QCM : Droit de la mer : espaces et navires (48 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle distinction décrit correctement les rapports entre le droit de la mer, le droit européen de la mer et le droit maritime ?

Le droit de la mer relève du droit de l’Union européenne, le droit européen de la mer du droit privé et le droit maritime du droit international
Le droit de la mer relève du droit international, le droit européen de la mer du droit de l’Union européenne et le droit maritime principalement du droit privé
Le droit de la mer relève principalement du droit maritime, tandis que les deux autres désignent des branches du droit international
Le droit de la mer relève du droit privé, le droit européen de la mer du droit international et le droit maritime du droit de l’Union européenne

Le droit de la mer relève du droit international, le droit européen de la mer du droit de l’Union européenne et le droit maritime principalement du droit privé

Explication

Le droit de la mer s’applique en droit international aux États et aux espaces maritimes, tandis que les deux autres notions relèvent respectivement du droit de l’Union européenne et du droit privé. La confusion vient d’un rapprochement entre des domaines liés à la mer, mais leurs sources juridiques diffèrent.

2. Quels éléments sont compris dans la mer en droit international ?

L’eau, la surface, le sol, le sous-sol et l’espace aérien subjacent
L’eau, les ports, les navires, les côtes et les installations offshore
La surface, les navires, les fonds marins et les zones économiques exclusives
L’eau, les plages, les îles, les ports et l’espace aérien côtier

L’eau, la surface, le sol, le sous-sol et l’espace aérien subjacent

Explication

En droit international, la mer comprend l’eau, sa surface, le sol, le sous-sol et l’espace aérien subjacent qui communiquent librement et naturellement. Les ports et les navires sont des éléments liés à l’activité maritime, mais ils ne définissent pas cette composition juridique.

3. Pourquoi la mer revêt-elle une importance majeure à l’échelle mondiale ?

Elle couvre près de la moitié de la planète, concentre les principales capitales et fournit l’essentiel des terres agricoles
Elle couvre une faible partie de la planète, tout en concentrant les activités industrielles et les ressources minières
Elle couvre 71 % de la planète, mais joue un rôle limité dans les échanges et les ressources naturelles
Elle couvre 71 % de la planète, soutient le commerce mondial et constitue un réservoir de richesses

Elle couvre 71 % de la planète, soutient le commerce mondial et constitue un réservoir de richesses

Explication

La mer couvre 71 % de la surface planétaire et constitue à la fois un support majeur du commerce mondial et un réservoir de richesses. Les autres réponses minimisent son rôle commercial ou attribuent à la mer des caractéristiques terrestres qui ne correspondent pas à cette importance.

4. Quelle caractéristique est attribuée à l’espace maritime français ?

Il est présenté comme le deuxième espace maritime européen, avec environ 5 millions de km² sur trois océans et trois mers
Il est présenté comme le deuxième espace maritime mondial, avec environ 11 millions de km² sur trois océans et trois mers
Il est présenté comme le premier espace maritime mondial, avec environ 11 millions de km² sur deux océans et quatre mers
Il est présenté comme le troisième espace maritime mondial, avec environ 8 millions de km² sur quatre océans et deux mers

Il est présenté comme le deuxième espace maritime mondial, avec environ 11 millions de km² sur trois océans et trois mers

Explication

L’espace maritime français est présenté comme le deuxième espace maritime mondial et s’étend sur environ 11 millions de km² répartis sur trois océans et trois mers. Les autres propositions modifient son rang, sa superficie ou la répartition géographique indiquée.

5. Quelle tension fondamentale structure le droit de la mer ?

La liberté des mers s’oppose à la disparition des frontières terrestres entre les États
La liberté des mers s’oppose à l’extension de la souveraineté des États côtiers
La protection des ressources biologiques s’oppose à l’existence des voies internationales de navigation
La souveraineté des États côtiers s’oppose à la suppression des échanges commerciaux maritimes

La liberté des mers s’oppose à l’extension de la souveraineté des États côtiers

Explication

Le droit de la mer cherche à articuler la liberté des mers avec l’extension de la souveraineté des États côtiers. La liberté maritime ne signifie donc pas l’absence de souveraineté côtière, contrairement à une confusion fréquente.

6. Quelle opposition caractérisait la controverse entre Grotius et Selden ?

Le mare liberum concernait la pêche, tandis que le mare clausum concernait principalement l’exploitation du plateau continental
Le mare liberum défendait la libre circulation, tandis que le mare clausum soutenait le contrôle de la mer par l’État riverain
Le mare liberum organisait la souveraineté territoriale, tandis que le mare clausum protégeait les ressources de la haute mer
Le mare liberum défendait le contrôle côtier, tandis que le mare clausum soutenait la libre circulation des navires

Le mare liberum défendait la libre circulation, tandis que le mare clausum soutenait le contrôle de la mer par l’État riverain

Explication

Grotius associait le mare liberum à la libre circulation, alors que Selden défendait le mare clausum et le contrôle de la mer par l’État riverain. L’erreur principale consiste à inverser le sens des deux expressions latines.

7. Comment la liberté des mers est-elle traditionnellement conciliée avec les droits de l’État côtier ?

Elle est remplacée par une souveraineté côtière qui s’étend à toutes les zones maritimes
Elle est garantie par la mer territoriale, où les États étrangers exercent leurs propres compétences
Elle est limitée par des accords commerciaux qui déterminent les itinéraires des navires étrangers
Elle est tempérée par la mer territoriale, où l’État côtier exerce sa souveraineté

Elle est tempérée par la mer territoriale, où l’État côtier exerce sa souveraineté

Explication

La liberté des mers s’est imposée comme principe coutumier, mais la mer territoriale constitue une limite traditionnelle puisque l’État côtier y exerce sa souveraineté. Elle ne supprime pas la liberté maritime dans toutes les zones et ne confère pas de compétences propres aux États étrangers dans cette mer.

8. Que proclame la déclaration Truman de 1945 ?

La liberté de navigation des États-Unis dans toutes les mers et l’interdiction des revendications côtières
Le contrôle des États-Unis sur une mer territoriale de 200 milles et sur les ports étrangers
La création d’un régime international attribuant les ressources du plateau continental à une autorité commune
Les droits exclusifs des États-Unis sur les ressources du plateau continental et certaines ressources biologiques adjacentes

Les droits exclusifs des États-Unis sur les ressources du plateau continental et certaines ressources biologiques adjacentes

Explication

La déclaration Truman de 1945 affirme des droits exclusifs des États-Unis sur les ressources du plateau continental et sur certaines ressources biologiques de la zone adjacente. Elle concerne les ressources marines, tandis que la liberté de navigation demeure le principe de la haute mer.

9. Quelle revendication figure dans la déclaration de Santiago de 1952 ?

Le Chili, l’Équateur et le Pérou placent leurs ressources marines sous l’administration d’une organisation internationale
Le Chili, l’Équateur et le Pérou renoncent aux ressources biologiques situées au-delà de leurs ports nationaux
Le Chili, l’Équateur et le Pérou revendiquent un contrôle exclusif des ressources biologiques jusqu’à 200 milles marins
Le Chili, l’Équateur et le Pérou établissent une mer territoriale commune limitée à 12 milles marins

Le Chili, l’Équateur et le Pérou revendiquent un contrôle exclusif des ressources biologiques jusqu’à 200 milles marins

Explication

La déclaration de Santiago de 1952 revendique pour ces trois États un contrôle exclusif des ressources biologiques jusqu’à 200 milles marins des côtes. Cette distance concernait les ressources et dépassait la largeur classique de la mer territoriale à cette époque.

10. Quels domaines correspondent aux quatre conventions de Genève de 1958 sur le droit de la mer ?

La mer territoriale, les eaux archipélagiques, la recherche scientifique et les fonds internationaux
La zone économique exclusive, les détroits, la navigation aérienne et les îles artificielles
Les ports, les navires marchands, la pollution marine et les ressources biologiques
La mer territoriale, la haute mer, la pêche et le plateau continental

La mer territoriale, la haute mer, la pêche et le plateau continental

Explication

Les quatre conventions de Genève de 1958 portent respectivement sur la mer territoriale, la haute mer, la pêche et le plateau continental. Les autres domaines appartiennent à des développements ultérieurs ou ne correspondent pas à cette série conventionnelle.

11. Quel compromis la technique du package deal a-t-elle contribué à établir ?

L’extension de la mer territoriale à 12 milles marins en échange du passage inoffensif et du droit de transit dans les détroits
L’extension de la haute mer à 12 milles marins en échange de la suppression du passage dans les détroits
La création d’une zone côtière de 200 milles marins en échange d’une liberté complète de navigation
La réduction de la mer territoriale à 3 milles marins en échange d’un contrôle accru des ressources biologiques

L’extension de la mer territoriale à 12 milles marins en échange du passage inoffensif et du droit de transit dans les détroits

Explication

Le package deal a rapproché des intérêts opposés en associant une mer territoriale de 12 milles marins au passage inoffensif et au droit de transit dans les détroits. Il ne supprimait pas ces droits de circulation et ne confondait pas la mer territoriale avec la haute mer ou une zone de 200 milles.

12. Quelle distinction temporelle caractérise la CNUDM ?

Elle a été signée et est entrée en vigueur après 2000.
Elle a été signée en 1994 et est entrée en vigueur en 1982.
Elle a été signée en 1982 et est entrée en vigueur en 1994.
Elle a été signée et est entrée en vigueur en 1982.

Elle a été signée en 1982 et est entrée en vigueur en 1994.

Explication

La CNUDM a été signée le 10 décembre 1982 à Montego Bay, puis est entrée en vigueur le 16 novembre 1994 après 60 ratifications. Confondre ces deux dates revient à assimiler l’adoption du traité à son entrée en vigueur.

13. Quelle définition correspond à la coutume internationale ?

Une résolution adoptée par une organisation internationale
Un traité conclu entre plusieurs États maritimes
Une pratique générale acceptée comme étant le droit
Une décision judiciaire applicable à tous les États

Une pratique générale acceptée comme étant le droit

Explication

La coutume internationale repose sur une pratique générale accompagnée de son acceptation comme étant juridiquement obligatoire. Un traité ou une décision judiciaire constitue une source distincte, même s’ils peuvent contribuer à préciser le droit.

14. Comment la CNUDM peut-elle être complétée par d’autres instruments internationaux ?

Ses dispositions générales s’appliquent uniquement aux différends soumis à un tribunal.
Ses dispositions générales empêchent l’adoption de tout accord ultérieur.
Ses dispositions générales peuvent être précisées par des accords complémentaires.
Ses dispositions générales sont remplacées par les pratiques nationales des États.

Ses dispositions générales peuvent être précisées par des accords complémentaires.

Explication

La CNUDM est une convention-cadre dont les règles générales peuvent être complétées par des accords spécialisés, comme ceux de 1994, 1995 et l’accord BBNJ adopté en 2023. Elle ne ferme donc pas la voie à des instruments ultérieurs.

15. Que prévoit la partie XV de la CNUDM pour les différends entre États parties ?

Elle impose un règlement pacifique et prévoit la conciliation ou des procédures juridictionnelles.
Elle impose le recours à l’arbitrage avant toute tentative de négociation.
Elle confie le règlement des différends maritimes au Conseil de sécurité.
Elle autorise chaque État à régler un différend par des mesures unilatérales.

Elle impose un règlement pacifique et prévoit la conciliation ou des procédures juridictionnelles.

Explication

La partie XV impose aux États parties de régler pacifiquement leurs différends et organise notamment la conciliation ainsi que des procédures juridictionnelles. Elle ne réserve pas ce règlement à l’arbitrage ni au Conseil de sécurité.

16. Quelles voies juridictionnelles un État peut-il choisir dans le cadre de la CNUDM ?

Le Tribunal international du droit de la mer, l’OMC ou le Conseil de sécurité
La CIJ, la Cour européenne des droits de l’homme ou l’arbitrage
Le Tribunal international du droit de la mer, la CIJ ou l’arbitrage
La Cour pénale internationale, la CIJ ou une commission de conciliation

Le Tribunal international du droit de la mer, la CIJ ou l’arbitrage

Explication

Les États peuvent choisir entre le Tribunal international du droit de la mer, la Cour internationale de Justice et l’arbitrage. Les autres institutions citées ne correspondent pas aux trois options juridictionnelles prévues ici par la CNUDM.

17. Quel est l’objectif de la procédure de prompte mainlevée ?

Obtenir la restitution immédiate de la cargaison sans condition financière
Faire trancher définitivement la responsabilité de l’État ayant procédé à la saisie
Obtenir la libération rapide d’un navire saisi, éventuellement contre une garantie
Faire annuler toutes les sanctions prévues par le droit maritime applicable

Obtenir la libération rapide d’un navire saisi, éventuellement contre une garantie

Explication

La prompte mainlevée vise à libérer rapidement le navire saisi, parfois contre le versement d’une caution ou d’une garantie. Elle ne tranche pas au fond la licéité du comportement reproché, qui relève d’une autre procédure.

18. Quel effet peuvent produire les exceptions facultatives de l’article 298 de la CNUDM ?

Elles dispensent un État de rechercher pacifiquement une solution à tout différend maritime.
Elles permettent à un État d’exclure par écrit certains différends du règlement obligatoire.
Elles rendent facultatif le respect de toutes les obligations prévues par la CNUDM.
Elles transfèrent les différends concernant les frontières au Conseil de sécurité.

Elles permettent à un État d’exclure par écrit certains différends du règlement obligatoire.

Explication

L’article 298 permet à un État de déclarer par écrit qu’il n’accepte pas le règlement obligatoire de certaines catégories de différends, notamment la délimitation ou les activités militaires. Cette exception limite l’obligation juridictionnelle sans supprimer le principe général du règlement pacifique.

19. Quelle est la limite maximale de la mer territoriale mesurée depuis les lignes de base ?

12 milles marins
200 milles marins
3 milles marins
24 milles marins

12 milles marins

Explication

La mer territoriale ne peut pas dépasser 12 milles marins à partir des lignes de base établies conformément à la CNUDM. La distance de 200 milles marins concerne la zone économique exclusive et non la mer territoriale.

20. Qu’est-ce que la ligne de base normale d’un État côtier ?

Une ligne tracée au milieu des eaux séparant deux États voisins
La laisse de basse mer figurant sur les cartes marines officiellement reconnues
Une ligne droite reliant les points appropriés d’une côte très découpée
La limite extérieure de la zone économique exclusive de l’État côtier

La laisse de basse mer figurant sur les cartes marines officiellement reconnues

Explication

La ligne de base normale suit la laisse de basse mer le long de la côte, telle qu’elle figure sur les cartes marines officiellement reconnues. La ligne droite constitue une méthode particulière applicable dans certaines configurations côtières.

21. Dans quelle configuration les lignes de base droites peuvent-elles être utilisées ?

Lorsque la mer territoriale dépasse la limite de 12 milles marins.
Lorsque la côte est parfaitement régulière et dépourvue d’îles.
Lorsque la côte est profondément échancrée ou bordée d’îles proches.
Lorsque l’État côtier souhaite étendre sa zone économique exclusive.

Lorsque la côte est profondément échancrée ou bordée d’îles proches.

Explication

Les lignes de base droites sont admises notamment lorsque la côte est profondément échancrée ou lorsqu’un chapelet d’îles se trouve à proximité immédiate. Elles ne servent pas à dépasser la largeur maximale de la mer territoriale ni à étendre directement la zone économique exclusive.

22. Quelle juridiction a validé sous conditions l’emploi de lignes de base droites à l’ouverture des fjords norvégiens en 1951 ?

Le Tribunal international du droit de la mer dans une affaire de délimitation
La Cour européenne des droits de l’homme dans une affaire maritime
La Cour permanente d’arbitrage dans une affaire relative aux îles
La Cour internationale de Justice dans l’affaire des Pêcheries norvégiennes

La Cour internationale de Justice dans l’affaire des Pêcheries norvégiennes

Explication

Dans l’affaire des Pêcheries norvégiennes de 1951, la CIJ a admis sous conditions l’utilisation de lignes de base droites à l’ouverture des fjords norvégiens. Cette décision est donc attribuée à la Cour internationale de Justice, et non à une juridiction arbitrale ou européenne.

23. Selon l’article 10 de la CNUDM, quel critère permet de distinguer une baie d’une simple inflexion de la côte ?

Ses eaux sont exploitées depuis longtemps par plusieurs États riverains.
Sa superficie atteint au moins celle d’un demi-cercle fondé sur la ligne d’entrée.
Son ouverture mesure au moins 24 milles marins entre les points naturels.
Sa profondeur dépasse celle des eaux côtières adjacentes.

Sa superficie atteint au moins celle d’un demi-cercle fondé sur la ligne d’entrée.

Explication

Une baie doit être une échancrure bien marquée dont la superficie atteint au moins celle d’un demi-cercle ayant pour diamètre la ligne tracée à l’entrée. Une simple inflexion de la côte ne satisfait pas cette définition, tandis que la limite de 24 milles concerne une autre règle de fermeture.

24. Quelle situation la CIJ a-t-elle reconnue dans l’affaire de la baie du Fonseca en 1992 ?

Le caractère historique de la baie et l’autorité conjointe de trois États riverains sur ses eaux intérieures.
Le statut de haute mer de la baie et la compétence exclusive d’un État sur ses ressources.
L’application de la ligne de base normale et la libre circulation des navires sans autorisation.
La fermeture de la baie par une ligne de 24 milles et la souveraineté d’un seul État riverain.

Le caractère historique de la baie et l’autorité conjointe de trois États riverains sur ses eaux intérieures.

Explication

En 1992, la CIJ a reconnu le caractère historique de la baie du Fonseca et la possibilité pour le Nicaragua, le Honduras et le Salvador d’y exercer leur autorité sur les eaux intérieures. Cette situation se distingue d’une baie classique relevant d’un seul État riverain.

25. Dans quelle configuration côtière le recours aux lignes de base droites est-il approprié ?

Lorsque la côte est profondément échancrée ou bordée par un chapelet d’îles, avec un lien suffisant au domaine terrestre.
Lorsque les eaux côtières sont utilisées par des navires étrangers et doivent rester accessibles à la navigation.
Lorsque la côte est régulière et que l’État souhaite élargir sa mer territoriale vers la haute mer.
Lorsque les points d’entrée d’une baie sont distants de moins de 24 milles marins, sans autre condition géographique.

Lorsque la côte est profondément échancrée ou bordée par un chapelet d’îles, avec un lien suffisant au domaine terrestre.

Explication

Les lignes de base droites sont prévues pour les côtes profondément échancrées ou bordées d’îles, à condition de suivre la direction générale de la côte et de préserver un lien suffisant avec le domaine terrestre. Une côte régulière relève plutôt de la ligne de base normale suivant la laisse de basse mer.

26. Quelle décision la CIJ a-t-elle rendue en 1951 dans l’affaire des Pêcheries norvégiennes ?

Elle a imposé une limite uniforme de 24 milles marins pour toutes les côtes découpées de Norvège.
Elle a validé les lignes de base droites norvégiennes fermant des fjords et enclavant leurs eaux comme eaux intérieures.
Elle a refusé les lignes de base droites et maintenu les fjords dans le régime de la haute mer.
Elle a reconnu aux pêcheurs britanniques un droit de souveraineté sur les eaux proches des fjords.

Elle a validé les lignes de base droites norvégiennes fermant des fjords et enclavant leurs eaux comme eaux intérieures.

Explication

Dans l’affaire des Pêcheries norvégiennes, la CIJ a validé en 1951 le recours de la Norvège aux lignes de base droites pour fermer l’ouverture de ses fjords et transformer les eaux encloses en eaux intérieures. Les pêcheurs britanniques revendiquaient au contraire le caractère de haute mer de ces espaces.

27. Lequel de ces éléments doit être pris en compte pour établir des lignes de base droites conformément à l’article 7 de la CNUDM ?

La direction générale de la côte, les intérêts économiques propres à la région et le lien avec le domaine terrestre.
La distance jusqu’à la haute mer, le volume des exportations et la largeur des ports voisins.
La forme des fonds marins, la densité de population et la présence de ressources halieutiques.
La seule profondeur moyenne des eaux et la nationalité des navires fréquentant la côte.

La direction générale de la côte, les intérêts économiques propres à la région et le lien avec le domaine terrestre.

Explication

L’article 7 exige de tenir compte de la direction générale de la côte, des intérêts économiques propres à la région attestés par un long usage et du lien entre les eaux encloses et le domaine terrestre. Les autres éléments proposés ne constituent pas le faisceau de critères énoncé par cette disposition.

28. Que permet l’article 10 de la CNUDM lorsque les points d’entrée naturels d’une baie sont séparés par 24 milles marins ou moins ?

Tracer une ligne entre ces points afin de qualifier d’eaux intérieures les eaux situées en deçà.
Reconnaître automatiquement le caractère historique de la baie au profit de l’État riverain.
Tracer une ligne de base droite de 24 milles à l’intérieur de la baie pour en maximiser la superficie.
Maintenir la baie dans le régime de la haute mer jusqu’à la conclusion d’un accord régional.

Tracer une ligne entre ces points afin de qualifier d’eaux intérieures les eaux situées en deçà.

Explication

Lorsque la distance entre les laisses de basse mer aux points d’entrée naturels ne dépasse pas 24 milles marins, une ligne peut être tracée entre ces points et les eaux situées en deçà deviennent des eaux intérieures. Le seuil de 24 milles concerne cette fermeture, tandis que le demi-cercle sert à apprécier la forme de la baie.

29. Quelle combinaison caractérise une baie historique en droit international général ?

Une revendication ancienne soutenue par une présence militaire, même contestée de manière constante par les États tiers.
Une souveraineté effective, paisible et continue pendant une très longue période, avec l’acquiescement au moins tacite des États tiers.
Une utilisation économique saisonnière accompagnée d’une ligne de fermeture conforme à la largeur ordinaire des baies.
Une occupation récente fondée sur une déclaration unilatérale, sans pratique étatique ni réaction des États tiers.

Une souveraineté effective, paisible et continue pendant une très longue période, avec l’acquiescement au moins tacite des États tiers.

Explication

Une baie historique est intégrée aux eaux intérieures en raison d’une souveraineté effective, paisible et continue exercée durant une très longue période, avec l’acquiescement au moins tacite des États tiers. Une revendication contestée de façon constante ne fournit pas cet acquiescement.

30. Quelle solution la CIJ a-t-elle retenue en 1992 pour le golfe de Fonseca ?

Elle a divisé le golfe selon une ligne médiane sans reconnaître son caractère historique.
Elle a soumis le golfe au régime de la haute mer et écarté toute compétence des États riverains.
Elle a attribué l’ensemble du golfe au Nicaragua en raison de sa position géographique dominante.
Elle a reconnu son caractère historique et prévu une gestion commune entre le Nicaragua, le Honduras et le Salvador.

Elle a reconnu son caractère historique et prévu une gestion commune entre le Nicaragua, le Honduras et le Salvador.

Explication

Dans l’affaire du Golfe de Fonseca, la CIJ a reconnu le caractère historique de la baie et prévu une gestion commune, appelée condominium, entre les trois États riverains. Cette solution ne correspond donc ni à une attribution exclusive au Nicaragua ni à une assimilation à la haute mer.

31. Comment les eaux archipélagiques sont-elles délimitées ?

Par une ligne suivant les côtes de chaque île séparément
Par une frontière reliant les points les plus proches des îles voisines
Par des lignes de base droites reliant les îles les plus éloignées de l’État archipel
Par une limite tracée à partir des ports principaux de l’archipel

Par des lignes de base droites reliant les îles les plus éloignées de l’État archipel

Explication

Les eaux archipélagiques se trouvent à l’intérieur de lignes de base droites reliant les points extrêmes des îles les plus éloignées d’un État archipel. Une délimitation île par île ne correspond pas à cette méthode de tracé.

32. Quelle contrainte l’article 47 de la CNUDM impose-t-il au tracé des lignes de base archipélagiques ?

Elles peuvent être tracées librement dès lors que l’État revendique sa souveraineté maritime
Elles doivent englober toutes les eaux situées entre les îles sans condition de proportion
Elles doivent suivre chaque côte insulaire et maintenir une distance constante avec le rivage
Elles doivent respecter le contour général de l’archipel et un rapport terre-mer compris entre 1/10 et 9/10

Elles doivent respecter le contour général de l’archipel et un rapport terre-mer compris entre 1/10 et 9/10

Explication

L’article 47 encadre le tracé par plusieurs conditions, notamment la conformité au contour général de l’archipel et un rapport terre-mer compris entre 1/10 et 9/10. Une revendication de souveraineté ne permet donc pas de choisir librement le tracé.

33. Dans quelle situation un ensemble flottant et naviguant peut-il être qualifié de navire en droit international ?

Lorsqu’il possède une capacité de déplacement et relève d’une nationalité et d’un pavillon
Lorsqu’il sert au stockage de marchandises et ne dispose d’aucun rattachement étatique
Lorsqu’il est construit pour rester attaché au fond marin et dépend d’une autorité portuaire
Lorsqu’il est constitué d’une coque immobile destinée à une installation maritime permanente

Lorsqu’il possède une capacité de déplacement et relève d’une nationalité et d’un pavillon

Explication

En droit international, le navire est principalement un ensemble flottant et naviguant doté d’une nationalité et d’un pavillon. Un ensemble remorqué peut encore remplir cette qualification, contrairement à une structure dépourvue de capacité de déplacement intégrée.

34. Quelle condition un navire doit-il remplir en droit français pour être juridiquement qualifié comme tel ?

Être apte à naviguer, à transporter ou à exercer une activité maritime en affrontant le péril de la mer
Être capable de rester à flot avec un équipement adapté à une activité portuaire déterminée
Être destiné au transport commercial et disposer d’un équipage employé par une société française
Être immatriculé dans un port national et être utilisé dans les eaux territoriales françaises

Être apte à naviguer, à transporter ou à exercer une activité maritime en affrontant le péril de la mer

Explication

Le droit français exige l’aptitude à exercer une activité maritime ou à transporter, naviguer et affronter le péril de la mer, avec un équipement adapté à la mission. L’immatriculation française ou l’usage dans les eaux territoriales ne suffit pas à définir cette aptitude.

35. Que désigne la nationalité d’un navire ?

Son allégeance politique à l’État d’immatriculation, dont la législation lui est opposable où qu’il se trouve
La nationalité de l’entreprise qui l’exploite, indépendamment de son immatriculation
Son lieu de construction, qui détermine les règles applicables pendant toute sa navigation
Le port dans lequel il séjourne, qui exerce sa compétence sur le navire pendant son escale

Son allégeance politique à l’État d’immatriculation, dont la législation lui est opposable où qu’il se trouve

Explication

La nationalité traduit l’allégeance politique du navire à l’État d’immatriculation, également appelé État du pavillon. La nationalité de l’exploitant ou le lieu de construction ne détermine pas cette allégeance.

36. Quelle caractéristique définit un registre ouvert ?

Il exige que la propriété, la gestion et l’activité du navire soient rattachées au même territoire
Il subordonne l’immatriculation à un lien substantiel entre le navire et l’administration nationale
Il permet d’immatriculer un navire sans lien nécessaire entre sa nationalité, son exploitant et son activité
Il réserve l’immatriculation aux navires exploités par des entreprises établies dans l’État concerné

Il permet d’immatriculer un navire sans lien nécessaire entre sa nationalité, son exploitant et son activité

Explication

Un registre ouvert permet l’immatriculation sans qu’un lien soit nécessaire entre la nationalité du navire, l’entreprise exploitante et l’activité exercée. L’exigence d’un rattachement effectif correspond plutôt à une conception restrictive de l’immatriculation.

37. Quelle exigence l’article 91 de la CNUDM associe-t-il à l’attribution de la nationalité d’un navire ?

L’État ne peut attribuer sa nationalité qu’aux navires construits sur son propre territoire
L’État doit accepter toute immatriculation dès lors que le propriétaire possède une activité maritime
L’État doit confier l’immatriculation à l’administration du pays où le navire est exploité
L’État fixe les conditions d’immatriculation, mais un lien substantiel doit exister entre lui et le navire

L’État fixe les conditions d’immatriculation, mais un lien substantiel doit exister entre lui et le navire

Explication

L’article 91 reconnaît à chaque État le pouvoir de fixer les conditions d’attribution de sa nationalité et d’immatriculation, tout en exigeant un lien substantiel avec le navire. La construction ou l’exploitation sur le territoire national ne constitue pas la règle énoncée.

38. Quelle obligation l’article 94 de la CNUDM impose-t-il à l’État du pavillon ?

Exercer effectivement sa juridiction et son contrôle administratif, technique et social sur ses navires
Contrôler la propriété des navires sans intervenir dans leur sécurité ou leur gestion sociale
Déléguer la surveillance des navires à l’État du port où ils font escale
Garantir la nationalité du navire sans devoir exercer de compétence lorsqu’il est à l’étranger

Exercer effectivement sa juridiction et son contrôle administratif, technique et social sur ses navires

Explication

L’article 94 impose à l’État du pavillon d’exercer effectivement sa juridiction et son contrôle dans les domaines administratif, technique et social. Une nationalité purement formelle, dépourvue de contrôle réel, ne satisfait pas cette obligation.

39. Quelle est la largeur maximale de la mer territoriale qu’un État côtier peut fixer à partir de ses lignes de base ?

24 milles marins
350 milles marins
200 milles marins
12 milles marins

12 milles marins

Explication

Le droit de la mer autorise un État côtier à fixer sa mer territoriale jusqu’à 12 milles marins à partir des lignes de base. La limite de 24 milles marins correspond plutôt à la zone contiguë, qui relève de compétences fonctionnelles distinctes.

40. Entre deux États dont les côtes sont adjacentes ou se font face, quelle règle s’applique en l’absence d’accord contraire, de titre historique ou de circonstances spéciales ?

La mer territoriale est attribuée selon la superficie de chaque État
La mer territoriale ne dépasse pas la ligne médiane équidistante
La mer territoriale suit la frontière terrestre prolongée vers le large
La mer territoriale revient à l’État possédant la côte la plus longue

La mer territoriale ne dépasse pas la ligne médiane équidistante

Explication

En principe, chaque État ne peut étendre sa mer territoriale au-delà de la ligne médiane équidistante. La frontière terrestre ou la longueur des côtes ne détermine pas automatiquement cette limite maritime.

41. Quelle caractéristique définit une île au sens de l’article 121 de la CNUDM ?

Une portion de fonds marins située au-delà de la mer territoriale
Une construction artificielle émergée à marée haute
Une étendue naturelle de terre entourée d’eau et découverte à marée haute
Une formation rocheuse visible uniquement à marée basse

Une étendue naturelle de terre entourée d’eau et découverte à marée haute

Explication

Une île est une étendue naturelle de terre entourée d’eau qui reste découverte à marée haute. Une formation visible uniquement à marée basse ne répond pas à cette définition juridique.

42. Quelle différence juridique distingue une île d’un rocher inhabitable ou dépourvu de vie économique propre ?

Une île bénéficie d’une souveraineté réduite, tandis qu’un rocher bénéficie d’une souveraineté complète
Une île produit une mer territoriale, tandis qu’un rocher produit une zone contiguë
Une île peut générer tous les espaces maritimes prévus par le droit de la mer
Une île relève du droit terrestre, tandis qu’un rocher relève du droit aérien

Une île peut générer tous les espaces maritimes prévus par le droit de la mer

Explication

Une île peut générer l’ensemble des espaces maritimes prévus par le droit de la mer. Un rocher inhabitable ou dépourvu de vie économique propre ne génère qu’une mer territoriale.

43. Jusqu’où le plateau continental s’étend-il en principe lorsque le rebord externe de la marge continentale est situé au-delà de 200 milles marins ?

Jusqu’à la ligne médiane entre les États voisins
Jusqu’à la limite de 350 milles dans chaque cas
Jusqu’au rebord externe de la marge continentale
Jusqu’à la limite extérieure de la zone contiguë

Jusqu’au rebord externe de la marge continentale

Explication

Le plateau continental suit le prolongement naturel du territoire terrestre jusqu’au rebord externe de la marge continentale lorsque celui-ci dépasse 200 milles marins. La limite de 350 milles constitue une borne applicable au plateau extraplate, et non une règle automatique dans chaque situation.

44. Quelles limites peuvent encadrer l’extension maximale d’un plateau continental extraplate ?

200 milles marins des lignes de base ou 24 milles au-delà de l’isobathe de 200 mètres
350 milles marins des lignes de base ou 100 milles au-delà de l’isobathe de 2 500 mètres
500 milles marins des lignes de base ou 350 milles au-delà de l’isobathe de 2 500 mètres
12 milles marins des lignes de base ou 100 milles au-delà de la ligne médiane

350 milles marins des lignes de base ou 100 milles au-delà de l’isobathe de 2 500 mètres

Explication

Le plateau continental extraplate ne peut dépasser 350 milles marins des lignes de base ou 100 milles au-delà de l’isobathe de 2 500 mètres. Les autres couples de limites confondent des régimes maritimes ou proposent des valeurs non prévues par cette règle.

45. Quel principe directeur gouverne la délimitation du plateau continental depuis l’arrêt de la CIJ de 1969 ?

La recherche d’une solution équitable
La priorité accordée à la longueur des côtes
L’application automatique de la ligne médiane
La répartition fondée sur les ressources découvertes

La recherche d’une solution équitable

Explication

Depuis 1969, la délimitation doit rechercher une solution équitable, principe repris par l’article 83 de la CNUDM. L’équidistance peut servir de méthode, mais elle ne constitue pas à elle seule le principe directeur.

46. Quelle séquence correspond à la méthode contemporaine de délimitation du plateau continental ?

Mesurer les fonds marins, attribuer les zones les plus vastes, puis retenir la ligne médiane
Tracer la frontière terrestre, appliquer la même direction, puis consulter les États voisins
Tracer l’équidistance, l’ajuster selon les circonstances, puis vérifier la proportionnalité
Fixer une limite à 200 milles, ignorer les côtes, puis répartir les ressources

Tracer l’équidistance, l’ajuster selon les circonstances, puis vérifier la proportionnalité

Explication

La méthode contemporaine commence par une ligne d’équidistance, qui est ensuite ajustée selon les circonstances pertinentes avant un contrôle de proportionnalité. Elle ne consiste donc pas à appliquer mécaniquement la ligne médiane sans tenir compte du contexte.

47. Quel équilibre caractérise juridiquement la zone économique exclusive ?

Une souveraineté territoriale complète avec l’interdiction de la navigation étrangère
Une compétence militaire côtière avec la suppression des recherches scientifiques
Une liberté d’exploitation étrangère avec l’exclusion des compétences environnementales
Des droits économiques de l’État côtier avec le maintien de la liberté de navigation

Des droits économiques de l’État côtier avec le maintien de la liberté de navigation

Explication

La ZEE concilie les droits de l’État côtier en matière d’exploitation, d’environnement et de recherche scientifique avec la liberté de navigation. Elle ne confère donc pas une souveraineté territoriale complète comparable à celle de la mer territoriale.

48. Dans l’affaire Jan Mayen de 1993, quels éléments la CIJ a-t-elle notamment pris en compte pour aménager l’équidistance ?

La disposition des côtes, les intérêts de pêche et les aspects économiques
La date des revendications, les ports commerciaux et les routes aériennes
La profondeur des eaux, les bases militaires et la nationalité des navires
La superficie terrestre, les ressources minières et les frontières aériennes

La disposition des côtes, les intérêts de pêche et les aspects économiques

Explication

Dans l’affaire Jan Mayen, la CIJ a pris en considération la disposition des côtes, les intérêts de pêche et les aspects économiques afin d’éviter une solution inéquitable. Les bases militaires et les frontières aériennes ne constituent pas les facteurs mentionnés pour cet aménagement.

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Mémorisez les réponses avec 75 flashcards sur Droit de la mer : espaces et navires.

Quelle branche du droit s'applique aux États et aux espaces maritimes ?

Le droit international de la mer.

Qu'inclut la définition internationale de la mer ?

L'eau, la surface, le sol, le sous-sol et l'espace aérien subjacent.

Quel pourcentage de la surface terrestre la mer couvre-t-elle ?

71 % de la surface de la planète.

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