonction du danger et de l’exposition : Risque=f(danger×exposition)Risque = f(danger \times exposition).

  • Les xénobiotiques peuvent provoquer des effets immunologiques, une cytotoxicité ou une organotoxicité, une cancérogénicité et une tératogénicité.

  • L’évaluation des dangers progresse par paliers, des études de génotoxicité et d’absorption in vitro vers des études in vivo de génotoxicité, de toxicité gastro-intestinale, systémique, toxicocinétique, subchronique ou chronique selon les résultats.

Compléments

  • L’évaluation des effets toxiques peut étudier les interactions moléculaires, les réponses cellulaires, les réponses des organes et les réponses de l’organisme.

  • Les évaluations de toxicité peuvent être conduites in vitro, in vivo ou in silico.

  • Les études in vitro sont faciles à mettre en œuvre, moins coûteuses en animaux et peuvent utiliser des cellules humaines, mais elles ne permettent pas une analyse systémique ni la détermination d’une VTR.

  • Le choix d’un modèle animal repose sur : la similitude avec les caractéristiques du phénomène étudié chez l’humain, la similitude du mécanisme biologique de la maladie humaine et du modèle, la similitude des réponses à un traitement pharmacologique

Astuce mémo

Molécule → cellule → organe → organisme

7. Valeurs toxicologiques de référence

Notions clés & Définitions

  • NOAEL : La NOAEL est la dose ou concentration maximale testée sans effet indésirable observé, aussi appelée dose sans effet.
  • LOAEL : La LOAEL est la dose minimale à laquelle un effet indésirable est observé.
  • BMD : La BMD, ou dose repère, est une dose critique modélisée produisant un effet mesurable.
  • BMDL : La BMDL est la limite basse de l’intervalle de confiance à 95 % de la dose repère.

★ À maîtriser

📐 Formule - La dose journalière admissible est calculée par DJA=NOAEL100DJA = \frac{NOAEL}{100}.

Compléments

  • Le facteur de sécurité utilisé dans le calcul de la DJA présenté est 100.

  • Une courbe dose-réponse non monotone, appelée hormèse, est décrite comme un effet paradoxal observé pour certaines substances, notamment des perturbateurs endocriniens et des dioxines.

Astuce mémo

NOAEL sans effet observé ; LOAEL avec effet observé

8. Exposition alimentaire et réglementation

Notions clés & Définitions

  • IQE : L’IQE estime la quantité d’un additif ingérée par un consommateur moyen à partir de l’emploi actuel de cet additif par l’industrie.
  • Codex Alimentarius : Le Codex Alimentarius est un programme commun de la FAO et de l’OMS qui rassemble des normes, codes d’usages, directives et recommandations relatifs à la production et à la transformation agroalimentaires, à la sécurité sanitaire des aliments et à la préservation de l’environnement.
  • Constituant alimentaire : Un constituant alimentaire est une espèce moléculaire entrant dans la composition d’un aliment.

★ À maîtriser

📐 Formule - L’exposition alimentaire est estimée par Exposition=∑(Concentration dans l’alimentation×Consommation des aliments)Poids corporel (kg)Exposition = \frac{\sum (Concentration\ dans\ l’alimentation \times Consommation\ des\ aliments)}{Poids\ corporel\ (kg)}.

Compléments

  • L’IQMT est une estimation « worst case » qui suppose notamment que tous les aliments autorisés contiennent l’additif à la dose maximale et sont consommés chaque jour toute la vie, sans diminution à la cuisson ni déchets.

📌 Selon le règlement INCO no 1169/2011, la liste des ingrédients indique les composants présents dans le produit final par ordre décroissant de poids ou de volume, sauf exemptions prévues pour certains produits.

  • Les sept constituants alimentaires sont :
    • les glucides
    • les lipides
    • les protides
    • l’eau
    • les minéraux
    • les vitamines
    • les fibres

Astuce mémo

IQMT maximaliste ; IQE fondée sur l’usage actuel

9. Additifs et auxiliaires technologiques

Notions clés & Définitions

  • Additif alimentaire : Un additif alimentaire est une substance ajoutée aux aliments pour préserver ou améliorer leur innocuité, leur fraîcheur, leur goût, leur texture ou leur aspect.

★ À maîtriser

📌 Les additifs alimentaires sont encadrés par le règlement européen no 1333/2008, et les additifs autorisés et leurs conditions d’utilisation figurent à son annexe II selon le principe de la liste positive.

  • Un additif autorisé ne doit pas : être nocif pour le consommateur aux doses proposées, répondre à un besoin technologique satisfaisable par d’autres méthodes, être employé pour tromper le consommateur

📌 Un additif alimentaire est destiné à remplir une fonction technologique dans le produit fini et y reste avec son effet, tandis qu’un auxiliaire technologique agit pendant la transformation et n’est en principe pas présent dans le produit final, sauf résidus techniquement inévitables sans effet technologique.

Compléments

  • Les principales catégories d’additifs sont :

    • les colorants
    • les édulcorants
    • les conservateurs
    • les antioxydants
    • les agents de texture
  • Pour le glutamate de sodium, la NOAEL présentée est de 3 200 mg/kg de poids corporel, l’ADI calculée est de 32 mg/kg de poids corporel et la concentration maximale dans l’aliment indiquée est de 10 g/kg d’aliment.

  • Les effets combinés de substances peuvent être nuls, antagonistes, additifs ou synergiques.

Astuce mémo

L’additif agit dans le produit fini ; l’auxiliaire agit pendant le procédé

10. Mélanges chimiques et exposome

Notions clés & Définitions

  • Exposome : Christopher Wild, 2005 - L’exposome représente la totalité des expositions auxquelles une personne est soumise de la conception à la mort, notamment les expositions chimiques, microbiologiques, physiques, récréatives, médicamenteuses, liées au mode de vie, à l’alimentation et aux infections.

★ À maîtriser

  • Les trois approches de regroupement sont :
    • les caractéristiques toxicologiques similaires
    • la probabilité de co-exposition
    • les indices de risque combinant les deux approches

📌 L’approche « whole mixture » étudie un mélange bien connu et stable comme une entité unique, tandis que l’approche par composé combine l’exposition et la réponse de chaque substance pour prédire la réponse de mélanges variés.

Compléments

  • L’évaluation de l’exposome s’accompagne de l’émergence du biomonitoring.

  • L’environnement quotidien comprend 150 000 substances ou composés chimiques et que le nombre de combinaisons possibles est incalculable.

Astuce mémo

Mélange entier étudié comme entité ; approche par composé combine les substances

Tableaux de synthèse

Additif et auxiliaire technologique

CritèreAdditifAuxiliaire
FonctionFonction technologique dans le produit finiFonction technologique pendant la transformation
Présence finaleReste dans le produit et conserve son effetEn principe absent, sauf résidus inévitables sans effet
Règlement citéRèglement (CE) 1333/2008Distinction présentée dans le cadre européen

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Qualité nutritionnelle et risques alimentaires avec 31 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle définition correspond à la sécurité alimentaire telle que formulée par la FAO en 1986 ?

2. Un programme améliore la qualité sanitaire des aliments, mais ne garantit ni leur disponibilité ni un accès stable pour les ménages. Quelle conclusion décrit le mieux son effet sur la sécurité alimentaire ?

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Mémorisez les concepts clés de Qualité nutritionnelle et risques alimentaires avec 76 flashcards interactives.

Selon la FAO (1986), qu’est-ce que la sécurité alimentaire ?

L’accès, pour tous et à tout moment, à une nourriture suffisante pour mener une vie active et saine.

Sur quels éléments repose la sécurité alimentaire ?

La quantité, la qualité, la disponibilité, l’accès, la stabilité et la sûreté des aliments.

De quoi dépend la qualité nutritionnelle des aliments ?

De leur composition, de la bioaccessibilité et de la digestibilité des molécules d’intérêt, ainsi que des facteurs antinutritionnels.

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