QCM : Droit constitutionnel fondamental — 38 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle est la fonction juridique fondamentale d’une Constitution dans un État ?

Elle organise les pouvoirs publics et s’impose aux lois ordinaires
Elle définit les programmes politiques des partis représentés au Parlement
Elle énonce les décisions administratives prises par le gouvernement
Elle rassemble les règles coutumières appliquées par les tribunaux

Elle organise les pouvoirs publics et s’impose aux lois ordinaires

Explication

La Constitution est la norme juridique suprême : elle organise les pouvoirs publics, encadre leurs rapports avec les citoyens et domine les lois ordinaires. La distinguer d’un programme politique évite de la réduire aux orientations d’un gouvernement ou d’un parti.

2. À quelle date la France a-t-elle adopté sa première Constitution écrite ?

Le 3 septembre 1791
Le 24 juin 1793
Le 21 septembre 1792
Le 14 juillet 1789

Le 3 septembre 1791

Explication

La première Constitution écrite française a été adoptée le 3 septembre 1791. La Constitution jacobine de l’An I appartient à une étape ultérieure, en 1793.

3. Pourquoi une Constitution cherche-t-elle à limiter le pouvoir des gouvernants ?

Pour prévenir l’absolutisme et les abus de pouvoir
Pour concentrer les décisions publiques entre les mains du souverain
Pour remplacer les élections par des règles administratives stables
Pour accorder aux gouvernants une compétence juridique plus étendue

Pour prévenir l’absolutisme et les abus de pouvoir

Explication

La limitation constitutionnelle du pouvoir vise à empêcher l’absolutisme et les abus de pouvoir. Elle ne cherche donc pas à renforcer sans contrôle la compétence des gouvernants.

4. Quel changement les traités de Westphalie de 1648 illustrent-ils dans l’organisation politique de l’Europe ?

Le transfert de la souveraineté politique aux assemblées représentatives
L’affirmation du souverain comme autorité religieuse sur son territoire
La disparition des frontières entre les principautés européennes
La soumission des souverains à une autorité religieuse commune

L’affirmation du souverain comme autorité religieuse sur son territoire

Explication

Les traités de Westphalie, qui mettent fin à la guerre de Trente Ans, marquent l’affirmation du souverain comme autorité fixant la religion applicable sur son territoire. Ils ne consacrent pas encore un pouvoir des assemblées représentatives.

5. Comment Jean Bodin définit-il la souveraineté dans Les Six Livres de la République, publiés en 1576 ?

Comme une puissance perpétuelle et absolue de faire et de dire le droit
Comme une capacité militaire limitée par les décisions des gouvernants voisins
Comme une délégation temporaire du pouvoir accordée à un dirigeant élu
Comme une compétence administrative partagée entre plusieurs autorités territoriales

Comme une puissance perpétuelle et absolue de faire et de dire le droit

Explication

Pour Jean Bodin, la souveraineté est une puissance perpétuelle et absolue de faire et de dire le droit. Cette définition désigne une puissance attachée à l’État, et non un pouvoir personnel et temporaire exercé par un dirigeant.

6. Quelle caractéristique distingue l’État moderne de la personne du souverain ?

Il dépend juridiquement de la personne du souverain pour conserver son autorité
Il exerce son pouvoir par des autorités dépourvues de personnalité juridique propre
Il partage la contrainte légitime avec les groupes privés établis sur son territoire
Il constitue une personne morale qui détient la contrainte légitime sur son territoire

Il constitue une personne morale qui détient la contrainte légitime sur son territoire

Explication

L’État moderne est une personne morale distincte du souverain et détient le monopole de la contrainte légitime sur son territoire. Le pouvoir étatique ne se confond donc pas avec la personne physique qui gouverne.

7. Que se produit-il en 1789 concernant le titulaire de la souveraineté ?

Elle est transférée aux autorités religieuses, tandis que l’État perd sa personnalité
Elle disparaît avec la monarchie, tandis que les pouvoirs locaux deviennent souverains
Elle passe du peuple au Roi, tandis que les institutions représentatives sont supprimées
Elle passe du Roi au peuple ou à la Nation, tandis que son concept est conservé

Elle passe du Roi au peuple ou à la Nation, tandis que son concept est conservé

Explication

En 1789, la souveraineté est transférée du Roi au peuple ou à la Nation, mais l’idée abstraite de souveraineté demeure. La Révolution modifie donc son titulaire plutôt que de supprimer le concept.

8. Quelle distinction oppose le mieux la souveraineté nationale à la souveraineté populaire ?

La souveraineté nationale repose sur des représentants, tandis que la souveraineté populaire appartient aux citoyens réels
La souveraineté nationale dépend d’un monarque, tandis que la souveraineté populaire dépend d’une nation abstraite
La souveraineté nationale appartient aux citoyens réunis, tandis que la souveraineté populaire s’exerce par des députés
La souveraineté nationale exclut toute élection, tandis que la souveraineté populaire établit des organes représentatifs

La souveraineté nationale repose sur des représentants, tandis que la souveraineté populaire appartient aux citoyens réels

Explication

La souveraineté nationale attribue le pouvoir à la Nation, personne morale abstraite représentée par des organes élus, alors que la souveraineté populaire l’attribue à la somme réelle des citoyens. La confusion principale consiste à inverser le rôle de la représentation dans ces deux théories.

9. Pourquoi la souveraineté nationale doit-elle s’exprimer par des représentants selon Sieyès ?

Parce que les citoyens réels doivent exprimer leurs volontés sans intermédiaire
Parce que les députés exercent un pouvoir personnel indépendant de la Nation
Parce que la Nation est une personne abstraite qui ne peut agir directement
Parce que la Nation ne possède aucune compétence dans l’organisation politique

Parce que la Nation est une personne abstraite qui ne peut agir directement

Explication

Dans la théorie de Sieyès, la Nation est une personne abstraite : elle s’exprime donc par des représentants, notamment les députés appelés « bouches de la Nation ». L’expression directe des volontés des citoyens correspond plutôt à la souveraineté populaire.

10. Que signifie la souveraineté populaire dans la théorie associée à Rousseau ?

Le pouvoir appartient à la somme réelle des citoyens, qui expriment leurs volontés de manière égalitaire
Le pouvoir appartient à des représentants qualifiés, qui interprètent la volonté collective à la place des citoyens
Le pouvoir appartient à une Nation abstraite, qui agit par l’intermédiaire de députés élus
Le pouvoir appartient à un souverain héréditaire, qui garantit l’unité de la communauté politique

Le pouvoir appartient à la somme réelle des citoyens, qui expriment leurs volontés de manière égalitaire

Explication

La souveraineté populaire attribue le pouvoir à la somme réelle des citoyens, lesquels doivent exprimer leurs volontés de manière égalitaire. Le recours nécessaire à une Nation abstraite représentée par des députés relève de la souveraineté nationale.

11. Que désigne le contrat social dans la pensée politique moderne ?

L’acceptation de contraintes communes en échange d’un avantage collectif
La conservation intacte des libertés individuelles dans toute association
La soumission des citoyens à une tradition religieuse commune
La suppression des règles privées au profit d’une autonomie complète

L’acceptation de contraintes communes en échange d’un avantage collectif

Explication

Le contrat social repose sur l’acceptation de contraintes communes afin d’obtenir un avantage collectif supérieur à la liberté abandonnée. L’idée d’une conservation intacte de toutes les libertés contredit précisément cette concession nécessaire.

12. Pour quelle raison principale les individus concluent-ils le pacte social chez Hobbes ?

Pour organiser une démocratie directe fondée sur le référendum
Pour préserver leurs droits individuels contre toute autorité publique
Pour assurer la représentation des classes dans deux assemblées
Pour garantir leur sécurité face aux dangers de l’état de nature

Pour garantir leur sécurité face aux dangers de l’état de nature

Explication

Chez Hobbes, les individus quittent un état de nature dangereux et confient une autorité absolue à l’État afin d’obtenir la sécurité. La protection des droits individuels contre l’État correspond davantage à la pensée de Locke.

13. Quelle limite les individus imposent-ils au pouvoir de l’État selon Locke ?

Ils lui accordent une autorité absolue afin de rendre l’obéissance durable
Ils ne lui abandonnent que la part d’indépendance nécessaire à la vie sociale
Ils lui transfèrent l’ensemble de leurs libertés pour éviter les conflits civils
Ils remplacent leurs droits naturels par des privilèges accordés par le gouvernement

Ils ne lui abandonnent que la part d’indépendance nécessaire à la vie sociale

Explication

Locke considère que les individus ne concèdent à l’État que la portion d’indépendance nécessaire à la vie en société, tandis que leurs droits restent opposables au pouvoir. L’autorité absolue et l’abandon complet des libertés caractérisent plutôt Hobbes.

14. Quelle opposition distingue le mieux les conceptions du contrat social chez Hobbes et Locke ?

Hobbes défend les droits opposables à l’État, Locke une autorité publique sans limites
Hobbes soutient deux chambres sociales, Locke une séparation rigide des pouvoirs
Hobbes réclame une démocratie directe, Locke une souveraineté exercée par référendum
Hobbes privilégie la sécurité par l’aliénation des libertés, Locke la sécurité avec des droits conservés

Hobbes privilégie la sécurité par l’aliénation des libertés, Locke la sécurité avec des droits conservés

Explication

Hobbes associe la sécurité à une aliénation complète des libertés, alors que Locke estime possible de conserver des droits individuels face à l’État. La protection des droits par Hobbes inverse la distinction fondamentale entre les deux penseurs.

15. Comment Rousseau caractérise-t-il l’être humain à l’état naturel et l’évolution qui le dégrade ?

L’homme naturel est bon, mais la perfectibilité fait naître progressivement l’esprit de lucre
L’homme naturel est déjà corrompu, puis la propriété restaure progressivement son autonomie
L’homme naturel recherche spontanément le profit, puis la démocratie supprime cette inclination
L’homme naturel est constamment dangereux, puis l’État transforme cette violence en vertu

L’homme naturel est bon, mais la perfectibilité fait naître progressivement l’esprit de lucre

Explication

Rousseau présente l’homme naturel comme bon et explique que la perfectibilité a progressivement détruit cet état en faisant apparaître l’esprit de lucre. L’idée d’un danger permanent à l’état de nature renvoie plutôt à Hobbes.

16. Dans quel ordre Rousseau décrit-il les étapes de dégradation de la société ?

Riches et pauvres, gouvernants et gouvernés, puis maîtres et esclaves
Riches et pauvres, maîtres et esclaves, puis gouvernants et gouvernés
Maîtres et esclaves, riches et pauvres, puis gouvernants et gouvernés
Gouvernants et gouvernés, riches et pauvres, puis maîtres et esclaves

Riches et pauvres, gouvernants et gouvernés, puis maîtres et esclaves

Explication

Rousseau décrit une progression allant de la distinction entre riches et pauvres à celle entre gouvernants et gouvernés, puis à celle entre maîtres et esclaves. Les autres séquences modifient cet enchaînement essentiel.

17. Quel dispositif politique correspond à l’expression égalitaire des volontés individuelles chez Rousseau ?

Le gouvernement confié à une aristocratie héréditaire
La souveraineté nationale exercée par des représentants élus
La démocratie directe, notamment par le recours au référendum
La décision publique réservée aux corps intermédiaires

La démocratie directe, notamment par le recours au référendum

Explication

Rousseau rattache l’expression égalitaire des volontés individuelles à la démocratie directe et au référendum pour les décisions collectives. La souveraineté exercée nécessairement par des représentants relève d’une conception différente de la démocratie.

18. Quel est l’objectif central de la séparation des pouvoirs selon Montesquieu ?

Empêcher les abus grâce à des pouvoirs capables de se contrôler mutuellement
Isoler complètement les organes afin qu’aucune institution ne participe à plusieurs fonctions
Concentrer l’autorité politique dans un exécutif chargé de préserver l’ordre public
Confier toutes les fonctions publiques à une institution considérée comme plus efficace

Empêcher les abus grâce à des pouvoirs capables de se contrôler mutuellement

Explication

La séparation des pouvoirs vise à empêcher les abus en permettant aux pouvoirs de s’arrêter réciproquement. Elle ne suppose pas nécessairement un isolement complet des organes, puisque Montesquieu observe aussi des interactions entre fonctions.

19. Quelle caractéristique Montesquieu relève-t-il dans le système britannique ?

Le gouvernement concentre la législation et l’exécution, tandis que le Parlement exerce un contrôle consultatif
Les organes sont séparés de façon rigide, sans participation réciproque aux fonctions publiques
Le Parlement légifère et participe au gouvernement, tandis que le gouvernement exécute et contribue aux lois
Le Parlement se limite au vote des lois, tandis que le gouvernement ne participe pas à leur élaboration

Le Parlement légifère et participe au gouvernement, tandis que le gouvernement exécute et contribue aux lois

Explication

Montesquieu observe un cumul fonctionnel dans le système britannique : le Parlement légifère et participe au gouvernement, tandis que le gouvernement exécute et contribue à l’élaboration des lois. Cette observation s’oppose à l’idée d’une séparation rigide et sans interactions.

20. Quelle caractéristique définit principalement un régime parlementaire ?

Une séparation stricte des pouvoirs et un exécutif dirigé par un président
Une indépendance complète des pouvoirs sans mécanisme de dissolution
Une responsabilité politique du chef de l’État devant le Parlement
Une collaboration entre les pouvoirs et une responsabilité du gouvernement devant le Parlement

Une collaboration entre les pouvoirs et une responsabilité du gouvernement devant le Parlement

Explication

Le régime parlementaire repose sur une séparation souple, la collaboration des pouvoirs, la responsabilité politique du gouvernement et le droit de dissolution. La séparation stricte et l’absence de responsabilité politique relèvent plutôt du régime présidentiel.

21. Dans un régime parlementaire, quelle relation exprime correctement la répartition de la responsabilité politique ?

Le chef de l’État et le gouvernement répondent ensemble devant le Parlement
Le gouvernement est irresponsable politiquement, tandis que le chef de l’État répond devant le Parlement
Le chef de l’État est irresponsable politiquement, tandis que le gouvernement répond devant le Parlement
Ni le chef de l’État ni le gouvernement ne répondent politiquement devant le Parlement

Le chef de l’État est irresponsable politiquement, tandis que le gouvernement répond devant le Parlement

Explication

L’irresponsabilité politique du chef de l’État a pour contrepartie la responsabilité politique du gouvernement devant le Parlement. Le gouvernement ne bénéficie donc pas de la même protection politique que le chef de l’État.

22. Quel ensemble de caractéristiques correspond au régime présidentiel ?

Un exécutif bicéphale, une collaboration institutionnelle et une responsabilité ministérielle devant le Parlement
Une séparation souple, un gouvernement responsable et un droit de dissolution exercé par l’exécutif
Une responsabilité politique réciproque, un droit de dissolution et une direction gouvernementale collégiale
Une séparation stricte, un exécutif monocéphale et l’absence de responsabilité politique du président devant le Parlement

Une séparation stricte, un exécutif monocéphale et l’absence de responsabilité politique du président devant le Parlement

Explication

Le régime présidentiel associe une séparation stricte des pouvoirs, un exécutif dirigé par un président et l’absence de responsabilité politique de celui-ci devant le Parlement. La responsabilité gouvernementale et le droit de dissolution sont caractéristiques du parlementarisme.

23. Quelle différence oppose le plus directement les régimes parlementaire et présidentiel ?

Le premier supprime la responsabilité ministérielle, tandis que le second impose la dissolution parlementaire
Le premier permet une action réciproque des pouvoirs, tandis que le second privilégie leur indépendance institutionnelle
Le premier repose sur un président irresponsable, tandis que le second exige un gouvernement renversable
Le premier donne tout le pouvoir à l’exécutif, tandis que le second le confie principalement au Parlement

Le premier permet une action réciproque des pouvoirs, tandis que le second privilégie leur indépendance institutionnelle

Explication

Le régime parlementaire organise une collaboration accompagnée de moyens d’action réciproques, alors que le régime présidentiel sépare davantage les pouvoirs. L’absence de dissolution et de responsabilité politique réciproque caractérise ce dernier.

24. Pourquoi la Charte de 1814 ne crée-t-elle pas initialement un régime parlementaire ?

Parce qu’elle établit immédiatement la responsabilité politique des ministres devant les chambres
Parce qu’elle concentre le pouvoir autour du Roi et limite la responsabilité des ministres au domaine pénal
Parce qu’elle supprime la monarchie représentative au profit d’un régime républicain
Parce qu’elle fonde le régime sur un pacte entre la Nation et le Roi des Français

Parce qu’elle concentre le pouvoir autour du Roi et limite la responsabilité des ministres au domaine pénal

Explication

La Charte de 1814 concentre l’essentiel du pouvoir entre les mains du Roi et ne prévoit d’abord qu’une responsabilité pénale des ministres. Le parlementarisme émergera progressivement de la pratique politique, plutôt que du texte initial.

25. Quelle transformation la Charte du 14 août 1830 apporte-t-elle au régime monarchique français ?

Elle rétablit une monarchie octroyée dans laquelle le Roi conserve la prééminence constitutionnelle
Elle met en place une république reposant sur la souveraineté populaire et l’élection du président
Elle renforce la responsabilité pénale des ministres sans modifier le fondement de la monarchie
Elle instaure une monarchie orléaniste fondée sur un pacte entre la Nation et le Roi des Français

Elle instaure une monarchie orléaniste fondée sur un pacte entre la Nation et le Roi des Français

Explication

La Charte de 1830 transforme la monarchie en régime orléaniste, fondé sur un pacte entre la Nation et le Roi des Français, ainsi que sur la double responsabilité du gouvernement. Elle se distingue ainsi de la Charte octroyée de 1814.

26. Quel effet politique produit le coup d’État du 2 décembre 1851 ?

La responsabilité politique du gouvernement est reconnue et stabilise la monarchie constitutionnelle
La Charte de 1830 est adoptée et fonde une monarchie pactisée entre le Roi et la Nation
La réforme du suffrage présidentiel inaugure la Ve République et renforce le parlementarisme
La dissolution illégale de l’Assemblée met fin à la Seconde République et prépare le Second Empire

La dissolution illégale de l’Assemblée met fin à la Seconde République et prépare le Second Empire

Explication

Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte dissout illégalement l’Assemblée, ce qui met fin à la Seconde République et prépare l’avènement du Second Empire. Les autres événements appartiennent à d’autres périodes de l’histoire constitutionnelle française.

27. Quelle conséquence institutionnelle résulte de la réforme constitutionnelle de 1962 ?

Le Parlement élit indirectement le Président, ce qui renforce le caractère parlementaire du régime
Le Président est désigné par les assemblées, tandis que le Gouvernement devient politiquement indépendant
Le Premier ministre est élu directement par les citoyens, ce qui supprime le rôle présidentiel
Le Président de la République est élu au suffrage universel direct, pour la première fois en 1965

Le Président de la République est élu au suffrage universel direct, pour la première fois en 1965

Explication

La réforme de 1962 instaure l’élection présidentielle au suffrage universel direct, appliquée pour la première fois en 1965, et renforce la dimension présidentialiste de la Ve République. Elle ne transfère pas l’élection du chef de l’État au Parlement.

28. Quelle distinction décrit correctement les pouvoirs constituant originaire et dérivé ?

Le pouvoir originaire appartient aux organes constitués, tandis que le pouvoir dérivé échappe aux procédures constitutionnelles
Le pouvoir originaire applique une Constitution existante, tandis que le pouvoir dérivé crée un nouvel ordre sans règles antérieures
Le pouvoir originaire modifie les lois ordinaires, tandis que le pouvoir dérivé organise les juridictions constitutionnelles
Le pouvoir originaire crée un ordre constitutionnel sans Constitution préalable, tandis que le pouvoir dérivé révise une Constitution existante

Le pouvoir originaire crée un ordre constitutionnel sans Constitution préalable, tandis que le pouvoir dérivé révise une Constitution existante

Explication

Le pouvoir constituant originaire établit un ordre constitutionnel en l’absence de Constitution, alors que le pouvoir dérivé modifie une Constitution existante selon ses procédures. Le pouvoir dérivé est donc juridiquement encadré, contrairement au pouvoir originaire.

29. Que désigne la notion de pouvoirs constitués ?

Les institutions politiques pouvant exercer toute compétence nécessaire même sans habilitation constitutionnelle
Les juridictions chargées de modifier la Constitution selon une procédure distincte des révisions prévues
L’autorité qui établit une Constitution nouvelle sans être liée par un ordre constitutionnel antérieur
Les organes législatif, exécutif et judiciaire créés par la Constitution et limités aux compétences qu’elle attribue

Les organes législatif, exécutif et judiciaire créés par la Constitution et limités aux compétences qu’elle attribue

Explication

Les pouvoirs constitués sont les organes législatif, exécutif et judiciaire institués et encadrés par la Constitution. Ils doivent agir dans les limites des compétences que celle-ci leur attribue, contrairement au pouvoir constituant.

30. Dans la hiérarchie des normes présentée, quel ordre de supériorité est correct ?

Constitution, traités internationaux, lois, règlements
Traités internationaux, Constitution, règlements, lois
Règlements, lois, traités internationaux, Constitution
Lois, Constitution, traités internationaux, règlements

Constitution, traités internationaux, lois, règlements

Explication

La hiérarchie indiquée place la Constitution au-dessus des traités, puis les traités au-dessus des lois et les lois au-dessus des règlements. Cette présentation correspond à la formule de Hans Kelsen retenue ici.

31. Que vérifie le contrôle de constitutionnalité d’une loi ?

Sa conformité aux engagements diplomatiques de l’État
Sa conformité aux règles constitutionnelles en vigueur
Sa conformité aux usages politiques du Parlement
Sa conformité aux décisions des juridictions ordinaires

Sa conformité aux règles constitutionnelles en vigueur

Explication

Le contrôle de constitutionnalité consiste à vérifier qu’une loi respecte la Constitution et à la censurer lorsqu’elle lui est contraire. Les engagements internationaux et les usages politiques relèvent d’autres contrôles ou appréciations juridiques.

32. Quelle portée la décision du 16 juillet 1971 a-t-elle eue dans l’ordre juridique français ?

Elle a reconnu aux conventions internationales une valeur supérieure à la Constitution
Elle a soumis les révisions constitutionnelles au contrôle du Conseil constitutionnel
Elle a supprimé le contrôle des lois avant leur promulgation
Elle a intégré le Préambule de 1958 au sommet de la hiérarchie des normes

Elle a intégré le Préambule de 1958 au sommet de la hiérarchie des normes

Explication

Le 16 juillet 1971, le Conseil constitutionnel a intégré le Préambule de 1958, notamment la DDHC de 1789, au sommet de la hiérarchie des normes. Cette décision n’a pas supprimé le contrôle des lois ni placé les conventions internationales au-dessus de la Constitution.

33. Pour quelle raison le Conseil constitutionnel a-t-il censuré, le 18 novembre 1982, la règle imposant au moins 25 % de femmes sur les listes municipales ?

Au nom de l’universalité du corps électoral
Au nom de la primauté des conventions internationales
Au nom de la liberté contractuelle des candidats
Au nom de la séparation entre les pouvoirs publics

Au nom de l’universalité du corps électoral

Explication

La censure de 1982 reposait sur l’universalité du corps électoral, qui excluait alors les quotas électoraux fondés sur le sexe. Cette décision ne concernait ni la liberté contractuelle ni la primauté des conventions internationales.

34. Quel critère définit principalement la Constitution matérielle ?

Le contenu des règles relatives aux pouvoirs et aux libertés
Leur inscription dans un document adopté par référendum
Leur adoption par une assemblée constituante élue
La procédure spéciale prévue pour modifier ces règles

Le contenu des règles relatives aux pouvoirs et aux libertés

Explication

La Constitution matérielle désigne le contenu des règles concernant l’organisation des pouvoirs publics, l’investiture des gouvernants et les libertés fondamentales. Elle peut comprendre des règles écrites ou coutumières, indépendamment de leur support formel.

35. Quelle caractéristique correspond à une Constitution formelle ?

Elle est réunie dans un document spécial soumis à une procédure distincte
Elle décrit les libertés publiques sans conditionner leur support juridique
Elle rassemble toutes les pratiques politiques reconnues par la coutume
Elle peut être modifiée selon les mêmes formes qu’une loi ordinaire

Elle est réunie dans un document spécial soumis à une procédure distincte

Explication

La Constitution formelle regroupe des règles contenues dans un document spécial, élaboré et révisé selon une procédure distincte de la procédure législative ordinaire. La référence au contenu des libertés relève plutôt de la Constitution matérielle.

36. Comment une Constitution souple peut-elle être révisée ?

Selon une décision juridictionnelle prise après la promulgation
Selon une procédure solennelle impliquant plusieurs législatures
Selon les mêmes formes et procédures qu’une loi ordinaire
Selon un référendum obligatoire organisé à chaque modification

Selon les mêmes formes et procédures qu’une loi ordinaire

Explication

Une Constitution souple se révise selon les mêmes formes et procédures qu’une loi ordinaire, ce qui facilite son adaptation. La procédure lourde et distincte de la procédure législative caractérise plutôt une Constitution rigide.

37. Quelle condition caractérise une Constitution rigide ?

Elle peut être adaptée par un vote législatif ordinaire
Elle est révisée par une juridiction sans intervention du pouvoir constituant
Elle repose principalement sur des conventions politiques non écrites
Elle ne peut être modifiée que par une procédure spéciale et solennelle

Elle ne peut être modifiée que par une procédure spéciale et solennelle

Explication

Une Constitution rigide exige une procédure lourde et solennelle, distincte de celle qui s’applique aux lois ordinaires. Une modification par un vote législatif ordinaire correspondrait au modèle d’une Constitution souple.

38. Pourquoi l’existence d’un organe juridictionnel est-elle décisive pour l’efficacité d’une Constitution rigide ?

Il peut écarter les lois ordinaires qui violent la Constitution
Il peut rédiger les lois ordinaires à la place du Parlement
Il peut remplacer le pouvoir constituant lors des élections nationales
Il peut modifier directement les règles constitutionnelles existantes

Il peut écarter les lois ordinaires qui violent la Constitution

Explication

La rigidité ne garantit une supériorité effective que si un organe juridictionnel peut annuler ou paralyser les lois ordinaires contraires à la Constitution. Cet organe ne se substitue pas au Parlement pour rédiger les lois et ne remplace pas le pouvoir constituant.

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Qu'est-ce que la Constitution organise selon sa définition ?

Les pouvoirs publics.

Qu'imposent les rapports fixés par la Constitution ?

Ils s'imposent à toutes les lois.

Quelle date marque l'adoption de la première Constitution écrite en France ?

Le 3 septembre 1791.

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