QCM : Droit international public — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quels acteurs peuvent être concernés par les règles du droit international public contemporain ?

Les États, les organisations internationales et de plus en plus les personnes privées
Les entreprises privées exerçant une activité commerciale dans leur État d’origine
Les personnes privées engagées dans une relation comportant un élément d’extranéité
Les juridictions nationales chargées d’appliquer les lois internes de leur pays

Les États, les organisations internationales et de plus en plus les personnes privées

Explication

Le droit international public régit les relations internationales et peut s’appliquer aux États, aux organisations internationales et progressivement aux personnes privées. Le droit international privé vise plutôt les relations entre personnes privées comportant un élément d’extranéité.

2. Quelle situation relève principalement du droit international privé ?

La création d’une organisation internationale par plusieurs gouvernements
Un différend portant sur les relations diplomatiques entre deux États
L’adoption d’une règle internationale concernant l’interdiction du génocide
Un contrat entre deux personnes privées rattachées à des États différents

Un contrat entre deux personnes privées rattachées à des États différents

Explication

Le droit international privé concerne les relations entre personnes privées qui comportent un élément d’extranéité et ne relèvent donc pas d’un seul État. Les autres situations concernent principalement les relations publiques internationales.

3. Pourquoi un État ne peut-il pas créer seul une règle internationale qui s’imposerait aux autres États ?

Parce que les personnes privées doivent approuver chaque engagement international
Parce que les organisations internationales disposent d’une compétence législative générale
Parce que les États souverains doivent participer à la création de la règle
Parce que les juridictions internationales rédigent toutes les règles applicables

Parce que les États souverains doivent participer à la création de la règle

Explication

La souveraineté des États implique qu’une règle internationale ne peut pas être créée unilatéralement par un seul État pour les autres. Les organisations et juridictions internationales ne disposent pas d’un pouvoir général permettant de remplacer cette participation étatique.

4. Quelle affirmation décrit correctement la hiérarchie des règles du droit international ?

Les règles conclues entre plusieurs États dominent les règles impératives du jus cogens
Les règles adoptées récemment prévalent sur les règles antérieures, quelle que soit leur nature
Toutes les règles internationales sont classées selon une hiérarchie générale fixée par les juridictions
Les règles ordinaires ne sont pas soumises à une hiérarchie générale, mais les règles impératives s’imposent

Les règles ordinaires ne sont pas soumises à une hiérarchie générale, mais les règles impératives s’imposent

Explication

Le droit international ne connaît pas de hiérarchie générale entre les règles ordinaires, tandis que les normes impératives du jus cogens bénéficient d’un statut supérieur. L’interdiction du génocide et celle du recours à la force illustrent ces normes impératives.

5. Laquelle de ces mesures constitue une modalité encadrée de mise en œuvre du droit international ?

Une condamnation pénale prononcée par un État contre un gouvernement étranger
Une contre-mesure proportionnée exercée dans le respect des règles internationales
Une décision unilatérale permettant à l’État lésé de choisir librement toute sanction
Une opération commerciale destinée à modifier une règle internationale sans négociation

Une contre-mesure proportionnée exercée dans le respect des règles internationales

Explication

Les contre-mesures font partie des moyens de mise en œuvre du droit international, mais elles restent encadrées par ce droit. Elles ne donnent donc pas à l’État lésé une liberté totale dans le choix de ses réactions.

6. Quelle distinction entre la CIJ et la CPI est exacte ?

La CIJ exécute ses mandats par ses propres forces, tandis que la CPI négocie les traités entre gouvernements
La CIJ règle des différends entre États, tandis que la CPI juge des individus pour les crimes les plus graves
La CIJ impose des sanctions économiques, tandis que la CPI tranche les conflits commerciaux entre entreprises
La CIJ juge des individus, tandis que la CPI règle les différends entre États avec leur accord

La CIJ règle des différends entre États, tandis que la CPI juge des individus pour les crimes les plus graves

Explication

La Cour internationale de Justice règle des différends entre États lorsque ceux-ci ont accepté sa compétence, alors que la Cour pénale internationale juge des personnes accusées de crimes graves. La CPI dépend toutefois de la coopération des États pour l’exécution de ses mandats d’arrêt.

7. Quelle opposition distingue l’approche du droit naturel de l’approche du droit positif en droit international ?

Le droit naturel considère les règles comme négociées, tandis que le droit positif les considère comme dépourvues de toute origine
Le droit naturel rattache les règles à une origine divine, tandis que le droit positif les rattache à la volonté et aux procédures des États
Le droit naturel rattache les règles aux procédures étatiques, tandis que le droit positif les rattache à une origine divine
Le droit naturel analyse les rapports de force, tandis que le droit positif limite son étude aux décisions des juridictions

Le droit naturel rattache les règles à une origine divine, tandis que le droit positif les rattache à la volonté et aux procédures des États

Explication

L’approche du droit naturel fonde les règles internationales sur une origine divine, alors que l’approche positiviste les fait découler de la volonté et des procédures des États. Les autres propositions inversent ces deux conceptions ou leur attribuent des caractéristiques étrangères à cette distinction.

8. Quelle analyse Charles Chaumont propose-t-il des règles et procédures du droit international ?

Elles résultent principalement d’une origine divine commune à toutes les communautés politiques
Elles reposent sur une autorité juridictionnelle mondiale indépendante des États
Elles traduisent des rapports de force qui favorisent les États les plus puissants
Elles forment un système neutre dans lequel la puissance des États n’a pas d’incidence

Elles traduisent des rapports de force qui favorisent les États les plus puissants

Explication

Pour Charles Chaumont, les règles et les procédures du droit international reflètent des rapports de force favorables aux États les plus puissants. Cette analyse critique s’oppose à la présentation positiviste du droit comme un ensemble parfaitement neutre.

9. Quel événement de 1648 consacre la souveraineté et l’indépendance réciproques des États européens ?

La création de l’Union Postale Universelle
La création de la CECA
Le Congrès de Berlin
Les traités de Westphalie

Les traités de Westphalie

Explication

Les traités de Westphalie, conclus en 1648, consacrent la souveraineté et l’indépendance des États européens les uns par rapport aux autres. Le Congrès de Berlin concerne plutôt les règles de colonisation de l’Afrique au XIXe siècle.

10. Quelle création marque le début de la construction européenne en 1952 ?

La Communauté européenne du charbon et de l’acier
L’Organisation des Nations unies
La Société des Nations
L’Union Postale Universelle

La Communauté européenne du charbon et de l’acier

Explication

La construction européenne commence en 1952 avec la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier. L’Union Postale Universelle a été créée en 1874 et ne constitue pas une étape de la construction européenne.

11. Quel effet la proclamation, au début des années 1960, du droit des peuples colonisés à l’indépendance produit-elle sur le système international ?

Elle entraîne la création de nouveaux États reconnus comme également souverains
Elle établit des règles communes pour coloniser davantage le continent africain
Elle réserve la souveraineté internationale aux anciens États impériaux
Elle renforce l’administration coloniale exercée par les puissances européennes

Elle entraîne la création de nouveaux États reconnus comme également souverains

Explication

La proclamation de ce droit entraîne une vague de créations de nouveaux États auxquels est reconnue une souveraineté égale. Elle marque donc une rupture avec le système colonial antérieur plutôt qu’un renforcement de celui-ci.

12. Quelle caractéristique distingue juridiquement un traité d’un gentlemen agreement ?

Le traité doit réunir plus de deux sujets internationaux signataires
Le traité repose sur un engagement politique ou moral dépourvu d’effets juridiques
Le traité concerne nécessairement une organisation internationale spécialisée
Le traité vise à produire des effets juridiques en droit international

Le traité vise à produire des effets juridiques en droit international

Explication

Un traité est un accord régi par le droit international et conclu avec l’intention de produire des effets juridiques. Le gentlemen agreement constitue plutôt un engagement politique ou moral, sans la même portée juridique.

13. Quelle distinction permet de différencier un traité bilatéral d’un traité multilatéral ?

Le traité bilatéral réunit deux sujets, tandis que le traité multilatéral en réunit davantage
Le traité bilatéral est coutumier, tandis que le traité multilatéral repose sur des principes généraux
Le traité bilatéral crée une organisation, tandis que le traité multilatéral fixe ses objectifs
Le traité bilatéral est politique, tandis que le traité multilatéral produit des effets juridiques

Le traité bilatéral réunit deux sujets, tandis que le traité multilatéral en réunit davantage

Explication

La distinction repose sur le nombre de parties : deux sujets pour un traité bilatéral et plus de deux pour un traité multilatéral. Le caractère bilatéral ou multilatéral ne dépend ni de l’objet du traité ni de sa source juridique.

14. Quel est le rôle principal d’un traité constitutif ?

Créer une organisation internationale et déterminer ses objectifs ainsi que ses moyens
Énoncer des principes juridiques applicables aux différends devant la CIJ
Organiser une relation ponctuelle entre deux États sans créer d’institution
Consacrer une pratique générale acceptée comme étant juridiquement obligatoire

Créer une organisation internationale et déterminer ses objectifs ainsi que ses moyens

Explication

Un traité constitutif crée une organisation internationale et précise ses objectifs ainsi que ses moyens financiers, matériels et juridiques. Une pratique générale juridiquement obligatoire relève de la coutume internationale, et non d’un traité constitutif.

15. Quelles sources du droit international l’article 38, paragraphe 1, du Statut de la CIJ mentionne-t-il ?

Les constitutions nationales, les contrats privés et les déclarations de presse
Les décisions politiques, les usages diplomatiques et les actes des organisations privées
Les conventions internationales, la coutume internationale et les principes généraux de droit
Les traités commerciaux, les sanctions économiques et les résolutions municipales

Les conventions internationales, la coutume internationale et les principes généraux de droit

Explication

L’article 38, paragraphe 1, mentionne les conventions internationales, la coutume internationale et les principes généraux de droit reconnus par les nations civilisées. Les décisions politiques et les actes privés ne constituent pas la liste centrale visée par cette disposition.

16. Dans quel ordre général les étapes de conclusion d’un traité s’enchaînent-elles ?

Authentification du texte, expression du consentement, négociation, puis adoption
Expression du consentement, négociation, authentification du texte, puis adoption
Négociation, adoption et authentification du texte, puis expression du consentement
Adoption, expression du consentement, négociation, puis authentification du texte

Négociation, adoption et authentification du texte, puis expression du consentement

Explication

La conclusion suit la négociation du contenu, puis l’adoption et l’authentification du texte, avant l’expression du consentement à être lié. L’authentification clôt la phase de mise au point du texte, tandis que le consentement constitue une étape distincte.

17. Quelle compétence l’article 52 de la Constitution attribue-t-il au Président de la République concernant les traités ?

Il autorise parlementairement les traités avant leur ratification par le Gouvernement
Il négocie et ratifie les traités, tout en étant informé de certaines négociations internationales
Il authentifie les textes et tranche les différends relatifs à leur interprétation
Il approuve les accords internationaux sans participer à leur négociation

Il négocie et ratifie les traités, tout en étant informé de certaines négociations internationales

Explication

L’article 52 prévoit que le Président de la République négocie et ratifie les traités, et qu’il est informé des négociations visant certains accords internationaux. L’autorisation parlementaire relève de l’article 53 pour des catégories déterminées de traités.

18. Dans quelle situation une autorisation parlementaire est-elle requise avant la ratification ou l’approbation d’un traité ?

Lorsqu’il exprime l’intention de respecter l’objet et le but d’un futur traité
Lorsqu’il concerne la paix, le commerce, une organisation internationale ou les finances de l’État
Lorsqu’il est authentifié après la négociation et comporte des obligations politiques
Lorsqu’il est conclu entre deux sujets internationaux et porte sur une question technique

Lorsqu’il concerne la paix, le commerce, une organisation internationale ou les finances de l’État

Explication

L’article 53 exige une autorisation parlementaire pour plusieurs catégories, notamment les traités de paix ou de commerce, ceux relatifs aux organisations internationales et ceux engageant les finances de l’État. La simple signature ne suffit pas pour ces catégories soumises à cette procédure.

19. À partir de quel moment un traité devient-il juridiquement opposable aux États et organisations internationales qui ont consenti à être liés ?

À compter de sa première interprétation officielle
À compter de la clôture des négociations
À compter de son entrée en vigueur
À compter de son authentification

À compter de son entrée en vigueur

Explication

L’entrée en vigueur correspond au moment où le traité produit ses effets juridiques et devient opposable aux parties ayant donné leur consentement. L’authentification clôt les négociations, mais ne déclenche pas à elle seule les effets juridiques du traité.

20. Quelle condition distingue l’entrée en vigueur d’un traité bilatéral de celle d’un traité multilatéral ?

Le traité bilatéral entre en vigueur à la signature, tandis que le traité multilatéral entre en vigueur après sa publication
Le traité bilatéral dépend d’un dépositaire, tandis que le traité multilatéral dépend d’une procédure juridictionnelle
Le traité bilatéral requiert un seuil d’États, tandis que le traité multilatéral requiert l’accord de deux parties déterminées
Le traité bilatéral requiert le consentement des deux parties, tandis que le traité multilatéral peut requérir un seuil de consentements

Le traité bilatéral requiert le consentement des deux parties, tandis que le traité multilatéral peut requérir un seuil de consentements

Explication

Un traité bilatéral entre en vigueur lorsque ses deux parties ont consenti à être liées, alors qu’un traité multilatéral peut prévoir un nombre minimal de consentements. Le seuil d’États caractérise donc potentiellement le traité multilatéral, et non le traité bilatéral.

21. Dans un traité multilatéral, que désignent respectivement les dates d’entrée en vigueur objective et subjective ?

La signature du texte, puis son authentification par le dépositaire
La ratification par le premier État, puis la publication du traité par chaque partie
L’atteinte du seuil de consentements, puis le consentement d’un nouvel État
La clôture des négociations, puis l’adoption d’une réserve par un nouvel État

L’atteinte du seuil de consentements, puis le consentement d’un nouvel État

Explication

La date objective est atteinte lorsque le nombre minimal de consentements prévu est réuni, tandis que la date subjective est celle à laquelle un nouvel État exprime son consentement. La signature et l’authentification relèvent d’autres étapes de la conclusion du traité.

22. Dans quelle situation l’article 25 de la Convention de Vienne permet-il l’application provisoire d’un traité ?

Lorsqu’un dépositaire conserve les instruments et les notifications des parties
Lorsqu’il est convenu que le traité s’appliquera avant l’achèvement de la ratification interne
Lorsqu’un traité est authentifié et que les négociations sont définitivement closes
Lorsqu’un nouvel État adhère après que le seuil multilatéral a été atteint

Lorsqu’il est convenu que le traité s’appliquera avant l’achèvement de la ratification interne

Explication

L’article 25 permet de prévoir l’application provisoire d’un traité avant l’achèvement de la procédure interne de ratification, notamment dès la signature pour certains traités solennels. L’authentification et les fonctions du dépositaire concernent la conclusion ou la gestion documentaire du traité, non cette application anticipée.

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Qu'est-ce que le droit international public régit ?

Les relations internationales.

À qui s'applique le droit international public ?

Aux États, organisations internationales et personnes privées.

Qu'est-ce que le droit international privé concerne ?

Les relations entre personnes privées avec un élément d’extranéité.

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