QCM : Sociologie du corps et de la santé (23 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Deux groupes sociaux adoptent des démarches différentes, transmises par l’éducation et influencées par les modes et les convenances. Quelle idée de Mauss cette observation illustre-t-elle ?

Les façons de marcher s’acquièrent principalement à l’école.
Les façons de marcher reflètent avant tout des différences biologiques.
Les façons de marcher sont apprises et varient selon les contextes sociaux.
Les façons de marcher relèvent surtout des préférences individuelles.

Les façons de marcher sont apprises et varient selon les contextes sociaux.

Explication

Pour Mauss, la marche qui semble naturelle est apprise et varie notamment selon les sociétés, les éducations et les modes. La préférence individuelle néglige ces influences sociales, l’école confond apprentissage et scolarité, et l’explication biologique contredit le caractère appris de ces gestes.

2. Un enfant reproduit une manière de saluer observée chez un entraîneur qu’il admire et auquel il fait confiance, parce qu’il l’a vu réussir. Quel mécanisme décrit cette transmission ?

L’expression d’une disposition biologique innée au salut.
L’imitation aléatoire d’un geste aperçu dans l’environnement.
L’apprentissage formel d’un geste enseigné à l’école.
L’imitation prestigieuse d’un acte réussi observé chez une personne d’autorité.

L’imitation prestigieuse d’un acte réussi observé chez une personne d’autorité.

Explication

L’imitation prestigieuse conduit à reproduire des actes réussis observés chez des personnes de confiance qui ont autorité sur soi, et le geste s’impose de l’extérieur. L’imitation aléatoire omet le prestige et la confiance, la consigne scolaire réduit le mécanisme à l’école, et l’innéité écarte l’apprentissage social.

3. Dans une enquête sur les inégalités, que permet principalement d’observer l’apparence corporelle d’un individu selon Martine Court et ses collègues ?

Son statut social et son appartenance de classe.
Son niveau scolaire et ses résultats académiques.
Son tempérament personnel et ses dispositions psychologiques.
Son état de santé et ses besoins médicaux.

Son statut social et son appartenance de classe.

Explication

L’apparence corporelle est présentée comme un indicateur fondamental du statut social et un marqueur d’appartenance de classe. Le tempérament, la santé et les résultats scolaires sont des interprétations distinctes qui ne correspondent pas à cette fonction.

4. Dans une famille, les parents choisissent les vêtements de leur enfant, organisent son alimentation et ses soins, et décident des activités qu’il pratique. Quel processus ces pratiques illustrent-elles ?

Le façonnage familial du corps et de l’apparence pendant l’enfance.
La prise en charge médicale du corps indépendamment de l’éducation familiale.
La formation scolaire des habitudes corporelles de l’enfant.
La sélection biologique des caractéristiques corporelles de l’enfant.

Le façonnage familial du corps et de l’apparence pendant l’enfance.

Explication

Les parents, surtout les mères, façonnent le corps et l’apparence des enfants par les vêtements, l’alimentation, les soins et les activités proposées ou non. La réduction aux soins médicaux laisse de côté les autres pratiques, l’école n’est pas l’agent décrit, et la sélection biologique ne rend pas compte de ce travail familial.

5. Une enquête compare les normes corporelles de trois contextes : l’Occident sous l’Ancien Régime, l’Occident contemporain et certains pays d’Afrique. Quelle interprétation correspond aux variations historiques et culturelles de l’association entre rondeur et santé ?

La rondeur était valorisée sous l’Ancien Régime occidental et l’est encore dans certains pays d’Afrique, tandis que la minceur est davantage valorisée aujourd’hui en Occident.
La minceur était valorisée sous l’Ancien Régime occidental et l’est encore dans certains pays d’Afrique, tandis que la rondeur est davantage valorisée aujourd’hui en Occident.
La rondeur était valorisée sous l’Ancien Régime occidental et aujourd’hui dans tout l’Occident, tandis que la minceur est davantage valorisée dans certains pays d’Afrique.
La rondeur était valorisée sous l’Ancien Régime occidental et la minceur l’est aujourd’hui en Occident comme dans certains pays d’Afrique.

La rondeur était valorisée sous l’Ancien Régime occidental et l’est encore dans certains pays d’Afrique, tandis que la minceur est davantage valorisée aujourd’hui en Occident.

Explication

Les représentations de la santé varient selon les époques et les cultures : la rondeur était associée à la santé dans l’Occident ancien, la minceur est davantage valorisée dans l’Occident contemporain, et la rondeur garde une valeur positive dans certains pays africains. La minceur ancienne transpose la norme contemporaine ; la généralisation à tout l’Occident ignore la variation culturelle ; la dernière réponse attribue à tort la valorisation de la minceur à certains pays africains.

6. Une personne dit qu’elle ne pense à sa santé que lorsqu’elle tombe malade et ne voit pas la santé comme une réalité ayant un sens en elle-même. Quelle forme de représentation décrit-elle ?

La forme santé-produit
La forme santé/maladie
La forme santé-capital
La forme santé-instrument

La forme santé/maladie

Explication

Dans la forme santé/maladie, la santé devient perceptible surtout lorsqu’elle est perdue et la maladie prend le devant de la réflexion. La santé-produit concerne son entretien par des efforts ; la santé-instrument la valorise comme moyen de travailler ; la santé-capital n’est pas la forme définie ici.

7. Pour une personne, la santé est une richesse parce qu’elle lui permet de travailler et de gagner sa vie, mais elle n’est pas une valeur en soi. Quelle conception exprime cette idée ?

La santé-produit
La forme santé/maladie
La santé comme valeur collective
La santé-instrument

La santé-instrument

Explication

La santé-instrument est conçue comme une richesse utile pour travailler et gagner sa vie, sans être une valeur en soi. La santé-produit désigne une santé à préserver par des efforts ; santé/maladie renvoie à la santé remarquée lorsqu’elle est perdue ; la valeur collective ne correspond pas à la conception décrite.

8. Une personne adopte des pratiques pour maintenir sa santé, comme manger sainement, modérer l’alcool et le tabac et faire du sport, car elle estime pouvoir agir sur son état. Quelle conception cela illustre-t-il ?

La santé comme dotation initiale
La forme santé/maladie
La santé-produit
La santé-instrument

La santé-produit

Explication

La santé-produit est envisagée comme le résultat d’efforts sur lesquels les individus ont une certaine maîtrise et comme une valeur à préserver. La santé-instrument renvoie à l’utilité pour travailler ; santé/maladie rend la santé perceptible par sa perte ; la dotation à la naissance relève du fatalisme associé à une autre conception.

9. Dans une société qui se laïcise, les préoccupations se déplacent de la vie après la mort vers l’existence terrestre. Quelle transformation de la valeur accordée à la santé en découle ?

La santé perd de l’importance parce que les félicités sont recherchées dans la vie terrestre.
La souffrance corporelle prend davantage d’importance comme voie de sanctification terrestre.
La santé prend davantage d’importance parce que les félicités sont recherchées dans la vie terrestre.
La santé prend davantage d’importance parce que le salut est davantage recherché dans l’au-delà.

La santé prend davantage d’importance parce que les félicités sont recherchées dans la vie terrestre.

Explication

La laïcisation déplace progressivement la recherche du salut de l’au-delà vers la vie terrestre, ce qui renforce l’importance accordée à la santé. La perte d’importance inverse ce lien ; la sanctification par la souffrance caractérise la perspective religieuse antérieure ; le salut dans l’au-delà inverse le déplacement décrit.

10. Dans une société européenne organisée par la foi, une personne interprète une souffrance corporelle supportée chrétiennement comme un moyen de se rapprocher du Christ. Quelle préoccupation et quelle interprétation correspondent à cette vision ?

La santé terrestre est centrale, et la souffrance est un obstacle à la sanctification.
La réussite matérielle terrestre est centrale, et la souffrance garantit le salut immédiat.
Le salut après la mort est central, et la souffrance peut contribuer à la sanctification.
Le bien-être corporel est central, et la souffrance témoigne d’une santé préservée.

Le salut après la mort est central, et la souffrance peut contribuer à la sanctification.

Explication

Dans les sociétés organisées par la foi, les inquiétudes majeures portaient sur le salut après la mort, et la souffrance supportée chrétiennement pouvait être interprétée comme un moyen de sanctification. La santé terrestre centrale relève de la perspective moderne ; le bien-être corporel ne rend pas compte de cette interprétation ; la réussite matérielle et le salut immédiat ne sont pas les enjeux décrits.

11. Quelle conception de la santé précédait la définition positive de l’OMS et correspondait à l’expression de Leriche « la vie dans le silence des organes » ?

La prévention des maladies et le maintien de la forme physique
Le bien-être physique, mental et social complet
L’équilibre entre l’environnement social et la santé individuelle
L’absence de maladie ou de dysfonctionnement perceptible

L’absence de maladie ou de dysfonctionnement perceptible

Explication

La conception négative définit la santé par l’absence de maladie, idée résumée par Leriche par « la vie dans le silence des organes ». Le bien-être physique, mental et social renvoie à la définition positive de l’OMS, tandis que les deux autres réponses décrivent des dimensions ou des actions liées à une approche plus large de la santé.

12. Une école agit contre le harcèlement et aide les élèves à devenir acteurs de leur santé : quelle conséquence de la définition positive de la santé justifie ces démarches ?

Elle réserve l’éducation à la santé au maintien de la forme physique
Elle permet d’agir sur les facteurs sociaux et de solliciter l’action de l’individu
Elle concentre l’éducation à la santé sur le traitement des maladies
Elle fait reposer la santé sur les choix personnels des élèves seuls

Elle permet d’agir sur les facteurs sociaux et de solliciter l’action de l’individu

Explication

La définition positive permet de prendre en compte les facteurs sociaux de mauvaise santé, d’agir sur l’environnement et de reconnaître que l’individu peut aussi être acteur de sa santé. Le maintien de la forme physique est une dimension de l’éducation à la santé, mais il ne résume pas cette approche; les deux autres réponses excluent soit l’action sociale, soit la prévention.

13. Une équipe compare la mortalité occidentale d’avant les antibiotiques à celle associée aux problèmes de santé actuels : quelle évolution doit-elle retenir ?

D’une prédominance des cancers vers une importance accrue des maladies dégénératives
D’une prédominance chronique vers une importance accrue des maladies infectieuses
D’une prédominance infectieuse vers une importance accrue des maladies chroniques
D’une prédominance des maladies dégénératives vers une importance accrue des infections

D’une prédominance infectieuse vers une importance accrue des maladies chroniques

Explication

Avant les antibiotiques, la mortalité infectieuse dominait; les maladies chroniques, comme le diabète, le cholestérol et le surpoids, ont ensuite pris une place accrue. La réponse qui inverse l’ordre historique confond les deux périodes, et les deux autres substituent à cette évolution d’autres catégories de maladies.

14. Un programme destiné à des enfants aborde l’alimentation, le rapport à l’alcool et la pratique sportive afin de réduire certains risques de santé futurs : quelle idée le justifie ?

Des comportements acquis tôt contribuent en partie à certains cancers et maladies chroniques
Des comportements acquis tôt influencent la santé seulement après l’âge adulte
Des comportements acquis tôt déterminent principalement la mortalité infectieuse
Des comportements acquis tôt interviennent surtout dans le traitement des maladies chroniques

Des comportements acquis tôt contribuent en partie à certains cancers et maladies chroniques

Explication

Les habitudes alimentaires, le rapport à l’alcool et la pratique du sport, acquis tôt dans la vie, contribuent en partie à certains cancers et aux maladies chroniques. La mortalité infectieuse relève d’une autre évolution historique; les deux autres réponses écartent à tort l’influence précoce ou la situent dans le traitement plutôt que dans les comportements associés aux risques.

15. Selon Herzlich et Pierret, quels trois traits caractérisent l’expérience contemporaine de la maladie dans les pays riches dotés d’un système social ?

Prévention, socialisation et guérison
Individualisation, socialisation et médicalisation
Familialisation, médicalisation et prévention
Individualisation, guérison et institutionnalisation

Individualisation, socialisation et médicalisation

Explication

Herzlich et Pierret décrivent une expérience de la maladie individualisée, socialisée et médicalisée. La prévention, la familialisation et la guérison ne remplacent pas ces trois caractéristiques.

16. Une historienne explique pourquoi les soins médicaux sont devenus centraux dans la prise en charge de la maladie. Quels facteurs doit-elle associer ?

Monopole légal depuis 1892, remboursement depuis 1945 et recul des soins scientifiques
Progrès scientifiques, monopole légal depuis 1945 et remboursement depuis 1892
Progrès scientifiques, remboursement depuis 1892 et monopole légal depuis 1945
Progrès scientifiques, monopole légal depuis 1892 et remboursement depuis 1945

Progrès scientifiques, monopole légal depuis 1892 et remboursement depuis 1945

Explication

La médicalisation a été rendue possible par les progrès de la médecine scientifique, le monopole légal établi en 1892 et le remboursement des soins médicaux par la Sécurité sociale à partir de 1945. Les autres combinaisons inversent les dates ou négligent les progrès scientifiques.

17. Des parents donnent à leur enfant des conseils alimentaires et soignent ses petits bobos, sans considérer ces gestes comme une éducation à la santé. Quel rôle la famille joue-t-elle ?

Elle transmet des soins, mais pas d’éducation à la santé sans démarche formelle
Elle est la première éducatrice à la santé, même sans démarche formelle
Elle assure une éducation à la santé seulement dans un cadre scolaire
Elle contribue à la santé après l’intervention des professionnels

Elle est la première éducatrice à la santé, même sans démarche formelle

Explication

La famille est la première éducatrice à la santé, même lorsque les apprentissages sont informels et que les parents ne les identifient pas ainsi. L’absence d’intention éducative explicite n’efface donc pas ce rôle.

18. Une municipalité veut réduire les inégalités sociales de santé dans un quartier défavorisé. Quelle action correspond le mieux aux leviers les plus efficaces décrits ?

Améliorer l’accès à l’eau, réduire la pauvreté et renforcer l’éducation
Former les soignants aux traitements des maladies chroniques
Développer les consultations médicales et les dépistages spécialisés
Diffuser des conseils sanitaires sans agir sur les conditions sociales

Améliorer l’accès à l’eau, réduire la pauvreté et renforcer l’éducation

Explication

Les politiques globales agissent sur des déterminants sociaux comme l’accès à l’eau, la pauvreté et l’éducation, et contribuent fortement à réduire les inégalités de santé. Les soins, le dépistage ou l’information seuls ne correspondent pas à ces leviers structurels.

19. Deux personnes ont des revenus comparables, mais l’une a davantage étudié. Par quels mécanismes directs son niveau d’études peut-il favoriser sa santé ?

En garantissant l’accès aux soins et en supprimant les différences sociales
En influençant les comportements par les connaissances et en favorisant l’estime de soi et la participation
En orientant vers une profession et en augmentant le revenu du foyer
En protégeant du chômage et en réduisant l’exposition aux contraintes professionnelles

En influençant les comportements par les connaissances et en favorisant l’estime de soi et la participation

Explication

Directement, les études influencent les styles de vie et les comportements de santé grâce aux connaissances, tout en favorisant l’estime de soi et la participation communautaire. L’orientation professionnelle, le revenu et la protection contre le chômage relèvent plutôt des effets indirects.

20. Quelle notion latine désigne le bon état physique et moral d’une personne ainsi que la conservation de ses droits, de ses biens et de son intégrité individuelle ?

Salubritas
Salus
Disease
Sanitas

Salus

Explication

Salus renvoie à l’intégrité individuelle, au bon état physique et moral et à la conservation des droits et des biens. Sanitas concerne les normes morales du bien, tandis que Salubritas désigne les moyens collectifs et politiques de promouvoir la santé.

21. Une campagne présente comme modèle le corps idéal et associe la santé au bon goût et aux normes sociales du bien. Quelle notion latine correspond à cette dimension morale et prescriptive ?

Illness
Salus
Sanitas
Salubritas

Sanitas

Explication

Sanitas associe le bon état du corps à la raison, au bon sens et au bon goût, dans une dimension morale prescriptive. Salus renvoie à l’intégrité individuelle, Salubritas aux moyens collectifs et Illness à l’expérience subjective de la maladie.

22. Une municipalité met en place des mesures sanitaires, des actions de santé publique et un programme d’éducation à la santé. Quelle notion latine décrit le mieux cette démarche ?

Salus
Disease
Sanitas
Salubritas

Salubritas

Explication

Salubritas désigne la santé et les moyens collectifs et politiques de l’assurer, dont les mesures sanitaires et l’éducation à la santé. Salus concerne l’intégrité individuelle, Sanitas les normes morales du bien et Disease l’objectivation médicale de la maladie.

23. Une personne décrit ses douleurs et son vécu anormal, tandis qu’un médecin établit un diagnostic en objectivant la maladie. Comment distinguer ces deux dimensions ?

Illness correspond au vécu de la personne et sickness à l’objectivation médicale
Disease correspond au vécu de la personne et illness à l’objectivation médicale
Sickness correspond au vécu de la personne et disease à l’objectivation médicale
Illness correspond au vécu de la personne et disease à l’objectivation médicale

Illness correspond au vécu de la personne et disease à l’objectivation médicale

Explication

Illness désigne l’appréhension subjective de la maladie par la personne, alors que disease désigne sa définition et son objectivation par la médecine occidentale. Inverser illness et disease confond ces deux perspectives; sickness renvoie à la définition sociale de la maladie.

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Selon Marcel Mauss (1872-1950), comment s’apprennent les façons de marcher ?

Elles s’apprennent et varient selon les sociétés, l’éducation, les convenances, les modes et les prestiges.

Qui a montré que les façons de marcher varient selon les sociétés et l’éducation ?

Marcel Mauss.

Selon Marcel Mauss, quel mécanisme conduit à reproduire les actes réussis de personnes de confiance ayant autorité ?

L’imitation prestigieuse.

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