L’article 1242, alinéa 1, du Code civil a longtemps constitué le principal fondement de la responsabilité du fait des choses appliquée aux accidents de la circulation.
La responsabilité objective du gardien pouvait être écartée par la preuve d’une cause étrangère.
Le fonds de garantie a été transformé en Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) en 2003.
Jand’heur → assurance obligatoire → FGAO → Badinter
★ À maîtriser
📌 Avant la loi Badinter, le propriétaire pouvait échapper à la responsabilité si le véhicule avait joué un rôle passif dans l’accident, notamment lorsqu’il était en stationnement.
Compléments
Faute de la victime : indemnisation partielle avant Desmares, tout ou rien après
★ À maîtriser
La loi Badinter facilite l’indemnisation en élargissant la notion d’implication du véhicule et en supprimant de nombreuses causes d’exonération du droit commun.
Les trois objectifs de la loi Badinter sont:
📌 Les articles 1 à 6 de la loi Badinter limitent les obstacles auxquels les victimes peuvent se heurter pour obtenir une indemnisation.
Compléments
📌 Les articles L.211-9 et suivants du Code des assurances imposent à l’assureur de présenter une offre d’indemnisation dans un délai déterminé et prévoient une sanction en cas d’offre insuffisante.
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★ À maîtriser
📌 L’article L.211-1 du Code des assurances impose que l’assurance couvre la responsabilité civile de toute personne ayant la garde ou la conduite, même non autorisée, du véhicule, ainsi que celle des passagers.
📌 Depuis la loi du 31 décembre 1993, l’assurance du véhicule volé indemnise les tiers victimes, mais ne couvre pas les dommages subis par les auteurs, coauteurs ou complices du vol.
Compléments
📌 L’assurance obligatoire couvre aussi la responsabilité civile d’un passager qui cause un dommage à un tiers, par exemple en ouvrant une portière et en faisant tomber un cycliste.
Exception contractuelle → indemnisation de la victime → recours contre l’assuré
★ À maîtriser
📌 Une exception antérieure au sinistre peut en principe être opposée à la victime, tandis qu’une exception postérieure au sinistre ne peut pas lui être opposée.
Les principales exceptions inopposables à la victime sont:
L’article L.211-7-1 rend inopposable à la victime la nullité du contrat d’assurance automobile obligatoire, notamment lorsqu’elle résulte d’une fausse déclaration intentionnelle.
L’absence réelle d’assurance peut justifier l’intervention du FGAO, tandis que la nullité d’un contrat souscrit reste inopposable à la victime et oblige l’assureur à indemniser.
La nullité du contrat d’assurance automobile est inopposable à la victime directe ou par ricochet, même lorsque celle-ci est le souscripteur et l’auteur de la fausse déclaration intentionnelle, sauf abus de droit.
Compléments
Le décret du 31 décembre 2023 a ajouté la suspension de garantie pour défaut de paiement de la prime parmi les exceptions inopposables à la victime, sous réserve de son application dans le temps.
La nullité du contrat est inopposable à la victime mais peut être opposée à l’assureur d’un autre véhicule impliqué afin d’obtenir le remboursement des sommes versées.
L’article R.211-10 autorise certaines exclusions liées au défaut de permis de conduire, tandis que l’article R.211-11 vise notamment les dommages survenus lors d’épreuves, courses ou compétitions sportives.
L’article L.211-6 répute non écrite toute clause déchéant l’assuré de sa garantie en raison d’une condamnation pour conduite en état d’ivresse, sous état alcoolique ou après usage de stupéfiants.
Nullité opposable à l’assuré, mais inopposable à la victime
★ À maîtriser
La loi Badinter constitue un régime autonome et exclusif du droit commun lorsque l’accident implique un véhicule terrestre à moteur et que la demande est dirigée contre son conducteur ou son gardien.
L’article 2 de la loi Badinter interdit au conducteur ou au gardien d’échapper à l’indemnisation en invoquant la force majeure ou le fait d’un tiers.
La loi Badinter présente un caractère autonome, exclusif et d’ordre public dans son domaine d’application.
En responsabilité civile de droit commun, la victime doit établir que le défendeur remplissait les conditions de responsabilité, tandis que la loi Badinter affirme d’abord le droit à l’indemnisation avant d’en prévoir les limites, notamment aux articles 3 et 4 concernant la faute de la victime.
L’exclusion du droit commun par la loi Badinter ne vaut que lorsque la demande est dirigée contre le conducteur ou le gardien d’un véhicule terrestre à moteur impliqué, conformément à l’article 2 de cette loi.
Compléments
Dans un carambolage sur une autoroute, la victime peut demander l’indemnisation à n’importe lequel des conducteurs impliqués, même si celui-ci n’est pas la cause directe du dommage.
Dans un arrêt de la deuxième chambre civile du 11 juin 2009, l’assureur d’un conducteur responsable ne pouvait pas exercer son recours contre lui en invoquant sa qualité de gardien d’un animal sur le fondement de l’article 1243 du Code civil, car il devait être considéré uniquement comme conducteur au sens de la loi Badinter.
Droit commun : faute, garde, causalité ; Badinter : implication et indemnisation
★ À maîtriser
La loi Badinter ne règle pas la répartition de la dette entre plusieurs coauteurs après l’indemnisation de la victime, de sorte que le recours entre responsables relève du droit commun de la responsabilité civile.
Lorsqu’une victime agit contre une personne qui n’est ni conductrice ni gardienne d’un véhicule terrestre à moteur impliqué, l’action peut relever du droit commun de la responsabilité civile.
La responsabilité des parents d’un conducteur mineur peut être recherchée sur le fondement du droit commun, car les parents ne sont ni conducteurs ni gardiens du véhicule impliqué.
Lorsque la responsabilité des parents est recherchée sur le fondement du droit commun, les règles de la loi Badinter relatives à la faute de la victime peuvent néanmoins déterminer la réduction ou la suppression de l’indemnisation, car elles sont d’ordre public.
Compléments
Un piéton renversé par un cycliste ou un motard blessé par un piéton peut agir sur le fondement du droit commun, car le cycliste et le piéton ne sont pas conducteurs ou gardiens d’un véhicule terrestre à moteur impliqué.
Dans un arrêt de la deuxième chambre civile du 30 novembre 2023, un cycliste blessé dans une collision impliquant un camion pouvait agir sur le fondement du droit commun contre l’autre cycliste et l’assureur du chef de famille, plutôt que contre le fonds de garantie, car ces défendeurs n’étaient ni conducteurs ni gardiens du camion.
Dans l’arrêt de la deuxième chambre civile du 4 octobre 2012, l’action contre le conducteur du véhicule relevait de la loi Badinter, tandis que l’action contre le père ayant organisé la fête relevait du droit commun en raison d’une faute de non-surveillance.
Dans l’arrêt criminel du 8 février 2011, la Cour de cassation a jugé que le caractère exclusif et d’ordre public de la loi Badinter n’excluait pas l’action de droit commun contre les parents civilement responsables d’un conducteur mineur.
Conducteur ou gardien : Badinter ; tiers responsable : droit commun.
★ À maîtriser
📌 Le propriétaire est présumé gardien du véhicule, mais la garde peut être transférée à une autre personne ou être détenue en commun.
📌 Un salarié qui conduit le véhicule de son employeur dans les limites de la mission confiée bénéficie de l’immunité du préposé et n’engage pas personnellement sa responsabilité envers la victime. — Costedoat, 25 février 2000
Compléments
La Cour de cassation utilise les notions de droit commun de la garde, notamment la garde en commun et la distinction entre garde de la structure et garde du comportement, pour appliquer la loi Badinter qui ne définit pas elle-même la garde.
Dans un arrêt de la deuxième chambre civile du 22 mai 2014, les copropriétaires d’une tondeuse à gazon ont été considérés comme ses co-gardiens dans le cadre d’une garde en commun, alors que la tondeuse avait pris feu pendant la nuit dans leur garage.
Dans un arrêt de la deuxième chambre civile du 7 juillet 2022, le propriétaire passager pouvait avoir transféré la garde de sa voiture à l’ami qui la conduisait, car le transfert dépend concrètement de la perte des pouvoirs d’usage, de direction et de contrôle.
Dans un arrêt de la deuxième chambre civile du 31 mars 2022, l’agriculteur a conservé la garde de la structure de son tracteur défectueux, car il connaissait la défaillance du système empêchant le démarrage avec une vitesse enclenchée et n’en avait pas informé le garagiste.
Dans l’arrêt de la deuxième chambre civile du 28 mai 2009, l’immunité du préposé issue de l’arrêt Costedoat du 25 février 2000 empêchait la victime d’agir contre le salarié conducteur qui était resté dans les limites de sa mission, de sorte qu’elle devait rechercher l’employeur gardien du véhicule.
Usage → direction → contrôle : ces trois pouvoirs permettent d’identifier le gardien.
★ À maîtriser
📌 La loi Badinter ne s’applique pas lorsque le dommage résulte d’un fait ou d’un acte volontaire à l’origine des blessures.
📌 Lorsque le dommage portant sur des marchandises est exclusivement économique et survient dans l’exécution d’un contrat de transport routier, les règles du Code de commerce peuvent s’appliquer à la place de la loi Badinter.
Compléments
Un automobiliste qui percute volontairement un piéton ou qui heurte volontairement une personne après avoir voulu lui faire peur ne provoque pas un accident de la circulation au sens de la loi Badinter.
Dans l’arrêt de la chambre criminelle du 1er octobre 2025, la condamnation pénale pour blessures volontaires empêchait d’indemniser la victime sur le fondement de la loi Badinter, car le dommage ne résultait pas d’un accident de la circulation.
Dans les arrêts des deuxième chambre civile des 31 mars 2022 et 7 avril 2022, l’expéditeur propriétaire de marchandises endommagées ne pouvait pas invoquer la loi Badinter contre la société de transport gardienne du camion, car le dommage était exclusivement économique et résultait du contrat de transport.
Acte volontaire hostile → absence d’accident → exclusion de la loi Badinter.
| Élément | Droit commun | Loi Badinter |
|---|---|---|
| Fondement | Faute, garde et causalité | Implication du véhicule |
| Exonération | Force majeure ou fait de la victime selon les règles applicables | Force majeure et fait d’un tiers écartés pour le conducteur ou le gardien |
| Rôle du juge | Application du régime invoqué | Application d’office car régime d’ordre public |
| Personne recherchée | Fondement principal | Justification |
|---|---|---|
| Conducteur ou gardien du VTM impliqué | Loi Badinter | La personne entre dans le champ de l’article 2 |
| Tiers ni conducteur ni gardien | Droit commun | L’exclusivité de Badinter ne bloque pas une action contre un tiers |
| Parents du conducteur mineur | Droit commun | Responsabilité du fait d’autrui |
| Salarié conducteur dans sa mission | Immunité du préposé | La règle Costedoat peut empêcher l’action personnelle |
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1. Quel arrêt a consacré, le 13 février 1930, une responsabilité du fait des choses de plein droit, objective et détachée de la faute ?
2. Qu'est-ce que le régime Badinter en droit français ?
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Quel article du Code civil fondait la responsabilité du fait des choses en circulation ?
L’article 1242, alinéa 1, du Code civil.
Responsabilité en 1930 (arrêt Jand’heur)
Responsabilité du fait des choses, pleine et objective
Quelle décision de 1930 a consacré la responsabilité du fait des choses sans faute ?
L’arrêt Jand’heur de la Cour de cassation du 13 février 1930.
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