★ À maîtriser
📌 La criminalité apparente regroupe les infractions portées à la connaissance des autorités, la criminalité légale les condamnations prononcées par les juridictions pénales et la criminalité réelle toutes les infractions effectivement commises.
📐 Formule — Le chiffre noir de la criminalité correspond à la différence entre la criminalité réelle et la criminalité apparente : .
Compléments
Les statistiques criminelles présentent trois limites principales:
Émile Durkheim écrit en 1893 que « le crime est un acte blessant, un état fort et défini de la conscience collective », ce qui relie l’acte criminel à la réaction sociale et à la répression de l’État.
Acte blessant → réaction sociale → répression étatique
★ À maîtriser
Le courant classique fonde la responsabilité pénale sur le libre arbitre, tandis que le courant positiviste explique le comportement criminel par le déterminisme et la dangerosité.
Les mesures ante delictum interviennent avant la commission d’une infraction, contrairement à la conception classique qui interdit de punir une personne avant son passage à l’acte.
Selon le courant classique, l’État ne peut punir que dans les limites fixées par la loi, car les citoyens lui ont confié le droit de punir dans le cadre du contrat social.
Compléments
Classiques : libre arbitre et rétribution ; positivistes : déterminisme et dangerosité
📌 Le droit pénal général étudie les règles communes à toutes les infractions, tandis que le droit pénal spécial étudie chaque infraction considérée isolément.
📌 La procédure pénale regroupe les règles relatives à la recherche des auteurs, à la collecte des preuves et au jugement, tandis que le droit pénal de fond définit les infractions et les peines.
La classification des infractions par gravité est:
Le Code pénal actuel, voté par quatre lois de 1992, est entré en vigueur en 1994 et a notamment consacré la responsabilité pénale des personnes morales, l’erreur sur le droit et l’état de nécessité comme causes d’irresponsabilité pénale.
Ancien Régime coutumier → droit révolutionnaire écrit → Code de 1810 → Code de 1994
★ À maîtriser
📌 Le principe de la légalité des délits et des peines impose que les incriminations et les peines soient prévues par un texte antérieur aux faits, notamment par l’article 8 de la DDHC et l’article 111-3 du Code pénal.
📌 Le législateur doit rédiger les textes d’incrimination en termes suffisamment clairs et précis pour exclure l’arbitraire, conformément à l’article 8 de la DDHC et à la jurisprudence constitutionnelle et européenne.
Compléments
La valeur constitutionnelle du principe de légalité criminelle découle de l’article 8 de la DDHC de 1789, tandis que sa valeur supranationale est notamment consacrée par l’article 7 de la CEDH.
La pénalité par référence consiste à fixer la peine d’une infraction en renvoyant aux peines prévues pour une autre infraction, comme l’article 222-15 du Code pénal renvoie aux articles 222-7 à 222-14-1.
Légalité des incriminations ≠ légalité des peines
★ À maîtriser
📌 En droit pénal français, la loi fixe les crimes et les délits, tandis que le règlement fixe en principe les contraventions dans le cadre défini par la loi.
📌 Le pouvoir réglementaire ne peut pas prévoir une peine d’emprisonnement pour une contravention et doit respecter l’échelle des peines contraventionnelles fixée par les articles 131-12 et 131-13 du Code pénal.
Compléments
La Convention de l’ONU contre la torture du 10 décembre 1984 oblige les États parties à faire de la torture une infraction pénale, obligation réceptionnée en France par l’article 222-1 du Code pénal entré en vigueur le 1er mars 1994.
La CEDH a consacré une obligation positive de criminaliser et de réprimer effectivement certains comportements, notamment l’esclavage, la servitude et le travail forcé, dans les arrêts Siliadin contre France du 26 juillet 2005 et CN et V contre France du 11 octobre 2012.
Source nationale → source supranationale → interprétation par le juge
★ À maîtriser
📌 La Cour européenne des droits de l’homme impose aux États parties une obligation de criminaliser et de réprimer effectivement certains comportements, notamment la torture, les traitements dégradants, l’esclavage, la servitude et le travail forcé. — Cour de Strasbourg
Compléments
Jurisprudence de la CEDH → incriminations pénales nationales
★ À maîtriser
📌 La méthode littérale privilégie la lettre de la loi, tandis que les méthodes analogique et téléologique étendent respectivement le texte à un comportement voisin ou à une situation correspondant à sa finalité. — Montesquieu
📌 L’article 111-4 du Code pénal dispose que la loi pénale est d’interprétation stricte, principe qui concerne les textes d’incrimination et non les peines.
Compléments
Texte clair : appliquer ; texte obscur : interpréter
★ À maîtriser
Les mesures de sûreté reposent sur l’état dangereux de l’auteur ou sur une situation dangereuse révélée par l’infraction, tandis que les peines ont pour objet de sanctionner l’infraction.
Le principe de non-rétroactivité interdit d’appliquer une loi pénale plus sévère à des faits commis avant son entrée en vigueur, et il concerne les incriminations comme les peines.
Une évolution jurisprudentielle pénale défavorable ne peut pas s’appliquer rétroactivement lorsqu’elle est imprévisible, conformément au principe de prévisibilité juridique découlant de l’article 7 de la Convention européenne des droits de l’homme.
La loi pénale plus douce est rétroactive pour les faits commis avant son entrée en vigueur tant qu’ils n’ont pas donné lieu à une condamnation passée en force de chose jugée, conformément à l’article 112-1, alinéa 3, du Code pénal.
Compléments
In pejus : non-rétroactive ; in mitius : rétroactive
★ À maîtriser
📌 L’internationalisation du droit pénal peut imposer à l’État de criminaliser un comportement ou, inversement, neutraliser une incrimination nationale contraire à une norme supranationale.
📌 La technique de l’incrimination par renvoi oblige à consulter plusieurs textes pour connaître le comportement interdit, contrairement à une incrimination autonome qui se suffit à elle-même.
Compléments
📌 Depuis 2010, la question prioritaire de constitutionnalité a accru les interventions du Conseil constitutionnel en matière pénale, par la censure de dispositions ou par des réserves d’interprétation.
Par un avis consultatif du 29 mai 2020, la Cour européenne des droits de l’homme a considéré que la technique de l’incrimination par renvoi ne violait pas l’article 7 de la Convention.
Dans l’arrêt du 22 octobre 1970 relatif à l’importation de vins italiens, la chambre criminelle a écarté l’incrimination française parce qu’un règlement européen autorisait la commercialisation des vins conformes aux règles de l’État de fabrication.
Règlement → Conseil constitutionnel → internationalisation
★ À maîtriser
📌 Le renvoi interne désigne le renvoi d’une disposition pénale vers des dispositions non pénales de la même loi ou du même code, tandis que le renvoi externe vise des dispositions figurant dans un texte extérieur.
📌 Le système des peines fixes supprimait la liberté d’appréciation du juge, tandis que le système de la fourchette lui permet de fixer la peine entre un minimum et un maximum.
Compléments
📌 Les minima de peine ont été supprimés en 1994, après leur rétablissement pour les récidivistes en 2007, puis leur suppression en 2014, sous réserve de certains minima applicables en matière criminelle et devant le tribunal correctionnel.
Renvoi interne : même loi ; renvoi externe : autre texte
★ À maîtriser
📌 L’abrogation expresse résulte d’une disposition nouvelle déclarant l’ancien texte abrogé, tandis que l’abrogation tacite résulte d’une incompatibilité logique et manifeste entre la loi nouvelle et la loi ancienne.
📌 Le juge judiciaire ne peut pas apprécier directement la constitutionnalité d’une loi pénale, mais il peut contrôler sa conformité aux traités internationaux, notamment à la Convention européenne des droits de l’homme et au droit de l’Union européenne.
Depuis l’arrêt Jacques Vabre du 24 mai 1975, le juge peut contrôler la conformité d’une loi à un traité international, que la loi soit antérieure ou postérieure à ce traité.
Une loi pénale doit être promulguée par décret du président de la République, publiée au Journal officiel de la République française, puis entrer en vigueur en principe le lendemain de sa publication.
Compléments
📌 La chambre criminelle a jugé le 12 juin 1995 que la désuétude, c’est-à-dire la non-application prolongée d’un texte, ne suffit pas à établir son abrogation tacite, car le juge peut toujours appliquer une loi ancienne.
Promulgation → publication → entrée en vigueur
📌 L’exception d’illégalité d’un acte administratif doit en principe être soulevée in limine litis, avant toute défense au fond, mais la juridiction pénale peut aussi la relever d’office.
📌 Lorsque le juge pénal accueille l’exception d’illégalité, sa décision n’a qu’une autorité relative de la chose jugée : l’acte est écarté dans la procédure en cours, mais il n’est pas annulé et demeure dans l’ordre juridique.
Acte illégal → exception accueillie → poursuites privées de base légale
★ À maîtriser
La territorialité applique la loi pénale française aux infractions commises sur le territoire de la République, la personnalité prend en compte la nationalité de l’auteur ou de la victime, la réalité protège les intérêts essentiels de l’État et l’universalité concerne certaines infractions d’une particulière gravité sans lien territorial ou national.
Selon l’article 113-2 du Code pénal, la loi pénale française s’applique à toute infraction commise sur le territoire de la République, dès lors que l’un de ses faits constitutifs y a eu lieu.
La loi pénale française est applicable aux infractions commises à bord d’un navire battant pavillon français ou à son encontre, quel que soit le lieu où il se trouve, sous réserve des accords maritimes applicables aux navires non militaires.
Pour la compétence personnelle active, la loi française s’applique à tout crime commis à l’étranger par un Français et aux délits commis par un Français à l’étranger si les faits sont punis par la loi du pays de commission.
La compétence personnelle passive permet d’appliquer la loi française à tout crime ou délit puni d’emprisonnement commis à l’étranger lorsque la victime était française au moment des faits.
Compléments
Le territoire de la République comprend l’espace terrestre, les espaces maritimes et les espaces aériens qui lui sont liés, tandis que la mer territoriale s’étend sur une bande de 12 milles marins.
Elle concerne notamment:
Territorialité principale ; personnalité, réalité et universalité subsidiaires
★ À maîtriser
📌 L’exercice par une juridiction française de la compétence universelle emporte la compétence de la loi française, selon la chambre criminelle de la Cour de cassation le 23 octobre 2002.
📌 L’article 689-11 du Code de procédure pénale subordonne la compétence universelle française pour le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre à la résidence habituelle du suspect en France et à une poursuite requise par le procureur de la République antiterroriste.
Compléments
📌 En matière de compétence universelle, l’article 692 du Code de procédure pénale impose le respect du principe non bis in idem, tandis qu’une loi d’amnistie étrangère ne fait pas obstacle aux poursuites françaises.
Convention internationale → compétence universelle → application de la loi française
★ À maîtriser
La qualification pénale est rétroactive : le juge apprécie les éléments constitutifs de l’infraction au moment de la commission des faits et non au jour du jugement.
Les juridictions d’instruction et de jugement sont saisies in rem et peuvent ou doivent restituer aux faits leur véritable qualification, sans être liées par la qualification proposée par le procureur, la partie civile ou la juridiction précédente.
La requalification est licite seulement si la juridiction ne statue pas sur des faits nouveaux et si la personne poursuivie a pu présenter sa défense sur la nouvelle qualification.
Compléments
📌 En matière d’infractions de presse, la qualification est cristallisée au début de la procédure et le tribunal correctionnel ne peut pas remplacer une poursuite pour diffamation par une poursuite pour injure.
Qualification rétroactive des faits, mais évolutive selon le juge saisi
★ À maîtriser
Les qualifications multiples peuvent être incompatibles, superposées ou véritablement en concours selon les rapports entre les infractions applicables à un même acte.
Lorsque plusieurs qualifications protègent une seule valeur sociale, une seule qualification doit en principe être retenue, en appliquant notamment le principe de spécialité ou celui de la plus haute expression pénale.
Lorsque plusieurs qualifications protègent des valeurs sociales distinctes, un concours idéal d’infractions peut permettre une double déclaration de culpabilité.
Compléments
Par un arrêt du 15 décembre 2021, la chambre criminelle a admis le cumul de l’escroquerie et du faux lorsque le faux n’est pas spécifiquement un élément constitutif de l’escroquerie.
La correctionnalisation judiciaire peut résulter de l’oubli volontaire d’une circonstance aggravante ou de l’une des composantes de l’infraction, comme l’acte de pénétration dans un viol requalifié en agression sexuelle.
Incompatible, superposée ou en concours : une qualification unique sauf exceptions
★ À maîtriser
📌 L’article 122-4 du Code pénal justifie l’acte prescrit ou autorisé par la loi ou le règlement, à condition que le comportement soit adapté aux circonstances.
📌 L’article 122-4 du Code pénal ne justifie pas l’acte commandé par une autorité légitime lorsqu’il est manifestement illégal.
Compléments
📌 La preuve de l’existence d’un fait justificatif incombe en principe à la personne poursuivie, car le fait justificatif constitue un moyen de défense.
★ À maîtriser
Le danger doit être injuste, c’est-à-dire non conforme au droit : une personne légalement tenue de supporter un danger ne peut pas invoquer l’état de nécessité, et un danger prenant sa source dans la loi ou le règlement ne peut pas justifier une infraction.
La riposte constitutive de légitime défense doit être nécessaire, concomitante à l’atteinte injustifiée et proportionnée à celle-ci.
La légitime défense des biens n’est possible que pour interrompre la commission d’un crime ou d’un délit contre un bien, avec une riposte strictement nécessaire et proportionnée qui ne peut consister en un homicide volontaire.
L’état de nécessité exige un danger actuel ou imminent, objectif et certain, qui menace l’auteur, un tiers ou un bien.
L’état de nécessité suppose un danger actuel ou imminent, c’est-à-dire une menace objective et certaine, et non un danger simplement éventuel, qui menace l’auteur de l’infraction, un tiers ou un bien.
L’acte infractionnel doit être nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien et constituer le seul comportement permettant d’éviter le danger, car l’état de nécessité n’est pas un état de commodité. — LESAGE, 25 juin 1958
L’état de nécessité est exclu lorsque les moyens employés sont disproportionnés à la gravité de la menace, ce qui exige que l’intérêt préservé soit supérieur à l’intérêt sacrifié.
L’auteur de l’infraction ne doit pas avoir commis de faute antérieure ayant contribué à créer la situation de danger, condition jurisprudentielle maintenue par la chambre criminelle en 1999 malgré le silence de l’article 122-7 du Code pénal.
L’article 122-6 du Code pénal présume la légitime défense pour repousser, de nuit, l’entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité, ou pour se défendre contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence.
Compléments
📌 La légitime défense est en principe incompatible avec une infraction involontaire, selon l’arrêt Cousinet de la chambre criminelle du 16 février 1967.
Légitime défense contre une agression, état de nécessité face à un danger
| Courant | Conception de l’auteur | Réponse pénale |
|---|---|---|
| Classique | Libre arbitre et responsabilité | Rétribution dans les limites de la loi |
| Positiviste | Déterminisme et dangerosité | Mesures de défense sociale, éventuellement ante delictum |
| Défense sociale | Importance de l’état dangereux et de la resocialisation | Traitement et sanctions adaptées à la personnalité |
| Néo-classique | Responsabilité sans mythe du libre arbitre | Rétribution souple tenant compte de la personnalité et des circonstances |
| Système | Critère de rattachement | Exemple |
|---|---|---|
| Territorialité | Lieu de commission en France | Infraction dont un fait constitutif a eu lieu en France |
| Personnalité | Nationalité de l’auteur ou de la victime | Crime commis à l’étranger par un Français |
| Réalité | Atteinte aux intérêts essentiels de la France | Falsification du sceau de l’État |
| Universalité | Gravité de l’infraction et convention internationale | Génocide ou torture |
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1. Quelle définition correspond au crime au sens strict en droit pénal ?
2. Quelle situation relève de la criminalité réelle plutôt que de la criminalité apparente ?
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Qu'est-ce qu'un crime selon la loi ?
Un acte ou comportement sanctionné par une peine légale.
Que regroupe la criminalité apparente ?
Les infractions portées à la connaissance des autorités.
Que désigne la criminalité légale ?
Les condamnations prononcées par les juridictions pénales.
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