QCM : Sociologie des médias — 20 questions

Questions et réponses du QCM

1. Dans le modèle du two-step flow, comment l’influence médiatique circule-t-elle ?

Les médias influencent les leaders d’opinion, puis ceux-ci influencent les publics
Les médias influencent directement chaque individu sans intermédiaire social
Les publics influencent les médias, puis les médias influencent les leaders d’opinion
Les leaders d’opinion produisent les messages, puis les médias les diffusent

Les médias influencent les leaders d’opinion, puis ceux-ci influencent les publics

Explication

Le two-step flow décrit une influence en deux étapes : les médias atteignent d’abord les leaders d’opinion, qui influencent ensuite les publics. Cette conception s’éloigne du modèle d’un effet direct et uniforme sur un public passif.

2. Comment comprendre l’affirmation de McLuhan selon laquelle « le medium est le message » ?

Le medium correspond au financement économique qui organise la circulation des contenus
Le public produit le message en fonction de sa culture, sans influence du dispositif technique
Le support technique influence la perception et l’organisation sociale, au-delà du contenu transmis
Le contenu diffusé détermine le sens du message, quelles que soient les propriétés du support

Le support technique influence la perception et l’organisation sociale, au-delà du contenu transmis

Explication

McLuhan souligne que le support technique structure la perception et l’organisation sociale indépendamment du contenu particulier qu’il diffuse. Confondre le medium avec le contenu écarte précisément le rôle du support mis en avant par cette formule.

3. Une même scène médiatique est comprise différemment par des publics selon leur milieu culturel et leur expérience : quel concept décrit ce phénomène ?

Le déterminisme technologique
La polysémie
La contrainte sociale
La production médiatique

La polysémie

Explication

La polysémie désigne la possibilité qu’un même message reçoive plusieurs sens selon le contexte, la culture et l’expérience du public. Le déterminisme technologique porte plutôt sur l’influence des supports sur les pratiques et les perceptions.

4. Quel mécanisme correspond au modèle de la seringue hypodermique ?

Les publics sélectionnent les messages médiatiques selon leurs besoins et leurs objectifs
Les médias transmettent directement un message à un public plutôt passif, avec un effet puissant
Les médias influencent des leaders d’opinion, qui transmettent ensuite le message aux publics
Les internautes rendent visibles les sujets grâce aux commentaires et aux partages

Les médias transmettent directement un message à un public plutôt passif, avec un effet puissant

Explication

Le modèle de la seringue hypodermique imagine une transmission directe des médias vers un public plutôt passif, produisant un effet puissant. Le two-step flow se distingue par l’intervention de leaders d’opinion entre les médias et les publics.

5. Quel rôle journalistique consiste à enquêter sur les puissants afin de révéler des abus ou des informations d’intérêt public ?

Le rôle de contre-pouvoir appelé watchdog
Le rôle de représentation chargé de relayer les décisions officielles
Le rôle de médiation consacré aux échanges institutionnels
Le rôle de promotion destiné à valoriser les acteurs publics

Le rôle de contre-pouvoir appelé watchdog

Explication

Le watchdog désigne le journalisme de contre-pouvoir qui surveille les puissants et rend publics leurs abus éventuels. La médiation institutionnelle concerne davantage la mise en relation d’acteurs que l’enquête critique sur les détenteurs du pouvoir.

6. Que soutient le déterminisme technologique à propos des médias ?

Les sociétés orientent les usages techniques sans que les supports influencent les pratiques
Les médias reflètent principalement les intérêts économiques des groupes dominants
Les publics attribuent aux messages des sens variables selon leur culture et leur expérience
La technologie transforme les manières de vivre, de communiquer et de percevoir le monde

La technologie transforme les manières de vivre, de communiquer et de percevoir le monde

Explication

Le déterminisme technologique attribue à la technologie un rôle majeur dans la transformation des modes de vie, de communication et de perception. L’interprétation variable des messages relève plutôt de la polysémie et des Cultural Studies.

7. Quelle dimension d’analyse des médias porte sur la manière dont les publics utilisent et interprètent les médias ?

La production et les financements
La réception et les usages
Les contenus et la représentation
Les dispositifs techniques

La réception et les usages

Explication

La réception et les usages étudient la façon dont les publics s’approprient, utilisent et interprètent les médias. La production concerne plutôt l’organisation économique et les financements, tandis que les dispositifs renvoient aux aspects techniques.

8. Quelle distinction oppose correctement l’analyse de l’hégémonie culturelle chez Gramsci à celle du filtrage de l’information chez Chomsky et Herman ?

Gramsci étudie la normalisation des idées dominantes, tandis que Chomsky et Herman analysent les filtres économiques et institutionnels
Gramsci étudie les financements des médias, tandis que Chomsky et Herman analysent la circulation des audiences
Gramsci étudie la vitesse médiatique, tandis que Chomsky et Herman analysent la neutralité des journalistes
Gramsci étudie les techniques d’enquête, tandis que Chomsky et Herman analysent la hiérarchie des rédactions

Gramsci étudie la normalisation des idées dominantes, tandis que Chomsky et Herman analysent les filtres économiques et institutionnels

Explication

Gramsci explique l’hégémonie culturelle par la diffusion et la normalisation des idées dominantes. Chomsky et Herman s’intéressent plutôt aux mécanismes économiques et institutionnels qui filtrent l’information.

9. Quelle démarche correspond au modèle H.E.D.I.A.T.S. de Lafon pour étudier un phénomène médiatique ?

L’étudier principalement à partir des intérêts économiques des organisations médiatiques
L’examiner comme un ensemble de dimensions interdépendantes dans une approche systémique et holistique
L’isoler de son environnement afin de mesurer séparément l’effet de son support technique
Le réduire à l’analyse du contenu en écartant les conditions de production et de réception

L’examiner comme un ensemble de dimensions interdépendantes dans une approche systémique et holistique

Explication

Le modèle H.E.D.I.A.T.S. conçoit l’étude des médias de manière globale, systémique et holistique, ce qui implique de considérer les dimensions liées entre elles. Une analyse limitée au contenu, à la technique ou aux intérêts économiques ne correspond pas à cette ambition.

10. Quelle est la principale caractéristique du modèle H.E.D.I.A.T.S. proposé par Benoît Lafon en 2019 ?

Il décrit les médias à partir de leurs mécanismes de financement économique
Il analyse les messages selon les interprétations individuelles des publics
Il propose une étude globale, systémique et holistique des médias
Il explique les médias principalement par les effets autonomes des supports techniques

Il propose une étude globale, systémique et holistique des médias

Explication

Lafon propose en 2019 le modèle H.E.D.I.A.T.S. comme une approche globale, systémique et holistique de l’étude des médias. Les autres réponses réduisent l’analyse à une seule dimension, alors que le modèle vise une compréhension d’ensemble.

11. Que désigne l’agenda-setting dans l’étude des médias ?

L’influence de la formulation médiatique sur la manière d’interpréter une information
La circulation d’un message par des leaders d’opinion auprès de leurs réseaux
L’influence des médias sur les sujets que le public considère comme importants
La sélection des médias par le public selon ses besoins et ses attentes

L’influence des médias sur les sujets que le public considère comme importants

Explication

L’agenda-setting désigne le processus par lequel les médias contribuent à déterminer les sujets jugés importants en les mettant en avant. Le cadrage concerne plutôt la manière dont une information est présentée et interprétée.

12. Quelle série reprend les cinq questions du modèle de Lasswell ?

Quels médias, pour quel coût, à quelle fréquence, avec quelle audience ?
Qui dit quoi, par quel canal, à qui et avec quels effets ?
Qui produit quoi, selon quelle règle, pour quel public et avec quelle portée ?
Quel message, dans quel contexte, avec quelle image, pour quelle réponse ?

Qui dit quoi, par quel canal, à qui et avec quels effets ?

Explication

Le modèle de Lasswell analyse la communication en demandant qui parle, ce qui est dit, par quel canal, à qui et avec quels effets. Les autres séries remplacent ces éléments par des dimensions qui ne constituent pas les cinq questions du modèle.

13. Quelle situation illustre le mieux la notion d’audience active ?

Une rédaction impose à son public les sujets qui doivent retenir son attention
Une personne choisit un média et l’utilise pour répondre à un besoin précis
Une personne reçoit un message médiatique et en subit l’effet sans sélection
Un leader d’opinion relaie une information auprès de plusieurs groupes sociaux

Une personne choisit un média et l’utilise pour répondre à un besoin précis

Explication

Une audience active choisit et utilise les médias en fonction de ses besoins, de ses attentes et de ses objectifs. La réception passive décrit plutôt la conception associée à la seringue hypodermique.

14. Pourquoi Jacques Le Bohec estime-t-il que les journalistes ne sont pas totalement libres, neutres et objectifs, même lorsqu’ils recherchent l’objectivité ?

Parce que les journalistes renoncent généralement à toute vérification des faits
Parce que le temps, la hiérarchie et les financements influencent leur travail
Parce que les publics imposent directement le contenu de chaque reportage
Parce que les journalistes adoptent nécessairement les opinions des responsables politiques

Parce que le temps, la hiérarchie et les financements influencent leur travail

Explication

Selon Jacques Le Bohec, les contraintes de temps, de hiérarchie et de financement limitent l’indépendance journalistique, malgré la recherche d’objectivité. Cette recherche ne signifie donc pas une neutralité totale ni une absence complète de contraintes.

15. Comment les acteurs numériques participent-ils à la visibilité des sujets ?

Les internautes, les influenceurs et les relais d’opinion amplifient les sujets par leurs échanges et leurs partages
Les rédactions déterminent la visibilité des sujets sans intervention des utilisateurs numériques
Les publics consultent les contenus sans contribuer à leur circulation dans les réseaux
Les médias traditionnels contrôlent les échanges, les commentaires et les recommandations en ligne

Les internautes, les influenceurs et les relais d’opinion amplifient les sujets par leurs échanges et leurs partages

Explication

À l’ère numérique, les internautes, les influenceurs et les relais d’opinion participent à la visibilité des sujets grâce aux échanges, aux commentaires et aux partages. La circulation de l’attention en ligne implique donc aussi des acteurs et des pratiques participatives.

16. Laquelle de ces activités correspond à une gratification recherchée par le public dans ses usages médiatiques ?

Rechercher une information, se divertir, se détendre ou interagir socialement
Contrôler la programmation, imposer les thèmes et mesurer les effets médiatiques
Déterminer les lois, administrer les plateformes et orienter les rédactions
Sélectionner les journalistes, financer les médias et organiser leur distribution

Rechercher une information, se divertir, se détendre ou interagir socialement

Explication

Les gratifications recherchées comprennent notamment l’information, le divertissement, la détente et l’interaction sociale. Les autres réponses décrivent des fonctions institutionnelles ou professionnelles plutôt que les satisfactions recherchées par les usagers.

17. Quelle situation illustre le mieux la notion de violence symbolique appliquée aux médias ?

Un média compare plusieurs sources avant de rédiger son article
Un média interrompt une émission pour respecter une contrainte technique
Un média présente une réalité à l’aide de catégories qui semblent naturelles
Un média publie les comptes détaillés de ses dépenses de fonctionnement

Un média présente une réalité à l’aide de catégories qui semblent naturelles

Explication

La violence symbolique apparaît lorsque les médias orientent la perception du réel au moyen de mots, de catégories ou de cadrages présentés comme évidents. La comparaison des sources relève plutôt d’une méthode de vérification, sans constituer en elle-même une imposition de catégories.

18. Quelle caractéristique permet de reconnaître un fait social selon Émile Durkheim ?

Il désigne une interprétation médiatique produite par un public selon son expérience
Il est extérieur à l’individu et exerce une contrainte sur sa manière d’agir, de penser ou de sentir
Il résulte d’une décision personnelle et varie selon les préférences intimes de chaque individu
Il correspond à un objet matériel dont la fonction technique organise les échanges sociaux

Il est extérieur à l’individu et exerce une contrainte sur sa manière d’agir, de penser ou de sentir

Explication

Pour Durkheim, un fait social est une manière d’agir, de penser ou de sentir extérieure à l’individu et contraignante pour lui. Une préférence personnelle ne possède pas nécessairement cette extériorité ni cette force de contrainte.

19. Quelle opposition distingue le mieux l’École de Francfort des Cultural Studies ?

La première privilégie la technique, tandis que les secondes considèrent les médias comme des objets matériels
La première analyse les rapports de pouvoir, tandis que les secondes étudient l’interprétation active des publics
La première examine la réception culturelle, tandis que les secondes expliquent principalement la domination économique
La première étudie les usages individuels, tandis que les secondes décrivent surtout les financements médiatiques

La première analyse les rapports de pouvoir, tandis que les secondes étudient l’interprétation active des publics

Explication

L’École de Francfort relie les médias aux intérêts économiques et aux rapports de pouvoir, alors que les Cultural Studies mettent l’accent sur l’activité interprétative des publics. Les deux approches ne se distinguent donc pas par une opposition entre technique et matérialité.

20. Pourquoi un média ne se réduit-il pas à un simple outil technique comme un téléphone ou un journal ?

Parce qu’il organise la production, la diffusion et la circulation de contenus interprétés par les publics
Parce qu’il transmet des contenus identiques indépendamment des pratiques des utilisateurs
Parce qu’il repose principalement sur les caractéristiques matérielles de son dispositif
Parce qu’il désigne un message dont le sens reste fixé avant sa réception

Parce qu’il organise la production, la diffusion et la circulation de contenus interprétés par les publics

Explication

Un média est une organisation à la fois économique, sociale et symbolique qui produit et fait circuler des contenus soumis à l’interprétation des publics. Le réduire à un dispositif matériel néglige ses dimensions organisationnelles et symboliques.

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Qu'est-ce qu'un média ?

Une organisation économique, sociale et symbolique produisant et diffusant des contenus.

Comment Émile Durkheim définit-il un fait social ?

Une manière d’agir, penser ou sentir extérieure à l’individu qui le contraint.

Dans quelle œuvre Émile Durkheim définit-il le fait social en 1895 ?

Les Règles de la méthode sociologique.

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