QCM : Introduction au droit international et européen — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Dans le droit international public, qu’est-ce qui caractérise principalement la souveraineté d’un État ?

L’obligation de se soumettre à une autorité mondiale
La disparition de toute coopération internationale
L’absence d’autorité supérieure aux États
Le pouvoir exclusif de créer des normes pour tous les États

L’absence d’autorité supérieure aux États

Explication

La souveraineté signifie qu’aucune autorité supérieure ne s’impose aux États, ce qui rend leur engagement international fondamentalement volontaire. Elle n’implique donc ni soumission à une autorité mondiale ni disparition de la coopération.

2. Pourquoi le droit international public est-il présenté comme un droit de coordination ?

Parce qu’il ne s’applique qu’aux organisations internationales
Parce qu’il organise les rapports entre États sans autorité au-dessus d’eux
Parce qu’il remplace intégralement les droits nationaux
Parce qu’il impose automatiquement les mêmes règles à tous les États

Parce qu’il organise les rapports entre États sans autorité au-dessus d’eux

Explication

Le droit international public coordonne les relations entre États sans créer de pouvoir supérieur commun. Les autres propositions décrivent à tort un droit hiérarchique ou limité à d’autres acteurs.

3. Quelle est la principale différence entre une société relationnelle et un système institutionnel ?

La première repose sur des échanges temporaires, la seconde sur des institutions durables
La première suppose une autorité supérieure, la seconde repose sur la seule diplomatie ponctuelle
La première concerne uniquement les États européens, la seconde le monde entier
La première repose sur des traités permanents, la seconde sur des conférences occasionnelles

La première repose sur des échanges temporaires, la seconde sur des institutions durables

Explication

La société relationnelle correspond à des coordinations temporaires, tandis que le système institutionnel repose sur une organisation durable avec discipline et contrôle. Les autres réponses inversent ou déforment cette distinction.

4. Quel dispositif est décrit comme visant le maintien de l’équilibre européen par la concertation ?

La Société des nations
La Cour internationale de Justice
Le Concert européen
Le système westphalien

Le Concert européen

Explication

Le Concert européen est précisément présenté comme un mécanisme de maintien de l’équilibre européen fondé sur la concertation. La SDN ou la CIJ relèvent d’autres logiques institutionnelles.

5. Quel est le but principal de l’ONU tel qu’il est consacré par sa Charte ?

La création d’un gouvernement mondial
La suppression de toute souveraineté étatique
Le maintien de la paix et de la sécurité internationales
L’unification politique des États membres

Le maintien de la paix et de la sécurité internationales

Explication

La Charte place au centre le maintien de la paix et de la sécurité internationales par la coopération. L’ONU n’a pas vocation à abolir la souveraineté ni à devenir un gouvernement mondial.

6. Quel principe figure parmi ceux de l’ONU en matière de règlement des différends ?

La possibilité pour l’ONU d’imposer toute décision sans exception
L’obligation pour chaque État d’adopter la même politique extérieure
L’interdiction du recours à la force pour régler des litiges
Le droit illimité de mener la guerre en cas de désaccord

L’interdiction du recours à la force pour régler des litiges

Explication

L’article 2 de la Charte interdit le recours à la force pour résoudre les litiges, ce qui exclut en principe la guerre. Les autres propositions contredisent directement ce principe.

7. Quel est le rôle principal de l’Assemblée générale de l’ONU ?

Décider seule de toutes les mesures coercitives internationales
Nommer les juges de la Cour internationale de Justice
Rassembler tous les États membres dans l’organe plénier le plus représentatif
Remplacer le Conseil de sécurité dans le maintien de la paix

Rassembler tous les États membres dans l’organe plénier le plus représentatif

Explication

L’Assemblée générale est l’organe plénier réunissant tous les États membres et constitue l’instance la plus représentative. Elle ne se substitue pas au Conseil de sécurité pour les mesures coercitives.

8. Quelle règle de vote s’applique aux questions importantes à l’Assemblée générale ?

La majorité des deux tiers
Le vote favorable des seuls membres permanents
L’unanimité des États membres
La majorité absolue du Conseil de sécurité

La majorité des deux tiers

Explication

Les questions importantes, comme la paix et la sécurité ou l’admission de nouveaux membres, sont votées à la majorité des deux tiers. Les autres modalités proposées ne correspondent pas au fonctionnement de l’Assemblée générale.

9. Quelle condition est requise pour adopter une décision du Conseil de sécurité sur une question non procédurale ?

Neuf voix affirmatives incluant celles de tous les membres permanents
La majorité simple de l’Assemblée générale
Le vote favorable d’au moins quinze États non permanents
L’abstention de tous les membres permanents

Neuf voix affirmatives incluant celles de tous les membres permanents

Explication

Pour les questions non procédurales, le Conseil de sécurité doit réunir neuf voix affirmatives, dont celles des cinq membres permanents. Sans leur accord, la décision n’est pas adoptée.

10. Que permet le droit de veto des membres permanents au Conseil de sécurité ?

Il donne aux membres non permanents un pouvoir égal à celui des permanents
Il permet à chaque État membre de s’opposer à toute résolution
Il bloque l’adoption des décisions sur les questions autres que celles de procédure
Il transforme automatiquement une recommandation en décision obligatoire

Il bloque l’adoption des décisions sur les questions autres que celles de procédure

Explication

Le veto est attaché aux membres permanents et conditionne l’adoption des décisions non procédurales. Il ne concerne ni tous les États ni les questions de procédure.

11. Quel est le rôle principal d’une opération de maintien de la paix de l’ONU ?

Remplacer durablement l’administration d’un État défaillant
Imposer une décision judiciaire obligatoire entre États
Stabiliser une situation et donner du temps à une solution politique
Sanctionner automatiquement les États qui refusent un traité

Stabiliser une situation et donner du temps à une solution politique

Explication

Les casques bleus sont déployés pour stabiliser une situation et créer un délai permettant de rechercher un règlement politique. Ils n’ont pas pour fonction principale de juger ni de sanctionner.

12. Quelle condition est requise pour déployer une opération de maintien de la paix sur un territoire ?

Un vote unanime de tous les États membres de l’ONU
Une décision de la Cour internationale de Justice
Une autorisation de l’Assemblée générale à la majorité simple
Un accord écrit du pays concerné et des parties concernées

Un accord écrit du pays concerné et des parties concernées

Explication

Le déploiement exige un accord écrit du pays concerné, avec l’accord des parties impliquées. Sans cette autorisation, l’opération ne peut pas être installée sur le territoire visé.

13. Quel est le principal rôle du Secrétaire général de l’ONU ?

Diriger le Conseil de sécurité comme président permanent
Adopter les résolutions obligatoires de l’Assemblée générale
Être le plus haut responsable administratif de l’Organisation
Rendre des avis consultatifs sur les différends entre États

Être le plus haut responsable administratif de l’Organisation

Explication

Le Secrétaire général est le plus haut responsable administratif de l’ONU. Il ne préside pas le Conseil de sécurité et ne rend pas les avis de la Cour.

14. Que permet l’article 99 au Secrétaire général de l’ONU ?

Attirer l’attention du Conseil de sécurité sur une affaire menaçant la paix
Imposer une sanction militaire sans vote du Conseil
Écarter un État membre de l’Organisation
Modifier la Charte des Nations Unies

Attirer l’attention du Conseil de sécurité sur une affaire menaçant la paix

Explication

L’article 99 lui donne la faculté d’alerter le Conseil de sécurité sur toute affaire susceptible de menacer la paix et la sécurité internationales. Il ne dispose pas d’un pouvoir de sanction autonome.

15. Quelle est la fonction contentieuse de la Cour internationale de Justice ?

Régler des différends juridiques entre États
Poursuivre pénalement les dirigeants d’États
Adopter des résolutions politiques sur la paix
Contrôler la validité des lois nationales des États membres

Régler des différends juridiques entre États

Explication

La fonction contentieuse de la CIJ consiste à trancher des différends d’ordre juridique entre États. La Cour ne juge pas pénalement les individus et n’adopte pas de résolutions politiques.

16. Que prévoit l’article 94 en cas de non-exécution d’un arrêt de la CIJ ?

La partie lésée peut saisir le Conseil de sécurité
La Cour ouvre un nouvel appel de droit
L’arrêt devient automatiquement sans effet
L’Assemblée générale rejuge l’affaire

La partie lésée peut saisir le Conseil de sécurité

Explication

L’article 94 prévoit qu’en cas de non-exécution, une partie peut saisir le Conseil de sécurité pour recommander des mesures ou aider à l’exécution. Les arrêts de la Cour ne font pas l’objet d’un appel ordinaire.

17. Quel est l’objectif fondamental du Conseil de l’Europe ?

Promouvoir les droits humains et la prééminence du droit
Créer une monnaie commune européenne
Organiser la défense militaire des États membres
Exercer un pouvoir législatif contraignant sur les États

Promouvoir les droits humains et la prééminence du droit

Explication

Le Conseil de l’Europe vise à rapprocher ses États membres et à promouvoir les droits humains, la justice et la prééminence du droit. Il ne s’agit pas d’une organisation d’intégration économique ou militaire.

18. Quelle condition doit être remplie avant qu’une requête soit examinée par la Cour européenne des droits de l’Homme ?

La Cour de justice de l’Union européenne doit être saisie d’abord
Les voies de recours internes doivent avoir été épuisées
Le requérant doit être un État et non un particulier
Le Conseil de l’Europe doit voter à l’unanimité

Les voies de recours internes doivent avoir été épuisées

Explication

Une requête devant la CEDH n’est recevable qu’après épuisement des recours internes. La Cour peut ensuite examiner l’affaire et transmettre l’arrêt au Comité des ministres pour l’exécution.

19. Quel est le contenu de la déclaration Schuman de 1950 ?

Fixer les règles de l’élargissement de l’euro
Créer immédiatement une armée européenne unique
Instituer la Cour européenne des droits de l’Homme
Mettre en commun la production de charbon et d’acier

Mettre en commun la production de charbon et d’acier

Explication

La déclaration Schuman propose de mettre en commun le charbon et l’acier afin de créer une solidarité de fait et d’éviter les conflits. Elle est présentée comme l’acte fondateur du projet européen.

20. Quel rôle appartient à la Commission européenne dans le triangle institutionnel de l’Union ?

Rendre des arrêts contraignants entre États
Défendre l’intérêt général et exercer l’initiative législative
Représenter uniquement les gouvernements nationaux
Élire directement les juges de la CEDH

Défendre l’intérêt général et exercer l’initiative législative

Explication

La Commission européenne défend l’intérêt général de l’Union et dispose du pouvoir d’initiative législative, tout en participant à l’exécution du droit et du budget. Elle ne rend pas d’arrêts judiciaires.

21. Quel énoncé décrit le mieux le droit primaire de l’Union européenne ?

Il regroupe les traités fondateurs et les traités d’adhésion
Il correspond aux décisions jurisprudentielles de la Cour de justice
Il désigne uniquement les règlements adoptés par les institutions
Il concerne seulement les directives imposant des résultats

Il regroupe les traités fondateurs et les traités d’adhésion

Explication

Le droit primaire est constitué des traités qui fondent l’Union, y compris les traités d’adhésion. Les règlements et directives relèvent du droit dérivé.

22. Quelle différence essentielle distingue un règlement d’une directive de l’Union européenne ?

Le règlement s’applique directement et dans tous ses éléments, tandis que la directive fixe un résultat à atteindre
Le règlement ne vise que les États, tandis que la directive ne vise que les particuliers
Le règlement laisse toujours un choix complet de forme et de moyens, tandis que la directive est immédiatement contraignante partout
Le règlement doit être transposé, tandis que la directive s’applique sans aucune adaptation nationale

Le règlement s’applique directement et dans tous ses éléments, tandis que la directive fixe un résultat à atteindre

Explication

Le règlement est obligatoire dans tous ses éléments et s’applique directement dans les États membres. La directive lie l’État quant au résultat, tout en lui laissant le choix des moyens.

23. Que signifie le principe d’applicabilité directe en droit de l’Union européenne ?

Seules les décisions du Conseil peuvent être invoquées par les particuliers
Certaines dispositions peuvent être invoquées devant le juge national sans mesure de transposition
Toute norme de l’Union doit d’abord être reprise par une loi nationale
Le droit de l’Union ne produit d’effets qu’après un contrôle de la CJUE

Certaines dispositions peuvent être invoquées devant le juge national sans mesure de transposition

Explication

L’applicabilité directe permet à certaines dispositions du droit de l’Union d’être invoquées par des particuliers devant les juridictions nationales sans transposition. Ce mécanisme est distinct d’un simple contrôle préalable par la CJUE.

24. Que commande le principe de primauté du droit de l’Union en cas de conflit avec une règle nationale ?

Les deux règles s’écartent et aucun juge ne peut appliquer la norme de l’Union
La règle nationale prime si elle est postérieure
Le conflit se résout uniquement par une révision du traité
La règle nationale contraire doit céder afin de préserver l’effet du droit de l’Union

La règle nationale contraire doit céder afin de préserver l’effet du droit de l’Union

Explication

La primauté impose que le droit de l’Union l’emporte sur toute règle nationale incompatible, afin de garantir l’efficacité de l’ordre juridique de l’Union. L’arrêt Costa c. Enel illustre précisément cette logique.

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État souverain — définition ?

Sujet politique maître de ses choix, notamment internationaux.

Souveraineté — rôle ?

Absence d’autorité supérieure, liberté d’engagement.

Sujet de droit international — acteur ?

Principalement les États, porteurs de droits et obligations.

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