QCM : Totem et tabou : origine du groupe (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Comment Freud construit-il son analogie entre les conduites individuelles et les institutions collectives ?

Il déduit les institutions collectives de règles biologiques sans comparer les conduites.
Il établit que les institutions collectives déterminent directement les conduites de chaque individu.
Il traite les ressemblances comme des coïncidences sans leur attribuer de portée psychique.
Il relève des ressemblances, puis suppose que des mécanismes psychiques communs sont à l’œuvre.

Il relève des ressemblances, puis suppose que des mécanismes psychiques communs sont à l’œuvre.

Explication

La méthode analogique part de ressemblances entre conduites individuelles et institutions, puis propose des mécanismes psychiques communs. Elle ne pose pas que les institutions déterminent directement chaque conduite individuelle.

2. Quelle distinction Freud établit-il entre une analogie clinique et le parallèle entre développement individuel et histoire de l’espèce ?

Les deux démarches affirment avec la même portée que le développement individuel récapitule l’histoire de l’espèce.
L’analogie clinique reconstitue l’histoire humaine, tandis que le parallèle sert d’hypothèse pratique pour le travail clinique.
L’analogie clinique porte sur les institutions collectives, tandis que le parallèle exclut toute référence au psychisme.
L’analogie clinique propose des mécanismes psychiques communs, tandis que le parallèle formule une thèse historique plus lourde.

L’analogie clinique propose des mécanismes psychiques communs, tandis que le parallèle formule une thèse historique plus lourde.

Explication

L’analogie clinique est une hypothèse de travail sur des mécanismes psychiques communs, alors que le parallèle entre ontogenèse et phylogenèse engage une thèse historique plus lourde. La confusion consiste précisément à traiter ces deux démarches comme équivalentes.

3. Dans les sociétés décrites par Freud, quelle règle l’exogamie impose-t-elle aux membres d’un clan totémique ?

Choisir un partenaire en dehors de tout groupe organisé en clans.
Choisir un partenaire en dehors de son propre clan totémique.
Choisir un partenaire au sein d’une autre famille du même clan totémique.
Choisir un partenaire appartenant à une autre génération du même clan.

Choisir un partenaire en dehors de son propre clan totémique.

Explication

L’exogamie interdit de prendre un partenaire à l’intérieur de son propre clan totémique. Elle ne signifie pas qu’il faille éviter tout groupe organisé en clans.

4. Selon Freud, que révèle l’intensité d’une prohibition ?

Elle indique la force du désir que l’interdit cherche à combattre.
Elle indique la fréquence à laquelle l’acte interdit est effectivement accompli.
Elle traduit le degré d’accord collectif autour d’une règle sans désir sous-jacent.
Elle mesure le danger matériel que l’acte interdit fait courir au groupe.

Elle indique la force du désir que l’interdit cherche à combattre.

Explication

Pour Freud, une prohibition très insistante révèle la force du désir qu’elle combat : on n’interdit pas avec insistance ce que personne ne souhaite. L’intensité de l’interdit ne mesure donc pas directement le danger matériel de l’acte.

5. Que désigne la « toute-puissance des pensées » dans la conception freudienne de la magie ?

La conviction que des pensées ou des souhaits peuvent produire des effets réels, jusqu’à tuer.
La croyance que les esprits organisent le monde selon des intentions qui leur sont propres.
La capacité de la science à soumettre les phénomènes naturels aux exigences de la raison.
La pratique consistant à agir sur les choses par leur image, leur nom ou un fragment associé.

La conviction que des pensées ou des souhaits peuvent produire des effets réels, jusqu’à tuer.

Explication

Cette notion désigne la croyance que les pensées et les souhaits ont le pouvoir de provoquer des événements réels. La magie, au sens défini ici, est plutôt une technique qui agit sur les choses en manipulant leurs représentations.

6. Aux Bouphonies d’Athènes, quelle sanction suivait le sacrifice selon le récit rapporté ?

Un repas commun réunissait les membres du clan autour du prêtre.
Une cérémonie purifiait le clan avant que l’animal soit enterré.
Un procès condamnait le couteau, qui était ensuite jeté à la mer.
Une amende était imposée aux participants qui avaient manié l’arme.

Un procès condamnait le couteau, qui était ensuite jeté à la mer.

Explication

Aux Bouphonies, le sacrifice était suivi d’un procès qui se concluait par la condamnation du couteau, jeté à la mer. Le repas partagé entre le clan et son dieu relève de l’interprétation du sacrifice antique attribuée à Robertson Smith, et non de cette sanction précise.

7. Quelle fonction pratique Freud attribue-t-il à l’interdit de l’inceste dans le pacte fraternel ?

Rétablir la domination du père en réservant aux frères le choix d’un chef.
Transmettre la force du père en faisant de ses descendants une communauté de substance.
Préserver l’organisation entre les frères en empêchant qu’une rivalité sexuelle ne la désagrège.
Expi­er le meurtre du père en imposant aux frères une culpabilité identique.

Préserver l’organisation entre les frères en empêchant qu’une rivalité sexuelle ne la désagrège.

Explication

Cet interdit contribue à maintenir l’organisation fraternelle en limitant une source de rivalité entre les frères. Contrairement à l’interdit de tuer le totem, sa fonction ne relève pas uniquement du remords et de l’expiation.

8. Quand Alfred Kroeber a-t-il publié sa critique méthodologique et théorique de *Totem et tabou* ?

En 1920, dans une critique de l’ouvrage et de ses thèses.
En 1949, dans son étude des règles d’alliance et de parenté.
En 1962, dans son analyse de la catégorie du totémisme.
En 1939, lorsqu’il discuta la méthode de Freud en ethnologie.

En 1920, dans une critique de l’ouvrage et de ses thèses.

Explication

Kroeber publie sa critique méthodologique et théorique de *Totem et tabou* en 1920. Les dates de 1949 et de 1962 renvoient aux ouvrages de Lévi-Strauss, tandis que 1939 correspond à la réaffirmation des thèses freudiennes.

9. En quoi une hypothèse et un mythe diffèrent-ils dans leur mode d’évaluation ?

Une hypothèse repose sur une culpabilité partagée, tandis qu’un mythe décrit les renoncements pulsionnels d’un groupe.
Une hypothèse exprime un point de vue intérieur, tandis qu’un mythe adopte un point de vue extérieur sur la réalité.
Une hypothèse se vérifie ou se réfute, tandis qu’un mythe s’évalue par ce qu’il aide à penser et à organiser.
Une hypothèse organise des représentations collectives, tandis qu’un mythe se vérifie par l’observation de faits.

Une hypothèse se vérifie ou se réfute, tandis qu’un mythe s’évalue par ce qu’il aide à penser et à organiser.

Explication

Une hypothèse est soumise à une évaluation de sa validité, alors qu’un mythe se juge à sa capacité à structurer la pensée. La distinction entre points de vue intérieur et extérieur concerne plutôt la complémentarité de la psychanalyse et de l’anthropologie.

10. Quel théoricien considère que la psychanalyse et l’anthropologie offrent deux points de vue complémentaires sur une même réalité, l’un du dedans et l’autre du dehors ?

Abram Kardiner
Géza Roheim
Georges Devereux
Claude Lévi-Strauss

Georges Devereux

Explication

Georges Devereux formule une position complémentariste où la psychanalyse et l’anthropologie éclairent une même réalité depuis des perspectives différentes. Kardiner a plutôt cherché à concilier les deux disciplines, tandis que Roheim a mené des études de terrain d’inspiration psychanalytique.

11. Dans la logique lacanienne de l’exception, quel effet produit la place du père de la horde sur la constitution du groupe des fils ?

Elle dissout les liens entre les fils en supprimant toute figure de référence.
Elle transforme le groupe en ensemble sans chef qui ne totalise pas ses membres.
Elle permet au groupe de se constituer comme un tout soumis à une loi commune.
Elle maintient une organisation où chaque fils échappe à toute règle collective.

Elle permet au groupe de se constituer comme un tout soumis à une loi commune.

Explication

La figure du père qui échappe à la loi fournit le point d’exception à partir duquel les fils peuvent se constituer comme un ensemble régi par une règle commune. Un groupe sans chef qui ne totalise pas ses membres correspond plutôt à la logique du pas-tout.

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Sous quelle forme Totem et tabou paraît-il d’abord dans Imago ?

Quatre essais publiés en 1912 et 1913.

Dans les sociétés décrites par Freud, qui l’exogamie interdit-elle de choisir comme partenaire ?

Un membre de son propre clan totémique.

Qu’annonce le sous-titre de *Totem et tabou* ?

Des concordances entre la vie psychique des peuples alors qualifiés de « sauvages » et celle des névrosés.

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