QCM : Institutions juridictionnelles judiciaires (72 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle est la fonction essentielle d’une juridiction ?

Élaborer les règles générales applicables aux citoyens
Administrer les services publics et gérer leurs budgets
Représenter les parties et défendre leurs intérêts
Trancher les litiges et dire le droit

Trancher les litiges et dire le droit

Explication

Une juridiction a pour fonction de trancher les litiges et de dire le droit. La représentation des parties relève de l’avocat, tandis que l’élaboration des règles générales appartient notamment au législateur.

2. Quel élément caractérise principalement la conception formelle de la juridiction en droit français ?

L’application d’une règle générale à une situation particulière
La mission concrète de régler un conflit entre deux personnes
La possibilité pour les parties de choisir librement l’organe compétent
La dénomination de Tribunal ou de Cour dans une structure hiérarchisée

La dénomination de Tribunal ou de Cour dans une structure hiérarchisée

Explication

La conception formelle s’appuie sur l’apparence de l’organe, notamment sa dénomination de Tribunal ou de Cour et son intégration hiérarchique. La mission effective de trancher les litiges correspond à la conception matérielle.

3. Sur quel élément la conception matérielle de la juridiction se concentre-t-elle ?

La place de l’organe dans la hiérarchie des tribunaux
La mission réelle de trancher les litiges et d’appliquer la règle au cas particulier
La composition administrative et budgétaire de l’institution
Le titre officiel attribué à l’organe par le législateur

La mission réelle de trancher les litiges et d’appliquer la règle au cas particulier

Explication

La conception matérielle recherche la mission effectivement exercée par l’organe : trancher un litige et appliquer une règle générale à un cas particulier. Le titre et la place hiérarchique relèvent plutôt de la conception formelle.

4. Quel ensemble d’éléments la Cour européenne des droits de l’homme utilise-t-elle pour identifier une juridiction ?

La compétence territoriale, le financement public et le nombre de magistrats
La seule appellation officielle de l’organe et son rattachement administratif
La seule possibilité de faire appel et la présence d’un greffe permanent
Un faisceau d’indices comprenant notamment l’indépendance, l’impartialité et le caractère obligatoire des décisions

Un faisceau d’indices comprenant notamment l’indépendance, l’impartialité et le caractère obligatoire des décisions

Explication

La Cour européenne apprécie plusieurs indices, notamment l’origine de l’organe, l’application du droit, le caractère obligatoire des décisions, le contradictoire, l’indépendance et l’impartialité. Sa qualification ne repose donc pas sur une appellation unique.

5. Quelle conséquence découle du monopole de l’État en matière de justice ?

Les juridictions étatiques peuvent suspendre l’égalité des armes pour accélérer le procès
Les parties peuvent écarter les garanties procédurales lorsqu’elles saisissent une juridiction publique
Les juges disposent d’une liberté générale pour appliquer les règles selon l’équité
Les juridictions étatiques doivent juger conformément aux principes constitutionnels et aux garanties européennes

Les juridictions étatiques doivent juger conformément aux principes constitutionnels et aux garanties européennes

Explication

Le monopole de l’État oblige les juridictions étatiques à rendre une justice conforme aux principes constitutionnels et aux garanties de la Convention européenne. Le délai raisonnable et l’égalité des armes font notamment partie de ces garanties.

6. Dans l’arbitrage, quelle autorité peut imposer l’exécution de la sentence après avoir contrôlé sa régularité ?

Le tribunal arbitral lui-même
Le tribunal judiciaire
Le législateur compétent en matière civile
La partie qui a obtenu une sentence favorable

Le tribunal judiciaire

Explication

Les arbitres peuvent trancher le litige, mais le tribunal judiciaire est nécessaire pour imposer l’exécution de la sentence après contrôle de sa régularité. Une sentence arbitrale ne permet donc pas aux arbitres de contraindre directement une partie.

7. Dans quelle situation un juge peut-il écarter l’application d’une loi ?

Lorsqu’elle paraît inadaptée aux circonstances particulières du litige
Lorsqu’une juridiction inférieure estime qu’une autre règle serait préférable
Lorsqu’une partie demande expressément de privilégier l’équité
Lorsqu’elle est contraire à un traité ou à la Constitution dans le cadre de la QPC

Lorsqu’elle est contraire à un traité ou à la Constitution dans le cadre de la QPC

Explication

Les juges doivent respecter la loi, mais peuvent l’écarter lorsqu’elle est contraire à un traité ou à la Constitution dans le cadre prévu pour la QPC. Une simple appréciation d’opportunité ne suffit pas à écarter une loi.

8. Que permet le double degré de juridiction au justiciable insatisfait ?

Obtenir une nouvelle audience devant une juridiction hiérarchiquement supérieure
Faire rejuger l’affaire par le même juge avec une procédure simplifiée
Demander au législateur de modifier la règle appliquée au litige
Transformer automatiquement le jugement en décision arbitrale

Obtenir une nouvelle audience devant une juridiction hiérarchiquement supérieure

Explication

Le double degré de juridiction permet de soumettre l’affaire à une juridiction supérieure pour une nouvelle audience. Cette possibilité connaît toutefois une exception lorsque la loi prévoit un jugement en premier et dernier ressort.

9. Quelle réforme a créé les tribunaux judiciaires départementaux ?

La réunion des tribunaux judiciaires et des juridictions administratives dans chaque département
La fusion des tribunaux de grande instance et des tribunaux d’instance par la loi du 23 mars 2019
La transformation des cours d’appel en chambres de proximité par la loi du 23 mars 2019
La suppression des juridictions civiles locales au profit d’un tribunal national unique

La fusion des tribunaux de grande instance et des tribunaux d’instance par la loi du 23 mars 2019

Explication

La loi du 23 mars 2019 a fusionné les tribunaux de grande instance et les tribunaux d’instance pour créer les tribunaux judiciaires. Les chambres de proximité n’ont pas remplacé l’ensemble du tribunal judiciaire.

10. Quelle est la compétence de principe du tribunal judiciaire en matière civile ?

Il intervient uniquement dans les affaires relatives à la propriété immobilière
Il connaît des litiges administratifs dès qu’une personne publique est concernée
Il juge les infractions pénales qui ne relèvent pas d’une juridiction spécialisée
Il connaît des litiges civils lorsqu’aucune autre juridiction n’en est chargée par un texte

Il connaît des litiges civils lorsqu’aucune autre juridiction n’en est chargée par un texte

Explication

Le tribunal judiciaire est la juridiction civile de droit commun : il connaît des litiges civils sauf lorsqu’un texte attribue l’affaire à une autre juridiction. Les litiges administratifs et pénaux relèvent d’autres ordres ou formations.

11. Lequel de ces litiges relève notamment de la compétence du tribunal judiciaire ?

Un recours contre une décision d’une autorité administrative
Une contestation portant sur une infraction pénale
Un désaccord relatif à l’élection des représentants du personnel
Une action concernant l’état des personnes

Une action concernant l’état des personnes

Explication

Le tribunal judiciaire est notamment compétent pour l’état des personnes, ainsi que pour la propriété immobilière, les baux commerciaux, les dommages corporels et les actions de groupe. Les autres matières citées relèvent de compétences spécialisées ou d’un autre ordre de juridiction.

12. Quel recours est possible lorsque l’enjeu du litige est inférieur à 5 000 euros ?

Un pourvoi en cassation, car le tribunal statue en premier et dernier ressort
Une nouvelle demande devant une chambre de proximité, selon la nature du litige
Un recours administratif préalable devant le tribunal judiciaire
Un appel devant la cour d’appel, car tout jugement civil est soumis au double degré

Un pourvoi en cassation, car le tribunal statue en premier et dernier ressort

Explication

Pour un litige inférieur à 5 000 euros, le tribunal judiciaire statue en premier et dernier ressort, de sorte que seul un pourvoi en cassation est possible. Le double degré de juridiction connaît donc ici une exception prévue par la loi.

13. Quel litige relève de la compétence du conseil de prud’hommes ?

Une contestation d’une sanction pénale prononcée par un tribunal
Un conflit individuel lié à l’exécution d’un contrat de travail
Un recours d’un fonctionnaire contre une décision administrative
Un désaccord entre deux sociétés concernant une vente commerciale

Un conflit individuel lié à l’exécution d’un contrat de travail

Explication

Le conseil de prud’hommes tranche les litiges individuels liés à un contrat de travail ou d’apprentissage, y compris certains conflits entre salariés à l’occasion du travail. Les fonctionnaires relèvent en principe du tribunal administratif en raison de leur statut.

14. Comment les conseils de prud’hommes sont-ils composés ?

Selon une composition variable choisie par chaque partie au procès
À majorité de magistrats professionnels et de représentants syndicaux
À parts égales de juges administratifs et de juges judiciaires
À parité de conseillers employeurs et de conseillers salariés

À parité de conseillers employeurs et de conseillers salariés

Explication

Les conseils de prud’hommes comprennent à parité des conseillers employeurs et des conseillers salariés, répartis dans cinq sections spécialisées. Le juge départiteur est un magistrat professionnel appelé à intervenir dans certaines situations, mais il ne définit pas la composition paritaire.

15. Quelle est la première mission du bureau de la conciliation et de l’orientation dans une affaire prud’homale ?

Transmettre directement le dossier à la cour d’appel
Prononcer immédiatement une sanction contre l’employeur
Rechercher un accord amiable entre les parties
Fixer définitivement le montant des dommages-intérêts

Rechercher un accord amiable entre les parties

Explication

Le bureau de la conciliation et de l’orientation tente d’abord de rapprocher les parties afin de parvenir à un accord amiable. En cas d’échec, il oriente ensuite le litige vers une formation de jugement.

16. Quelle caractéristique définit le tribunal de commerce ?

Il réunit des conseillers salariés et employeurs en nombre égal
Il est composé de magistrats administratifs désignés par le gouvernement
Il est formé de jurés citoyens chargés de juger les infractions
Il est composé de juges commerçants élus par leurs pairs

Il est composé de juges commerçants élus par leurs pairs

Explication

Le tribunal de commerce est composé de juges commerçants élus par leurs pairs et connaît des contentieux commerciaux. Sa composition et sa compétence le distinguent notamment du conseil de prud’hommes et des juridictions pénales.

17. Quelle mission caractérise une juridiction pénale ?

Contrôler la légalité des décisions prises par l’administration
Trancher les conflits contractuels sans rechercher une infraction
Juger les auteurs présumés d’infractions et prononcer des sanctions
Organiser la conciliation entre employeurs et salariés

Juger les auteurs présumés d’infractions et prononcer des sanctions

Explication

Une juridiction pénale juge les auteurs présumés d’infractions à la loi pénale et peut prononcer une amende ou une peine d’emprisonnement. La juridiction civile a principalement pour fonction de régler les litiges entre personnes.

18. Quelle juridiction pénale de droit commun juge les crimes ?

Le tribunal de commerce
La cour d’assises
Le tribunal contraventionnel
Le tribunal délictuel

La cour d’assises

Explication

Les juridictions pénales de droit commun se répartissent selon la gravité de l’infraction : le tribunal contraventionnel pour les contraventions, le tribunal délictuel pour les délits et la cour d’assises pour les crimes. Le tribunal délictuel ne connaît donc pas des crimes.

19. Comment les contraventions sont-elles classées selon leur gravité ?

En six groupes, déterminés par le montant du préjudice subi
En trois catégories, la première étant la plus grave
En quatre degrés, selon la durée de l’emprisonnement encouru
En cinq classes, de la première moins grave à la cinquième plus grave

En cinq classes, de la première moins grave à la cinquième plus grave

Explication

Les contraventions sont réparties en cinq classes, la première correspondant au niveau de gravité le plus faible et la cinquième au niveau le plus élevé. Cette classification distingue les contraventions selon leur gravité pénale.

20. Quelle règle de procédure s’applique au tribunal contraventionnel ?

Il statue avec un jury populaire et l’avocat est interdit
Il statue à juge unique et l’avocat y est facultatif
Il statue à trois juges et l’avocat est imposé dans chaque affaire
Il statue avec deux juges et l’avocat est obligatoire pour le prévenu

Il statue à juge unique et l’avocat y est facultatif

Explication

Le tribunal contraventionnel statue toujours à juge unique et la représentation par avocat y est facultative. Cette organisation simplifiée distingue ce tribunal de la formation collégiale qui constitue en principe le mode de jugement du tribunal délictuel.

21. Pourquoi le tribunal de police traite-t-il en pratique surtout les contraventions de cinquième classe ?

Les autres classes sont transformées en délits dès leur constatation
Les contraventions de cinquième classe relèvent du tribunal administratif
Les autres classes sont automatiquement jugées par la cour d’assises
Les autres classes peuvent généralement relever d’une amende forfaitaire

Les autres classes peuvent généralement relever d’une amende forfaitaire

Explication

Le tribunal de police se concentre en pratique sur les contraventions de cinquième classe, tandis que les autres classes peuvent généralement faire l’objet d’une amende forfaitaire. L’amende forfaitaire évite alors la saisine du tribunal dans de nombreuses situations.

22. Quel tribunal est territorialement compétent pour juger une contravention ?

Celui du siège du ministère chargé de la justice
Celui du lieu de l’infraction ou de la résidence du prévenu
Celui du lieu où le prévenu exerce son activité professionnelle
Celui du domicile de la victime, quelle que soit l’infraction

Celui du lieu de l’infraction ou de la résidence du prévenu

Explication

La compétence territoriale appartient au tribunal du lieu où la contravention a été commise ou à celui du lieu de résidence du prévenu. Le domicile de la victime ne constitue pas, à lui seul, le critère indiqué par cette règle.

23. Quelle différence de composition distingue le tribunal contraventionnel du tribunal délictuel ?

Les deux tribunaux statuent à juge unique, mais selon des procédures différentes
Les deux tribunaux siègent avec un jury populaire composé de citoyens
Le premier siège à trois juges, tandis que le second statue toujours avec un juge unique
Le premier statue à juge unique, tandis que le second siège en principe à trois juges

Le premier statue à juge unique, tandis que le second siège en principe à trois juges

Explication

Le tribunal contraventionnel statue toujours à juge unique, alors que le tribunal délictuel statue en principe collégialement à trois juges. Le tribunal délictuel peut toutefois connaître certaines exceptions prévues par la loi.

24. Dans quelle situation la collégialité est-elle obligatoire devant le tribunal délictuel ?

Lorsque la victime demande une réparation civile importante
Lorsque la contravention est commise dans plusieurs ressorts judiciaires
Lorsque le prévenu est placé en détention provisoire
Lorsque l’infraction figure sur la liste des délits jugés à juge unique

Lorsque le prévenu est placé en détention provisoire

Explication

Le tribunal délictuel peut statuer à juge unique pour certains délits prévus par l’article 398-1 du code de procédure pénale, mais la collégialité devient obligatoire lorsque le prévenu est en détention provisoire. La demande civile de la victime ne suffit pas, à elle seule, à imposer cette formation.

25. Quel rôle le ministère public exerce-t-il dans le procès pénal ?

Il tranche le litige pénal et prononce la peine applicable.
Il contrôle la légalité des décisions rendues par la formation de jugement.
Il représente l’accusation et défend la société ainsi que l’ordre public.
Il dirige l’information judiciaire en recherchant les charges et les décharges.

Il représente l’accusation et défend la société ainsi que l’ordre public.

Explication

Le ministère public est une partie au procès pénal qui représente l’accusation et défend la société ainsi que l’ordre public. Il ne fait pas partie de la formation de jugement, contrairement aux magistrats chargés de statuer.

26. Quelle décision le procureur de la République peut-il prendre après avoir reçu une plainte ou un procès-verbal ?

Il doit prononcer lui-même la relaxe lorsque les éléments paraissent insuffisants.
Il peut décider de poursuivre, de classer l’affaire ou d’engager une procédure adaptée.
Il doit transmettre chaque affaire au juge d’instruction pour qu’une enquête soit menée.
Il doit attendre le jugement avant de choisir entre les poursuites et le classement.

Il peut décider de poursuivre, de classer l’affaire ou d’engager une procédure adaptée.

Explication

Le procureur reçoit les plaintes et procès-verbaux, dirige les enquêtes préliminaires et décide de l’orientation de l’affaire, notamment des poursuites ou du classement sans suite. Le juge d’instruction saisi, en revanche, est tenu d’enquêter.

27. En quoi l’enquête du juge d’instruction se distingue-t-elle de l’action du ministère public ?

Il juge la culpabilité après avoir dirigé l’enquête préparatoire.
Il instruit à charge et à décharge dans une information judiciaire approfondie.
Il intervient seulement pour autoriser les mesures décidées par le procureur.
Il exerce l’accusation en recherchant principalement les éléments défavorables.

Il instruit à charge et à décharge dans une information judiciaire approfondie.

Explication

Le juge d’instruction dirige une information judiciaire en recherchant les éléments à charge et à décharge. Le ministère public, lui, représente l’accusation et ne remplit pas cette fonction juridictionnelle d’instruction impartiale.

28. Qui décide de la mise en détention provisoire depuis la loi du 15 juin 2000 ?

Le juge des libertés et de la détention, saisi par une demande motivée du juge d’instruction.
La formation de jugement, qui statue avant la clôture de l’information judiciaire.
Le juge d’instruction, qui ordonne directement la détention après ses investigations.
Le procureur de la République, qui décide seul de la mesure pendant l’enquête.

Le juge des libertés et de la détention, saisi par une demande motivée du juge d’instruction.

Explication

Depuis la loi du 15 juin 2000, le juge des libertés et de la détention, extérieur à l’enquête, décide de la détention provisoire après saisine motivée du juge d’instruction. Cette séparation vise à distinguer la conduite de l’enquête de la décision privative de liberté.

29. Quelle affaire relève en principe de la cour criminelle départementale ?

Un crime commis par un mineur de seize ans, quelle que soit la peine encourue.
Un délit grave commis en récidive, lorsque la peine encourue dépasse dix ans.
Un crime commis par un majeur, puni de vingt ans de réclusion au maximum, hors récidive.
Un crime commis par un majeur, puni de plus de vingt ans de réclusion, hors récidive.

Un crime commis par un majeur, puni de vingt ans de réclusion au maximum, hors récidive.

Explication

La cour criminelle départementale juge certains crimes commis par des majeurs et punis de vingt ans de réclusion au maximum, à l’exclusion des crimes commis en récidive. Les crimes plus lourdement punis relèvent de la cour d’assises.

30. Quelle est la composition d’une cour criminelle départementale ?

Cinq magistrats professionnels, sans jury populaire.
Un magistrat professionnel entouré de neuf jurés citoyens.
Trois magistrats professionnels et six jurés citoyens.
Cinq magistrats professionnels et six jurés citoyens.

Cinq magistrats professionnels, sans jury populaire.

Explication

La cour criminelle départementale est composée de cinq magistrats professionnels et ne comporte pas de jury populaire. La présence de jurés citoyens caractérise plutôt la cour d’assises.

31. Quelle juridiction juge notamment les crimes punis d’une peine de réclusion supérieure à vingt ans ?

La cour d’assises.
Le tribunal correctionnel.
La cour criminelle départementale.
Le tribunal pour enfants.

La cour d’assises.

Explication

La cour d’assises juge les crimes les plus graves, notamment ceux dont la peine de réclusion dépasse vingt ans. La cour criminelle départementale est compétente pour une catégorie moins grave de crimes commis par des majeurs.

32. Quelle composition correspond à la cour d’assises en première instance et en appel ?

Cinq magistrats sans jurés en première instance, puis trois magistrats en appel.
Trois magistrats et six jurés en première instance, puis neuf jurés en appel.
Trois magistrats et neuf jurés en première instance, puis six jurés en appel.
Un magistrat et six jurés en première instance, puis douze jurés en appel.

Trois magistrats et six jurés en première instance, puis neuf jurés en appel.

Explication

En première instance, la cour d’assises comprend trois magistrats professionnels et six jurés ; en appel, elle comprend neuf jurés. Cette composition la distingue de la cour criminelle départementale, composée de magistrats professionnels sans jury populaire.

33. Quel principe guide principalement la justice pénale des mineurs ?

La priorité donnée à la réparation civile, sans possibilité de sanction éducative avant treize ans.
La priorité donnée à l’emprisonnement afin d’assurer une réponse identique à celle des majeurs.
La priorité donnée aux mesures éducatives et à la réinsertion, avec une irresponsabilité présumée avant treize ans.
La priorité donnée à la sanction automatique, dès qu’une infraction est matériellement établie.

La priorité donnée aux mesures éducatives et à la réinsertion, avec une irresponsabilité présumée avant treize ans.

Explication

La justice des mineurs privilégie les mesures éducatives et la réinsertion, tandis que les moins de treize ans sont présumés pénalement irresponsables. Cette présomption n’exclut pas l’application de sanctions éducatives.

34. Quelle juridiction juge les crimes commis par un mineur de moins de seize ans ?

La cour d’assises des mineurs.
La Cour de justice de la République.
La cour criminelle départementale.
Le tribunal pour enfants.

Le tribunal pour enfants.

Explication

Le tribunal pour enfants est compétent pour les contraventions de cinquième classe, les délits et les crimes commis par des mineurs de moins de seize ans. La cour d’assises des mineurs juge les crimes commis par les mineurs âgés de seize à dix-huit ans.

35. Quelle juridiction est compétente pour un crime commis par un mineur de dix-sept ans avec un coauteur majeur ?

La cour criminelle départementale.
Le tribunal correctionnel.
La cour d’assises des mineurs.
Le tribunal pour enfants.

La cour d’assises des mineurs.

Explication

La cour d’assises des mineurs juge les crimes commis par des mineurs de seize à dix-huit ans ainsi que ceux de leurs coauteurs ou complices majeurs. Le tribunal pour enfants est compétent pour les crimes commis par des mineurs de moins de seize ans.

36. Quelle juridiction juge les crimes et délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions ?

La Haute Cour.
La Cour de justice de la République.
Le tribunal pour enfants.
La cour d’assises des mineurs.

La Cour de justice de la République.

Explication

La Cour de justice de la République est compétente pour les crimes et délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions. La Haute Cour intervient dans une procédure distincte concernant la destitution du Président de la République.

37. Quel effet caractérise l’appel en tant que voie de recours ?

Il autorise la révision d’une décision définitive lorsque des éléments nouveaux apparaissent
Il permet de rejuger l’affaire en fait et en droit tout en suspendant en principe l’exécution du jugement
Il conduit à transmettre le litige à une juridiction administrative compétente pour une nouvelle instruction
Il permet de contrôler la conformité du jugement aux règles de droit sans réexaminer les faits

Il permet de rejuger l’affaire en fait et en droit tout en suspendant en principe l’exécution du jugement

Explication

L’appel possède un effet dévolutif, car il permet de rejuger l’affaire en fait et en droit, ainsi qu’un effet suspensif en principe. Le pourvoi en cassation se distingue de l’appel en contrôlant principalement le droit sans rejuger les faits.

38. En matière civile, quel recours reste ouvert contre un jugement portant sur un enjeu financier inférieur à 5 000 € ?

L’appel devant la cour d’appel
La révision de la décision par le juge de première instance
La tierce opposition devant le tribunal judiciaire
Le pourvoi en cassation

Le pourvoi en cassation

Explication

Un jugement civil portant sur un enjeu inférieur à 5 000 € n’est pas susceptible d’appel, mais un pourvoi en cassation demeure possible. L’appel constitue donc une voie fermée dans cette situation, tandis que la cassation porte sur la correcte application du droit.

39. Quel est le rôle principal de la Cour de cassation ?

Contrôler la bonne application et l’interprétation du droit sans constituer un troisième degré de juridiction
Examiner les litiges opposant les administrés aux autorités administratives compétentes
Rejuger intégralement les faits et le droit déjà examinés par les juridictions du fond
Apprécier souverainement les preuves produites devant la juridiction de première instance

Contrôler la bonne application et l’interprétation du droit sans constituer un troisième degré de juridiction

Explication

La Cour de cassation vérifie la correcte application et l’interprétation du droit, sans former un troisième degré de juridiction. L’appréciation souveraine des faits appartient aux juges du fond, que la Cour de cassation ne remplace pas.

40. Quelle décision la Cour de cassation peut-elle rendre lorsqu’un pourvoi est fondé, mais que les faits doivent être réexaminés ?

Rejeter le pourvoi en confirmant nécessairement l’ensemble du raisonnement des juges du fond
Suspendre l’instance et demander au ministre compétent de trancher le litige
Casser la décision avec renvoi devant une juridiction chargée de rejuger l’affaire
Casser la décision sans renvoi en statuant sur une affaire dont les faits restent discutés

Casser la décision avec renvoi devant une juridiction chargée de rejuger l’affaire

Explication

Lorsque les faits doivent être réexaminés, la Cour de cassation casse la décision et renvoie l’affaire devant une juridiction compétente. La cassation sans renvoi est envisageable lorsque ce réexamen des faits n’est pas nécessaire.

41. Quelle transformation juridictionnelle suit la Révolution française en matière de rapports entre les ordres de juridiction ?

L’instauration d’un dualisme séparant l’ordre administratif de l’ordre judiciaire
Le rattachement des litiges administratifs aux seules juridictions judiciaires
La création d’un ordre juridictionnel unifié réunissant les contentieux publics et privés
La suppression de toute juridiction spécialisée dans les litiges administratifs

L’instauration d’un dualisme séparant l’ordre administratif de l’ordre judiciaire

Explication

Après la Révolution française, la juridiction administrative apparaît et instaure un dualisme juridictionnel entre les ordres administratif et judiciaire. Cette évolution ne crée donc pas un système juridictionnel unifié.

42. Que prévoit la loi des 16 et 24 août 1790 concernant les juges judiciaires ?

Elle leur attribue le contrôle général des actes administratifs et la sanction des décisions ministérielles
Elle impose aux administrateurs de soumettre chaque décision individuelle à une validation judiciaire préalable
Elle leur interdit de troubler les opérations administratives et de juger les administrateurs pour leurs fonctions
Elle confie aux juridictions judiciaires le règlement des conflits entre l’Administration et les administrés

Elle leur interdit de troubler les opérations administratives et de juger les administrateurs pour leurs fonctions

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790 interdit aux juges judiciaires d’intervenir dans les opérations des corps administratifs et de juger les administrateurs en raison de leurs fonctions. Cette séparation des pouvoirs ne signifie pas que l’Administration bénéficie d’une immunité devant toute juridiction.

43. Que désigne le système de l’Administration-juge ?

Un système où les instances administratives administrent et tranchent elles-mêmes les litiges administratifs
Un système où les administrés règlent leurs contestations par une procédure arbitrale indépendante
Un système où le pouvoir exécutif délègue chaque litige administratif à une cour d’appel spécialisée
Un système où les juridictions judiciaires statuent sur les décisions administratives après avis du Conseil d’État

Un système où les instances administratives administrent et tranchent elles-mêmes les litiges administratifs

Explication

L’Administration-juge désigne le modèle dans lequel les instances administratives cumulent l’action administrative et le règlement des litiges avec les administrés. Il ne s’agit donc pas d’un jugement confié aux juridictions judiciaires.

44. Quelle institution la Constitution du 22 frimaire an VIII crée-t-elle et quelles missions lui attribue-t-elle ?

La Cour de cassation, chargée de rédiger les règlements d’administration publique et de conseiller les ministres
Le Tribunal des conflits, chargé de répartir les litiges entre les ordres administratif et judiciaire
Le Conseil d’État, chargé de préparer des projets normatifs et de résoudre les difficultés administratives
La cour d’appel administrative, chargée de juger les recours dirigés contre les actes des collectivités

Le Conseil d’État, chargé de préparer des projets normatifs et de résoudre les difficultés administratives

Explication

La Constitution du 22 frimaire an VIII crée le Conseil d’État, qui rédige des projets de loi et de règlements d’administration publique et résout les difficultés administratives. Le Tribunal des conflits est une institution distincte, créée ultérieurement par la loi du 24 mai 1872.

45. Quel changement la loi du 24 mai 1872 apporte-t-elle au Conseil d’État ?

Elle lui retire toute fonction contentieuse pour le limiter à la préparation des projets de loi
Elle lui permet de statuer souverainement sur les recours contentieux et les demandes d’annulation pour excès de pouvoir
Elle soumet ses décisions concernant l’Administration à l’approbation préalable du pouvoir exécutif
Elle lui attribue le jugement des infractions pénales commises par les administrateurs

Elle lui permet de statuer souverainement sur les recours contentieux et les demandes d’annulation pour excès de pouvoir

Explication

La loi du 24 mai 1872 consacre la justice déléguée, permettant au Conseil d’État de décider en son propre nom sur les recours contentieux administratifs. La justice retenue correspondait au contraire à une décision juridictionnelle dépendant de l’exécutif.

46. Quelle distinction décrit le passage opéré par la loi du 24 mai 1872 entre les critères de compétence du Conseil d’État ?

Le critère organique dépend du montant du litige, tandis que le critère matériel dépend du territoire concerné
Le critère organique dépend de l’auteur de l’acte, tandis que le critère matériel dépend de la nature du litige
Le critère organique dépend de la date de l’acte, tandis que le critère matériel dépend de la juridiction saisie
Le critère organique dépend de la matière du litige, tandis que le critère matériel dépend de l’auteur de l’acte

Le critère organique dépend de l’auteur de l’acte, tandis que le critère matériel dépend de la nature du litige

Explication

Le critère organique identifie l’auteur administratif de l’acte, alors que le critère matériel s’attache à la nature de la matière litigieuse. La loi de 1872 fait évoluer la compétence du Conseil d’État vers le critère organique.

47. Quelle règle l’arrêt Blanco du 8 février 1873 affirme-t-il à propos de la responsabilité de l’État ?

Elle dépend des règles pénales lorsque l’activité administrative présente un risque particulier
Elle relève des règles civiles ordinaires dès qu’un dommage est causé par un agent public
Elle obéit à des règles propres et ne relève pas directement des principes du Code civil
Elle est déterminée par le ministre compétent avant toute saisine d’une juridiction

Elle obéit à des règles propres et ne relève pas directement des principes du Code civil

Explication

Dans l’arrêt Blanco, le Tribunal des conflits affirme que la responsabilité de l’État est soumise à des règles propres liées au service public. Cette solution écarte l’application directe des principes ordinaires du Code civil comme fondement exclusif.

48. Quelle conséquence l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889 entraîne-t-il pour le contentieux administratif ?

Le Conseil d’État subordonne toute contestation administrative à une autorisation du Tribunal des conflits
Le Conseil d’État accepte un recours sans saisine préalable du ministre, mettant fin à la théorie du ministre-juge
Le Conseil d’État applique aux litiges administratifs les règles de responsabilité issues du Code civil
Le Conseil d’État renonce à connaître des recours administratifs pour laisser cette compétence aux ministres

Le Conseil d’État accepte un recours sans saisine préalable du ministre, mettant fin à la théorie du ministre-juge

Explication

L’arrêt Cadot permet de saisir le Conseil d’État sans passer d’abord par le ministre compétent, ce qui met fin à la théorie du ministre-juge. La règle de responsabilité propre à l’État relève de l’arrêt Blanco et non de cette décision.

49. Quelle réforme a remplacé les conseils de préfecture par des tribunaux administratifs ?

La loi du 31 décembre 1987
La loi du 7 juin 1972
Le décret du 1er janvier 1989
Le décret-loi du 30 septembre 1953

Le décret-loi du 30 septembre 1953

Explication

Le décret-loi du 30 septembre 1953 a institué 24 tribunaux administratifs en remplacement des conseils de préfecture. Cette réforme n’a pas transformé le Conseil d’État en juge de première instance général, car celui-ci a conservé certaines compétences propres.

50. Quel rôle les tribunaux administratifs exercent-ils en principe dans l’ordre administratif ?

Ils examinent en cassation les décisions rendues par les cours administratives d’appel.
Ils contrôlent à titre consultatif les projets de loi du gouvernement.
Ils jugent en première instance les litiges qui ne relèvent pas d’une autre juridiction compétente.
Ils jugent en appel les décisions prises par les juridictions administratives spéciales.

Ils jugent en première instance les litiges qui ne relèvent pas d’une autre juridiction compétente.

Explication

Les tribunaux administratifs sont les juridictions de droit commun pour le contentieux administratif en première instance, lorsque le litige n’est attribué ni au Conseil d’État ni à une juridiction spéciale. Le Conseil d’État conserve toutefois certaines compétences directes, tandis que la cassation relève principalement de son propre rôle.

51. Dans quelle situation un litige administratif peut-il être jugé par un juge unique depuis 1995 ?

Lorsqu’il concerne une demande de responsabilité inférieure à 10 000 euros.
Lorsqu’il conteste une décision rendue par une cour administrative d’appel.
Lorsqu’il concerne un recours relevant d’une juridiction administrative spéciale.
Lorsqu’il porte sur la légalité d’un décret du président de la République.

Lorsqu’il concerne une demande de responsabilité inférieure à 10 000 euros.

Explication

Depuis 1995, certaines affaires simples ou présentant un enjeu limité, notamment les demandes de responsabilité inférieures à 10 000 euros, peuvent être jugées par un juge unique. La légalité des décrets présidentiels relève directement du Conseil d’État, et non de cette procédure simplifiée.

52. Quelle est la compétence de principe des cours administratives d’appel ?

Juger en première instance les recours contre les actes du Premier ministre.
Rendre des avis au gouvernement sur les projets de textes réglementaires.
Trancher en cassation les décisions des juridictions administratives spéciales.
Juger en appel les jugements et ordonnances rendus par les tribunaux administratifs.

Juger en appel les jugements et ordonnances rendus par les tribunaux administratifs.

Explication

Les cours administratives d’appel sont les juridictions d’appel de droit commun des décisions rendues par les tribunaux administratifs, sous réserve des exceptions prévues par la loi. Le Conseil d’État conserve notamment des compétences de premier ressort et de cassation.

53. Qu’est-ce qui permet de qualifier un organisme de juridiction administrative spéciale ?

Son rattachement administratif à un ministère chargé du contentieux.
La publication régulière de rapports sur la gestion des organismes publics.
La possibilité de participer à la préparation de décisions administratives.
La capacité de trancher un litige ou d’exercer une fonction juridictionnelle définie.

La capacité de trancher un litige ou d’exercer une fonction juridictionnelle définie.

Explication

Une juridiction administrative spéciale tranche un litige, exerce une fonction disciplinaire ou juge la responsabilité financière de gestionnaires publics. Un organisme administratif qui ne remplit pas une fonction juridictionnelle ne devient pas une juridiction du seul fait de son rattachement institutionnel.

54. Quelle conséquence découle de la qualification juridictionnelle d’un organisme administratif ?

Il peut écarter la publicité des débats sans justification particulière.
Il remplace les tribunaux administratifs pour les recours de droit commun.
Il doit respecter notamment les droits de la défense, le contradictoire et l’impartialité.
Il exerce automatiquement une compétence générale sur tous les litiges administratifs.

Il doit respecter notamment les droits de la défense, le contradictoire et l’impartialité.

Explication

La qualification juridictionnelle entraîne l’application de garanties procédurales et institutionnelles, notamment les droits de la défense, le contradictoire, la motivation et l’impartialité. Elle ne confère pas à l’organisme une compétence générale, car celle-ci dépend des textes qui l’instituent.

55. Depuis le 1er janvier 2023, quelle formation juge la responsabilité financière de l’ensemble des gestionnaires publics ?

La section du contentieux du Conseil d’État
La chambre du contentieux de la Cour des comptes
La Cour nationale du droit d’asile
La chambre régionale des comptes territorialement compétente

La chambre du contentieux de la Cour des comptes

Explication

Depuis le 1er janvier 2023, la chambre du contentieux de la Cour des comptes juge la responsabilité financière de l’ensemble des gestionnaires publics. Elle ne réprime toutefois que les fautes graves ayant causé un préjudice financier significatif.

56. Quel pouvoir la Cour nationale du droit d’asile possède-t-elle lorsqu’elle annule un refus de l’OFPRA ?

Elle transforme le recours en demande de nationalité française.
Elle transmet le litige à une chambre régionale des comptes.
Elle peut accorder elle-même la qualité de réfugié au demandeur.
Elle renvoie nécessairement le dossier au gouvernement pour décision.

Elle peut accorder elle-même la qualité de réfugié au demandeur.

Explication

La Cour nationale du droit d’asile statue sur les décisions de l’OFPRA et peut accorder elle-même la qualité de réfugié lorsqu’elle annule un refus. Son intervention concerne la protection internationale, et non la nationalité ou le contrôle financier public.

57. Quelles sont les deux fonctions principales du Conseil d’État ?

Il organise les élections et représente les collectivités territoriales.
Il contrôle les comptes publics et dirige les juridictions judiciaires.
Il adopte les lois et sanctionne les infractions pénales.
Il exerce une fonction juridictionnelle suprême et conseille le gouvernement.

Il exerce une fonction juridictionnelle suprême et conseille le gouvernement.

Explication

Le Conseil d’État est la plus haute juridiction administrative française et exerce également une fonction consultative auprès du gouvernement. Il ne constitue ni une juridiction pénale ni une institution chargée d’adopter les lois.

58. Quel est le rôle juridictionnel principal du Conseil d’État depuis la création des cours administratives d’appel ?

Il statue principalement en première instance sur les litiges ordinaires.
Il est devenu principalement juge d’appel des tribunaux administratifs.
Il exerce principalement une fonction disciplinaire envers les fonctionnaires.
Il est principalement juge de cassation, tout en conservant d’autres compétences.

Il est principalement juge de cassation, tout en conservant d’autres compétences.

Explication

Depuis la création des cours administratives d’appel, le Conseil d’État est principalement juge de cassation, même s’il demeure aussi juge d’appel et juge de premier et dernier ressort dans certains cas. L’appel n’a donc pas disparu, mais il est devenu une compétence plus limitée.

59. Pour quel type d’actes le Conseil d’État statue-t-il en premier et dernier ressort ?

Les litiges disciplinaires relevant des chambres régionales des comptes.
Les appels formés contre tous les jugements des tribunaux administratifs.
Les demandes de responsabilité inférieures à 10 000 euros adressées aux tribunaux administratifs.
La légalité des ordonnances et décrets du Premier ministre et du président de la République.

La légalité des ordonnances et décrets du Premier ministre et du président de la République.

Explication

Le Conseil d’État statue directement et définitivement sur la légalité des ordonnances et décrets du Premier ministre et du président de la République, ainsi que sur certains autres actes réglementaires. Les demandes de faible montant relèvent plutôt de la procédure du juge unique devant les tribunaux administratifs.

60. Dans quelle hypothèse une juridiction administrative peut-elle saisir le Conseil d’État pour avis ?

Lorsqu’une question de droit nouvelle, sérieuse et susceptible de nombreux litiges est soulevée.
Lorsqu’elle veut obtenir une autorisation administrative avant de rendre tout jugement.
Lorsqu’elle souhaite faire réexaminer une décision devenue définitive sans question juridique particulière.
Lorsqu’un justiciable demande automatiquement le transfert de son dossier au Conseil d’État.

Lorsqu’une question de droit nouvelle, sérieuse et susceptible de nombreux litiges est soulevée.

Explication

La saisine pour avis suppose une question de droit nouvelle, sérieuse et susceptible de se poser dans de nombreux litiges. Elle ne constitue ni un transfert automatique du dossier ni une voie générale de réexamen d’une décision définitive.

61. Combien de chambres composent la section du contentieux du Conseil d’État ?

Huit chambres organisées par type de recours
Quinze chambres correspondant à ses membres
Douze chambres réparties entre les sections
Dix chambres spécialisées dans plusieurs domaines

Dix chambres spécialisées dans plusieurs domaines

Explication

La section du contentieux est divisée en dix chambres, chacune pouvant être spécialisée dans un ou plusieurs domaines. La section du contentieux désigne une formation plus solennelle, tandis que la chambre constitue la formation de jugement de base.

62. Quelle est la composition de l’Assemblée du contentieux du Conseil d’État ?

Quinze membres, comprenant le président de section et les dix présidents de chambre
Dix-sept membres, dont le vice-président, les présidents de section et quatre anciens présidents de chambre
Vingt membres, désignés parmi les rapporteurs publics et les présidents de chambre
Neuf membres, réunissant le vice-président et les présidents adjoints de section

Dix-sept membres, dont le vice-président, les présidents de section et quatre anciens présidents de chambre

Explication

L’Assemblée du contentieux comprend dix-sept membres, notamment le vice-président, les présidents de section et les quatre plus anciens présidents de chambre. Sa composition est donc plus large que celle d’une chambre ou d’une formation ordinaire.

63. Quelle formation du Conseil d’État est adaptée au jugement d’une affaire manifestement irrecevable ou d’un référé ?

L’Assemblée du contentieux
Une formation réunissant deux chambres
Une formation de section solennelle
Une formation à juge unique

Une formation à juge unique

Explication

Les formations à juge unique statuent notamment sur les affaires manifestement irrecevables et les référés. Les arrêts de section et d’Assemblée relèvent au contraire de formations solennelles destinées aux affaires présentant une importance particulière.

64. Quelle décision a affirmé que le rapporteur public est un magistrat indépendant qui ne participe pas au délibéré ?

L’arrêt Nicolo rendu par le Conseil d’État le 20 octobre 1989
L’arrêt Kress rendu par la Cour européenne des droits de l’homme le 7 juin 2001
L’arrêt Benjamin rendu par le Conseil d’État le 19 mai 1933
L’arrêt Aramu rendu par le Conseil d’État le 26 octobre 1945

L’arrêt Kress rendu par la Cour européenne des droits de l’homme le 7 juin 2001

Explication

Dans l’arrêt Kress du 7 juin 2001, la Cour européenne des droits de l’homme a reconnu l’indépendance du rapporteur public et exclu sa participation au délibéré. Les autres décisions citées portent sur d’autres questions du droit administratif.

65. Comment les neuf membres du Conseil constitutionnel sont-ils normalement nommés ?

À parts égales par le président de la République, le président du Sénat et le président de l’Assemblée nationale
Par le Gouvernement après consultation des juridictions suprêmes
Par les électeurs au suffrage universel direct lors des élections nationales
Par concours national organisé entre les magistrats des deux ordres de juridiction

À parts égales par le président de la République, le président du Sénat et le président de l’Assemblée nationale

Explication

Le Conseil constitutionnel comprend normalement neuf membres nommés à parts égales par les trois autorités politiques mentionnées. Cette nomination politique le distingue des magistrats professionnels recrutés par concours.

66. Dans quelle situation le contrôle a priori de l’article 61 de la Constitution intervient-il ?

Après un litige, pour vérifier concrètement l’atteinte portée aux droits d’une partie
Après l’entrée en vigueur de la loi, à la demande d’un juge administratif
Avant la promulgation de la loi, pour examiner abstraitement sa conformité aux normes constitutionnelles
Avant le vote de la loi, pour contrôler la régularité des débats parlementaires

Avant la promulgation de la loi, pour examiner abstraitement sa conformité aux normes constitutionnelles

Explication

Le contrôle a priori est exercé avant la promulgation et porte abstraitement sur la conformité de la loi aux normes constitutionnelles. La contestation soulevée à l’occasion d’un litige relève de la QPC, qui constitue une procédure distincte.

67. Qui peut soulever une question prioritaire de constitutionnalité et dans quel contexte ?

Un juge, en dehors de tout procès, pour vérifier la conformité d’un traité international
Le Gouvernement, avant le vote d’une loi, pour contester une disposition réglementaire
Un parlementaire, après une élection, pour demander l’annulation d’un acte administratif
Une partie à un procès administratif ou judiciaire, à propos d’une disposition législative portant atteinte à ses droits et libertés constitutionnels

Une partie à un procès administratif ou judiciaire, à propos d’une disposition législative portant atteinte à ses droits et libertés constitutionnels

Explication

La QPC permet à une partie engagée dans un procès administratif ou judiciaire de contester une disposition législative qui porterait atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution. Elle intervient donc à l’occasion d’un litige, et non lors d’un contrôle abstrait préalable.

68. À quelles normes le Conseil constitutionnel confronte-t-il une loi dans le cadre du contrôle a priori ?

Aux conventions internationales, aux usages constitutionnels et aux circulaires ministérielles
À la Constitution de 1958, à la Déclaration de 1789, au Préambule de 1946 et à la Charte de l’environnement de 2004
Aux traités internationaux, aux règlements européens et aux principes généraux du droit administratif
Aux lois organiques, aux actes réglementaires et aux décisions des juridictions judiciaires

À la Constitution de 1958, à la Déclaration de 1789, au Préambule de 1946 et à la Charte de l’environnement de 2004

Explication

Le contrôle a priori s’appuie notamment sur les textes formant le bloc de constitutionnalité, dont la Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de 2004. Les traités internationaux ne constituent pas les normes de référence de ce contrôle.

69. Quelle est la fonction principale du Tribunal des conflits ?

Réexaminer les décisions rendues par les cours administratives d’appel
Juger au fond les litiges opposant une personne publique à un particulier
Attribuer la compétence entre les juridictions administratives et judiciaires lorsqu’une difficulté sérieuse se présente
Contrôler la constitutionnalité des lois avant leur promulgation

Attribuer la compétence entre les juridictions administratives et judiciaires lorsqu’une difficulté sérieuse se présente

Explication

Le Tribunal des conflits détermine quel ordre de juridiction, administratif ou judiciaire, est compétent lorsqu’une difficulté sérieuse apparaît. Il ne tranche donc pas normalement le fond du litige, contrairement à la juridiction compétente.

70. Quelle est la composition du Tribunal des conflits ?

Six magistrats judiciaires et six conseillers d’État, nommés pour cinq ans
Quatre magistrats de la Cour de cassation et quatre membres du Conseil d’État, élus pour trois ans
Huit membres du Conseil d’État, désignés par le président de la République
Quatre préfets et quatre magistrats judiciaires, élus pour quatre ans

Quatre magistrats de la Cour de cassation et quatre membres du Conseil d’État, élus pour trois ans

Explication

Le Tribunal des conflits repose sur une composition paritaire comprenant quatre magistrats du siège de la Cour de cassation et quatre membres du Conseil d’État, élus pour trois ans. Cette parité permet de représenter les deux ordres de juridiction.

71. Que se passe-t-il lorsqu’un conflit positif est engagé par le préfet ?

Le préfet saisit directement le Tribunal des conflits, qui suspend aussitôt la procédure judiciaire
Le préfet adresse un déclinatoire au juge judiciaire, puis peut prendre sous quinze jours un arrêté de conflit en cas de refus
Le préfet demande au juge administratif de trancher le fond avant de saisir la juridiction judiciaire
Le juge judiciaire transmet spontanément le dossier au Conseil d’État après consultation du préfet

Le préfet adresse un déclinatoire au juge judiciaire, puis peut prendre sous quinze jours un arrêté de conflit en cas de refus

Explication

En cas de conflit positif, le préfet commence par adresser un déclinatoire de compétence au juge judiciaire. Si celui-ci refuse de se dessaisir, le préfet dispose de quinze jours pour prendre un arrêté de conflit saisissant le Tribunal des conflits.

72. Quelle distinction caractérise le conflit positif et le conflit négatif ?

Le conflit positif porte sur le fond du litige, tandis que le conflit négatif concerne la constitutionnalité de la loi
Le conflit positif oppose le juge judiciaire et l’administration sur la compétence, tandis que le conflit négatif résulte de l’incompétence déclarée par les deux ordres
Le conflit positif concerne deux juridictions administratives, tandis que le conflit négatif concerne deux juridictions judiciaires
Le conflit positif résulte de deux décisions d’incompétence, tandis que le conflit négatif oppose l’administration au juge judiciaire

Le conflit positif oppose le juge judiciaire et l’administration sur la compétence, tandis que le conflit négatif résulte de l’incompétence déclarée par les deux ordres

Explication

Le conflit positif apparaît lorsque l’administration revendique la compétence du juge administratif face au juge judiciaire. Le conflit négatif existe lorsque les deux ordres de juridiction se déclarent incompétents pour connaître de l’affaire.

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Qu'est-ce qu'une juridiction selon la définition générale ?

Un organe chargé de trancher des litiges et de dire le droit.

Comment la conception formelle qualifie-t-elle une juridiction en droit français ?

Comme un organe nommé Tribunal ou Cour dans une structure hiérarchisée.

Quelle mission définit la conception matérielle d'une juridiction ?

Trancher des litiges et dire comment la règle générale s'applique au cas particulier.

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