QCM : Fondements du droit administratif (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. À quelles entités s’applique le droit administratif ?

Aux assemblées chargées d’adopter les lois et règlements
Aux entreprises exerçant des activités commerciales à but lucratif
Aux juridictions chargées de trancher les litiges entre particuliers
Aux entités juridiques chargées d’activités d’intérêt général ou collectif

Aux entités juridiques chargées d’activités d’intérêt général ou collectif

Explication

Le droit administratif regroupe les règles applicables aux entités juridiques qui exercent des activités d’intérêt général ou collectif. Les juridictions ne sont pas définies ici comme les destinataires de ces règles.

2. Quel rôle le Conseil d’État joue-t-il dans ses rapports avec le gouvernement et l’administration ?

Il conseille les tribunaux et juge les recours dirigés contre le gouvernement
Il dirige les services administratifs et représente l’État devant les juridictions
Il adopte les lois pour le gouvernement et contrôle les décisions des tribunaux
Il conseille le gouvernement et juge les recours dirigés contre l’administration

Il conseille le gouvernement et juge les recours dirigés contre l’administration

Explication

Le Conseil d’État cumule une fonction consultative auprès du gouvernement et une fonction juridictionnelle pour juger les recours contre l’administration. Il ne se limite donc pas à conseiller les tribunaux.

3. Quelle conception de la société caractérise le jacobinisme ?

Elle place les acteurs économiques au centre et leur confie l’organisation des transformations sociales
Elle place les collectivités locales au centre et leur confie le moteur des transformations sociales
Elle place l’État et le pouvoir politique au centre et en fait le moteur des transformations sociales
Elle place les juridictions au centre et leur confie la conduite des transformations politiques

Elle place l’État et le pouvoir politique au centre et en fait le moteur des transformations sociales

Explication

Le jacobinisme met l’État et le pouvoir politique au centre de la société, auxquels il attribue un rôle moteur dans ses transformations. La conception décentralisée proposée comme distracteur ne correspond pas à cette centralité de l’État.

4. Dans une conception légicentriste, quelle place la loi et le juge occupent-ils ?

La loi et la jurisprudence ont une place équivalente, tandis que le juge arbitre entre leurs règles
La loi, expression de la volonté générale, est au centre, tandis que le juge applique le droit à titre subsidiaire
La jurisprudence est au centre, tandis que le juge crée les règles avant que la loi les confirme
La loi est une source secondaire, tandis que le juge détermine le contenu de la volonté générale

La loi, expression de la volonté générale, est au centre, tandis que le juge applique le droit à titre subsidiaire

Explication

Le légicentrisme assimile essentiellement le droit à la loi, conçue comme l’expression de la volonté générale, et donne au juge un rôle subsidiaire d’application. L’idée que la jurisprudence occupe le centre relève d’une confusion avec la création de règles propres au droit administratif.

5. Que désigne le principe de légalité applicable à l’administration ?

L’obligation pour l’administration de respecter les règles encadrant ses procédures, ses décisions et les garanties des administrés
Le droit pour un administré de demander l’annulation d’un acte illégal devant le juge administratif
La règle selon laquelle la responsabilité de l’État relève nécessairement des principes du Code civil
La faculté pour l’administration de rendre ses décisions exécutoires avant qu’un juge puisse en contrôler la légalité

L’obligation pour l’administration de respecter les règles encadrant ses procédures, ses décisions et les garanties des administrés

Explication

Le principe de légalité exige que l’administration respecte les règles de droit qui encadrent son action et protègent les administrés. Le recours pour excès de pouvoir, qui constitue un distracteur proche, est plutôt une voie permettant de faire contrôler et éventuellement annuler un acte illégal.

6. À partir de quelles décennies le rôle de l’État est-il davantage contesté et concurrencé par des acteurs mondiaux, européens, locaux et privés ?

À partir des années 1990-2000
À partir des années 1980-1990
À partir des années 1950-1960
À partir des années 1970-1980

À partir des années 1970-1980

Explication

Le cours situe cette contestation accrue du rôle de l’État à partir des années 1970-1980, parallèlement à la concurrence d’acteurs situés à plusieurs échelles. Les années 1980-1990 correspondent plutôt à la période comprenant la nouvelle décentralisation mentionnée dans le cours.

7. Quel rôle les théories de la puissance publique et du service public jouent-elles ensemble dans l’explication du droit administratif ?

Elles démontrent que le juge administratif intervient uniquement lorsque la loi est silencieuse.
Elles montrent que les missions publiques peuvent justifier des prérogatives de puissance publique.
Elles établissent que toute activité de service public relève du droit privé.
Elles réservent les prérogatives publiques aux seules activités commerciales de l’État.

Elles montrent que les missions publiques peuvent justifier des prérogatives de puissance publique.

Explication

Ces théories sont complémentaires : les missions de service public peuvent justifier l’emploi de prérogatives de puissance publique. La distinction entre droit public et droit privé ne se réduit pas à l’application du droit privé à toute activité de service public.

8. À quelle date la révision constitutionnelle a-t-elle introduit la question prioritaire de constitutionnalité ?

En 2008, lors d’une révision constitutionnelle
En 1946, avec l’adoption d’un nouveau préambule
En 1989, avec l’arrêt Nicolo
En 1936, avec l’arrêt Arrighi

En 2008, lors d’une révision constitutionnelle

Explication

La révision constitutionnelle de 2008 a introduit la question prioritaire de constitutionnalité, qui permet de contester la constitutionnalité d’une loi. L’arrêt Nicolo de 1989 concerne le contrôle de conformité des lois aux traités, et non l’introduction de la QPC.

9. Quelle différence distingue l’effet de l’article 55 de la Constitution de la jurisprudence Nicolo ?

L’article 55 autorise le Conseil constitutionnel à abroger les lois, tandis que Nicolo permet au juge administratif de contrôler leur conformité à la Constitution.
L’article 55 interdit au juge administratif d’appliquer une loi, tandis que Nicolo lui permet de vérifier la conformité des actes administratifs aux traités.
L’article 55 établit la supériorité des traités sur les lois, tandis que Nicolo permet au juge administratif d’écarter une loi contraire à un traité, même postérieure à celui-ci.
L’article 55 inscrit le droit de l’Union dans l’ordre juridique français, tandis que Nicolo permet au juge administratif d’annuler un traité contraire à une loi.

L’article 55 établit la supériorité des traités sur les lois, tandis que Nicolo permet au juge administratif d’écarter une loi contraire à un traité, même postérieure à celui-ci.

Explication

L’article 55 fixe la valeur supérieure des traités par rapport aux lois, et Nicolo marque l’acceptation par le Conseil d’État du contrôle de compatibilité d’une loi avec un traité, y compris si elle est postérieure. La révision liée au traité de Maastricht, évoquée dans le choix relatif à l’article 88, inscrit le droit de l’Union dans l’ordre juridique français, mais ne correspond pas à l’effet propre de l’article 55.

10. Quelle loi a instauré la justice déléguée, permettant au Conseil d’État de rendre des décisions juridictionnelles sans confirmation du chef de l’exécutif ?

La loi du 24 février 1875
La loi des 16 et 24 août 1790
La loi du 24 mai 1872
La loi du 6 janvier 1986

La loi du 24 mai 1872

Explication

La loi du 24 mai 1872 a instauré la justice déléguée et mis fin à la confirmation des décisions du Conseil d’État par le chef de l’exécutif. La loi de 1790, elle, interdisait au juge judiciaire de connaître des actes de l’administration.

11. Quel effet la réforme de 2008 a-t-elle produit sur l’organisation des fonctions consultative et contentieuse du Conseil d’État ?

Elle a transféré la fonction consultative aux cours administratives d’appel.
Elle a mis fin au brassage entre ces fonctions pour renforcer l’impartialité.
Elle a fusionné les fonctions consultative et contentieuse dans chaque affaire.
Elle a soumis les décisions contentieuses à une confirmation de l’exécutif.

Elle a mis fin au brassage entre ces fonctions pour renforcer l’impartialité.

Explication

La réforme de 2008 a supprimé le brassage entre les fonctions consultative et contentieuse afin de répondre aux exigences d’impartialité liées à la CEDH. La participation des membres aux deux fonctions dans une même affaire n’a pas été renforcée, car cela risquait de compromettre l’impartialité structurelle.

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Quelles entités sont régies par le droit administratif ?

Les entités juridiques chargées d’activités d’intérêt général ou collectif.

Quelles fonctions le Conseil d’État exerce-t-il auprès du gouvernement et en justice ?

Une fonction consultative auprès du gouvernement et une fonction juridictionnelle de jugement des recours contre l’administration.

Qu’est-ce que le jacobinisme, selon sa conception de l’État et du changement social ?

Une conception plaçant l’État et le pouvoir politique au centre de la société et moteurs des transformations sociales.

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