QCM : Traditions sociologiques et Durkheim (20 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une chercheuse étudie les relations sociales dans un quartier où les pratiques et les institutions ne sont pas immédiatement compréhensibles. À quoi peuvent lui servir les grilles de lecture sociologiques ?

À imposer aux enquêtés les règles sociales que la chercheuse étudie
À fournir des outils théoriques, souvent liés à des méthodes d’enquête, pour analyser le monde social
À remplacer les outils théoriques par des techniques de collecte de données
À décrire directement le monde social, sans recourir à une interprétation théorique

À fournir des outils théoriques, souvent liés à des méthodes d’enquête, pour analyser le monde social

Explication

Les grilles sont des outils théoriques, souvent associés à des méthodes et techniques d’enquête, qui aident à analyser un monde social non transparent. Les autres réponses les confondent avec une description immédiate, avec les seules techniques d’enquête ou avec les normes étudiées.

2. Quelles approches figurent parmi les traditions sociologiques distinguées dans le cours ?

Les sociologies de la déviance, individualistes, constructivistes et fonctionnalistes
Les sociologies de l’intégration, de la déviance, fonctionnalistes et de l’identité sociale
Les sociologies de l’intégration, individualistes, constructivistes et de l’identité sociale
Les sociologies de l’intégration, individualistes, fonctionnalistes et de la déviance

Les sociologies de l’intégration, individualistes, constructivistes et de l’identité sociale

Explication

Les traditions distinguées comprennent les sociologies de l’intégration sociale, les sociologies individualistes centrées sur les stratégies des acteurs, les sociologies constructivistes et celles de l’identité sociale. Les autres propositions substituent à cette liste des approches qui n’y figurent pas ou omettent des traditions mentionnées.

3. Pour expliquer une forte variation des pratiques de solidarité entre deux sociétés, une sociologue part de leurs institutions et de leur organisation sociale plutôt que des choix individuels. Quelle démarche adopte-t-elle ?

Une démarche descriptive, qui relève les différences entre les sociétés
Une démarche individualiste, qui explique le social par les phénomènes individuels
Une démarche holiste, qui explique les phénomènes sociaux par la société
Une démarche individualiste, qui explique les choix individuels par la société

Une démarche holiste, qui explique les phénomènes sociaux par la société

Explication

Le holisme explique les phénomènes sociaux par la société; l’individualisme méthodologique part au contraire des phénomènes individuels. Les autres réponses inversent ces points de départ ou abandonnent l’explication sociologique.

4. Au XIXe siècle, le développement de l’économie de marché et l’essor d’un prolétariat urbain conduisent Durkheim à s’interroger sur quel enjeu ?

La mobilité du prolétariat urbain
Le maintien du lien social
La croissance de l’économie de marché
L’organisation des spécialités scientifiques

Le maintien du lien social

Explication

Face aux transformations économiques et à l’essor du prolétariat urbain, Durkheim se demande comment assurer le maintien du lien social. Les autres choix reprennent des éléments du contexte ou du projet scientifique, mais ne désignent pas l’enjeu posé par ces transformations.

5. Dans une société où les individus partagent de fortes valeurs communes, sont peu spécialisés et relèvent surtout d’un droit répressif, quel type de solidarité prédomine ?

La solidarité fondée sur le droit restitutif
La solidarité fondée sur la différenciation
La solidarité organique
La solidarité mécanique

La solidarité mécanique

Explication

La solidarité mécanique repose sur les ressemblances, une conscience collective forte, une faible division du travail et la prédominance du droit répressif. La solidarité organique correspond à la complémentarité; le droit restitutif et la forte différenciation sont associés à cette dernière.

6. Dans une société moderne, les professions sont très différenciées et les personnes dépendent de fonctions sociales complémentaires; quel type de solidarité caractérise cette cohésion ?

La solidarité organique
La solidarité fondée sur la faible division du travail
La solidarité fondée sur le droit répressif
La solidarité mécanique

La solidarité organique

Explication

La solidarité organique caractérise les sociétés modernes où la division du travail et la différenciation sont fortes, et où la cohésion repose sur la complémentarité des fonctions. La solidarité mécanique s’appuie sur les ressemblances; le droit répressif prédominant et la faible spécialisation lui sont associés.

7. Dans quel ouvrage et en quelle année Durkheim étudie-t-il la transformation des modes de solidarité en utilisant le droit comme indicateur des évolutions sociales ?

Dans Le Suicide, en 1897
Dans De la division du travail social, en 1893
Dans L’évolution pédagogique en France, en 1938
Dans Les Règles de la méthode sociologique, en 1895

Dans De la division du travail social, en 1893

Explication

Durkheim analyse la transformation des modes de solidarité dans De la division du travail social, paru en 1893, et prend le droit comme indicateur. Le Suicide porte sur un autre objet; L’évolution pédagogique traite de l’école, tandis que 1895 est associé aux Règles de la méthode sociologique.

8. Une famille attend de ses membres qu’ils adoptent une pratique commune, qui sert de référence à leur conduite; comment cette pratique se définit-elle ?

Un ordre social
Une fonction sociale
Une institution juridique
Une norme sociale

Une norme sociale

Explication

Une norme sociale est un comportement ou une pratique auquel un individu est tenu et qui sert de référence; elle peut être locale, comme dans une famille. Un ordre social désigne une structure stable, une fonction sociale concerne la division des rôles, et une règle juridique ne couvre pas toutes les normes possibles.

9. Un enfant apprend les manières de penser et de se comporter propres à la société dans laquelle il grandit; quel processus décrit cette transformation ?

La socialisation
L’éducation scolaire
L’habitus
L’individuation

La socialisation

Explication

La socialisation est le processus par lequel la société façonne les individus et transforme un être biologique en être social propre à une société déterminée. L’habitus désigne des dispositions intériorisées, tandis que l’éducation scolaire est une institution et une voie de socialisation, non le nom du processus général.

10. Pour comprendre pourquoi une école a pris sa forme actuelle, quelle démarche correspond à la conception de Durkheim de cette institution ?

Examiner seulement ses pratiques pédagogiques actuelles
Analyser uniquement son organisation administrative
La comparer aux fonctions de la famille et de la religion
Étudier son histoire comme institution de socialisation

Étudier son histoire comme institution de socialisation

Explication

Durkheim considère l’école comme une institution de socialisation dont l’histoire propre aide à comprendre ce qu’elle est devenue. Se limiter aux pratiques actuelles ou à l’administration néglige cette genèse; la comparaison avec d’autres institutions ne remplace pas l’étude de son histoire.

11. Quelle définition correspond à la conception durkheimienne de l’éducation ?

Le processus général par lequel la société transforme l’être biologique
L’action des adultes pour développer les capacités requises par la vie sociale
L’action des enfants pour préparer les adultes à la vie collective
La transmission de savoirs intellectuels sans visée physique ou morale

L’action des adultes pour développer les capacités requises par la vie sociale

Explication

Pour Durkheim, l’éducation est l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale, afin de développer les états physiques, intellectuels et moraux requis. La socialisation est une notion plus large; l’éducation ne se limite pas à l’intellect et les rôles des générations ne sont pas inversés.

12. Dans une association, les membres se rencontrent souvent, partagent des passions et poursuivent un objectif commun ; quel processus social décrit cette situation ?

L’adaptation des conduites
La régulation sociale
L’intégration sociale
La légitimation hiérarchique

L’intégration sociale

Explication

L’intégration rattache l’individu au groupe par des interactions fréquentes, des passions partagées et des buts communs. La régulation concerne l’harmonisation des conduites, tandis que les deux autres réponses réduisent le processus à un aspect hiérarchique ou comportemental.

13. Dans une organisation, les règles et les attentes sont ajustées aux responsabilités de chacun dans une hiérarchie que les membres jugent juste ; quel processus est à l’œuvre ?

Le partage de passions uniformes
La régulation sociale
L’intégration sociale
La poursuite d’objectifs communs

La régulation sociale

Explication

La régulation harmonise les conduites grâce à des règles et des passions adaptées à la place de chacun dans une hiérarchie considérée comme légitime. L’intégration rattache plutôt l’individu au groupe ; les autres réponses désignent des caractéristiques de l’intégration, non l’organisation des conduites.

14. Après une transformation sociale rapide, les règles qui orientaient les aspirations deviennent inefficaces et contradictoires ; quelle situation cela caractérise-t-il ?

Une situation de régulation excessive
Une situation d’anomie
Une situation d’intégration excessive
Une situation d’intégration faible

Une situation d’anomie

Explication

L’anomie désigne la perte d’efficacité, l’incompatibilité ou le remplacement des règles qui orientent les conduites et les aspirations sous l’effet des changements sociaux. L’intégration faible ou excessive concerne le lien aux groupes, tandis que la régulation excessive renvoie à une contrainte trop forte.

15. Dans quel ouvrage et en quelle année Durkheim étudie-t-il le suicide comme fait social en appliquant ses principes méthodologiques ?

Dans Les règles de la méthode sociologique, en 1897
Dans Le suicide, en 1897
Dans De la division du travail social, en 1897
Dans Le suicide, en 1895

Dans Le suicide, en 1897

Explication

Durkheim étudie le suicide comme fait social dans Le suicide, publié en 1897, en mettant en œuvre les principes méthodologiques exposés dans Les règles de la méthode sociologique. Les autres réponses confondent l’ouvrage, l’année ou une autre œuvre de Durkheim.

16. Un cas de suicide est associé à un affaiblissement du contrôle des règles sociales, sans excès d’intégration au groupe ; quelle forme correspond à ce déséquilibre ?

Le suicide égoïste
Le suicide altruiste
Le suicide anomique
Le suicide fataliste

Le suicide anomique

Explication

Le suicide anomique est associé à un déséquilibre ou à une absence de régulation. Le fataliste relève d’une régulation excessive, l’altruiste d’une intégration excessive et l’égoïste d’une intégration faible ou absente.

17. Quelle définition correspond à un fait social chez Durkheim ?

Un comportement inné partagé par les membres d’une société et transmis biologiquement
Une disposition psychologique individuelle qui détermine les conduites dans une situation donnée
Une manière de faire qui exerce une contrainte extérieure ou qui est générale et possède une existence propre
Une action volontaire qui dépend des choix personnels et de leurs manifestations particulières

Une manière de faire qui exerce une contrainte extérieure ou qui est générale et possède une existence propre

Explication

Un fait social se définit par la contrainte extérieure ou par sa généralité dans la société, tout en ayant une existence indépendante des manifestations individuelles. Le premier distracteur le ramène à la psychologie individuelle, le deuxième confond généralité sociale et innéité, et le troisième écarte son existence propre.

18. Une sociologue étudie une norme sociale en suspendant ses idées préconçues et en élaborant des termes précis pour la décrire. Quelle démarche durkheimienne applique-t-elle ?

Traiter les faits sociaux comme des choses, écarter les prénotions et construire un vocabulaire spécifique
Expliquer la norme par les intentions personnelles et les souvenirs des individus concernés
Décrire la norme avec des termes ordinaires sans établir de catégories sociologiques propres
Conserver les prénotions courantes afin de rendre la description immédiatement familière

Traiter les faits sociaux comme des choses, écarter les prénotions et construire un vocabulaire spécifique

Explication

La démarche consiste à traiter les faits sociaux comme des choses, à renoncer aux prénotions et à construire un vocabulaire spécifique. Le premier distracteur substitue l’introspection à l’étude sociologique, le deuxième conserve les prénotions et le troisième néglige la construction d’un vocabulaire propre.

19. Pourquoi Durkheim considère-t-il les crimes comme des phénomènes sociaux normaux ?

Parce que les crimes résultent principalement de défauts psychologiques individuels
Parce que tous les membres d’une société partagent exactement les mêmes sentiments collectifs
Parce qu’aucune société ne peut rendre les sentiments collectifs identiques chez tous ses membres
Parce que les sociétés approuvent moralement les actes criminels commis en leur sein

Parce qu’aucune société ne peut rendre les sentiments collectifs identiques chez tous ses membres

Explication

Pour Durkheim, les sentiments collectifs ne peuvent être identiques chez tous les membres d’une société, ce qui rend le crime socialement inévitable et normal. Les distracteurs confondent cette normalité avec une approbation morale, une cause individuelle ou une unanimité des sentiments.

20. Après une infraction qui suscite une réaction collective, une communauté réaffirme ses valeurs communes et modifie certaines règles. Quelle fonction sociale du crime cette situation illustre-t-elle ?

Démontrer que les comportements des membres sont devenus parfaitement uniformes
Remplacer les règles communes par des motivations psychologiques individuelles
Affaiblir nécessairement les sentiments collectifs et empêcher toute évolution sociale
Réaffirmer les sentiments collectifs et la cohésion, tout en pouvant favoriser une évolution sociale

Réaffirmer les sentiments collectifs et la cohésion, tout en pouvant favoriser une évolution sociale

Explication

Le crime peut conduire la société à réaffirmer ses sentiments collectifs et sa cohésion, et parfois contribuer à son évolution. Le premier distracteur nie ces effets collectifs, le deuxième confond cohésion et uniformité, et le troisième réduit l’explication à la psychologie individuelle.

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À quoi servent les grilles de lecture sociologiques face au monde social ?

Elles permettent d’analyser un monde social qui n’est pas transparent.

De quoi les grilles de lecture sociologiques sont-elles souvent accompagnées ?

De méthodes et de techniques d’enquête.

Quelles catégories de sociologies le cours distingue-t-il ?

Les sociologies de l’intégration sociale, individualistes, constructivistes et de l’identité sociale.

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