QCM : Fondements du droit administratif — 69 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel rôle l’administration joue-t-elle à l’égard du gouvernement dans l’exécution des lois ?

Elle appuie le gouvernement par l’action des ministères et des préfets
Elle contrôle les juridictions chargées de sanctionner les infractions
Elle remplace le gouvernement dans l’élaboration des lois nouvelles
Elle représente les collectivités territoriales devant le Parlement

Elle appuie le gouvernement par l’action des ministères et des préfets

Explication

L’administration aide le gouvernement à mettre les lois en œuvre, notamment grâce aux ministères et aux préfets. Les juridictions, le Parlement et les collectivités exercent des fonctions distinctes qui ne correspondent pas à ce rôle général.

2. Quelle distinction oppose correctement les définitions matérielle et organique de l’administration ?

La définition matérielle désigne les lois, tandis que la définition organique désigne leur interprétation
La définition matérielle concerne les tribunaux, tandis que la définition organique concerne les personnes privées
La définition matérielle vise l’activité, tandis que la définition organique vise les organes chargés d’administrer
La définition matérielle vise les organes, tandis que la définition organique vise les activités administratives

La définition matérielle vise l’activité, tandis que la définition organique vise les organes chargés d’administrer

Explication

La définition matérielle s’intéresse à l’activité d’administrer, alors que la définition organique porte sur les organes et les personnes qui l’exercent. La confusion fréquente consiste précisément à inverser ces deux approches.

3. Quelle situation illustre une décentralisation plutôt qu’une déconcentration ?

Un ministre répartit des tâches entre plusieurs directions centrales
Un service départemental applique les instructions d’une administration centrale
Un préfet exerce dans son département une compétence au nom de l’État
Une région dispose d’une personnalité morale et exerce une compétence transférée par l’État

Une région dispose d’une personnalité morale et exerce une compétence transférée par l’État

Explication

La décentralisation transfère des compétences à une autre personne morale, comme une collectivité territoriale dotée d’une autonomie. La déconcentration répartit les compétences à l’intérieur de l’État, notamment par l’intermédiaire du préfet.

4. Quelle opposition doctrinale concerne le critère de définition du droit administratif ?

Duguit rattache le droit administratif au droit civil, tandis que Hauriou le rattache au droit pénal
Duguit met en avant la puissance publique, tandis que Hauriou insiste sur le service public
Duguit met en avant le service public, tandis que Hauriou insiste sur la puissance publique
Duguit privilégie la décentralisation, tandis que Hauriou privilégie la déconcentration

Duguit met en avant le service public, tandis que Hauriou insiste sur la puissance publique

Explication

Duguit considère le service public comme le critère du droit administratif, tandis que Hauriou le définit à partir des moyens de puissance publique. Les autres oppositions ne correspondent pas à leur débat doctrinal.

5. Quelle portée est traditionnellement attribuée à l’arrêt Blanco du 8 février 1873 ?

Il interdit aux juges judiciaires de contrôler les actes des autorités administratives
Il affirme l’existence d’un droit spécial lié au service public et appliqué par un ordre juridictionnel spécifique
Il crée le système de l’administrateur juge pour les décisions prises par les ministres
Il confie au Conseil d’État le pouvoir de juger les litiges administratifs en dernier ressort

Il affirme l’existence d’un droit spécial lié au service public et appliqué par un ordre juridictionnel spécifique

Explication

L’arrêt Blanco est présenté comme le mythe fondateur du droit administratif, en reconnaissant un droit spécial lié au service public et un ordre juridictionnel propre. L’interdiction faite aux juges et la justice déléguée résultent d’autres textes et étapes historiques.

6. Que prévoit l’article 13 du titre II de la loi des 16 et 24 août 1790 ?

Il autorise les préfets à trancher les litiges relevant de la juridiction judiciaire
Il interdit aux juges de troubler les opérations administratives ou de citer les administrateurs pour leurs fonctions
Il confie au Conseil d’État le jugement définitif des recours contre l’administration
Il donne aux juges judiciaires compétence pour contrôler les décisions prises par les ministres

Il interdit aux juges de troubler les opérations administratives ou de citer les administrateurs pour leurs fonctions

Explication

Cet article protège les opérations des corps administratifs contre l’intervention des juges et empêche de citer les administrateurs pour leurs fonctions. Le Conseil d’État et les préfets n’y reçoivent pas les compétences juridictionnelles décrites dans les autres réponses.

7. Dans le système de l’administrateur juge, qui tranche les litiges administratifs attribués par la loi ?

Le ministre compétent tranche ces litiges, tandis que le juge judiciaire conserve les matières non attribuées
Le juge judiciaire tranche ces litiges, tandis que le ministre examine les matières non attribuées
Le Conseil d’État tranche ces litiges, tandis que le préfet examine les recours ordinaires
Le préfet tranche ces litiges, tandis que le Parlement examine les décisions contestées

Le ministre compétent tranche ces litiges, tandis que le juge judiciaire conserve les matières non attribuées

Explication

Le système de l’administrateur juge confie au ministre le règlement des litiges administratifs relevant des domaines prévus par la loi. Le juge judiciaire demeure compétent pour les matières qui ne lui ont pas été retirées, contrairement à la confusion proposée dans certaines réponses.

8. Quel changement la loi du 24 mai 1872 a-t-elle apporté à la justice administrative ?

Elle a donné au Conseil d’État le pouvoir de rendre la justice et consacré la justice déléguée
Elle a instauré l’administrateur juge en confiant les recours administratifs aux ministres
Elle a supprimé le Conseil d’État et confié les litiges administratifs aux tribunaux judiciaires
Elle a interdit au Conseil d’État de rendre des avis sur les décisions administratives

Elle a donné au Conseil d’État le pouvoir de rendre la justice et consacré la justice déléguée

Explication

La loi du 24 mai 1872 marque le passage de la justice retenue à la justice déléguée en permettant au Conseil d’État de rendre la justice. Elle consolide ainsi le dualisme juridictionnel au lieu de supprimer ou de réduire le rôle du Conseil d’État.

9. Pourquoi le droit administratif est-il principalement qualifié de jurisprudentiel ?

Parce qu’il résulte principalement des usages professionnels des personnes privées
Parce qu’il est formé surtout par les règlements internes des collectivités territoriales
Parce qu’il repose principalement sur un code administratif général adopté par le Parlement
Parce qu’il s’est construit largement par les décisions des juridictions sans code administratif général

Parce qu’il s’est construit largement par les décisions des juridictions sans code administratif général

Explication

Le droit administratif est dit principalement jurisprudentiel parce que les décisions des juridictions ont joué un rôle majeur dans sa construction, en l’absence de code administratif général. La codification générale caractérise davantage le droit civil que le droit administratif.

10. Que signifie l’autonomie du droit administratif ?

Il permet à l’administration d’agir sans respecter les règles juridiques applicables aux autorités publiques
Il impose aux juridictions administratives d’appliquer les mêmes règles que les juridictions civiles
Il désigne la capacité des collectivités territoriales à adopter leur propre droit civil
Il constitue un droit spécial, distinct du droit civil, doté de notions et de concepts propres

Il constitue un droit spécial, distinct du droit civil, doté de notions et de concepts propres

Explication

L’autonomie signifie que le droit administratif forme un droit spécial distinct du droit civil et organisé autour de notions propres. Elle ne signifie pas que l’administration échappe au droit ni que les collectivités peuvent créer un droit civil autonome.

11. Quelle situation illustre l’exorbitance du droit administratif ?

Une autorité administrative dispose d’un pouvoir de décision qu’une personne privée ne peut pas exercer
Une personne publique renonce à toute prérogative afin de se comporter comme un particulier
Un tribunal civil utilise une notion issue du droit commun pour résoudre un litige privé
Une collectivité territoriale applique une règle identique à celle qui régit les contrats entre particuliers

Une autorité administrative dispose d’un pouvoir de décision qu’une personne privée ne peut pas exercer

Explication

L’exorbitance correspond aux dérogations au droit commun qui accordent à l’administration des pouvoirs particuliers inconnus des personnes privées. Elle se distingue de l’autonomie, qui désigne plus largement l’existence d’un droit administratif spécial.

12. Quelle association distingue correctement les prérogatives d’action et les prérogatives de protection ?

L’exécution forcée relève de la protection, tandis que la décision exécutoire relève de la gestion privée
La décision exécutoire relève de la protection, tandis que l’insaisissabilité relève de l’action
L’insaisissabilité des biens publics relève de l’action, tandis que l’exécution forcée relève de la protection
La décision exécutoire relève de l’action, tandis que l’insaisissabilité des biens publics relève de la protection

La décision exécutoire relève de l’action, tandis que l’insaisissabilité des biens publics relève de la protection

Explication

Les prérogatives d’action permettent notamment de prendre une décision exécutoire ou de procéder à l’exécution forcée. Les prérogatives de protection comprennent notamment l’insaisissabilité des biens et des deniers publics.

13. Quelle juridiction est le juge administratif de droit commun en première instance depuis 1953 ?

Le tribunal administratif
La cour administrative d’appel
Le Conseil d’État
Le Tribunal des conflits

Le tribunal administratif

Explication

Le tribunal administratif juge en première instance dans l’ordre administratif depuis 1953. Le Conseil d’État intervient principalement comme juridiction suprême, et non comme juge administratif de droit commun en première instance.

14. Quelle est la fonction principale du Tribunal des conflits ?

Contrôler la constitutionnalité des lois avant leur promulgation
Annuler les actes administratifs contraires à la loi
Trancher les conflits de compétence entre les deux ordres de juridiction
Juger en appel les décisions des tribunaux administratifs

Trancher les conflits de compétence entre les deux ordres de juridiction

Explication

Le Tribunal des conflits détermine si un litige relève de l’ordre administratif ou de l’ordre judiciaire et connaît certains dénis de justice. Le contrôle de constitutionnalité relève du Conseil constitutionnel, tandis que les autres fonctions appartiennent aux juridictions de chaque ordre.

15. Quelle décision a reconnu l’indépendance des juridictions administratives comme principe fondamental reconnu par les lois de la République ?

L’arrêt du Conseil d’État du 17 février 1950
La décision du Conseil constitutionnel du 22 juillet 1980
La décision du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971
La loi du 24 mai 1872 portant réorganisation du Conseil d’État

La décision du Conseil constitutionnel du 22 juillet 1980

Explication

La décision du 22 juillet 1980 a consacré l’indépendance des juridictions administratives comme principe fondamental reconnu par les lois de la République. La loi de 1872 constitue le fondement historique mentionné, mais elle n’est pas la décision constitutionnelle recherchée.

16. Quel recours permet notamment de demander en urgence la protection d’une liberté fondamentale menacée par l’administration ?

Le référé-liberté
Le recours en cassation
Le recours de plein contentieux
Le recours pour excès de pouvoir

Le référé-liberté

Explication

Le référé-liberté est un recours d’urgence destiné à protéger une liberté fondamentale contre une atteinte grave et manifestement illégale. Le recours pour excès de pouvoir vise principalement l’annulation d’un acte administratif, sans constituer en lui-même une procédure d’urgence.

17. Comment définir juridiquement un service public ?

Un ensemble d’organes administratifs exerçant une compétence définie par la loi
Une activité d’intérêt général assumée directement ou indirectement par une personne publique
Une activité privée poursuivant un objectif commercial sous le contrôle d’un juge
Une personne morale publique chargée de gérer les biens de la collectivité

Une activité d’intérêt général assumée directement ou indirectement par une personne publique

Explication

Le service public désigne une activité d’intérêt général prise en charge directement ou indirectement par une personne publique, parfois avec des prérogatives de puissance publique. Il ne se confond donc pas avec l’administration au sens organique, qui désigne les personnes et les organes.

18. Quel ensemble de critères est utilisé pour qualifier une activité de service public ?

L’intérêt général, l’intervention publique et les prérogatives de puissance publique
La rentabilité, la personnalité morale et la compétence juridictionnelle
La décision parlementaire, le financement fiscal et la gestion en régie
La gratuité, la continuité et la détention publique des équipements

L’intérêt général, l’intervention publique et les prérogatives de puissance publique

Explication

La qualification repose sur un critère finaliste d’intérêt général, un critère organique lié à l’intervention publique et un critère matériel relatif aux prérogatives de puissance publique. Depuis l’arrêt APREI, ces prérogatives peuvent toutefois n’être qu’un indice parmi d’autres.

19. Quelle conséquence l’arrêt APREI de 2007 a-t-il eue sur les prérogatives de puissance publique ?

Leur exercice n’est plus indispensable pour reconnaître un service public
Leur exercice est devenu obligatoire pour toute activité d’intérêt général
Leur absence exclut toute intervention d’une personne privée dans un service public
Leur existence suffit à établir la qualification de service public

Leur exercice n’est plus indispensable pour reconnaître un service public

Explication

Depuis l’arrêt APREI, l’absence de prérogatives de puissance publique n’empêche pas nécessairement la qualification de service public, car elles peuvent constituer un indice parmi d’autres. Leur présence ne suffit donc pas à elle seule à établir cette qualification.

20. Quelle distinction caractérise principalement un SPA par rapport à un SPIC ?

Le SPA poursuit un intérêt privé, tandis que le SPIC assure une mission constitutionnelle par des moyens administratifs
Le SPA fonctionne selon des échanges marchands, tandis que le SPIC relève principalement des règles de droit public
Le SPA relève principalement du droit public, tandis que le SPIC exerce une activité marchande soumise généralement au droit privé
Le SPA est géré par une personne privée, tandis que le SPIC dépend nécessairement d’une collectivité territoriale

Le SPA relève principalement du droit public, tandis que le SPIC exerce une activité marchande soumise généralement au droit privé

Explication

Le service public administratif est principalement soumis au droit public, alors que le service public industriel et commercial exerce une activité marchande généralement régie par le droit privé. Le mode de gestion ou l’identité du gestionnaire ne suffit pas à inverser cette distinction.

21. Dans quel cas le Parlement intervient-il dans la création d’un service public national ?

Lorsque le service dispose de ressources provenant principalement de redevances
Lorsque le Premier ministre souhaite modifier les modalités internes du service
Lorsque le service est exploité selon une gestion déléguée à une entreprise privée
Lorsque cette création touche notamment aux conditions d’exercice des libertés publiques

Lorsque cette création touche notamment aux conditions d’exercice des libertés publiques

Explication

La création d’un service public national relève du Parlement lorsque la matière touche notamment aux conditions d’exercice des libertés publiques, domaine réservé par la Constitution. Le Premier ministre exerce pour sa part la compétence réglementaire dans les matières qui ne relèvent pas de cette intervention législative.

22. Dans quelle situation la création d’un service public national devient-elle obligatoire ?

Lorsque son financement repose sur des recettes commerciales
Lorsque son existence découle de principes ou de règles de valeur constitutionnelle
Lorsque sa gestion nécessite une organisation administrative spécialisée
Lorsque son fonctionnement peut être confié à un opérateur privé

Lorsque son existence découle de principes ou de règles de valeur constitutionnelle

Explication

La création d’un service public national est en principe discrétionnaire, mais elle devient obligatoire lorsque des normes de valeur constitutionnelle imposent son existence. Les modalités de financement ou de gestion ne suffisent pas à créer cette obligation.

23. À quelle condition une collectivité territoriale peut-elle créer un service public local facultatif ?

S’il intervient dans une matière réservée à l’État par la Constitution
S’il est créé par une décision nationale applicable à toutes les collectivités
S’il est financé par une entreprise privée et fonctionne selon des règles commerciales
S’il répond à un intérêt public local et respecte les compétences de la collectivité

S’il répond à un intérêt public local et respecte les compétences de la collectivité

Explication

Une collectivité peut créer un service public local facultatif lorsqu’il répond à un intérêt public local et demeure dans le champ de ses compétences. Un financement privé ou une décision nationale ne remplace pas ces deux conditions.

24. Quel principe s’applique au choix du mode de gestion d’un service public par une collectivité territoriale ?

La collectivité doit assurer elle-même tout service présentant un intérêt public local
La collectivité doit obtenir l’autorisation du Conseil d’État pour déléguer la gestion
La collectivité est libre de choisir entre la gestion directe et la gestion déléguée
La collectivité doit confier la gestion à une personne privée dès que le service est payant

La collectivité est libre de choisir entre la gestion directe et la gestion déléguée

Explication

Les collectivités territoriales disposent d’une liberté de choix entre différents modes de gestion, notamment la régie directe et la gestion déléguée. Le caractère payant du service ou son intérêt local ne leur impose pas automatiquement un mode de gestion déterminé.

25. Quelle distinction caractérise la gestion directe et la gestion déléguée d’un service public ?

La personne publique finance le service dans les deux cas, mais une entreprise fixe toujours ses tarifs
La personne publique assume le service dans la gestion directe, tandis qu’une autre personne le gère dans la gestion déléguée
La gestion directe repose sur un contrat, tandis que la gestion déléguée résulte d’une décision interne
La gestion directe concerne les services marchands, tandis que la gestion déléguée concerne les services administratifs

La personne publique assume le service dans la gestion directe, tandis qu’une autre personne le gère dans la gestion déléguée

Explication

Dans la gestion directe, la personne publique prend elle-même en charge le service ; dans la gestion déléguée, elle en confie la gestion à une autre personne publique ou privée. La présence d’un financement public ne suffit donc pas à distinguer les deux modes.

26. Dans quel mode de gestion la personne publique organise-t-elle et fait-elle fonctionner le service avec ses propres moyens ?

La concession
La régie intéressée
La régie simple
La régie personnalisée

La régie simple

Explication

La régie simple correspond à une prise en charge directe de l’organisation et du fonctionnement du service par la personne publique créatrice. La régie personnalisée suppose au contraire l’intervention d’un organisme doté d’une autonomie financière.

27. Selon quelles modalités une gestion déléguée peut-elle être confiée ?

Par création d’un établissement public ou par dissolution administrative
Par recrutement statutaire ou par financement fiscal
Par décision juridictionnelle ou par approbation parlementaire
Par investiture unilatérale ou par investiture contractuelle

Par investiture unilatérale ou par investiture contractuelle

Explication

La gestion déléguée peut résulter d’une investiture unilatérale ou d’un contrat conclu avec le gestionnaire. Une décision juridictionnelle ne constitue pas l’une des deux modalités indiquées.

28. Quelle différence distingue principalement la concession, l’affermage et le marché public ?

La concession est payée par la personne publique, l’affermage transfère les investissements au fermier et le marché public dépend des usagers
La concession fait supporter l’exploitation au concessionnaire, l’affermage laisse les investissements à la personne publique et le marché public repose sur un prix payé par celle-ci
La concession concerne un organisme public, l’affermage une association et le marché public une personne physique indépendante
La concession ne comporte aucun risque, l’affermage transfère tous les risques et le marché public rémunère son titulaire selon les recettes des usagers

La concession fait supporter l’exploitation au concessionnaire, l’affermage laisse les investissements à la personne publique et le marché public repose sur un prix payé par celle-ci

Explication

La concession rémunère son titulaire grâce aux usagers et lui transfère les risques d’exploitation ; l’affermage laisse les investissements à la personne publique ; le marché public est payé par cette dernière. L’affirmation inverse les mécanismes de rémunération et de risque.

29. Quels principes sont regroupés sous l’expression « lois de Rolland » ?

La légalité, la responsabilité et la séparation des pouvoirs
La neutralité, la gratuité et la spécialité des services publics
La sécurité, la tranquillité et la salubrité publiques
La continuité, l’égalité et la mutabilité des services publics

La continuité, l’égalité et la mutabilité des services publics

Explication

Les lois de Rolland regroupent la continuité, l’égalité et la mutabilité, qui constituent des principes communs aux services publics. La sécurité, la tranquillité et la salubrité relèvent plutôt du contenu traditionnel de l’ordre public.

30. Quelle position l’arrêt Winkell du 7 août 1909 a-t-il adoptée concernant les fonctionnaires ?

Il a reconnu leur droit de grève sous réserve d’une autorisation administrative préalable
Il a refusé de reconnaître leur droit de grève au nom de la continuité du service public
Il a réservé le droit de grève aux agents des services publics industriels et commerciaux
Il a subordonné la continuité du service public à la conclusion d’accords syndicaux

Il a refusé de reconnaître leur droit de grève au nom de la continuité du service public

Explication

L’arrêt Winkell a consacré la continuité du service public en refusant de reconnaître le droit de grève des fonctionnaires. La reconnaissance encadrée de ce droit appartient à une jurisprudence ultérieure.

31. Que peut décider une personne publique lorsque son service public administratif ne répond plus à un besoin de la population ?

Elle peut modifier le service après avoir obtenu l’accord de tous les agents qui y travaillent
Elle doit maintenir le service jusqu’à ce qu’une juridiction constate la disparition du besoin collectif
Elle doit consulter chaque usager avant de modifier les conditions de fonctionnement du service
Elle peut modifier ou supprimer le service, car les usagers n’ont pas de droit à son maintien

Elle peut modifier ou supprimer le service, car les usagers n’ont pas de droit à son maintien

Explication

L’arrêt Vannier reconnaît que les usagers ne disposent pas d’un droit au maintien d’un service public administratif devenu inutile. Le maintien du service ne dépend donc ni d’une consultation unanime des usagers ni d’une décision juridictionnelle préalable.

32. Dans quelle situation une différence de traitement entre usagers peut-elle être admise ?

Lorsqu’elle résulte d’une préférence personnelle du gestionnaire et améliore la rentabilité du service
Lorsqu’elle est décidée par un agent public pour accélérer le traitement de certaines demandes
Lorsqu’elle concerne des usagers inscrits dans des communes différentes, sans autre justification
Lorsqu’elle est prévue par la loi, liée à une différence de situation appréciable ou justifiée par l’intérêt général

Lorsqu’elle est prévue par la loi, liée à une différence de situation appréciable ou justifiée par l’intérêt général

Explication

Selon l’arrêt Dénoyez et Chorques, une différence de traitement doit reposer sur la loi, une différence de situation pertinente ou l’intérêt général. Une préférence du gestionnaire ou une simple différence de commune ne suffit pas à la justifier.

33. Quelle est la finalité principale de la police administrative ?

Régler les litiges civils entre les usagers d’un service public
Rechercher les auteurs d’infractions déjà commises
Prononcer des sanctions pénales contre les personnes poursuivies
Prévenir les troubles à l’ordre public

Prévenir les troubles à l’ordre public

Explication

La police administrative est une activité de service public tournée vers la prévention des troubles à l’ordre public. La recherche des auteurs d’infractions relève de la police judiciaire, et le prononcé des sanctions pénales appartient au juge.

34. Quelle différence oppose la police administrative générale à la police administrative spéciale ?

La première relève des juridictions, tandis que la seconde est exercée par des personnes privées agréées
La première protège l’ordre public général, tandis que la seconde vise les troubles et objectifs définis par un texte particulier
La première protège les intérêts économiques, tandis que la seconde assure la continuité des services publics
La première concerne les infractions déjà commises, tandis que la seconde organise les enquêtes judiciaires

La première protège l’ordre public général, tandis que la seconde vise les troubles et objectifs définis par un texte particulier

Explication

La police administrative générale prévient les atteintes à l’ordre public général, tandis que la police spéciale poursuit les objectifs fixés par son texte institutif. La recherche des infractions commises appartient à la police judiciaire, non à la distinction entre ces deux polices administratives.

35. Quels éléments composent traditionnellement l’ordre public ?

La liberté, la propriété et la responsabilité publiques
La justice, l’égalité et la solidarité publiques
La moralité, la dignité et la neutralité publiques
La sécurité, la tranquillité et la salubrité publiques

La sécurité, la tranquillité et la salubrité publiques

Explication

L’ordre public traditionnel comprend la sécurité, la tranquillité et la salubrité publiques. La moralité et la dignité peuvent aussi être protégées dans certaines circonstances, mais elles ne constituent pas les trois composantes traditionnelles demandées ici.

36. Quelle répartition des compétences caractérise la police administrative générale ?

Le Premier ministre agit au niveau national, le maire dans sa commune et le préfet lorsque le champ dépasse une commune
Le Premier ministre agit dans chaque commune, le maire entre plusieurs communes et le préfet dans les affaires nationales
Le maire agit au niveau national, le préfet dans chaque quartier et le Premier ministre dans une seule commune
Le préfet agit au niveau national, le Premier ministre dans chaque commune et le maire entre plusieurs départements

Le Premier ministre agit au niveau national, le maire dans sa commune et le préfet lorsque le champ dépasse une commune

Explication

Le Premier ministre est l’autorité nationale de police administrative générale ; le maire exerce en principe cette compétence dans sa commune et le préfet lorsque le champ dépasse celle-ci. Les autres répartitions inversent les niveaux territoriaux de compétence.

37. Dans quelle situation le maire peut-il adopter une mesure de police plus rigoureuse que celle prise par une autorité supérieure ?

Lorsque des circonstances locales particulières le justifient
Lorsque la mesure supérieure concerne une liberté publique
Lorsque l’autorité supérieure n’a pas fixé de sanction
Lorsque le maire souhaite harmoniser les pratiques communales

Lorsque des circonstances locales particulières le justifient

Explication

L’arrêt Néris-les-Bains admet un renforcement de la mesure de police par le maire lorsque des circonstances locales le rendent nécessaire. La seule existence d’une liberté publique ou d’une absence de sanction ne suffit pas à justifier ce renforcement.

38. Quel est, en principe, l’effet de l’existence d’une police administrative spéciale sur l’intervention de la police administrative générale ?

Elle impose une intervention conjointe des deux autorités
Elle écarte en principe l’intervention de la police générale
Elle transfère automatiquement la compétence au maire
Elle permet à la police générale de modifier le régime spécial

Elle écarte en principe l’intervention de la police générale

Explication

Une police administrative spéciale fait en principe obstacle à l’intervention de la police administrative générale. Une mesure générale plus rigoureuse demeure toutefois possible lorsqu’elle est justifiée par des circonstances locales.

39. Selon l’arrêt Doublet, dans quelle circonstance l’autorité de police doit-elle prendre des mesures ?

Lorsqu’une autorité supérieure recommande une action sans urgence
Lorsqu’un péril grave menace l’ordre public et que l’intervention est nécessaire
Lorsqu’une demande individuelle invoque une simple gêne quotidienne
Lorsqu’une infraction déterminée a déjà été commise dans la commune

Lorsqu’un péril grave menace l’ordre public et que l’intervention est nécessaire

Explication

L’arrêt Doublet impose une intervention lorsque l’ordre public est exposé à un péril grave et que des mesures sont nécessaires pour y mettre fin. Une simple gêne ou une recommandation dépourvue d’urgence ne caractérise pas cette obligation.

40. Quelle distinction caractérise principalement la police administrative et la police judiciaire ?

La police administrative sanctionne une infraction, tandis que la police judiciaire organise les activités publiques
La police administrative instruit les procès, tandis que la police judiciaire prévient les risques pour l’ordre public
La police administrative recherche les auteurs, tandis que la police judiciaire encadre les rassemblements
La police administrative prévient un trouble, tandis que la police judiciaire recherche l’auteur d’une infraction déterminée

La police administrative prévient un trouble, tandis que la police judiciaire recherche l’auteur d’une infraction déterminée

Explication

La police administrative a une finalité préventive, alors que la police judiciaire recherche l’auteur d’une infraction déterminée. La recherche des auteurs ne constitue donc pas la fonction principale de la police administrative.

41. Pourquoi une autorité de police ne peut-elle pas instituer elle-même une autorisation ou une déclaration préalable pour une activité ?

Parce que toute activité économique relève de la compétence exclusive du juge administratif
Parce qu’une autorité de police ne peut prendre aucune mesure préventive individuelle
Parce que ces régimes relèvent du législateur lorsqu’ils portent atteinte aux libertés publiques
Parce que les déclarations préalables concernent exclusivement la police judiciaire

Parce que ces régimes relèvent du législateur lorsqu’ils portent atteinte aux libertés publiques

Explication

La création d’un régime d’autorisation ou de déclaration préalable portant atteinte aux libertés publiques relève de la compétence du législateur. Cela n’empêche pas l’autorité de police d’adopter des mesures préventives dans le cadre de ses pouvoirs.

42. Quels critères une mesure de police administrative doit-elle respecter pour être légale ?

Être nécessaire, adaptée à la nature du trouble et proportionnée à sa gravité
Être décidée par le législateur, répressive et applicable sans exception
Être générale, durable dans le temps et identique pour toutes les activités
Être préventive, automatique et plus sévère que le risque envisagé

Être nécessaire, adaptée à la nature du trouble et proportionnée à sa gravité

Explication

Une mesure de police doit répondre à un besoin réel de prévention, être adaptée au trouble et rester proportionnée à sa gravité. Une mesure automatique ou plus sévère que nécessaire ne satisfait pas ces exigences.

43. Dans quelle situation une interdiction générale et absolue peut-elle être admise ?

Lorsqu’elle est décidée par une autorité de police titulaire d’un pouvoir général
Lorsqu’elle concerne une activité présentant un intérêt économique important
Lorsqu’elle s’applique à tous les administrés pendant une durée indéterminée
Lorsqu’elle est nécessaire, adaptée et proportionnée au trouble à prévenir

Lorsqu’elle est nécessaire, adaptée et proportionnée au trouble à prévenir

Explication

Une interdiction générale et absolue n’est pas automatiquement illégale : elle peut être admise si elle demeure nécessaire, adaptée et proportionnée. Son caractère général ne dispense donc pas l’autorité de démontrer sa justification concrète.

44. Quel enchaînement correspond au contrôle de proportionnalité d’une mesure de police ?

Évaluer la compétence, examiner la procédure, déterminer le dommage et calculer l’indemnité
Identifier l’infraction, fixer la sanction, apprécier la culpabilité et ordonner la réparation
Constater le trouble, choisir la mesure la plus sévère, puis écarter les solutions alternatives
Vérifier la menace, la nécessité, l’adaptation et l’absence de mesure moins contraignante

Vérifier la menace, la nécessité, l’adaptation et l’absence de mesure moins contraignante

Explication

Le contrôle examine successivement la menace pour l’ordre public, le besoin d’agir, l’adaptation de la mesure et l’existence éventuelle d’une solution moins contraignante. Il ne se limite donc pas à constater le trouble ou à vérifier la compétence de l’autorité.

45. Quel arrêt du Conseil d’État a appliqué le contrôle de proportionnalité aux mesures de police administrative générale ?

L’arrêt Benjamin
L’arrêt Doublet
L’arrêt Néris-les-Bains
L’arrêt Baldy

L’arrêt Benjamin

Explication

L’arrêt Benjamin est associé à l’application du contrôle de proportionnalité aux mesures de police administrative générale. L’arrêt Néris-les-Bains concerne plutôt les circonstances locales, tandis que Doublet porte sur l’obligation d’agir.

46. Dans quelle hypothèse une interdiction générale et absolue peut-elle exceptionnellement être légale ?

Lorsqu’elle permet de prévenir une éventuelle difficulté sans autre analyse
Lorsqu’elle est formulée de manière générale par une autorité compétente
Lorsqu’elle vise une activité contestée par une partie de la population
Lorsqu’un risque matériel concret la justifie et qu’aucune mesure moins restrictive ne suffit

Lorsqu’un risque matériel concret la justifie et qu’aucune mesure moins restrictive ne suffit

Explication

Une interdiction générale et absolue peut être admise si un risque matériel concret la rend nécessaire et si aucune mesure moins restrictive ne permet de le prévenir. La compétence de l’auteur ou l’existence d’une contestation publique ne suffit pas à établir sa proportionnalité.

47. Quelle est la distinction principale entre un acte unilatéral et un contrat quant à leurs destinataires ?

L’acte unilatéral concerne une situation individuelle, tandis que le contrat établit une norme générale et abstraite
L’acte unilatéral lie les parties signataires, tandis que le contrat impose des obligations à toute personne concernée
L’acte unilatéral peut imposer des obligations à des tiers, tandis que le contrat lie en principe ses parties
L’acte unilatéral suppose un accord entre plusieurs volontés, tandis que le contrat procède d’une décision isolée

L’acte unilatéral peut imposer des obligations à des tiers, tandis que le contrat lie en principe ses parties

Explication

L’acte unilatéral produit des obligations à l’égard de tiers étrangers à son édiction, alors que le contrat régit en principe les personnes ayant participé à sa conclusion. L’idée selon laquelle le contrat s’imposerait à toute personne concernée confond l’effet relatif du contrat avec la portée de l’acte unilatéral.

48. Pourquoi le nombre d’auteurs ne suffit-il pas à qualifier un acte de contrat ?

Parce qu’un contrat peut être conclu par une personne agissant au nom de plusieurs personnes publiques
Parce que la présence d’un seul signataire transforme généralement tout acte en convention administrative
Parce qu’un acte signé par plusieurs personnes devient une décision individuelle visant leurs cocontractants
Parce qu’un acte unilatéral peut être adopté par plusieurs auteurs agissant pour une même personne publique

Parce qu’un acte unilatéral peut être adopté par plusieurs auteurs agissant pour une même personne publique

Explication

La pluralité d’auteurs constitue seulement un indice, car plusieurs personnes peuvent agir pour une même personne publique et adopter un acte unilatéral. Le critère déterminant du contrat est la rencontre de volontés contractuelles, et non le simple nombre de signataires.

49. Qu’est-ce qu’une clause réglementaire dans un contrat administratif ?

Une clause qui fixe le prix du contrat et s’applique à toute personne utilisant le service public
Une stipulation étroitement liée à l’organisation ou au fonctionnement du service public et soumise à un régime particulier
Une stipulation qui permet à une partie de résilier le contrat sans respecter les règles administratives
Une disposition qui transforme automatiquement l’ensemble du contrat administratif en acte réglementaire

Une stipulation étroitement liée à l’organisation ou au fonctionnement du service public et soumise à un régime particulier

Explication

La clause réglementaire est liée à l’organisation ou au fonctionnement du service public et relève, pour cette raison, d’un régime particulier. Une clause financière ou une faculté de résiliation ne devient pas réglementaire du seul fait qu’elle figure dans un contrat administratif.

50. Quel élément caractérise un acte décisoire ?

Il décrit une situation existante sans produire d’effet juridique sur la personne concernée
Il formule une recommandation dépourvue d’incidence sur les comportements des destinataires
Il modifie l’ordonnancement juridique en imposant, interdisant, autorisant ou conditionnant un comportement
Il applique une réglementation à une situation particulière sans modifier la norme applicable

Il modifie l’ordonnancement juridique en imposant, interdisant, autorisant ou conditionnant un comportement

Explication

Un acte décisoire modifie l’ordonnancement juridique, notamment en imposant, interdisant, autorisant ou conditionnant un comportement. La simple constatation d’une situation correspond plutôt à un acte déclaratif, tandis que l’application ponctuelle d’une règle relève d’une décision d’espèce.

51. Quelle évolution les arrêts Hardouin et Marie du 17 février 1995 ont-ils consacrée ?

L’impossibilité de contester les sanctions disciplinaires prises dans les services administratifs
Le contrôle de certaines mesures d’ordre intérieur lorsque la gravité de leurs effets le justifie
La soumission de toutes les mesures d’ordre intérieur à un recours indépendamment de leurs effets
La transformation des mesures d’ordre intérieur en actes réglementaires dès qu’elles concernent plusieurs agents

Le contrôle de certaines mesures d’ordre intérieur lorsque la gravité de leurs effets le justifie

Explication

Les arrêts Hardouin et Marie ont admis le contrôle de mesures d’ordre intérieur lorsque leurs effets sont suffisamment graves sur la situation des personnes. Ils n’ont pas rendu toutes ces mesures automatiquement contestables, car l’existence d’effets notables demeure déterminante.

52. Dans quelle situation un acte déclaratif peut-il faire grief ?

Lorsqu’il constate une situation ou une qualité mais modifie concrètement la situation de son bénéficiaire
Lorsqu’il crée une norme générale applicable à une catégorie indéterminée de personnes
Lorsqu’il remplace une décision antérieure par une règle nouvelle applicable à tous
Lorsqu’il exprime une recommandation administrative sans conséquence pour son destinataire

Lorsqu’il constate une situation ou une qualité mais modifie concrètement la situation de son bénéficiaire

Explication

Un acte déclaratif ne crée pas, en principe, de norme nouvelle, mais il peut faire grief si ses effets concrets modifient la situation de son bénéficiaire. Le fait de créer une norme générale caractérise plutôt un acte réglementaire ou un autre acte décisoire.

53. Depuis l’arrêt GISTI du 12 juin 2020, dans quel cas un acte interprétatif ou une ligne directrice peut-il être contesté ?

Lorsqu’il est signé par une autorité administrative dotée d’un pouvoir réglementaire général
Lorsqu’il concerne une catégorie de personnes suffisamment large pour former le public administratif
Lorsqu’il produit des effets notables sur la situation de ses destinataires
Lorsqu’il contient une interprétation différente de celle retenue par une juridiction

Lorsqu’il produit des effets notables sur la situation de ses destinataires

Explication

L’arrêt GISTI admet la contestation des actes interprétatifs et des lignes directrices lorsqu’ils produisent des effets notables sur la situation de leurs destinataires. Leur seule origine administrative ou leur portée collective ne suffit pas à rendre ces actes contestables.

54. Quelle différence distingue un acte réglementaire d’une décision individuelle ?

L’acte réglementaire vise une catégorie abstraite, tandis que la décision individuelle désigne nommément ses destinataires
L’acte réglementaire applique une règle à un cas particulier, tandis que la décision individuelle crée une norme générale
L’acte réglementaire désigne des personnes nommément, tandis que la décision individuelle vise une catégorie abstraite
L’acte réglementaire constate une qualité personnelle, tandis que la décision individuelle organise le fonctionnement d’un service

L’acte réglementaire vise une catégorie abstraite, tandis que la décision individuelle désigne nommément ses destinataires

Explication

L’acte réglementaire énonce une norme générale et abstraite destinée à une catégorie de personnes, alors que la décision individuelle vise des personnes nommément désignées. L’application d’une règle à un cas particulier correspond plutôt à une décision d’espèce.

55. À quelle autorité la Constitution attribue-t-elle principalement le pouvoir réglementaire général ?

Aux ministres, sous réserve des compétences réglementaires exercées par le Premier ministre
Au Premier ministre, sous réserve des compétences attribuées au président de la République
Au président de la République, sous réserve des compétences attribuées aux collectivités territoriales
Au Parlement, sous réserve des compétences réglementaires déléguées au Gouvernement

Au Premier ministre, sous réserve des compétences attribuées au président de la République

Explication

L’article 21 de la Constitution attribue principalement le pouvoir réglementaire général au Premier ministre, tandis que l’article 13 réserve certaines compétences au président de la République. Les ministres ne disposent pas, en cette seule qualité, d’un pouvoir réglementaire général.

56. Quelle correspondance entre les fondements constitutionnels et les catégories de normes est exacte ?

Article 37 pour les règlements d’exécution, article 21 pour les règlements autonomes et article 38 pour les ordonnances habilitées
Article 21 pour les ordonnances habilitées, article 38 pour les règlements autonomes et article 37 pour les règlements d’exécution
Article 21 pour les règlements d’exécution, article 37 pour les règlements autonomes et article 38 pour les ordonnances habilitées
Article 38 pour les règlements d’exécution, article 37 pour les ordonnances habilitées et article 21 pour les règlements autonomes

Article 21 pour les règlements d’exécution, article 37 pour les règlements autonomes et article 38 pour les ordonnances habilitées

Explication

Les règlements d’exécution de la loi reposent sur l’article 21, les règlements autonomes sur l’article 37 et les ordonnances sur l’article 38 après habilitation parlementaire. Inverser ces fondements conduit à confondre les différentes formes de pouvoir réglementaire.

57. Quelle limite encadre le pouvoir réglementaire du chef de service selon l’arrêt Jamart de 1936 ?

Il peut modifier les compétences fixées par les règlements nationaux afin d’adapter l’administration locale
Il peut édicter toute règle générale dès lors qu’elle concerne son service, même en contradiction avec une loi
Il peut intervenir dans les services d’autres autorités lorsque leurs règlements paraissent insuffisants
Il peut prendre les mesures nécessaires au fonctionnement de son service, à titre supplétif et dans le respect des normes supérieures

Il peut prendre les mesures nécessaires au fonctionnement de son service, à titre supplétif et dans le respect des normes supérieures

Explication

L’arrêt Jamart reconnaît au chef de service un pouvoir réglementaire supplétif limité aux mesures nécessaires au bon fonctionnement de son service et subordonné aux lois et règlements. Ce pouvoir ne permet donc ni de contredire une loi ni de modifier librement les compétences administratives.

58. Comment le critère organique et le critère matériel s’articulent-ils pour identifier un acte administratif unilatéral ?

Le premier porte sur la motivation, tandis que le second porte sur la signature de l’acte
Le premier porte sur l’auteur, tandis que le second porte sur l’objet de l’acte
Le premier porte sur la procédure, tandis que le second porte sur la date de l’acte
Le premier porte sur les destinataires, tandis que le second porte sur la publication de l’acte

Le premier porte sur l’auteur, tandis que le second porte sur l’objet de l’acte

Explication

Le critère organique s’attache à la qualité de l’auteur, alors que le critère matériel examine l’objet de l’acte. Ainsi, un objet relevant d’une gestion privée peut écarter la qualification administrative malgré la qualité publique de l’auteur.

59. Dans quelle situation la présomption d’administrativité d’un acte pris par une personne publique peut-elle être renversée ?

Lorsque la décision concerne un service public administratif
Lorsque l’acte est signé par plusieurs agents publics
Lorsque la personne publique agit dans le cadre d’une gestion privée
Lorsque l’acte comporte une motivation particulièrement détaillée

Lorsque la personne publique agit dans le cadre d’une gestion privée

Explication

Les actes pris par une personne publique sont en principe administratifs, mais cette présomption reste simple. Elle peut être renversée lorsque la personne publique agit dans le cadre d’une gestion privée, ce qui peut soumettre l’acte au droit privé.

60. Quel régime s’applique en principe à un acte individuel relatif à la gestion d’un service public industriel et commercial ?

Il relève du droit administratif dès qu’il est adopté par un organe chargé du service
Il relève du droit privé, sauf s’il concerne l’organisation du service ou une prérogative de puissance publique
Il relève du droit administratif lorsqu’il porte sur une relation individuelle avec un agent
Il relève du droit privé uniquement lorsque son destinataire est un usager professionnel

Il relève du droit privé, sauf s’il concerne l’organisation du service ou une prérogative de puissance publique

Explication

Les actes individuels liés à la gestion d’un service public industriel et commercial relèvent en principe du droit privé. Cette règle connaît toutefois une exception lorsque l’acte concerne l’organisation du service ou manifeste une prérogative de puissance publique.

61. À quelle condition un acte unilatéral pris par une personne privée chargée d’un service public est-il administratif ?

Lorsqu’il est rédigé selon les mêmes formes qu’un décret administratif
Lorsqu’il concerne une relation contractuelle entre la personne privée et un usager
Lorsqu’il est approuvé par une juridiction administrative avant son adoption
Lorsqu’il organise le service public ou manifeste une prérogative de puissance publique

Lorsqu’il organise le service public ou manifeste une prérogative de puissance publique

Explication

Une personne privée chargée d’un service public peut prendre des actes administratifs lorsqu’ils concernent l’organisation du service ou manifestent l’exercice de prérogatives de puissance publique. La seule existence d’une relation avec un usager ne suffit pas à cette qualification.

62. Quelles conséquences résultent d’une consultation obligatoire du Conseil d’État pour l’acte adopté ensuite ?

L’acte peut être modifié librement dès lors que la consultation initiale a été mentionnée
L’acte devient réglementaire dès que le Conseil d’État a été consulté sur son projet
L’acte doit reprendre l’avis rendu, même lorsque la consultation ne porte pas sur son contenu
L’acte porte la mention requise et sa modification ultérieure exige un décret en Conseil d’État

L’acte porte la mention requise et sa modification ultérieure exige un décret en Conseil d’État

Explication

Une consultation obligatoire entraîne la mention « le Conseil d’État entendu » et impose que les modifications ultérieures soient effectuées par un décret en Conseil d’État. La consultation ne transforme pas, par elle-même, la nature de l’acte.

63. Quel vice peut résulter de l’omission d’une consultation obligatoire du Conseil d’État ?

Un vice d’incompétence que le juge administratif peut relever d’office
Un vice de publicité que le juge ne peut examiner qu’à la demande d’un intéressé
Un défaut de motivation qui impose une nouvelle rédaction de l’acte
Une irrégularité matérielle sans incidence sur la compétence de l’auteur

Un vice d’incompétence que le juge administratif peut relever d’office

Explication

L’absence d’une consultation obligatoire affecte la compétence et constitue un vice que le juge administratif peut relever d’office. Cette conséquence ne s’étend pas à l’absence d’une consultation simplement facultative.

64. Quelle différence distingue un avis simple d’un avis conforme ?

L’avis simple suspend la décision, tandis que l’avis conforme permet à l’autorité de statuer sans examen
L’avis simple est rendu après la décision, tandis que l’avis conforme intervient avant toute consultation
L’avis simple peut être écarté, tandis que l’avis conforme lie l’autorité qui ne peut agir contre un avis défavorable
L’avis simple concerne les règlements, tandis que l’avis conforme concerne les décisions individuelles

L’avis simple peut être écarté, tandis que l’avis conforme lie l’autorité qui ne peut agir contre un avis défavorable

Explication

Avec un avis simple, l’autorité administrative conserve le choix de suivre ou non la proposition. Un avis conforme la lie et lui interdit d’adopter l’acte lorsque l’avis est défavorable.

65. Dans quel cas la procédure contradictoire est-elle obligatoire pour une décision administrative individuelle ?

Lorsqu’elle concerne tout acte réglementaire applicable à une catégorie d’usagers
Lorsqu’elle est prise en considération de la personne concernée
Lorsqu’elle intervient après une consultation facultative du Conseil d’État
Lorsqu’elle porte sur une décision dépourvue de tout effet pour son destinataire

Lorsqu’elle est prise en considération de la personne concernée

Explication

La procédure contradictoire s’impose pour les décisions individuelles prises en considération de la personne. Elle permet à celle-ci de connaître les motifs, de présenter des observations dans un délai raisonnable et d’être assistée par un conseil ou un mandataire.

66. Quel effet le silence gardé pendant deux mois par l’administration produit-il en principe sur une demande ?

Il suspend l’examen de la demande jusqu’à une réponse écrite de l’administration
Il rend la demande irrecevable lorsque l’administration n’a pas accusé réception
Il vaut acceptation, sous réserve des exceptions qui maintiennent un rejet implicite
Il vaut rejet, sauf lorsque la demande concerne une mesure individuelle favorable

Il vaut acceptation, sous réserve des exceptions qui maintiennent un rejet implicite

Explication

L’article L. 231-1 du CRPA pose en principe que le silence gardé pendant deux mois vaut acceptation. Toutefois, de nombreuses exceptions prévoient encore que le silence vaut rejet.

67. Quelle distinction faut-il établir entre les visas et la motivation d’un acte administratif ?

Les visas exposent les circonstances concrètes, tandis que la motivation recense les textes applicables
Les visas identifient les destinataires, tandis que la motivation précise la date et le lieu de signature
Les visas indiquent les fondements juridiques, tandis que la motivation expose les raisons de droit et de fait
Les visas annoncent les voies de recours, tandis que la motivation décrit la procédure de consultation

Les visas indiquent les fondements juridiques, tandis que la motivation expose les raisons de droit et de fait

Explication

Les visas recensent les fondements juridiques sur lesquels l’acte s’appuie. La motivation explique expressément les raisons de droit et de fait qui justifient la décision, ce qui la distingue d’une simple liste de textes.

68. Laquelle de ces décisions doit notamment être motivée en application du CRPA ?

Une décision préparatoire qui ne produit pas encore d’effets juridiques
Une décision administrative individuelle défavorable à son destinataire
Une décision réglementaire favorable dépourvue d’incidence individuelle
Une mesure interne sans effet sur la situation juridique d’une personne

Une décision administrative individuelle défavorable à son destinataire

Explication

Les décisions administratives individuelles défavorables font partie des décisions qui doivent notamment être motivées en vertu des articles L. 211-2 et L. 211-3 du CRPA. Les mesures préparatoires et les actes sans effet juridique immédiat ne répondent pas à cette catégorie.

69. Quelle différence existe entre la signature d’un acte administratif et son entrée en vigueur ?

La signature fixe les motifs, tandis que l’entrée en vigueur détermine l’identité de son auteur
La signature rend l’acte opposable, tandis que l’entrée en vigueur concerne sa compétence juridique
La signature publie l’acte, tandis que l’entrée en vigueur permet au juge d’en contrôler la légalité
La signature engage son auteur, tandis que l’entrée en vigueur rend l’acte exécutoire et opposable aux destinataires

La signature engage son auteur, tandis que l’entrée en vigueur rend l’acte exécutoire et opposable aux destinataires

Explication

La signature établit l’existence d’un acte administratif signé et produit des effets à l’égard de son auteur. L’entrée en vigueur constitue l’étape qui le rend exécutoire et opposable à ses destinataires.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 85 flashcards sur Fondements du droit administratif.

Quel rôle joue l’administration vis-à-vis du gouvernement ?

Elle appuie le gouvernement dans l’exécution des lois.

Que désigne la définition matérielle de l’administration ?

L’activité d’administrer des affaires, des biens ou des personnes.

Que désigne la définition organique de l’administration ?

Les organes et personnes chargés d’administrer.

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