QCM : Définition et critères du droit administratif (48 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel ensemble de règles constitue le droit administratif ?

Les règles relatives au contrôle juridictionnel, sans celles qui organisent l’administration
Les règles générales relatives aux rapports entre particuliers et à leurs obligations
Les règles relatives à l’organisation de l’État, sans celles qui encadrent son action
Les règles spécifiques relatives à l’organisation, à l’action et au contrôle de l’administration

Les règles spécifiques relatives à l’organisation, à l’action et au contrôle de l’administration

Explication

Le droit administratif regroupe les règles spécifiques qui encadrent l’organisation, l’action et le contrôle de l’administration. Le droit civil concerne les rapports entre particuliers, tandis que les deux autres réponses réduisent à tort son champ à un seul aspect.

2. Une administration prend une décision, mais refuse d’en rendre compte et soutient qu’aucun juge ne peut contrôler sa conformité au droit. Quelle exigence de l’État de droit méconnaît-elle ?

Respecter le droit, rendre compte de son action et pouvoir être contrôlée par un juge
Rendre compte de ses objectifs et laisser le contrôle à l’appréciation de ses agents
Respecter les règles d’organisation et réserver le contrôle aux autorités administratives
Respecter les consignes internes et soumettre ses décisions à un avis consultatif

Respecter le droit, rendre compte de son action et pouvoir être contrôlée par un juge

Explication

L’administration doit respecter les règles de droit, rendre compte de son action et pouvoir faire l’objet d’un contrôle juridictionnel. Un avis consultatif ou un contrôle purement interne ne remplace pas ces exigences.

3. Que désigne l’autolimitation de l’État ?

Le fait que l’État délègue à des collectivités l’exercice de certaines compétences
Le fait qu’un pouvoir extérieur impose à l’État des limites juridiques contraignantes
Le fait que l’État annonce des objectifs politiques sans s’imposer d’obligations juridiques
Le fait que l’État se soumette lui-même à des droits et à des obligations juridiques

Le fait que l’État se soumette lui-même à des droits et à des obligations juridiques

Explication

L’autolimitation signifie que l’État se soumet lui-même à des droits et à des obligations juridiques. Une contrainte imposée de l’extérieur ou une simple annonce politique ne correspond pas à cette notion.

4. Une administration applique des règles conçues pour rendre son action efficace, sans prendre en considération d’autre finalité, ce qui laisse place à des décisions arbitraires. À quel modèle cela correspond-il ?

À la conception contemporaine, où le droit administratif soutient la continuité de l’État de droit
Au légicentrisme, où la loi exprime le principe de volonté générale
À l’État de droit, où le droit encadre l’administration pour garantir les droits
À l’État de police, où le droit régule l’administration au service de son efficacité

À l’État de police, où le droit régule l’administration au service de son efficacité

Explication

Dans l’État de police, le droit sert de régulation interne à l’administration et vise l’efficacité, sans autre finalité, ce qui peut mener à l’arbitraire. L’État de droit vise des garanties plus larges, tandis que le légicentrisme porte sur la loi comme expression de la volonté générale.

5. Une réforme instaure une hiérarchie des normes et un juge constitutionnel, mais ne prévoit ni contrôle de constitutionnalité des lois, ni séparation des pouvoirs, ni fonctionnement démocratique. Que manque-t-il pour réunir les caractéristiques indiquées de l’État de droit ?

La défense de la loi comme expression de la volonté générale et une administration efficace
Le contrôle de constitutionnalité des lois, la séparation des pouvoirs et le fonctionnement démocratique
Une organisation administrative centralisée et un contrôle interne des décisions publiques
Une hiérarchie des normes plus détaillée et un juge chargé de trancher les litiges administratifs

Le contrôle de constitutionnalité des lois, la séparation des pouvoirs et le fonctionnement démocratique

Explication

L’État de droit combine notamment une hiérarchie des normes, le contrôle de constitutionnalité des lois, un fonctionnement démocratique, la séparation des pouvoirs et un juge constitutionnel. Une hiérarchie des normes ou la seule présence d’un juge ne suffit pas à réunir ces caractéristiques.

6. En comparant deux conceptions historiques, quelle évolution caractérise le rôle du droit administratif entre le XIXe siècle et aujourd’hui ?

Il protégeait principalement les droits fondamentaux au XIXe siècle et limite aujourd’hui l’action administrative
Il organisait l’action administrative au XIXe siècle et contribue aujourd’hui à la continuité de l’État de droit
Il garantissait la continuité de l’État de droit au XIXe siècle et organise aujourd’hui l’action administrative
Il contrôlait la constitutionnalité des lois au XIXe siècle et exprime aujourd’hui la volonté générale

Il organisait l’action administrative au XIXe siècle et contribue aujourd’hui à la continuité de l’État de droit

Explication

Au XIXe siècle, le droit administratif organisait l’action de l’administration ; aujourd’hui, il contribue à garantir la continuité de l’État de droit. Inverser ces fonctions ou lui attribuer au XIXe siècle la protection principale des droits fondamentaux déforme cette évolution.

7. Que désigne le dualisme juridictionnel ?

La séparation entre l’ordre judiciaire et l’ordre administratif
La séparation entre les pouvoirs législatif et exécutif
La coexistence d’un tribunal de première instance et d’une cour d’appel
La séparation entre les autorités administratives centrales et locales

La séparation entre l’ordre judiciaire et l’ordre administratif

Explication

Le dualisme juridictionnel désigne la séparation entre les ordres juridictionnels judiciaire et administratif. La séparation des pouvoirs concerne les fonctions de l’État, les degrés de juridiction organisent les recours, et la distinction entre autorités centrales et locales relève de l’organisation administrative.

8. Un juge judiciaire est saisi d’un litige portant sur une décision prise par une administration dans l’exercice de son activité administrative. Quelle conséquence découle du principe de séparation des autorités judiciaires et administratives ?

Il doit transmettre le litige à une juridiction administrative sans l’examiner
Il doit laisser l’administration régler le litige sans recours juridictionnel
Il ne peut pas trancher ce litige administratif
Il peut trancher ce litige administratif comme tout litige civil

Il ne peut pas trancher ce litige administratif

Explication

Le principe interdit aux juges judiciaires de trancher les litiges administratifs. Le contrôle général par le juge judiciaire méconnaît cette séparation, tandis que l’interdiction ne supprime pas le règlement juridictionnel par l’ordre administratif.

9. Pour déterminer le fondement historique du dualisme juridictionnel et de la répartition des compétences entre juges judiciaire et administratif, quel texte faut-il retenir ?

La Constitution du 22 frimaire an VIII
La loi des 16 et 24 août 1790
L’édit du 24 juillet 1527
L’édit de Saint-Germain-en-Laye du 21 février 1641

La loi des 16 et 24 août 1790

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790 fonde le dualisme juridictionnel et répartit les compétences entre les juges judiciaire et administratif. L’édit de 1527 et celui de 1641 sont des textes antérieurs limitant l’intervention des parlements dans les affaires de l’État.

10. Que désigne la théorie du ministre juge ?

Le ministre juge les affaires administratives relevant de son domaine
Le Conseil d’État juge les affaires administratives relevant de chaque ministère
Le juge judiciaire statue sur les décisions administratives prises par un ministre
Le préfet juge les affaires administratives relevant de chaque ministère

Le ministre juge les affaires administratives relevant de son domaine

Explication

La théorie du ministre juge désigne le système dans lequel chaque ministre juge les affaires administratives relevant de son domaine. Le Conseil d’État avait notamment une fonction de conseil, tandis que le préfet présidait les conseils de préfecture.

11. Une réforme constitutionnelle doit créer un organe chargé à la fois de conseiller le gouvernement et de proposer des solutions aux litiges administratifs. Quelle date correspond à la création du Conseil d’État ?

Le 5 fructidor an III
Le 22 frimaire an VIII
Les 16 et 24 août 1790
Le 28 pluviôse an VIII

Le 22 frimaire an VIII

Explication

La Constitution du 22 frimaire an VIII crée le Conseil d’État, chargé de conseiller le gouvernement et de proposer des solutions aux litiges administratifs. Le 5 fructidor an III abolit la collégialité administrative, tandis que la loi du 28 pluviôse an VIII crée les conseils de préfecture.

12. Un conseil de préfecture reçoit un litige administratif que la loi ne lui attribue pas expressément. Que peut-il faire au regard de sa compétence ?

Il ne peut pas connaître de ce litige
Il peut connaître de ce litige si le préfet l’autorise
Il peut connaître de ce litige en l’absence d’attribution à une autre juridiction
Il peut connaître de ce litige parce qu’il est administratif

Il ne peut pas connaître de ce litige

Explication

Les conseils de préfecture ne peuvent connaître que des litiges que la loi leur attribue expressément. Le caractère administratif du litige ou l’autorisation du préfet ne remplace pas cette attribution légale.

13. Une réforme promulguée le 24 mai 1872 réorganise le Conseil d’État. Quelle transformation du mode de justice rendue introduit-elle ?

Le passage de la justice déléguée à la justice retenue
La reconnaissance constitutionnelle de l’indépendance des juridictions administratives
Le passage de la justice retenue à la justice déléguée
L’abandon du système du ministre-juge par le Conseil d’État

Le passage de la justice retenue à la justice déléguée

Explication

La loi du 24 mai 1872 met fin à la justice retenue et instaure la justice déléguée. Le retour à la justice retenue inverse cette évolution, l’abandon du ministre-juge renvoie à l’arrêt Cadot, et la reconnaissance constitutionnelle date de 1980.

14. Quel ensemble de changements caractérise la loi Jules Dufaure de 1872 pour la justice administrative ?

La création du Tribunal des conflits et la reconnaissance constitutionnelle des juridictions administratives
La compétence de principe du Conseil d’État et la proclamation de son indépendance
La création du Tribunal des conflits et la proclamation de l’indépendance du Conseil d’État
La création de conseils de préfecture et l’instauration de la justice déléguée

La création du Tribunal des conflits et la proclamation de l’indépendance du Conseil d’État

Explication

La loi de 1872 crée le Tribunal des conflits et marque la proclamation de l’indépendance du Conseil d’État, ainsi que l’avènement de la justice administrative moderne. La reconnaissance constitutionnelle relève de 1980, tandis que la compétence de principe est associée à l’arrêt Cadot.

15. En 1889, une personne conteste une décision administrative et aucun texte ne confie expressément le recours à une autre autorité. Quelle règle issue de l’arrêt Cadot s’applique ?

Le Conseil d’État connaît du recours, sauf disposition expresse contraire
Le ministre connaît du recours, sauf disposition expresse contraire
Le Conseil d’État décline sa compétence, sauf disposition expresse contraire
Le Tribunal des conflits connaît du recours, sauf disposition expresse contraire

Le Conseil d’État connaît du recours, sauf disposition expresse contraire

Explication

L’arrêt Cadot abandonne le système du ministre-juge et reconnaît au Conseil d’État une compétence de principe pour les recours contre les décisions administratives, sauf disposition expresse contraire. La compétence du ministre maintient le système abandonné, et celle du Tribunal des conflits ne correspond pas à cette règle.

16. Quelle décision reconnaît l’indépendance des juridictions administratives comme principe fondamental reconnu par les lois de la République ?

La décision du Conseil constitutionnel du 22 juillet 1980
L’arrêt Cadot du 13 décembre 1889
La décision du Conseil constitutionnel du 3 décembre 2009
La loi Jules Dufaure du 24 mai 1872

La décision du Conseil constitutionnel du 22 juillet 1980

Explication

Le 22 juillet 1980, le Conseil constitutionnel reconnaît l’indépendance des juridictions administratives comme un principe fondamental reconnu par les lois de la République et garantit le caractère spécifique de leurs fonctions. La loi de 1872 concerne la justice déléguée, et l’arrêt Cadot date de 1889.

17. Une étudiante compare deux systèmes : dans le premier, il existe deux ordres juridictionnels autonomes et le Conseil d’État exerce aussi une fonction consultative; dans le second, la juridiction est unifiée. Quelle comparaison est correcte ?

Le premier est le modèle français et le second le modèle britannique
Le premier est le modèle français et le second le modèle allemand
Le premier est le modèle britannique et le second le modèle français
Le premier est le modèle allemand et le second le modèle britannique

Le premier est le modèle français et le second le modèle britannique

Explication

Le modèle français associe deux ordres autonomes à un Conseil d’État doté de fonctions consultatives et juridictionnelles, tandis que le modèle britannique repose sur une juridiction unifiée. Le modèle allemand comprend plusieurs ordres, mais ses juridictions administratives n’ont pas de fonction consultative.

18. Un pays possède plusieurs ordres juridictionnels, mais ses juridictions administratives ne rendent pas d’avis consultatifs. À quel modèle cette organisation correspond-elle ?

À un modèle où les juridictions administratives exercent une fonction consultative
Au modèle français
Au modèle allemand
Au modèle britannique

Au modèle allemand

Explication

Le modèle allemand comprend plusieurs ordres juridictionnels, mais les juridictions administratives n’y exercent pas de fonction consultative. Le modèle français associe une fonction consultative au Conseil d’État, tandis que le modèle britannique se caractérise par une juridiction unifiée.

19. Dans un litige administratif, que désigne le dualisme juridique ?

L’application de règles de droit administratif sans règles privées
L’application de règles de droit privé sans règles administratives
L’application de règles de droit administratif et de droit privé
La coexistence d’un ordre administratif et d’un ordre judiciaire

L’application de règles de droit administratif et de droit privé

Explication

Le dualisme juridique concerne les règles substantielles applicables : celles du droit administratif et celles du droit privé. La coexistence des ordres de juridiction relève du dualisme juridictionnel ; les options réduisant le régime à une seule branche écartent l’une de ces deux catégories.

20. Un litige soumis au droit privé oppose un administré à une administration. En application du principe de liaison de la compétence et du fond, quel juge est compétent ?

Le juge administratif
Le juge judiciaire
Le Tribunal des conflits
Le juge choisi par l’administration

Le juge judiciaire

Explication

Le principe lie le juge compétent au droit applicable : lorsque le litige relève du droit privé, le juge judiciaire est compétent. Retenir le juge administratif en raison de la seule présence de l’administration confond ce critère avec l’identité d’une partie.

21. Quelle date et quel objet caractérisent l’arrêt Blanco du Tribunal des conflits ?

Le 8 février 1873, la responsabilité contractuelle de l’État pour des dommages causés par des employés en mission de service public
Le 8 février 1873, la responsabilité extracontractuelle de l’État pour des dommages causés par des employés en mission de service public
Le 8 février 1873, la responsabilité extracontractuelle de l’État pour des dommages causés par des employés hors mission de service public
Le 8 février 1872, la responsabilité extracontractuelle de l’État pour des dommages causés par des employés en mission de service public

Le 8 février 1873, la responsabilité extracontractuelle de l’État pour des dommages causés par des employés en mission de service public

Explication

L’arrêt Blanco, rendu par le Tribunal des conflits le 8 février 1873, porte sur la responsabilité extracontractuelle de l’État pour des dommages causés par des employés dans le cadre d’une mission de service public. La responsabilité contractuelle, les dommages hors mission et la date de 1872 ne correspondent pas à cette caractérisation.

22. Quelle conclusion le Tribunal des conflits retient-il dans l’arrêt Blanco au sujet du Code civil ?

La responsabilité de l’État ne peut pas être régie par les règles du Code civil
La responsabilité de l’État relève du Code civil dès qu’un dommage est matériel
La responsabilité de l’État est écartée lorsque le Code civil ne s’applique pas
La responsabilité de l’État doit être régie par les règles du Code civil

La responsabilité de l’État ne peut pas être régie par les règles du Code civil

Explication

Dans l’arrêt Blanco, le Tribunal des conflits juge que la responsabilité de l’État ne peut pas être régie par les règles du Code civil. Dire que le Code civil la régit directement confond droit privé et règles applicables à cette responsabilité ; l’écarter ne signifie pas supprimer la responsabilité de l’État.

23. Pourquoi un régime administratif dérogatoire au droit commun peut-il être justifié ?

Les missions imposent de satisfaire les intérêts particuliers et d’agir dans l’intérêt général
Les missions imposent de satisfaire le plus grand nombre et de rechercher un profit administratif
Les missions imposent de satisfaire le plus grand nombre et de privilégier le seul fonctionnement interne
Les missions imposent de satisfaire le plus grand nombre et d’agir dans l’intérêt général

Les missions imposent de satisfaire le plus grand nombre et d’agir dans l’intérêt général

Explication

Le régime dérogatoire se justifie par les contraintes des missions administratives, qui visent à satisfaire le plus grand nombre et à agir dans l’intérêt général. Faire primer les intérêts particuliers, la recherche du profit ou le seul fonctionnement interne déforme cette justification.

24. Un service administratif adapte ses règles pour répondre à ses besoins tout en respectant les droits fondamentaux. Quel principe cela illustre-t-il ?

La conciliation des droits fondamentaux avec l’intérêt général et le maintien de règles indépendantes des besoins du service
La protection des droits fondamentaux par l’abandon de l’intérêt général et l’adaptation aux besoins du service
La conciliation des droits fondamentaux avec l’intérêt général et l’adaptation aux besoins du service
La conciliation des intérêts particuliers avec les besoins du service et l’abandon des droits fondamentaux

La conciliation des droits fondamentaux avec l’intérêt général et l’adaptation aux besoins du service

Explication

Le droit administratif concilie les droits fondamentaux avec la satisfaction de l’intérêt général et adapte ses règles aux besoins du service. Opposer ces droits à l’intérêt général ou figer les règles néglige l’un des éléments de cette conciliation.

25. Comment faut-il comprendre l’idée selon laquelle l’arrêt Blanco est l’acte de naissance du droit administratif ?

Il marque l’aboutissement de la codification, après la disparition des règles administratives antérieures.
Il marque une étape fondatrice, bien que des règles administratives existaient déjà au XIXe siècle.
Il consacre le dualisme juridique, tandis que les règles administratives apparaissent seulement plus tard.
Il marque la première apparition de règles administratives, jusque-là inexistantes au XIXe siècle.

Il marque une étape fondatrice, bien que des règles administratives existaient déjà au XIXe siècle.

Explication

L’arrêt Blanco est présenté comme un acte fondateur, mais il n’a pas créé à lui seul des règles qui existaient déjà au XIXe siècle. L’inexistence antérieure des règles confond consécration et création, leur apparition ultérieure retarde à tort leur existence, et la codification ne constitue pas le fait en cause.

26. Dans un litige administratif, un juge dégage une règle nouvelle pour résoudre une question que les textes ne tranchent pas clairement. Quel rôle cette situation illustre-t-elle, associé à l’arrêt Blanco ?

Le rôle d’interprétation mécanique du juge administratif face aux textes écrits.
Le pouvoir législatif du Parlement dans la création des règles administratives.
Le pouvoir normatif du juge administratif dans un droit largement jurisprudentiel.
La compétence du juge judiciaire pour dégager les règles du droit administratif.

Le pouvoir normatif du juge administratif dans un droit largement jurisprudentiel.

Explication

L’arrêt Blanco illustre la capacité du juge administratif à dégager des règles, rôle important dans un droit largement jurisprudentiel. L’application mécanique minimise ce pouvoir, le Parlement n’est pas le juge qui dégage ici la règle, et la compétence judiciaire confond les ordres de juridiction.

27. Pour régler un litige administratif, un juge estime que les particularités de l’action publique et l’intérêt général justifient une règle distincte du droit civil. Quelle portée de l’arrêt Blanco ce raisonnement met-il en œuvre ?

La création de règles administratives fondées sur la protection des intérêts privés.
L’exclusion de toute influence du droit privé sur le droit administratif.
L’affirmation de règles administratives propres, justifiées par l’intérêt général.
L’application du droit civil comme règle générale des litiges administratifs.

L’affirmation de règles administratives propres, justifiées par l’intérêt général.

Explication

L’arrêt Blanco contribue à l’autonomie du droit administratif en permettant au juge de dégager des règles propres, justifiées par l’intérêt général. Une séparation totale nie les influences réciproques, l’intérêt privé inverse le fondement, et l’application automatique du droit civil contredit l’existence de règles administratives autonomes.

28. Que désigne le dualisme juridique lorsqu’il concerne l’administration ?

L’assujettissement de l’administration au seul droit administratif.
La possibilité pour l’administration de relever du juge administratif ou du juge judiciaire.
L’assujettissement de l’administration au droit administratif et au droit privé.
La séparation entre les pouvoirs législatif et exécutif dans l’administration.

L’assujettissement de l’administration au droit administratif et au droit privé.

Explication

Le dualisme juridique signifie que l’administration est assujettie à deux corpus de règles : le droit administratif et le droit privé. La dualité des juridictions est une question distincte, le droit administratif seul omet l’autre corpus, et la séparation des pouvoirs désigne un autre principe.

29. Une administration prend une mesure en tant que personne publique afin de répondre à un besoin d’intérêt général. Quel corpus de règles lui est applicable selon le principe du dualisme juridique ?

Le droit administratif, compte tenu de son action publique dans l’intérêt général.
Le droit administratif, uniquement parce qu’un juge administratif est déjà saisi.
Le droit privé, parce que l’administration intervient dans une activité concrète.
Le droit privé, dès lors que l’administration agit au service de l’intérêt général.

Le droit administratif, compte tenu de son action publique dans l’intérêt général.

Explication

Lorsque l’administration agit comme une personne publique dans l’intérêt général, le droit administratif lui est applicable. L’existence d’une activité concrète n’entraîne pas l’application du droit privé, l’intérêt général ne transforme pas l’administration en particulier, et le choix du droit ne se déduit pas de la saisine préalable d’un juge.

30. Une administration exploite une activité dans des conditions comparables à celles d’un particulier agissant sur un marché. Quel droit peut alors lui être applicable ?

Le droit administratif, parce qu’une activité sur un marché relève de l’intérêt général.
Le droit administratif, parce que l’administration conserve sa qualité publique.
Le droit privé, parce que l’administration se comporte comme un particulier.
Le droit privé, parce que toute activité économique y est nécessairement soumise.

Le droit privé, parce que l’administration se comporte comme un particulier.

Explication

Lorsque l’administration se comporte comme un particulier, le droit privé peut lui être applicable. La qualité publique ne suffit pas à imposer le droit administratif, l’activité économique ne prouve pas à elle seule une mission d’intérêt général, et la règle n’énonce pas une application automatique du droit privé à toute activité économique.

31. Dans l’arrêt Colonie de la Côte d’Ivoire c. Société commerciale de l’Ouest africain, comment est caractérisée l’exploitation du bac, et quelle conséquence en découle pour le droit applicable ?

Comme un transport comparable à l’activité d’un industriel ordinaire, relevant en grande partie du droit privé.
Comme un service public, relevant nécessairement du juge administratif et du droit administratif.
Comme une activité de police administrative, relevant du droit privé pour la responsabilité seulement.
Comme une mission publique de transport, relevant en grande partie du droit administratif.

Comme un transport comparable à l’activité d’un industriel ordinaire, relevant en grande partie du droit privé.

Explication

L’exploitation du bac est considérée comme une activité de transport comparable à celle d’un industriel ordinaire, ce qui conduit à appliquer en grande partie le droit privé. La qualification de mission publique inverse l’analyse, la date ne détermine pas le droit applicable, et le service public ne rend pas automatiquement le juge administratif compétent.

32. Quelle définition Prosper Weil donne-t-il du droit administratif ?

L’ensemble des pouvoirs permettant à l’administration d’imposer ses décisions
L’ensemble des missions de service public exercées dans l’intérêt général
L’ensemble des règles définissant les droits et obligations de l’administration
L’ensemble des règles applicables aux personnes privées chargées d’un service public

L’ensemble des règles définissant les droits et obligations de l’administration

Explication

Pour Prosper Weil, le droit administratif regroupe les règles qui définissent les droits et les obligations de l’administration. Les « pouvoirs » en donnent une vision trop étroite, les « personnes privées » ne définissent pas l’ensemble du droit administratif, et les « missions de service public » désignent des activités plutôt que des règles juridiques.

33. Pour étudier qui compose l’administration, plutôt que les activités qu’elle exerce, quelle approche faut-il retenir ?

L’approche organique, centrée sur les organes et personnes publiques
L’approche matérielle, centrée sur les activités d’intérêt général
L’approche des services, centrée sur les missions confiées aux usagers
L’approche des autorités, centrée sur les représentants physiques

L’approche organique, centrée sur les organes et personnes publiques

Explication

L’approche organique identifie l’administration par ses organes et ses personnes publiques, tandis que l’approche matérielle porte sur son activité. L’approche des autorités renvoie aux personnes physiques qui représentent les personnes morales publiques, et les missions ne définissent pas la composition organique.

34. Une administration mène une activité visant l’intérêt général et recourt à des moyens exorbitants du droit commun. Quelle approche permet de définir le droit applicable à cette activité ?

L’approche financière, fondée sur la rentabilité de l’activité
L’approche matérielle, fondée sur l’activité administrative
L’approche organique, fondée sur les organes administratifs
L’approche institutionnelle, fondée sur l’organisation administrative

L’approche matérielle, fondée sur l’activité administrative

Explication

L’approche matérielle définit le droit applicable à l’activité de l’administration, laquelle poursuit un but d’intérêt général et peut mobiliser des moyens exorbitants du droit commun. L’approche organique s’intéresse aux organes, la rentabilité ne remplace pas le critère d’intérêt général, et l’organisation relève de la perspective institutionnelle.

35. Dans un modèle d’État gendarme, un gouvernement limite son action économique et concentre ses missions sur la défense, la justice et la fiscalité. À quel modèle correspond cette orientation ?

À un État de privatisation, centré sur le retrait des entreprises publiques
À l’État-providence, centré sur les missions sociales et économiques
À l’État gendarme, centré sur les missions régaliennes
À un État sans missions régaliennes ni intervention publique

À l’État gendarme, centré sur les missions régaliennes

Explication

L’État gendarme limite principalement son intervention aux missions régaliennes et applique un principe de non-intervention dans l’économie. L’État-providence étend au contraire les missions sociales et économiques, tandis que l’État gendarme conserve bien ses missions régaliennes.

36. Un État libéral de type gendarme exploite un réseau ferroviaire et gère la poste. Comment faut-il interpréter ces interventions ?

Comme la preuve d’un retrait de l’État au profit du privé
Comme des interventions limitées compatibles avec ce modèle
Comme un abandon des missions régaliennes au profit de l’économie
Comme la preuve d’un État-providence aux missions étendues

Comme des interventions limitées compatibles avec ce modèle

Explication

Même dans le modèle libéral de l’État gendarme, l’État peut intervenir dans certains domaines, comme les chemins de fer ou la poste. Ces exemples ne suffisent pas à caractériser un État-providence, et ils ne signifient ni privatisation ni abandon des missions régaliennes.

37. Après la Première Guerre mondiale, les nécessités des conflits et les besoins de reconstruction élargissent l’action publique. Quelle évolution de l’État ces facteurs contribuent-ils à entraîner ?

La séparation de l’État et de l’économie au profit du principe libéral
Le retour à l’État gendarme et la réduction des missions étatiques
La remise en question de l’État-providence et la privatisation d’entreprises
L’avènement de l’État-providence et l’accroissement des missions étatiques

L’avènement de l’État-providence et l’accroissement des missions étatiques

Explication

Les nécessités des conflits accroissent les missions de l’État et contribuent, avec les besoins de reconstruction, à l’avènement de l’État-providence. Le recul de l’État-providence et certaines privatisations sont associés aux transformations depuis les années 1980, tandis que le retour au principe de non-intervention contredit cette évolution.

38. Depuis les années 1980, la concurrence internationale et la place de la France dans l’Union européenne conduisent à remettre en question l’État-providence. Quelle évolution en découle notamment ?

L’extension des services publics dans les secteurs sociaux
L’avènement de l’État-providence par la reconstruction
Le retrait complet de l’État de ses missions régaliennes
La privatisation de certaines entreprises

La privatisation de certaines entreprises

Explication

Depuis les années 1980, la mondialisation, la concurrence internationale et la place de la France dans l’Union européenne contribuent à remettre en question l’État-providence et à privatiser certaines entreprises. L’extension des services sociaux et l’avènement de l’État-providence correspondent à une phase antérieure, et cette évolution ne signifie pas l’abandon des missions régaliennes.

39. Au début du XXe siècle, comment les deux écoles distinguent-elles leurs critères du droit administratif ?

Toulouse privilégie la finalité de l’administration, Bordeaux les moyens de son action.
Les deux écoles privilégient la finalité, mais divergent sur les rapports administratifs.
Toulouse privilégie les moyens de l’administration, Bordeaux la finalité de son action.
Les deux écoles privilégient les moyens, mais divergent sur le juge compétent.

Toulouse privilégie les moyens de l’administration, Bordeaux la finalité de son action.

Explication

L’école de la puissance publique, associée à Hauriou et à Toulouse, étudie les moyens employés par l’administration, tandis que l’école du service public, associée à Duguit et à Bordeaux, s’intéresse à la finalité. Confondre moyens et finalité inverse cette distinction.

40. Que désigne la puissance publique dans la définition du droit administratif ?

Des moyens juridiques spécifiques dont l’administration dispose, contrairement aux particuliers.
Les garanties fondamentales qui protègent les administrés face à l’administration.
La finalité d’intérêt général poursuivie par une activité administrative.
Les ressources matérielles mobilisées pour fournir une prestation publique.

Des moyens juridiques spécifiques dont l’administration dispose, contrairement aux particuliers.

Explication

La puissance publique correspond aux moyens juridiques spécifiques dont dispose l’administration et que les particuliers ne possèdent pas. La finalité d’intérêt général relève plutôt de l’objet de l’action administrative.

41. Quel critère Maurice Hauriou retient-il pour définir le droit administratif ?

Les moyens employés par l’administration.
La juridiction compétente pour connaître du litige.
Les effets économiques de l’activité administrative.
Les missions d’intérêt général confiées à l’administration.

Les moyens employés par l’administration.

Explication

Pour Hauriou, le droit administratif se définit par les moyens employés par l’administration : il privilégie ainsi la puissance publique. Le critère des missions d’intérêt général correspond à l’approche du service public.

42. Une administration prend une décision en utilisant une prérogative que les particuliers ne possèdent pas, puis exécute cette décision sans recourir à cette prérogative. Selon la distinction de Hauriou, quelles juridictions sont compétentes pour ces deux actes, dans cet ordre ?

Le juge administratif pour la décision, puis le juge judiciaire pour l’exécution.
Le juge judiciaire pour la décision, puis le juge administratif pour l’exécution.
Le juge judiciaire pour la décision comme pour l’exécution.
Le juge administratif pour la décision comme pour l’exécution.

Le juge administratif pour la décision, puis le juge judiciaire pour l’exécution.

Explication

L’acte d’autorité met en œuvre une prérogative de puissance publique et relève du juge administratif ; l’acte de gestion exécute la décision sans cette prérogative et relève du juge judiciaire. Inverser les juridictions revient à inverser la distinction entre les deux actes.

43. Un particulier réclame au département des primes prévues pour la destruction de vipères. Quelle qualification le Conseil d’État retient-il dans l’arrêt Terrier de 1903 pour attribuer le litige au juge administratif ?

La destruction des vipères constitue un service public.
La destruction des vipères constitue une opération de gestion privée.
La destruction des vipères constitue une activité privée du département.
La destruction des vipères constitue un acte d’autorité sans lien avec un service public.

La destruction des vipères constitue un service public.

Explication

Dans l’arrêt Terrier de 1903, le Conseil d’État qualifie la destruction des vipères de service public et retient la compétence administrative pour le litige relatif aux primes. La traiter comme une activité privée écarterait à tort cette qualification.

44. Un particulier conclut avec un département un contrat lié à la destruction de vipères et réclame les sommes dues. Quelle conséquence la qualification retenue dans l’arrêt Terrier entraîne-t-elle pour le contrat et le litige ?

Le contrat est privé et le litige relève du juge administratif.
Le contrat est administratif et le litige relève du juge judiciaire.
Le contrat est privé et le litige relève du juge judiciaire.
Le contrat est administratif et le litige relève du juge administratif.

Le contrat est administratif et le litige relève du juge administratif.

Explication

Dans Terrier, la qualification de service public permet de considérer le contrat entre le particulier et le département comme administratif et de reconnaître la compétence du juge administratif. Qualifier le contrat de privé méconnaît cette conséquence.

45. Pourquoi la seule présence d’un service public ne permet-elle pas de conclure, dans toutes les situations, que le juge administratif est compétent ?

Parce que l’existence d’un service public attribue le litige au juge judiciaire.
Parce que la compétence dépend exclusivement des moyens matériels du service.
Parce que le critère du service public ne fonde pas à lui seul la compétence dans toutes les situations.
Parce que le critère du service public n’a aucun rôle dans l’identification du droit administratif.

Parce que le critère du service public ne fonde pas à lui seul la compétence dans toutes les situations.

Explication

Le service public est un critère central, mais il ne suffit pas à lui seul à établir la compétence administrative dans toutes les situations. Le tenir pour suffisant dans chaque cas confond son importance avec une portée absolue.

46. Un contrat administratif ne prévoit pas de clause exorbitante, mais porte sur l’exécution d’un service public. Quelle analyse de sa définition est correcte ?

Son objet lié au service public peut fonder sa qualification administrative.
Son objet de service public ne joue qu’en présence d’une clause exorbitante.
Sa qualification dépend uniquement de l’identité publique d’une partie.
Son absence de clause exorbitante empêche sa qualification administrative.

Son objet lié au service public peut fonder sa qualification administrative.

Explication

La définition du contrat administratif peut reposer soit sur une clause exorbitante manifestant une prérogative de puissance publique, soit sur un objet lié à l’exécution d’un service public. Exiger les deux critères simultanément transforme à tort ces fondements alternatifs en conditions cumulatives.

47. Une commune conclut un contrat de location soumis au droit privé et doit aussi respecter des règles administratives. Quelle définition du droit administratif englobe ces deux catégories de règles applicables à l’administration ?

Le droit administratif au sens large
Le droit commun au sens strict
Le droit administratif au sens strict
Le droit privé applicable à l’administration

Le droit administratif au sens large

Explication

Au sens large, le droit administratif rassemble les règles qui définissent les droits et obligations de l’administration, y compris les règles de droit commun qui lui sont applicables. Le sens strict se limite aux règles administratives exorbitantes, tandis que le droit privé seul ou le droit commun seul ne couvre pas les deux catégories.

48. Un établissement public prend une décision en mobilisant des règles administratives exorbitantes du droit commun, dans une situation où il n’agit pas comme un individu ordinaire. De quelle notion relève cet ensemble de règles ?

Du droit administratif au sens strict
Du droit privé applicable à l’administration
Du droit commun applicable à tous
Du droit administratif au sens large

Du droit administratif au sens strict

Explication

Le sens strict désigne les règles administratives exorbitantes du droit commun applicables lorsque l’administration n’agit pas comme un individu ordinaire. Le sens large inclut aussi les règles de droit commun, et les deux autres réponses confondent ces règles exorbitantes avec le droit privé ou le droit commun.

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Quelles règles le droit administratif regroupe-t-il ?

Les règles spécifiques applicables à l’organisation, à l’action et au contrôle de l’administration.

Quelle obligation juridique l’administration doit-elle respecter ?

Elle doit respecter les règles de droit.

Quelle obligation de reddition l’administration doit-elle remplir ?

Elle doit rendre compte de son action.

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