QCM : Introduction au droit civil (63 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un code fixe des obligations applicables aux habitants et prévoit des sanctions prononcées par les autorités publiques. De quelle notion s’agit-il ?

Du droit objectif
Du droit positif
Du droit subjectif
D’une prérogative individuelle

Du droit objectif

Explication

Le droit objectif regroupe les règles de conduite qui régissent les rapports sociaux et sont sanctionnées par l’autorité publique. La prérogative individuelle relève du droit subjectif, tandis que le droit positif désigne les règles en vigueur à un moment donné.

2. Une personne peut exiger d’un débiteur le paiement d’une somme que la loi lui reconnaît. Comment qualifier ce pouvoir de la personne ?

Une règle de conduite
Un droit objectif
Un droit positif
Un droit subjectif

Un droit subjectif

Explication

Le droit subjectif est une prérogative reconnue à une personne par le droit objectif, qui peut lui permettre d’exiger une prestation d’autrui. Le droit objectif désigne les règles générales, et le droit positif celles en vigueur dans un État à un moment donné.

3. Une juriste recense les règles applicables dans un pays à la date d’aujourd’hui. Quel ensemble étudie-t-elle ?

Le droit objectif
Le droit subjectif
Le droit à réparation
Le droit positif

Le droit positif

Explication

Le droit positif est l’ensemble des règles juridiques en vigueur dans un État ou un ensemble d’États à un moment donné. Le droit subjectif est une prérogative individuelle, tandis que le droit objectif désigne l’ensemble des règles de conduite.

4. Pourquoi le droit régit-il les relations entre plusieurs sujets plutôt que les actes d’une personne isolée ?

Parce qu’il intervient seulement lorsqu’un litige apparaît
Parce qu’il sert principalement à garantir la prévisibilité des actes
Parce qu’il n’existe que pour organiser les pouvoirs publics
Parce qu’il n’existe pas de droit sans société

Parce qu’il n’existe pas de droit sans société

Explication

La formule « Ubi societas, ibi jus » exprime que le droit régit les relations entre sujets et suppose l’existence d’une société. L’organisation de l’État, le règlement des litiges et la sécurité juridique sont des aspects ou fonctions du droit, mais ne remplacent pas cette condition sociale.

5. Une réforme encadre les relations entre personnes, apaise les conflits, protège les victimes et rend les conséquences des actes plus prévisibles. Quelles fonctions du droit ces effets illustrent-ils ?

Organiser les échanges, punir les infractions, représenter l’État et protéger les traditions
Organiser les relations, maintenir la paix, réaliser la justice et assurer la sécurité juridique
Réaliser la justice, garantir les contrats, remplacer les décisions individuelles et régler les échanges
Maintenir la paix, uniformiser les comportements, gérer l’administration et fixer les prix

Organiser les relations, maintenir la paix, réaliser la justice et assurer la sécurité juridique

Explication

Le droit organise les relations entre personnes, assure l’ordre et la paix sociale, réalise la justice et garantit la sécurité juridique. La prévisibilité est l’une de ces fonctions, mais elle ne résume pas les autres rôles mentionnés.

6. Une règle interdit aux conducteurs de franchir un feu rouge, oblige les entreprises à déclarer leurs salariés et permet à chacun de demander un changement de nom sans l’imposer. Quelles catégories de normes ces exemples illustrent-ils, dans cet ordre ?

Interdire, imposer une action, autoriser sans imposer
Imposer une action, autoriser sans imposer, interdire
Autoriser sans imposer, imposer une action, interdire
Interdire, autoriser sans imposer, imposer une action

Interdire, imposer une action, autoriser sans imposer

Explication

Une norme peut interdire une conduite, imposer une action ou autoriser un comportement sans l’imposer. Le changement de nom est ici une possibilité, alors que la déclaration des salariés est présentée comme une obligation d’agir.

7. Dans un contrat, les parties souhaitent écarter une règle qui s’impose à tous et dont la violation entraîne la nullité de la clause contraire. Quel type de règle s’applique ?

Une règle impérative
Une règle supplétive
Une règle interprétative
Une règle facultative

Une règle impérative

Explication

Une règle impérative s’impose aux parties et les clauses contraires sont nulles. Une règle supplétive, au contraire, s’applique en l’absence de volonté contraire des parties.

8. Comment caractériser la morale ?

Un ensemble de prescriptions imposées de l’extérieur et sanctionnées par l’autorité publique
Un ensemble de règles juridiques destiné à organiser les rapports entre les individus
Un ensemble de comportements jugés bons ou mauvais, orienté vers le bien et le perfectionnement individuel
Un ensemble de comportements visant principalement la paix sociale et l’ordre collectif

Un ensemble de comportements jugés bons ou mauvais, orienté vers le bien et le perfectionnement individuel

Explication

La morale regroupe des comportements évalués comme bons ou mauvais et tend vers le bien et le perfectionnement de l’individu. La confondre avec les règles juridiques, la paix sociale ou une contrainte publique attribue à la morale des traits propres au droit.

9. Une règle juridique organise les relations au sein d’une société, tandis qu’une exigence morale invite une personne à s’améliorer. Quelle finalité distingue ces deux règles ?

Le droit se donne à soi-même, et la morale est imposée de l’extérieur
Le droit vise le perfectionnement individuel, et la morale l’organisation harmonieuse de la société
Le droit vise l’organisation harmonieuse de la société, et la morale le perfectionnement individuel
Le droit relève du remords, et la morale est sanctionnée par l’autorité publique

Le droit vise l’organisation harmonieuse de la société, et la morale le perfectionnement individuel

Explication

Le droit a pour finalité l’organisation harmonieuse de la société, tandis que la morale vise le perfectionnement de l’individu. Inverser ces finalités confond les deux notions ; la source de la règle et sa sanction sont d’autres critères de distinction.

10. Une personne éprouve du remords après avoir manqué à une exigence qu’elle s’était fixée, tandis qu’un débiteur est contraint par une décision publique à respecter une règle juridique. Quelle distinction cela illustre-t-il ?

La morale est donnée à soi-même et sanctionnée informellement, tandis que le droit est imposé de l’extérieur et sanctionné par l’autorité publique
La morale est imposée de l’extérieur et sanctionnée par l’autorité publique, tandis que le droit est donné à soi-même et sanctionné informellement
La morale vise la paix sociale, tandis que le droit vise le perfectionnement individuel
La morale comporte des devoirs juridiques, tandis que le droit ne comporte que des droits

La morale est donnée à soi-même et sanctionnée informellement, tandis que le droit est imposé de l’extérieur et sanctionné par l’autorité publique

Explication

Le remords est une sanction morale informelle, liée à une règle que la personne se donne à elle-même ; le droit vient de l’extérieur et relève de l’autorité publique. Attribuer le remords à l’autorité publique ou la contrainte juridique à une règle personnelle inverse cette distinction.

11. Que désigne une sanction de la règle de droit ?

Tout procédé tendant à assurer l’efficacité de la règle de droit
Toute peine infligée à l’auteur d’une infraction pénale
Toute recommandation destinée à orienter les comportements
Toute règle visant à organiser harmonieusement la société

Tout procédé tendant à assurer l’efficacité de la règle de droit

Explication

Une sanction désigne tout procédé qui tend à assurer l’efficacité de la règle de droit ; elle ne se limite donc pas à la peine pénale. L’organisation sociale est une finalité du droit, et une recommandation relève du droit souple.

12. Un débiteur ne peut pas fournir le service promis, et le juge lui impose de verser une somme qui remplace cette prestation. De quel type d’exécution forcée s’agit-il ?

Une réparation par dommages et intérêts
Une exécution forcée par équivalent
Une exécution forcée en nature
Une punition pénale déterminée par la loi

Une exécution forcée par équivalent

Explication

L’exécution forcée par équivalent remplace la prestation initialement due par une somme d’argent lorsque l’exécution concrète n’a pas lieu. L’exécution en nature exige la prestation elle-même ; les dommages et intérêts compensent un dommage, tandis que la peine punit une infraction.

13. Lorsqu’une juridiction doit déterminer la peine applicable à un délit, quelle exigence découle du principe de légalité des peines ?

La peine peut être déterminée librement par le juge sans définition légale du délit
La peine doit correspondre à la somme compensant le dommage de la victime
La peine doit être fixée par une recommandation sans force obligatoire
La peine et la définition du délit doivent être prévues par la loi

La peine et la définition du délit doivent être prévues par la loi

Explication

Le principe de légalité des peines impose que la peine soit déterminée par la loi et que les délits soient définis par celle-ci. Une recommandation de droit souple ne remplace pas la loi pénale, et la réparation du dommage ne se confond pas avec la peine.

14. Une autorité publie une recommandation qui cherche à guider les conduites sans créer d’obligation juridique stricte ; un tribunal peut néanmoins en tenir compte. Comment qualifier cette règle ?

Du droit souple, qui oriente les comportements et peut être pris en compte par les tribunaux
Une sanction pénale, qui oriente les comportements sans créer d’obligation stricte
Du droit dur, qui impose une obligation juridique stricte et peut être pris en compte par les tribunaux
Une mesure de réparation, qui guide les conduites sans rapport avec un dommage

Du droit souple, qui oriente les comportements et peut être pris en compte par les tribunaux

Explication

Le droit souple regroupe des règles ou recommandations qui cherchent à orienter les comportements sans créer toujours une obligation stricte ; les tribunaux peuvent néanmoins en tenir compte. Le droit dur se caractérise par l’obligation juridique stricte, tandis qu’une sanction pénale punit une infraction et qu’une réparation compense un dommage.

15. Une loi adoptée dans un pays autorise une pratique que la raison et la nature jugent injuste. Quel principe défend l’école du droit naturel ?

La loi civile prévaut sur tout principe supérieur dès qu’elle est adoptée.
La loi civile doit se conformer à un droit idéal supérieur fondé sur la nature et la raison.
Le droit idéal découle des règles adoptées par chaque société.
Le droit idéal correspond aux décisions des juridictions de l’État.

La loi civile doit se conformer à un droit idéal supérieur fondé sur la nature et la raison.

Explication

Pour l’école du droit naturel, la nature et la raison fondent un droit idéal supérieur auquel le droit créé par les hommes doit être conforme. Faire du droit positif la source du droit idéal confond les deux écoles, tandis que les autres réponses inversent ou écartent cette hiérarchie.

16. Une juridiction doit évaluer une règle contestée. Le raisonnement retenu affirme que sa validité dépend de sa création selon les règles du système juridique, sans recourir à un droit supérieur pour juger sa justice. Quelle approche applique-t-il ?

Le positivisme juridique, qui fonde l’autorité du droit sur sa création régulière.
La théorie morale, qui fonde la validité sur la justice de la règle.
Le positivisme sociologique, qui fonde la validité sur l’acceptation sociale.
Le droit naturel, qui fonde l’autorité du droit sur la raison.

Le positivisme juridique, qui fonde l’autorité du droit sur sa création régulière.

Explication

Le positivisme juridique rattache l’autorité d’une règle à sa création conforme au système juridique et ne fait pas appel à un droit supérieur pour juger sa justice. Le droit naturel invoque un tel droit supérieur, la morale confond validité et justice, et le positivisme sociologique porte sur les faits sociaux.

17. Dans un système juridique, une autorité compétente adopte une norme qui respecte la norme située au-dessus d’elle. Selon le critère de Kelsen, quel est son statut ?

Elle est valide seulement si son contenu est moralement juste.
Elle est valide au regard de la hiérarchie des normes.
Elle est invalide parce que toute norme doit être adoptée par le législateur.
Elle est valide dès qu’elle est approuvée par la population.

Elle est valide au regard de la hiérarchie des normes.

Explication

Pour Kelsen, une norme est valide si elle est créée par une autorité compétente et respecte la norme supérieure. L’approbation populaire ou la justice morale ne remplace pas ces critères, et l’adoption par le législateur n’est pas la condition générale énoncée.

18. Un règlement est placé sous une loi dans une hiérarchie, mais aucun mécanisme ne permet de vérifier qu’il respecte cette loi. Que manque-t-il pour établir une véritable hiérarchie entre ces normes ?

Une publication commune de la loi et du règlement.
Une approbation politique distincte pour chacune des deux normes.
Une adoption du règlement à une date postérieure à celle de la loi.
Un mécanisme de contrôle de la conformité du règlement à la loi.

Un mécanisme de contrôle de la conformité du règlement à la loi.

Explication

Une véritable hiérarchie suppose un mécanisme permettant de contrôler la conformité de la norme inférieure à la norme supérieure. La chronologie, l’approbation politique ou la publication commune ne vérifient pas cette conformité.

19. Un particulier signe un contrat avec une société privée pour la vente d’un véhicule. Quelle branche du droit régit principalement cette relation ?

Le droit public, car toute société participe à l’intérêt général.
Le droit pénal, car tout contrat peut donner lieu à un litige.
Le droit privé, car les parties sont des personnes privées.
Le droit administratif, car le contrat crée des obligations juridiques.

Le droit privé, car les parties sont des personnes privées.

Explication

Le droit privé régit principalement les relations entre personnes privées et leurs intérêts particuliers, comme un contrat entre un particulier et une société privée. La présence d’un contrat ne suffit pas à relever du droit public, et un litige contractuel n’est pas de ce fait pénal.

20. Une administration impose à un riverain une décision qui s’applique à lui sans son accord. Quel pouvoir caractérise cette situation ?

Un droit subjectif du particulier concerné.
Une prérogative de puissance publique.
Une obligation contractuelle entre personnes privées.
Une peine prononcée par une juridiction pénale.

Une prérogative de puissance publique.

Explication

Les prérogatives de puissance publique sont des pouvoirs particuliers permettant à une personne publique de prendre des décisions qui s’imposent aux particuliers. Une obligation contractuelle suppose un accord, tandis qu’une peine pénale et un droit individuel ne désignent pas ce pouvoir administratif.

21. Un particulier conteste devant un tribunal une décision prise par une commune alors qu’elle exerçait une prérogative de puissance publique. Quel ordre de juridiction relève en principe de ce litige ?

L’ordre des juridictions pénales.
L’ordre des juridictions administratives.
L’ordre des juridictions judiciaires.
L’ordre des juridictions constitutionnelles.

L’ordre des juridictions administratives.

Explication

Une relation où une personne publique exerce une prérogative de puissance publique relève du droit public, qui relève en principe des juridictions administratives. La présence d’un particulier ne transforme pas ce litige en affaire de droit privé, et la contestation n’en fait pas une affaire pénale ou constitutionnelle.

22. Deux personnes privées concluent un contrat dans leur vie personnelle, et aucune règle spéciale ne prévoit le régime applicable. Quelle branche fournit le droit commun de leur relation ?

Le droit civil, comme droit commun des relations privées hors activité professionnelle.
Le droit public, comme droit commun en l’absence de règle particulière.
Le droit commercial, comme droit commun de tout contrat entre personnes privées.
Le droit du travail, comme droit commun des relations contractuelles privées.

Le droit civil, comme droit commun des relations privées hors activité professionnelle.

Explication

Le droit civil constitue le droit commun des relations entre personnes privées hors de leur activité professionnelle et s’applique en l’absence de règle spéciale. Le droit commercial et le droit du travail sont des régimes spécialisés, tandis que l’absence de règle particulière ne transforme pas la relation privée en relation de droit public.

23. Un usage professionnel contribue à orienter les règles juridiques sans être officiellement présenté comme un mode de création du droit. De quel type de source s’agit-il ?

Une norme internationale
Une règle constitutionnelle
Une source formelle
Une source informelle

Une source informelle

Explication

Une source informelle contribue indirectement à produire du droit sans se présenter officiellement comme créatrice ; une source formelle est un mode officiel, une règle constitutionnelle désigne une norme et une norme internationale vient d’un accord entre États.

24. Un étudiant cherche dans la Constitution les dispositions qui organisent les pouvoirs du Parlement et du Gouvernement ainsi que le vote des lois. Quel est l’objet principal de ces dispositions ?

Définir les seules modalités de vote des lois
Fixer les règles communes des accords entre États
Organiser le fonctionnement de l’État et des pouvoirs publics
Régir directement les conduites quotidiennes des particuliers

Organiser le fonctionnement de l’État et des pouvoirs publics

Explication

La Constitution organise principalement le fonctionnement de l’État et des pouvoirs publics, dont les pouvoirs des institutions et les modalités de vote des lois ; la conduite directe des particuliers n’est pas son objet principal, le vote des lois n’en est qu’un aspect, et les accords entre États relèvent d’un autre domaine.

25. Une loi est contestée au motif qu’elle méconnaît des droits proclamés dans la Déclaration de 1789. Quel fondement permet de rattacher cette contestation au bloc de constitutionnalité ?

La Déclaration de 1789 n’a qu’une valeur législative ordinaire
La Déclaration de 1789 est un traité conclu entre États
Le Préambule de 1958 renvoie à la Déclaration de 1789, de valeur constitutionnelle
Le Préambule de 1958 renvoie uniquement au texte de 1946

Le Préambule de 1958 renvoie à la Déclaration de 1789, de valeur constitutionnelle

Explication

Le Préambule de 1958 renvoie à la Déclaration de 1789, à laquelle est reconnue une valeur constitutionnelle ; la réduire à une loi ordinaire ou à un traité méconnaît ce statut, et le renvoi comprend aussi le Préambule de 1946.

26. Un principe invoqué comme principe fondamental reconnu par les lois de la République provient d’un texte législatif antérieur à 1946, d’un régime républicain, a été appliqué continûment et est consacré comme principe juridique général. Quelle conclusion s’impose au regard des critères de cette catégorie ?

Il échoue parce qu’une application continue est insuffisante
Il satisfait aux critères énoncés pour cette catégorie
Il échoue parce que le texte doit être postérieur à 1946
Il échoue parce qu’une origine républicaine est exclue

Il satisfait aux critères énoncés pour cette catégorie

Explication

Les éléments du cas réunissent les critères : texte législatif antérieur à l’entrée en vigueur de la Constitution de 1946, origine républicaine, application continue et consécration comme principe juridique général. Une origine postérieure, non républicaine ou une application non continue ne répondrait pas à ces critères.

27. La France n’a pas signé un accord conclu entre deux autres États. Une partie soutient pourtant que cet accord crée une règle de droit applicable en France. Quelle conclusion découle de la définition d’une norme internationale ?

L’accord devient applicable si l’un des États est voisin de la France
L’accord ne crée pas, à lui seul, une règle applicable en France
L’accord crée une règle applicable dès qu’il lie deux États
L’accord crée une règle applicable dès qu’il concerne des particuliers

L’accord ne crée pas, à lui seul, une règle applicable en France

Explication

Une norme internationale applicable en France trouve sa source dans un accord auquel la France est partie ; un accord entre deux autres États ne l’engage pas, même s’il est bilatéral ou concerne des particuliers.

28. Une personne veut invoquer un traité contre l’État dans un premier litige, puis contre un particulier dans un second. Quels effets directs le traité doit-il produire, respectivement ?

Un effet direct vertical dans les deux litiges
Un effet direct horizontal, puis un effet direct vertical
Un effet direct vertical, puis un effet direct horizontal
Un effet direct horizontal dans les deux litiges

Un effet direct vertical, puis un effet direct horizontal

Explication

L’effet direct vertical permet à un particulier d’invoquer le traité contre l’État, tandis que l’effet direct horizontal permet de l’invoquer entre particuliers. L’ordre inverse les deux notions, et l’absence d’effet direct ne confère pas cette invocabilité aux particuliers.

29. Avant la ratification d’un accord, le Conseil constitutionnel déclare qu’une de ses clauses est contraire à la Constitution. Quelle étape doit avoir lieu pour que la ratification puisse intervenir ?

Une modification de l’accord sans révision constitutionnelle
Un contrôle judiciaire après la ratification
La ratification immédiate de l’accord
Une révision constitutionnelle

Une révision constitutionnelle

Explication

L’article 54 impose une révision de la Constitution avant la ratification lorsqu’une clause de l’engagement international lui est contraire. La ratification immédiate néglige cette condition, la simple modification de l’accord ne correspond pas à la règle énoncée, et un contrôle après ratification ne peut remplacer la révision préalable.

30. Après la ratification d’un traité, une partie soutient qu’il viole la Constitution et demande à un juge français de vérifier cette conformité. Quelle réponse correspond au régime applicable ?

Le juge français ne peut contrôler la conformité du traité à la Constitution
Le juge français peut écarter le traité comme une loi contraire à une norme supérieure
Le Conseil constitutionnel a nécessairement contrôlé la loi de ratification
Le juge français doit contrôler la conformité du traité à la Constitution

Le juge français ne peut contrôler la conformité du traité à la Constitution

Explication

Après la ratification, aucun juge français ne peut contrôler la conformité du traité à la Constitution, et toutes les lois de ratification ne sont pas soumises au Conseil constitutionnel. L’idée d’un contrôle judiciaire du traité confond ce contrôle avec celui des lois, tandis que le contrôle nécessaire de toute loi de ratification est inexact.

31. Quelle solution la Cour de cassation a-t-elle retenue dans l’arrêt Fraisse du 2 juin 2000 au sujet du conflit entre un traité et une disposition constitutionnelle ?

Le Conseil d’État a reconnu la supériorité du traité sur la Constitution
Un traité peut écarter une disposition constitutionnelle dans l’ordre interne
Une disposition constitutionnelle ne peut être écartée au profit d’un traité
Un traité prévaut sur toute loi, y compris une loi de valeur constitutionnelle

Une disposition constitutionnelle ne peut être écartée au profit d’un traité

Explication

Dans Fraisse, la Cour de cassation juge que la supériorité des engagements internationaux ne permet pas d’écarter une disposition de valeur constitutionnelle dans l’ordre interne. Faire prévaloir le traité sur la Constitution étend à tort sa primauté, qui concerne les lois, et l’attribution au Conseil d’État renvoie à Sarran.

32. Un traité a été ratifié et publié, mais l’autre État signataire ne respecte pas ses engagements alors que la condition de réciprocité s’applique. Peut-il alors prévaloir sur une loi française ?

Oui, car la ratification rend la réciprocité sans effet
Non, car un traité ne peut jamais prévaloir sur une loi française
Non, car la condition de réciprocité n’est pas satisfaite
Oui, car la publication suffit à lui conférer la primauté

Non, car la condition de réciprocité n’est pas satisfaite

Explication

La primauté suppose la ratification ou l’approbation, la publication et, lorsque la réciprocité s’applique, le respect des engagements par les autres États signataires. La ratification ou la publication ne suffit donc pas à neutraliser une réciprocité défaillante, et les traités peuvent bien prévaloir sur les lois lorsque les conditions sont réunies.

33. Dans sa décision du 15 janvier 1975 sur la loi relative à l’IVG, quelle position le Conseil constitutionnel adopte-t-il concernant la conformité d’une loi aux traités dans le cadre de l’article 61 ?

Il écarte la loi lorsqu’elle est contraire à un traité
Il contrôle la conformité de la loi aux traités au titre de l’article 61
Il refuse ce contrôle seulement lorsque la loi est antérieure au traité
Il refuse d’exercer ce contrôle dans le cadre de l’article 61

Il refuse d’exercer ce contrôle dans le cadre de l’article 61

Explication

Dans la décision IVG de 1975, le Conseil constitutionnel refuse de contrôler la conformité d’une loi aux traités dans le cadre de l’article 61. L’écartement d’une loi contraire à un traité relève du contrôle exercé par les juges, et le refus du Conseil ne dépend pas de l’antériorité de la loi.

34. Un juge est saisi d’un litige où une loi adoptée après un traité applicable contredit celui-ci. Quelle solution découle de l’arrêt Jacques Vabre ?

Le juge peut écarter la loi seulement si elle est antérieure au traité
Le Conseil constitutionnel doit écarter la loi dans le cadre de l’article 61
Le juge peut écarter la loi contraire au traité
Le juge doit appliquer la loi parce qu’elle est postérieure au traité

Le juge peut écarter la loi contraire au traité

Explication

Par Jacques Vabre, la Cour de cassation reconnaît au juge le pouvoir d’écarter une loi contraire à un traité, même si la loi est postérieure. Faire primer la loi postérieure inverse la solution, tandis que l’attribution de ce contrôle au Conseil constitutionnel confond ses compétences avec celles des juges.

35. Dans une affaire, un juge compare une loi à un traité de manière générale, puis examine séparément si l’application de cette loi à la situation particulière du requérant crée une incompatibilité. Comment qualifier ces deux démarches, dans cet ordre ?

Contrôle in concreto, puis contrôle in abstracto
Contrôle in abstracto, puis contrôle in concreto
Contrôle de conventionnalité, puis contrôle de constitutionnalité
Contrôle de constitutionnalité, puis contrôle in abstracto

Contrôle in abstracto, puis contrôle in concreto

Explication

Le contrôle in abstracto compare deux textes de manière générale, tandis que le contrôle in concreto vérifie si l’application de la loi produit une incompatibilité avec le traité dans une situation particulière. Inverser les termes confond leurs objets, et les contrôles de constitutionnalité ne décrivent pas ces deux démarches.

36. Une ONG estime qu’un État a violé un droit garanti par la Convention EDH. Avant de saisir la CEDH, quelle démarche doit-elle accomplir ?

Saisir d’abord une juridiction de l’Union européenne
Obtenir l’autorisation préalable de l’État défendeur
Demander à la CEDH d’épuiser les recours nationaux
Épuiser les voies de recours internes disponibles

Épuiser les voies de recours internes disponibles

Explication

La saisine par un particulier, un groupe de particuliers ou une ONG n’est possible qu’après épuisement des voies de recours internes. Une requête immédiate omet cette condition, l’accord de l’État n’est pas requis et les recours nationaux ne sont pas menés par la CEDH.

37. Après avoir constaté une violation de la Convention EDH, la CEDH rend un arrêt contre un État. Quelle mesure peut-elle prendre elle-même ?

Déclarer la violation sans annuler l’acte étatique
Annuler l’acte national à l’origine de la violation
Abroger la loi nationale contraire à la Convention
Modifier la décision étatique contestée

Déclarer la violation sans annuler l’acte étatique

Explication

Les arrêts de la CEDH sont déclaratoires : la Cour constate une violation, mais ne peut ni annuler un acte, ni abroger une loi, ni modifier une décision étatique. L’annulation, l’abrogation et la modification attribuent à la Cour des pouvoirs qu’elle ne possède pas.

38. Face à une atteinte environnementale, un requérant invoque devant la CEDH un droit conventionnel existant. Quelle approche correspond à la manière dont la Cour protège l’environnement ?

Interpréter les droits selon leur seul sens historique, sans tenir compte des évolutions
Protéger indirectement l’environnement en appliquant des droits conventionnels existants
Examiner chaque droit de la Convention séparément, sans interprétation globale
Reconnaître un droit autonome à l’environnement expressément inscrit dans la Convention

Protéger indirectement l’environnement en appliquant des droits conventionnels existants

Explication

La CEDH protège indirectement l’environnement en appliquant des droits conventionnels existants, dans le cadre d’une interprétation autonome, évolutive, utile et globale. L’idée d’un droit environnemental explicitement consacré confond protection indirecte et droit autonome, tandis que les lectures historique ou isolée écartent les caractéristiques de cette interprétation.

39. Un étudiant classe les traités qui instituent l’Union et les règles produites par ses organes. Quelle répartition doit-il retenir ?

Le droit primaire et le droit dérivé émanent tous deux des organes de l’Union
Le droit primaire institue l’Union et le droit dérivé émane de ses organes
Le droit primaire regroupe les décisions nationales et le droit dérivé les traités
Le droit dérivé institue l’Union et le droit primaire émane de ses organes

Le droit primaire institue l’Union et le droit dérivé émane de ses organes

Explication

Le droit primaire correspond aux règles qui instituent l’Union, alors que le droit dérivé comprend les règles émanant des organes institués. Inverser ces notions, attribuer les traités aux décisions nationales ou faire des deux catégories des actes des organes brouille cette distinction.

40. Quel traité institue l’Union européenne et l’union économique et monétaire ?

Le traité de Maastricht du 7 février 1992
Le traité de Rome du 25 mars 1957
Le traité de Lisbonne entré en vigueur le 1er décembre 2009
Le traité de Lisbonne signé le 13 décembre 2007

Le traité de Maastricht du 7 février 1992

Explication

Le traité de Maastricht institue l’Union européenne et l’union économique et monétaire. Le traité de Rome institue la Communauté économique européenne, tandis que Lisbonne modifie les traités antérieurs et entre en vigueur en 2009.

41. Pour adopter une nouvelle législation de l’Union avec le Parlement européen et coordonner les politiques des États membres, quelle institution est compétente ?

Le Conseil de l’Union européenne
La Cour de justice de l’Union européenne
Le Conseil européen
La Commission européenne

Le Conseil de l’Union européenne

Explication

Le Conseil de l’Union européenne adopte la législation avec le Parlement et coordonne les politiques des États. Le Conseil européen fixe les grandes orientations, la Commission propose la législation et la Cour de justice n’exerce pas ces fonctions.

42. Un État membre reçoit un règlement de l’Union et une directive. Quelle différence doit-il appliquer entre ces deux actes ?

Le règlement doit être transposé; la directive s’applique directement comme une loi
Le règlement fixe un résultat à transposer; la directive s’applique directement dans l’État
Le règlement et la directive doivent tous deux être transposés en droit interne
Le règlement s’applique directement; la directive doit être transposée pour atteindre son résultat

Le règlement s’applique directement; la directive doit être transposée pour atteindre son résultat

Explication

Le règlement s’applique directement dans les États membres et produit les mêmes effets qu’une loi; la directive impose un résultat qui doit être transposé en droit interne. Les réponses inversant ces effets ou soumettant les deux actes à la même règle confondent leurs régimes.

43. Une analyse distingue une loi d’un règlement d’après l’autorité qui l’édicte, puis compare deux textes selon les domaines qu’ils régissent. Quel critère correspond à chaque analyse ?

Le critère formel porte sur la procédure et le critère matériel sur le rang
Le critère formel porte sur l’auteur et le critère matériel sur le domaine régi
Le critère formel porte sur le domaine et le critère matériel sur l’auteur
Le critère formel porte sur le rang et le critère matériel sur la procédure

Le critère formel porte sur l’auteur et le critère matériel sur le domaine régi

Explication

Le critère formel identifie l’auteur de la norme, tandis que le critère matériel s’intéresse au domaine qu’elle régit. Inverser ces critères confond leurs objets ; le rang et la procédure ne définissent pas cette distinction.

44. Au sens strict, quel texte constitue une loi au regard de l’article 34, alinéa 1er, de la Constitution ?

Un acte pris par un préfet après consultation des assemblées
Un texte adopté par le Premier ministre dans l’exercice réglementaire
Un texte voté par l’Assemblée nationale et le Sénat
Un texte proposé par le Gouvernement puis signé par un ministre

Un texte voté par l’Assemblée nationale et le Sénat

Explication

Au sens strict, la loi est un texte voté par le Parlement, composé de l’Assemblée nationale et du Sénat. Un projet gouvernemental n’est pas encore une loi votée, et un acte du Premier ministre ou d’un préfet relève du pouvoir réglementaire.

45. Après plusieurs lectures, l’Assemblée nationale et le Sénat restent en désaccord sur un projet de loi. Quelle démarche peut suivre, et quelle issue est possible si le désaccord persiste ?

Réunir une commission mixte paritaire, puis permettre au Gouvernement de demander au Sénat de statuer définitivement
Réunir une commission mixte paritaire, puis permettre au Gouvernement de demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement
Relancer la navette, puis permettre au Gouvernement de demander au Conseil constitutionnel de trancher
Interrompre la navette et faire adopter le texte par le Président de la République

Réunir une commission mixte paritaire, puis permettre au Gouvernement de demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement

Explication

En cas de désaccord persistant, une commission mixte paritaire peut être réunie ; si le désaccord demeure, le Gouvernement peut demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement. Le Sénat n’a pas ce dernier mot, et ni le Président ni le Conseil constitutionnel ne tranchent l’adoption du texte selon cette procédure.

46. Un maire prend un acte réglementaire local, tandis que le Premier ministre signe un acte réglementaire de portée plus élevée. Comment classer ces deux actes selon leur auteur et leur catégorie ?

L’acte du maire est un décret et celui du Premier ministre un arrêté
L’acte du maire est un arrêté et celui du Premier ministre un décret
Les deux actes sont des arrêtés en raison de leur caractère administratif
Les deux actes sont des décrets en raison de leur caractère réglementaire

L’acte du maire est un arrêté et celui du Premier ministre un décret

Explication

Les décrets, actes réglementaires de rang élevé, émanent en principe du Premier ministre ; les maires prennent des arrêtés municipaux. Classer l’acte d’après son caractère réglementaire plutôt que son auteur confond catégorie et autorité compétente.

47. Le Parlement a voté une loi, mais celle-ci n’a encore été ni promulguée ni publiée. Peut-elle déjà être considérée comme obligatoire ?

Oui, le vote parlementaire suffit à rendre la loi obligatoire
Non, seule la publication est requise, sans promulgation
Oui, la promulgation suffit, même en l’absence de publication
Non, son entrée en vigueur exige sa promulgation et sa publication au Journal officiel

Non, son entrée en vigueur exige sa promulgation et sa publication au Journal officiel

Explication

Le vote ne suffit pas : l’entrée en vigueur de la loi requiert sa promulgation et sa publication au Journal officiel de la République française. La promulgation ne remplace pas la publication, et la publication ne dispense pas de promulgation.

48. Un acte administratif est publié au Journal officiel le 10 avril et ne fixe aucune date d’entrée en vigueur. À quelle date entre-t-il en vigueur selon la règle générale ?

Après une promulgation du président de la République
Le 10 mai
Le 11 avril
Le 10 avril

Le 11 avril

Explication

Selon l’article 1er du Code civil, un acte administratif publié au Journal officiel entre en vigueur à la date qu’il fixe ou, à défaut, le lendemain de sa publication : ici, le 11 avril. Le jour même et un délai d’un mois ne correspondent pas à la règle supplétive, et la promulgation présidentielle concerne les lois.

49. Un contrat a été conclu avant l’entrée en vigueur d’une loi nouvelle et produit encore des effets après cette date. Selon la théorie de Paul Roubier, comment répartir l’application des lois ?

La loi ancienne régit la constitution et tous les effets, même futurs
La loi nouvelle régit la constitution et tous les effets, même passés
La loi ancienne régit la constitution et les effets passés, la loi nouvelle les effets futurs en principe
La loi nouvelle régit la constitution et les effets passés, la loi ancienne les effets futurs en principe

La loi ancienne régit la constitution et les effets passés, la loi nouvelle les effets futurs en principe

Explication

La théorie de Paul Roubier distingue la constitution de la situation, ses effets passés et ses effets futurs : la loi ancienne régit les deux premières phases, tandis que la loi nouvelle régit en principe les effets futurs. Étendre la loi nouvelle au passé confond effet immédiat et rétroactivité ; prolonger l’ancienne loi à tous les effets néglige la règle applicable au futur.

50. Un contrat continue de produire des effets lorsqu’une loi nouvelle d’ordre public entre en vigueur. Quelle règle s’applique à ses effets futurs ?

Le contrat cesse de produire ses effets dès l’entrée en vigueur de la loi nouvelle
La loi nouvelle modifie également les effets produits avant son entrée en vigueur
La loi ancienne continue de régir ses effets futurs jusqu’à l’expiration
La loi nouvelle d’ordre public s’applique immédiatement à ses effets futurs

La loi nouvelle d’ordre public s’applique immédiatement à ses effets futurs

Explication

En principe, le contrat demeure soumis à la loi en vigueur lors de sa conclusion jusqu’à son expiration, mais une loi nouvelle d’ordre public s’applique immédiatement à ses effets futurs. Maintenir l’ancienne loi méconnaît cette exception, tandis qu’étendre la loi nouvelle aux effets passés serait rétroactif.

51. Un contrat est conclu dans un pays, concerne une partie domiciliée dans un autre et pourrait relever des droits de ces deux États. Quelle situation cela caractérise-t-il ?

Un conflit de lois dans l’espace lié à un élément d’extranéité
Une pluralité de parties sans rattachement à plusieurs droits étatiques
Un conflit de juridictions portant sur la compétence d’un tribunal
Une situation interne régie par la seule loi du lieu de conclusion

Un conflit de lois dans l’espace lié à un élément d’extranéité

Explication

Un conflit de lois dans l’espace apparaît lorsqu’un élément d’extranéité rattache la situation à plusieurs États et que plusieurs droits peuvent la régir. Le conflit de juridictions concerne la compétence des tribunaux, tandis que le nombre de parties ou le lieu de conclusion ne suffit pas à écarter l’extranéité.

52. Un accident survient dans un État différent de celui où résident les parties, et celles-ci cherchent à déterminer le droit applicable à leur litige. À quel ensemble de règles doivent-elles recourir ?

Aux règles portant sur la nationalité des parties
Aux règles de droit international privé
Aux règles matérielles de responsabilité civile
Aux règles de compétence juridictionnelle

Aux règles de droit international privé

Explication

Les règles de droit international privé déterminent le droit applicable aux situations présentant un élément d’extranéité, notamment le lieu du dommage. La compétence du tribunal répond à une question distincte, et la nationalité n’est pas le seul critère de rattachement.

53. Des commerçants suivent depuis longtemps une pratique par choix spontané, sans qu’une autorité publique l’ait imposée. Quelle notion décrit le mieux cette règle de conduite ?

Une habitude dépourvue de toute portée normative pour ses participants
Une coutume issue d’une pratique répétée et spontanément respectée
Une jurisprudence créée par la décision d’un tribunal compétent
Une loi adoptée par une autorité publique et imposée aux commerçants

Une coutume issue d’une pratique répétée et spontanément respectée

Explication

La coutume naît d’une pratique répétée que les sujets de droit respectent spontanément, sans qu’elle ait nécessairement été imposée par une autorité publique. Une loi relève d’une adoption publique, tandis qu’une habitude sans portée normative ou une décision judiciaire ne correspond pas à cette définition.

54. Dans un secteur professionnel, un comportement est observé régulièrement depuis des années, mais les participants le suivent par commodité et ne le croient pas juridiquement obligatoire. Quel élément constitutif de la coutume fait défaut ?

La régularité de la pratique dans le temps
L’élément psychologique, c’est-à-dire l’opinio juris
L’élément matériel, c’est-à-dire la pratique répétée et durable
La répétition observable du comportement professionnel

L’élément psychologique, c’est-à-dire l’opinio juris

Explication

Une coutume exige une pratique répétée et durable ainsi que la conviction que cette pratique est juridiquement obligatoire. Ici, la pratique matérielle existe, mais l’opinio juris manque puisque les participants agissent par commodité.

55. Aucune loi ne règle une situation nouvelle dans un secteur professionnel, et un usage vient combler cette lacune. De quel type de coutume s’agit-il ?

Une coutume contra legem
Une coutume secundum legem
Une coutume praeter legem
Une disposition légale supplétive

Une coutume praeter legem

Explication

La coutume praeter legem complète le droit écrit lorsqu’aucune règle ne s’applique à la situation. La coutume secundum legem intervient sur renvoi de la loi, tandis que la coutume contra legem contredit une règle écrite.

56. Un litige oppose deux commerçants au sujet d’une obligation solidaire. En l’absence de volonté contraire, quelle présomption la coutume commerciale admet-elle ?

La solidarité est écartée par l’usage commercial
La solidarité ne se présume pas entre les commerçants
La solidarité est présumée entre les commerçants
La solidarité dépend d’une décision du tribunal

La solidarité est présumée entre les commerçants

Explication

En droit commercial, une coutume admet la présomption de solidarité entre commerçants, sauf volonté contraire. La règle civile de non-présomption ne doit pas être transposée à cette situation commerciale; la coutume n’exige pas non plus une décision judiciaire ou une clause expresse.

57. Un juriste emploie le terme « jurisprudence » pour parler de l’ensemble des décisions rendues par les tribunaux d’un État. Dans quel sens utilise-t-il ce terme ?

Au sens large
Au sens de revirement
Au sens de règle législative
Au sens strict

Au sens large

Explication

Au sens large, la jurisprudence regroupe l’ensemble des décisions rendues par les juridictions d’un État ; au sens strict, elle désigne une solution constante pour des situations similaires. La « solution constante » confond les deux sens, le « revirement » désigne un changement de solution et la « règle législative » relève du législateur.

58. Un juge souhaite énoncer, dans une décision, une règle générale qui s’appliquerait systématiquement aux litiges futurs. Quelle disposition encadre cette démarche ?

L’article 5 du Code civil, qui autorise les règles générales
L’article 5 du Code civil, qui interdit les arrêts de règlement
L’article 4 du Code civil, qui impose de trancher les litiges
L’article 4 du Code civil, qui encadre les solutions constantes

L’article 5 du Code civil, qui interdit les arrêts de règlement

Explication

L’article 5 du Code civil interdit au juge de rendre des arrêts de règlement contenant des dispositions générales applicables à l’avenir. L’article 4 concerne l’obligation de trancher un litige, tandis que les solutions constantes ne confèrent pas au juge le pouvoir d’édicter une règle réglementaire.

59. Saisi d’un litige, un juge estime que la loi est silencieuse et refuse de statuer pour cette raison. Quelle règle doit-il appliquer ?

Il doit édicter une règle générale applicable aux futurs litiges
Il doit suspendre le litige jusqu’à l’adoption d’une nouvelle loi
Il peut refuser de statuer tant que la loi reste silencieuse
Il doit trancher le litige, sous peine de déni de justice

Il doit trancher le litige, sous peine de déni de justice

Explication

L’article 4 du Code civil oblige le juge à trancher même lorsque la loi est silencieuse, obscure ou insuffisante ; refuser constitue un déni de justice. Le silence de la loi ne justifie donc pas un refus, et l’obligation de juger n’autorise pas à édicter une règle générale.

60. Une juridiction résout un litige particulier par une solution ensuite reprise dans des affaires similaires, sans édicter de règle générale obligatoire pour l’avenir. Comment caractériser le rôle de la jurisprudence ?

Une source indirecte et créatrice en pratique, mais non une source formelle
Un arrêt de règlement applicable à tous les litiges futurs
Une source formelle qui autorise les règles générales du juge
Une pratique dépourvue de rôle créateur dans l’évolution du droit

Une source indirecte et créatrice en pratique, mais non une source formelle

Explication

La jurisprudence ne permet pas au juge d’édicter formellement des règles générales, mais les solutions des juridictions peuvent influencer le droit et être reprises dans des cas similaires. La « source formelle » confond influence pratique et pouvoir normatif, tandis que l’« arrêt de règlement » vise précisément une règle générale pour l’avenir.

61. Un ouvrage rassemble des analyses de chercheurs en droit et des commentaires publiés par des spécialistes. À quoi correspond cet ensemble ?

À la doctrine
À la jurisprudence
À la législation
Aux conclusions judiciaires

À la doctrine

Explication

La doctrine regroupe les opinions, analyses et travaux publiés par les juristes, notamment les universitaires, les chercheurs et les spécialistes du droit. La jurisprudence désigne les décisions des juridictions, la législation les textes adoptés par le législateur, et les conclusions des avocats n’en sont qu’un vecteur possible.

62. Pourquoi les analyses d’un professeur de droit ne constituent-elles pas, à elles seules, une source formelle du droit ?

Parce que leurs auteurs ne peuvent pas commenter les décisions de justice
Parce que leurs auteurs ne peuvent pas imposer des règles juridiquement obligatoires
Parce que ces travaux doivent être adoptés par une juridiction pour être publiés
Parce que ces analyses ne peuvent pas éclairer les raisonnements juridiques

Parce que leurs auteurs ne peuvent pas imposer des règles juridiquement obligatoires

Explication

La doctrine n’est pas une source formelle parce que ses auteurs ne disposent pas du pouvoir d’imposer des règles juridiquement obligatoires. Cela n’empêche pas ses analyses d’influencer les raisonnements, et les juristes peuvent commenter les décisions sans que leurs travaux soient adoptés par un tribunal.

63. Dans un litige, un avocat cite l’analyse publiée d’un spécialiste afin d’éclairer le raisonnement juridique du juge. Quel rôle de la doctrine cette démarche illustre-t-elle ?

Elle impose au juge une règle juridiquement obligatoire
Elle peut éclairer les arguments et influencer les juridictions
Elle remplace le législateur dans l’adoption des textes
Elle transforme l’argument de l’avocat en jurisprudence

Elle peut éclairer les arguments et influencer les juridictions

Explication

Les analyses doctrinales peuvent éclairer les raisonnements juridiques et influencer les juridictions ; les avocats peuvent notamment les invoquer dans leurs arguments. Une référence doctrinale ne crée pas une règle obligatoire et ne remplace ni le législateur ni une décision juridictionnelle.

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Mémorisez les réponses avec 94 flashcards sur Introduction au droit civil.

Qu’est-ce que le droit objectif ?

L’ensemble des règles de conduite régissant les rapports sociaux et sanctionnées par l’autorité publique.

Qu’est-ce que le droit subjectif ?

Une prérogative reconnue à un sujet par le droit objectif.

Que permet le droit subjectif à son titulaire ?

Jouir d’une chose ou d’une valeur, ou exiger une prestation d’autrui.

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