QCM : Sources et application du droit (61 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle notion désigne l’ensemble des règles qui organisent la conduite humaine en société et les rapports sociaux ?

Le système juridique
Le droit subjectif
Le droit
Le droit positif

Le droit

Explication

Le droit désigne l’ensemble des règles qui régissent la conduite humaine en société et les rapports sociaux. Le droit positif se rapporte à un État et à un moment donnés, le droit subjectif désigne une prérogative individuelle, et le système juridique est un ensemble organisé de règles.

2. Pour déterminer les règles juridiques applicables dans un État à une date précise, quelle notion faut-il examiner ?

Le droit subjectif
L’institution juridique
Le droit objectif
Le droit positif

Le droit positif

Explication

Le droit positif correspond aux règles juridiques en vigueur dans un État à un moment donné. Le droit subjectif est une prérogative individuelle, le droit objectif désigne l’ensemble des règles de conduite sanctionnées par la puissance publique, et une institution juridique porte sur un ensemble particulier de relations sociales.

3. Une personne peut exiger une réparation après un préjudice, en vertu d’une prérogative reconnue et sanctionnée par les règles juridiques. De quelle notion s’agit-il ?

Du droit objectif
Du droit subjectif
Du fait juridique
Du droit positif

Du droit subjectif

Explication

Le droit subjectif est une prérogative individuelle reconnue et sanctionnée par le droit objectif, qui permet notamment d’exiger quelque chose. Le droit objectif désigne l’ensemble des règles, le droit positif leur état dans un pays et à une époque, et un fait juridique est un événement ou un agissement auquel la loi attache des effets.

4. Quelle notion désigne les règles de conduite socialement édictées, imposées aux membres de la société et sanctionnées par la puissance publique ?

Le fait juridique
Le droit positif
Le droit objectif
Le droit subjectif

Le droit objectif

Explication

Le droit objectif est l’ensemble des règles de conduite socialement édictées qui s’imposent aux membres de la société et sont sanctionnées par la puissance publique. Le droit subjectif est une prérogative individuelle, le droit positif situe les règles dans un État et un moment donnés, et le fait juridique est un événement ou un agissement.

5. Un juge français examine un litige international entre personnes privées et envisage d’appliquer une loi étrangère, qui ne contrevient pas à l’ordre public. Quelle branche du droit encadre cette situation ?

Le droit privé interne
Le droit public
Le droit international public
Le droit international privé

Le droit international privé

Explication

Le droit international privé règle les relations internationales entre personnes privées et peut conduire un juge français à appliquer une loi étrangère, sauf contrariété à l’ordre public. Le droit international public concerne notamment les rapports entre États, tandis que le droit privé interne porte sur des rapports privés sans cette dimension internationale.

6. Une association conclut un contrat avec un particulier au sujet d’une prestation. Quelle branche rassemble les règles applicables à ce rapport entre personnes privées ?

Le droit public
Le droit privé
Le droit international privé
Le droit international public

Le droit privé

Explication

Le droit privé rassemble les règles applicables aux rapports entre particuliers, qu’il s’agisse de personnes physiques ou morales. Le droit public régit notamment les rapports impliquant des personnes publiques, le droit international privé concerne les relations privées internationales et le droit international public porte sur les rapports entre personnes publiques.

7. Une administration prend une décision unilatérale concernant un particulier dans le cadre de sa mission d’intérêt général. Quelle branche du droit régit principalement cette relation ?

Le droit public
Le droit international privé
Le droit privé
Le droit international public

Le droit public

Explication

Le droit public régit les personnes publiques et leurs rapports avec les personnes privées, dans une logique d’intérêt général et avec les pouvoirs unilatéraux de l’administration. Le droit privé vise les rapports entre particuliers, le droit international privé les relations privées internationales et le droit international public les rapports entre personnes publiques à l’échelle internationale.

8. Une municipalité adopte des règles de circulation pour coordonner les déplacements, fixe des obligations pour les usagers, encourage des comportements prudents et affirme la priorité donnée à la sécurité. Quelles fonctions de la règle de droit ces mesures illustrent-elles ?

Organiser les rapports privés, sanctionner les infractions, protéger les droits et régler les litiges
Imposer des sanctions, exprimer des valeurs, protéger les institutions et remplacer la morale
Proposer des modèles, régler les conflits, garantir les libertés et déterminer les compétences
Organiser la vie sociale, imposer des règles, proposer des modèles et exprimer des valeurs

Organiser la vie sociale, imposer des règles, proposer des modèles et exprimer des valeurs

Explication

La règle de droit remplit quatre fonctions sociales : organiser la vie en société, imposer des règles, proposer des modèles de conduite et exprimer les valeurs collectives. Les autres réponses substituent à ces fonctions des objectifs juridiques voisins, comme le règlement des litiges ou la sanction.

9. Deux personnes concluent une convention qui écarte une loi protégeant l’ordre public et les bonnes mœurs. Quel principe s’applique à cette convention ?

La convention écarte la loi si elle prévoit une indemnité
La convention écarte la loi si les deux parties y consentent
La convention écarte la loi si elle est conclue par écrit
La convention ne peut écarter cette loi

La convention ne peut écarter cette loi

Explication

L’article 6 du Code civil interdit aux particuliers de déroger par convention aux lois intéressant l’ordre public et les bonnes mœurs. Le consentement mutuel ou la forme écrite ne rend pas possible une dérogation à une telle loi.

10. Quelle caractéristique fait partie de la définition de la règle de droit ?

Une sanction décidée par la conscience individuelle
Une sanction assurée par l’autorité publique
Une recommandation dépourvue de caractère obligatoire
Une application limitée aux personnes qui y consentent

Une sanction assurée par l’autorité publique

Explication

La règle de droit est une règle de conduite dans les rapports sociaux, générale, abstraite et obligatoire, dont la sanction est assurée par l’autorité publique. La conscience morale ou le consentement individuel ne remplacent pas cette sanction étatique.

11. Une personne respecte une règle par crainte d’une sanction prononcée par l’État, alors qu’une autre suit une recommandation morale sans sanction étatique. Quel caractère distingue la règle de droit dans cette situation ?

Le caractère coercitif, lié à une obligation assortie d’une sanction étatique
Le caractère extérieur, lié à une règle produite par le groupe
Le caractère général, lié à une règle qui s’adresse à chacun
Le caractère habituel, lié à une pratique suivie dans la société

Le caractère coercitif, lié à une obligation assortie d’une sanction étatique

Explication

Le caractère coercitif, soit l’obligation assortie d’une sanction étatique, distingue la règle de droit des autres règles de conduite sociale. Le caractère général et l’origine collective peuvent aussi se retrouver dans d’autres normes sociales.

12. Une loi fixe la même règle pour toute personne placée dans une situation donnée, sans désigner de destinataire individuel. Quel caractère cette formulation illustre-t-elle ?

Le caractère extérieur de la règle
Le caractère coercitif de la règle
Le caractère général et impersonnel de la règle
Le caractère individuel de la décision

Le caractère général et impersonnel de la règle

Explication

Une règle générale et impersonnelle s’adresse à chacun et à personne en particulier, conformément au principe d’égalité devant la loi. La sanction étatique relève du caractère coercitif, tandis qu’une décision individuelle vise une personne déterminée.

13. Quelle division du droit romain distingue les personnes, les choses et les actions ?

Actiones, res, obligationes
Personae, res, actiones
Res, personae, obligationes
Personae, obligationes, actiones

Personae, res, actiones

Explication

La division romaine personae, res, actiones distingue les personnes, les choses et les actions. « Obligations » substitue une catégorie qui ne figure pas dans cette division.

14. Une étude compare les traditions juridiques du sud et du nord de la France au Moyen Âge. Quelle caractérisation correspond à l’ancien droit ?

Droit écrit d’influence germanique au sud et droit coutumier d’influence romaine au nord
Droit romain uniforme dans les deux régions dès le Moyen Âge
Droit coutumier d’influence germanique au sud et droit écrit d’influence romaine au nord
Droit écrit d’influence romaine au sud et droit coutumier d’influence germanique au nord

Droit écrit d’influence romaine au sud et droit coutumier d’influence germanique au nord

Explication

L’ancien droit se caractérise par la coexistence du droit écrit imprégné de droit romain au sud et du droit coutumier d’influence germanique au nord. L’inversion géographique confond les régions, tandis que l’influence germanique au sud attribue la mauvaise tradition.

15. Entre quelles bornes chronologiques s’étend le droit intermédiaire ?

De 1789 à la fin de la monarchie en 1792
Du Moyen Âge à la Révolution française
De la Révolution française à la promulgation du Code civil en 1804
Du 17 juin 1789 à la promulgation du Code civil en 1804

Du 17 juin 1789 à la promulgation du Code civil en 1804

Explication

Le droit intermédiaire commence le 17 juin 1789, date de naissance de l’Assemblée nationale, et se termine à la promulgation du Code civil en 1804. Commencer en 1789 sans retenir la date précise omet le point de départ défini; la fin de la monarchie et le Moyen Âge ne correspondent pas à ces bornes.

16. Qui a impulsé le Code civil pour unifier le droit français et consolider la Révolution ?

Napoléon Ier, avec l’aide de Portalis, Tronchet, Bigot de Préameneu et Maleville
Cambacérès, avec l’aide de Napoléon Ier, Portalis, Tronchet et Maleville
Portalis, avec l’aide de Napoléon Ier, Tronchet, Bigot de Préameneu et Maleville
Tronchet, avec l’aide de Napoléon Ier, Portalis, Bigot de Préameneu et Maleville

Napoléon Ier, avec l’aide de Portalis, Tronchet, Bigot de Préameneu et Maleville

Explication

Napoléon Ier a impulsé le Code civil pour unifier le droit français et consolider la Révolution, assisté de Portalis, Tronchet, Bigot de Préameneu et Maleville. Attribuer l’impulsion à Portalis ou Tronchet confond un collaborateur avec l’initiateur; Cambacérès est associé aux projets préparatoires.

17. Un acte civil organise le mariage et l’enregistrement de la naissance sans confier ces fonctions à l’Église. Quel apport du Code civil cette situation illustre-t-elle ?

La conservation des coutumes locales dans l’organisation de la propriété
La séparation du droit civil et de l’Église par la sécularisation du mariage et de l’état civil
L’autonomie de la volonté individuelle dans la conclusion des contrats
L’égalité successorale des enfants légitimes dans la transmission des biens

La séparation du droit civil et de l’Église par la sécularisation du mariage et de l’état civil

Explication

Le Code civil a séparé le droit civil de l’Église en sécularisant notamment le mariage et l’état civil. L’égalité successorale concerne les successions, tandis que l’autonomie de la volonté concerne les contrats; la conservation des coutumes n’est pas l’apport illustré ici.

18. Lors d’un partage successoral, les enfants légitimes reçoivent des parts égales. Quel principe du Code civil cette règle illustre-t-elle ?

L’individualisme, l’égalité et la liberté, notamment dans les successions
Le maintien des privilèges, notamment dans les successions
La sécularisation du droit civil, notamment pour l’état civil
L’autonomie de la volonté, notamment dans les contrats

L’individualisme, l’égalité et la liberté, notamment dans les successions

Explication

Le Code civil consacre l’individualisme, l’égalité et la liberté, notamment par l’égalité successorale entre enfants légitimes. L’autonomie de la volonté caractérise plus précisément les contrats, tandis que la sécularisation concerne notamment le mariage et l’état civil.

19. Un texte écrit fixant une règle juridique est adopté par une autorité autre que le Parlement. En quel sens peut-il être qualifié de loi ?

Au sens formel, car toute règle juridique vient du Parlement
Au sens formel, car toute règle écrite est une loi
Au sens matériel, car toute règle juridique est une coutume
Au sens matériel, car c’est une règle de droit écrite

Au sens matériel, car c’est une règle de droit écrite

Explication

Au sens matériel, la loi désigne toute règle de droit écrite, indépendamment de son auteur. La définition formelle exige une émanation du Parlement, tandis que la coutume n’est pas une règle écrite.

20. Une analyse distingue la Constitution, les règlements et la jurisprudence parmi les sources du droit. Quelle classification est correcte ?

Constitution et règlements sont directs ; jurisprudence est indirecte
Règlements et jurisprudence sont directs ; Constitution est indirecte
Constitution et jurisprudence sont directes ; règlements sont indirects
Constitution est indirecte ; règlements et jurisprudence sont directs

Constitution et règlements sont directs ; jurisprudence est indirecte

Explication

Les sources directes comprennent la Constitution, les lois et les règlements ; la jurisprudence fait partie des sources indirectes, avec la coutume et la doctrine. Classer la jurisprudence parmi les sources directes ou les règlements parmi les indirectes inverse cette distinction.

21. Quelle représentation de l’ordre juridique est associée à Kelsen ?

Une chronologie de règles classées par date d’adoption
Une pyramide de normes juridiques superposées
Une liste de sources juridiques de même niveau
Une séparation des normes selon les pouvoirs publics

Une pyramide de normes juridiques superposées

Explication

La hiérarchie associée à Kelsen représente l’ordre juridique comme une pyramide de normes superposées. Une liste de sources équivalentes efface leur hiérarchie, et une chronologie ne décrit pas leur rapport normatif.

22. Une loi est déjà entrée en vigueur et une partie à un procès souhaite en contester la constitutionnalité. Quel mécanisme correspond à cette situation ?

La saisine du Conseil constitutionnel par 60 députés avant promulgation
Le contrôle préalable d’un projet de loi par la juridiction saisie
Le contrôle a priori, avant la promulgation de la loi
La QPC, soulevée à l’occasion d’un litige

La QPC, soulevée à l’occasion d’un litige

Explication

La QPC permet de contester, au cours d’un litige, une disposition législative applicable qui satisfait aux conditions requises. Le contrôle a priori intervient avant la promulgation, ce qui constitue la confusion centrale dans cette situation.

23. Au cours d’un procès, une partie conteste une disposition législative applicable, non déjà déclarée conforme (sans changement de circonstances) et présentant un caractère sérieux. Quel mécanisme peut être utilisé ?

Un contrôle a priori fondé sur l’article 61-1 de la Constitution
Une QPC fondée sur l’article 61-1 de la Constitution
Un recours contre une règle réglementaire au titre de l’article 61-1
Une contestation d’une disposition déjà déclarée conforme sans changement

Une QPC fondée sur l’article 61-1 de la Constitution

Explication

L’article 61-1 prévoit la QPC pour contester à l’occasion d’un litige une disposition applicable, qui n’a pas déjà été déclarée conforme sauf changement de circonstances, et dont le caractère sérieux est établi. Le contrôle a priori concerne une loi avant sa promulgation, et non une disposition contestée dans un procès.

24. Laquelle de ces propositions réunit des éléments appartenant au bloc de constitutionnalité ?

La DDHC de 1789, le préambule de 1946, les règlements et la jurisprudence
La DDHC de 1789, le préambule de 1946, la Charte de 2004 et les PFRLR
Le préambule de 1946, la Charte de 2004, les lois ordinaires et la coutume
La DDHC de 1789, le préambule de 1958, la Charte de 2004 et les lois ordinaires

La DDHC de 1789, le préambule de 1946, la Charte de 2004 et les PFRLR

Explication

Le bloc de constitutionnalité comprend notamment la DDHC de 1789, le préambule de 1946, la Charte de l’environnement de 2004 et les PFRLR. Le préambule de 1958 sert de renvoi à ces textes, mais ne remplace pas celui de 1946 dans cette liste.

25. Un traité a été régulièrement ratifié et publié, et l’autre partie l’applique. Une loi interne incompatible est invoquée dans un litige : quelle règle de hiérarchie s’applique ?

La loi et le traité ont une autorité équivalente.
Le traité prévaut seulement si la loi est antérieure.
La loi interne prévaut sur le traité dans le litige.
Le traité prévaut sur la loi interne en vertu de l’article 55.

Le traité prévaut sur la loi interne en vertu de l’article 55.

Explication

L’article 55 donne aux traités régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés une autorité supérieure aux lois, sous réserve de réciprocité. Faire primer la loi inverse la hiérarchie, ignorer la réciprocité omet une condition, et distinguer les lois selon leur date contredit cette supériorité.

26. Une stipulation d’un traité est formulée de façon claire et précise, mais son application dépend d’une mesure ultérieure de l’État. Un particulier peut-il l’invoquer pour revendiquer directement un droit ?

Non, car un particulier ne peut invoquer aucun traité.
Oui, car toute stipulation conventionnelle crée un droit individuel.
Non, car la stipulation n’est pas inconditionnelle.
Oui, car sa formulation est claire et précise.

Non, car la stipulation n’est pas inconditionnelle.

Explication

Pour conférer un droit invocable à un individu, une stipulation doit être claire, précise et inconditionnelle ; la dépendance à une mesure ultérieure fait défaut à cette dernière exigence. La précision seule ne suffit pas, l’obligation de l’État ne vaut pas automatiquement droit individuel, et l’absence d’invocabilité n’exclut pas tous les traités.

27. Comment nomme-t-on l’examen par lequel un juge apprécie si une loi est conforme à une convention internationale ?

Le contrôle de conventionalité
L’interprétation conventionnelle
La vérification de réciprocité
Le contrôle de constitutionnalité

Le contrôle de conventionalité

Explication

Le contrôle de conventionalité consiste à apprécier la conformité d’une loi à une convention internationale. Le contrôle de constitutionnalité porte sur la Constitution, l’interprétation conventionnelle vise le sens du traité, et la réciprocité concerne son application par l’autre partie.

28. Quel arrêt de la Cour de cassation, rendu le 24 mai 1975, a admis que le juge judiciaire écarte une loi postérieure incompatible avec une convention internationale ?

L’arrêt Jacques Vabre
L’arrêt Nicolo
L’arrêt Fraisse
L’arrêt Sarran et Levacher

L’arrêt Jacques Vabre

Explication

Le 24 mai 1975, l’arrêt Jacques Vabre de la Cour de cassation a admis l’éviction d’une loi, même postérieure, incompatible avec une convention internationale. Nicolo relève du Conseil d’État en 1989, tandis que Fraisse et Sarran et Levacher concernent la primauté de la Constitution.

29. Quelle solution le Conseil d’État a-t-il retenue dans l’arrêt Sarran et Levacher de 1998 concernant l’article 55 et les dispositions constitutionnelles ?

L’article 55 ne rend pas les traités supérieurs aux dispositions constitutionnelles dans l’ordre interne.
L’article 55 confie à la CJUE le contrôle des dispositions constitutionnelles.
L’article 55 ne s’applique qu’aux lois antérieures aux traités.
L’article 55 rend les traités supérieurs aux dispositions constitutionnelles dans l’ordre interne.

L’article 55 ne rend pas les traités supérieurs aux dispositions constitutionnelles dans l’ordre interne.

Explication

Dans l’ordre interne, Sarran et Levacher juge que la supériorité prévue par l’article 55 ne s’applique pas aux dispositions constitutionnelles. Étendre cette supériorité à la Constitution confond la hiérarchie interne avec la position de la CJUE ; l’arrêt Fraisse a été rendu par la Cour de cassation.

30. Quelle juridiction a confirmé en 2000, dans l’arrêt Fraisse, que la Constitution ne peut être soumise à un contrôle de conventionalité ?

Le Conseil d’État
La Cour de cassation
La Cour de justice de l’Union européenne
La Cour européenne des droits de l’homme

La Cour de cassation

Explication

L’arrêt Fraisse de 2000 est une décision de la Cour de cassation qui confirme que la Constitution ne peut être soumise à un contrôle de conventionalité. Le Conseil d’État est associé à Sarran et Levacher, et Jacques Vabre est également un arrêt de la Cour de cassation, mais rendu en 1975 sur le contrôle d’une loi.

31. Dans un litige interne, un juge constate qu’un traité est incompatible avec une disposition constitutionnelle. Quelle conséquence découle de la position du juge français sur l’article 55 ?

Le traité prime la Constitution dès lors qu’il est régulièrement publié.
Le traité prime la Constitution si la loi interne lui est postérieure.
Le traité ne peut pas primer la Constitution sur le fondement de l’article 55.
Le traité et la Constitution ont la même autorité dans l’ordre interne.

Le traité ne peut pas primer la Constitution sur le fondement de l’article 55.

Explication

Pour le juge français, l’article 55 fonde la supériorité des conventions sur les lois, mais ne permet pas de faire primer un traité sur la Constitution. La publication ou la postériorité ne modifie pas cette limite, et l’égalité de rang ne correspond pas à la hiérarchie retenue.

32. Un traité international incompatible avec la Constitution doit être ratifié. Quelle démarche permet son intégration conformément à la hiérarchie interne des normes ?

Demander au juge de faire prévaloir le traité sur la Constitution.
Ratifier le traité puis écarter la disposition constitutionnelle.
Réviser la Constitution avant la ratification du traité.
Adopter une loi ordinaire après la ratification du traité.

Réviser la Constitution avant la ratification du traité.

Explication

La Constitution ne peut être inférieure à l’une de ses propres règles ; l’intégration d’une norme internationale incompatible exige donc une révision constitutionnelle, comme lors de la ratification du traité de Lisbonne. Une loi ordinaire ne remplace pas cette révision, et le juge français ne fait pas primer le traité sur la Constitution.

33. Un particulier saisit la Cour européenne des droits de l’homme et celle-ci constate une violation de la Convention par un État. Quelle suite peut en découler ?

Le particulier doit obtenir l’accord préalable de son État pour saisir la Cour.
La Cour constate la violation, mais ne peut accorder aucune réparation.
La Cour annule directement la loi nationale et remplace l’État dans son application.
L’État doit mettre fin à la violation et la Cour peut accorder une réparation.

L’État doit mettre fin à la violation et la Cour peut accorder une réparation.

Explication

Saisie par un État ou un particulier, la Cour constate les violations de la Convention ; l’État doit y mettre fin et la Cour peut accorder une réparation. L’annulation directe d’une loi nationale confond le rôle de la Cour avec celui d’une juridiction interne, tandis que l’exigence d’accord préalable et l’exclusion de toute réparation contredisent les modalités de saisine et de réparation.

34. Un étudiant classe la Convention européenne des droits de l’homme parmi les normes du droit de l’Union européenne. Quelle correction permet d’éviter cette confusion ?

La Convention relève de la Cour de justice de l’Union européenne.
La Convention relève du droit communautaire originaire de l’Union européenne.
La Convention relève du Conseil de l’Europe, distinct de l’Union européenne.
La Convention appartient à un ordre juridique commun à l’Union européenne et au Conseil de l’Europe.

La Convention relève du Conseil de l’Europe, distinct de l’Union européenne.

Explication

Le droit de l’Union européenne, aussi appelé droit communautaire dans le cours, ne doit pas être confondu avec le droit du Conseil de l’Europe, dont relève la Convention européenne des droits de l’homme. La rattacher au droit originaire ou à la Cour de justice confond les institutions et les sources de l’Union avec celles du Conseil de l’Europe.

35. Laquelle de ces listes rassemble des exemples de traités et d’actes appartenant au droit communautaire originaire ?

Le traité de Rome, les règlements, les directives, les décisions et les recommandations.
Le traité de Rome, le traité CECA, la Convention européenne des droits de l’homme et les directives.
Le traité de Rome, le traité CECA, l’Acte unique européen, les traités de Maastricht et de Lisbonne.
Le traité de Rome, le traité CECA, la Charte des droits fondamentaux et les décisions.

Le traité de Rome, le traité CECA, l’Acte unique européen, les traités de Maastricht et de Lisbonne.

Explication

Le droit communautaire originaire regroupe les traités fondateurs, notamment le traité de Rome, le traité CECA, l’Acte unique européen et les traités de Maastricht et de Lisbonne. Les règlements, directives et décisions sont des actes de droit dérivé ; la Convention européenne des droits de l’homme relève du Conseil de l’Europe.

36. Un acte de l’Union fixe un objectif et un délai de transposition, mais laisse à chaque État le choix des moyens. De quel type d’acte s’agit-il ?

Une recommandation.
Un règlement.
Une directive.
Une décision.

Une directive.

Explication

Une directive lie les États destinataires, fixe des buts et un délai de transposition, tout en leur laissant le choix des moyens. Le règlement est d’application directe, la décision vise des destinataires désignés et la recommandation n’est pas un acte obligatoire.

37. Dans un litige, une juridiction nationale constate qu’une règle interne contredit le droit communautaire. Quel principe découle de l’affaire Costa du 15 juillet 1964 ?

Le droit communautaire prime le droit des États membres et s’impose à leurs juridictions.
Le droit national prime le droit communautaire dès qu’une juridiction interne l’applique.
La primauté du droit communautaire dépend de son incorporation dans chaque Constitution nationale.
Le droit communautaire oblige les États, mais ne s’impose pas à leurs juridictions.

Le droit communautaire prime le droit des États membres et s’impose à leurs juridictions.

Explication

L’affaire Costa affirme que le traité institue un ordre juridique propre, intégré aux systèmes des États membres et s’imposant à leurs juridictions ; le droit communautaire prime donc le droit des États membres. Faire primer le droit national inverse ce principe, tandis que l’idée d’une simple obligation diplomatique ou d’une incorporation constitutionnelle conditionnelle méconnaît cette intégration.

38. Quelle caractéristique explique que les conventions particulières ne puissent écarter une loi intéressant l’ordre public et les bonnes mœurs ?

Elle est une règle abstraite et temporaire, rattachée à la volonté des parties.
Elle est une décision individuelle, rattachée à l’article 6 du Code civil.
Elle est une règle abstraite et permanente, rattachée à l’article 6 du Code civil.
Elle est une règle facultative, rattachée aux conventions particulières.

Elle est une règle abstraite et permanente, rattachée à l’article 6 du Code civil.

Explication

La loi est une règle abstraite et permanente dont la force, pour les lois intéressant l’ordre public et les bonnes mœurs, est rattachée à l’article 6 du Code civil. La décision individuelle confond la loi avec un acte particulier, la volonté des parties ne fonde pas sa force et le caractère facultatif évoque plutôt une loi supplétive.

39. Une disposition constitutionnelle réserve une matière précise à une loi organique. Quelle procédure et quel contrôle s’appliquent à cette loi ?

Elle suit la procédure ordinaire, est supérieure à la loi ordinaire et est contrôlée après promulgation.
Elle suit une procédure particulière, est supérieure à la loi ordinaire et est contrôlée avant promulgation.
Elle suit la procédure ordinaire, est inférieure à la loi ordinaire et est contrôlée avant promulgation.
Elle suit une procédure particulière, est inférieure à la loi ordinaire et est contrôlée avant promulgation.

Elle suit une procédure particulière, est supérieure à la loi ordinaire et est contrôlée avant promulgation.

Explication

Une loi organique porte sur les matières limitativement prévues par la Constitution, suit une procédure particulière, est supérieure à la loi ordinaire et doit être soumise au Conseil constitutionnel avant sa promulgation. La procédure ordinaire confond les deux catégories, le contrôle après promulgation inverse le moment du contrôle et l’infériorité inverse leur hiérarchie.

40. Après l’examen successif d’un projet par l’Assemblée nationale et le Sénat, une commission mixte paritaire ne parvient pas à résoudre leur désaccord. Quelle suite est possible ?

Le Sénat peut statuer définitivement sans intervention du gouvernement.
La commission mixte paritaire peut promulguer elle-même le texte définitif.
Le gouvernement peut demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement.
Le projet est adopté dès que l’Assemblée nationale l’a voté en première lecture.

Le gouvernement peut demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement.

Explication

Après l’examen successif par les deux chambres et l’échec de la commission mixte paritaire, le gouvernement peut demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement. La commission propose un texte sans le promulguer, le Sénat n’a pas ce pouvoir définitif dans cette procédure et un vote initial de l’Assemblée ne suffit pas à adopter le texte.

41. Un projet porte sur les successions et les principes fondamentaux des obligations civiles et commerciales. Ces matières relèvent-elles du domaine de la loi défini par l’article 34 ?

Non, les obligations civiles et commerciales sont exclues du domaine de la loi.
Oui, mais seulement parce que l’énumération de l’article 34 est indicative.
Oui, ces matières figurent dans l’énumération limitative du domaine de la loi.
Non, les successions relèvent du domaine réglementaire.

Oui, ces matières figurent dans l’énumération limitative du domaine de la loi.

Explication

L’article 34 inclut les successions et les principes fondamentaux des obligations civiles et commerciales dans son énumération limitative du domaine de la loi. La qualifier d’indicative méconnaît son caractère limitatif, tandis que les deux autres réponses excluent à tort des matières qui y figurent.

42. Un texte est déposé par le Premier ministre, tandis qu’un autre est déposé par des membres du Parlement. Comment ces textes sont-ils qualifiés au regard de l’initiative des lois ?

Les deux sont des propositions de loi, car ils émanent d’initiateurs politiques.
Les deux sont des projets de loi, car ils sont déposés avant le vote.
Le premier est une proposition de loi et le second un projet de loi.
Le premier est un projet de loi et le second une proposition de loi.

Le premier est un projet de loi et le second une proposition de loi.

Explication

L’article 39 partage l’initiative entre le Premier ministre, qui présente les projets de loi, et les membres du Parlement, qui déposent les propositions de loi. Inverser ces termes confond leurs auteurs respectifs, et le droit d’amendement ne détermine pas la qualification du texte.

43. L’Assemblée nationale et le Sénat restent en désaccord après leurs examens d’un texte. La commission mixte paritaire échoue à proposer un accord. Quelle étape peut suivre ?

L’Assemblée nationale peut statuer sur la version définitive.
Le Sénat peut statuer seul sur la version définitive.
Le texte est abandonné dès que la commission mixte paritaire échoue.
La commission mixte paritaire peut imposer sa propre version définitive.

L’Assemblée nationale peut statuer sur la version définitive.

Explication

Après l’échec de la commission mixte paritaire, l’Assemblée nationale peut statuer sur la version définitive du texte. La commission a pour rôle de proposer un texte sur les points de désaccord, le Sénat ne reçoit pas cette attribution finale et l’échec de la commission n’interrompt pas nécessairement la procédure.

44. Le Parlement vient d’adopter une loi qui n’a pas encore été publiée. Quelle étape doit intervenir avant sa publication au Journal officiel ?

Sa promulgation par le Président de la République.
Sa promulgation par le Sénat.
Sa publication au Journal officiel par le Parlement.
Sa nouvelle délibération obligatoire par l’Assemblée nationale.

Sa promulgation par le Président de la République.

Explication

Après son adoption par le Parlement, la loi est promulguée par le Président de la République avant sa publication au Journal officiel. La publication ne précède donc pas la promulgation, le Parlement adopte la loi sans la promulguer, et une nouvelle délibération n’est pas une étape obligatoire.

45. Quel acte rend une loi accessible aux citoyens en la portant à leur connaissance ?

Son adoption par le Parlement
Sa promulgation par le président
Son insertion au Journal officiel
Son entrée en vigueur à Paris

Son insertion au Journal officiel

Explication

La publication résulte de l’insertion de la loi au Journal officiel et sert à la porter à la connaissance des citoyens. Le vote concerne son adoption, la promulgation est un acte distinct, et l’entrée en vigueur intervient selon des règles de délai.

46. Un Journal officiel arrive un mardi au chef-lieu d’une circonscription. En règle générale, à quel moment la loi devient-elle obligatoire dans cet arrondissement ?

Un jour franc après sa publication
Dès l’arrivée du Journal officiel
Un jour franc après sa promulgation
Un jour franc après cette arrivée

Un jour franc après cette arrivée

Explication

Dans un arrondissement, le délai d’un jour franc court à partir de l’arrivée du Journal officiel au chef-lieu de circonscription. Le délai parisien part de la publication, tandis que l’arrivée elle-même ne rend pas immédiatement la loi obligatoire.

47. Tant qu’aucune cause de disparition n’est intervenue, quel est le statut d’une loi en vigueur ?

Elle devient opposable après une nouvelle publication
Elle reste en vigueur, mais cesse d’être opposable
Elle demeure en vigueur et opposable à tous
Elle cesse de produire effet après son adoption

Elle demeure en vigueur et opposable à tous

Explication

Une loi demeure en vigueur et opposable à tous jusqu’à son abrogation, son annulation ou l’arrivée de son terme. La connaissance effective de la loi par chacun n’est pas une condition de son opposabilité.

48. Une loi nouvelle ne contient aucune disposition supprimant expressément un texte antérieur, mais ses règles sont incompatibles avec celles de ce texte. Comment caractériser la disparition des règles anciennes ?

Comme une absence d’abrogation
Comme une annulation rétroactive
Comme une abrogation expresse
Comme une abrogation tacite

Comme une abrogation tacite

Explication

L’abrogation tacite résulte de l’incompatibilité entre la loi ancienne et un texte nouveau. Une abrogation expresse suppose une disposition spéciale, tandis que l’annulation se distingue par son caractère rétroactif.

49. Que fixe l’article 2 du Code civil au sujet de la loi dans le temps, et quelle limite présente-t-il pour résoudre les conflits entre lois successives ?

La loi vaut pour l’avenir sans fournir les critères de conflit
La loi pénale nouvelle s’applique toujours aux faits passés
La loi vaut pour l’avenir et règle tous les conflits
La loi rétroagit et fournit les critères de conflit

La loi vaut pour l’avenir sans fournir les critères de conflit

Explication

L’article 2 énonce que la loi ne dispose que pour l’avenir et n’a pas d’effet rétroactif, mais il ne précise pas les critères de résolution des conflits entre lois successives. L’interdiction pénale de punir sur le fondement d’une loi postérieure au délit relève d’une autre règle.

50. Une nouvelle loi entre en vigueur alors qu’un contrat constitué sous la loi ancienne produit encore des effets. Selon la théorie moderne de l’effet immédiat, que régit la loi nouvelle ?

Les conditions initiales et les effets passés du contrat
Les effets futurs et les effets déjà produits du contrat
Les effets déjà produits, sans régir les effets futurs
Les effets futurs, sans remettre en cause ceux déjà produits

Les effets futurs, sans remettre en cause ceux déjà produits

Explication

Selon l’effet immédiat, la loi nouvelle régit les effets futurs des situations juridiques en cours, sans remettre en cause les effets déjà produits. Appliquer la loi nouvelle aux effets passés reviendrait à lui donner un effet rétroactif.

51. Une personne est poursuivie pour un acte commis avant l’adoption d’une loi qui le rend punissable. Quelle règle constitutionnelle s’oppose à sa condamnation sur ce fondement ?

L’article 8 de la DDHC interdit cette peine
L’article 112-1 du Code pénal impose cette peine
La théorie des droits acquis impose cette peine
L’article 2 du Code civil autorise cette peine

L’article 8 de la DDHC interdit cette peine

Explication

L’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, de valeur constitutionnelle, interdit de punir une personne sur le fondement d’une loi établie après le délit. La règle de la loi pénale plus douce concerne au contraire une loi nouvelle favorable sous certaines conditions.

52. Une loi pénale nouvelle moins sévère entre en vigueur avant que la condamnation d’une personne pour une infraction antérieure soit passée en force de chose jugée. Quelle loi s’applique ?

La loi ancienne, parce que l’infraction est antérieure
La loi nouvelle moins sévère
La loi nouvelle, même si elle est plus sévère
La loi ancienne, parce qu’une condamnation a été prononcée

La loi nouvelle moins sévère

Explication

Selon l’article 112-1 du Code pénal, la loi pénale nouvelle moins sévère s’applique aux infractions antérieures si elles n’ont pas donné lieu à une condamnation passée en force de chose jugée. Le fait qu’une condamnation ait été prononcée ne suffit donc pas à écarter cette règle.

53. Une personne vivant en Alsace-Moselle invoque une règle locale héritée de la période d’intégration à l’Allemagne après 1871. Quel principe territorial s’applique à cette situation ?

Les règles locales d’Alsace-Moselle ne peuvent concerner que les étrangers
Le droit français est écarté en Alsace-Moselle au profit du droit allemand
Le droit français s’applique en principe, avec le maintien de certaines règles locales en Alsace-Moselle
Le droit applicable dépend d’une publication locale de chaque loi française

Le droit français s’applique en principe, avec le maintien de certaines règles locales en Alsace-Moselle

Explication

Les lois françaises s’appliquent en principe sur l’ensemble du territoire, mais certaines règles locales héritées de la période postérieure à 1871 subsistent en Alsace-Moselle. Écarter globalement le droit français confond maintien de règles particulières et remplacement du droit national ; la publication locale et la situation des étrangers renvoient à d’autres règles.

54. Un Français accomplit un acte à l’étranger et un litige lié à cet acte est porté devant un juge français. Quel principe peut déterminer la loi applicable ?

Un acte accompli à l’étranger échappe à toute loi nationale
La règle de conflit de lois peut conduire à appliquer une loi étrangère
La nationalité française impose l’application de la loi française
La compétence du juge français rend applicable le droit français

La règle de conflit de lois peut conduire à appliquer une loi étrangère

Explication

La règle de conflit de lois peut conduire le juge français à appliquer une loi étrangère, notamment pour un acte accompli à l’étranger par un Français. La nationalité ou la compétence du juge ne désignent pas à elles seules la loi applicable, et un acte n’est pas dépourvu de loi.

55. Un immeuble situé en France appartient à un Français qui réside à l’étranger. Quelle loi régit cet immeuble selon l’article 3 du Code civil ?

La loi française, en raison de la situation de l’immeuble en France
La loi du pays de résidence du propriétaire, en raison de son domicile
La loi du pays où le propriétaire a acquis sa capacité juridique
La loi étrangère choisie par le propriétaire, en raison de sa nationalité

La loi française, en raison de la situation de l’immeuble en France

Explication

L’article 3 du Code civil soumet les immeubles situés en France à la loi française. La loi du domicile ne remplace pas cette règle territoriale, tandis que la capacité des Français relève d’une règle distincte.

56. Le pouvoir exécutif adopte une règle dans un domaine que l’article 37 de la Constitution réserve au pouvoir réglementaire, hors du domaine de la loi. De quel type de règlement s’agit-il ?

Un règlement autonome
Une loi ordinaire
Un arrêté individuel
Un règlement d’application

Un règlement autonome

Explication

Un règlement autonome est pris par le pouvoir exécutif dans le domaine réglementaire défini par l’article 37, qui échappe à la compétence de la loi. Un règlement d’application met en œuvre une loi existante ; une loi ordinaire relève du Parlement.

57. Une loi fixe des principes généraux, puis un texte exécutif en précise les modalités de mise en œuvre. Comment qualifier ce texte ?

Une loi ordinaire
Un recours pour excès de pouvoir
Un règlement d’application
Un règlement autonome

Un règlement d’application

Explication

Le règlement d’application met en œuvre les principes généraux définis par la loi et en précise les modalités. Le règlement autonome intervient hors du domaine de la loi ; le recours pour excès de pouvoir est une voie de contestation, non un texte réglementaire.

58. Un règlement pris pour mettre en œuvre une loi prévoit une mesure qui contredit directement l’une de ses dispositions. Quelle conséquence découle de la hiérarchie entre ces normes ?

Les deux normes ont la même valeur et peuvent s’appliquer ensemble
La disposition réglementaire contraire ne peut être maintenue face à la loi
La loi doit être écartée parce que le règlement est plus récent
Le règlement prévaut dès lors qu’il précise les modalités d’application

La disposition réglementaire contraire ne peut être maintenue face à la loi

Explication

Les règlements d’application sont subordonnés à la loi et ne peuvent contenir de dispositions qui lui sont contraires. La date du règlement ne renverse pas cette hiérarchie, et préciser les modalités ne l’autorise pas à contredire la loi.

59. Deux mois après la publication d’un acte administratif, une personne cherche encore à en contester l’application à son litige, sans en demander l’annulation. Quelle voie correspond à cette démarche ?

Le recours pour excès de pouvoir, qui rend l’acte inopposable sans l’annuler
Le recours pour excès de pouvoir, qui peut annuler l’acte sans délai
L’exception d’illégalité, qui peut rendre l’acte inopposable sans l’annuler
L’exception d’illégalité, qui annule l’acte après un délai de deux mois

L’exception d’illégalité, qui peut rendre l’acte inopposable sans l’annuler

Explication

L’exception d’illégalité n’est soumise à aucun délai et peut rendre l’acte inopposable dans le litige sans le faire disparaître. Le recours pour excès de pouvoir doit être formé dans les deux mois de la publication et peut conduire à l’annulation de l’acte.

60. Quels traités relatifs aux droits de l’homme, adoptés par l’ONU en 1966 et auxquels la France a adhéré en 1980, peuvent être invoqués par les particuliers ?

La Convention internationale des droits de l’enfant et les Pactes relatifs aux droits sociaux
Les Pactes relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels et aux droits civils et politiques
La Convention européenne des droits de l’homme et la Convention internationale des droits de l’enfant
La Convention européenne des droits de l’homme et les Pactes relatifs aux droits politiques

Les Pactes relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels et aux droits civils et politiques

Explication

Les deux Pactes ont été adoptés par l’ONU en 1966, la France y a adhéré en 1980 et les particuliers peuvent les invoquer. La Convention européenne et la Convention des droits de l’enfant sont d’autres instruments, tandis que l’invocation par les particuliers est bien reconnue pour ces Pactes.

61. Un particulier invoque devant un juge français une stipulation de la Convention internationale des droits de l’enfant de New York de 1989 reconnue d’effet direct. Quelle réponse correspond à la règle applicable depuis 2005 ?

Il peut invoquer cette stipulation d’effet direct, comme l’admet la Cour de cassation depuis 2005
Il peut invoquer toute stipulation, car chacune produit automatiquement un effet direct
Il doit saisir une juridiction internationale, car les juges français écartent la Convention
Il ne peut invoquer aucune stipulation, car la Convention ne lie que les États signataires

Il peut invoquer cette stipulation d’effet direct, comme l’admet la Cour de cassation depuis 2005

Explication

Les stipulations de la Convention reconnues d’effet direct peuvent être invoquées par les particuliers, et la Cour de cassation l’admet depuis 2005. Dire qu’aucune stipulation n’est invocable reprend l’ancienne position, tandis que l’effet direct n’est pas automatique pour l’ensemble de la Convention.

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Qu’est-ce que le droit ?

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