QCM : Cadre de l’action administrative — 16 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que commande le principe de légalité administrative à l’administration ?

Agir dans l’intérêt général en respectant la règle de droit
Privilégier l’efficacité administrative sans contrainte juridique
Suivre les orientations politiques sans contrôle juridictionnel
Décider librement lorsque l’intérêt général est invoqué

Agir dans l’intérêt général en respectant la règle de droit

Explication

Le principe de légalité exige que l’administration poursuive l’intérêt général tout en respectant les règles de droit, conformément à l’article L100-2 du CRPA. L’invocation de l’intérêt général ne permet pas de s’affranchir de l’ordre juridique, contrairement à ce que suggère la dernière proposition.

2. Quelle sanction correspond principalement à un acte juridique illégal de l’administration ?

La réparation automatique de tout préjudice éventuel
La modification du règlement qui le fonde
Son annulation par le juge
La suspension de toute activité administrative similaire

Son annulation par le juge

Explication

Un acte juridique illégal peut être annulé par le juge, car il méconnaît les règles applicables à la décision administrative. La responsabilité administrative concerne principalement les dommages causés par des actions matérielles illégales, et non la sanction première de l’acte juridique.

3. Quelle différence caractérise le mieux l’État légal et l’État de droit ?

L’État légal soumet l’administration à la loi, tandis que l’État de droit soumet aussi la loi à la Constitution
L’État légal soumet l’administration à la Constitution, tandis que l’État de droit privilégie les règlements
L’État légal place les juges au sommet, tandis que l’État de droit place l’administration au sommet
L’État légal repose sur le pouvoir discrétionnaire, tandis que l’État de droit supprime toute appréciation administrative

L’État légal soumet l’administration à la loi, tandis que l’État de droit soumet aussi la loi à la Constitution

Explication

L’État légal limite l’administration par la loi, alors que l’État de droit l’insère dans une hiérarchie des normes dominée par la Constitution. La distinction ne repose donc ni sur la disparition de toute appréciation administrative ni sur une supériorité générale de l’administration.

4. À quelles normes l’administration doit-elle se conformer dans un État de droit ?

Aux règlements administratifs adoptés par les autorités hiérarchiquement supérieures
À toutes les normes supérieures qui s’imposent à elle, dont la Constitution et certaines règles externes
Aux lois nationales qui organisent directement son fonctionnement administratif
Aux normes internes de l’administration et aux instructions de ses responsables

À toutes les normes supérieures qui s’imposent à elle, dont la Constitution et certaines règles externes

Explication

Dans un État de droit, l’administration doit respecter l’ensemble des normes de valeur supérieure qui lui sont opposables, notamment la Constitution et certaines règles externes à l’administration. La limiter aux seules lois ou aux normes internes méconnaît la hiérarchie complète des normes.

5. Dans quelle situation l’administration se trouve-t-elle en compétence liée ?

Lorsqu’une règle lui impose une décision déterminée pour une situation de fait donnée
Lorsqu’elle fixe elle-même les conditions d’application de la règle
Lorsqu’elle peut choisir entre plusieurs décisions légalement envisageables
Lorsqu’elle adapte librement sa décision aux circonstances de chaque dossier

Lorsqu’une règle lui impose une décision déterminée pour une situation de fait donnée

Explication

La compétence liée existe lorsqu’une règle de droit impose à l’administration une décision déterminée dès lors que les faits requis sont réunis. La possibilité de sélectionner entre plusieurs solutions relève au contraire du pouvoir discrétionnaire.

6. Que permet le pouvoir discrétionnaire à l’administration ?

Appliquer mécaniquement une décision imposée par les faits constatés
Écarter la règle applicable lorsque les circonstances paraissent particulières
Remplacer les normes supérieures par une appréciation administrative
Choisir sa décision parmi plusieurs possibilités, dans le respect de la légalité

Choisir sa décision parmi plusieurs possibilités, dans le respect de la légalité

Explication

Le pouvoir discrétionnaire désigne une marge d’appréciation permettant à l’administration de choisir sa décision face à une situation donnée, tout en restant soumise à la légalité. Il ne l’autorise donc ni à écarter la règle applicable ni à remplacer les normes supérieures.

7. Quels arrêts du Conseil d’État sont à l’origine de la théorie jurisprudentielle des circonstances exceptionnelles ?

Labonne de 1919 et Dol et Laurent de 1921
Heyries de 1918 et Dol et Laurent de 1919
Dames Dol et Laurent de 1918 et Heyries de 1920
Benjamin de 1933 et Heyries de 1919

Heyries de 1918 et Dol et Laurent de 1919

Explication

Les arrêts Heyries de 1918 et Dol et Laurent de 1919 ont fondé la théorie jurisprudentielle des circonstances exceptionnelles. Les régimes d’exception, en revanche, reposent sur des textes constitutionnels ou législatifs.

8. Dans quelle situation la théorie des circonstances exceptionnelles peut-elle s’appliquer ?

Lors d’une crise grave rendant impossible le respect ordinaire de la légalité
Lors d’une difficulté budgétaire ne perturbant pas les missions publiques
Lors d’une période calme où l’administration souhaite accélérer ses procédures
Lors d’un simple désaccord politique sans conséquence sur l’action administrative

Lors d’une crise grave rendant impossible le respect ordinaire de la légalité

Explication

La théorie vise des situations de guerre, d’après-guerre ou de crise grave, notamment certaines crises sanitaires et catastrophes naturelles, qui empêchent le respect strict de la légalité ordinaire. Un simple désaccord politique ou une difficulté administrative ne suffit pas.

9. Quels éléments de l’action administrative peuvent être assouplis en présence de circonstances exceptionnelles ?

La nationalité des usagers, les impôts et les élections
La hiérarchie des normes, les traités et la Constitution
La compétence, la procédure et le fond de l’acte
La durée du mandat, le budget et le statut des fonctionnaires

La compétence, la procédure et le fond de l’acte

Explication

Les circonstances exceptionnelles peuvent justifier un assouplissement de la compétence de l’autorité, de la procédure et du fond de l’acte administratif. Elles ne modifient pas directement les éléments institutionnels ou fiscaux proposés dans les autres réponses.

10. Quel contrôle le juge administratif exerce-t-il sur une mesure prise pendant des circonstances exceptionnelles ?

Il vérifie la réalité, l’actualité, la nécessité et la proportionnalité de la mesure
Il vérifie uniquement que l’administration invoque publiquement une situation de crise
Il contrôle principalement la popularité de la mesure auprès des personnes concernées
Il considère que toute mesure de crise échappe au contrôle juridictionnel

Il vérifie la réalité, l’actualité, la nécessité et la proportionnalité de la mesure

Explication

Le juge administratif contrôle l’existence des circonstances exceptionnelles, leur contemporanéité avec la décision, ainsi que le caractère nécessaire et proportionné de la mesure. Une situation de crise ne soustrait donc pas l’administration à tout contrôle.

11. Dans quelles circonstances l’état de siège peut-il être déclaré et quel effet produit-il principalement ?

En cas de guerre étrangère ou d’insurrection armée, il étend les compétences militaires
En cas de calamité publique, il transfère les pouvoirs de police aux autorités judiciaires
En cas d’atteinte grave à l’ordre public, il suspend les compétences des autorités militaires
En cas de trouble politique, il confie la direction administrative aux collectivités territoriales

En cas de guerre étrangère ou d’insurrection armée, il étend les compétences militaires

Explication

Prévu par l’article 36 de la Constitution, l’état de siège répond à un péril imminent résultant d’une guerre étrangère ou d’une insurrection armée et renforce les compétences des autorités militaires. L’atteinte grave à l’ordre public ou la calamité publique renvoie plutôt à l’état d’urgence.

12. Quelles conditions cumulatives permettent au président de la République de recourir à l’article 16 de la Constitution ?

Une catastrophe naturelle et l’impossibilité temporaire de réunir le Parlement
Une atteinte à l’ordre public et une demande formulée par les autorités militaires
L’interruption du fonctionnement des pouvoirs publics et une menace grave et imminente sur les institutions
Une crise économique durable et une baisse importante de la confiance dans le gouvernement

L’interruption du fonctionnement des pouvoirs publics et une menace grave et imminente sur les institutions

Explication

L’article 16 suppose à la fois que le fonctionnement des pouvoirs publics soit interrompu et qu’une menace grave et imminente pèse sur les institutions. Un simple trouble politique ou une crise économique ne remplit pas nécessairement ces conditions.

13. Pour quel motif l’état d’urgence prévu par la loi du 3 avril 1955 peut-il être déclaré ?

Un péril imminent résultant d’une atteinte grave à l’ordre public ou d’une calamité publique
Une guerre étrangère ou une insurrection armée menaçant directement le territoire
Une catastrophe sanitaire mettant en péril la santé de la population par sa gravité
Une interruption du fonctionnement des pouvoirs publics accompagnée d’une menace institutionnelle

Un péril imminent résultant d’une atteinte grave à l’ordre public ou d’une calamité publique

Explication

La loi du 3 avril 1955 permet de déclarer l’état d’urgence en cas de péril imminent résultant d’une atteinte grave à l’ordre public ou d’une calamité publique. La guerre étrangère relève de l’état de siège, tandis que la catastrophe sanitaire correspond au régime sanitaire spécifique.

14. Quel régime a été créé par la loi du 23 mars 2020 pour répondre à une catastrophe sanitaire grave ?

Le régime constitutionnel de l’article 16
La théorie législative des circonstances exceptionnelles
L’état d’urgence sanitaire
L’état de siège sanitaire

L’état d’urgence sanitaire

Explication

La loi du 23 mars 2020 a créé l’état d’urgence sanitaire afin de faire face à une catastrophe sanitaire mettant en péril la santé de la population par sa nature et sa gravité. Les autres notions ne désignent pas ce régime légal spécifique.

15. Comment la théorie des circonstances exceptionnelles s’articule-t-elle avec un régime d’exception prévu par un texte ?

Elle écarte nécessairement le régime textuel dès qu’elle est invoquée
Elle remplace le texte dès qu’une autorité administrative la mentionne
Elle ne peut intervenir qu’après la disparition complète du régime textuel
Elle peut s’appliquer conjointement avec ce régime textuel

Elle peut s’appliquer conjointement avec ce régime textuel

Explication

La théorie jurisprudentielle et un régime d’exception textuel peuvent coexister et fournir simultanément des fondements à l’action administrative. Il est donc inexact de considérer qu’un seul fondement juridique doit s’appliquer dans toute situation exceptionnelle.

16. Que reconnaît l’exemple de 2021 concernant les pouvoirs de police pendant la pandémie ?

Le Premier ministre pouvait exercer des pouvoirs de police liés à la pandémie malgré l’état d’urgence sanitaire en vigueur
Le Premier ministre perdait toute compétence de police dès la déclaration de l’état d’urgence sanitaire
Le Conseil d’État réservait les mesures sanitaires aux autorités militaires pendant la pandémie
L’état d’urgence sanitaire empêchait toute intervention fondée sur la jurisprudence administrative

Le Premier ministre pouvait exercer des pouvoirs de police liés à la pandémie malgré l’état d’urgence sanitaire en vigueur

Explication

En 2021, le Conseil d’État a admis que le Premier ministre pouvait exercer des pouvoirs de police liés à la pandémie alors que l’état d’urgence sanitaire était déjà en vigueur. Cet exemple illustre la coexistence d’un fondement jurisprudentiel avec un régime textuel.

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Qu'impose le principe de légalité à l'administration selon l'article L100-2 du CRPA ?

D'agir dans l'intérêt général en respectant la règle de droit.

Que peut faire le juge face à un acte juridique illégal de l'administration ?

Il peut annuler cet acte.

Quelle conséquence peut entraîner une action matérielle illégale de l'administration ?

Elle peut engager la responsabilité de l'administration pour les dommages causés.

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