Fiche de révision : Hiérarchie des sources du droit

Plan du Cours

  1. Fonctions et langage du droit
  2. Définir le droit et ses abus
  3. Règle de droit et normes juridiques
  4. Origines et fondements du droit
  5. Droit et autres systèmes normatifs
  6. Droit, religion et morale
  7. Contrainte et droit souple
  8. Ordre juridique et familles de droit
  9. Classifications fondamentales du droit
  10. Objet et nécessité de la preuve
  11. Charge et administration de la preuve
  12. Présomptions et pouvoirs du juge
  13. Risque de la preuve
  14. Modes de preuve parfaits
  15. Modes de preuve imparfaits
  16. Admissibilité des preuves
  17. Sources formelles et réelles
  18. Hiérarchie et difficultés des sources

1. Fonctions et langage du droit

Notions clés & Définitions

  • Qualification juridique : Consiste à nommer une situation selon les catégories du droit afin de lui attribuer des conséquences particulières.

★ À maîtriser

📌 Le droit est à la fois un ensemble ordonné de règles, un ensemble de procédures, un sentiment de justice et un lien entre les hommes destiné à réguler les conduites et à empêcher le recours à la violence.

📌 L’abstraction juridique construit une catégorie intellectuelle qui ne reflète pas nécessairement la réalité naturelle, tandis que la fiction juridique repose sur une contrevérité admise comme nécessaire au fonctionnement du droit.

Compléments

  • L’enseignement d’introduction générale au droit, spécificité française apparue à la fin du XIXe siècle comme introduction au droit civil, présente désormais une vision d’ensemble du phénomène juridique.

  • En droit, l’absence ne correspond pas seulement au fait de ne plus avoir de nouvelles d’une personne : elle suppose notamment que celle-ci ait cessé de paraître à son domicile et que ses proches n’aient plus de nouvelles d’elle.

  • La personnalité morale assimile juridiquement certains groupements à des personnes physiques, ce qui leur permet notamment d’avoir un patrimoine propre, de conclure des actes juridiques et d’agir en justice.

Astuce mémo

Qualifier une situation → lui attribuer des conséquences juridiques

2. Définir le droit et ses abus

Notions clés & Définitions

  • Abus de droit : Théorie d’origine jurisprudentielle selon laquelle le titulaire d’un droit commet une faute, susceptible de réparation civile, lorsqu’il l’exerce de manière anormale, en dehors de sa finalité ou dans le seul but de nuire à autrui.

★ À maîtriser

📌 Le droit objectif est l’ensemble des règles juridiques de conduite qui s’imposent aux membres d’une société, tandis que le droit subjectif est une prérogative individuelle reconnue par le droit objectif permettant de faire, d’exiger ou d’interdire quelque chose. — Jean Carbonnier

  • L’article 9 du Code civil, selon lequel chacun a droit au respect de sa vie privée, permet à chaque individu de s’opposer personnellement à une atteinte à sa vie privée.

Compléments

  • Dans l’affaire Clément Bayard, la construction de tiges de fer de 16 mètres destinées à gêner les dirigeables du voisin a été qualifiée d’abus du droit de propriété et a conduit à leur enlèvement ainsi qu’à la réparation du dommage. — Josserand

Astuce mémo

Droit objectif : règles communes ; droit subjectif : prérogatives individuelles

3. Règle de droit et normes juridiques

Notions clés & Définitions

  • Règle de droit : Philippe Malinvaud, Balat — Règle de conduite dans les rapports sociaux, générale, abstraite et obligatoire, dont la sanction est assurée par la puissance publique.
  • Contrat : Accord de volontés destiné à produire des effets juridiques, qui se forme en principe dès la rencontre des volontés.

★ À maîtriser

  • Le caractère général signifie qu’une règle vise des personnes indéterminées placées dans une situation déterminée, tandis que le caractère abstrait signifie qu’elle s’applique automatiquement à des situations appelées à se renouveler.

  • La violation d’une règle de droit ne peut pas être poursuivie par la violence privée : elle donne lieu à des poursuites administratives ou judiciaires engagées par les autorités publiques ou par la victime.

  • Les principes sont des normes très générales qui expriment un idéal, les règles de droit fixent un modèle général de comportement et les normes individuelles règlent une situation particulière.

  • Une décision est une prescription concrète, immédiate et non permanente qui vise une ou plusieurs personnes nommément, contrairement à la règle de droit qui a vocation à se renouveler.

Compléments

  • Les sanctions répressives peuvent viser:

    • les personnes par une peine de prison
    • les actes juridiques par une annulation
    • les biens par une démolition
  • Lorsqu’une règle ne répond pas précisément à une question, le juge interprète la loi puis tranche le litige afin d’éviter un déni de justice.

Astuce mémo

Principes généraux → règles abstraites → normes individuelles concrètes

4. Origines et fondements du droit

Notions clés & Définitions

  • Positivisme juridique : Considère que le droit est constitué des normes produites par le système juridique et qu’il doit être étudié séparément de la morale, de la justice et des valeurs idéales.
  • Normativisme : Théorie positiviste selon laquelle le droit est un système de normes hiérarchisées dont chaque norme tire sa légitimité de sa conformité à une norme supérieure.

★ À maîtriser

📌 Le jusnaturalisme affirme que le droit provient d’un ordre supérieur lié à la nature humaine, à la raison ou à Dieu, tandis que le positivisme juridique étudie le droit en vigueur produit par les autorités compétentes.

  • Les trois générations de droits de l’homme sont:
    • les droits civils et politiques
    • les droits économiques et sociaux
    • les droits de solidarité

Compléments

  • Selon Hugo Grotius, le droit naturel comprend (H.Grotius): la propriété absolue, la force obligatoire des contrats, l’obligation de réparer le dommage causé par sa faute

Astuce mémo

Droit naturel : idéal supérieur ; positivisme : droit effectivement édicté

5. Droit et autres systèmes normatifs

Notions clés & Définitions

  • Système normatif : Ensemble d’éléments liés et agencés entre eux, tels que des principes, des règles, des décisions et des concepts, qui forment un tout cohérent.
  • Pluralisme normatif : Désigne la coexistence de plusieurs systèmes normatifs qui ordonnent la société, notamment le droit, la morale et la religion.

Points essentiels

  • Le droit et la société sont interdépendants : il n’y a pas de société sans droit et pas de droit sans société, même si l’intensité de la présence du droit varie selon les sociétés.

6. Droit, religion et morale

Notions clés & Définitions

  • Laïcité : Garantit la liberté de conscience, la liberté de manifester ses croyances dans le respect de l’ordre public, la neutralité de l’État et l’égalité de tous devant la loi sans distinction de religion ou de conviction.
  • Morale : Ensemble des règles de conduite admises à une époque ou par un groupe d’hommes, définies par les notions de bien et de mal.

Points essentiels

📌 En France, l’État ne peut privilégier aucune religion, garantit le libre exercice des cultes et protège la liberté d’adhérer à une religion, de la pratiquer ou de l’abandonner dans le respect de l’ordre public.

📌 Le droit se distingue de la morale par leur source, leur sanction et leur finalité : le droit est édicté par les autorités compétentes, sanctionné extérieurement par les pouvoirs publics et orienté vers l’ordre social, tandis que la morale provient notamment de la conscience ou de la révélation, repose généralement sur une sanction intérieure et vise la perfection de l’individu.

Astuce mémo

Religion et morale orientent les conduites ; seul le droit bénéficie de la contrainte publique

7. Contrainte et droit souple

Notions clés & Définitions

  • Soft law : Droit non contraignant par principe, fondé sur l’adhésion et l’influence plutôt que sur la contrainte directe, et prenant notamment la forme d’avis ou de recommandations.

★ À maîtriser

  • Le Conseil d’État retient trois critères de la soft law:
    • Orienter les comportements en suscitant l’adhésion
    • Ne pas créer par elle-même de droits ou d’obligations
    • Présenter une formalisation et une structuration proches de celles des règles de droit

Compléments

  • La soft law comprend:

    • Le droit flou, caractérisé par le manque de précision
    • Le droit doux, caractérisé par le manque d’obligation
    • Le droit mou, caractérisé par le manque de sanction directe
  • La loi du 16 juillet 1984 relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives illustre une loi non normative, car elle constatait que ces activités contribuent à la santé sans formuler de prescription sanctionnable.

Astuce mémo

Hard law impose ; soft law propose et influence

8. Ordre juridique et familles de droit

Notions clés & Définitions

  • Ordre juridique : Groupe structuré capable de produire du droit pour réaliser un intérêt commun, dont les éléments sont unis, cohérents et interdépendants.

★ À maîtriser

📌 La Civil law repose sur des codes et des règles générales inspirées du droit romain, tandis que la Common law accorde une place centrale à la procédure, à l’action en justice et aux décisions des juges.

Compléments

  • Le droit musulman rend le droit et la religion indissociables, la charia constituant une source principale notamment en droit des personnes et de la famille.

  • Le droit traditionnel accorde une importance centrale aux coutumes et aux pratiques culturelles, tandis que certains États comme le Canada combinent plusieurs familles de droit.

Astuce mémo

Civil law, Common law, droit musulman, droit traditionnel

9. Classifications fondamentales du droit

Notions clés & Définitions

  • Droit subjectif : Prérogative juridique individuelle permettant à son titulaire de faire, d’exiger ou d’interdire quelque chose.

Points essentiels

  • Les droits patrimoniaux sont évaluables en argent, intégrés au patrimoine et généralement cessibles, tandis que les droits extrapatrimoniaux sont dépourvus de valeur pécuniaire et ne sont pas transmissibles.

  • Le droit réel porte directement sur une chose, tandis que le droit personnel permet d’exiger d’une personne l’accomplissement d’une prestation.

  • L’acte juridique est une manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit, tandis que le fait juridique est un événement ou un agissement auquel la loi attache des effets de droit sans que ceux-ci aient été spécialement recherchés.

  • Le droit français distingue les personnes physiques, êtres humains dont la personnalité juridique commence à la naissance s’ils sont nés vivants et viables et s’éteint à la mort, et les personnes morales, groupements de personnes ou de biens dotés d’une personnalité juridique propre.

Astuce mémo

Patrimonial contre extrapatrimonial ; réel contre personnel ; acte contre fait

10. Objet et nécessité de la preuve

Notions clés & Définitions

  • Preuve : Démonstration de l’existence d’un fait juridique ou d’un acte juridique dans les formes admises par la loi.

★ À maîtriser

📌 En principe, les parties n’ont pas à prouver la règle de droit elle-même, car le juge est censé la connaître selon l’adage « jura novit curia », mais elles doivent invoquer la règle sur laquelle elles fondent leur prétention.

  • Pour prouver un droit subjectif, il faut établir les faits ou actes juridiques qui l’ont fait naître, car la preuve porte sur ses éléments générateurs plutôt que directement sur le droit lui-même.

Compléments

📌 La teneur d’un droit étranger, coutumier, local ou spécial doit exceptionnellement être prouvée par la partie qui s’en prévaut, notamment au moyen de textes, de doctrine, de jurisprudence ou d’une attestation d’expert.

📌 La preuve n’est pas exigée pour les faits notoires connus de tous ni pour les faits judiciairement reconnus par une décision de justice définitive.

Astuce mémo

Droit invoqué → éléments générateurs prouvés → réalisation du droit

11. Charge et administration de la preuve

★ À maîtriser

  • Dans le système accusatoire, les parties recherchent et produisent les preuves tandis que le juge joue principalement un rôle d’arbitre, alors que dans le système inquisitoire le juge participe activement à la recherche des preuves.

  • En droit civil et commercial français, chaque partie doit prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention, conformément à l’article 9 du Code de procédure civile.

  • Selon l’article 1353 du Code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver, tandis que celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait ayant éteint son obligation.

Compléments

📌 Nul ne peut se constituer une preuve à soi-même, principe consacré par la première chambre civile de la Cour de cassation le 2 avril 1996, même si des documents établis par une partie peuvent être admis lorsque leur vérification est possible. — Cass. civ. 1re

📌 Le juge peut ordonner d’office des mesures d’instruction dans les limites fixées par la loi, malgré la préférence française pour un système accusatoire.

Astuce mémo

Accusatoire : parties ; inquisitoire : juge

12. Présomptions et pouvoirs du juge

Notions clés & Définitions

  • Présomption : Conséquence que la loi ou le magistrat tire d’un fait connu vers un fait inconnu, selon un raisonnement inductif.

★ À maîtriser

📌 Nul ne peut se constituer une preuve à soi-même : une preuve ne peut pas émaner exclusivement de la partie qui la produit, sauf lorsque sa vérification est possible. — Cass. civ. 1re, 2 avril 1996

  • Dans le système accusatoire civil, le juge peut ordonner d’office des mesures d’instruction dans les limites de la loi, notamment celles prévues par les articles 10, 11 et 146 du Code de procédure civile.

📌 La présomption légale résulte d’un texte et dispense celui qui bénéficie de la règle de prouver directement le fait inconnu, tandis que la présomption du fait de l’homme résulte du raisonnement du juge à partir des faits présentés par les parties.

📌 Les présomptions légales peuvent être simples lorsque la preuve contraire est libre, mixtes lorsque cette preuve est autorisée mais encadrée, ou irréfragables lorsqu’aucune preuve contraire n’est admise.

Compléments

  • Les moyens d’enquête peuvent notamment comprendre:
    • la perquisition
    • la saisie
    • la garde à vue
    • la géolocalisation
    • l’écoute téléphonique
    • l’expertise ADN

Astuce mémo

Présomption légale : la loi déduit ; présomption de fait : le juge déduit.

13. Risque de la preuve

Points essentiels

  • En droit civil, la partie qui supporte la charge de prouver une allégation est généralement déboutée lorsque les éléments produits laissent subsister un doute persistant.

  • En droit pénal, le doute doit profiter à l’accusé en vertu de la présomption d’innocence et de l’adage « in dubio pro reo ».

  • En cas de doute, la personne poursuivie est relaxée devant le tribunal de police ou correctionnel, mais acquittée devant la cour criminelle départementale ou la cour d’assises.

Astuce mémo

En civil, le doute fait perdre le demandeur ; en pénal, il profite à l’accusé.

14. Modes de preuve parfaits

Notions clés & Définitions

  • Acte authentique : Code civil — Reçu, avec les solennités requises, par un officier public compétent et habilité à instrumenter.
  • Aveu judiciaire : Code civil, art. 1383-2 — Déclaration faite en justice par une partie au procès ou par son représentant spécialement mandaté, dans ses écritures ou à l’audience.

★ À maîtriser

  • Les modes de preuve parfaits offrent une sécurité juridique élevée et sont exigés pour prouver les actes juridiques, tandis que les modes de preuve imparfaits ont une valeur plus aléatoire et ne sont utilisables que lorsque la preuve par tous moyens est admise.

  • L’écrit électronique a la même force probante que l’écrit papier lorsque l’identité de son auteur est établie et conservée dans des conditions garantissant son intégrité.

  • L’acte authentique fait foi jusqu’à son inscription de faux pour ce que l’officier public dit avoir personnellement accompli ou constaté, mais les déclarations des parties et les faits non directement constatés ne valent que jusqu’à preuve contraire par écrit. — Code civil, art. 1371-1

Compléments

📌 Dans un contrat synallagmatique sous signature privée, il faut en principe autant d’originaux qu’il y a de parties ayant un intérêt distinct, sauf notamment si les parties conviennent de remettre l’unique original à un tiers. — Code civil, art. 1375

  • 🔄 Le destinataire du serment décisoire peut:
    1. refuser de jurer et perdre le procès
    2. jurer et gagner le procès
    3. référer le serment à son contradicteur

15. Modes de preuve imparfaits

Notions clés & Définitions

  • Témoignage : Code de procédure civile, art. 199 — Déclaration de tiers destinée à éclairer le juge sur des faits litigieux dont ils ont personnellement connaissance.

★ À maîtriser

  • Les témoignages peuvent être recueillis oralement lors d’une enquête ou par écrit dans une attestation respectant le formalisme applicable, et leur valeur probante est laissée à l’appréciation du juge.

  • En matière pénale, l’aveu ne lie jamais le juge, qui statue selon son intime conviction, tandis que l’aveu extrajudiciaire civil a une valeur comparable à celle d’un simple témoignage.

  • Les présomptions du fait de l’homme sont soumises à l’appréciation du juge et ne doivent en principe être admises que si elles sont graves, précises et concordantes, dans les cas où la preuve par tout moyen est autorisée. — Code civil, art. 1382

Compléments

📌 Le serment déféré d’office est proposé par le juge et ne peut pas être référé à l’autre partie, tandis que le serment décisoire est déféré par une partie et peut être référé à son contradicteur.

16. Admissibilité des preuves

★ À maîtriser

  • Le système de la preuve libre permet d’utiliser tous les moyens de preuve et laisse au juge le soin de retenir les plus convaincants, tandis que le système de la preuve légale détermine l’admissibilité et la force probante des preuves.

  • En droit pénal, les infractions peuvent en principe être établies par tout mode de preuve et le juge décide selon son intime conviction, sauf disposition légale contraire. — Code de procédure pénale

  • En droit civil, les faits juridiques peuvent en principe être prouvés par tous moyens, car leur caractère imprévisible rend illusoire l’exigence préalable d’un écrit. — Code civil

  • En matière civile, une preuve illicite ou déloyale n’est pas nécessairement écartée si sa production est indispensable à l’exercice du droit à la preuve et si l’atteinte aux droits opposés est strictement proportionnée au but poursuivi.

  • Un acte juridique portant sur une somme ou une valeur excédant 1 500 euros doit en principe être prouvé par écrit, même s’il a été formé verbalement, tandis que les actes de commerce se prouvent par tous moyens. — Code civil

  • Les principales atténuations à l’exigence d’un écrit sont:

    • l’aveu judiciaire
    • le serment décisoire
    • le commencement de preuve par écrit corroboré
    • l’impossibilité matérielle d’établir un écrit
    • l’impossibilité morale d’établir un écrit

Compléments

📌 Une preuve obtenue par violence ou fraude ne peut pas être produite pour établir un fait juridique, notamment en matière de divorce. — Code civil, art. 259-1

Astuce mémo

Fait juridique : preuve libre ; acte juridique : preuve encadrée.

17. Sources formelles et réelles

Notions clés & Définitions

  • Pyramide des normes : Hans Kelsen — Représentation d’un ordre juridique hiérarchisé dans lequel chaque niveau fonde la validité de la norme inférieure et trouve sa cohérence dans une norme fondamentale.

★ À maîtriser

📌 Les sources réelles du droit désignent les causes sociologiques qui expliquent l’émergence des règles, tandis que les sources formelles désignent les organes et les modes de production du droit.

📌 La doctrine analyse principalement le droit et ne devient qu’exceptionnellement une source indirecte, tandis que le juge français est en principe chargé de dire le droit préexistant et non de le créer.

Compléments

  • En 2025, l’expression « source du droit » employée sans précision renvoie généralement aux sources formelles plutôt qu’aux causes sociologiques du droit.

Astuce mémo

La pyramide de Kelsen empile les normes, tandis que les sources réelles font émerger le droit depuis la société.

18. Hiérarchie et difficultés des sources

Notions clés & Définitions

  • Hiérarchie des normes : Selon Hans Kelsen, les sources et normes du droit sont hiérarchisées, chaque degré de l’ordre juridique fondant la validité de la norme de niveau inférieur, tandis qu’une norme fondamentale donne cohérence et unité à l’ensemble.
  • Constitution : Ensemble des textes qui déterminent la forme de l’État, la dévolution et l’exercice du pouvoir ainsi que les libertés publiques et civiles des sujets de droit.
  • Bloc de constitutionnalité : Selon Louis Favoreu, le bloc de constitutionnalité désigne l’ensemble des principes et règles à valeur constitutionnelle dont le respect s’impose aux pouvoirs législatif et exécutif, aux autorités administratives et juridictionnelles ainsi qu’aux particuliers.
  • Traité international : Acte écrit conclu entre des sujets de droit international afin de produire des effets juridiques et régi par le droit international.

Points essentiels

📌 La doctrine et la jurisprudence figurent souvent dans la pyramide des sources, bien que leur qualification de sources formelles du droit soit contestable.

  • La Constitution de la Ve République, en vigueur depuis le 4 octobre 1958, comporte actuellement 17 titres, 108 articles et un préambule, après avoir été modifiée à 25 reprises.

  • Le préambule renvoie à trois textes fondamentaux:

    • la DDHC du 26 août 1789
    • le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946
    • la Charte de l’environnement de 2004
  • Le 16 juillet 1971, dans sa décision n° 71-44 DC, le Conseil constitutionnel a reconnu la liberté d’association comme un principe fondamental reconnu par les lois de la République appartenant au bloc de constitutionnalité.

  • Selon l’article 55 de la Constitution, un traité ou accord international a une autorité supérieure à la loi s’il a été régulièrement ratifié ou approuvé, publié et appliqué réciproquement par les autres États signataires, sauf notamment pour certains engagements de protection des droits fondamentaux.

  • Une loi contraire à un traité international est considérée comme abrogée lorsqu’elle est antérieure au traité, mais elle est déclarée inapplicable lorsqu’elle lui est postérieure.

  • Dans un système dualiste, l’ordre juridique national et l’ordre international sont séparés et le texte international doit être reçu dans l’ordre interne, tandis que dans un système moniste, l’ordre international est intégré à l’ordre interne et le texte peut être directement applicable après ratification.

  • L’effet direct d’un texte international suppose qu’il ne soit pas exclusivement destiné aux États et que ses stipulations soient suffisamment précises et inconditionnelles.

  • La Convention internationale des droits de l’enfant a été adoptée le 20 novembre 1989 par l’Assemblée générale des Nations Unies et ratifiée par la France le 7 août 1990.

  • La Convention comporte notamment les droits spécifiques suivants: l’affirmation de l’intérêt supérieur de l’enfant, le droit à être entendu dans les procédures qui le concernent, le droit à l’éducation et aux loisirs, le droit de ne pas être enrôlé dans un conflit armé avant l’âge de 15 ans, le droit aux origines dans la mesure du possible

📌 La Convention européenne des droits de l’homme distingue les droits et interdictions absolus, auxquels les États ne peuvent porter atteinte, des droits et libertés susceptibles de restrictions prévues par la loi, poursuivant un but légitime et nécessaires dans une société démocratique.

  • 🔄 Un État condamné doit: exécuter l’arrêt, réparer le préjudice subi par le requérant, effacer, dans la mesure du possible, les conséquences de la violation, éviter que de nouvelles violations similaires ne se produisent

Astuce mémo

Une pyramide où chaque étage fonde la validité de l’étage inférieur

Tableaux de synthèse

Types de normes juridiques

TypePortéeExemple
PrincipeTrès générale, exprime un idéalLiberté de se marier ou de ne pas se marier
Règle de droitGénérale, abstraite et obligatoireArticle 1240 du Code civil
Norme individuelleConcrète et adaptée à une situationContrat ou décision de justice

Comparaison des familles de droit

FamilleCaractéristique principaleExemple ou source
Civil lawCodes et règles généralesDroit romain
Common lawProcédure et précédents judiciairesAngleterre
Droit musulmanIndissociabilité du droit et de la religionCharia
Droit traditionnelCoutumes et pratiques culturellesDroit culturel et juridique

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Quelle spécificité française est apparue à la fin du XIXe siècle en droit ?

L'enseignement d'introduction générale au droit.

Quelles fonctions le droit remplit-il pour réguler les conduites ?

Il est un ensemble de règles, procédures, sentiment de justice et lien social.

Qu'est-ce que la qualification juridique ?

Nommer une situation selon les catégories du droit pour lui attribuer des conséquences.

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