Fiche de révision : Institutions judiciaires françaises

Plan du Cours

  1. Les sens de la justice
  2. Les symboles judiciaires
  3. Moyens et activité de la justice
  4. Dualisme juridictionnel et Tribunal des conflits
  5. Hiérarchie et spécialisation des juridictions
  6. Principes du service public de la justice
  7. Continuité du service public judiciaire
  8. Égalité, neutralité et laïcité judiciaires
  9. Adaptation de l’organisation judiciaire
  10. Gratuité et accès matériel à la justice
  11. Garanties du procès équitable
  12. Magistrats du siège
  13. Magistrats du siège et du parquet
  14. Juges de l’ordre administratif
  15. Auxiliaires de justice
  16. Juridictions civiles du premier degré
  17. Instruction et contrôle des libertés
  18. Juridictions pénales et évolution du droit

Repères chronologiques

  1. 16 et 24 août 1790La loi sépare les autorités administratives et les autorités judiciaires afin notamment d’empêcher le juge judiciaire d’intervenir dans l’activité administrative.
  2. 15 juin 2000La loi a instauré la possibilité de faire appel des décisions criminelles et a notamment créé la cour d’assises d’appel.
  3. 2020Pendant le premier confinement, le fonctionnement de la justice a été fortement perturbé et certaines activités ont été interrompues ou limitées pendant la mise en place de mesures sanitaires.
  4. 26 janvier 2024La réforme prévoit notamment des chambres territoriales au sein des cours administratives d’appel et le juge unique comme principe, la collégialité devenant l’exception.

1. Les sens de la justice

Notions clés & Définitions

  • Institution : Le terme « institution » désigne soit un organe régi par le droit, soit l’ensemble des règles qui organisent les organes ou mécanismes.

★ À maîtriser

  • La justice peut être envisagée sous quatre aspects :
    • une valeur
    • une activité
    • un pouvoir
    • un service public

📌 Le positivement juste correspond à ce à quoi chacun peut légitimement prétendre, selon l’idée de « chacun son dû », tandis que l’idéalement juste relève davantage de l’équité et de la raison et varie selon les personnes et les sociétés.

📌 La justice commutative règle les rapports entre individus par une égalité arithmétique visant à rétablir un équilibre, tandis que la justice distributive répartit les richesses, les charges et les ressources dans la société selon une égalité proportionnelle.

  • La justice comme activité consiste principalement à juger, dire le droit et trancher les litiges, et le juge ne peut refuser de juger sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi, conformément à l’article 4 du Code civil.

📌 Un retard injustifié dans le traitement d’une affaire peut constituer un fonctionnement défectueux du service public de la justice et engager la responsabilité de l’État dans les conditions prévues par la loi ; le droit à un procès équitable comprend le droit d’obtenir une décision dans un délai raisonnable.

📌 L’État a en principe le monopole de la justice : les litiges judiciaires relèvent des juridictions instituées par la loi, dont les décisions peuvent être exécutées par les moyens prévus par le droit, avec le concours légal de la force publique.

Compléments

  • L’étude des institutions judiciaires porte à la fois sur les règles qui organisent la justice et sur les acteurs ou organes qui la font fonctionner, notamment les juridictions, les magistrats et les auxiliaires de justice.

  • La justice est traditionnellement distinguée des pouvoirs législatif, exercé par le Parlement, et exécutif, exercé par le gouvernement et l’administration, et correspond à la fonction de juger et de sanctionner les infractions.

  • Les tempéraments mentionnés sont :

    • l’accès aux juridictions supranationales
    • la médiation
    • la conciliation
    • la transaction

Astuce mémo

Justice idéale à atteindre ; droit positif à appliquer

2. Les symboles judiciaires

★ À maîtriser

  • Thémis, figure de la mythologie grecque associée à la justice et à l’ordre établi, est représentée avec une balance dans la main droite, un glaive dans la main gauche et un bandeau sur les yeux.

  • Les attributs de Thémis symbolisent :

    • la balance : l’équilibre et la mise en balance des intérêts
    • le glaive : le pouvoir de trancher et de sanctionner
    • le bandeau : l’impartialité

Compléments

  • Le bandeau de Thémis peut aussi être critiqué comme une image d’une justice aveugle aux réalités individuelles, ce qui fait écho au rôle de l’équité pour tempérer une application trop rigide du droit.

  • D’autres symboles associés à la justice sont :

    • la robe
    • l’étole
    • le palais de justice
    • les tables de la loi
    • la main de la justice
  • La main de la justice était un symbole du pouvoir judiciaire des rois de France, notamment utilisé lors du sacre.

  • Le marteau n’est pas un symbole traditionnel de l’autorité judiciaire dans les salles d’audience françaises.

Astuce mémo

Thémis tient la balance, le glaive et porte un bandeau

3. Moyens et activité de la justice

Notions clés & Définitions

  • Judiciarisation : La judiciarisation est la tendance croissante à recourir au droit et aux tribunaux pour régler les conflits, favorisée notamment par une meilleure connaissance des droits, le développement des assurances, la volonté de faire respecter ses droits et l’évolution des rapports sociaux.

★ À maîtriser

  • Le budget de la justice est passé d’environ 9,5 milliards d’euros en 2023 à environ 10,1 milliards en 2024 et 10,5 milliards en 2025 ; environ 10,7 milliards étaient prévus pour 2026 et un objectif de 11 milliards était fixé pour 2027.

  • La loi d’orientation et de programmation du 20 novembre 2023 fixe les orientations de la justice pour 2023-2027 et prévoit notamment des recrutements, une transformation numérique, des investissements immobiliers et de nouvelles places de prison.

  • La France compte environ 10 000 magistrats de l’ordre judiciaire, mais les effectifs sont considérés comme insuffisants face à l’activité, notamment pour les magistrats du parquet, dont la densité est particulièrement faible par rapport à la moyenne européenne.

  • L’augmentation de l’activité, conjuguée à des effectifs et à des moyens matériels insuffisants, engorge les juridictions et allonge les délais de traitement.

  • Au 1er août 2026, la France comptait environ 89 668 personnes détenues pour environ 63 300 places opérationnelles, dans un contexte de surpopulation carcérale ; le cours mentionne plus de 3 000 places modulaires ouvertes et un objectif de 15 000 places supplémentaires d’ici 2027.

Compléments

  • Une part importante du budget de la justice est consacrée à l’administration pénitentiaire, tandis qu’une autre finance notamment les juridictions et le recrutement des personnels.

  • L’augmentation de l’activité judiciaire peut aussi s’expliquer par l’individualisation de la société et par la libération de la parole, notamment dans les domaines des violences et des infractions.

Astuce mémo

Activité croissante et effectifs insuffisants → engorgement et délais

4. Dualisme juridictionnel et Tribunal des conflits

Notions clés & Définitions

  • Juridiction : Une juridiction est un organe habilité à juger les litiges qui lui sont soumis ; le terme vient du latin jurisdictio, qui signifie « dire le droit ».
  • Tribunal des conflits : Le Tribunal des conflits règle principalement les conflits de compétence entre l’ordre administratif et l’ordre judiciaire.

★ À maîtriser

  • Le droit privé régit les relations entre personnes privées et comprend notamment le droit civil, le droit de la famille, le droit des obligations, le droit des contrats, la responsabilité civile, le droit des biens, le droit commercial et le droit de la consommation ; le droit public organise l’État et les collectivités publiques et comprend notamment le droit constitutionnel, administratif et hospitalier.

  • Le dualisme juridictionnel français distingue l’ordre judiciaire, compétent principalement en droit privé et en matière pénale, et l’ordre administratif, compétent principalement en droit public.

  • Le conflit positif survient lorsque l’administration conteste la compétence d’une juridiction judiciaire ; le conflit négatif survient lorsque les juridictions des deux ordres se déclarent successivement incompétentes pour le même litige.

Compléments

  • L’ordre administratif comprend notamment le tribunal administratif, la cour administrative d’appel et le Conseil d’État ; l’ordre judiciaire comprend des juridictions civiles et pénales et culmine avec la Cour de cassation.

Astuce mémo

Litige privé ou pénal : ordre judiciaire ; litige public : ordre administratif

5. Hiérarchie et spécialisation des juridictions

★ À maîtriser

📌 L’organisation juridictionnelle comporte trois niveaux — premier degré, second degré et juridictions suprêmes — mais les juridictions suprêmes ne constituent pas un troisième degré de juridiction.

  • L’appel, lorsqu’il est ouvert, permet à la juridiction du second degré de réexaminer l’affaire en fait et en droit ; la Cour de cassation contrôle l’application du droit sans rejuger les faits.

📌 Les juridictions de droit commun ont une compétence générale sauf attribution expresse à une juridiction spécialisée, tandis que les juridictions d’exception ne connaissent que des matières que les textes leur attribuent.

  • La Cour nationale du droit d’asile est une juridiction administrative spécialisée compétente pour examiner les recours contre les décisions de l’OFPRA en matière de demandes d’asile.

📌 La compétence matérielle ou d’attribution détermine la juridiction selon la nature du litige, tandis que la compétence territoriale détermine le lieu où la juridiction compétente doit être saisie.

Compléments

  • Certains litiges civils d’un montant inférieur ou égal à 5 000 € et certains litiges financiers administratifs d’un montant inférieur ou égal à 10 000 € peuvent être jugés en premier et dernier ressort.

Astuce mémo

Premier degré → appel → contrôle du droit par la juridiction suprême

6. Principes du service public de la justice

Notions clés & Définitions

  • Continuité du service public : La continuité du service public suppose un fonctionnement permanent et régulier, sans interruption trop importante, imprévue ou fréquente ; elle a valeur constitutionnelle.

★ À maîtriser

  • Les principes généraux du service public sont :
    • la continuité
    • l’égalité
    • la mutabilité

📌 Le fonctionnement de la justice peut être allégé l’été, les dimanches et les jours fériés sans être interrompu ; des gardes et permanences permettent de traiter les urgences, notamment en matière pénale et en référé civil.

Compléments

📌 Le Code de l’organisation judiciaire prévoit que « la permanence et la continuité du service public de la justice demeurent toujours assurées ».

  • Le Tribunal des conflits et les cours d’assises peuvent siéger par sessions sans que cela constitue une interruption du service public de la justice.

Astuce mémo

CEM : continuité, égalité, mutabilité

7. Continuité du service public judiciaire

Notions clés & Définitions

  • Continuité du service public : Exigence d’un fonctionnement permanent et régulier du service public, sans interruption trop importante, imprévue ou fréquente, qui possède une valeur constitutionnelle.

★ À maîtriser

📌 Le ralentissement ou la suspension temporaire de l’activité judiciaire, notamment l’été, les dimanches et les jours fériés, n’équivaut pas à une interruption du service, car des gardes et permanences sont organisées pour les urgences.

📌 Les statuts de la magistrature interdisent aux magistrats toute action concertée de nature à arrêter ou entraver le fonctionnement des juridictions, tandis que d’autres agents publics, comme certains personnels hospitaliers ou les contrôleurs aériens, connaissent des limitations sans interdiction totale du droit de grève.

Compléments

  • Le Tribunal des conflits et les cours d’assises siègent par sessions sans que ce fonctionnement discontinu de leurs audiences interrompe le service public de la justice.

  • Le premier confinement de 2020 a fortement perturbé l’activité judiciaire, certaines activités ayant été interrompues ou limitées avant la mise en place des mesures sanitaires, ce qui a contribué à l’accumulation des dossiers et à l’allongement des délais.

Astuce mémo

Justice ralentie ≠ justice interrompue

8. Égalité, neutralité et laïcité judiciaires

Notions clés & Définitions

  • Égalité devant la justice : Exigence que chacun puisse être jugé dans les mêmes conditions, devant les mêmes juridictions et selon les mêmes règles de procédure, sans discrimination.
  • Neutralité du service public : Exigence de ne pas traiter les personnes de manière discriminatoire en fonction de leurs convictions politiques, religieuses, morales ou éthiques, et obligation pour les agents de ne tenir compte ni de leurs propres convictions ni de celles des usagers.

★ À maîtriser

📌 L’article L. 111-2 du Code de l’organisation judiciaire prévoit que le service public de la justice concourt à l’accès au droit et assure un égal accès à la justice.

  • L’article 1er de la Constitution qualifie la France de République indivisible, laïque, démocratique et sociale, et la laïcité garantit notamment la liberté de conscience et de culte, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, ainsi que l’égalité devant la loi quelles que soient les croyances.

📌 Les agents publics doivent s’abstenir de manifester leurs convictions religieuses dans leurs fonctions, alors que les usagers peuvent en principe les manifester, sous réserve de restrictions légales particulières, notamment pour les élèves des écoles, collèges et lycées publics.

Compléments

  • En 2025, le Conseil constitutionnel a censuré l’absence de droit de visite des bâtonniers dans certains lieux de privation de liberté relevant des juridictions judiciaires, car elle pouvait créer une rupture d’égalité entre les personnes détenues selon le lieu où elles se trouvaient.

Astuce mémo

Neutralité du service → égalité de traitement

9. Adaptation de l’organisation judiciaire

Notions clés & Définitions

  • Principe de mutabilité : Exigence que les services publics puissent évoluer avec les besoins collectifs de la société et l’intérêt général.

★ À maîtriser

📌 Les usagers n’ont pas de droit acquis au maintien d’un service public ou d’une organisation judiciaire dans son état existant, et une juridiction peut donc être supprimée ou réorganisée.

📌 La réorganisation des juridictions doit concilier la bonne administration de la justice et la rationalisation des moyens avec l’accès au juge, notamment son accessibilité géographique pour les justiciables.

Compléments

  • L’adaptation peut notamment conduire à : créer des juridictions, supprimer des juridictions, fusionner des juridictions, développer de nouvelles méthodes de fonctionnement

  • La création des cours criminelles départementales et la fusion des anciens tribunaux d’instance et tribunaux de grande instance illustrent l’adaptation de l’organisation judiciaire.

  • La transformation numérique comprend :

    • la numérisation des dossiers
    • la saisine en ligne de certaines juridictions
    • la dématérialisation des documents
    • un objectif de zéro papier en matière pénale

10. Gratuité et accès matériel à la justice

Notions clés & Définitions

  • Gratuité de la justice : Exigence que l’acte de juger ne soit pas facturé au justiciable et que les juges soient rémunérés par l’État, sans que cela rende nécessairement le procès entièrement gratuit.
  • Aide juridictionnelle : Dispositif par lequel l’État prend en charge totalement ou partiellement les frais d’une procédure pour les personnes dont les ressources sont insuffisantes, selon des plafonds tenant notamment compte de leurs revenus et de leur patrimoine.

Points essentiels

  • Les dépens comprennent notamment : les frais de traduction, les frais liés à la notification d’un acte à l’étranger, la rémunération des experts judiciaires, les indemnités versées aux témoins, les émoluments des officiers publics ou ministériels, les frais liés à l’intervention des commissaires de justice, certains frais fiscaux

  • Les frais non compris dans les dépens incluent notamment : les honoraires d’avocat, les honoraires d’experts non judiciaires, les frais de déplacement, les frais de séjour, les pertes éventuelles de revenus liées au procès

📌 En principe, les dépens sont répétibles et remboursables par la partie perdante à la partie gagnante, tandis que les frais non compris dans les dépens sont irrépétibles et restent à la charge de chaque partie, sous réserve de la décision du juge, notamment pour des raisons d’équité.

📌 La désignation d’un avocat commis d’office ne signifie pas que ses honoraires sont pris en charge par l’État, contrairement à l’aide juridictionnelle qui constitue une prise en charge financière soumise à des conditions de ressources.

Astuce mémo

Acte de juger gratuit ≠ procès sans frais

11. Garanties du procès équitable

Notions clés & Définitions

  • Justice de proximité : Réseau territorial de juridictions permettant aux justiciables d’accéder à la justice sans parcourir de trop longues distances.

★ À maîtriser

📌 La proximité numérique facilite les démarches, mais ne doit pas remplacer l’accès physique à la justice, car certaines personnes âgées ou vulnérables ont besoin d’un accompagnement direct.

Compléments

  • La proximité physique est notamment soutenue par les maisons de justice et du droit, les points justice développés depuis la fin de 2020 et la ligne téléphonique gratuite 30 39, qui informe et oriente les usagers.

  • L’application justice.fr permet notamment de : obtenir des informations juridiques, localiser les juridictions, s’informer sur les procédures, utiliser des simulateurs pour l’aide juridictionnelle ou la pension alimentaire

  • Au début du XXe siècle, la France comptait environ 3 300 juridictions de première instance, soit environ quatre fois plus qu’aujourd’hui.

12. Magistrats du siège

Notions clés & Définitions

  • Principe du contradictoire : Le principe du contradictoire garantit à chaque partie la connaissance des arguments, prétentions et preuves de l’adversaire ainsi que la possibilité d’y répondre, et impose au juge de veiller à son respect.
  • Magistrat du siège : Magistrat professionnel qui juge les affaires et tranche les litiges en appliquant le droit aux faits soumis, seul ou au sein d’une formation collégiale.

★ À maîtriser

  • L’article 6, paragraphe 1, de la Convention européenne des droits de l’homme garantit que toute personne soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial établi par la loi.

  • L’indépendance protège le magistrat des pressions extérieures, notamment politiques ou administratives, tandis que l’impartialité exige qu’il examine l’affaire sans parti pris ni faveur envers une partie.

  • Les magistrats du siège bénéficient de garanties d’indépendance à l’égard de l’exécutif et leur carrière et leur discipline relèvent notamment du Conseil supérieur de la magistrature, tandis que les magistrats du parquet sont intégrés dans une organisation hiérarchique sous l’autorité du garde des Sceaux.

  • Les audiences sont en principe publiques, mais le huis clos ou la chambre du conseil peuvent être ordonnés pour protéger notamment les mineurs, la vie privée, la défense nationale, le secret des affaires, des données sensibles ou l’ordre public.

Compléments

📌 Le juge peut écarter des preuves communiquées trop tardivement si le délai empêche l’autre partie d’en prendre connaissance et d’y répondre utilement.

Astuce mémo

Des magistrats assis sur l’estrade, protégés contre les mutations imposées

13. Magistrats du siège et du parquet

★ À maîtriser

📌 Les magistrats du siège jugent les affaires et rendent les décisions, tandis que les magistrats du parquet représentent la société et présentent des réquisitions sans rendre le jugement.

📌 Les magistrats du siège sont indépendants et inamovibles : ils ne peuvent recevoir une nouvelle affectation sans leur consentement, même en cas d’avancement.

  • La nomination d’un magistrat du siège intervient par décret du président de la République, sur proposition du ministre de la Justice et après avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature.

  • En matière pénale, le parquet dirige les enquêtes, décide de l’opportunité des poursuites, peut poursuivre, classer sans suite ou proposer une mesure alternative, puis présente ses réquisitions au procès.

Compléments

  • Les magistrats du parquet sont organisés hiérarchiquement sous l’autorité du garde des Sceaux, mais conservent leur liberté de parole à l’audience.

  • Depuis la loi du 12 mars 2012, les membres des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel ont la qualité de magistrat, contrairement aux membres du Conseil d’État, qui restent conseillers d’État.

Astuce mémo

Le siège assis juge ; le parquet debout requiert.

14. Juges de l’ordre administratif

Notions clés & Définitions

  • Juge des référés : Juge de l’urgence administrative : il peut prendre rapidement des mesures provisoires pour sauvegarder des droits ou libertés sans trancher définitivement le litige.

★ À maîtriser

  • Depuis 1987, les juges administratifs forment un corps unique et exercent principalement dans les tribunaux administratifs et les cours administratives d’appel.

📌 Les juges administratifs bénéficient de l’inamovibilité, et leur carrière et leur discipline relèvent du Conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel.

📌 Le référé-suspension vise à suspendre temporairement l’exécution d’une décision administrative, le référé-liberté à faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, et le référé-conservatoire à ordonner des mesures utiles.

Compléments

  • Les juges administratifs sont recrutés par des voies propres à la fonction publique, ne sont pas issus de l’ENM et peuvent notamment être d’anciens élèves de l’ENA.

15. Auxiliaires de justice

Notions clés & Définitions

  • Officier ministériel : Titulaire d’une charge qui lui confère un monopole pour certaines activités ; il exerce une profession libérale réglementée et n’est pas fonctionnaire.

★ À maîtriser

  • Depuis 2022, les commissaires de justice regroupent les anciennes professions d’huissier de justice et de commissaire-priseur judiciaire et interviennent notamment pour signifier des actes, exécuter des décisions et réaliser des ventes judiciaires.

  • Les greffiers des tribunaux de commerce sont des officiers ministériels, tandis que les greffiers des autres juridictions de l’ordre judiciaire sont des fonctionnaires de l’État.

Compléments

  • Les avocats au Conseil d’État et à la Cour de cassation sont des officiers ministériels ayant une formation spécifique pour intervenir devant ces juridictions, à la différence des avocats des juridictions de première instance et d’appel.

  • Les greffiers des juridictions judiciaires assistent les magistrats, veillent au déroulement de la procédure et assurent notamment la tenue et la conservation des actes judiciaires.

  • Les avocats représentent et assistent les justiciables en première instance et en appel, les experts apportent des connaissances techniques aux juridictions et les mandataires de justice exercent diverses missions dans les procédures judiciaires.

Astuce mémo

Charge et monopole distinguent les officiers ministériels des autres auxiliaires.

16. Juridictions civiles du premier degré

★ À maîtriser

  • La loi du 23 mars 2019 a fusionné les tribunaux de grande instance et les tribunaux d’instance situés dans une même commune pour créer le tribunal judiciaire à compter du 1er janvier 2020.

📌 Le tribunal judiciaire est la juridiction civile de droit commun, compétente pour les litiges non attribués par la loi à une juridiction spécialisée ; les juridictions d’exception ne traitent que les catégories de litiges que la loi leur confie.

  • Le tribunal judiciaire connaît notamment des affaires suivantes : droit des personnes, droit de la famille, état des personnes, filiation, divorce, certains litiges immobiliers, réparation des dommages corporels, certaines procédures collectives concernant des professions libérales

  • Le juge aux affaires familiales traite des litiges familiaux, le juge des enfants intervient notamment en assistance éducative, et le juge des contentieux de la protection connaît notamment de certaines mesures de protection des majeurs et de litiges de surendettement ou de crédit à la consommation.

📌 Le conseil de prud’hommes juge les litiges individuels entre employeur privé et salarié liés au travail, mais pas les litiges collectifs, les accidents du travail, les maladies professionnelles ni les litiges concernant les fonctionnaires.

Compléments

  • Le pôle social connaît notamment des litiges relatifs à : la sécurité sociale, l’incapacité, l’invalidité, le contentieux technique et médical de la sécurité sociale

17. Instruction et contrôle des libertés

Notions clés & Définitions

  • Juge des libertés et de la détention : Magistrat du siège chargé de contrôler les mesures portant particulièrement atteinte aux libertés individuelles au cours de l’enquête ou de l’instruction.

Points essentiels

  • L’instruction est obligatoire en matière criminelle et facultative en matière délictuelle, notamment lorsque les faits sont complexes ou sensibles.

📌 Le juge d’instruction, magistrat du siège, ne peut pas se saisir lui-même et doit être saisi par le parquet.

  • Le juge d’instruction peut entendre des témoins, perquisitionner, saisir des biens, ordonner des écoutes et des expertises, délivrer certains mandats, mettre en examen en présence d’indices concordants et placer sous contrôle judiciaire.

  • À la fin de l’instruction, si les charges sont suffisantes, la personne est renvoyée devant une juridiction de jugement ; si elles sont insuffisantes, un non-lieu peut être prononcé.

📌 Le placement en détention provisoire est décidé ou validé par le JLD après une audience contradictoire au cours de laquelle peuvent être entendus le ministère public, le juge d’instruction et l’avocat de la défense.

18. Juridictions pénales et évolution du droit

Points essentiels

  • Les juridictions pénales jugent les personnes auxquelles une infraction est reprochée et peuvent aussi statuer sur l’action civile et l’indemnisation lorsque la victime se constitue partie civile.

📌 Les juridictions de jugement déterminent si la personne est coupable et, en cas de culpabilité, fixent la peine.

  • Le droit pénal sanctionne les atteintes à l’ordre public, notamment à la sécurité, à la santé et à la tranquillité publiques.

📌 Les contraventions relèvent du tribunal de police, les délits du tribunal correctionnel et les crimes de la cour criminelle départementale ou de la cour d’assises selon leur gravité.

  • Le tribunal correctionnel juge les délits ; sa formation collégiale comprend un président et deux assesseurs, mais certaines infractions sont jugées par un juge unique.

  • Créée par la loi du 23 mars 2019, la cour criminelle départementale juge certains crimes commis par des majeurs et punis de peines pouvant aller jusqu’à environ 15 à 20 ans, tandis que les crimes les plus graves relèvent de la cour d’assises.

  • La cour criminelle départementale est composée de cinq magistrats professionnels sans jury populaire, et les appels de ses décisions sont examinés par une cour d’assises.

  • La cour d’assises de première instance comprend trois magistrats professionnels et six jurés citoyens, qui délibèrent ensemble sur la culpabilité et la peine.

📌 La juridiction compétente pour un mineur dépend de la gravité des faits et de son âge au moment de ceux-ci.

  • La Cour de justice de la République juge les crimes et délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions.

  • La Cour de justice de la République, créée en 1993, comprend 15 juges : trois magistrats du siège de la Cour de cassation et douze parlementaires élus par l’Assemblée nationale et le Sénat.

  • Les cours d’appel constituent le second degré de juridiction de l’ordre judiciaire et disposent du monopole de l’appel.

  • L’effet dévolutif de l’appel permet à la cour d’appel de réexaminer l’affaire en fait et en droit dans les limites de l’acte d’appel, puis de confirmer ou d’infirmer la décision de première instance.

📌 Depuis 2020, en matière civile, l’exécution provisoire est de plein droit, même lorsqu’un appel est interjeté, sous réserve des exceptions prévues.

  • La Cour de cassation est l’unique juridiction au sommet de l’ordre judiciaire, siège à Paris et assure l’unité dans l’application du droit sans constituer un troisième degré de juridiction.

  • La Cour de cassation peut rejeter un pourvoi ou casser la décision attaquée lorsqu’elle estime que le droit a été mal appliqué.

Astuce mémo

L’évolution de l’ordre public → évolution des infractions et des peines.

Tableaux de synthèse

Ordres juridictionnels français

OrdreCompétence principaleJuridiction suprême
JudiciaireDroit privé et matière pénaleCour de cassation
AdministratifDroit publicConseil d’État

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Institutions judiciaires françaises avec 63 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle distinction oppose le positivement juste à l’idéalement juste ?

2. Une société répartit ses ressources et ses charges entre différents groupes selon une proportion jugée équitable : quelle forme de justice applique-t-elle ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Institutions judiciaires françaises avec 94 flashcards interactives.

Que désigne le terme « institution » ?

Un organe régi par le droit ou l’ensemble des règles qui organisent les organes ou mécanismes.

Sous quels quatre aspects la justice peut-elle être envisagée ?

Comme une valeur, une activité, un pouvoir et un service public.

À quoi correspond le positivement juste ?

À ce à quoi chacun peut légitimement prétendre, selon l’idée de « chacun son dû ».

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