★ À maîtriser
À partir des XVIe et XVIIe siècles, l’État s’est réservé le pouvoir de déterminer les infractions et de punir au nom de la société.
Le principe de légalité des délits et des peines a été affirmé avec le droit intermédiaire, après la suppression des peines corporelles.
Compléments
La vengeance privée constituait la première forme de réaction pénale, le chef de famille et le clan décidant de l’existence de l’offense et de la riposte.
Beccaria a condamné la peine de mort dans le Traité des délits et des peines et a défendu l’éducation comme moyen de réhabilitation des délinquants.
Vengeance privée → compensation → justice publique → adoucissement pénal
★ À maîtriser
📌 Le Code pénal classe les infractions selon leur gravité en crimes, délits et contraventions, conformément à l’article 111-1 du Code pénal.
📌 Selon l’article 111-2 du Code pénal, la loi détermine les crimes et les délits tandis que le règlement détermine les contraventions dans les limites fixées par la loi.
Compléments
Code de 1810 sévère ; Code actuel marqué par les alternatives et l’abolition
★ À maîtriser
L’article 111-2 du Code pénal attribue à la loi la détermination des crimes et délits et au règlement la détermination des contraventions.
Le juge pénal peut interpréter les notions vagues des textes, mais il ne peut pas inventer une sanction qui n’existe dans aucun texte.
L’article 55 de la Constitution consacre la supériorité des traités et accords internationaux sur les lois nationales.
Selon l’article 111-5 du Code pénal, les juridictions pénales peuvent interpréter les actes administratifs et en apprécier la légalité lorsque cet examen conditionne la solution du procès pénal.
Compléments
📌 La coutume ne peut pas créer une infraction pénale, mais elle peut parfois justifier un comportement et constituer une cause de justification.
Constitution → traité → loi → règlement
📌 L’article 111-3 du Code pénal prévoit que les éléments des crimes et délits sont définis par la loi, ceux des contraventions par le règlement, et qu’aucune peine non prévue par le texte compétent ne peut être prononcée.
📌 Le principe de légalité protège l’individu contre l’arbitraire, informe la société des comportements interdits et impose au juge d’appliquer la loi sans la créer.
📌 La loi pénale doit être claire, précise, prévisible et accessible afin que chacun puisse connaître les comportements interdits et les sanctions encourues.
NCL : Nullum Crimen, Nulla Poena, Sine Lege
📌 L’article 111-4 du Code pénal impose l’interprétation stricte de la loi pénale.
📌 Le juge pénal ne peut pas raisonner par analogie pour étendre une règle à une situation voisine non prévue par le texte lorsqu’une telle extension défavorise le prévenu.
📌 Le juge saisi in rem est saisi des faits et peut modifier leur qualification juridique, mais il ne peut pas ajouter de nouveaux faits et doit respecter le principe du contradictoire.
Le juge peut interpréter strictement, mais ne peut pas créer par analogie
★ À maîtriser
Compléments
📌 Lorsque plusieurs infractions sont jugées dans le même procès, l’article 132-3 du Code pénal permet de prononcer les peines encourues dans la limite du maximum légal le plus élevé pour les peines de même nature.
Concours réel : plusieurs faits ; concours idéal : un fait unique
★ À maîtriser
Selon l’article 112-1 du Code pénal, seuls sont punissables les faits constitutifs d’une infraction à la date où ils ont été commis et seules les peines alors légalement applicables peuvent être prononcées.
Les lois pénales de fond définissent les infractions, la responsabilité et les peines, tandis que les lois de forme concernent la compétence, l’organisation judiciaire et la procédure pénale.
Les lois de procédure pénale sont en principe d’application immédiate aux procédures en cours, conformément à l’article 112-2 du Code pénal.
Compléments
Loi ancienne pour les faits ; loi nouvelle seulement si plus douce
★ À maîtriser
La compétence pénale peut reposer sur la territorialité, la personnalité active, la personnalité passive ou la compétence universelle.
Selon l’article 113-2 du Code pénal, la loi pénale française s’applique aux infractions commises sur le territoire de la République, et une infraction est réputée commise en France dès lors qu’un de ses faits constitutifs y a eu lieu.
Selon l’article 113-2-1 du Code pénal, un crime ou un délit commis au moyen d’un réseau électronique est réputé commis en France lorsque la victime est une personne physique résidant en France ou une personne morale dont le siège y est situé.
Compléments
📌 Le territoire de la République comprend le territoire terrestre français ainsi que les espaces maritime et aérien qui lui sont liés.
📌 Pour une infraction continue, habituelle ou complexe, la loi française peut s’appliquer lorsqu’une partie de la situation ou l’un des actes matériels a été réalisé sur le territoire français.
Territorialité → personnalité → universalité
Crime français toujours punissable ; délit français soumis à la réciprocité
★ À maîtriser
Selon l’article 113-6 du Code pénal, la loi pénale française s’applique à tout crime commis par un Français hors du territoire de la République et aux délits commis par un Français à l’étranger lorsque les faits sont également punis par la législation du pays de commission.
Selon l’article 113-7 du Code pénal, la loi pénale française s’applique à tout crime ainsi qu’à tout délit puni d’emprisonnement commis à l’étranger par un Français ou un étranger lorsque la victime était française au moment des faits.
L’article 113-10 du Code pénal rend la loi française applicable à certaines atteintes commises à l’étranger contre les intérêts fondamentaux de la nation, les signes monétaires français et les agents ou locaux diplomatiques et consulaires français.
Compléments
L’immunité constitue un obstacle temporaire ou définitif aux poursuites contre une personne protégée en raison de sa fonction, même lorsqu’une infraction a été commise sur le territoire français.
Dans les cas des articles 113-6 et 113-7 du Code pénal, les poursuites pour délit nécessitent une requête du ministère public précédée d’une plainte de la victime ou de ses ayants droit, ou d’une dénonciation officielle de l’autorité étrangère.
Aucune poursuite ne peut être exercée en France contre une personne définitivement jugée à l’étranger pour les mêmes faits lorsque la peine prononcée a été exécutée ou prescrite.
Personnalité active = auteur français ; personnalité passive = victime française.
Projet → préparation → exécution → consommation.
★ À maîtriser
📌 L’infraction de commission résulte d’un acte positif interdit par la loi, tandis que l’infraction d’omission résulte de l’inexécution d’un comportement imposé par la loi.
📌 Une omission n’est punissable que si une obligation légale d’agir existe, si la personne pouvait matériellement agir et si elle s’est abstenue malgré cette possibilité en connaissant la situation.
Compléments
Commission = agir malgré l’interdit ; omission = ne pas agir malgré l’obligation.
📌 L’infraction matérielle exige la réalisation du résultat prévu par le texte et un lien de causalité, tandis que l’infraction formelle est consommée par le comportement interdit sans que le résultat dommageable soit nécessaire.
📌 Pour les infractions non intentionnelles, l’article 121-3 du Code pénal distingue la causalité directe, associée à l’imprudence ou à la négligence, et la causalité indirecte, qui exige une faute qualifiée.
Comportement causal → résultat juridiquement imputable.
★ À maîtriser
📌 La tentative interrompue correspond à l’impossibilité d’accomplir tous les actes nécessaires, tandis que la tentative infructueuse correspond à l’accomplissement de ces actes sans obtention du résultat recherché.
📌 Le commencement d’exécution est un acte qui tend directement et immédiatement à la consommation de l’infraction et révèle sans équivoque l’intention de la commettre.
Compléments
📌 Lorsque la tentative est réprimée, les peines encourues sont les mêmes que pour l’infraction consommée, sous réserve de l’individualisation de la peine par le juge.
Tentative interrompue = actes inachevés ; tentative infructueuse = actes achevés sans résultat.
★ À maîtriser
Selon l’article 121-3 du Code pénal, il n’existe en principe aucun crime ou délit sans intention de le commettre, sauf lorsque la loi prévoit une mise en danger délibérée ou une faute non intentionnelle.
La mise en danger délibérée suppose une violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité exposant directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures graves.
En cas de causalité indirecte, une personne physique est pénalement responsable si elle a violé manifestement une obligation particulière de prudence ou commis une faute caractérisée exposant autrui à un risque d’une particulière gravité qu’elle ne pouvait ignorer.
Compléments
📌 Le dol déterminé correspond à un résultat exactement voulu, le dol indéterminé à un résultat non précisément anticipé et le dol dépassé à un résultat dépassant le but recherché.
📌 L’article 122-3 du Code pénal exclut la responsabilité pénale lorsqu’une personne a cru, en raison d’une erreur de droit qu’elle ne pouvait éviter, pouvoir légitimement accomplir l’acte.
Faute intentionnelle = volonté ; faute non intentionnelle = imprudence ou négligence.
★ À maîtriser
📌 Les éléments constitutifs de la complicité sont une infraction principale punissable et un acte de complicité.
Compléments
📌 La responsabilité pénale du dirigeant peut reposer sur une infraction commise par un préposé, une faute personnelle imputable au dirigeant ou une présomption de faute, mais elle peut être écartée par une délégation de pouvoirs prouvée.
★ À maîtriser
📌 L’article 122-4 du Code pénal exclut la responsabilité de celui qui accomplit un acte prescrit ou autorisé par la loi ou le règlement, ou commandé par une autorité légitime, sauf si le commandement est manifestement illégal.
Compléments
📌 L’article 122-6 du Code pénal présume la légitime défense lors d’une entrée de nuit par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité, ainsi que contre des vols ou pillages exécutés avec violence.
📌 Le lanceur d’alerte n’est pas pénalement responsable de l’atteinte à un secret protégé lorsque la divulgation est nécessaire et proportionnée, respecte les conditions légales du signalement et répond aux critères légaux.
Légitime défense = atteinte injustifiée ; état de nécessité = danger actuel ou imminent.
★ À maîtriser
Selon l’article 122-1 du Code pénal, un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli le discernement ou le contrôle des actes au moment des faits exclut la responsabilité pénale, tandis qu’une simple altération laisse la personne punissable mais peut réduire la peine.
Selon l’article 122-8 du Code pénal, les mineurs capables de discernement sont pénalement responsables dans les conditions fixées par une loi particulière.
Selon l’article 121-2 du Code pénal, les personnes morales, à l’exclusion de l’État, sont pénalement responsables des infractions commises pour leur compte par leurs organes ou représentants.
La responsabilité pénale d’une personne morale n’exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des mêmes faits, sous réserve des règles relatives à la causalité indirecte.
Pour engager la responsabilité pénale d’une personne morale, l’infraction doit avoir été commise par un organe ou un représentant identifié et pour le compte de cette personne morale.
Compléments
📌 L’abolition temporaire du discernement résultant d’une consommation volontaire de substances psychoactives destinée à commettre l’infraction n’exclut pas l’application du premier alinéa de l’article 122-1 du Code pénal.
📌 Les collectivités territoriales et leurs groupements ne sont pénalement responsables que des infractions commises dans l’exercice d’activités susceptibles de faire l’objet de conventions de délégation de service public.
| Norme | Rôle | Contrôle |
|---|---|---|
| Constitution | Fixe les grands principes pénaux | Contrôle de constitutionnalité |
| Traités internationaux | S’imposent aux lois nationales | Contrôle de conventionnalité |
| Loi | Détermine les crimes et délits | Respect de la Constitution et des traités |
| Règlement | Détermine les contraventions | Contrôle de légalité |
| Fondement | Élément de rattachement | Double incrimination |
|---|---|---|
| Personnalité active | Auteur français | Oui pour les délits, non pour les crimes |
| Personnalité passive | Victime française | Non |
| Intérêts fondamentaux | Atteinte aux intérêts français | Non indiquée |
| Compétence universelle | Infraction contre la communauté internationale | Non indiquée |
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