QCM : Institutions judiciaires et administratives — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne le droit dans une société donnée ?

L’ensemble des principes moraux appliqués aux relations entre citoyens
L’ensemble des sanctions prononcées par les autorités publiques contre les justiciables
L’ensemble des décisions rendues par les tribunaux entre personnes privées
L’ensemble des règles qui organisent les rapports entre personnes publiques ou privées

L’ensemble des règles qui organisent les rapports entre personnes publiques ou privées

Explication

Le droit regroupe les règles qui régissent les rapports entre les personnes publiques ou privées dans une société donnée. La morale peut influencer le droit, mais elle ne constitue pas à elle seule l’ensemble des règles juridiques.

2. La justice peut-elle être définie comme une seule fonction dans l’organisation de l’État ?

Non, elle désigne surtout l’ensemble des avocats et des auxiliaires qui assistent les tribunaux
Oui, elle correspond principalement à l’application des décisions prises par le pouvoir exécutif
Oui, elle se limite à l’équilibre moral entre ce qui est dû à chaque personne
Non, elle est à la fois une vertu, un pouvoir de juger et un service public régalien

Non, elle est à la fois une vertu, un pouvoir de juger et un service public régalien

Explication

La justice possède trois dimensions : une vertu fondée sur l’équilibre, un pouvoir de trancher les différends et un service public régalien de l’État. La réduire à une fonction morale ou administrative ne rend pas compte de ces trois aspects.

3. Pourquoi une personne qui estime avoir subi un tort doit-elle saisir une juridiction plutôt que régler elle-même le conflit ?

Parce qu’un tiers impartial doit être chargé de trancher le litige
Parce que les magistrats représentent directement les intérêts des deux parties
Parce qu’un avocat doit décider de la sanction applicable au responsable
Parce que les parties doivent laisser le pouvoir exécutif imposer une solution

Parce qu’un tiers impartial doit être chargé de trancher le litige

Explication

Le principe selon lequel nul ne peut se rendre justice à lui-même impose de confier le litige à un tiers chargé de le trancher. L’avocat accompagne une partie et le pouvoir exécutif n’a pas pour fonction de juger les litiges.

4. Pourquoi l’organisation judiciaire de l’Ancien Régime était-elle particulièrement complexe ?

Parce que les magistrats étaient choisis par une autorité judiciaire nationale unique
Parce que des juridictions royales, seigneuriales et ecclésiales coexistaient
Parce que les juridictions locales avaient été supprimées au profit de tribunaux centraux
Parce que les tribunaux civils et commerciaux relevaient d’une administration unifiée

Parce que des juridictions royales, seigneuriales et ecclésiales coexistaient

Explication

La complexité provenait de la coexistence de juridictions royales, seigneuriales et ecclésiales. L’Ancien Régime ne reposait donc pas sur une organisation judiciaire unifiée et centralisée.

5. Quel effet les nombreux recours produisaient-ils sur les procès sous l’Ancien Régime ?

Ils allongeaient la durée des procès en multipliant les possibilités de contestation
Ils remplaçaient les audiences judiciaires par une procédure administrative plus rapide
Ils empêchaient les parties de contester un jugement après la première décision
Ils réduisaient la durée des procès en transférant rapidement les affaires au roi

Ils allongeaient la durée des procès en multipliant les possibilités de contestation

Explication

Les nombreux recours prolongeaient les procédures et allongeaient la durée des procès. Ils n’accéléraient pas le règlement des litiges et ne supprimaient pas les possibilités de contestation.

6. Pour quelle raison l’impartialité des juges pouvait-elle être contestée sous l’Ancien Régime ?

Les juges étaient tirés au sort parmi les parties et leurs décisions étaient rédigées par les avocats
Des seigneurs pouvaient juger des seigneurs et des magistrats étaient payés par la partie gagnante
Les magistrats étaient nommés par les justiciables et recevaient leur salaire de la partie perdante
Les juridictions ecclésiales rendaient leurs décisions après consultation obligatoire des tribunaux commerciaux

Des seigneurs pouvaient juger des seigneurs et des magistrats étaient payés par la partie gagnante

Explication

L’impartialité était fragilisée par le jugement entre seigneurs et par la rémunération des magistrats par la partie gagnante. Ces situations pouvaient créer un intérêt lié à l’identité des parties ou à l’issue du procès.

7. Quel événement de la nuit du 4 août 1789 a posé les bases d’un nouveau système juridictionnel ?

La séparation complète des juridictions civiles, commerciales et ecclésiales
La création du Tribunal de cassation chargé d’harmoniser l’application des règles de droit
L’instauration du double degré de juridiction et de la gratuité générale de la justice
L’abolition des juridictions seigneuriales, de certains privilèges de juridiction et de la vénalité des charges

L’abolition des juridictions seigneuriales, de certains privilèges de juridiction et de la vénalité des charges

Explication

Dans la nuit du 4 août 1789, l’abolition des juridictions seigneuriales, de certains privilèges de juridiction et de la vénalité des charges a préparé la réorganisation judiciaire. Le Tribunal de cassation et le double degré relèvent de réformes postérieures.

8. Quel principe la loi des 16 et 24 août 1790 consacre-t-elle concernant les pouvoirs publics ?

La réunion des fonctions législative, exécutive et judiciaire dans les tribunaux
La séparation de la fonction de juger d’avec les pouvoirs exécutif et législatif
La compétence des magistrats pour modifier directement les lois adoptées par le législateur
La subordination de la fonction de juger aux décisions du pouvoir exécutif

La séparation de la fonction de juger d’avec les pouvoirs exécutif et législatif

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790 sépare la fonction de juger des pouvoirs exécutif et législatif. Elle ne place donc pas les tribunaux sous l’autorité de l’exécutif et ne leur attribue pas un pouvoir législatif.

9. Que permet le double degré de juridiction après une décision rendue en premier degré ?

Faire annuler automatiquement la première décision sans nouvelle audience
Faire vérifier la conformité juridique du jugement sans réexaminer l’affaire
Faire transmettre le litige à une autorité administrative chargée de le résoudre
Faire rejuger l’affaire par de nouveaux juges lors d’un second examen

Faire rejuger l’affaire par de nouveaux juges lors d’un second examen

Explication

Le double degré permet qu’une affaire soit rejugée une seconde fois par de nouveaux juges après la première décision. Il se distingue de la cassation, qui sanctionne une violation du droit sans rejuger normalement les faits.

10. Quelle était la mission principale du Tribunal de cassation créé par la loi des 27 novembre et 1er décembre 1790 ?

Remplacer les juridictions inférieures pour rendre directement tous les jugements civils
Rejuger les faits de chaque affaire après une décision rendue par un tribunal inférieur
Sanctionner les violations du droit et harmoniser son application par les juridictions inférieures
Organiser la médiation entre les parties avant toute intervention d’un juge judiciaire

Sanctionner les violations du droit et harmoniser son application par les juridictions inférieures

Explication

Le Tribunal de cassation contrôlait le respect des règles de droit par les juridictions inférieures et contribuait à harmoniser leur application. Il ne constituait pas un troisième degré chargé de rejuger normalement les faits.

11. Quelle autorité est désignée par l’article 64 de la Constitution de 1958 comme garante de l’indépendance de l’autorité judiciaire ?

Le Conseil constitutionnel
Le président de la République
Le garde des Sceaux
Le Premier président de la Cour de cassation

Le président de la République

Explication

L’article 64 confie au président de la République la garantie de l’indépendance de l’autorité judiciaire. Le garde des Sceaux participe à la politique judiciaire, mais cette garantie constitutionnelle ne lui est pas attribuée.

12. Quelle situation illustre la déjudiciarisation d’un conflit ?

Un divorce réglé par accord sans intervention d’un juge
Une affaire civile tranchée après audience judiciaire
Une infraction poursuivie par le ministère public
Un litige administratif porté devant le tribunal compétent

Un divorce réglé par accord sans intervention d’un juge

Explication

La déjudiciarisation retire certains conflits du traitement judiciaire en privilégiant notamment l’accord, la conciliation ou la médiation. Le recours à une audience et à une décision judiciaire relève au contraire de la judiciarisation.

13. Quel est l’objectif principal de la séparation des pouvoirs théorisée notamment par Locke et Montesquieu ?

Accroître les compétences normatives des tribunaux
Permettre au juge de créer des règles générales
Éviter une concentration dangereuse des pouvoirs
Confier l’administration publique aux juridictions civiles

Éviter une concentration dangereuse des pouvoirs

Explication

La séparation des pouvoirs cherche à prévenir la concentration dangereuse des fonctions de l’État. Elle ne vise pas à habiliter le juge à édicter des normes générales, rôle principalement attribué au législateur.

14. Que défend l’article 5 du Code civil concernant le pouvoir du juge ?

Le juge délègue au législateur le règlement du conflit
Le juge tranche le litige sans édicter de règle générale
Le juge édicte une règle générale pour les litiges similaires
Le juge suspend l’affaire lorsqu’une règle précise fait défaut

Le juge tranche le litige sans édicter de règle générale

Explication

L’article 5 interdit au juge de prononcer des dispositions générales et réglementaires dans les causes qui lui sont soumises. Il doit donc statuer sur l’affaire particulière sans se transformer en législateur.

15. Que doit faire un juge lorsqu’il est saisi d’un litige mais que la loi présente une lacune ?

Prononcer une règle générale applicable à toutes les affaires
Renvoyer systématiquement la question au pouvoir réglementaire
Statuer sur le litige sans commettre de déni de justice
Refuser d’examiner l’affaire jusqu’à une réforme législative

Statuer sur le litige sans commettre de déni de justice

Explication

L’article 4 du Code civil oblige le juge à se prononcer et lui interdit de commettre un déni de justice, même lorsque la loi est lacunaire. Cette obligation ne l’autorise toutefois pas à adopter une disposition générale et réglementaire.

16. Que signifie le dualisme juridictionnel dans l’organisation française de la justice ?

La coexistence d’un ordre judiciaire et d’un ordre administratif
La séparation entre les juridictions civiles et les juridictions pénales
La soumission des tribunaux publics aux autorités gouvernementales
La division des tribunaux selon la gravité des infractions

La coexistence d’un ordre judiciaire et d’un ordre administratif

Explication

Le dualisme juridictionnel sépare l’ordre judiciaire, compétent pour les litiges privés, et l’ordre administratif, compétent pour juger l’administration. Il ne correspond donc pas à la simple distinction entre matière civile et matière pénale.

17. Quelle est la fonction du Tribunal des conflits ?

Déterminer quel ordre de juridiction est compétent
Juger en appel les décisions des tribunaux administratifs
Diriger les autorités administratives dans leurs missions
Contrôler la conformité des lois à la Constitution

Déterminer quel ordre de juridiction est compétent

Explication

Le Tribunal des conflits tranche les conflits de compétence entre l’ordre judiciaire et l’ordre administratif. Il ne constitue pas une juridiction d’appel générale et n’exerce pas la direction de l’administration.

18. Quelle est la fonction propre des magistrats du siège par rapport à celle des magistrats du parquet ?

Les magistrats du siège proposent les sanctions, tandis que ceux du parquet appliquent les décisions civiles.
Les magistrats du siège tranchent les différends, tandis que ceux du parquet requièrent une peine.
Les magistrats du siège exécutent la politique pénale, tandis que ceux du parquet jugent les litiges.
Les magistrats du siège requièrent une peine, tandis que ceux du parquet tranchent les différends.

Les magistrats du siège tranchent les différends, tandis que ceux du parquet requièrent une peine.

Explication

Les magistrats du siège rendent les décisions et déterminent l’application du droit aux litiges, alors que les magistrats du parquet demandent une peine. Confondre ces fonctions revient à attribuer au parquet le pouvoir de trancher lui-même le différend.

19. Pourquoi les magistrats du parquet sont-ils rattachés au pouvoir exécutif ?

Parce qu’ils mettent en œuvre la politique pénale définie par le gouvernement.
Parce qu’ils décident de l’avancement des magistrats du siège.
Parce qu’ils tranchent les litiges civils au nom de l’État.
Parce qu’ils contrôlent la conformité des lois à la Constitution.

Parce qu’ils mettent en œuvre la politique pénale définie par le gouvernement.

Explication

Le parquet dépend du pouvoir exécutif car ses magistrats mettent en œuvre la politique pénale décidée par le gouvernement. Leur rôle ne consiste pas à juger les litiges, fonction qui appartient aux magistrats du siège.

20. Dans quelle situation l’indépendance des magistrats du siège est-elle directement nécessaire ?

Lorsqu’ils doivent organiser la discipline des magistrats du parquet.
Lorsqu’ils doivent trancher un litige sans subir de pression extérieure.
Lorsqu’ils doivent proposer une peine au tribunal chargé de juger l’affaire.
Lorsqu’ils doivent appliquer une orientation pénale fixée par le gouvernement.

Lorsqu’ils doivent trancher un litige sans subir de pression extérieure.

Explication

L’indépendance permet aux magistrats du siège de décider d’un litige à l’abri des pressions. L’application d’une politique pénale gouvernementale relève plutôt du rôle des magistrats du parquet.

21. Quel rôle le Conseil supérieur de la magistrature exerce-t-il principalement ?

Il dirige la politique pénale définie par le gouvernement.
Il intervient dans l’avancement et la discipline des magistrats.
Il contrôle la conformité des lois à la Constitution.
Il tranche les litiges soumis aux juridictions judiciaires.

Il intervient dans l’avancement et la discipline des magistrats.

Explication

Organisé par l’article 65 de la Constitution, le Conseil supérieur de la magistrature intervient dans la carrière et la discipline des magistrats. Il ne remplace pas les juridictions chargées de trancher les litiges.

22. Quelle différence caractérise l’intervention du Conseil supérieur de la magistrature selon le corps de magistrats concerné ?

Pour le siège, il décide de l’avancement et des sanctions ; pour le parquet, il rend un avis sur proposition.
Pour le siège, il nomme les magistrats ; pour le parquet, il organise les audiences pénales.
Pour le siège, il rend un avis sur les sanctions ; pour le parquet, il décide de l’avancement des magistrats.
Pour le siège, il applique la politique pénale ; pour le parquet, il tranche les litiges judiciaires.

Pour le siège, il décide de l’avancement et des sanctions ; pour le parquet, il rend un avis sur proposition.

Explication

À l’égard des magistrats du siège, le Conseil supérieur de la magistrature prend les décisions relatives à l’avancement et aux sanctions. Pour les magistrats du parquet, son intervention passe par une proposition et un avis, sans décision finale sur ces questions.

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Qu'est-ce que le droit régit dans une société donnée ?

Les rapports entre les personnes publiques ou privées.

Quels sont les trois aspects de la justice ?

Une vertu, un pouvoir de juger, un service public régalien.

Que signifie le principe "nul ne peut se rendre justice à lui-même" ?

Confier le litige à un tiers pour trancher le conflit.

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