QCM : Droit constitutionnel et Constitution (61 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une règle est imposée aux habitants d’un territoire sans qu’ils y aient consenti. Quel principe du droit public cette situation illustre-t-elle, par opposition au droit privé ?

Un rapport d’égalité fondé sur des règles imposées
Un rapport d’égalité et un accord des volontés
Un rapport de domination et des règles imposées
Un rapport de domination fondé sur un accord préalable

Un rapport de domination et des règles imposées

Explication

Le droit public repose sur un rapport de domination et peut imposer des règles sans le consentement des personnes concernées. L’accord contractuel et l’égalité des parties relèvent du droit privé ; la domination fondée sur un accord confond les deux principes ; l’égalité avec des règles imposées associe des caractéristiques incompatibles.

2. Comment définir le droit constitutionnel par son objet principal ?

L’ensemble des règles déterminant les rapports entre les juridictions
L’ensemble des règles déterminant les rapports contractuels entre personnes privées
L’ensemble des règles déterminant les rapports entre les institutions politiques
L’ensemble des règles déterminant les rapports entre l’État et les particuliers

L’ensemble des règles déterminant les rapports entre les institutions politiques

Explication

Le droit constitutionnel regroupe les règles qui déterminent les rapports entre les institutions politiques. Les rapports entre l’État et les particuliers relèvent d’un champ plus large du droit public ; les contrats entre personnes privées relèvent du droit privé ; les relations entre juridictions ne définissent pas à elles seules cette matière.

3. Une juridiction est saisie d’un manquement dans un domaine constitutionnel où elle n’a pas compétence. Quelle caractéristique du contrôle constitutionnel faut-il retenir ?

Le contrôle est limité, même si certaines sanctions sont possibles
Le contrôle est inexistant parce qu’aucune sanction n’est prévue
Le contrôle est général dès lors que des sanctions sont prévues
Le contrôle entraîne une sanction pénale pour tout manquement

Le contrôle est limité, même si certaines sanctions sont possibles

Explication

En droit constitutionnel, la compétence des juridictions est limitée, bien que des sanctions comme l’abrogation, l’annulation ou la destitution soient possibles. L’existence de sanctions ne rend pas le contrôle général ; une sanction pénale systématique ne correspond pas aux sanctions indiquées ; l’absence de compétence générale ne signifie pas qu’aucune sanction n’existe.

4. Un chef d’État utilise une procédure constitutionnelle dans le but de renforcer sa légitimité personnelle, au-delà de la finalité initialement envisagée. Que révèle cet usage ?

Les procédures sont utilisées sans intervention de la volonté politique
Les acteurs politiques peuvent mobiliser les procédures pour promouvoir leur vision
Les juridictions peuvent mobiliser les procédures pour définir le bien commun
Le caractère politique dépend seulement de la rédaction initiale des règles

Les acteurs politiques peuvent mobiliser les procédures pour promouvoir leur vision

Explication

Le droit constitutionnel est politique : les acteurs choisissent souvent d’engager les procédures et peuvent les utiliser pour promouvoir leur vision du bien commun, parfois au-delà de l’intention initiale. L’usage stratégique n’est pas ici une pratique juridictionnelle ; les procédures relèvent bien de choix politiques ; leur caractère politique ne se limite pas à leur rédaction.

5. Dans un régime où le pouvoir peut agir sans limites, quel raisonnement du constitutionnalisme du XVIIIe siècle justifie de limiter ce pouvoir ?

Étendre le pouvoir pour mieux protéger les libertés
Limiter le pouvoir pour protéger les libertés
Séparer les libertés de toute organisation du pouvoir
Limiter les libertés pour préserver le pouvoir

Limiter le pouvoir pour protéger les libertés

Explication

Le constitutionnalisme part de l’idée que liberté et pouvoir sont antinomiques : la protection des libertés exige donc de limiter le pouvoir. Étendre le pouvoir inverse le raisonnement ; limiter les libertés confond le moyen et la fin ; écarter toute organisation du pouvoir ne correspond pas à cette conception.

6. Dans la définition traditionnelle, quelles relations les règles constitutionnelles organisent-elles ?

Les rapports entre les personnes exerçant le pouvoir et les citoyens
Les rapports entre les organes de l’État et les juridictions
Les rapports contractuels entre les personnes privées
Les rapports entre les personnes exerçant le pouvoir au sein des organes de l’État

Les rapports entre les personnes exerçant le pouvoir au sein des organes de l’État

Explication

La définition traditionnelle vise les règles relatives aux rapports entre les personnes qui exercent le pouvoir au sein des organes de l’État. Les relations avec les citoyens déplacent le champ visé ; les rapports entre organes et juridictions ne sont pas la formulation donnée ; les contrats privés appartiennent à un autre domaine.

7. Un État adopte une règle préétablie et peut contraindre une personne à la respecter en recourant à la répression. Quel concept décrit ce pouvoir ?

La création privée des règles de droit
L’obéissance volontaire aux règles préétablies
Le pouvoir normatif sans recours à la contrainte
Le monopole de la violence légitime

Le monopole de la violence légitime

Explication

Le monopole de la violence légitime désigne le droit de l’État de contraindre les individus à obéir à des règles préétablies, avec la possibilité de recourir à la répression. Le pouvoir normatif concerne la capacité de fixer des règles ; l’obéissance volontaire n’implique pas la contrainte ; la création privée de règles ne constitue pas ce monopole.

8. Un territoire compte une population, mais ses habitants ne forment pas une nation commune. Quelle conclusion s’impose quant à l’existence de l’État ?

L’État exige une population et une nation commune
L’État peut exister sans population ni nation
L’État peut exister sans population, mais il lui faut une nation
L’État peut exister sans nation, mais il lui faut une population

L’État peut exister sans nation, mais il lui faut une population

Explication

Une population est nécessaire à l’existence de l’État, tandis qu’une nation ne l’est pas. Exiger une nation confond ces deux conditions ; une nation sans population ne répond pas à la nécessité indiquée ; l’absence simultanée de population et de nation écarte une condition essentielle.

9. Quelle est la critique formulée par Kelsen à l’égard d’une définition de l’État fondée sur la réunion de plusieurs éléments ?

Ces conditions réunies ne garantissent pas qu’elles correspondent à une réalité empirique.
Ces conditions réunies suffisent à prouver l’existence empirique de l’État.
Cette définition échoue parce qu’elle écarte la reconnaissance internationale.
Cette définition échoue parce qu’elle ne distingue pas les pouvoirs publics.

Ces conditions réunies ne garantissent pas qu’elles correspondent à une réalité empirique.

Explication

Kelsen souligne que la réunion des éléments retenus dans la définition ne garantit pas leur correspondance avec une réalité empirique. L’idée qu’ils suffisent à la prouver inverse sa critique, tandis que la séparation des pouvoirs et la reconnaissance internationale ne sont pas le cœur de cet argument.

10. Pourquoi la définition traditionnelle du droit constitutionnel est-elle jugée étroite et pauvre au regard de l’évolution des constitutions ?

Parce qu’elle décrit surtout la manière dont les lois ordinaires sont adoptées.
Parce qu’elle insiste sur les libertés tout en élargissant la liberté d’action de l’État.
Parce qu’elle omet les procédures permettant de réviser les textes constitutionnels.
Parce qu’elle ne rend pas pleinement compte de la protection des droits fondamentaux et des limites imposées à l’État.

Parce qu’elle ne rend pas pleinement compte de la protection des droits fondamentaux et des limites imposées à l’État.

Explication

Les constitutions se sont enrichies de garanties des droits et libertés fondamentaux qui limitent l’action de l’État, ce que la définition traditionnelle saisit mal. La procédure législative et la révision ne sont pas la raison de cette critique, et l’enrichissement restreint plutôt qu’il n’accroît la liberté d’action de l’État.

11. Dans un pays, la Constitution ne peut être révisée que selon une procédure plus contraignante que celle des lois ordinaires, et une procédure permet d’écarter les lois qui lui sont contraires. Quelle caractéristique de la Constitution formelle ces règles illustrent-elles ?

Son rôle exclusif dans la production des lois ordinaires.
Son ancienneté supérieure à celle des autres normes.
Sa valeur supérieure aux autres normes.
Son adoption selon la procédure législative ordinaire.

Sa valeur supérieure aux autres normes.

Explication

La procédure de révision plus contraignante et la possibilité d’écarter les lois contraires établissent la valeur supérieure de la Constitution formelle. Le rôle de production des normes est une caractéristique distincte, et ni l’ancienneté ni l’adoption ordinaire ne fondent cette supériorité.

12. Dans un système, une règle figure dans le texte constitutionnel mais ne porte pas sur la matière constitutionnelle ; inversement, une règle portant sur cette matière se trouve dans une loi ordinaire. Quelle conclusion s’impose ?

Les notions de Constitution formelle et matérielle ne coïncident pas nécessairement.
Une loi ordinaire ne peut contenir aucune règle de matière constitutionnelle.
Toute règle inscrite dans le texte constitutionnel est nécessairement matérielle.
Toute règle portant sur la matière constitutionnelle appartient formellement à la Constitution.

Les notions de Constitution formelle et matérielle ne coïncident pas nécessairement.

Explication

Une norme peut être constitutionnelle par sa forme sans relever de la matière constitutionnelle, et une norme matérielle peut se trouver hors du texte constitutionnel. Les deux autres interprétations assimilent à tort la forme à la matière ou excluent leur dissociation.

13. Dans un pays, une modification constitutionnelle est adoptée selon la même procédure que celle d’une loi ordinaire, sans étape particulière. Comment qualifie-t-on cette Constitution ?

Une Constitution souple.
Une Constitution à révision qualifiée.
Une Constitution rigide.
Une Constitution à procédure spécialisée.

Une Constitution souple.

Explication

Une Constitution est souple lorsque sa révision suit la même procédure que l’adoption des lois ordinaires, sans procédure spécifique. La Constitution rigide, au contraire, exige une procédure particulière plus contraignante.

14. Une assemblée ne peut réviser la Constitution qu’en suivant une procédure particulière plus contraignante que celle utilisée pour adopter une loi ordinaire. Quelle est la qualification appropriée ?

Une Constitution révisable selon la procédure ordinaire.
Une Constitution dépourvue de procédure de révision.
Une Constitution souple.
Une Constitution rigide.

Une Constitution rigide.

Explication

La Constitution est rigide lorsque sa révision exige une procédure particulière plus contraignante que celle des lois ordinaires. La procédure ordinaire caractérise la souplesse, tandis que la situation décrite ne relève pas d’une simple pratique politique ni d’une absence de procédure.

15. Deux pays comparent la procédure de révision constitutionnelle à celle d’adoption des lois ordinaires. Dans lequel le degré de rigidité est-il le plus élevé ?

Dans celui où la révision constitutionnelle est la plus rapide.
Dans celui où les lois ordinaires sont adoptées le plus lentement.
Dans celui où l’écart entre les deux procédures est le plus grand.
Dans celui où les deux procédures se ressemblent le plus.

Dans celui où l’écart entre les deux procédures est le plus grand.

Explication

Le degré de rigidité augmente avec l’écart entre la procédure de révision constitutionnelle et celle d’adoption des lois ordinaires. Une plus grande ressemblance réduit cet écart, tandis que la vitesse prise isolément ne mesure pas la rigidité.

16. Quel lien explique que la rigidité constitutionnelle soit associée au principe de séparation des pouvoirs ?

La Constitution exerce directement les compétences de chaque pouvoir.
La Constitution remplace les organes par une procédure unique de révision.
La Constitution supprime les distinctions entre les organes publics.
La Constitution crée des organes et répartit leurs compétences.

La Constitution crée des organes et répartit leurs compétences.

Explication

La Constitution organise les organes et répartit leurs compétences, ce qui relie son organisation à la séparation des pouvoirs et à la rigidité constitutionnelle. Le contrôle des lois est une autre question, et la répartition des compétences ne signifie ni exercice direct par la Constitution ni uniformité des organes.

17. Un mouvement politique met en place une Constitution nouvelle sans s’appuyer sur une procédure constitutionnelle préexistante. De quel pouvoir s’agit-il ?

Du pouvoir de contrôle constitutionnel
Du pouvoir constituant originaire
Du pouvoir législatif constitué
Du pouvoir constituant dérivé

Du pouvoir constituant originaire

Explication

Le pouvoir constituant originaire adopte une Constitution nouvelle et n’est encadré par aucune règle préalable. Le pouvoir constituant dérivé révise une Constitution existante, tandis que le contrôle constitutionnel porte sur la conformité des lois.

18. Une Constitution confie à un organe le pouvoir de la réviser selon une procédure et des conditions qu’elle fixe. Comment cet organe exerce-t-il le pouvoir constituant ?

Comme pouvoir constituant dérivé, soumis à des conditions
Comme pouvoir de contrôle, chargé de valider les lois
Comme pouvoir constituant originaire, sans encadrement préalable
Comme pouvoir législatif, chargé d’adopter les lois ordinaires

Comme pouvoir constituant dérivé, soumis à des conditions

Explication

Le pouvoir constituant dérivé tire sa compétence de la Constitution et doit respecter ses conditions de forme et de fond. Le pouvoir originaire crée une Constitution sans règle préalable, et le contrôle des lois relève d’une fonction distincte.

19. Des parlementaires proposent une révision constitutionnelle et souhaitent en décider seuls l’adoption. Quel principe s’oppose à cette concentration ?

La compétence législative ordinaire, qui permet au Parlement de réviser seul
Le contrôle de constitutionnalité, qui donne au Parlement le dernier mot
La séparation des pouvoirs, qui interdit de leur confier seuls toute la révision
La souveraineté du pouvoir constituant originaire, qui règle la procédure de révision

La séparation des pouvoirs, qui interdit de leur confier seuls toute la révision

Explication

La séparation des pouvoirs interdit de confier entièrement la révision à un seul pouvoir constitué : les parlementaires peuvent proposer une modification, mais ne maîtrisent pas seuls son adoption. L’initiative parlementaire ne confère donc pas, à elle seule, le pouvoir de conclure la révision.

20. Pour un projet de révision présenté par le Président de la République, l’Assemblée nationale et le Sénat ont voté le même texte. Quelle voie permet ensuite son adoption selon l’article 89 ?

Le référendum ou le Congrès à la majorité des deux tiers des parlementaires
Le référendum ou le Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés
Le Congrès à la majorité simple ou une nouvelle adoption par les deux chambres
Le vote du seul Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés

Le référendum ou le Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés

Explication

Après un vote dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et le Sénat, l’article 89 prévoit le référendum ou, pour un projet présenté par le Président, l’adoption par le Congrès aux trois cinquièmes des suffrages exprimés. Une majorité simple ne correspond pas au seuil prévu, et la voie du Congrès est ici liée au projet présidentiel.

21. Une loi ordinaire est contestée parce que son contenu serait contraire à la Constitution. Quelle fonction de la Constitution permet d’examiner cette contestation ?

L’énoncé de principes, qui guide l’interprétation des juges
L’organisation des compétences, qui répartit les pouvoirs des dirigeants
La légitimation des dirigeants, qui encadre leur désignation
La validation des lois, qui fonde le contrôle de constitutionnalité

La validation des lois, qui fonde le contrôle de constitutionnalité

Explication

La Constitution est la norme à laquelle les lois ordinaires doivent être conformes, ce qui permet le contrôle de constitutionnalité. L’organisation des compétences concerne les pouvoirs des dirigeants, tandis que les principes généraux guident l’interprétation du droit.

22. Une Constitution précise le mode d’élection des dirigeants et les pouvoirs qu’ils peuvent exercer. Quelle fonction juridique remplit-elle ?

Elle valide la conformité des lois ordinaires
Elle contrôle la régularité des décisions judiciaires
Elle énonce les principes d’interprétation du droit
Elle organise les compétences des autorités

Elle organise les compétences des autorités

Explication

La Constitution organise les compétences en déterminant notamment comment les dirigeants sont élus et quels pouvoirs ils peuvent exercer. La validation concerne la conformité des lois, et les principes généraux orientent l’interprétation des juges.

23. Un juge hésite entre deux interprétations d’une règle et s’appuie sur le principe constitutionnel d’égalité pour trancher. Quelle fonction juridique de la Constitution mobilise-t-il ?

La validation des lois ordinaires au regard de la Constitution
L’organisation des modalités d’élection des dirigeants
La formulation de principes généraux guidant l’interprétation du droit
La répartition des pouvoirs entre les autorités publiques

La formulation de principes généraux guidant l’interprétation du droit

Explication

Les principes constitutionnels, comme l’égalité, servent de repères aux juges lorsqu’ils interprètent le droit. La validation des lois porte sur leur conformité à la Constitution, tandis que les règles d’élection et la répartition des pouvoirs relèvent de l’organisation des compétences.

24. Une personne dirige un gouvernement après avoir été choisie en dehors des règles de désignation prévues par la Constitution. Sur quel fondement sa légitimité à commander est-elle contestée ?

Son autorité dépend de la séparation entre la personne et la fonction institutionnelle
Son autorité n’est pas fondée sur une désignation conforme aux règles constitutionnelles
Son autorité est régulière dès lors qu’il exerce effectivement les fonctions de dirigeant
Son autorité est contestable parce que toute loi doit être validée par le gouvernement

Son autorité n’est pas fondée sur une désignation conforme aux règles constitutionnelles

Explication

Un dirigeant ne peut légitimement commander que s’il a été désigné conformément aux règles constitutionnelles. L’exercice effectif d’une fonction ne remplace pas cette condition, qui est distincte du contrôle des lois et de l’organisation des compétences.

25. Quelle déclaration de droits, très connue à l’échelle internationale, a inspiré la Déclaration universelle des droits de l’homme ?

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789
La Déclaration des droits du Massachusetts de 1780
La Déclaration universelle des droits de l’homme
Le bloc de constitutionnalité français

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789

Explication

La DDHC de 1789 est la déclaration de droits la plus connue à l’échelle internationale et elle a inspiré la Déclaration universelle des droits de l’homme. La déclaration du Massachusetts est son précurseur, et non le texte présenté comme source d’inspiration de la Déclaration universelle.

26. Une déclaration proclame que toute personne possède par nature un droit, sans qu’une décision politique le crée. Comment qualifier ce droit ?

Un droit créé par une volonté politique
Une garantie juridictionnelle accordée par la déclaration
Un droit préexistant reconnu par la déclaration
Une règle procédurale instituée par la déclaration

Un droit préexistant reconnu par la déclaration

Explication

Un droit préexistant est possédé par nature et la déclaration le reconnaît sans le créer. Un droit créé relève d’une volonté politique, tandis qu’une règle procédurale ou une garantie juridictionnelle ne correspond pas à cette définition.

27. Lors d’un contrôle de constitutionnalité, un juge cherche les normes de référence applicables et constate que la DDHC en fait partie. À quel ensemble appartient-elle ?

Au bloc de constitutionnalité
Au Conseil constitutionnel
Au texte de la Constitution écrite seul
À la législation ordinaire

Au bloc de constitutionnalité

Explication

Le bloc de constitutionnalité réunit les normes de référence utilisées pour le contrôle de constitutionnalité, parmi lesquelles figure la DDHC. Les lois ordinaires sont contrôlées au regard de ces normes, et le Conseil constitutionnel est l’organe de contrôle, non l’ensemble de référence.

28. Lorsqu’un projet de loi de finances est préparé, quelle règle constitutionnelle s’applique automatiquement au dépôt du projet ?

Le projet doit être déposé à l’Assemblée nationale
Le projet peut être déposé au Conseil constitutionnel
Le projet peut être soumis au Congrès ou à référendum
Le projet doit obtenir le dernier mot du Sénat

Le projet doit être déposé à l’Assemblée nationale

Explication

La règle impérative de l’article 47 impose le dépôt du projet de loi de finances à l’Assemblée nationale lorsque la situation prévue se présente. Le choix entre Congrès et référendum concerne une révision constitutionnelle, et le dernier mot évoqué dans les autres réponses relève du désaccord entre les chambres.

29. Pour achever une révision constitutionnelle, le chef de l’État envisage deux voies prévues par la règle applicable. Quel choix peut-il faire ?

Faire voter le projet par l’Assemblée nationale à la majorité simple ou absolue
Déposer le projet à l’Assemblée nationale ou au Sénat
Soumettre le projet au Congrès à Versailles ou à référendum
Soumettre le projet au Conseil constitutionnel ou au Gouvernement

Soumettre le projet au Congrès à Versailles ou à référendum

Explication

La règle alternative laisse au chef de l’État le choix entre soumettre le projet de révision au Congrès à Versailles et organiser un référendum. Le dépôt à l’Assemblée nationale concerne le projet de loi de finances, tandis que les autres voies proposées ne sont pas celles prévues pour achever une révision.

30. Une loi organise plus précisément les dispositions constitutionnelles relatives à un organe de l’État. Quelle place occupe-t-elle dans la hiérarchie des normes ?

Un échelon intermédiaire entre la Constitution et la loi ordinaire
Un échelon inférieur à la loi ordinaire
Un organe de contrôle situé entre le Parlement et le Gouvernement
Un échelon supérieur à la Constitution

Un échelon intermédiaire entre la Constitution et la loi ordinaire

Explication

Les lois organiques précisent les dispositions constitutionnelles relatives aux organes de l’État et forment un échelon intermédiaire entre la Constitution et la loi ordinaire. Elles doivent respecter la Constitution et être respectées par les lois ordinaires; elles ne constituent pas un organe de contrôle.

31. Une loi organique vient d’être adoptée et doit être promulguée. Quelle étape de contrôle doit intervenir avant sa promulgation ?

Un nouveau vote obligatoire des deux chambres
Un contrôle obligatoire par le Conseil constitutionnel
Un contrôle facultatif par le Conseil constitutionnel
Un contrôle obligatoire par le Gouvernement après promulgation

Un contrôle obligatoire par le Conseil constitutionnel

Explication

Toute loi organique doit être contrôlée par le Conseil constitutionnel avant sa promulgation afin d’en vérifier la conformité à la Constitution. Ce contrôle n’est pas facultatif et intervient avant, non après, la promulgation.

32. Quel est le rôle du règlement intérieur de l’Assemblée nationale ou du Sénat ?

Établir des usages politiques non écrits auxquels les parlementaires se conforment
Préciser le fonctionnement de la chambre et l’exercice des prérogatives parlementaires, dans le respect de la Constitution
Organiser les élections et la répartition des sièges entre les partis politiques
Définir les règles constitutionnelles supérieures qui s’imposent aux deux chambres

Préciser le fonctionnement de la chambre et l’exercice des prérogatives parlementaires, dans le respect de la Constitution

Explication

Le règlement intérieur organise le fonctionnement de chaque chambre et l’exercice des prérogatives parlementaires, tout en restant soumis à la Constitution. Le confondre avec une norme constitutionnelle, avec une loi électorale ou avec un usage non écrit revient à lui attribuer une autre nature.

33. Une majorité souhaite modifier les modalités électorales sans engager une révision de la Constitution. Quel instrument peut-elle faire évoluer à cette fin ?

Une révision constitutionnelle adoptée selon la procédure constitutionnelle
Une coutume issue d’une pratique répétée des acteurs politiques
Une loi ordinaire relative à l’organisation des pouvoirs publics
Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale ou du Sénat

Une loi ordinaire relative à l’organisation des pouvoirs publics

Explication

Une loi ordinaire comme la loi électorale participe à l’organisation des pouvoirs publics et peut évoluer sans révision constitutionnelle. La révision constitutionnelle est une procédure distincte, le règlement d’une chambre porte sur son fonctionnement, et la coutume découle d’une pratique politique.

34. Dans une assemblée, une pratique est répétée depuis longtemps, et ses membres estiment qu’ils sont tenus de la respecter. Quels éléments caractérisent cette coutume ?

Une pratique répétée et le sentiment d’être obligé de la respecter
Une pratique ponctuelle et l’accord facultatif des acteurs politiques
Un texte adopté formellement et le contrôle de sa constitutionnalité
Une décision juridictionnelle et son application répétée par les institutions

Une pratique répétée et le sentiment d’être obligé de la respecter

Explication

La coutume associe un élément matériel, la répétition de la pratique, et un élément psychologique, le sentiment d’être obligé de la respecter. Une règle écrite, une pratique isolée ou une décision judiciaire ne correspond pas à cette double caractérisation.

35. Une constitution laisse sans réponse une question institutionnelle, tandis que, dans un autre cas, des acteurs enfreignent à répétition une disposition jusqu’à ce que leur pratique s’y substitue. Comment classer ces deux coutumes, dans cet ordre ?

Contra legem, puis une règle écrite complémentaire
Praeter legem, puis une simple pratique sans catégorie coutumière
Praeter legem, puis contra legem
Contra legem, puis praeter legem

Praeter legem, puis contra legem

Explication

La coutume praeter legem complète une constitution lacunaire, tandis que la coutume contra legem résulte de violations répétées qui finissent par se substituer au texte. Inverser les catégories confond le comblement d’une lacune avec la substitution à une règle existante.

36. Que désigne une convention de la Constitution ?

Une pratique répétée reconnue comme source formelle du droit constitutionnel
Une règle écrite, adoptée dans le texte constitutionnel et destinée à régir les institutions
Une décision d’un juge qui précise la portée d’une disposition constitutionnelle
Une règle non écrite, conventionnelle et essentiellement politique, convenue en marge du texte constitutionnel

Une règle non écrite, conventionnelle et essentiellement politique, convenue en marge du texte constitutionnel

Explication

Une convention de la Constitution est une règle non écrite, de source conventionnelle et de nature essentiellement politique, convenue par les acteurs en marge du texte constitutionnel. Une règle écrite, une coutume juridiquement qualifiée ou une décision de justice relève d’une autre catégorie.

37. En France, un acteur politique ne respecte pas une convention constitutionnelle, tandis qu’un autre méconnaît une coutume constitutionnelle. Quelle différence de sanction s’applique ?

Les deux manquements appellent une sanction juridique de même nature
Les deux manquements appellent une sanction politique de même nature
La convention appelle une sanction juridique, tandis que la coutume relève d’une sanction politique
La convention appelle une sanction politique, tandis que la coutume relève d’une sanction juridique

La convention appelle une sanction politique, tandis que la coutume relève d’une sanction juridique

Explication

En France, le non-respect d’une convention constitutionnelle est sanctionné politiquement, alors que celui d’une coutume constitutionnelle relève d’une sanction juridique. Inverser ces conséquences ou leur attribuer une sanction identique efface la distinction entre les deux notions.

38. Un article constitutionnel écrit est devenu inadapté, mais les institutions ne procèdent pas à sa révision formelle. Quel rôle les usages et conventions peuvent-ils jouer ?

Remplacer formellement l’article par une révision constitutionnelle
Modifier la portée de l’article par la pratique constitutionnelle
Fixer le sens de l’article par une interprétation judiciaire
Annuler l’article écrit par une décision des institutions

Modifier la portée de l’article par la pratique constitutionnelle

Explication

Les usages, pratiques, coutumes et conventions forment une pratique constitutionnelle qui peut modifier la portée d’articles écrits devenus dépassés, sans constituer pour autant une révision formelle. Remplacer l’article relève d’une révision, l’annuler suppose une autre intervention, et l’interprétation judiciaire n’est pas le mécanisme décrit ici.

39. Un monarque rédige et accorde de sa propre initiative un texte constitutionnel à ses sujets afin d’organiser l’exercice de son pouvoir. De quel type de texte s’agit-il ?

Une constitution démocratique
Une charte négociée
Une charte octroyée
Une constitution approuvée par référendum

Une charte octroyée

Explication

Une charte octroyée est accordée unilatéralement par le monarque à ses sujets pour organiser l’exercice de son pouvoir. Une charte négociée résulte d’un accord avec des représentants, tandis qu’une assemblée élue ou un référendum renvoie à des modalités démocratiques d’élaboration ou d’approbation.

40. À la suite d’un changement de dynastie, un monarque et des représentants élus élaborent ensemble un texte constitutionnel. Comment qualifier ce texte ?

Une charte octroyée
Une constitution élaborée par des experts
Une charte négociée
Une constitution adoptée par référendum

Une charte négociée

Explication

La charte négociée est élaborée entre le monarque et des représentants élus, notamment lors d’un changement de dynastie. La charte octroyée relève d’une décision unilatérale du monarque, tandis que l’élaboration par des experts ou l’adoption par référendum correspond à d’autres procédés.

41. Sous la Ve République, à qui l’article 89 attribue-t-il concurremment l’initiative d’une révision constitutionnelle ?

Au président de la République et au peuple par référendum
Au président de la République sur proposition du Premier ministre et aux membres du Parlement
Au Premier ministre seul et aux membres du Parlement
Aux deux assemblées réunies et au président du Conseil constitutionnel

Au président de la République sur proposition du Premier ministre et aux membres du Parlement

Explication

L’article 89 confie concurremment l’initiative au président de la République, sur proposition du Premier ministre, et aux parlementaires. Le Premier ministre seul n’est pas le titulaire désigné, le référendum n’est pas une initiative populaire dans cette procédure, et les deux assemblées ne détiennent pas une initiative exclusive.

42. Des parlementaires déposent un texte destiné à modifier la Constitution, tandis que l’exécutif prépare un autre texte de révision. Comment nomme-t-on respectivement ces deux textes dans la procédure de l’article 89 ?

Un projet de loi et une proposition constitutionnelle
Un projet de révision et une proposition de révision
Une proposition de loi et un projet de loi ordinaire
Une proposition de révision et un projet de révision

Une proposition de révision et un projet de révision

Explication

L’initiative parlementaire prend la forme d’une proposition de révision, tandis que l’initiative gouvernementale prend celle d’un projet de révision. Inverser les termes confond leurs appellations, et les qualifier de lois ordinaires ne rend pas compte de leur objet constitutionnel.

43. Une proposition de révision votée par l’Assemblée nationale est rejetée par le Sénat. Quelle conséquence découle de la procédure de l’article 89 ?

La proposition est adoptée, car le vote de l’Assemblée nationale suffit
Le président peut soumettre cette proposition au Congrès pour trancher le désaccord
La proposition est bloquée, car les deux chambres doivent l’adopter dans les mêmes termes
Le gouvernement peut imposer un texte de compromis aux deux chambres

La proposition est bloquée, car les deux chambres doivent l’adopter dans les mêmes termes

Explication

Une proposition parlementaire doit être adoptée dans les mêmes termes par les deux assemblées, chacune pouvant bloquer l’autre. Le vote d’une seule chambre ne suffit pas, et le gouvernement ne peut intervenir pour résoudre leur désaccord.

44. Un projet de révision d’initiative gouvernementale est examiné selon l’article 89. Quelle voie de décision le président peut-il choisir ?

Le référendum ou le Congrès, où le texte doit obtenir la majorité simple des suffrages exprimés
Le référendum ou l’Assemblée nationale seule, où le texte doit obtenir les trois cinquièmes des suffrages exprimés
Le vote identique des deux chambres ou le Congrès, où le texte doit obtenir les deux tiers des suffrages exprimés
Le référendum ou le Congrès, où le texte doit obtenir les trois cinquièmes des suffrages exprimés

Le référendum ou le Congrès, où le texte doit obtenir les trois cinquièmes des suffrages exprimés

Explication

Pour un projet gouvernemental, le président peut choisir entre le référendum et la soumission au Congrès, où l’approbation exige les trois cinquièmes des suffrages exprimés. La majorité simple et le seuil des deux tiers sont erronés, et l’Assemblée nationale seule ne remplace pas le Congrès.

45. Un président soumet directement aux électeurs un projet de loi portant sur une réforme économique. De quel mécanisme s’agit-il ?

D’un référendum constituant portant sur une révision constitutionnelle
D’un référendum législatif portant sur un projet de loi
D’un vote parlementaire portant sur une loi déjà adoptée
D’une ratification populaire réservée aux traités internationaux

D’un référendum législatif portant sur un projet de loi

Explication

Le référendum législatif permet de soumettre directement au peuple un projet de loi, notamment dans certains domaines économiques, sociaux ou environnementaux. Le confondre avec une révision constitutionnelle ou avec un vote parlementaire revient à confondre les objets et les procédures.

46. Le Sénat refuse une réforme que le président souhaite faire adopter par référendum. Quelle distinction entre les articles 11 et 89 explique la controverse si la réforme modifie la Constitution ?

Les deux articles organisent la révision constitutionnelle, mais l’article 11 supprime le vote final du Parlement
L’article 11 organise la révision constitutionnelle, tandis que l’article 89 vise en principe les projets de loi
L’article 11 exige l’accord préalable des deux chambres, tandis que l’article 89 permet d’adopter une loi ordinaire par référendum
L’article 11 vise en principe un projet de loi, tandis que l’article 89 organise la révision constitutionnelle

L’article 11 vise en principe un projet de loi, tandis que l’article 89 organise la révision constitutionnelle

Explication

L’article 11 porte en principe sur un projet de loi et permet son adoption populaire sans vote préalable favorable des deux chambres, tandis que l’article 89 encadre la révision constitutionnelle. Inverser leurs objets ou exiger l’accord préalable des chambres pour l’article 11 méconnaît cette distinction.

47. Après que le Sénat a bloqué la révision selon l’article 89, quel recours Charles de Gaulle utilise-t-il en 1962 pour faire approuver l’élection présidentielle au suffrage universel direct ?

L’article 11, en faisant adopter la réforme par le Congrès
L’article 89, en faisant adopter la réforme par l’Assemblée nationale seule
L’article 11, en soumettant directement la réforme au référendum
L’article 89, en soumettant directement la réforme au référendum

L’article 11, en soumettant directement la réforme au référendum

Explication

En 1962, après le blocage sénatorial de la voie de l’article 89, de Gaulle recourt à l’article 11 pour soumettre la réforme au peuple, ce qui suscite une controverse. L’article 89 n’est pas le mécanisme de contournement utilisé, et le Congrès ou l’Assemblée seule n’a pas adopté la réforme.

48. Un président soutient que l’expression « organisation des pouvoirs publics » de l’article 11 autorise un référendum révisant la Constitution. Quelle objection ses adversaires peuvent-ils lui opposer ?

Cette expression peut aussi désigner des lois ordinaires, sans viser une révision constitutionnelle.
Cette expression interdit toute modification de la forme républicaine du gouvernement.
Cette expression vise la souveraineté populaire et écarte les procédures constitutionnelles.
Cette expression ne s’applique qu’en cas d’atteinte à l’intégrité du territoire.

Cette expression peut aussi désigner des lois ordinaires, sans viser une révision constitutionnelle.

Explication

Les adversaires soulignent que l’organisation des pouvoirs publics peut relever de lois ordinaires et ne désigne donc pas nécessairement une révision constitutionnelle. L’argument de la souveraineté populaire est celui des partisans, tandis que la forme républicaine et l’intégrité du territoire sont des limites distinctes.

49. Dans un débat sur le recours à l’article 11 pour réviser la Constitution, quelle réponse les adversaires peuvent-ils donner à l’argument selon lequel la souveraineté illimitée du peuple autorise cette procédure ?

En adoptant la Constitution de 1958, le peuple a conservé un pouvoir sans procédure imposée.
En adoptant la Constitution de 1958, le peuple s’est soumis aux procédures qu’elle prévoit.
En adoptant la Constitution de 1958, le peuple a écarté la forme républicaine du gouvernement.
En adoptant la Constitution de 1958, le peuple a assimilé les révisions aux lois ordinaires.

En adoptant la Constitution de 1958, le peuple s’est soumis aux procédures qu’elle prévoit.

Explication

Les adversaires considèrent que le peuple a accepté, en adoptant la Constitution de 1958, de se soumettre aux procédures constitutionnelles. L’idée d’un pouvoir sans procédure reprend la thèse des partisans, tandis que les autres réponses confondent cet argument avec la rigidité des lois ou une limite de fond.

50. Un projet de révision constitutionnelle prévoit de remplacer la République par une monarchie. Quelle règle de l’article 89, alinéa 5, s’applique ?

La révision est permise, car l’article 89 ne limite que le calendrier de la procédure.
La révision est interdite, car elle porterait atteinte à la forme républicaine du gouvernement.
La révision est interdite, car elle porterait atteinte à l’intégrité du territoire.
La révision est suspendue, car le projet concerne l’organisation des pouvoirs publics.

La révision est interdite, car elle porterait atteinte à la forme républicaine du gouvernement.

Explication

L’article 89, alinéa 5, interdit de réviser la Constitution pour porter atteinte à la forme républicaine du gouvernement, ce qui exclut le rétablissement de la monarchie. L’intégrité territoriale et les empêchements temporaires relèvent d’autres règles.

51. Une crise grave entraîne l’application de l’article 16, qui confère des pouvoirs exceptionnels au président de la République. Peut-on engager ou poursuivre une révision constitutionnelle pendant cette période ?

Non, la révision est interdite pendant l’application de l’article 16.
Oui, la révision reste possible si elle ne modifie pas la forme républicaine.
Oui, la révision reste possible si le territoire demeure intact.
Non, la révision est interdite uniquement pendant l’intérim présidentiel.

Non, la révision est interdite pendant l’application de l’article 16.

Explication

La révision constitutionnelle est interdite pendant l’application de l’article 16, comme elle l’est en cas d’atteinte à l’intégrité du territoire et pendant l’intérim présidentiel. La forme républicaine constitue une limite de fond distincte, et non une condition qui rendrait la révision possible pendant l’article 16.

52. Quelle décision du Conseil constitutionnel refuse de contrôler la loi référendaire autorisant la ratification du traité de Maastricht ?

La décision du 6 novembre 1962 sur une loi référendaire.
La décision « Maastricht 3 » du 23 septembre 1992.
La décision sur le décret de convocation des électeurs.
La décision portant sur les limites de la révision constitutionnelle.

La décision « Maastricht 3 » du 23 septembre 1992.

Explication

Le 23 septembre 1992, dans la décision « Maastricht 3 », le Conseil constitutionnel refuse de contrôler la loi autorisant la ratification du traité, adoptée par référendum sur le fondement de l’article 11. La date de 1962 concerne une autre décision sur les lois référendaires, tandis que le décret relève du contrôle des actes préparatoires.

53. Saisi d’un recours sur une loi adoptée par référendum, quelle distinction le Conseil constitutionnel fait-il au regard de l’article 61 ?

L’article 61 vise les lois ordinaires votées par le Parlement, pas les lois référendaires.
L’article 61 vise les décrets référendaires, pas les lois votées par le Parlement.
L’article 61 vise les actes de convocation, pas les lois adoptées par référendum.
L’article 61 vise les lois référendaires, pas les lois ordinaires votées par le Parlement.

L’article 61 vise les lois ordinaires votées par le Parlement, pas les lois référendaires.

Explication

Le Conseil constitutionnel considère que les lois visées par l’article 61 sont les lois ordinaires votées par le Parlement, et non les lois référendaires, expression directe de la souveraineté nationale. Les décrets préparatoires relèvent d’un contrôle distinct fondé sur l’article 60.

54. Une loi adoptée par référendum est qualifiée d’injusticiable. Que signifie cette qualification pour une personne qui souhaite la contester en justice ?

Seul le décret de convocation peut être contesté au titre de l’article 61.
Un recours peut être formé contre cette loi si le Parlement l’autorise.
Un recours peut être formé contre cette loi après le scrutin.
Aucun recours ne peut être formé contre cette loi référendaire.

Aucun recours ne peut être formé contre cette loi référendaire.

Explication

L’injusticiabilité des lois référendaires signifie qu’aucun recours n’est possible contre elles. Cela ne signifie pas que les actes réglementaires préparatoires échappent à tout contrôle, car le Conseil constitutionnel peut les contrôler dans certaines conditions.

55. Un vice affectant un acte préparatoire à un référendum ne risque ni de fausser le déroulement du vote ni de porter atteinte au fonctionnement normal des institutions. Le Conseil constitutionnel exerce-t-il le contrôle prévu pour ces actes ?

Oui, car tout acte préparatoire au référendum est contrôlé de plein droit.
Non, car l’article 60 ne concerne que les lois ordinaires votées par le Parlement.
Oui, car l’adoption de la loi référendaire rend son contrôle possible.
Non, car aucun des risques exigés pour ce contrôle n’est présent.

Non, car aucun des risques exigés pour ce contrôle n’est présent.

Explication

Le contrôle des actes préparatoires n’est exercé que si son absence risque de vicier le déroulement du vote ou de porter atteinte au fonctionnement normal des institutions. Le contrôle n’est donc pas automatique, et il ne porte pas pour autant sur la loi référendaire elle-même.

56. Un président souhaite faire adopter une révision constitutionnelle sans obtenir l’accord de l’Assemblée nationale et du Sénat. Quel effet aurait le recours à l’article 11 à la place de l’article 89 ?

Il imposerait d’obtenir l’accord des deux assemblées avant le référendum.
Il permettrait de contourner cette exigence d’accord des deux assemblées.
Il mettrait fin à la Constitution sans lui substituer une nouvelle norme.
Il remplacerait l’accord des deux assemblées par celui du Conseil constitutionnel.

Il permettrait de contourner cette exigence d’accord des deux assemblées.

Explication

Le recours à l’article 11 à la place de l’article 89 permettrait d’éviter la contrainte d’obtenir l’accord de l’Assemblée nationale et du Sénat. Exiger cet accord maintient la règle de l’article 89, attribuer ce rôle au Conseil constitutionnel confond contrôle et accord parlementaire, et mettre fin à la Constitution décrit une abrogation.

57. Lorsqu’une Constitution cesse d’avoir une existence juridique et qu’une autre norme suprême la remplace, comment qualifie-t-on cette opération ?

Une coutume constitutionnelle.
Une révision de la Constitution.
Une suspension de la Constitution.
Une abrogation de la Constitution.

Une abrogation de la Constitution.

Explication

L’abrogation met fin à l’existence juridique de la Constitution, avec substitution possible d’une autre norme suprême ou retour à une situation sans Constitution écrite. La révision modifie la Constitution existante, la suspension n’en décrit pas la disparition juridique, et la coutume désigne une pratique dont le statut est contesté.

58. À partir de quelle période les révisions constitutionnelles se sont-elles accélérées et multipliées ?

À partir des années 1980, avec une multiplication entre 1981 et 1988.
À partir des années 2000, avec une multiplication entre 2008 et 2024.
À partir des années 1960, avec une multiplication entre 1962 et 1969.
À partir des années 1990, avec une multiplication entre 1992 et 2008.

À partir des années 1990, avec une multiplication entre 1992 et 2008.

Explication

Les révisions se sont accélérées à partir des années 1990 et se sont multipliées entre 1992 et 2008. Les périodes des années 1960, 1980 ou après 2008 ne correspondent pas à cette chronologie.

59. Une réforme constitutionnelle adoptée en 2008 crée la QPC et rend aux assemblées la fixation de leur ordre du jour. Quelle année et quels changements institutionnels caractérisent cette réforme ?

1999, avec la création de la QPC et une modification des prérogatives institutionnelles.
2008, avec la création de la QPC et le transfert de l’ordre du jour au Conseil constitutionnel.
1992, avec la création de la QPC et une modification des prérogatives institutionnelles.
2008, avec la création de la QPC et une modification des prérogatives institutionnelles.

2008, avec la création de la QPC et une modification des prérogatives institutionnelles.

Explication

La révision de 2008 crée la question prioritaire de constitutionnalité et modifie les prérogatives institutionnelles, notamment en rendant aux assemblées la fixation de leur ordre du jour. 1992 concerne Maastricht, 1999 accompagne notamment la parité, et la fixation de l’ordre du jour revient aux assemblées, non au Conseil constitutionnel.

60. Une justiciable soutient qu’une loi porte atteinte à ses droits fondamentaux et soulève une QPC. Quel cheminement permet l’examen de sa contestation ?

Le Parlement, puis le Conseil constitutionnel.
Le Conseil constitutionnel, puis la Cour de cassation ou le Conseil d’État.
La Cour de cassation ou le Conseil d’État, puis le Parlement.
La Cour de cassation ou le Conseil d’État, puis le Conseil constitutionnel.

La Cour de cassation ou le Conseil d’État, puis le Conseil constitutionnel.

Explication

La QPC passe par un double filtre : d’abord la Cour de cassation ou le Conseil d’État, puis le Conseil constitutionnel. L’ordre inverse renverse les étapes, le Parlement ne constitue pas le premier filtre, et il ne remplace pas le Conseil constitutionnel comme instance d’examen.

61. Une étudiante constate que la Constitution de la Ve République est difficile à réviser, mais qu’elle a pourtant été modifiée à de nombreuses reprises. Quel constat rend compte de cette situation ?

La Ve République combine une Constitution souple et peu de révisions.
La Ve République combine une Constitution abrogée et de nombreuses révisions.
La Ve République combine une Constitution rigide et l’absence de révisions.
La Ve République combine une Constitution rigide et de nombreuses révisions.

La Ve République combine une Constitution rigide et de nombreuses révisions.

Explication

Le paradoxe tient à la coexistence d’une Constitution rigide et de nombreuses révisions. L’absence de révisions contredit leur multiplication, la souplesse ne décrit pas la rigidité, et l’abrogation supposerait la fin de l’existence juridique de la Constitution.

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