QCM : Droit de la libre circulation en UE — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel énoncé décrit le mieux le droit du marché intérieur de l’Union européenne ?

Il relève du droit institutionnel et fixe la composition des institutions européennes
Il relève du droit matériel et organise les règles substantielles des libertés de circulation
Il concerne uniquement la procédure contentieuse devant les juridictions nationales
Il s’applique seulement aux relations entre les États membres et non aux opérateurs économiques

Il relève du droit matériel et organise les règles substantielles des libertés de circulation

Explication

Le droit du marché intérieur appartient au droit matériel de l’Union, car il fixe des règles de fond relatives aux libertés de circulation. Le droit institutionnel, lui, porte sur l’organisation des institutions.

2. Quel principe limite l’action de l’Union aux compétences que les traités lui attribuent ?

Le principe de primauté
Le principe d’attribution
Le principe de subsidiarité
Le principe de reconnaissance mutuelle

Le principe d’attribution

Explication

Le principe d’attribution signifie que l’Union ne peut agir que dans les compétences conférées par les traités. La primauté concerne la hiérarchie des normes, pas l’étendue des pouvoirs.

3. Que prohibe principalement l’article 30 TFUE entre États membres ?

Les restrictions quantitatives à l’importation uniquement
Les aides d’État accordées aux entreprises nationales
Les seules impositions intérieures sur les produits similaires
Les droits de douane et les taxes d’effet équivalent

Les droits de douane et les taxes d’effet équivalent

Explication

L’article 30 TFUE interdit les droits de douane et les taxes d’effet équivalent entre États membres. Il s’agit d’une interdiction autonome et absolue.

4. Pourquoi une taxe d’effet équivalent ne peut-elle pas être réintroduite sous un autre nom ?

Parce qu’elle n’existe que pour les biens de luxe
Parce qu’elle demeure une charge liée au franchissement de la frontière
Parce qu’elle ne vise que les produits nationaux
Parce qu’elle dépend toujours d’un contrôle de proportionnalité

Parce qu’elle demeure une charge liée au franchissement de la frontière

Explication

Une taxe d’effet équivalent est prohibée dès lors qu’elle frappe un produit du fait du franchissement d’une frontière, même si son appellation change. Le nom de la charge est donc indifférent.

5. Quel critère définit classiquement une taxe d’effet équivalent ?

Une taxe nationale réservée aux produits nationaux
Une imposition intérieure calculée selon la valeur ajoutée
Une charge pécuniaire imposée du seul fait du franchissement d’une frontière
Une mesure réglementaire sans incidence financière directe

Une charge pécuniaire imposée du seul fait du franchissement d’une frontière

Explication

La jurisprudence retient qu’il suffit d’une charge pécuniaire imposée du seul fait du franchissement d’une frontière. L’existence d’un effet discriminatoire n’est pas nécessaire à la qualification.

6. Quel élément est indifférent pour qualifier une taxe d’effet équivalent ?

L’existence d’une charge pécuniaire
L’intervention d’une autorité publique
Le nom donné à la taxe ou le moment de sa perception
Le franchissement effectif d’une frontière

Le nom donné à la taxe ou le moment de sa perception

Explication

Le nom de la taxe et le moment de sa perception n’affectent pas la qualification, si les autres éléments sont réunis. En revanche, la charge pécuniaire, l’autorité publique et le franchissement d’une frontière sont déterminants.

7. Dans quel cas l’article 110, paragraphe 1, TFUE s’applique-t-il ?

Lorsque seule une charge pécuniaire frontière est perçue
Lorsque des produits non similaires sont taxés de manière identique
Lorsque des produits similaires subissent une imposition intérieure plus lourde pour les importations
Lorsque la mesure relève d’une restriction quantitative

Lorsque des produits similaires subissent une imposition intérieure plus lourde pour les importations

Explication

Le paragraphe 1 vise la surimposition des produits similaires, en interdisant une imposition intérieure plus élevée sur les produits importés. Il concerne donc la discrimination fiscale directe.

8. Que vise principalement l’article 110, paragraphe 2, TFUE ?

Les mesures pénales applicables aux fraudes
Les taxes perçues lors du passage d’une frontière
Les impositions intérieures ayant un effet de protection indirecte contre des produits concurrents
Les droits de douane à l’importation

Les impositions intérieures ayant un effet de protection indirecte contre des produits concurrents

Explication

Le paragraphe 2 s’applique aux produits non similaires mais en rapport de concurrence, lorsqu’une imposition intérieure protège indirectement les productions nationales. Il vise donc l’effet protectionniste.

9. Quel lien suffit pour entrer dans la logique de l’article 110, paragraphe 2, TFUE ?

Une charge pécuniaire liée à la frontière
Un rapport de concurrence même partiel, indirect ou potentiel
Une identité parfaite de composition entre produits
Une appartenance à la même entreprise

Un rapport de concurrence même partiel, indirect ou potentiel

Explication

Le texte et la jurisprudence admettent qu’un rapport de concurrence partiel, indirect ou potentiel suffit. L’exigence n’est pas celle d’une similarité stricte.

10. Comment s’apprécie l’effet protectionniste d’une différence de taxation ?

Par la nationalité du consommateur
Par son influence sur la consommation au profit des produits nationaux
Par le seul montant absolu de la taxe
Par l’existence d’une autorisation administrative préalable

Par son influence sur la consommation au profit des produits nationaux

Explication

L’effet protectionniste se mesure à l’impact de la différence fiscale sur le marché, notamment si elle décourage l’achat des importations. C’est donc une appréciation économique de l’incidence de la mesure.

11. Comment se complètent l’article 30 TFUE et l’article 110 TFUE ?

Le premier autorise les taxes frontalières, le second les interdit
Le premier vise les charges à la frontière, le second les impositions intérieures
Le premier ne s’applique qu’aux produits similaires, le second aux droits de douane
Le premier concerne les services, le second les capitaux

Le premier vise les charges à la frontière, le second les impositions intérieures

Explication

L’article 30 cible les charges pécuniaires liées au franchissement de frontière, tandis que l’article 110 vise les impositions intérieures. Les deux régimes sont donc complémentaires.

12. Quel critère permet de basculer de l’article 30 TFUE vers l’article 110 TFUE ?

La présence d’une autorité publique
L’existence d’un tarif douanier
Le caractère national du produit
L’absence de lien avec le franchissement d’une frontière

L’absence de lien avec le franchissement d’une frontière

Explication

Si la charge est décorrélée du franchissement de frontière, l’analyse relève plutôt de l’article 110 TFUE. À l’inverse, une charge frontalière relève de l’article 30.

13. Comment les règles de l’Union qualifient-elles une mesure indistinctement applicable qui gêne l’exercice d’une liberté de circulation ?

Comme une simple recommandation sans portée juridique
Comme une discrimination fondée nécessairement sur la nationalité
Comme une entrave, même sans discrimination explicite
Comme une mesure toujours valide si elle est générale

Comme une entrave, même sans discrimination explicite

Explication

Une mesure indistinctement applicable peut constituer une entrave si elle gêne, dissuade ou rend moins attractive l’exercice de la liberté. L’absence de discrimination n’exclut donc pas l’entrave.

14. Quelle affirmation correspond à la distinction entre entrave pécuniaire et entrave non pécuniaire ?

La première n’est pas justifiable par l’intérêt général, la seconde peut l’être
La seconde concerne uniquement les taxes à la frontière
Les deux sont toujours justifiables par l’article 36 TFUE
La première relève toujours de l’article 110 TFUE

La première n’est pas justifiable par l’intérêt général, la seconde peut l’être

Explication

Une entrave pécuniaire, comme une taxe d’effet équivalent, n’est en principe pas justifiable par l’intérêt général. Une entrave non pécuniaire peut en revanche ouvrir la voie à des justifications.

15. Quelle différence caractérise le plus nettement une condition de produit par rapport à une modalité de vente ?

La condition de produit s’applique aux services, la modalité de vente aux marchandises
La condition de produit porte sur les caractéristiques du bien, la modalité de vente sur ses conditions de commercialisation
La condition de produit n’est jamais contrôlée, la modalité de vente l’est toujours
La condition de produit concerne uniquement le prix, la modalité de vente uniquement l’emballage

La condition de produit porte sur les caractéristiques du bien, la modalité de vente sur ses conditions de commercialisation

Explication

Les conditions de produit touchent aux caractéristiques mêmes du bien, alors que les modalités de vente visent la façon dont il est commercialisé. Cette distinction est essentielle pour l’analyse des entraves.

16. Quelle mesure relève typiquement des modalités de vente ?

Une interdiction douanière à l’importation
Une règle sur les horaires, les lieux ou les formes de commercialisation
Une taxe perçue à la frontière
Une exigence sur la composition chimique du produit

Une règle sur les horaires, les lieux ou les formes de commercialisation

Explication

Les modalités de vente concernent le contexte de commercialisation, comme les horaires, les lieux ou certaines formes de vente. Elles se distinguent ainsi des caractéristiques intrinsèques du produit.

17. Quelle justification peut en principe être invoquée pour une mesure indistinctement applicable ?

Une taxe d’effet équivalent
Une discrimination arbitraire
Un motif purement économique
Une exigence impérative d’intérêt général

Une exigence impérative d’intérêt général

Explication

Les exigences impératives d’intérêt général sont admises pour justifier certaines mesures indistinctement applicables. En revanche, les motifs purement économiques sont exclus.

18. Quelle distinction est correcte concernant l’article 36 TFUE et la jurisprudence sur les exigences impératives ?

Les exigences impératives peuvent justifier les taxes d’effet équivalent
L’article 36 peut justifier des mesures discriminatoires, tandis que les exigences impératives visent les mesures indistinctement applicables
Les deux régimes s’appliquent uniquement aux services
L’article 36 ne vise que les mesures purement économiques

L’article 36 peut justifier des mesures discriminatoires, tandis que les exigences impératives visent les mesures indistinctement applicables

Explication

L’article 36 TFUE peut justifier des mesures discriminatoires ou indistinctement applicables, alors que les exigences impératives d’intérêt général concernent surtout les mesures indistinctement applicables. Les taxes d’effet équivalent restent, elles, exclues de toute justification.

19. Dans quel cas une dérogation fondée sur le traité est-elle nécessairement recherchée en priorité ?

Lors d’un avantage accordé par une entreprise privée
Lors d’une mesure indistinctement applicable justifiée par un objectif jurisprudentiel
Lors d’une simple gêne économique non juridique
Lors d’une mesure ouvertement discriminatoire fondée sur la nationalité

Lors d’une mesure ouvertement discriminatoire fondée sur la nationalité

Explication

En cas de discrimination explicite fondée sur la nationalité, seules les justifications expressément prévues par le traité peuvent être mobilisées. Les justifications jurisprudentielles ne suffisent pas dans cette hypothèse.

20. Que permettent en principe les raisons impérieuses d’intérêt général ?

D’excuser une discrimination arbitraire fondée sur la nationalité
De valider toute mesure protectionniste
De remplacer les exigences de proportionnalité
De justifier certaines restrictions indistinctement applicables ou indirectement discriminatoires

De justifier certaines restrictions indistinctement applicables ou indirectement discriminatoires

Explication

Les raisons impérieuses d’intérêt général peuvent justifier certaines mesures indirectement discriminatoires ou indistinctement applicables. Elles ne neutralisent pas pour autant le contrôle de proportionnalité.

21. Quel est le champ principal de la directive 2006/123/CE ?

Les impôts intérieurs sur les produits similaires
Les seules activités salariées dans le secteur public
Les droits de douane entre États membres
Les activités économiques non salariées fournies normalement contre rémunération

Les activités économiques non salariées fournies normalement contre rémunération

Explication

La directive vise les activités de services non salariées fournies normalement contre rémunération. Elle encadre à la fois l’établissement et la libre prestation de services.

22. Quel type d’exigences les États membres ne peuvent-ils pas imposer aux prestataires dans le cadre de la directive ?

Les exigences soumises à une évaluation de proportionnalité
Les conditions de service liées à l’environnement
Les règles relatives à la santé publique
Les exigences interdites identifiées par la jurisprudence et reprises dans la directive

Les exigences interdites identifiées par la jurisprudence et reprises dans la directive

Explication

Les exigences interdites sont celles que la jurisprudence a identifiées et que la directive a reprises comme non admissibles. Les autres exigences peuvent, selon le cas, être évaluées ou justifiées.

23. Quel critère peut servir à établir un lien réel d’intégration avec l’État d’accueil ?

Un rattachement effectif à la société nationale, éventuellement illustré par le paiement d’impôts
L’exercice d’une activité dans un autre État membre
La seule possession d’un passeport de l’Union
Le choix du lieu de résidence des parents

Un rattachement effectif à la société nationale, éventuellement illustré par le paiement d’impôts

Explication

Le lien réel d’intégration suppose un rattachement effectif à la société de l’État d’accueil, et le paiement d’impôts peut constituer un indice de ce rattachement. Ce critère sert surtout pour certaines aides sociales.

24. Que faut-il retenir de l’article 63 TFUE concernant les capitaux et les paiements ?

Il ne s’applique qu’aux travailleurs salariés
Il exige toujours une autorisation préalable de l’État
Il ne concerne que les situations purement internes
Il protège la circulation des capitaux et produit un effet direct

Il protège la circulation des capitaux et produit un effet direct

Explication

L’article 63 TFUE garantit la libre circulation des capitaux et des paiements, avec effet direct. Il peut donc être invoqué directement dans les situations entrant dans son champ.

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Droit matériel de l’UE ?

Règles substantielles applicables dans l’Union.

Droit institutionnel de l’UE ?

Organisation et fonctionnement des institutions.

Liberté de circulation — rôle ?

Socle du marché intérieur, facilite la libre circulation.

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