📌 La conception romaine du pouvoir repose sur la res publica, l’imperium, la potestas, l’auctoritas et la jurisdictio, tandis que la royauté franque repose d’abord sur la guerre, le butin et les liens personnels.
Le roi franc consolide son pouvoir en remportant des victoires, en obtenant un butin, puis en récompensant ses fidèles et ses guerriers selon des règles coutumières.
Le baptême de Clovis à Reims par saint Remi en 507 marque l’alliance entre la royauté franque et l’Église et favorise l’unification religieuse du royaume.
Res publica romaine : intérêt commun ; royauté germanique : victoire et fidélité
★ À maîtriser
📌 Les rois mérovingiens sont choisis parmi les descendants de Clovis par les grands du royaume, sans privilège automatique de l’aîné, ce qui combine élection et hérédité.
Après la mort de Clovis en 511, le royaume est partagé entre ses quatre fils, puis les territoires s’individualisent progressivement en ensembles régionaux.
Le comte mérovingien est une charge publique révocable par le roi, qui exerce localement les prérogatives royales, notamment le mundium et le bannum.
Compléments
Élection dynastique → partage → territorialisation → administration locale
📌 La doctrine des deux glaives distingue le glaive spirituel de l’Église et le glaive temporel du pouvoir politique.
Sacre par l’Église → légitimation de la dynastie → ministère royal
★ À maîtriser
Le réseau vassalique carolingien structure la société en faisant converger les serments de fidélité vers le roi et en permettant aux seigneurs de recueillir eux-mêmes des fidélités.
Les missi dominici sont des inspecteurs itinérants, généralement aristocrates et envoyés par l’empereur, qui surveillent les comtes avec un évêque.
Compléments
Une pyramide de fidélités converge vers l’empereur
★ À maîtriser
Compléments
📌 La paix de Dieu et la trêve de Dieu imposent aux seigneurs des limites religieuses à la violence et les obligent à protéger les faibles et les pauvres.
Partages et invasions → affaiblissement royal → autonomisation aristocratique
★ À maîtriser
📌 La clause de réserve de fidélité impose de respecter le premier serment prêté, tandis que l’hommage lige rend un hommage prioritaire supérieur aux autres hommages.
Compléments
Fidélité vassalique : aide et conseil ; seigneurie banale : commander, juger et taxer
★ À maîtriser
Après 884, il n’existe plus d’actes normatifs royaux de portée générale jusqu’à leur réapparition au XIIe siècle.
Le sacre anticipé consiste à faire élire puis sacrer le successeur du roi du vivant de celui-ci afin d’assurer la continuité dynastique.
Compléments
Atomisation féodale → royauté virtuelle ; sacre et hérédité → continuité capétienne
★ À maîtriser
Avant le XIe siècle, les évêques et les abbés s’insèrent dans les hiérarchies féodales et dépendent fortement des seigneurs laïques.
La réforme grégorienne, initiée par les moines de Cluny et associée à Grégoire VII, affirme l’indépendance de l’Église à l’égard des puissances laïques.
Compléments
Investitures laïques → dépendance ecclésiastique → réforme grégorienne
📌 La suzeraineté exprime la supériorité du roi dans l’ordre féodal, tandis que la souveraineté désigne une autorité suprême indépendante d’un autre pouvoir humain.
La théorie de la mouvance des fiefs affirme que chaque fief procède d’un autre fief dont il a été démembré, jusqu’au roi placé au sommet de la hiérarchie. — Suger
Les prérogatives souveraines du roi comprennent la garantie de la paix, la justice et la législation, auxquelles s’ajoute la maîtrise des droits régaliens.
Suzeraineté féodale → souveraineté juridique → espace royal homogène
Empereur universel et pape théocratique face au roi souverain
★ À maîtriser
📌 Chez Bodin, la monarchie absolue est libre de toute subordination à la noblesse et aux États généraux, tandis que la monarchie mixte partage la souveraineté entre plusieurs autorités. — Jean Bodin, Les six livres de la République, 1576
Compléments
Les monarchomaques protestants soutiennent que le peuple détient la souveraineté originelle et délègue conditionnellement le pouvoir au roi par un contrat.
Les guerres de Religion en France se déroulent de 1562 à 1598 et transforment radicalement la perception du pouvoir royal.
Guerres de Religion → besoin d’un pouvoir fort → monarchie absolue
★ À maîtriser
📌 Dans la doctrine du droit divin, toute révolte contre le roi est assimilée à une révolte contre Dieu et aucune institution humaine ne peut contrôler le pouvoir royal.
📌 Le roi peut modifier, abroger ou écarter les lois ordinaires issues de sa volonté, mais il reste soumis aux lois fondamentales du royaume.
Compléments
Lois ordinaires modifiables, lois fondamentales contraignantes
★ À maîtriser
Compléments
En 1661, Louis XIV abandonne le ministériat et annonce qu’il gouvernera lui-même tout en conservant un gouvernement centralisé et entouré de conseillers.
Louis XIV présente le métier de roi comme un devoir, une science et un art de gouverner soumis à la loi de Dieu et au bien commun.
Richelieu → Mazarin → Louis XIV
★ À maîtriser
Compléments
Le lit de justice est une cérémonie durant laquelle le roi ou son représentant se rend au parlement et impose l’enregistrement des lettres patentes, le parlement cessant alors d’agir comme juridiction.
La monarchie française compte 17 parlements dans les métropoles, dont 13 parlements de Paris et de province et 4 conseils souverains ou provinciaux.
Le roi gouverne et légifère, les parlements jugent et conseillent
L’ordonnance de Moulins de 1566 rappelle que la fonction première des cours est de juger et que les parlements ne sont pas des organes politiques.
La Fronde parlementaire puis la Fronde des princes se déroulent de 1648 à 1653 et visent à imposer un partage du pouvoir face à la monarchie absolue.
La déclaration de 1673 supprime le droit de remontrance préalable, obligeant les cours à enregistrer les lettres patentes avant de pouvoir présenter leurs observations.
La séance de la flagellation du 3 mars 1766 réaffirme que le pouvoir législatif appartient au roi seul, sans dépendance ni partage. — Louis XV
Remontrances → contrôle politique → affrontement avec le roi
📌 Les parlements défendent à la fois les libertés contre le pouvoir absolu et leurs privilèges nobiliaires, notamment en s’opposant aux impôts directs et aux impôts plus égalitaires.
Le conflit entre le roi et les parlements devient public lorsque les remontrances sont imprimées et lues publiquement, ce qui permet aux parlements de mobiliser l’opinion contre le pouvoir royal.
En 1766, lors de la séance royale du 3 mars, Louis XV rappelle que le pouvoir législatif lui appartient seul, sans dépendance ni partage, et que les parlements sont des corps de justice créés par le roi.
Le 7 février 1771, la réforme Maupéou abolit la patrimonialité des offices, réorganise les juridictions en six circonscriptions et confie la vérification des actes généraux au Parlement de Paris dans un cadre encadré.
En 1788, Louis XVI renonce à la réforme Lamoignon après l’opposition des parlements, qui présentent la Cour plénière comme une institution despotique et contraire à la constitution du royaume, puis Loménie de Brienne annonce la réunion des États généraux.
Opposition parlementaire → paralysie royale → convocation des États généraux
📌 La fonction royale est une fonction publique symbolisée par la couronne, et non un patrimoine privé transmissible selon la volonté personnelle du roi.
En 1317, une assemblée de barons et de seigneurs confirme Philippe V comme roi et applique le principe selon lequel une femme ne succède pas à la couronne de France.
En 1328, une assemblée désigne Philippe de Valois comme roi de France plutôt qu’Édouard III d’Angleterre, en rejetant la transmission d’un droit successoral par une femme et en privilégiant un prince né du royaume.
La loi salique, initialement relative à la succession des terres saliques et tombée en désuétude au IXe siècle, est réutilisée au XIVe siècle pour justifier l’exclusion des femmes et des Anglais de la succession à la couronne.
La couronne est une dignité publique, non un patrimoine privé
📌 La loi de catholicité impose que le roi de France soit catholique, tandis que la loi salique règle la transmission masculine de la couronne.
Henri de Navarre, successeur désigné par la loi salique et chef du parti protestant, est considéré comme inacceptable par les catholiques français après la rupture de l’unité religieuse au XVIe siècle.
En 1577, les États de Blois affirment que la religion catholique est une loi fondamentale du royaume, puis l’édit d’Union de 1588 la déclare inviolable et fondamentale.
L’arrêt Lemaistre du 28 juin 1593 rappelle que le roi doit être issu de la nation française et qu’aucune décision ne peut porter atteinte à la loi salique, sans établir de hiérarchie entre les lois fondamentales.
L’ordonnance d’avril 1403 affirme qu’à la mort du roi son fils aîné, quel que soit son âge, devient immédiatement roi sans attendre le sacre.
La régence n’existe pas en droit, car le roi est toujours juridiquement majeur, mais une régence de fait peut être exercée lorsque le roi est enfant ou incapable de gouverner.
Les juristes distinguent dans le domaine de la couronne un domaine corporel composé de biens meubles et immeubles et un domaine incorporel composé de droits féodaux, de droits fiscaux et de prérogatives régaliennes.
Le principe d’inaliénabilité interdit au roi de vendre ou de donner les biens du domaine de la couronne, car il n’en est que le dépositaire et l’administrateur, non le propriétaire.
Le roi ne peut pas vendre ni donner les biens relevant de la Couronne, car il n’en est que le dépositaire et l’administrateur, non le propriétaire.
L’édit de Moulins de 1566 distingue le domaine fixe, déclaré inaliénable, du domaine casuel, qui relève du domaine privé du roi et lui laisse une marge de manœuvre.
Les apanages constituent une concession temporaire et réversible à la Couronne en l’absence de descendant mâle, tandis que les engagements donnent provisoirement un bien domanial à un prêteur jusqu’au remboursement de la dette.
L’imprescriptibilité du domaine empêche un particulier de devenir propriétaire d’un bien domanial par une possession prolongée, conformément à l’ordonnance de 1539 et à l’édit de 1667.
Henri de Navarre protestant → Ligue catholique → arrêt Lemaistre → conversion et sacre
| Notion | Contenu | Titulaire ou délégation |
|---|---|---|
| Mundium | Protection et domination | Roi et chefs |
| Bannum | Commandement, interdiction, contrainte et justice | Roi, puis comtes |
| Notion | Fondement | Effet |
|---|---|---|
| Suzeraineté | Ordre féodal | Supériorité du roi dans la hiérarchie vassalique |
| Souveraineté | Droit romain et droit canonique | Autorité suprême indépendante de tout pouvoir humain |
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1. Quelle période correspond à la dynastie mérovingienne des rois francs ?
2. Quelle opposition décrit correctement les fondements du pouvoir romain et du pouvoir franc ?
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Quelle période couvre la dynastie mérovingienne des rois francs ?
De 481 à 751.
Sur quoi repose la conception romaine du pouvoir ?
Sur la res publica, l’imperium, la potestas, l’auctoritas et la jurisdictio.
Sur quoi repose la royauté franque selon la conception mérovingienne ?
Sur la guerre, le butin et les liens personnels.
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