QCM : Droit constitutionnel et souveraineté (44 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans la pensée grecque de Platon et d’Aristote, que désigne la politeia ?

La séparation des pouvoirs destinée à prévenir l’arbitraire politique
L’organisation politique de la cité et le fonctionnement de ses institutions
La norme juridique supérieure qui limite les gouvernants et protège les libertés
Le contrôle juridictionnel permettant d’écarter les lois contraires à la Constitution

L’organisation politique de la cité et le fonctionnement de ses institutions

Explication

La politeia décrit l’organisation politique de la cité et le fonctionnement de ses institutions. La norme supérieure, le contrôle du juge et la séparation des pouvoirs renvoient à des conceptions modernes de la Constitution.

2. Quel auteur, dans De l’Esprit des lois, XI, 6, associe la Constitution à la liberté politique et à une organisation du pouvoir empêchant sa concentration ?

Platon
Aristote
Montesquieu
Sieyès

Montesquieu

Explication

Montesquieu lie la Constitution à la liberté politique et défend une organisation du pouvoir qui prévient sa concentration et l’arbitraire. Sieyès est associé au pouvoir constituant, tandis que Platon et Aristote sont liés à la politeia grecque.

3. Une société reconnaît des droits, mais ne garantit pas leur respect et n’organise aucune séparation des pouvoirs. Quelle conclusion découle de l’article 16 de la DDHC ?

Elle n’a pas de Constitution au sens de l’article 16
Elle a une Constitution dès lors que les pouvoirs sont séparés
Elle a une Constitution dès lors que ses institutions sont décrites
Elle a une Constitution dès lors que des droits sont proclamés

Elle n’a pas de Constitution au sens de l’article 16

Explication

L’article 16 exige à la fois une garantie des droits et une séparation des pouvoirs pour qu’une société ait une Constitution. La proclamation de droits ne vaut pas garantie, et la séparation seule ne satisfait pas les deux exigences.

4. Une assemblée reçoit ses compétences d’une Constitution et doit s’y conformer. Dans la distinction de Sieyès, quel est son statut ?

Un pouvoir constituant, créateur de la Constitution et de ses limites
Un pouvoir de contrôle, chargé d’écarter les lois inconstitutionnelles
Un pouvoir constitué, créé par la Constitution et soumis à elle
Une autorité souveraine, indépendante des compétences constitutionnelles

Un pouvoir constitué, créé par la Constitution et soumis à elle

Explication

Les pouvoirs constitués sont créés par la Constitution, tiennent leurs compétences d’elle et lui sont soumis. Le pouvoir constituant est celui qui crée la Constitution; le contrôle des lois relève d’une fonction distincte.

5. Dans un pays où des intérêts politiques opposés provoquent des conflits, quel rôle le droit constitutionnel remplit-il à l’égard du pouvoir politique ?

Encadrer et organiser le pouvoir tout en contribuant à pacifier les conflits
Supprimer les désaccords en imposant une décision politique uniforme
Attribuer des compétences aux gouvernants sans encadrer leurs conflits
Décrire les conflits politiques sans organiser l’exercice du pouvoir

Encadrer et organiser le pouvoir tout en contribuant à pacifier les conflits

Explication

Le pouvoir politique est vivant, évolutif et conflictuel; le droit constitutionnel l’encadre et l’organise, contribuant ainsi à pacifier les conflits. Le décrire sans l’organiser ou prétendre supprimer les désaccords ne correspond pas à cette fonction.

6. La Constitution ne confère pas expressément au président un pouvoir général de gouverner, mais celui-ci exerce une forte influence politique. Comment caractériser cet écart ?

Un écart entre le droit positif et la pratique politique
Une modification formelle des règles constitutionnelles en vigueur
Un écart entre la limitation constitutionnelle et la séparation des pouvoirs
Un écart entre le pouvoir constituant et les pouvoirs constitués

Un écart entre le droit positif et la pratique politique

Explication

Le droit positif désigne les règles en vigueur, tandis que la pratique politique correspond à l’exercice réel du pouvoir et peut s’en écarter. La situation décrite ne montre pas, à elle seule, une modification formelle des règles.

7. Une Constitution encadre les gouvernants et attribue au président la compétence de dissoudre l’Assemblée. Quelles fonctions constitutionnelles ces deux aspects illustrent-ils ?

Créer le pouvoir constituant et soumettre les institutions à la loi
Garantir les droits et décrire l’exercice réel du pouvoir politique
Organiser la pratique politique et supprimer les conflits entre gouvernants
Limiter le pouvoir et permettre son exercice par l’attribution de compétences

Limiter le pouvoir et permettre son exercice par l’attribution de compétences

Explication

La Constitution a une double fonction : elle limite le pouvoir en encadrant les gouvernants et permet son exercice en attribuant des compétences, comme le pouvoir de dissolution. La garantie des droits et la pratique politique ne décrivent pas cette double fonction.

8. Dans un royaume où plusieurs seigneurs imposent leurs règles sur des territoires distincts sans autorité politique commune, quelle caractéristique de l’ordre féodal cette situation illustre-t-elle ?

L’unité politique placée sous une autorité étatique commune
Le morcellement du pouvoir entre seigneurs et territoires
La coexistence du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel
La subordination des pouvoirs intermédiaires à un souverain

Le morcellement du pouvoir entre seigneurs et territoires

Explication

L’ordre féodal se caractérise par plusieurs seigneurs exerçant leur pouvoir sur des territoires distincts, sans unité politique. L’unité politique correspond à l’État moderne, la coexistence des pouvoirs renvoie au conflit temporel et spirituel, et la subordination des pouvoirs intermédiaires à la souveraineté décrite par Bodin.

9. Dans la distinction entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel, à qui revient le pouvoir politique ?

À la noblesse, détentrice du pouvoir politique
Au monarque, détenteur du pouvoir politique
Au pape, détenteur du pouvoir politique
Aux organes religieux, détenteurs du pouvoir politique

Au monarque, détenteur du pouvoir politique

Explication

Le pouvoir temporel est politique et revient au monarque, tandis que le pouvoir spirituel est religieux et revient au pape. Attribuer le pouvoir politique au pape inverse la distinction, et la noblesse relève des pouvoirs intermédiaires, non de la définition du pouvoir temporel.

10. Dans la conception de Bodin, quelle relation doit exister entre le souverain et les pouvoirs intermédiaires, comme la noblesse ?

Les pouvoirs intermédiaires sont subordonnés au souverain
Le souverain est subordonné aux pouvoirs intermédiaires
Le souverain et les pouvoirs intermédiaires détiennent une autorité égale
Le souverain est subordonné au pape pour les décisions politiques

Les pouvoirs intermédiaires sont subordonnés au souverain

Explication

Pour Bodin, la souveraineté est un pouvoir qui n’est soumis à aucun autre, et les pouvoirs intermédiaires lui sont subordonnés. Faire du souverain un subordonné ou un égal des pouvoirs intermédiaires contredit cette hiérarchie ; la supériorité du pape confond pouvoir spirituel et souveraineté politique.

11. Un roi meurt, mais l’État et son autorité politique continuent d’exister sous son successeur. Quel principe de Bodin cette situation illustre-t-elle ?

La souveraineté se partage entre les seigneurs après la mort du roi
La souveraineté est une puissance perpétuelle, distincte de la personne du roi
La souveraineté s’éteint avec le roi et renaît sous son successeur
La souveraineté se définit par le monopole du droit et la loi

La souveraineté est une puissance perpétuelle, distincte de la personne du roi

Explication

La souveraineté est perpétuelle : l’État ne disparaît pas avec la mort du roi, ce qui distingue le pouvoir de la personne qui le détient. L’extinction avec le roi confond pouvoir et titulaire, le monopole du droit désigne un autre aspect de la souveraineté, et le partage entre seigneurs évoque le morcellement féodal.

12. Après une réforme, plusieurs organes exercent des fonctions étatiques au nom du souverain. Quel principe décrit correctement cette organisation ?

Les organes deviennent les titulaires indépendants de la souveraineté
La souveraineté et son exercice restent concentrés dans un organe
La souveraineté est divisée entre les organes qui l’exercent
La souveraineté reste indivisible, mais son exercice est réparti

La souveraineté reste indivisible, mais son exercice est réparti

Explication

Après la Révolution, l’exercice de la souveraineté peut être réparti entre plusieurs organes agissant au nom du souverain, tandis que la souveraineté elle-même reste indivisible. La répartir ne signifie donc pas la diviser, la concentrer dans un organe unique, ni transférer son titre aux organes.

13. Dans la conception révolutionnaire de la souveraineté, à quelle entité est attribué le titre de souverain plutôt qu’à une personne unique ?

À une entité abstraite, la Nation ou le peuple
À la noblesse, en tant qu’ensemble de pouvoirs intermédiaires
À un organe exécutif chargé d’exercer le pouvoir
Au roi, en tant que personne qui détient le titre souverain

À une entité abstraite, la Nation ou le peuple

Explication

La souveraineté est attribuée à une entité abstraite, la Nation ou le peuple, plutôt qu’à une personne unique. Le roi peut exercer une fonction exécutive, un organe participe à l’exercice du pouvoir, et la noblesse représente des pouvoirs intermédiaires.

14. Des gouvernants affirment exercer leur pouvoir au nom des gouvernés. D’après la souveraineté populaire, quel rapport de légitimité en découle ?

Les gouvernants tirent leur légitimité du peuple et lui sont subordonnés
Le roi tire sa légitimité personnelle du peuple et détient la souveraineté
Les gouvernés tirent leur légitimité des gouvernants et leur sont subordonnés
Les gouvernants tirent leur légitimité de leur indépendance à l’égard du peuple

Les gouvernants tirent leur légitimité du peuple et lui sont subordonnés

Explication

La souveraineté populaire fonde la légitimité du pouvoir : les gouvernants agissent au nom des gouvernés et leur sont subordonnés. Inverser cette subordination, attribuer la souveraineté personnelle au roi ou rendre les gouvernants indépendants du peuple contredit ce principe.

15. Un État applique ses règles à une personne étrangère présente dans ses frontières et à une collectivité située dans une subdivision nationale. Quel principe permet cette application ?

La souveraineté fondée sur la nationalité des personnes concernées
La souveraineté exercée sur les seuls citoyens de l’État
La souveraineté exercée sur le territoire national sans ses subdivisions
La souveraineté territoriale sur les personnes présentes et les subdivisions

La souveraineté territoriale sur les personnes présentes et les subdivisions

Explication

La souveraineté territoriale s’exerce dans les frontières de l’État sur les personnes présentes, y compris les étrangers, et sur les subdivisions du territoire. La nationalité confond territoire et appartenance civique, la limitation aux citoyens exclut les étrangers présents et l’exclusion des subdivisions méconnaît l’étendue territoriale du pouvoir.

16. Des citoyens participent à une élection, puis sont soumis à la loi adoptée par les institutions. Quelle caractéristique de la souveraineté cette situation illustre-t-elle ?

Les citoyens exercent seuls la souveraineté après l’élection
Les citoyens votants bénéficient d’un régime légal distinct
Les citoyens cessent d’être soumis à la souveraineté après leur vote
Les citoyens participent à la volonté de l’État et restent soumis à la même loi

Les citoyens participent à la volonté de l’État et restent soumis à la même loi

Explication

Les gouvernés participent à la volonté de l’État par le vote, tout en restant soumis à la souveraineté et à la même loi que les autres citoyens. L’exercice exclusif par les électeurs confond participation et exercice institutionnel, tandis que l’immunité après le vote et le régime légal distinct contredisent l’égalité devant la loi.

17. Une personne possède un terrain et prétend que son droit de propriété la soustrait aux règles de l’État. Quelle distinction permet de réfuter cette prétention ?

Le propriétaire exerce une souveraineté propre dans les limites de son terrain
L’imperium retire au propriétaire son droit de propriété sur le terrain
Le dominium concerne la propriété, mais le propriétaire reste soumis à l’imperium de l’État
Le dominium donne au propriétaire le commandement politique sur son terrain

Le dominium concerne la propriété, mais le propriétaire reste soumis à l’imperium de l’État

Explication

Le dominium est le droit de propriété, alors que l’imperium désigne le pouvoir de commandement politique de l’État, auquel le propriétaire reste soumis. Assimiler propriété et commandement confond les deux notions, la soumission à la loi n’implique pas la perte du bien, et la propriété ne crée pas une souveraineté territoriale privée.

18. Dans une constitution, le peuple est désigné comme titulaire de la souveraineté et des institutions sont chargées de l’exercer. Quelle relation cette répartition exprime-t-elle ?

Le peuple et les institutions exercent séparément la souveraineté sans relation de confiance
Les gouvernants détiennent la souveraineté et le peuple en reçoit l’exercice
Le peuple détient la souveraineté et les institutions l’exercent dans une relation de confiance
Les institutions détiennent la souveraineté et le peuple l’exerce dans une relation de confiance

Le peuple détient la souveraineté et les institutions l’exercent dans une relation de confiance

Explication

Le peuple est le titulaire de la souveraineté, tandis que les institutions en assurent l’exercice au sein d’une relation de confiance entre gouvernants et gouvernés. Attribuer le titre aux institutions confond titularité et exercice, le confier aux gouvernants inverse la relation, et séparer les acteurs nie le lien de confiance.

19. Dans une région, une collectivité exerce des compétences propres avec autonomie ; dans une autre, un préfet agit au nom de l’État. Comment caractériser ces deux modes d’organisation ?

La première situation est fédérale et la seconde confédérale
La première situation est décentralisée et la seconde centralisée
La première situation est centralisée et la seconde décentralisée
La première situation est confédérale et la seconde fédérale

La première situation est décentralisée et la seconde centralisée

Explication

La décentralisation confie des compétences propres aux collectivités, qu’elles exercent de façon autonome ; l’État centralisé intervient localement par des intermédiaires comme le préfet. Inverser les deux notions confond autonomie et représentation, tandis que les catégories fédérale et confédérale concernent les relations entre États.

20. Une loi attribue des compétences à une collectivité territoriale, puis le législateur décide de les réduire. Quelle conséquence institutionnelle faut-il en déduire ?

La modification des compétences transfère la souveraineté à la collectivité
La collectivité décide elle-même de modifier les compétences que l’État lui a attribuées
La collectivité peut conserver les compétences attribuées malgré leur retrait légal
L’État peut modifier les compétences attribuées sans remettre en cause sa souveraineté

L’État peut modifier les compétences attribuées sans remettre en cause sa souveraineté

Explication

Les compétences des collectivités décentralisées sont attribuées par l’État, généralement par la loi, et peuvent être modifiées, reprises ou supprimées sans remettre en cause la souveraineté. Les tenir pour irrévocables oublie le pouvoir de l’État, leur modification ne transfère pas la souveraineté, et leur attribution ne donne pas à la collectivité le pouvoir d’en décider seule.

21. Dans une organisation, des entités membres gardent leur souveraineté ; dans une autre, des États fédérés conservent une existence propre au sein d’un État fédéral. Quelle distinction s’applique ?

La première organisation est centralisée et la seconde décentralisée
La première organisation est un État fédéral et la seconde une confédération
La première organisation est décentralisée et la seconde centralisée
La première organisation est une confédération et la seconde un État fédéral

La première organisation est une confédération et la seconde un État fédéral

Explication

Dans une confédération, les États membres restent souverains ; dans un État fédéral, les États fédérés gardent une existence propre au sein d’un ensemble fédéral. Inverser les deux structures attribue la souveraineté au mauvais niveau, tandis que la décentralisation et la centralisation décrivent l’organisation d’un État unitaire.

22. Une constitution garantit l’autonomie des États fédérés, leur participation aux décisions fédérales et une répartition des compétences entre niveaux de pouvoir. Quels principes caractérisent cette organisation ?

L’autonomie, la centralisation et la délégation administrative
L’autonomie, la participation et la répartition des compétences
La souveraineté séparée, la neutralité et l’uniformité des compétences
La participation consultative, la hiérarchie préfectorale et la délégation législative

L’autonomie, la participation et la répartition des compétences

Explication

Le fédéralisme associe l’autonomie constitutionnellement garantie des États fédérés, leur participation à la décision fédérale et la répartition des compétences entre niveaux de pouvoir. Le réduire à l’autonomie omet deux principes, la centralisation et la hiérarchie préfectorale relèvent d’autres formes d’organisation, et la souveraineté séparée ne correspond pas à la structure fédérale.

23. Dans une Constitution, quelle distinction oppose le pouvoir constituant aux pouvoirs constitués ?

Le premier et les seconds désignent les organes que la Constitution crée pour exercer le pouvoir
Le premier adopte la Constitution, les seconds sont les organes qu’elle crée et qui lui sont subordonnés
Le premier est un organe créé par la Constitution, les seconds adoptent celle-ci et lui sont supérieurs
Le premier modifie les lois ordinaires, les seconds adoptent la Constitution au nom de la Nation

Le premier adopte la Constitution, les seconds sont les organes qu’elle crée et qui lui sont subordonnés

Explication

Le pouvoir constituant, qui appartient à la Nation ou au peuple, adopte la Constitution ; les pouvoirs constitués sont créés par elle et lui sont subordonnés. Confondre l’auteur avec les organes inverse leur rôle, tandis que les autres réponses attribuent à tort l’adoption aux pouvoirs constitués.

24. Après une rupture politique, un peuple adopte une Constitution entièrement nouvelle ; de quel type de pouvoir constituant s’agit-il ?

D’un pouvoir constitué, qui exerce une compétence prévue par la Constitution
D’un pouvoir législatif, qui modifie les lois sous la Constitution
Du pouvoir constituant originaire, qui crée une nouvelle Constitution
Du pouvoir constituant dérivé, qui adapte une Constitution en vigueur

Du pouvoir constituant originaire, qui crée une nouvelle Constitution

Explication

Le pouvoir constituant originaire intervient pour créer une nouvelle Constitution, contrairement au pouvoir dérivé, qui modifie le texte en vigueur afin de l’adapter. La révision de lois ordinaires et l’exercice d’une compétence constituée ne correspondent pas à la création d’une nouvelle Constitution.

25. Dans un État, modifier la Constitution exige une procédure plus difficile que voter une loi ordinaire ; quelle notion décrit cette caractéristique ?

Le contrôle de constitutionnalité
La rigidité constitutionnelle
La souplesse constitutionnelle
La hiérarchie des normes

La rigidité constitutionnelle

Explication

La rigidité constitutionnelle se définit par une révision plus difficile que le vote d’une loi ordinaire. La hiérarchie des normes concerne le rang des règles, la souplesse renvoie à une révision moins contraignante, et le contrôle porte sur la conformité des actes à la Constitution.

26. Quel est l’objectif des procédures contraignantes de révision prévues par l’article 89 ?

Soumettre chaque révision à une décision préalable du Conseil constitutionnel
Permettre à un pouvoir constitué de réviser la Constitution comme une loi ordinaire
Donner aux pouvoirs constitués une autorité supérieure à la Constitution
Empêcher qu’un pouvoir constitué s’érige en pouvoir constituant

Empêcher qu’un pouvoir constitué s’érige en pouvoir constituant

Explication

Les procédures contraignantes de l’article 89 protègent la Constitution en empêchant un pouvoir constitué de s’arroger le pouvoir constituant. Traiter la révision comme une loi ordinaire ou placer les organes au-dessus de la Constitution contredit cette finalité ; une décision préalable du Conseil constitutionnel n’est pas l’objectif indiqué.

27. En 1962, la procédure de révision prévue à l’article 89 étant bloquée, quelle voie de Gaulle utilise-t-il pour faire adopter l’élection du Président au suffrage universel direct ?

Une loi ordinaire adoptée par les assemblées
Une décision préalable du Conseil constitutionnel
Une révision engagée selon l’article 89
Un référendum fondé sur l’article 11

Un référendum fondé sur l’article 11

Explication

De Gaulle recourt à l’article 11 pour soumettre la réforme au référendum, la voie de l’article 89 étant bloquée. L’article 89 désigne la procédure de révision encadrée, une loi ordinaire ne suffit pas à modifier la Constitution et le Conseil constitutionnel n’a pas adopté la réforme.

28. Après une révolution qui établit un nouveau régime, quelle distinction caractérise le pouvoir à l’origine de cette fondation et celui qui permet ensuite de réviser la Constitution ?

Le pouvoir fondateur appartient au Parlement, tandis que la révision relève du peuple sans procédure
Les deux pouvoirs sont des pouvoirs constitués établis par l’article 89
Le pouvoir fondateur est originaire, tandis que la révision est créée et encadrée par l’article 89
Le pouvoir fondateur est créé par l’article 89, tandis que la révision relève du fait révolutionnaire

Le pouvoir fondateur est originaire, tandis que la révision est créée et encadrée par l’article 89

Explication

Le pouvoir constituant originaire est un fait fondateur associé à un changement de régime ou à une révolution, tandis que le pouvoir de révision est institué et encadré par l’article 89. Inverser ces rôles confond l’origine du régime avec la procédure de révision, et le pouvoir législatif parlementaire ne définit pas le pouvoir originaire.

29. Une proposition de révision constitutionnelle prévoit de remplacer la République par une monarchie et est présentée conformément aux étapes de l’article 89. Quel obstacle constitutionnel s’applique ?

La révision peut aboutir dès lors que les étapes de l’article 89 sont respectées
La révision est interdite seulement si les deux assemblées refusent le texte
La révision devient admissible si un référendum approuve le changement
La révision ne peut porter atteinte à la forme républicaine du gouvernement

La révision ne peut porter atteinte à la forme républicaine du gouvernement

Explication

L’article 89 encadre la procédure de révision, mais la forme républicaine du gouvernement constitue une limite de fond qui ne peut être révisée. Le respect des étapes ou l’approbation par référendum ne lève pas cette limite, qui ne se réduit pas non plus à un refus des assemblées.

30. Sans modifier le texte constitutionnel, les acteurs en font évoluer l’application par une pratique nouvelle. De quel type de changement s’agit-il ?

Une modification textuelle adoptée par les assemblées
Un changement informel par l’interprétation et la pratique
Un changement formel suivant la procédure de révision
Une évolution sans changement constitutionnel

Un changement informel par l’interprétation et la pratique

Explication

Un changement informel résulte de l’interprétation et de la pratique sans révision du texte. Une révision formelle suit les procédures prévues et implique une modification constitutionnelle; l’absence de modification du texte n’empêche donc pas une évolution constitutionnelle.

31. Des acteurs institutionnels répètent une pratique et la reconnaissent comme une règle non écrite qu’ils s’accordent à respecter. Comment cette pratique est-elle qualifiée ?

Une pratique répétée sans accord reconnu
Une décision institutionnelle ponctuelle
Une règle constitutionnelle écrite
Une convention de la Constitution

Une convention de la Constitution

Explication

Une convention constitutionnelle est une pratique répétée qui devient une règle non écrite reconnue et respectée par les acteurs comme un accord entre eux. Une règle écrite relève du texte, tandis qu’une répétition sans reconnaissance commune ou une décision isolée ne répond pas à cette définition.

32. Quel juriste a théorisé les conventions et distingué, pour la Constitution britannique, la souveraineté du Parlement, la soumission des gouvernants au droit et l’existence de conventions ?

Montesquieu
John Locke
Dicey
Walter Bagehot

Dicey

Explication

Dicey théorise les conventions et distingue ces trois principes de la Constitution britannique. Bagehot est un autre penseur britannique, tandis que Locke et Montesquieu sont des philosophes politiques associés à d’autres théories.

33. Après une crise politique, un président laisse au Parlement le choix du chef du gouvernement et celui-ci reste en fonction tant qu’il conserve la confiance parlementaire. De quel type de régime parlementaire s’agit-il ?

Un régime présidentiel
Un régime parlementaire moniste
Un régime parlementaire dualiste
Un régime d’assemblée

Un régime parlementaire moniste

Explication

Dans un régime moniste, le gouvernement dépend de la confiance du Parlement, tandis que le Président s’efface. La confiance présidentielle caractérise le dualisme ; le régime présidentiel repose sur une autre organisation des pouvoirs ; le régime d’assemblée désigne une évolution où le Parlement fait et défait les gouvernements.

34. Quel engagement Jules Grévy prend-il dans son message aux assemblées en 1879 ?

Maintenir l’initiative présidentielle face aux assemblées
Réviser la Constitution afin d’accroître les pouvoirs présidentiels
Dissoudre la Chambre pour arbitrer les conflits politiques
Se soumettre à la volonté parlementaire sans réviser la Constitution

Se soumettre à la volonté parlementaire sans réviser la Constitution

Explication

Grévy annonce que le Président se soumettra à la volonté parlementaire, sans réviser le texte constitutionnel. L’idée d’une révision confond changement de pratique et modification du texte ; le maintien de l’initiative présidentielle inverse son engagement ; la dissolution correspond à une prérogative distincte.

35. Après 1879, un président renonce en pratique à dissoudre la Chambre et le Parlement acquiert une influence accrue sur la formation et la chute des gouvernements. Quelle évolution cette pratique illustre-t-elle ?

Une évolution vers un régime d’assemblée
Un retour au régime parlementaire dualiste
Une affirmation de l’autonomie présidentielle
Une révision constitutionnelle renforçant le Président

Une évolution vers un régime d’assemblée

Explication

La pratique Grévy entraîne l’abandon de la dissolution présidentielle, l’effacement du Président et le renforcement du Parlement, jusqu’à une évolution vers un régime d’assemblée. Le dualisme suppose une dépendance gouvernementale envers le Président ; la pratique ne procède pas d’une révision du texte ; l’autonomie présidentielle va à l’encontre de cet effacement.

36. Une nouvelle Constitution répartit les compétences entre les institutions et fixe des garanties pour les libertés des citoyens. Quelles fonctions remplit-elle dans cette situation ?

Attribuer des pouvoirs aux institutions sans garantir les droits et libertés
Déterminer les politiques publiques sans répartir les pouvoirs institutionnels
Organiser et encadrer les institutions, et protéger les droits et libertés
Protéger les libertés sans organiser les institutions gouvernantes

Organiser et encadrer les institutions, et protéger les droits et libertés

Explication

La Constitution organise les institutions gouvernantes, leur attribue des pouvoirs et les encadre ; elle peut aussi protéger les droits et libertés. La réduire à une seule de ces fonctions omet une partie de son rôle, tandis que la détermination des politiques publiques n’est pas la fonction décrite ici.

37. Dans un débat, une personne défend le droit du peuple à imposer une décision commune à tous, tandis qu’une autre veut préserver l’autonomie individuelle face aux décisions collectives. Comment caractériser ces deux conceptions de la liberté ?

La première est libérale, la seconde est démocratique chez Rousseau
La première est démocratique chez Rousseau, la seconde est libérale
Les deux relèvent de la liberté démocratique chez Rousseau
Les deux relèvent de la liberté libérale

La première est démocratique chez Rousseau, la seconde est libérale

Explication

Chez Rousseau, la liberté démocratique est collective et implique la décision commune ; la liberté libérale est individuelle et défensive, visant à préserver l’autonomie face aux décisions collectives. Inverser les deux conceptions attribue à chacune les caractéristiques de l’autre ; les deux autres réponses effacent cette distinction.

38. Dans une analyse institutionnelle, comment distinguer l’organe de la fonction qu’il exerce ?

L’organe est la règle de composition ; la fonction est l’institution qui agit.
L’organe est la compétence attribuée ; la fonction est la règle de composition.
L’organe est l’institution qui agit ; la fonction est l’activité exercée.
L’organe est l’activité exercée ; la fonction est l’institution qui agit.

L’organe est l’institution qui agit ; la fonction est l’activité exercée.

Explication

L’organe désigne l’institution qui agit, tandis que la fonction désigne l’activité de cette institution. Confondre l’institution avec son activité inverse les notions ; la composition et la compétence ne définissent pas cette distinction.

39. Un gouvernement met en œuvre une loi et mène des négociations diplomatiques avec un État voisin. À quelles fonctions ces deux actions correspondent-elles ?

À la fonction judiciaire, qui comprend l’application des lois et des missions régaliennes.
À la fonction législative, qui comprend l’application des lois et des missions régaliennes.
À la fonction législative, qui comprend la diplomatie et la conduite de la guerre.
À la fonction exécutive, qui comprend l’application des lois et des missions régaliennes.

À la fonction exécutive, qui comprend l’application des lois et des missions régaliennes.

Explication

La fonction exécutive comprend l’exécution des lois ainsi que des fonctions régaliennes, dont la diplomatie. La production des lois relève de la fonction législative, tandis que le pouvoir de juger concerne les litiges.

40. Dans un régime, un même organe exerce intégralement les fonctions législative et exécutive, mais pas la fonction judiciaire. Quelle règle de Montesquieu ce dispositif enfreint-il ?

Une même fonction doit être exercée conjointement par plusieurs organes.
Un même organe ne doit pas exercer intégralement plus d’une fonction de l’État.
Les fonctions législative et exécutive doivent être confiées à un seul organe.
Chaque fonction doit être confiée à un organe distinct, sans partage possible.

Un même organe ne doit pas exercer intégralement plus d’une fonction de l’État.

Explication

Selon Montesquieu, un même organe ne doit pas exercer intégralement plus d’une des trois fonctions de l’État. La séparation entre législatif et exécutif renvoie à Locke, et la répartition conjointe décrit la balance des pouvoirs.

41. Comment la balance des pouvoirs se distingue-t-elle de la séparation stricte dans l’organisation des fonctions de l’État ?

La balance partage plusieurs fonctions entre un organe ; la séparation stricte partage chaque fonction entre tous les organes.
La balance confie plusieurs fonctions à un organe ; la séparation stricte les répartit entre plusieurs organes.
La balance attribue chaque fonction à un organe distinct ; la séparation stricte partage une fonction entre plusieurs organes.
La balance partage une fonction entre plusieurs organes ; la séparation stricte attribue chaque fonction à un organe distinct.

La balance partage une fonction entre plusieurs organes ; la séparation stricte attribue chaque fonction à un organe distinct.

Explication

La balance des pouvoirs répartit conjointement une même fonction entre plusieurs organes, tandis que la séparation stricte associe théoriquement chaque fonction à un organe distinct. Inverser ces définitions confond les deux modèles ; le cumul des fonctions n’est pas la balance des pouvoirs.

42. Pourquoi la Constitution moderne prend-elle la forme d’une loi écrite fondamentale ?

Pour préserver les usages politiques en écartant la forme juridique
Pour organiser les institutions sans encadrer l’exercice du pouvoir
Pour consacrer le pouvoir de l’Assemblée et remplacer la conception politique
Pour limiter le pouvoir et compléter la conception politique de la Constitution

Pour limiter le pouvoir et compléter la conception politique de la Constitution

Explication

Conçue au XVIIIe siècle, la loi écrite fondamentale encadre le pouvoir et complète la conception politique de la Constitution. La consécration de l’Assemblée confond limitation et légitimation, l’organisation sans encadrement omet la fonction de limitation, et les usages coutumiers écartent à tort la forme écrite.

43. Un pays affirme que sa Constitution prime sur les lois, mais aucun mécanisme ne permet d’écarter une loi qui la contredit. Quelle conclusion s’impose quant à cette primauté ?

Elle ne peut être effective sans contrôle des lois contraires
Elle s’applique seulement lorsque les lois ordinaires sont antérieures
Elle dépend de l’approbation préalable de chaque loi par l’Assemblée
Elle est effective dès qu’elle figure dans le texte constitutionnel

Elle ne peut être effective sans contrôle des lois contraires

Explication

La primauté de la Constitution ne devient effective que si un contrôle permet d’écarter les lois qui lui sont contraires. La mention dans le texte confond principe et garantie, l’approbation de l’Assemblée n’est pas le contrôle requis, et l’antériorité de la loi ne conditionne pas cette primauté.

44. Depuis quelle année le monarque britannique n’a-t-il plus exercé son veto sur les lois du Parlement ?

Depuis 1703
Depuis 1708
Depuis 1738
Depuis 1713

Depuis 1708

Explication

La date retenue est 1708, année depuis laquelle le monarque britannique n’a plus exercé son veto sur les lois du Parlement. La date de 1713 provient d’une formulation divergente dans l’extrait, tandis que 1703 et 1738 ne correspondent pas à la date de l’unité.

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Que désigne la politeia chez Platon et Aristote ?

L’organisation politique de la cité et le fonctionnement de ses institutions.

Quel lien Montesquieu établit-il entre Constitution et liberté politique ?

La Constitution doit empêcher la concentration du pouvoir et l’arbitraire.

Selon l’article 16 de la DDHC de 1789, quand une société n’a-t-elle pas de Constitution ?

Lorsqu’elle ne garantit ni les droits ni la séparation des pouvoirs.

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