Fiche de révision : Droit constitutionnel et État

Plan du Cours

  1. Méthode de la dissertation juridique
  2. Droit public et droit privé
  3. Branches et objet du droit constitutionnel
  4. Politique et science politique
  5. Groupement humain et nation
  6. Territoire et frontières étatiques
  7. Pouvoir souverain de l’État
  8. Souveraineté internationale
  9. L’État unitaire et la déconcentration
  10. Décentralisation et régionalisation
  11. Formation de l’État fédéral
  12. Principes du fédéralisme
  13. Fonctionnement de la confédération
  14. Union européenne et confédération
  15. Éléments écrits et non écrits
  16. Pouvoir constituant originaire
  17. Révision de la constitution
  18. Abrogation de la constitution

1. Méthode de la dissertation juridique

Notions clés & Définitions

  • Syllogisme : Raisonnement déductif qui confronte une majeure, proposition de portée générale, et une mineure, proposition de portée plus limitée, afin d’en tirer une conclusion.

★ À maîtriser

  • Un sujet de dissertation juridique correspond à une question de droit plus ou moins explicite.

📌 La dissertation juridique doit comporter un plan apparent, ordonné et complet, composé de deux parties comprenant chacune deux sous-parties, toutes dotées d’un titre.

  • L’introduction d’une dissertation juridique suit cinq étapes :
    • phrase d’accroche
    • présentation du sujet
    • intérêt du sujet
    • démonstration sous forme affirmative
    • annonce des deux parties du plan

Compléments

📌 La conclusion d’un syllogisme n’est fiable que si ses deux prémisses, la majeure et la mineure, ne sont pas falsifiées.

  • L’interprétation du Conseil constitutionnel s’impose parce qu’il lui revient de trancher.

  • L’introduction représente environ un tiers de la copie, et chacune des deux parties doit avoir une longueur équivalente à celle de l’introduction et à celle de l’autre partie.

📌 Une dissertation juridique ne comporte pas de conclusion et ne doit pas reprendre le même argument à plusieurs endroits du plan.

2. Droit public et droit privé

Notions clés & Définitions

  • Droit privé : Regroupe les règles qui encadrent les rapports entre particuliers afin d’y instaurer la sécurité et de préserver l’égalité.
  • Droit public : Regroupe les règles qui organisent la puissance publique, notamment les relations entre l’État et les individus, dans le but de rendre efficace l’action publique au service de l’intérêt général.

★ À maîtriser

📌 Le droit privé encadre les rapports entre particuliers et vise leur sécurité et leur égalité, tandis que le droit public organise la puissance publique et privilégie l’efficacité de l’action publique et l’intérêt général.

Compléments

  • Le droit privé repose sur l’autonomie de la volonté, selon laquelle une volonté librement exprimée peut créer des obligations, comme dans un contrat de vente.

  • Le droit privé s’applique par défaut aux rapports juridiques, tandis que le droit public est dérogatoire au droit commun et ne s’applique que dans les matières concernées par l’intérêt général.

  • Le juge judiciaire et l’ordre judiciaire assurent le respect et la mise en œuvre des règles de droit privé.

  • Les personnes publiques disposent de prérogatives de puissance publique qui dépassent les capacités d’action des personnes privées.

Astuce mémo

Le droit privé place les particuliers sur un pied d’égalité ; le droit public donne à l’État des pouvoirs de commandement.

3. Branches et objet du droit constitutionnel

Notions clés & Définitions

  • Droit constitutionnel : Ensemble des règles qui encadrent le fonctionnement du pouvoir politique dans l’État, organisent les pouvoirs publics suprêmes et garantissent les citoyens face aux autorités suprêmes.

★ À maîtriser

📌 Le droit public se divise en droit public interne, applicable dans l’ordre interne, et en droit public international, dont les règles reposent sur le consentement souverain des États.

  • Les principales branches du droit public interne sont :
    • le droit administratif
    • le droit des finances publiques
    • le droit constitutionnel

Compléments

  • Adhémar Esmein présente le droit constitutionnel comme la théorie juridique des institutions fondamentales et des règles supérieures applicables au pouvoir politique. - ESMEIN Adhémar

  • Une constitution exprime un compromis propre à une époque et à un pays sur l’organisation des pouvoirs publics et la protection des droits des citoyens face à l’État.

  • L’étude du droit constitutionnel comprend l’histoire constitutionnelle, le droit constitutionnel comparé et l’apport de la science politique.

4. Politique et science politique

★ À maîtriser

📌 La politique désigne l’activité pratique visant à assurer l’ordre social dans un contexte de conflits d’intérêts, tandis que le politique désigne l’ensemble des affaires publiques et des rapports de pouvoir dans la société.

📌 La science politique décrit et analyse les phénomènes politiques tels qu’ils sont, tandis que le droit constitutionnel étudie leur encadrement par des règles obligatoires et sanctionnées.

  • Les trois éléments constitutifs de l’État sont :
    • un peuple
    • un territoire
    • une souveraineté

Compléments

  • La science politique mobilise notamment des méthodes d’enquête proches de la sociologie et les apports de plusieurs sciences sociales pour analyser le jeu politique.

  • L’étude du fonctionnement effectif des règles par la science politique aide le droit constitutionnel à évaluer leur efficacité.

  • En 1962, Charles de Gaulle a contourné la procédure de révision de l’article 89 de la Constitution de 1958 en utilisant l’article 11 pour soumettre la révision au référendum.

Astuce mémo

La science politique décrit ce qui est ; le droit constitutionnel encadre ce qui doit être.

5. Groupement humain et nation

Notions clés & Définitions

  • Nation : Groupement humain dont les membres se sentent unis par des liens et des affinités communs qui les distinguent des autres groupements nationaux.

★ À maîtriser

📌 La population désigne l’ensemble des personnes habitant un espace géographique donné, tandis que le peuple désigne les individus vivant sous une même autorité politique sur un territoire.

📌 La conception allemande objective de la nation s’appuie sur des critères indépendants de la volonté individuelle, tandis que la conception française subjective privilégie la conscience et la volonté de vivre ensemble.

Compléments

  • La population est une notion neutre et statistique qui ne renseigne, à elle seule, ni sur la nationalité ni sur une appartenance politique ou juridique.

  • Les critères objectifs de la conception allemande comprennent :

    • la géographie
    • l’ethnie
    • la langue
    • la religion
    • la culture
  • La conception française subjective de la nation met l’accent sur :

    • une histoire commune
    • des souvenirs communs
    • des intérêts communs
    • un avenir commun

Astuce mémo

La conception allemande impose des critères objectifs ; la conception française repose sur l’adhésion subjective.

6. Territoire et frontières étatiques

Notions clés & Définitions

  • Territoire étatique : Étendue sur laquelle résident les humains et sur laquelle s’exerce le pouvoir souverain de l’État.

★ À maîtriser

  • Les frontières étatiques peuvent être :

    • terrestres
    • maritimes
    • aériennes
  • Les eaux intérieures relèvent de la souveraineté de l’État comme les zones terrestres, tandis que la souveraineté dans la mer territoriale est limitée notamment par le passage pacifique des navires étrangers.

  • La zone économique exclusive s’étend jusqu’à 200 milles marins à partir de la ligne de base et confère à l’État des compétences économiques sur les ressources naturelles.

  • L’espace aérien souverain d’un État couvre verticalement son territoire terrestre et ses eaux intérieures et territoriales, jusqu’à la limite de l’atmosphère.

Compléments

  • Les frontières terrestres peuvent suivre des repères naturels ou être artificiellement tracées par négociation entre États, et le sous-sol suit le régime de la surface délimitée.

  • En haute mer, aucun État ne peut imposer sa souveraineté et chaque navire relève du droit de l’État dont il bat le pavillon.

Astuce mémo

Visualiser le territoire comme trois couches de frontières : terrestre, maritime et aérienne.

7. Pouvoir souverain de l’État

Notions clés & Définitions

  • Monopole de la contrainte légitime : Pouvoir exclusif de l’État d’assurer l’exécution de ses décisions par des moyens de contrainte tels que la police ou les forces armées, dans le respect du droit et pour garantir la sûreté et la sécurité.
  • Pouvoir de droit : Pouvoir de l’État encadré par un ordre juridique auquel l’État obéit, contrairement à un simple rapport de force.
  • Pouvoir originaire : Pouvoir de l’État qui fonde l’ordre juridique de son territoire sans découler d’une norme extérieure ou supérieure.
  • Pouvoir suprême : Signifie que l’État n’a aucun rival sur son territoire ni aucun supérieur à l’extérieur de celui-ci.

★ À maîtriser

  • La souveraineté distingue l’État d’une société implantée sur un territoire sans pouvoir politique souverain.

  • Le pouvoir souverain de l’État est supérieur aux autres pouvoirs présents dans la société et ne dépend d’aucun pouvoir rival ou supérieur.

  • Julien Laferrière a formulé les trois caractéristiques du pouvoir souverain (Laferrière julien, début du 20ème S) :

    • un pouvoir de droit
    • un pouvoir originaire
    • un pouvoir suprême
  • La souveraineté interne implique que l’État détermine lui-même l’étendue de ses compétences et les règles auxquelles il obéit dans leur exercice.

  • Les pouvoirs régaliens comprennent :

    • rendre la justice
    • maintenir l’ordre
    • défendre les frontières
    • battre monnaie

Compléments

  • Le pouvoir normatif permet à l’État d’édicter des règles qui encadrent la société et s’imposent également à l’État.

  • La souveraineté interne peut être remise en cause par : des groupes de pression, des violences privées telles que les milices ou les groupes criminels, des revendications territoriales d’indépendance ou d’autonomie

8. Souveraineté internationale

★ À maîtriser

  • Sur la scène internationale, les États sont juridiquement égaux et souverains, quelle que soit leur puissance.

  • Un État n’est souverain à l’échelle internationale que s’il est juridiquement indépendant des autres États ; un territoire sous tutelle ne l’est donc pas pleinement, même s’il gère ses affaires internes de manière autonome.

  • Un État ne peut être contraint à signer un traité qu’il refuse ni, en principe, à accepter une intervention extérieure, sous réserve d’exceptions encadrées par le droit, notamment sous l’égide de l’ONU.

  • L’égalité juridique entre États souverains coexiste avec leurs inégalités militaires et leurs rapports de force géopolitiques.

  • Un État peut accepter par traité des contraintes et des transferts de compétences, mais ne peut pas être contraint à accepter des obligations qu’il n’a pas explicitement consenties.

Compléments

📌 Un État peut s’engager par traité ou transférer des compétences à une organisation internationale sans perdre sa souveraineté, car cet engagement procède de sa décision souveraine.

  • Les organisations internationales de plus en plus intégrées établissent des liens étroits entre leurs membres et peuvent recevoir d’importants transferts de compétences par traité.

  • Des moyens d’influence économique, notamment liés à la fourniture de ressources, peuvent peser sur des États formellement souverains.

Astuce mémo

Égalité juridique des États, inégalité de puissance réelle

9. L’État unitaire et la déconcentration

Notions clés & Définitions

  • État unitaire : État où le pouvoir connaît une centralité plus ou moins forte, sous le contrôle ultime de l’appareil d’État.
  • Déconcentration : Aménagement de l’État unitaire dans lequel les autorités centrales confient des attributions d’exécution locale à des agents territoriaux qui restent hiérarchiquement subordonnés au centre.

★ À maîtriser

📌 L’État unitaire concentré rassemble le pouvoir de décision au centre, tandis que l’État déconcentré confie aux autorités territoriales l’exécution et l’adaptation locale de décisions centrales.

Compléments

  • Un État unitaire parfaitement concentré aurait une constitution, un ordre, un gouvernement et un pouvoir de décision uniques, mais une concentration absolue conduirait à la paralysie du centre et des extrémités.

  • Les compétences des agents déconcentrés sont limitées territorialement à une circonscription et matériellement aux domaines définis par la loi.

  • En France, le préfet est un agent déconcentré de l’État, nommé et révocable par le chef de l’État, dont la compétence peut s’exercer à l’échelle d’un département ou d’une région.

10. Décentralisation et régionalisation

Notions clés & Définitions

  • Décentralisation territoriale : Répartition de compétences entre l’État et des collectivités territoriales dotées d’une autonomie, sans leur accorder l’indépendance.
  • État régionalisé : État unitaire où des collectivités régionales disposent d’une autonomie politique étendue, négociée avec les autorités centrales, sans devenir indépendantes.

★ À maîtriser

📌 Dans la décentralisation territoriale, l’État conserve la compétence de principe et attribue aux collectivités, par la loi, des compétences délimitées par des textes.

  • L’autonomie des collectivités décentralisées se manifeste par : un pouvoir de décision dans leurs compétences attribuées, des organes de décision élus par les citoyens, un budget alimenté par des ressources propres et des dotations de l’État, une personnalité juridique distincte de l’État

📌 Le contrôle de légalité des actes des collectivités décentralisées est exercé a posteriori par le juge administratif, qui vérifie leur conformité au droit sans lien hiérarchique avec les collectivités.

Compléments

  • L’article 72 de la Constitution française prévoit les collectivités territoriales de la République, notamment les départements, les communes, les collectivités d’outre-mer régies par l’article 74 et les régions.

  • Dans un État régionalisé, la répartition des compétences est fixée par la loi, dont le contenu est négocié entre les autorités de l’État et les personnalités politiques locales.

📌 L’organisation d’un État régionalisé est asymétrique lorsque les régions peuvent disposer de compétences distinctes, et leur autonomie reste soumise au contrôle de l’État et à la Constitution nationale.

  • L’Espagne est un État unitaire régionalisé dans lequel les communautés autonomes, dont la Catalogne, disposent de compétences importantes tout en restant soumises à la Constitution espagnole et au contrôle de l’État central.

  • La France a engagé une première étape de décentralisation en 1982 et accorde une autonomie renforcée à certaines collectivités, comme la Polynésie.

Astuce mémo

Décentralisation pilotée par l’État, régionalisation négociée

11. Formation de l’État fédéral

Notions clés & Définitions

  • État fédéral : Superpose à une union d’États souverains en droit interne un nouvel État qui exerce la souveraineté internationale.

★ À maîtriser

📌 La fédération détient la personnalité juridique et la souveraineté internationales, tandis que les États fédérés exercent des prérogatives de souveraineté sur le plan interne.

  • Le choix du fédéralisme peut être motivé par le libéralisme politique, qui cherche à limiter le pouvoir par sa répartition entre niveaux étatiques, ou par le pragmatisme face à des problèmes d’organisation.

📌 Le fédéralisme par association unit des États souverains qui transfèrent une partie de leur souveraineté à une fédération, tandis que le fédéralisme par dissociation transforme un État unique pour prévenir son éclatement en redistribuant des compétences à des entités fédérées.

Compléments

  • Montesquieu résume l’idée libérale de limitation du pouvoir par la formule « le pouvoir arrête le pouvoir ».

  • Le fédéralisme peut préserver l’équilibre d’un État multinational, reconnaître des spécificités culturelles ou régionales, ou permettre la transition d’une confédération à une fédération.

  • Le fédéralisme indien répond à la diversité linguistique, culturelle et religieuse du pays en accordant une autonomie aux communautés tout en préservant l’unité nationale.

  • Les treize États américains ont choisi le fédéralisme par association après leur indépendance, et le traité de Paris de 1783 figure dans le processus évoqué de leur unification.

  • La Belgique a évolué d’un État unitaire centralisé vers une forme fédérale pour répondre aux tensions linguistiques et politiques en redistribuant des compétences et une part de souveraineté interne.

Astuce mémo

Association : plusieurs États s’unissent ; dissociation : un État se décompose

12. Principes du fédéralisme

Notions clés & Définitions

  • Principe de superposition : Répartit le pouvoir souverain et les compétences entre la fédération et les États fédérés selon la constitution fédérale.
  • Principe d’autonomie : Permet à chaque État fédéré de s’organiser par ses propres institutions et d’exercer les compétences attribuées par la constitution fédérale, dans le respect de celle-ci.
  • Principe de participation : Associe les États fédérés à la vie politique de la fédération sur les plans organique et fonctionnel.

★ À maîtriser

  • Georges Scelle a élaboré les trois principes du fédéralisme — superposition, autonomie et participation — dans son Précis de droit des gens publié en 1932. - George Scelles

  • La constitution fédérale fixe la répartition des compétences et constitue le pacte fédéral, dont l’interprétation est généralement confiée au juge fédéral.

  • Dans le modèle classique, illustré par les États-Unis, la constitution énumère les compétences de la fédération et les compétences restantes reviennent aux États fédérés.

  • Dans le modèle indo-canadien, la constitution énumère les compétences des États fédérés et attribue les compétences restantes à la fédération afin de renforcer le pouvoir central face aux forces centrifuges.

  • Le modèle allemand combine une liste de compétences fédérales, une compétence de principe des États fédérés et une liste de compétences concurrentes exercées par les États fédérés tant que la fédération n’intervient pas.

  • Sur le plan organique, la participation des États fédérés passe généralement par une assemblée représentant les citoyens et une autre représentant les États fédérés, qui forment un parlement bicaméral.

  • Aux États-Unis, une révision constitutionnelle est votée par le Congrès, composé de la Chambre des représentants et du Sénat, puis ratifiée par les États fédérés ; elle entre en vigueur après ratification par les trois quarts des États.

Compléments

  • Le principe d’autonomie entraîne la coexistence de la fédération et des États fédérés sur un même territoire et pour une même population, ainsi qu’une double appartenance juridique des citoyens.

📌 La représentation des États fédérés à la seconde chambre est généralement égale, tandis que le modèle allemand pondère leur représentation et impose à chaque délégation de voter de manière uniforme.

  • Aux États-Unis, le Sénat exerce un contrôle exclusif de confirmation pour certaines nominations présidentielles, notamment celles de hauts fonctionnaires fédéraux et de juges.

  • La participation fonctionnelle des États fédérés peut aussi intervenir lors de la négociation ou de l’adoption de conventions internationales touchant leurs compétences.

Astuce mémo

SAP : superposition, autonomie, participation

13. Fonctionnement de la confédération

Notions clés & Définitions

  • Confédération : Association égalitaire d’États souverains, formée par traité pour exercer en commun un nombre limité de compétences au moyen d’organes communs.
  • Diète confédérale : Organe commun principal d’une confédération, composé de délégués envoyés par les gouvernements des États membres plutôt que d’élus représentant directement leurs populations.
  • Majorité qualifiée : Une majorité qualifiée est toute majorité autre que la moitié plus une voix.

★ À maîtriser

  • Les États confédérés conservent leur souveraineté et mettent en commun un nombre limité de compétences stratégiques, notamment la défense.

  • Les délégués de la diète confédérale se réunissent périodiquement et exercent des pouvoirs législatif, exécutif et juridictionnel au sein d’un même organe, auquel la séparation des pouvoirs ne s’applique pas.

  • Dans une confédération, la règle habituelle est qu’un État dispose d’une voix et que la diète décide à l’unanimité.

  • Dans la plupart des confédérations, les décisions de la diète ne s’appliquent sur le territoire d’un État membre qu’avec l’accord de celui-ci.

  • Les compétences confédérales sont des compétences d’attribution interprétées restrictivement, sans compétences de principe.

Compléments

  • La confédération a historiquement servi de transition entre des États unitaires associés et une fédération, ou de forme d’association lorsque la dislocation d’une fédération est envisagée.

14. Union européenne et confédération

Notions clés & Définitions

  • Constitution formelle : La constitution formelle est un texte juridique suprême, adopté selon une procédure particulière et placé au sommet de l’ordre juridique.

★ À maîtriser

📌 L’Union européenne n’est pas un État, car elle ne possède ni territoire propre, ni peuple autonome, ni souveraineté propre.

  • Selon le traité de Maastricht, la citoyenneté de l’Union se superpose aux citoyennetés des États membres, dont chaque État fixe les critères.

  • Les compétences de l’Union européenne lui sont attribuées par des traités et évoluent au fil de ceux-ci.

📌 L’Union européenne peut prendre des décisions dans ses domaines de compétence, mais leur exécution dépend des États membres et l’Union ne détient pas le monopole de la contrainte légitime.

📌 L’Union européenne se rapproche de la confédération par sa création conventionnelle et ses compétences attribuées, mais elle dépasse ce modèle par l’ampleur de ses compétences et son système institutionnel plus complexe, sans être un État fédéral.

  • La constitution matérielle regroupe les règles relatives à l’acquisition, à la transmission et à l’exercice du pouvoir politique, ainsi qu’aux rapports entre le pouvoir et les citoyens.

Compléments

  • La construction européenne s’est d’abord articulée autour des activités économiques, notamment le marché commun et l’union douanière, tandis que la défense commune n’y occupe pas une place véritablement comparable à celle des confédérations.

📌 Une constitution non formalisée existe lorsqu’un pays possède des règles matériellement constitutionnelles sans texte constitutionnel formel, comme le Royaume-Uni.

  • La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 illustre l’intégration de la protection des droits dans la matière constitutionnelle.

  • La constitution suisse a contenu des règles sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie, qui en sont sorties en 1978 pour devenir de simples lois.

Astuce mémo

L’UE ressemble à la confédération par les traités, mais la dépasse par l’étendue de ses compétences.

15. Éléments écrits et non écrits

Notions clés & Définitions

  • Loi organique : Une loi organique est un texte prévu par la Constitution pour en compléter et préciser les règles générales et permettre leur mise en œuvre.
  • Coutume constitutionnelle : Une coutume constitutionnelle est une pratique continue et consacrée par le temps, reconnue comme obligatoire par le groupe concerné et dépourvue d’usage contraire reconnu.

★ À maîtriser

  • Les éléments du texte constitutionnel remplissent une fonction politique d’encadrement et de légitimation du pouvoir, ainsi qu’une fonction juridique de fondement de l’ordre juridique et de normes opposables devant les juges.

  • Le Conseil constitutionnel reconnaît pour la première fois une valeur constitutionnelle aux compléments de la Constitution par une décision du 16 juillet 1971.

Compléments

📌 Une loi organique ne peut être adoptée que si la Constitution le prévoit expressément et selon une procédure plus encadrée que celle des lois ordinaires.

📌 Une coutume constitutionnelle peut compléter le silence de la Constitution ou se substituer à une règle constitutionnelle en prescrivant la pratique inverse.

  • Sous la IIIe République, la pratique a fait émerger la fonction de président du Conseil, puis la loi de finances du 24 décembre 1934 l’a officiellement reconnue.

  • À partir de 1877, les présidents de la IIIe République ont renoncé à exercer le droit de dissolution, pratique devenue une obligation politique considérée comme coutumière.

  • La Constitution de la IVe République du 27 octobre 1946 interdisait les décrets-lois, mais cette interdiction a été ignorée en pratique.

16. Pouvoir constituant originaire

Notions clés & Définitions

  • Pouvoir constituant originaire : Le pouvoir constituant originaire est le pouvoir d’élaborer une nouvelle constitution lorsqu’il n’en existe pas ou lorsque la précédente a cessé de s’appliquer.

★ À maîtriser

  • Le pouvoir constituant originaire est absolu et inconditionné en droit, mais son exercice peut être influencé par des contraintes politiques.

  • Une assemblée constituante est élue pour une durée limitée afin d’élaborer une nouvelle constitution au nom des citoyens.

  • Un coup d’État est un coup de force d’un pouvoir institué contre un autre pouvoir institué, tandis qu’un putsch est une prise de pouvoir par une révolte militaire contre les pouvoirs civils.

Compléments

  • La convention de Philadelphie, chargée de rédiger la Constitution des États-Unis, est un exemple d’assemblée constituante ad hoc.

📌 Un référendum d’adoption demande au peuple d’approuver ou de rejeter un texte constitutionnel, tandis qu’un plébiscite lui demande d’approuver une personne plutôt que le contenu du texte.

17. Révision de la constitution

Notions clés & Définitions

  • Pouvoir constituant dérivé : Le pouvoir constituant dérivé est le pouvoir de modifier une constitution existante afin de l’adapter à l’évolution de la société politique ou de corriger le texte.

★ À maîtriser

📌 Une constitution est souple lorsque sa procédure de révision est facile à utiliser et rigide lorsque cette procédure est difficile à utiliser.

📌 Le pouvoir constituant dérivé est institué par la Constitution et relatif, car il doit respecter les procédures et les limites de fond qu’elle prévoit.

  • L’article 89 de la Constitution de la Ve République fixe une procédure de révision qui associe l’autorité à l’origine de la révision, le Parlement et le peuple.

Compléments

  • La révision du 18 juin 1976 a prévu le cas du décès ou de l’empêchement d’un candidat à l’élection présidentielle, que la Constitution n’avait pas réglé, contrairement au décès du président en exercice, déjà prévu lors de la mort du président Pompidou en 1974.

  • L’article 89 de la Constitution française interdit d’engager ou de poursuivre une révision lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire.

  • L’article 79, alinéa 3, de la Loi fondamentale allemande de 1949 interdit les révisions portant atteinte à l’organisation fédérale, à la participation des Länder à la législation ou aux principes énoncés aux articles 1 et 20.

  • La Constitution américaine de 1787 a interdit, jusqu’en 1808, les révisions touchant les clauses relatives à l’importation des esclaves et à la répartition des impôts directs entre les États afin de protéger les compromis constitutionnels sur ces questions.

  • Georges Vedel souligne que le pouvoir constituant dérivé reste un pouvoir constituant et que ses limites matérielles sont difficiles à faire respecter faute d’organe compétent pour contrôler sa révision.

18. Abrogation de la constitution

Notions clés & Définitions

  • Abrogation : L’abrogation est la suppression d’une norme juridique pour l’avenir par un acte contraire respectant la règle du parallélisme des formes.

Points essentiels

📌 Une constitution est souvent mise hors d’application à la suite d’un coup d’État, d’un putsch ou d’une occupation du territoire, puis remplacée par une nouvelle constitution, plutôt que formellement abrogée selon les formes de son adoption.

Astuce mémo

Abrogation formelle = acte contraire ; cessation = constitution simplement inappliquée.

Tableaux de synthèse

Conceptions de la nation

ConceptionCritèresAdhésion
Allemande objectiveGéographie, ethnie, langue, religion, cultureIndépendants de la volonté individuelle
Française subjectiveHistoire, souvenirs, intérêts et avenir communsConscience et volonté de vivre ensemble

Répartition des compétences fédérales

ModèleCompétence fédéraleCompétences résiduelles
ClassiqueCompétences énuméréesÉtats fédérés
Indo-canadienCompétences non attribuées aux États fédérésFédération
AllemandListe fédérale et compétences concurrentesÉtats fédérés, sauf intervention fédérale

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1. Dans un raisonnement juridique, comment s’articulent la majeure et la mineure pour aboutir à une conclusion ?

2. Une étudiante prépare une dissertation juridique et veut vérifier la conformité de son plan avant de rédiger. Quelle structure doit-elle retenir ?

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Qu’est-ce qu’un syllogisme juridique ?

Un raisonnement déductif qui confronte une majeure et une mineure pour en tirer une conclusion.

À quoi correspond un sujet de dissertation juridique ?

À une question de droit plus ou moins explicite.

Quelle structure doit suivre le plan d’une dissertation juridique ?

Deux parties comprenant chacune deux sous-parties, toutes dotées d’un titre.

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