Fiche de révision : Droit constitutionnel et formation de l’État

Plan du Cours

  1. Fonctions et sources du droit constitutionnel
  2. Évolution du droit constitutionnel
  3. État et théories de son origine
  4. Le conflit entre droit et démocratie
  5. L’État comme produit d’un conflit
  6. L’évolution vers l’État moderne
  7. Unité étatique et pluralité des peuples
  8. Territoire et frontières de l’État
  9. Territoire, puissance publique et souveraineté
  10. Attributs de la souveraineté étatique
  11. Formes et unité de l’État
  12. Organisation de l’État unitaire
  13. Évolution de la décentralisation française
  14. L’État régional
  15. Confédération et Union européenne
  16. Élections et partis politiques
  17. Mandats et modes de scrutin
  18. Participation directe des citoyens

Repères chronologiques

  1. 1982Les lois de décentralisation transfèrent des compétences de l’État vers les collectivités territoriales, notamment la gestion de bâtiments scolaires.
  2. 1995Jacques Delors qualifie l’Union européenne de « fédération d’États-nations ».
  3. 2003La révision constitutionnelle constitutionnalise la décentralisation et inscrit à l’article 1er que l’organisation de la République est décentralisée.

1. Fonctions et sources du droit constitutionnel

Notions clés & Définitions

  • Droit public : Droit qui encadre les institutions publiques et concerne les personnes publiques comme les personnes privées, à condition qu’au moins une personne publique soit en cause.
  • Droit privé : Droit qui s’applique aux personnes privées, poursuit des intérêts particuliers et comprend notamment le droit civil, commercial, du travail, pénal et des successions.
  • Droit constitutionnel : Cadre juridique qui organise le pouvoir, légitime les gouvernants, limite leur pouvoir et protège les citoyens.

★ À maîtriser

  • Le droit constitutionnel protège les droits et libertés des citoyens, notamment au moyen de la Constitution.

  • Le droit constitutionnel se forme par : le texte écrit de la Constitution de 1958, la pratique politique, notamment les usages et conventions, les décisions et la jurisprudence du Conseil constitutionnel

Compléments

  • Le droit public comprend notamment :

    • le droit constitutionnel
    • le droit administratif
    • le droit des collectivités territoriales
    • le droit international public
    • le droit de l’Union européenne
  • Le droit constitutionnel encadre les élections et les relations entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

  • La Constitution organise la répartition des pouvoirs, la forme de l’État et les modalités d’exercice du pouvoir, notamment démocratie ou autocratie et république ou monarchie.

  • Les formes de l’État citées sont :

    • l’État unitaire
    • l’État fédéral
    • l’État régional
  • La Constitution est le texte fondamental qui organise l’État et fixe ses caractéristiques essentielles ; en Allemagne, elle est appelée Loi fondamentale.

  • Le président de la République promulgue les lois, veille à la Constitution et l’interprète, mais reste soumis aux limites qu’elle fixe à son pouvoir.

  • L’Assemblée nationale vote les lois et intervient à la fois comme acteur des règles constitutionnelles et du pouvoir législatif.

  • Le Conseil constitutionnel contrôle la conformité des lois à la Constitution et contribue à donner au droit constitutionnel sa portée et sa force.

  • Les tribunaux judiciaires sont mentionnés comme juridictions du droit privé.

2. Évolution du droit constitutionnel

Notions clés & Définitions

  • Positivisme juridique : Doctrine qui invite le juriste à étudier le droit tel qu’il est élaboré et à vérifier sa validité au regard de la Constitution, en laissant les autres questions aux philosophes.

★ À maîtriser

📌 Le politiste étudie les rapports de force, les comportements et stratégies des acteurs ainsi que leurs intérêts et personnalités, tandis que le juriste examine les règles juridiques, les compétences institutionnelles, leurs limites et leur conformité à la Constitution.

  • L’étude du droit constitutionnel doit prendre en compte la pratique des présidents et des ministres, car les textes seuls ne permettent pas de décrire la réalité d’un régime.

  • À partir des années 1970, le contrôle de constitutionnalité se développe et la Constitution est prise au sérieux comme norme ayant des conséquences sur le vote des lois.

Compléments

  • Le droit constitutionnel encadre la politique, par exemple en fixant le cadre du mandat présidentiel.

  • La politique transforme le droit constitutionnel par :

    • l’élaboration des règles constitutionnelles
    • leur interprétation
    • les pratiques constitutionnelles
  • Le droit constitutionnel et la politique peuvent entrer en conflit par le détournement de procédure, la violation de la Constitution ou l’atteinte au droit constitutionnel.

  • Le droit constitutionnel concerne aussi les citoyens, car il leur permet de voter et contribue à protéger leurs libertés.

  • Dans une première période, le droit constitutionnel ne se distinguait pas de la philosophie et de la science politique, qui réfléchissaient notamment au meilleur mode de gouvernement.

  • À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, le droit constitutionnel s’autonomise et les juristes se concentrent sur les règles, leurs fondements théoriques et les grandes notions constitutionnelles.

  • Louis Favoreu décrit cette évolution comme la saisie de la politique par le droit, associée à l’État de droit et à la soumission du pouvoir politique au droit.

  • L’extension du droit constitutionnel aux citoyens en fait un instrument de protection qui irrigue les autres branches du droit, phénomène qualifié de constitutionnalisation du droit.

  • Le contrôle et la justice constitutionnelle peuvent intervenir face aux conflits entre le droit constitutionnel et la politique.

  • Platon et Aristote ont contribué à la réflexion sur les formes de gouvernement.

Astuce mémo

Philosophie politique → autonomie juridique → prise au sérieux de la Constitution.

3. État et théories de son origine

Notions clés & Définitions

  • État : Cadre institutionnel général du pouvoir politique et forme moderne prise par ce pouvoir.

★ À maîtriser

  • Le terme « État » a trois sens :

    • au sens courant, les gouvernants ou les chefs d’État
    • au sens juridique, une organisation politique stable et indépendante des gouvernants
    • au sens restreint, le pouvoir central par opposition aux entités locales
  • Hobbes, dans Le Léviathan (1651), décrit l’état de nature comme une guerre permanente dominée par la loi du plus fort et justifie un pouvoir étatique fort chargé d’assurer la sécurité.

  • Locke, dans le Traité du gouvernement civil (1690), défend une conception libérale de l’État chargé de protéger les droits naturels et les droits de propriété face aux conflits et aux inégalités. - John Locke

Compléments

  • L’État a évolué et n’est plus le seul lieu d’exercice du pouvoir politique, qui s’est aussi déplacé vers les organisations internationales.

  • Les théories de l’origine de l’État l’expliquent comme le produit d’un contrat, d’un conflit ou de l’évolution historique du pouvoir politique.

  • Hobbes distingue la sécurité, protection contre les dangers physiques, de la sûreté, garantie contre les risques liés aux mesures prises par l’État. - Le Léviathan, 1651

  • Locke défend le droit de résistance à l’oppression afin de préserver les droits naturels. - John Locke, Traité du gouvernement civil, 1690

  • Locke défend la séparation des pouvoirs et l’indépendance des juges comme garanties contre un pouvoir politique arbitraire. - John Locke, Traité du gouvernement civil, 1690

Astuce mémo

Hobbes justifie un pouvoir fort par la sécurité ; Locke défend un pouvoir limité pour protéger les droits naturels.

4. Le conflit entre droit et démocratie

Notions clés & Définitions

  • Droit positif : Ensemble des règles posées par les autorités et en vigueur.
  • Contrôle juridictionnel : Contrôle exercé par un juge chargé de vérifier que la loi respecte la Constitution.

★ À maîtriser

  • Les trois piliers fondateurs de l’État de droit sont :

    • la protection contre l’arbitraire
    • la garantie d’égalité entre les citoyens
    • la protection des droits
  • L’article 2 de la DDHC de 1789 énumère les droits naturels et imprescriptibles de l’homme : la liberté, la propriété, la sûreté, la résistance à l’oppression

  • L’État de droit peut être critiqué comme un frein à la démocratie lorsqu’il limite la volonté de la majorité.

  • Dans Du contrat social (1762), Rousseau décrit le passage de la liberté naturelle à la liberté civile comme la capacité, désormais limitée, de se donner ses propres lois.

  • Pour Rousseau, le pouvoir appartient à tous les citoyens et l’État est le peuple constitué en corps politique. - Contrat Social, 1762

Compléments

  • La hiérarchie des normes place la Constitution au-dessus des lois.

  • Les spécialistes des sociétés primitives sans État estiment qu’une vie sans État est possible à condition que les individus soient égaux sur le plan économique.

  • B. Retailleau affirme que l’État de droit n’est ni intangible ni sacré et que sa source est la démocratie et le peuple souverain (JDD, 28 septembre 2024).

  • Y. Braun-Pivet affirme que l’État de droit protège la démocratie et tous les citoyens du pays (France 2, 30).

  • Pour Rousseau, la loi exprime la volonté générale et constitue la règle sacrée, de sorte qu’il n’existe pas de tension entre démocratie et droit. - Contrat Social, 1762

Astuce mémo

La majorité veut décider ; l’État de droit limite le pouvoir politique.

5. L’État comme produit d’un conflit

Notions clés & Définitions

  • État : Max Weber - Groupe politique qui revendique avec succès le monopole de la contrainte physique légitime.

★ À maîtriser

  • La thèse sociologique, apparue au début du XXe siècle, considère l’État comme un fait issu d’un rapport de force entre gouvernants et gouvernés.

  • Léon Duguit définit l’État comme « la force des plus forts dominant la faiblesse des plus faibles » et le présente comme une étape du développement naturel de ce rapport de force.

Compléments

  • Pour Léon Duguit, les gouvernants ont le devoir d’être légitimes et d’assurer la solidarité.

  • Pour que l’État perdure, le pouvoir politique doit être légitime.

  • La légitimité du pouvoir peut être : charismatique, traditionnelle, fondée sur le droit, auquel cas elle est légale

6. L’évolution vers l’État moderne

Notions clés & Définitions

  • État moderne : Forme institutionnelle du pouvoir politique.

★ À maîtriser

  • L’État moderne émerge entre le XIIIe et le XVIIIe siècle.

  • L’évolution vers l’État moderne comprend la concentration du pouvoir, notamment entre les mains du roi.

  • La sécularisation du pouvoir distingue le pouvoir politique du pouvoir religieux.

  • L’article 20 TFUE prévoit que la citoyenneté de l’Union s’ajoute à la citoyenneté nationale et ne la remplace pas.

  • La citoyenneté de l’Union ouvre notamment les droits suivants : la liberté de circulation et de séjour, le droit à la non-discrimination, le droit de vote et d’éligibilité aux élections européennes et municipales dans le pays de résidence, le droit d’initiative citoyenne européenne

📌 La citoyenneté néocalédonienne exige la nationalité française et l’inscription sur la liste électorale établie pour le référendum du 8 novembre 1998, laquelle concerne les résidents depuis plus de 10 ans avant 1999 ou les personnes nées en Nouvelle-Calédonie après 1998 de parents inscrits sur cette liste spéciale.

Compléments

  • La dépersonnalisation du pouvoir sépare le roi en tant qu’individu du roi en tant qu’institution, ce qui assure la stabilité de l’État.

  • En 2026, le dégel du corps électoral pour les élections provinciales et du Congrès prévoit l’ajout des natifs majeurs de Nouvelle-Calédonie sans condition de résidence ni de date.

  • La citoyenneté néocalédonienne donne le droit de participer aux élections provinciales et un recrutement préférentiel dans certains emplois.

7. Unité étatique et pluralité des peuples

★ À maîtriser

  • L’article 2 de la Constitution espagnole affirme l’unité indissoluble de la nation espagnole tout en reconnaissant et garantissant le droit à l’autonomie des nationalités.

  • La loi de 1991 reconnaissant un « peuple corse, composante du peuple français » a été censurée au motif qu’il n’existe qu’un seul peuple français, composé de tous les citoyens sans distinction.

Compléments

  • L’article 1.2 de la Constitution espagnole dispose que la souveraineté nationale réside dans le peuple espagnol.

  • En Espagne, la revendication indépendantiste catalane met en tension l’unité de l’État-nation et l’autonomie des nations et des cultures régionales.

  • L’article 72-3, alinéa 1, de la Constitution française reconnaît, au sein du peuple français, les populations d’outre-mer et non des peuples distincts.

  • Le projet de révision constitutionnelle de 2025 sur l’autonomie de la Corse s’appuie sur sa communauté historique, linguistique et culturelle et sur son lien singulier à la terre.

  • Le Conseil d’État a émis des réserves sur le projet corse, estimant que la reconnaissance d’une communauté singulière pourrait justifier des différences entre citoyens incompatibles avec le principe d’égalité.

  • En 2004, le Conseil constitutionnel a jugé que l’article 1 de la Constitution ne permet pas de reconnaître des droits collectifs à des groupes définis par leur origine, leur langue ou leurs croyances.

  • La citoyenneté néocalédonienne associe la nationalité française à un corps électoral particulier, ce qui soulève une difficulté au regard de la conception unitaire du peuple français et du principe d’égalité.

Astuce mémo

L’Espagne reconnaît des nationalités autonomes ; la France affirme un peuple unique.

8. Territoire et frontières de l’État

Notions clés & Définitions

  • Territoire de l’État : Espace géographique qui situe l’État et délimite la sphère d’exercice de son pouvoir.

★ À maîtriser

  • Le territoire étatique comprend les terres, les eaux intérieures, la mer territoriale et la couche atmosphérique située au-dessus.

📌 La zone économique exclusive confère des droits à l’État, mais ne fait pas partie de son espace souverain.

Compléments

  • Les frontières d’un État peuvent être naturelles ou artificielles, continues ou discontinues.

  • L’espace maritime français couvre 11 millions de km², ce qui le place derrière celui des États-Unis.

  • L’Antarctique est soumis au traité sur l’Antarctique, qui gèle les revendications territoriales sans trancher la souveraineté, garantit la liberté de recherche scientifique et interdit l’installation de bases militaires.

  • La taille du territoire n’empêche pas la reconnaissance d’un micro-État comme État ni sa jouissance des droits attachés à ce statut.

  • Les îlots français de Matthew et Hunter, inhabités et reliés à la ZEE de la Nouvelle-Calédonie de 350 000 km², sont disputés entre la France et le Vanuatu.

  • Monaco est un exemple d’État dont le territoire est enclavé dans celui d’un autre État.

Astuce mémo

La ZEE donne des droits à l’État, mais ne relève pas de son espace souverain.

9. Territoire, puissance publique et souveraineté

Notions clés & Définitions

  • Puissance publique : Pouvoir politique et de contrainte physique légitime dont l’État a le monopole.
  • Souveraineté : La souveraineté est le caractère suprême du pouvoir reconnu à l’État ; Jean Bodin la définit comme la « puissance absolue et perpétuelle d’une République » et le « pouvoir de commander et de contraindre sans être commandé ni contraint ».
  • État de droit : Système dans lequel les structures et l’exercice du pouvoir sont encadrés par le droit, de sorte que la police peut notamment être jugée.

★ À maîtriser

  • Un territoire peut être perdu par : cession à un autre État, partage à la suite d’un référendum d’indépendance, sécession

📌 Selon l’article 53 de la Constitution française, aucune cession, aucun échange ni aucune adjonction de territoire n’est valable sans le consentement des populations intéressées.

📌 Le principe d’intégrité territoriale interdit de modifier les frontières d’un État sans son consentement et par la force.

Compléments

  • Le Kosovo a proclamé son indépendance en 2008 après la guerre en ex-Yougoslavie, et certains États ne le reconnaissent pas, ce qui limite sa capacité d’action internationale.

  • Un territoire peut être annexé par la force ou par accord, comme la Crimée par la Russie en 2014.

  • L’article 16 de la Constitution française permet au président d’exercer les pleins pouvoirs en cas de menace grave et immédiate contre l’intégrité du territoire.

  • L’article 1 de la Constitution française affirme que la République est indivisible, tandis que l’article 53 permet des modifications territoriales avec le consentement des populations concernées.

  • Le pouvoir étatique est dépersonnalisé et s’exerce par des organes agissant au nom de l’État, dotés de compétences normatives.

  • Le pouvoir de l’État est institutionnalisé et organisé, comprend les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, et peut s’imposer par le recours à la force publique.

  • Jean Bodin expose le concept de souveraineté dans Les six Livres de la République, publié en 1576. - J. Bodin

  • L’Alsace-Lorraine et l’Alaska cédé aux États-Unis en 1867 illustrent des pertes de territoire par cession.

10. Attributs de la souveraineté étatique

★ À maîtriser

  • Les attributs internes de la souveraineté permettent à l’État de déterminer son organisation politique par sa constitution et de fixer ses propres compétences, notamment régaliennes, législatives, exécutives et judiciaires.

  • Les attributs externes de la souveraineté comprennent le pouvoir diplomatique de conclure des traités et d’entretenir des relations avec d’autres États.

  • L’égalité souveraine signifie qu’en principe chaque État dispose d’une voix et est placé à égalité juridique, quels que soient ses ressources et son poids économique.

Compléments

  • L’État peut transférer certaines compétences vers d’autres lieux de pouvoir tout en en conservant la maîtrise grâce à sa souveraineté.

  • Un État peut être reconnu par les autres États et représenté dans des organisations internationales comme l’ONU ; la Palestine peut y assister avec un statut intermédiaire.

📌 Le principe de non-ingérence interdit à un État de dicter les décisions internes d’un autre État, mais le Conseil de sécurité peut intervenir militairement ou sanctionner un État au titre de la responsabilité de protéger une population soumise à des massacres.

📌 Les États s’engagent volontairement dans les obligations conventionnelles du droit international en signant des traités ; ceux qui ne signent pas ne sont pas contraints par les règles de ces traités.

Astuce mémo

À l’intérieur, l’État organise son pouvoir ; à l’extérieur, il agit face aux autres États.

11. Formes et unité de l’État

★ À maîtriser

📌 L’autolimitation correspond à la soumission de l’État au droit national qu’il pose ou au droit international auquel il participe volontairement, tandis que l’hétéro-limitation renvoie à un droit naturel antérieur et supérieur au droit étatique, notamment aux droits de l’homme.

  • La souveraineté de l’État s’exerce dans les limites du respect du droit national et du droit international auquel il a consenti, ce qui caractérise l’État de droit.

📌 L’État unitaire concentre le pouvoir politique en un seul niveau, tandis que l’État fédéral répartit ce pouvoir entre le niveau fédéral et les États fédérés.

  • L’État unitaire repose sur un seul centre de décision politique, un seul souverain et un seul législateur ; la France est une République une et indivisible selon l’article 1er de la Constitution.

Compléments

  • La puissance de l’État est concurrencée par des organisations internationales comme l’Union européenne et par des acteurs privés comme les FMN, les FMT et les GAFAM.

  • L’État unitaire est la forme la plus représentée en Europe et le modèle choisi par la France.

  • La forme d’un État peut évoluer de l’État unitaire vers l’État fédéral ; le passage inverse est présenté comme rare, avec la Belgique comme exemple de changement.

  • Dans l’État unitaire, le pouvoir normatif initial appartient à un seul législateur et la loi est la même sur l’ensemble du territoire, contrairement aux États fédéral et régional.

  • Les États subissent les évolutions qui affectent leur puissance, mais ils en sont aussi les acteurs.

Astuce mémo

État unitaire : un centre politique ; État fédéral : deux niveaux de pouvoir.

12. Organisation de l’État unitaire

Notions clés & Définitions

  • Déconcentration : La déconcentration est un mode d’organisation de l’État unitaire qui implante localement des autorités représentant l’État, auxquelles une partie du pouvoir de décision est déléguée.
  • Décentralisation : La décentralisation est un mode d’organisation de l’État unitaire qui transfère des compétences de l’État vers des collectivités territoriales distinctes et autonomes.
  • Concentration : La concentration signifie que toutes les compétences appartiennent à l’État et que les autorités centrales prennent toutes les décisions, les agents locaux n’ayant qu’un pouvoir d’exécution.

★ À maîtriser

  • Les collectivités territoriales disposent d’organes propres élus, de compétences transférées par la loi et d’un pouvoir réglementaire inférieur à la loi, sous contrôle de légalité assuré par le préfet en lien avec le juge administratif.

📌 Les DROM, régis par l’article 73 de la Constitution, comprennent la Martinique, la Guadeloupe, La Réunion, Mayotte et la Guyane, tandis que les COM relèvent de l’article 74.

📌 Les communes peuvent intervenir dans tout domaine présentant un intérêt local en vertu de la clause générale de compétence, sauf si la compétence relève de l’État ou d’une autre collectivité.

Compléments

  • Les préfets de région, les préfets de département, les recteurs d’académie et les directeurs des finances publiques sont des autorités déconcentrées ; les préfets de région dirigent les directions régionales et les préfets de département les directions départementales interministérielles.

  • Les services déconcentrés mettent en œuvre les politiques publiques nationales, appliquent ou font appliquer la réglementation et délivrent des prestations aux usagers.

  • Les autorités déconcentrées sont nommées et révoquées par le pouvoir central et soumises à l’autorité hiérarchique de l’État, à l’exception du maire qui est élu.

  • Les départements et les régions disposent de compétences précises et définies.

Astuce mémo

Déconcentration : l’État agit localement ; décentralisation : des compétences passent aux collectivités.

13. Évolution de la décentralisation française

Notions clés & Définitions

  • Principe de subsidiarité : Inscrit à l’article 72 de la Constitution, confie aux collectivités les décisions relatives aux compétences qui peuvent le mieux être mises en œuvre à leur échelon.

★ À maîtriser

📌 Les collectivités territoriales s’administrent librement par des conseils élus, et le préfet perd son rôle d’exécutif ainsi que la tutelle préalable, remplacée par un contrôle a posteriori.

📌 L’autonomie des collectivités reste encadrée par la loi, et leur pouvoir réglementaire local lui est inférieur.

Compléments

  • L’expérimentation permet de déroger temporairement à des règles applicables aux collectivités ou à la loi sur une partie du territoire, avec l’autorisation de l’État, un objet et une durée limités, sans remettre en cause les libertés et droits constitutionnels.

  • Le plafonnement expérimental des loyers a été prévu de 2018 à 2023 et devait être prolongé jusqu’en 2027.

  • La Nouvelle-Calédonie et la Polynésie disposent de lois de pays à valeur législative, de compétences et d’institutions propres, selon une logique quasi-fédérale.

  • Un projet de réforme concernant un statut d’autonomie de la Corse fondé sur l’article 72-5 de la Constitution a été adopté par l’Assemblée nationale en juin 2026.

📌 Le pouvoir normatif envisagé pour la Corse reste encadré par la loi et ne peut s’exercer dans les domaines régaliens, mais permettrait d’établir des règles de nature législative dans ses domaines de compétence.

Astuce mémo

Transfert de compétences → autonomie locale encadrée par la loi

14. L’État régional

Notions clés & Définitions

  • État fédéral : Composé de deux niveaux d’institutions politiques et d’ordres juridiques.
  • État régional : État unitaire où la décentralisation est très poussée et où l’autonomie des régions est renforcée.

★ À maîtriser

  • La Constitution fédérale répartit les compétences exclusives et partagées, et la Cour constitutionnelle arbitre les conflits de compétences.

  • L’État fédéral repose sur l’autonomie des États fédérés, la primauté du droit fédéral et la participation des États fédérés aux institutions fédérales.

  • L’État régional se caractérise par des compétences élargies reconnues à un niveau supérieur à la loi, un pouvoir normatif autonome pouvant être législatif, des institutions propres et une capacité d’auto-organisation.

Compléments

📌 Un État fédéral peut être créé par intégration d’États auparavant indépendants, comme les États-Unis, ou par dissociation, comme la Belgique.

  • Les illustrations de l’État régional sont : l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni avec la dévolution au Pays de Galles, l’Irlande du Nord et l’Écosse, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie françaises

📌 L’État régional se distingue de l’État unitaire par son pouvoir normatif autonome, ses institutions politiques propres et l’autonomie renforcée des régions.

📌 L’État régional se distingue de l’État fédéral par l’existence d’une seule Constitution au niveau central et l’absence de participation des régions au pouvoir central.

Astuce mémo

État régional : autonomie régionale sans participation des régions au pouvoir central

15. Confédération et Union européenne

Notions clés & Définitions

  • Confédération d’États : Union politique d’États souverains associés qui ne crée pas un nouvel État.
  • Fédération d’États-nations : Pratique de souveraineté partagée entre l’Union européenne et les États membres, fondée sur la double légitimité des États et des peuples.
  • Fédéralisme : Processus d’agrégation d’unités politiques sans fusion de ces unités dans la nouvelle unité créée.

★ À maîtriser

📌 L’Union européenne combine des caractéristiques confédérales et fédérales sans correspondre entièrement à l’un ou l’autre modèle.

Compléments

  • Une confédération peut constituer une étape vers la création d’un État fédéral.

  • Les États-Unis avant 1787, la Suisse avant 1848 et l’Allemagne avant 1866 sont des confédérations historiques qui ont évolué vers un État fédéral.

  • Il n’existe aujourd’hui plus véritablement de confédération, mais la plupart des organisations intergouvernementales présentent des similitudes avec ce modèle, comme le Commonwealth.

  • Les caractéristiques confédérales de l’Union européenne sont : sa fondation sur des traités ratifiés par les États, ses organes interétatiques, le droit de retrait des États, le transfert de certaines compétences par les États

  • Les caractéristiques fédérales de l’Union européenne sont : la primauté et l’applicabilité directe de son droit, des organes intégrés avec une règle de majorité, le partage de certaines compétences avec les États membres

  • Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne de 1985 à 1995, évoque le 09/09/1985 la possibilité que l’Europe devienne un « OPNI », un « objet politique non identifié ».

16. Élections et partis politiques

Notions clés & Définitions

  • Parti politique : Organisation rassemblant des citoyens qui partagent un projet politique commun et cherchent à conquérir le pouvoir.

★ À maîtriser

  • Dans la théorie de la souveraineté populaire, chaque citoyen détient une parcelle de la souveraineté, qui appartient au peuple entier.

📌 La souveraineté populaire exclut la représentation de la volonté générale : seul le peuple entier peut exercer lui-même la souveraineté. - Rousseau, Du contrat Social, 1762

  • Dans la théorie de la souveraineté nationale, la souveraineté appartient à la Nation, conçue comme un être abstrait qui ne peut vouloir que par l’intermédiaire de représentants.

  • La souveraineté nationale conduit à un régime représentatif où les représentants élus exercent librement le pouvoir pour la Nation sous un mandat représentatif non impératif. - Sièyes

  • L’article 3 de la Constitution de 1958 dispose que la souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum, établissant un système mixte de démocratie semi-directe.

  • L’article 3 de la Constitution de 1958 prévoit que sont électeurs les Français majeurs des deux sexes jouissant de leurs droits civils et politiques, et que le suffrage est universel, égal et secret.

Compléments

  • La souveraineté populaire implique : la démocratie directe, le suffrage universel et l’électorat-droit, le recours obligatoire au référendum, des délégués soumis à un mandat impératif révocable

📌 Le suffrage universel est ouvert à tous les citoyens, le suffrage égal applique le principe « un homme, une voix », et le suffrage secret garantit la liberté de vote.

  • Les candidatures sont encadrées par :

    • les conditions d’éligibilité
    • la parité
    • le contrôle des candidatures
  • Les partis politiques : servent d’intermédiaires entre citoyens et élus, élaborent des programmes, participent aux débats, mobilisent les électeurs, sélectionnent les candidats

📌 Selon l’article 4 de la Constitution de 1958, les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage universel, se forment et exercent librement leur activité, et doivent respecter les principes de souveraineté nationale et de démocratie.

📌 En France, les associations ou groupements de fait, y compris les partis politiques, peuvent être dissous par décret en conseil des ministres pour des motifs tels que la provocation à des manifestations armées, à des agissements violents ou à des actes de terrorisme, l’atteinte à l’intégrité du territoire ou à la République, ou la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence.

17. Mandats et modes de scrutin

★ À maîtriser

📌 L’irresponsabilité protège les opinions et votes émis dans l’exercice du mandat contre les poursuites, tandis que l’inviolabilité s’oppose à certaines arrestations et poursuites, notamment pénales, pendant le mandat.

  • Les modes de scrutin se distinguent selon qu’ils sont :
    • directs ou indirects
    • uninominaux ou plurinominaux
    • majoritaires ou proportionnels

Compléments

  • La durée des mandats est limitée et fixée par les textes afin d’assurer la régularité des élections, le renouvellement et la responsabilité des élus.

📌 Le cumul des mandats peut s’apprécier dans le temps, selon qu’un mandat est renouvelable, ou dans l’espace, selon que plusieurs mandats peuvent être exercés simultanément.

📌 En France, un parlementaire ne peut cumuler son mandat avec un mandat exécutif local ni avec une fonction gouvernementale, mais peut être simple conseiller local sous réserve de ne pas exercer plus d’un mandat local.

  • Les scrutins mixtes combinent proportionnelle et scrutin majoritaire pour associer représentativité et stabilité, tandis que des seuils de représentativité peuvent limiter la fragmentation des partis.

  • Aux élections régionales et municipales en France, le scrutin proportionnel à deux tours accorde une prime majoritaire de 25 % aux régionales et de 50 % aux municipales à la liste arrivée en tête.

  • En France, le vote n’est pas obligatoire ; le vote blanc est décompté à part, mais n’est pas comptabilisé dans les suffrages exprimés, tout comme le vote nul.

Astuce mémo

Mandat impératif : consignes ; mandat représentatif : liberté de vouloir.

18. Participation directe des citoyens

Notions clés & Définitions

  • Référendum : Procédure de vote permettant aux citoyens de se prononcer directement sur une question ou un texte donné.

★ À maîtriser

  • Les mécanismes de participation directe comprennent :
    • les mécanismes d’initiative citoyenne
    • la délibération de citoyens tirés au sort
    • l’interpellation par le droit de pétition

Compléments

  • Le référendum peut être caractérisé selon son objet et son initiative, et son organisation dépend notamment du domaine concerné, d’un seuil de participation et de limites.

  • Le référendum peut servir à l’arbitrage, à la légitimation ou à la mise en jeu de la responsabilité, mais comporte des risques de dérive, de détournement et de polarisation du débat.

  • Les citoyens tirés au sort interviennent sur des sujets d’intérêt public en amont des décisions prises par les représentants.

  • Le droit de pétition, ancien depuis la Révolution, peut s’exercer auprès d’autorités locales, nationales ou européennes selon des conditions de seuil et d’objet, et sa portée varie.

Tableaux de synthèse

Déconcentration et décentralisation

DimensionDéconcentrationDécentralisation
BénéficiaireAutorités locales représentant l’ÉtatCollectivités territoriales distinctes de l’État
CompétencesExercées au nom de l’ÉtatTransférées par l’État
Pouvoir localDélégation de décision dans la hiérarchie étatiquePouvoir de décision réglementaire inférieur à la loi

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1. Quelle fonction remplit le droit constitutionnel dans l’organisation de l’État et l’exercice du pouvoir ?

2. Un litige oppose une association privée à une mairie au sujet d’une décision prise par celle-ci : quel domaine juridique est concerné par la présence de la mairie ?

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À quelle condition le droit public concerne-t-il des personnes privées ?

Lorsqu’au moins une personne publique est en cause.

Quels intérêts le droit privé poursuit-il ?

Des intérêts particuliers.

Quelles sont les fonctions du droit constitutionnel à l’égard du pouvoir ?

Il organise et légitime le pouvoir, puis en limite l’exercice.

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