📌 Le contentieux constitutionnel repose sur un conflit de normes qui impose d'identifier les normes contrôlées et les normes de référence du contrôle.
📌 Le contrôle constitutionnel français comprend un contrôle a priori et un contrôle a posteriori exercé par la voie de la question prioritaire de constitutionnalité.
Légicentrisme français contre suprématie constitutionnelle américaine
★ À maîtriser
📌 Selon la loi des 16 et 24 août 1790, les tribunaux ne peuvent ni empêcher ni suspendre l'exécution des décrets du corps législatif sous peine de forfaiture.
Compléments
Loi réputée infaillible → refus du contrôle juridictionnel
★ À maîtriser
📌 La doctrine majoritaire de la IIIe République défend un contrôle diffus par les juridictions ordinaires, tandis qu'une doctrine minoritaire défend un contrôle juridictionnel centralisé nécessitant une révision constitutionnelle.
Compléments
La Constitution de 1946 ne prévoit aucun contrôle de constitutionnalité, malgré plusieurs propositions parlementaires visant à instaurer une juridiction de contrôle.
Hans Kelsen défend un contrôle juridictionnel centralisé instauré en Autriche dès 1920, mais ses idées ne commencent à se diffuser en France qu'en 1928 par la traduction de Charles Eisenmann.
Sénat politique dépendant contre juge ordinaire indépendant
★ À maîtriser
📌 Le Comité constitutionnel de 1946 ne pouvait être saisi que conjointement par le Président de la République et le président du Conseil de la République, après autorisation à la majorité absolue du Conseil de la République et en cas de désaccord sur la constitutionnalité d'une loi.
Le Comité constitutionnel contrôlait seulement les lois au regard des titres I à X de la Constitution de 1946, consacrés à l'organisation des pouvoirs publics, et non au regard des droits et libertés du préambule.
En 1958, le Conseil constitutionnel est conçu comme un organe régulateur de l'activité des pouvoirs publics et non comme une cour constitutionnelle pleinement chargée d'un contrôle matériel des lois.
📌 L'article 61, alinéa 1, de la Constitution impose la saisine du Conseil constitutionnel avant leur entrée en vigueur pour les lois organiques, les propositions de loi soumises au référendum de l'article 11 et les règlements des assemblées parlementaires.
📌 L'article 61, alinéa 2, permet de déférer une loi au Conseil constitutionnel avant sa promulgation par le Président de la République, le Premier ministre, le président de l'Assemblée nationale, le président du Sénat, soixante députés ou soixante sénateurs.
Compléments
Le Comité constitutionnel de 1946 n'a rendu qu'une seule décision, en 1948, ce qui a consacré son échec comme mécanisme de contrôle.
Le Conseil constitutionnel exerce aussi une fonction consultative et une fonction de juge électoral pour les élections présidentielles, législatives et les référendums.
Comité de 1946 → Conseil régulateur de 1958
📌 La Constitution au sens strict comprend les articles 1 à 89, tandis que le bloc de constitutionnalité inclut également les normes auxquelles renvoie le préambule de 1958.
Préambule de 1958 → DDHC, préambule de 1946 et normes constitutionnelles
📌 Depuis la révision constitutionnelle de 1974, 60 députés ou 60 sénateurs peuvent saisir le Conseil constitutionnel.
📌 Pour être transmise, une QPC doit porter sur une disposition applicable au litige, qui n’a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution sauf changement de circonstances, et la question ne doit pas être dépourvue de caractère sérieux.
1974 : minorité parlementaire → 2008 : justiciables → QPC
Volonté des élus contre contrôle juridictionnel
★ À maîtriser
L’indépendance des membres du Conseil constitutionnel est protégée par :
Les neuf membres nommés du Conseil constitutionnel sont désignés à parts égales : trois par le président de la République, trois par le président de l’Assemblée nationale et trois par le président du Sénat, avec un renouvellement par tiers tous les trois ans.
📌 La théorie des apparences exige qu’une institution soit non seulement impartiale, mais qu’elle paraisse également impartiale aux destinataires de la justice.
📌 Le Conseil constitutionnel exerce parfois un pouvoir normatif en interprétant des dispositions générales ou en dégageant des normes constitutionnelles, mais cette activité ne constitue pas nécessairement un gouvernement des juges.
Compléments
Indépendance statutaire ≠ impartialité effective
★ À maîtriser
Compléments
Le Conseil constitutionnel a notamment reconnu comme PFRLR la liberté d’association dans sa décision du 16 juillet 1971, l’indépendance de la juridiction administrative en 1980 et la spécialité de la justice pénale des mineurs dans sa décision n° 2002-461 DC du 29 août 2002.
Les objectifs à valeur constitutionnelle comprennent notamment : la sauvegarde de l’ordre public, la protection de la santé publique, la lutte contre la fraude fiscale, la recherche des auteurs d’infractions, la possibilité pour toute personne de disposer d’un logement décent, l’intelligibilité et l’accessibilité de la loi
📌 Les PFRLR, les principes à valeur constitutionnelle, les objectifs à valeur constitutionnelle et les exigences constitutionnelles sont des catégories distinctes dont le degré de création jurisprudentielle par le Conseil constitutionnel varie.
★ À maîtriser
Les réserves neutralisantes privent une disposition législative d’effet, les réserves constructives ajoutent une exigence au texte contrôlé et les réserves directives précisent ses modalités d’application.
Le contrôle de proportionnalité consiste à vérifier qu’une atteinte législative est adaptée, nécessaire et proportionnée à l’objectif poursuivi.
📌 Le Conseil constitutionnel ne constitue pas un gouvernement des juges car il ne peut pas s’autosaisir, ne dispose au mieux que d’un pouvoir d’empêcher et ne décide pas positivement d’une politique publique.
Compléments
Neutraliser, construire ou diriger : trois réserves d’interprétation
★ À maîtriser
Les accords de Nouméa ont valeur constitutionnelle parce qu’ils constituent un texte interne auquel la Constitution fait référence et qui peut être modifié par le pouvoir de révision constitutionnelle.
Les lois organiques et les règlements des assemblées peuvent servir de normes de référence du contrôle de constitutionnalité sans être eux-mêmes des normes constitutionnelles.
Dans le contrôle a posteriori fondé sur l’article 61-1, seules les dispositions législatives qui portent atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peuvent être contestées.
📌 Les normes internationales ne sont pas utilisées par le Conseil constitutionnel pour contrôler la conformité des lois à la Constitution, car le contrôle de constitutionnalité est distinct du contrôle de conventionnalité. - IVG, 15 janvier 1975
Compléments
A priori : bloc large ; a posteriori : droits et libertés seulement
★ À maîtriser
Le 25 janvier 1985, dans sa décision sur l’état d’urgence en Nouvelle-Calédonie, le Conseil constitutionnel a admis qu’une loi promulguée puisse être contestée à l’occasion de l’examen d’une loi qui la modifie, la complète ou affecte son domaine.
Le contrôle des lois organiques est obligatoire : le Premier ministre doit les déférer au Conseil constitutionnel, le Président de la République ne peut les promulguer avant la décision du Conseil et l’examen porte sur leur intégralité.
Le Conseil constitutionnel peut être saisi avant leur ratification ou leur approbation sur le fondement de l’article 54 pour contrôler les engagements internationaux, et il contrôle alors l’intégralité du traité sans pouvoir formuler de réserve d’interprétation.
📌 Une QPC doit viser une disposition législative déterminée et ne peut pas contester une loi dans son ensemble.
Compléments
Le 29 juillet 2004, le Conseil constitutionnel a censuré pour la première fois une disposition législative au motif qu’elle était dépourvue de normativité.
Depuis 1999, les lois du pays de Nouvelle-Calédonie peuvent faire l’objet d’un contrôle a priori par le Conseil constitutionnel, notamment au regard des accords de Nouméa.
Loi ordinaire, contrôle obligatoire, traité, Nouvelle-Calédonie, QPC
Les lois constitutionnelles sont exclues de tout contrôle constitutionnel, quelle que soit leur procédure d’adoption, comme l’ont confirmé les décisions du 6 novembre 1962 et du 26 mars 2009.
Les lois référendaires, y compris les lois ordinaires adoptées par référendum, ne peuvent pas faire l’objet d’un contrôle de constitutionnalité ni d’une QPC.
Les actes administratifs, qu’ils aient une portée réglementaire ou individuelle, ne peuvent pas être contestés par une QPC et relèvent du contrôle du Conseil d’État.
Les lois ordinaires autorisant la ratification d’un engagement international ne peuvent pas faire l’objet d’une QPC, car leur remise en cause affecterait l’engagement international lui-même et le principe pacta sunt servanda.
Une directive européenne fixe un objectif et nécessite une transposition nationale, tandis qu’un règlement européen est directement applicable et nécessite seulement, le cas échéant, une adaptation du droit interne.
Le Conseil constitutionnel ne contrôle pas les dispositions législatives qui transposent nécessairement des dispositions précises et inconditionnelles d’une directive, sauf si la loi ajoute à la directive ou porte atteinte à une règle inhérente à l’identité constitutionnelle de la France.
Loi référendaire et engagement international : souveraineté populaire ou parole donnée, tous deux échappent au contrôle
★ À maîtriser
📌 Pour un engagement international, le Conseil constitutionnel peut être saisi entre sa signature et sa ratification.
📌 Après l’adoption définitive d’une loi et avant sa promulgation, la saisine du Conseil constitutionnel suspend la promulgation, qui doit intervenir dans les quinze jours.
Compléments
📌 En cas de contestation de la recevabilité réglementaire d’une proposition de loi ou d’un amendement au titre de l’article 41, le Conseil constitutionnel statue dans un délai de huit jours.
📌 Une saisine du Conseil constitutionnel est introduite par une lettre, éventuellement électronique, accompagnée d’un mémoire ampliatif et comportant le nom, le prénom et la signature de ses auteurs.
Saisine → instruction → délibéré → publication
★ À maîtriser
🔄 L’instruction constitutionnelle suit plusieurs étapes :
Le contradictoire exige que les pièces du dossier soient connues de toutes les parties et que celles-ci puissent les discuter sur un pied d’égalité.
Le Conseil constitutionnel peut soulever d’office des moyens qui ne sont pas invoqués par les requérants, substituer un fondement constitutionnel à celui qu’ils ont présenté et statuer ultra petita.
Le Conseil constitutionnel statue en principe dans un délai d’un mois, délai pouvant être réduit à huit jours à la demande du Gouvernement en cas d’urgence.
Les décisions du Conseil constitutionnel sont publiées au Journal officiel, notifiées aux autorités de saisine, insusceptibles de recours et obligatoires pour les pouvoirs publics ainsi que pour toutes les autorités administratives et juridictionnelles.
Compléments
Délai court → contradictoire aménagé → décision rapidement publiée
★ À maîtriser
La QPC est un contentieux accessoire parce qu’elle ne peut être introduite qu’à l’appui d’une instance principale, mais elle est autonome parce qu’elle doit être présentée dans un écrit distinct et motivé et conserve son propre traitement après la saisine du Conseil constitutionnel.
La QPC est prioritaire sur l’examen des moyens de fond de conventionnalité, mais cette priorité ne prive pas le juge national de la possibilité de saisir la Cour de justice de l’Union européenne ni de prendre des mesures provisoires pour protéger les droits issus du droit de l’Union.
La QPC est abstraite parce que le Conseil constitutionnel confronte deux normes indépendamment de faits précis, mais elle présente une dimension concrète parce qu’elle est soulevée à l’occasion d’un litige et peut tenir compte de circonstances de fait affectant l’application de la loi.
La QPC peut être soulevée par toute partie à l’instance, mais elle ne peut pas être soulevée par les magistrats.
Compléments
Contrôle centralisé et abstrait, mais déclenché par un litige concret
★ À maîtriser
Toute partie à l’instance, y compris une personne physique ou morale, peut soulever une QPC, mais les magistrats ne peuvent pas la soulever eux-mêmes, sauf le ministère public depuis un arrêt de la Cour de cassation du 7 août 2024.
La QPC peut être soulevée devant toute juridiction relevant du Conseil d’État ou de la Cour de cassation, y compris pour la première fois en cassation, sauf devant une cour d’assises pendant la session de jugement en raison de la continuité des débats.
Compléments
📌 La formation compétente pour statuer sur la QPC est en principe celle qui statue sur le fond, mais certaines exceptions permettent au président de juridiction, au juge ou au conseiller de la mise en état de statuer seul lorsque la question ne présente pas de difficulté.
Le justiciable soulève la QPC, le juge ordinaire la transmet, la juridiction suprême la renvoie
La QPC doit être présentée dans un écrit distinct et motivé, précisant les dispositions contestées, les normes constitutionnelles invoquées et les griefs d’inconstitutionnalité, sous peine d’irrecevabilité.
La QPC peut être soulevée en première instance, en appel ou pour la première fois en cassation, mais son moment limite dépend du régime de l’instance principale : jusqu’à la clôture des débats en procédure orale, jusqu’à la clôture de l’instruction en procédure écrite et avant toute défense au fond lorsqu’elle soutient une exception de procédure.
Les juges du fond doivent statuer sur la QPC dans les meilleurs délais, avec un délai recommandé de trois mois au maximum, sauf lorsqu’ils savent qu’une juridiction suprême ou le Conseil constitutionnel examine déjà une QPC portant sur la même disposition et les mêmes griefs.
La décision de transmission est motivée, envoyée à la juridiction suprême dans les huit jours et ne peut faire l’objet d’un recours ; elle informe immédiatement les parties et le ministère public, puis les parties disposent d’un mois pour présenter leurs observations.
La transmission d’une QPC entraîne le sursis à statuer, sauf lorsque le juge doit mettre fin à une mesure privative de liberté ou peut statuer en urgence ou sur un point dont le report entraînerait des conséquences immédiates ou manifestement excessives.
La disposition contestée doit être applicable au litige ou à la procédure, ou constituer le fondement des poursuites, sans devoir nécessairement être effectivement appliquée ni commander l’issue du litige.
Le Conseil constitutionnel a admis le renvoi d’une QPC contre une disposition abrogée dans sa décision du 23 juillet 2010, car cette disposition peut encore produire des effets pour des faits antérieurs à son abrogation.
📌 Une disposition législative déjà déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel ne peut plus faire l’objet d’une QPC, sauf changement de circonstances de droit ou de fait.
📌 Devant les juges du fond, la question ne doit pas être dépourvue de caractère sérieux, tandis que devant les juridictions suprêmes elle doit être nouvelle ou présenter un caractère sérieux.
📌 La procédure devant le Conseil constitutionnel est contradictoire : les parties reçoivent les pièces et peuvent discuter les griefs relevés d’office, mais le Conseil ne peut jamais relever d’office l’inconstitutionnalité d’une disposition législative non contestée.
📌 L’impartialité du Conseil constitutionnel est garantie par le déport spontané d’un membre ou sa récusation motivée, mais la seule participation à l’élaboration de la loi contestée ne suffit pas : il faut une part déterminante.
📌 Dans sa décision du 30 mai 2013, la CJUE a jugé que les dispositions françaises contestées ne découlaient pas nécessairement de la décision-cadre européenne, qui imposait un délai de trente jours tout en laissant une marge d’appréciation au législateur national.
Le 14 juin 2013, le Conseil constitutionnel a jugé que les dispositions contestées ne bénéficiaient pas de la protection de l’article 88-2 et qu’elles méconnaissaient l’article 16 de la DDHC relatif aux droits de la défense.
Le protocole n° 16 à la CEDH, entré en vigueur le 1er août 2018, permet aux hautes juridictions désignées par les États de demander un avis à la Cour EDH.
Écrit motivé → examen → transmission → sursis
| Type | Effet |
|---|---|
| Neutralisante | Prive une disposition d’effet juridique |
| Constructive | Ajoute une exigence à la loi |
| Directive | Précise les modalités d’application |
| Critère | Contrôle a priori | QPC |
|---|---|---|
| Déclenchement | Action directe contre la loi | Question soulevée à l’occasion d’un litige |
| Nature | Contrôle abstrait et objectif | Contrôle abstrait, déclenché par une situation concrète |
| Objet | Loi avant sa promulgation | Disposition législative applicable au litige |
| Effet | Contrôle avant l’entrée en vigueur | Abrogation éventuelle de la disposition pour tous |
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1. Quel est l’objet principal du contentieux constitutionnel ?
2. Quelle distinction caractérise les deux formes du contrôle de constitutionnalité en France ?
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Sur quoi porte le contentieux constitutionnel ?
Sur la conformité à la Constitution des actes juridiquement subordonnés.
Quelle décision de 1803 a reconnu le contrôle de constitutionnalité aux États-Unis ?
L'arrêt Marbury v. Madison de la Cour suprême des États-Unis.
Quelle période couvre la Révolution française selon le légicentrisme ?
De 1789 à 1804.
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