QCM : Protection régionale des droits fondamentaux (10 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition des droits humains Frédéric Sudre propose-t-il ?

Des prérogatives régies par des règles, détenues par la personne dans ses relations avec les particuliers et le pouvoir
Des aspirations fondées sur la dignité, sans règles applicables aux relations entre les personnes
Des rapports entre les hommes étudiés au regard de la dignité et de l’épanouissement de chaque personne
Des garanties détenues par la personne dans ses relations avec les autorités publiques, sans les particuliers

Des prérogatives régies par des règles, détenues par la personne dans ses relations avec les particuliers et le pouvoir

Explication

Pour Frédéric Sudre, les droits humains sont des prérogatives gouvernées par des règles dont la personne dispose dans ses relations avec les particuliers et avec le pouvoir. La définition des rapports humains au regard de la dignité renvoie à René Cassin; limiter les relations à l’État écarte les particuliers; parler d’aspirations sans règles contredit la définition.

2. Avant 1945, un dispositif international protège des travailleurs et un autre certaines minorités nationales. À quelle caractéristique de la protection internationale de la personne cette situation correspond-elle ?

Une protection sectorielle visant certaines catégories de personnes
Une protection limitée aux personnes placées sous l’autorité d’un autre État
Une protection juridictionnelle commune aux travailleurs et aux minorités
Une protection générale couvrant les droits de toute personne

Une protection sectorielle visant certaines catégories de personnes

Explication

Avant 1945, la protection internationale de la personne demeure sectorielle et concerne notamment les travailleurs et les minorités nationales. Une protection générale de tous les droits dépasse ce cadre; travailleurs et minorités sont des catégories distinctes; le basculement vers une remise en cause des affaires internes de l’État intervient progressivement après la Seconde Guerre mondiale.

3. Un étudiant qualifie la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée à Paris le 10 décembre 1948, de traité obligatoire pour les États. Quelle correction est exacte ?

C’est une partie de la Charte des Nations Unies, adoptée à San Francisco en 1945
C’est une résolution de l’ONU, dont l’importance juridique la rend obligatoire pour les États
C’est un traité de l’ONU, juridiquement obligatoire après son adoption à Paris
C’est une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU, sans force juridiquement obligatoire pour les États

C’est une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU, sans force juridiquement obligatoire pour les États

Explication

Adoptée le 10 décembre 1948, la Déclaration universelle est une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU et n’est pas juridiquement obligatoire pour les États. La qualifier de traité confond sa forme avec celle d’un accord contraignant; l’assimiler à la Charte confond deux textes distincts; son importance juridique ne lui confère pas, à elle seule, une force obligatoire.

4. Quelle distinction fondamentale sépare le Conseil de l’Europe de l’Union européenne dans leur organisation et leur protection des droits fondamentaux ?

Le Conseil de l’Europe protège par la Charte et la Cour européenne des droits de l’homme, tandis que l’Union européenne, organisation d’intégration, agit notamment par la CEDH et la CJUE.
Le Conseil de l’Europe protège par la CEDH et la Cour européenne des droits de l’homme, tandis que l’Union européenne, organisation d’intégration, agit notamment par la Charte et la CJUE.
Le Conseil de l’Europe protège par la Charte et la CJUE, tandis que l’Union européenne, organisation d’intégration, agit notamment par la CEDH et la Cour européenne des droits de l’homme.
Le Conseil de l’Europe protège par la CEDH et la CJUE, tandis que l’Union européenne, organisation d’intégration, agit notamment par la Charte et la Cour européenne des droits de l’homme.

Le Conseil de l’Europe protège par la CEDH et la Cour européenne des droits de l’homme, tandis que l’Union européenne, organisation d’intégration, agit notamment par la Charte et la CJUE.

Explication

Le Conseil de l’Europe s’appuie sur la CEDH et la Cour européenne des droits de l’homme, alors que l’Union européenne protège les droits fondamentaux notamment au moyen de sa Charte et de la CJUE. La CJUE relève de l’Union européenne, et non du Conseil de l’Europe.

5. Dans l’arrêt Mavrommatis du 30 août 1924, quel droit un État affirme-t-il exercer lorsqu’il agit en faveur d’un de ses ressortissants ?

Un droit collectif de la communauté internationale à réparer toute atteinte aux personnes
Le droit individuel du ressortissant, qu’il représente comme mandataire devant la juridiction internationale
Son propre droit, en portant au plan international le préjudice subi par son ressortissant
Le droit de l’État de résidence à régler le différend selon sa législation nationale

Son propre droit, en portant au plan international le préjudice subi par son ressortissant

Explication

Dans Mavrommatis, la CPJI affirme que l’État qui intervient en faveur de son ressortissant fait valoir son propre droit. Cette démarche ne consiste donc pas à agir comme simple mandataire du ressortissant.

6. Quelle est la fonction principale du droit international pénal à l’égard des crimes internationaux ?

Organiser la responsabilité des États pour les dommages subis par leurs ressortissants à l’étranger
Réprimer ces crimes et rendre les individus directement débiteurs d’obligations internationales
Garantir aux États une assistance réciproque dans l’application des conventions humanitaires
Encadrer les hostilités et protéger les personnes qui ne participent plus aux combats

Réprimer ces crimes et rendre les individus directement débiteurs d’obligations internationales

Explication

Le droit international pénal vise à réprimer les crimes internationaux et soumet directement les individus à des obligations internationales. Le droit international humanitaire, lui, encadre les hostilités et protège les personnes hors de combat.

7. En quelle année la Déclaration et le programme d’action de Vienne ont-ils affirmé la prise en compte des diversités tout en maintenant l’objectif d’universalité des droits humains ?

En 2001
En 1993
En 1989
En 1998

En 1993

Explication

La Déclaration et le programme d’action de Vienne datent de 1993 et associent le respect des diversités à la volonté de tendre vers l’universalisme des droits humains. L’année 1998 correspond plutôt à l’adoption du Statut de Rome, qui concerne le droit pénal international.

8. En quoi les obligations conventionnelles de protection des droits humains se distinguent-elles des obligations fondées sur la réciprocité entre États ?

Elles protègent les personnes contre les atteintes des États et ne reposent pas sur un échange réciproque d’avantages entre parties.
Elles organisent des échanges réciproques entre États, tandis que la protection des personnes relève de leur seule compétence nationale.
Elles fixent des obligations entre États, mais la protection des personnes dépend d’une déclaration interprétative de chaque partie.
Elles permettent à chaque État de suspendre ses engagements si un autre État ne respecte pas des obligations équivalentes.

Elles protègent les personnes contre les atteintes des États et ne reposent pas sur un échange réciproque d’avantages entre parties.

Explication

Les conventions de droits humains visent à protéger les personnes et des intérêts internes, plutôt qu’à organiser des échanges réciproques entre États. La réciprocité peut caractériser des engagements interétatiques, mais elle ne conditionne pas les droits reconnus aux individus par ces instruments.

9. Dans l’arrêt RDC c. Rwanda du 3 février 2006, quelle juridiction a qualifié l’interdiction du génocide de norme de jus cogens ?

La Cour pénale internationale
La Cour européenne des droits de l’homme
La Cour internationale de Justice
La Cour permanente de justice internationale

La Cour internationale de Justice

Explication

La Cour internationale de Justice a reconnu le caractère impératif de l’interdiction du génocide dans cet arrêt. La Cour pénale internationale juge des individus pour des crimes internationaux, mais n’est pas l’auteur de cette qualification dans cette affaire.

10. Quelle conséquence juridique découle de la qualification d’une règle comme norme de jus cogens ?

Un traité ne peut ni la modifier ni y déroger.
Elle ne s’applique qu’aux États ayant accepté la compétence d’une juridiction.
Elle cesse de s’imposer lorsqu’un traité postérieur la contredit.
Un État peut y déroger par une réserve conventionnelle.

Un traité ne peut ni la modifier ni y déroger.

Explication

Le caractère impératif du jus cogens empêche les États de modifier la règle par traité. Une réserve conventionnelle ne permet donc pas d’écarter une telle norme.

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Quelles étapes distingue la protection des droits humains ?

La reconnaissance du droit, son contrôle et l’exécution de la décision qui le protège.

Avant 1945, quel était le caractère de la protection internationale de la personne ?

Elle demeurait sectorielle.

Quel arrêt la CEDH a-t-elle rendu le 9 avril 2024 sur le climat ?

Grande Chambre, *Klimaseniorinnen c. Suisse*.

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