📋 Plan du Cours
- Origines du droit international de la santé
- Organisations gouvernementales et sources
- Relations officielles avec les ONG
- Définition et statut juridique des ONG
- Ressources et professionnalisation des ONG
- Protection contre les effets de l’hostilité
- Protection contre l’arbitraire de l’ennemie
- Protection des militaires blessés ou malades
- Prisonniers de guerre et garanties de traitement
- Droit au respect de la vie privée et ingérences
- Obligation de protéger la santé par les soins
- Consentement du patient et intégrité physique
📖 1. Origines du droit international de la santé
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit de la santé publique : Ensemble des mesures visant à prévenir, limiter ou éradiquer la propagation des maladies épidémiques.
- Droit humanitaire : Droit né avec l’objectif d’organiser l’assistance aux militaires blessés ou malades ainsi qu’aux civils.
- Quarantaine : Mesure d’isolement destinée à empêcher la diffusion d’une maladie, notamment lors de l’arrivée de voyageurs ou de marchandises.
- Hygiénisme : Courant qui relie la santé aux conditions de vie et pousse à agir sur l’environnement et les pratiques sociales pour prévenir les épidémies.
- Conférence sanitaire internationale : Réunion entre États visant à harmoniser des règles de prévention et de contrôle des épidémies à l’échelle internationale.
📝 Points essentiels
- Le droit international de la santé s’enracine dans deux sources majeures : la santé publique pour contenir les épidémies et le droit humanitaire pour organiser l’assistance aux personnes malades ou blessées.
- Avant l’ère des traitements, la prévention repose surtout sur la diffusion d’informations et sur des mesures de quarantaine pour limiter la propagation.
- À partir du XIXe siècle, des conférences se multiplient d’abord en Europe (notamment Paris), puis s’étendent avec la participation d’États américains, menant à l’Office international d’hygiène publique.
- Les cités italiennes développent des dispositifs sanitaires (praticiens, lazarets, réseaux d’information) et renforcent l’alerte en temps réel face aux épidémies.
- En France, l’annonce d’une épidémie passe d’une rumeur publique à une mobilisation de l’administration royale avec médecins, chirurgiens et magistrats, notamment via des échanges de courriers.
- Les billets de santé pour voyageurs, inspirés des patentes maritimes, se généralisent autour du XVIIIe et sont validés à chaque passage pour contrôler les déplacements.
💡 Astuce mémo
Quarantaine + information d’abord, puis conférences et institutions : « isoler, informer, harmoniser ».
📖 2. Organisations gouvernementales et sources
🔑 Notions clés & Définitions
- Organisation internationale d’hygiène publique : Organisation internationale créée à Paris en 1908 pour informer les États sur la santé publique et organiser une surveillance sanitaire internationale.
- Pouvoir de recommandation de l’OIHP : Pouvoir limité de l’OIHP consistant à formuler des avis, dont une partie est ensuite reprise dans des conventions sanitaires internationales.
- Quarantaine sanitaire : Mesure consistant à soumettre certaines maladies à des restrictions de circulation, afin de limiter la diffusion des foyers infectieux.
- Comité international de la Croix-Rouge : Institution genevoise créée en 1875 pour coordonner les comités nationaux et promouvoir des principes humanitaires dans le cadre du Mouvement.
- Mouvement international de la Croix Rouge et du Croissant-R… : Structure issue de la réaffirmation des principes fédérateurs en 1965, regroupant les sociétés nationales autour de valeurs communes.
📝 Points essentiels
- L’OIHP est établie officiellement à Paris en 1908 et regroupe jusqu’à 55 pays, avec un comité permanent composé de délégués des États membres.
- L’OIHP dispose d’un pouvoir de recommandation et ses enquêtes ont une vocation documentaire, mais plusieurs recommandations sont largement suivies et parfois intégrées à des conventions sanitaires.
- La mission principale de l’OIHP est d’informer les États sur les questions de santé publique, notamment choléra, peste et fièvre jaune, avec un rôle consultatif pour les conventions sanitaires internationales.
- En 1912, l’OIHP prépare la révision de la convention sanitaire internationale de 1903 en ajoutant la fièvre jaune parmi les maladies soumises à quarantaine.
- Les activités de l’OIHP sont suspendues avec la Première Guerre mondiale puis reprennent en 1919, avec une nouvelle approche centrée sur la protection sanitaire assurée par chaque État.
- Après la Première Guerre mondiale, l’OIHP élargit son champ d’action vers la vaccination et la médecine préventive, et renforce la surveillance internationale en contribuant à des conventions et en ajoutant typhus et var
💡 Astuce mémo
OIHP = Recommandations + Surveillance (choléra/peste/fièvre jaune) ; après 1919 : quarantaine → prévention (vaccination).
📖 3. Relations officielles avec les ONG
🔑 Notions clés & Définitions
- Croix-Rouge américaine : Organisation humanitaire qui met en place en France des structures d’assistance et développe des actions sanitaires et sociales, notamment pendant et après la Première Guerre mondiale.
- CICR : Comité international chargé de coordonner et d’organiser des secours en temps de conflit, puis de répondre à de nouveaux défis humanitaires comme les épidémies après la guerre.
- Fondation Rockefeller : Fondation qui rejoint la Croix-Rouge américaine pour mobiliser des ressources financières et techniques en faveur de la santé publique, dont la lutte contre la tuberculose.
- Société des Nations : Organisation créée en 1920 qui intègre le CICR et structure des efforts internationaux, notamment contre les épidémies, avec des commissions spécialisées.
- Ligue des sociétés de la Croix-Rouge : Organisation associée au mouvement de la Croix-Rouge pour coordonner l’action en temps de paix et orienter les sociétés nationales vers l’hygiène et la prévention.
📝 Points essentiels
- En 1917, la Croix-Rouge américaine installe en France des bureaux d’assistance avec des missions spécialisées (zone armée et réfugiés, enfants, tuberculose et santé publique, orphelins, familles nécessiteuses, mutilés).
- Dès 1918, ces bureaux prennent contact avec des chefs de service hospitalier à Paris et en province pour organiser concrètement leurs actions.
- En 1918, la Croix-Rouge américaine crée un fichier central d’assistance et d’aide sociale pour faciliter l’intégration d’un service social dans les maternités.
- À la fin de la Première Guerre mondiale, le CICR et les sociétés nationales répondent à la propagation d’épidémies en Europe orientale, avec une aide ciblée durant l’hiver 1918-1919 (hôpitaux de Vienne, Hongrie, Pologne,
- En Pologne, face au typhus, le CICR demande une intervention d’urgence et sollicite l’aide des autorités militaires pour installer des stations de désinfection.
💡 Astuce mémo
CICR = « Conflit puis Infections » : après la guerre, on bascule vers la lutte contre les épidémies (typhus, désinfection, colonnes sanitaires).
📖 4. Définition et statut juridique des ONG
🔑 Notions clés & Définitions
- Organisation non gouvernementale : Une organisation non gouvernementale est une structure de la société civile agissant en dehors de l’État, souvent pour soutenir des actions d’intérêt général en santé.
- Société civile en santé mondiale : La société civile en santé mondiale regroupe les acteurs non étatiques qui participent à la diffusion des soins, à la recherche et à l’influence des politiques sanitaires.
- Fondation philanthropique : Une fondation philanthropique est un acteur privé qui finance et organise des actions de santé, notamment pour réduire des inégalités sanitaires.
- Bill Gates et sa fondation : Bill Gates et sa fondation sont cités comme exemple d’acteur non étatique jouant un rôle dans la diffusion des soins et les luttes contre les inégalités sanitaires.
📝 Points essentiels
- Les ONG et fondations sont présentées comme des acteurs essentiels de la diffusion des soins et de la réduction des inégalités sanitaires.
- Le statut juridique des ONG n’est pas détaillé dans l’extrait, mais leur rôle est rattaché à la société civile intervenant aux côtés d’acteurs internationaux.
- Les ONG agissent dans un environnement où les politiques sanitaires sont aussi portées par des organisations internationales et des États, ce qui conditionne leur place dans la mise en œuvre.
- Les acteurs non étatiques sont confrontés à des enjeux d’équité d’accès aux soins et aux médicaments, ainsi qu’à la gestion des pandémies et crises sanitaires.
- La mondialisation peut créer des tensions entre normes sanitaires harmonisées et spécificités locales, ce qui affecte aussi l’action des ONG.
- Les ONG évoluent dans un cadre où la dépendance de certains États à des financements internationaux peut fragiliser les systèmes de santé, influençant les partenariats et l’effectivité des actions.
💡 Astuce mémo
ONG = Société civile qui agit en santé mondiale : Soins + Inégalités (réduction) + Accès (équité).
📖 5. Ressources et professionnalisation des ONG
🔑 Notions clés & Définitions
- Souveraineté sanitaire : La souveraineté sanitaire est le droit reconnu à chaque État de décider, gérer et financer son système de santé sans dépendre d’une aide extérieure.
- Droit mondial de la santé : Le droit mondial de la santé vise à organiser des règles et une coordination à l’échelle internationale pour traiter les enjeux sanitaires communs.
- Subsidiarité : La subsidiarité impose que les décisions soient prises au plus près des citoyens, plutôt qu’au niveau central ou lointain.
- Normes supra-nationales : Les normes supra-nationales sont des règles adoptées à un niveau supérieur à l’État, pouvant limiter l’autonomie nationale.
- Gouvernance sanitaire : La gouvernance sanitaire désigne l’organisation du pilotage des politiques de santé, incluant pouvoirs et financements, pour coordonner les acteurs.
📝 Points essentiels
- La souveraineté sanitaire peut entrer en tension avec des spécificités locales et avec la souveraineté des États.
- La dépendance de certains États à des financements internationaux peut fragiliser leurs systèmes de santé.
- Les pandémies exigent des actions coordonnées et transfrontalières, ce qui réduit l’autonomie des États notamment face à la production pharmaceutique.
- Le passage vers un droit mondial de la santé suppose une acceptation de normes supra-nationales, parfois au prix d’un abandon partiel de souveraineté (ex. au sein de l’UE).
- Il peut exister un décalage entre la stratégie globale et la volonté étatique, par exemple pour la régulation des traitements médicaux.
- Le renforcement de la gouvernance sanitaire passe par un pouvoir accru et des financements, avec une meilleure intégration des organisations régionales et une coopération renforcée public-privé.
💡 Astuce mémo
Souveraineté = décider localement ; Pandémie = coordonner mondialement ; plus de coordination = moins d’autonomie.
📖 6. Protection contre les effets de l’hostilité
🔑 Notions clés & Définitions
- Recommandations de l’OMS : Les recommandations de l’OMS sont des orientations adoptées pour guider les États, notamment quand des intérêts divergent.
- Code international sur les substituts de lait maternel : Le code international de l’OMS encadre l’usage des substituts du lait maternel afin de protéger la santé des nourrissons.
- Soins primaires : Les soins primaires regroupent des actions de base visant à améliorer l’accès aux soins et à prévenir les maladies au niveau local.
- Médicaments essentiels : Les médicaments essentiels sont des traitements que toute personne devrait pouvoir obtenir, indépendamment de son lieu de résidence.
- Programme mondial de vaccination : Le programme mondial de vaccination coordonne les efforts pour protéger les populations contre des maladies évitables par vaccins.
📝 Points essentiels
- L’OMS élabore des recommandations pour harmoniser les pratiques entre États, en particulier quand des divergences d’intérêts apparaissent.
- Dans les années 1980, l’OMS présente un code international sur les substituts de lait maternel sous forme de recommandation.
- L’OMS collabore avec l’Organisation internationale de normalisation pour établir des standards et lignes directrices reconnus par de nombreux États.
- La notion de soins primaires inclut éducation sanitaire, amélioration de la nutrition, accès à une eau potable de qualité et vaccination contre des maladies pandémiques.
- La conférence d’Alma-Ata (1978) adopte notamment l’égalité d’accès aux soins et la priorité à la prévention des maladies.
- En 1977, l’OMS définit les médicaments essentiels et vise l’accès indépendamment du lieu de résidence, avec une liste de 200 médicaments génériques à coût réduit.
💡 Astuce mémo
Recommandations = “accords souples” pour éviter les blocages entre États ; Soins primaires = “base locale” (eau + nutrition + vaccins + éducation).
📖 7. Protection contre l’arbitraire de l’ennemie
🔑 Notions clés & Définitions
- Médecine humanitaire : Domaine de l’action humanitaire qui vise à développer et appliquer des solutions médicales adaptées aux crises, notamment via la recherche et l’innovation.
- Innovation humanitaire : Ensemble des nouveautés développées en réponse aux besoins des victimes, pouvant porter sur des modalités alimentaires, des traitements ou des outils opérationnels.
- Médecins Sans Frontières : ONG médicale créée en 1971, connue pour son action d’urgence et son approche fondée sur le droit d’ingérence humanitaire.
- Droit humanitaire : Ensemble des règles qui encadrent le comportement des belligérants et la conduite des hostilités afin de protéger les personnes.
- CICR : Institution centrale du droit international humanitaire, présentée comme son moteur et comme acteur indissociable de l’action humanitaire.
📝 Points essentiels
- La médecine humanitaire peut nécessiter des efforts de recherche et développement pour produire des innovations adaptées aux contextes de crise.
- Des innovations citées incluent des modalités alimentaires pour enfants en cas de malnutrition sévère, des combinaisons thérapeutiques contre le paludisme et le gel hydroalcoolique.
- Les innovations peuvent aussi être opérationnelles, par exemple sous forme de kits prêts à l’emploi.
- Médecins Sans Frontières a investi dans un centre de calcul épidémiologique pour enquêter sur des situations critiques et former des personnels à des techniques épidémiologiques.
- Le droit international humanitaire est présenté comme composé de deux volets liés par des conventions et protocoles additionnels.
- Le droit de Genève encadre le comportement des belligérants, tandis que le droit de la Haie encadre la conduite des hostilités.
💡 Astuce mémo
CICR = moteur : Genève (comportement) + Haie (hostilités) = protection pendant la guerre.
📖 8. Protection des militaires blessés ou malades
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit international humanitaire : Ensemble de règles visant à limiter les effets des conflits armés et à protéger les personnes qui ne participent plus ou pas aux hostilités.
- CICR : Institution humanitaire chargée notamment de promouvoir et de soutenir l’application du droit international humanitaire et l’amélioration du sort des victimes de guerre.
- Convention de Genève de 1864 : Première convention de Genève visant l’amélioration du sort des militaires blessés, fondée sur des principes ensuite repris et renforcés.
- Conventions de Genève de 1949 : Série de quatre traités qui modernisent la protection des victimes de guerre, en élargissant notamment la protection des civils.
- Protocoles additionnels de 1977 : Textes adoptés en 1977 qui complètent les Conventions de Genève, avec des règles pour les victimes des conflits armés internationaux et non internationaux.
📝 Points essentiels
- Les textes religieux ont contribué à fonder l’idée de dignité humaine, ce qui a nourri l’émergence du droit humanitaire.
- Dans l’Inde ancienne, un code royal interdit les armes perfides et impose une logique de discrimination entre objectifs militaires et non militaires.
- Henry Dunand constate, lors de la campagne d’Italie, l’insuffisance des services sanitaires et pose des questions menant à la création du CICR et à une première convention pour les blessés.
- Les conventions multilatérales visent une application générale à tous les conflits, plutôt qu’un simple usage coutumier ou des accords bilatéraux.
- La première Convention de Genève pour les militaires blessés énonce des principes durables : neutralité du personnel sanitaire, respect de la population civile secourant l’ennemi, et égalité de traitement sans discrimin.
💡 Astuce mémo
Dunand → blessés mal soignés → CICR + Genève : « soigner, neutraliser, traiter pareil ».
📖 9. Prisonniers de guerre et garanties de traitement
🔑 Notions clés & Définitions
- Prisonniers de guerre : Personnes tombées au pouvoir de l’ennemi, relevant du statut de prisonnier de guerre dès la capture et la mise hors de danger.
- 3e Convention de Genève : Convention de 1949 qui fixe le cadre principal du traitement des prisonniers de guerre et fonde les garanties applicables.
- Protocole additionnel I : Instrument de 1977 qui complète les garanties humanitaires, notamment en précisant des exigences de traitement et de respect.
- Prohibition des tortures : Interdiction du recours à la torture physique ou morale pour obtenir des renseignements auprès des prisonniers de guerre.
📝 Points essentiels
- Sont prisonniers de guerre les membres des forces armées d’une partie au conflit, ainsi que les milices et les corps volontaires rattachés à ces forces.
- Le statut vise les personnes qui sont tombées au pouvoir de l’ennemi, et l’ennemi doit épargner la personne qui se rend.
- Dès la remise des armes, le prisonnier doit être mis hors de danger, sauf impossibilité de transport liée à une blessure ou une maladie.
- Les prisonniers de guerre bénéficient de l’interdiction des tortures physiques ou morales pour obtenir des informations.
- Le traitement des prisonniers s’inscrit dans les garanties humanitaires issues de la 3e Convention de Genève et de son Protocole additionnel I.
- Dans la lutte contre le terrorisme, même si la notion d’« armée » n’est pas pertinente, les personnes capturées conservent des droits humains comparables à ceux des prisonniers de guerre.
💡 Astuce mémo
Capture = statut; Remise des armes = hors de danger; Torture = interdite pour renseignements.
📖 10. Droit au respect de la vie privée et ingérences
🔑 Notions clés & Définitions
- Responsabilité de l’État : La responsabilité de l’État peut être engagée lorsque la violation provient d’un comportement imputable aux autorités publiques, notamment si la personne est sous leur contrôle.
- Obligation négative de l’article 3 : L’article 3 impose d’abord à l’État de s’abstenir d’infliger des traitements graves, inhumains ou dégradants.
- Obligation positive de l’article 3 : L’article 3 implique aussi des devoirs de protection, comme la mise en place de règles et de mesures opérationnelles contre les traitements prohibés.
- Effet horizontal : L’effet horizontal signifie que l’État peut être tenu responsable même quand l’atteinte provient d’un acteur privé, si sa protection légale est insuffisante.
- Article 8 CEDH : L’article 8 garantit le respect de la vie privée, familiale et du domicile, avec des obligations contre les ingérences et des obligations de protection effective.
📝 Points essentiels
- La violation examinée par la Cour se rattache au comportement des autorités publiques, notamment quand la personne est sous la responsabilité d’une autorité.
- Dans l’arrêt Young James Webster (1981), la Cour admet la responsabilité de l’État si la personne est sous la responsabilité de l’autorité publique.
- Dans Hiller c/ Autriche (2016), la Cour estime qu’il n’y a pas manquement aux obligations de protection après le suicide d’un patient échappé d’un hôpital psychiatrique.
- L’article 3 est présenté comme un droit intangible et absolu, sans restriction possible.
- Dans Pretty c/ Royaume-Uni, la Cour refuse de considérer le refus d’un acte létal comme un traitement inhumain et dégradant, et rappelle que l’article 3 ne crée pas un droit d’exiger la mort assistée.
- Dans Gafgen c/ Allemagne (2008), la Cour interdit l’usage de menaces ou de torture même pour obtenir des renseignements liés à un enlèvement d’enfants, malgré l’intérêt légitime invoqué.
💡 Astuce mémo
Article 3 = pas de “prix” : même pour sauver un enfant, pas de torture/menace.
📖 11. Obligation de protéger la santé par les soins
🔑 Notions clés & Définitions
- Mise en danger d’autrui : La mise en danger d’autrui désigne le critère permettant d’apprécier si l’État doit protéger la vie et la santé contre des risques liés à une activité publique ou privée.
- Obligation positive de réglementation : L’obligation positive de réglementation impose à l’État de mettre en place un cadre suffisant pour protéger la vie, notamment en matière de soins et de compétences professionnelles.
- Haut niveau de compétence des professionnels : Le haut niveau de compétence des professionnels correspond à l’exigence faite à l’État d’organiser un système garantissant des soins adéquats, afin de limiter l’engagement de sa responsabilité en cas d’erreur.
- Consentement libre et éclairé : Le consentement libre et éclairé est l’accord du patient fondé sur une information suffisante, condition nécessaire pour éviter une atteinte injustifiée à l’intégrité physique et morale.
- Défaut total d’accès aux urgences : Le défaut total d’accès aux urgences est une carence grave de prise en charge qui peut engager la responsabilité de l’État même sans remettre en cause la compétence médicale individuelle.
📝 Points essentiels
- La Cour élargit l’obligation de protection à toute activité, publique ou non, susceptible de mettre en jeu le droit à la vie, en retenant la mise en danger de l’intégrité, de la vie et de la santé.
- Dans Powell c/ R-U (2002), l’État doit agir positivement via une réglementation suffisante, mais l’erreur d’un professionnel n’engage pas la responsabilité de l’État s’il a mis en place les garanties nécessaires.
- Dans Senturk c/ Turquie (2013), la Cour retient une violation de l’art. 2 en cas de défaut total d’accès aux soins d’urgence, même si la formation médicale n’est pas remise en cause.
- Dans Berktay c/ Turquie (2001), l’État a l’obligation de protéger contre le risque de maladie et de ne pas mettre en danger la vie en refusant des soins médicaux.
- Dans Asiyegenc c/ Turquie (2015), la Cour qualifie la violation par l’absence de soins ou de traitement, et non par une simple négligence ou un mauvais jugement médical.
- Dans Kodarsea c/ Roumanie (2009), l’État doit organiser un mode structuré de divulgation de l’information pour permettre un consentement libre et éclairé.
💡 Astuce mémo
Mise en danger → art. 2 : l’État protège quand une activité expose à la vie/santé; Soins → art. 2/3 : accès effectif + information structurée + consentement libre et éclairé.
📖 12. Consentement du patient et intégrité physique
🔑 Notions clés & Définitions
- Article 8 CEDH : Droit au respect de la vie privée, mobilisable notamment pour protéger l’intégrité physique et l’accès effectif aux soins liés à la santé.
- Intégrité physique : Attribut protégé par la vie privée, impliquant des garanties positives pour préserver la santé et le corps des personnes concernées.
- Consentement libre et éclairé : Exigence liée à l’effectivité de la protection de la santé, qui suppose une information préalable permettant une décision sans contrainte.
- Données personnelles de santé : Catégorie de données sensibles relevant de la vie privée, dont la divulgation ou la communication doit respecter des exigences de nécessité et de proportionnalité.
- Accès effectif aux informations médicales : Droit procédural déduit de l’article 8, permettant d’obtenir des informations relatives à sa propre santé dans des conditions compatibles avec la protection de la vie privée.
📝 Points essentiels
- Dans Tysiac c/ Pologne, la Cour juge que la grossesse relève de la vie privée (art. 8) et examine l’accès effectif à l’avortement thérapeutique plutôt que d’imposer l’avortement lui-même.
- La Cour retient une obligation positive de reconnaître aux futures mères le droit au respect de leur intégrité physique, en lien avec les risques pour la santé liés à la grossesse.
- La Cour ne peut pas substituer son appréciation à celle des États sur l’opportunité de l’avortement, mais vérifie si les voies internes permettent réellement l’accès aux soins.
- Dans KH et autres c/ Slovaquie, le refus de photocopier le dossier médical n’est admis que s’il repose sur des motifs impérieux.
- Dans Altug et autres c/ Turquie, l’existence d’un protocole ne suffit pas si l’information préalable et le consentement libre ne sont pas garantis.
- Dans Z c/ Finlande, la divulgation d’une séropositivité est particulièrement sensible et engage l’art. 8, même si certains témoignages médicaux peuvent rester compatibles si nécessaires.
💡 Astuce mémo
Art. 8 = Vie privée → corps et santé : on ne force pas l’avortement, mais on vérifie l’accès réel et le consentement/information.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| XIIIe | Développement des cités italiennes recrutant des praticiens et créant des dispositifs sanitaires (soins aux plus démunis). |
| XIXe | Multiplication des conférences sanitaires et essor de l’hygiène publique ; opposition contagionnistes/miasmatiques et fin de la quarantaine inefficace (choléra). |
| 1851 | Première conférence sanitaire internationale à Paris, avec élaboration d’un code sanitaire international. |
| 1883 | Fin de la théorie des miasmes pour le choléra : découverte du bacille du choléra (Robert Koch) confirmant la contagion interhumaine. |
| 1903 | Convention sanitaire internationale de 1903 (regroupement de conventions) et création/impulsion vers l’OIHP (propositions reprises). |
| 1908 | Établissement officiel à Paris de l’Office international d’hygiène publique (OIHP). |
| 1912 | Révision préparée par l’OIHP de la convention sanitaire internationale de 1903 : fièvre jaune ajoutée parmi les maladies soumises à quarantaine. |
| 1917 | Implication de la Croix-Rouge américaine en France (bureaux d’assistance) et conseil de guerre chargé d’assister blessés et civils. |
| 1918 | Création d’un fichier central d’assistance et d’aide sociale par la Croix-Rouge américaine ; aide ciblée durant la période post-1GM. |
| 1918-1919 | Assistance humanitaire ciblée durant l’hiver 1918-1919 (hôpitaux de Vienne, Hongrie, Pologne, Roumanie). |
📊 Tableaux de synthèse
Sources et objectifs du droit international de la santé
| Source | Objectif sanitaire |
|---|
| Santé publique | Prévenir/limiter/éradiquer la propagation des maladies épidémiques (quarantaine + diffusion de l’info). |
| Droit humanitaire | Organiser l’assistance aux militaires blessés ou malades et aux civils. |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre quarantaine (isolement pour empêcher la diffusion) et simple surveillance sanitaire des voyageurs/marchandises.
- Croire que l’OIHP a un pouvoir contraignant : le cours insiste sur un pouvoir de recommandation et une vocation documentaire, même si des recommandations sont suivies et parfois intégrées.
- Mélanger droit de Genève et droit de la Haie : Genève = comportement des belligérants ; Haie = conduite des hostilités.
- Penser que l’art. 3 CEDH admet des restrictions : le cours le présente comme intangible et absolu, sans restriction possible.
- Croire que la responsabilité de l’État en matière de santé dépend uniquement d’une faute médicale individuelle : la logique est celle d’obligations positives (réglementation, accès effectif, enquêtes).
- Réduire la protection de la santé à l’art. 2 : le cours montre aussi l’art. 3 (consentement/traitement) et l’art. 8 (vie privée, données de santé, accès effectif à l’information).
- Confondre “protection par ricochet” et “protection directe” : l’éloignement des étrangers est souvent analysé par ricochet, alors que les personnes privées de liberté relèvent d’une protection directe.
✅ Checklist Examen
- Expliquer les deux sources fondatrices du droit international de la santé (santé publique vs droit humanitaire) et leurs objectifs respectifs.
- Décrire comment la prévention a d’abord reposé sur la diffusion de l’information et la quarantaine, puis sur l’essor des conférences sanitaires à partir du XIXe.
- Citer les dispositifs sanitaires italiens (praticiens, lazarets, bulletins de santé) et le rôle des réseaux d’information sanitaire.
- Expliquer l’évolution en France : de la rumeur publique à la mobilisation de l’administration royale (médecin, chirurgien, magistrat) et l’enjeu économique du commerce.
- Présenter l’évolution des conventions sanitaires au XIXe-XXe : conférence de 1851, code sanitaire international, puis conventions (Venise 1892, Dresde 1893, Paris 1894, Venise 1897, Convention sanitaire internationale de
- Expliquer la création et le fonctionnement de l’OIHP (arrangement de Rome 1907, établissement à Paris en 1908, pouvoir de recommandation, mission d’information et surveillance).
- Expliquer le basculement après 1919 : quarantaine jugée obsolète, circonscription des foyers infectieux via des administrations sanitaires efficaces et éducation des populations.
- Relier l’OIHP à l’élargissement des maladies couvertes (fièvre jaune, puis ajout de typhus et variole) et à l’obligation d’informer l’OIHP en cas de maladies épidémiques.
- Décrire les relations officielles avec les ONG/acteurs humanitaires : Croix-Rouge américaine (bureaux, fichier central, contacts hospitaliers) et CICR (défis post-1GM, désinfection en Pologne).
- Expliquer la définition fonctionnelle des ONG et la logique de “statut” : absence de statut international général, reconnaissance consultative (ONU/Conseil de l’Europe/OMS) et relations officielles OMS (durée et renouvel
- Présenter les notions de souveraineté sanitaire et de droit mondial de la santé : tension autonomie/coordination, acceptation de normes supra-nationales, et rôle de la gouvernance sanitaire.
- Expliquer la protection en DIH : distinguer droit de Genève et droit de la Haie, et rappeler le rôle du CICR comme moteur indissociable.
- Décrire la protection des militaires blessés ou malades : neutralité du personnel sanitaire, égalité de traitement, et continuité entre 1864 et 1949.
- Présenter le statut des prisonniers de guerre : définition, “remise des armes” et mise hors de danger, interdiction des tortures pour obtenir des renseignements, et lien avec la 3e Convention de Genève et le Protocole I
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